Et voici la demande de RedBloodAlice: un triangle amoureux Chara/Frisk/Error!Sans. Pour du crack, c'est du crack pur, hein! Demandez et vous recevrez, comme on dit... XD

Je dois avouer que j'aimais pas trop Error!Sans au début, mais pour la fic j'ai fait mes recherches, j'ai lu pas mal tous les comics de l'auteur original et le ask blog, et finalement il est pas si pire, ce Error!Sans... Je me suis d'ailleurs inspiré d'un de ses comics pour la première scène.

Juste pour la fic, Frisk et Chara sont au genre neutre (toujours autant un casse-tête le genre neutre!), si jamais il y a apparence de genre, c'est simplement pour signifier "l'humain" (masculin) ou "la personne" (féminin). Et ils sont adolescents, juste parce que sinon ça fait un peu trop pédo à mon goût. ^^; J'aurais aimé faire parler Chara en rouge comme dans le jeu, j'ai mis des italiques à la place. On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a, hein!

C'est pas mal tout, alors voici ma tentative de triangle amoureux entre ces trois-là! Enjoy!

O*O*O

Frisk avait à peine ouvert les yeux qu'il était évident que quelque chose n'allait pas. La chute s'était passée comme d'habitude, le lit de fleurs était là… mais quelque chose avait saisi son âme, et soudainement tout était devenu blanc. Blanc, au lieu du noir du mode de combat. Et son corps aussi avait été transporté, et…

Il n'y avait que du blanc. Du blanc, et des fils bleus partout sur son corps et autour de son âme. Accroché par les bras, retenu par le cou, Frisk était suspendu et s'agita vainement pendant un moment avant d'abandonner.

"Qu'est-ce qui se passe, pourquoi c'est blanc, qui est-ce qui t'attaque, tue-le, tue-le, tue-le!"

"Tais-toi, Chara, j'y comprends rien du tout, mais rien ne nous dit que c'est une attaque ou-"

-humain, fit une voix par derrière.

Cette voix… cette voix si familière, et pourtant elle sonnait si étrange, comme si elle sortait de haut-parleurs brisés, comme si elle sortait d'une radio qui ne recevrait que faiblement le signal… Le coeur de Frisk se serra, et ce n'était pas seulement à cause des fils bleus.

-tu sais pas comment saluer un nouveau copain? quoique nous sommes plutôt de vieux amis, n'est-ce pas, Frisk?

Entendre cette voix dire son nom avait quelque chose de totalement terrifiant.

-allons, pourquoi tu ne te retournes pas pour me serrer la main? oh c'est vrai, c'est à moi de le faire, n'est-ce pas?

Et les fils bleus s'animèrent autour du corps de Frisk, le forçant à se retourner et à mettre son bras devant pour serrer la main de…

"MAIS C'EST QUOI CETTE CHOSE, ÇA NE PEUT PAS ÊTRE SANS, ÇA NE PEUT PAS ÊTRE LUI!"

Frisk fixait le... squelette noir devant lui. Il n'était pas noir comme un objet ou une personne peut être noire, non. Il était noir comme s'il était fait du néant même. Des fils bleus sortaient en permanence de ses orbites, comme s'il pleurait, mais son habituel sourire était là, bien qu'il soit jaune cette fois. Des parties de son corps semblaient parfois un peu floues, pixelisées, et les mots "ERROR" apparaissaient souvent autour de lui. Son regard était si inquiétant…

Et il lui prit la main de ses deux mains, la caressant doucement. Des fils bleus pendaient de là aussi, et une sensation de picotement se répandait dans le bras de Frisk.

-mais en fait nous ne sommes pas vraiment des amis, n'est-ce pas, Frisk bien-aimé? parce que sinon, tu ne serais pas revenu. tu reviens toujours. ça fait combien de fois que tout recommence, hm? et je vois bien que c'est toi qui a le contrôle de ton âme, pas l'autre… pourtant tu as fait quelques génocides, déjà! qu'est-ce que tu as été faire dans les codes de l'univers?

Frisk secoua frénétiquement la tête.

-Je n'ai pas le contrôle là-dessus, je te jure, Sans…

"Ce que j'aimerais ça, par contre…"

-bien sûr, Frisk chéri, je sais ça, ne t'en fais pas. je sais beaucoup trop de choses. c'est pour ça que je suis là et que je suis devenu comme ça, de toute manière.

Et il se raprocha encore davantage pour caresser la joue de Frisk, qui picota aussi à ce contact. Mais l'adolescent était beaucoup trop troublé, et surtout trop bien attaché de partout, pour réagir.

-laisse-moi juste le temps de remettre le monde en ordre, d'accord? et tu auras la même partie que d'habitude, dans un monde bien en ordre, comme il se doit. je vais aller purger les anomalies, et tu pourras oublier tout ce qui s'est passé ici.

Sans posa ses dents sur le front de Frisk dans un baiser de squelette, et les picotements en étaient douloureux. Frisk ferma les yeux pour mieux endurer. En les ouvrant, quelques instants plus tard, on ne vit plus que l'étendue blanche et vide à perte de vue. Son âme et son corps étaient toujours fermement attachés par les liens bleus.

"Est-ce que tu as une idée de ce qui se passe, Chara?"

"Aucune idée, Frisk. Mais je suis foutuement excité par tout ça, pas toi? Enfin les choses changent! Après avoir fait la même histoire des centaines de fois, après avoir fouillé chaque recoin de ce monde, je suis tellement, TELLEMENT CONTENT de voir quelque chose de DIFFÉRENT! D'INATTENDU!"

"Bien sûr, bien sûr… ce n'est pas toi qui est suspendu dans le vide…"

"Oh, arrête de te plaindre, mauviette."

Frisk soupira, puis ferma les yeux et se laissa bercer par ses liens. Ce n'était pas inconfortable, comme si ses sensations étaient atténuées par ce monde de vide, et le balancement régulier était relaxant. Bientôt le sommeil le gagna, un sommeil sans rêves, aussi vide que le reste.

O*O*O

Reprenant conscience, Frisk ne vit que le vide blanc. Toujours suspendu par des fils bleus qui ne semblaient pas avoir de fin. Pas comme si dormir allait changer quoique ce soit, n'est-ce pas? Le temps allait être long.

"Chara? Tu es là?"

"C'est pas comme si je pouvais vraiment aller ailleurs que dans ta tête…"

"Tu veux bien me conter une histoire?"

"... pourquoi pas. Je t'avais déjà conté la fois où Asriel et moi on a fini couverts de déchets dans Waterfall?"

Et Chara élabora sur ses souvenirs, alors que Frisk écoutait attentivement cette voix qui n'était pas la sienne et qui s'était logée dans sa tête. C'était pour Chara que Frisk avait décidé de recommencer, encore et encore. Pour Chara et Asriel. Il devait exister un moyen de les sauver tous les deux, et de vraiment, véritablement sauver tout le monde, non? Ainsi avait commencé un cycle d'éternels recommencements.

Frisk s'était particulièrement attaché à cette voix dans sa tête. À Chara. C'était une personne violente, impulsive, frustrée… mais elle était violente parce qu'elle avait été traumatisée, elle était impulsive parce qu'elle avait peur, et elle était frustrée parce qu'elle était morte pour rien et qu'elle n'existait que dans la tête de Frisk. Et Frisk souhaitait pouvoir la serrer dans ses bras, lui dire que tout irait bien, qu'il n'y avait pas de raison d'avoir peur, pas de raison de tuer personne, et sortir de la montagne en lui tenant la main.

"À quoi tu penses encore, Frisk? Tu es plein… d'affection ou je sais pas quoi."

"Ton histoire est mignonne, c'est tout."

"Attends, je suis même pas encore arrivé au meilleur bout! Figure toi qu'Asriel…"

La coexistence entre les deux consciences des enfants ne se passait pas trop mal, pour le moment. Frisk aimait bien Chara, et Chara était juste heureux d'exister de nouveau dans le monde conscient. Les émotions circulaient librement entre leurs deux esprits, mais heureusement les pensées qui ne s'adressaient pas à l'autre restaient pour eux. Frisk laissait souvent le contrôle de son corps à Chara - quand il fallait tuer, surtout. Il fallait tout essayer pour essayer de trouver la faille dans ce monde, même tuer, mais Frisk ne s'habituait pas à avoir de la poussière sur les mains.

Mais peut-être qu'ils avaient finalement trouvé la faille de ce monde. Après avoir recommencé l'histoire depuis sa chute jusqu'à sa sortie de la montagne des centaines de fois, toujours la même histoire, toujours, toujours, toujours, TOUJOURS… ils étaient dans ce monde vide. Chara avait raison, c'était excitant, parce que c'était différent. Il ne restait qu'à attendre le retour d'Error-Sans pour comprendre un peu mieux ce qui se passait.

O*O*O

Des anomalies. Que des anomalies. Il faut effacer tout ça et détruire ce monde. Il ne doit rester qu'un seul univers. Un seul. Celui qui était le sien. Le seul vrai univers. Le seul qui mérite de recevoir Frisk.

Error-Sans produisait des fils à profusion, par les yeux, par les doigts, par son âme. Et il prenait l'âme des autres monstres et les détruisait, indistinctement. Qu'est-ce que c'était que ce monde de toute façon? Il faisait si sombre, et tout le monde était méchant et amer, et…

Peu importe. Il allait effacer tout ça.

Pour Frisk.

Parce que Frisk était la seule chose qui ne changeait pas, d'un univers à l'autre. Ses vêtements changeaient parfois, mais Frisk était toujours… stable. La même personne, au fond d'elle-même. Et elle méritait mieux qu'un monde alternatif mal conçu, créé par on ne sait qui. Il lui fallait le seul vrai monde. Rien d'autre.

Purger un monde. Tuer tous ses amis, tuer l'image alternative de son frère, tuer sa propre image. Ce ne sont que des illusions de toute façon. Puis faire entrer ses fils dans la matière même de l'univers, et le détruire.

C'était tellement satisfaisant.

Bientôt tout n'était que données qui s'effondraient. Des chiffres et des lettres. Des bouts de codes morts. Son sourire s'élargit, puis il ouvrit un portail vers le néant.

Il allait revoir Frisk. Son Frisk chéri.

Celui-ci avait l'air à la fois heureux et effrayé de le voir. Bien sûr. Il était tellement affreux. Qui serait content de voir un bout de code corrompu comme lui?

-je t'ai manqué, Frisk chéri?

-Quand est-ce que je vais pouvoir sortir?

-bientôt, mon ange, dit-il en caressant la joue de l'humain. mais pas tout de suite. j'ai encore du travail à faire.

-Pourquoi est-ce que tu me retiens ici? Je ne sais pas ce que je t'ai fait, je le mérite probablement, après toutes ces fois où je t'ai tué… mais… pourquoi?

Error-Sans fit glisser sa main de la joue de Frisk jusqu'à sa poitrine, délicatement. L'humain frissonnait à ce contact, et il aimait le sentir réagir à son contact.

-tu reviens ici dans ce monde, encore et encore… par amour, pas vrai? eh bien… je te retiens ici pour la même raison.

Le regard de Frisk se fit vague pendant un instant, puis ses pupilles virèrent au rouge. Un large sourire s'étira sur ses lèvres, et Error-Sans le lâcha aussitôt.

-Par amour, hein? Ça t'arrange bien de dire ça, Sansy.

-chara?!

-J'avais l'intention de rester calme et de regarder les choses dans mon coin comme d'habitude, mais là c'est trop, hein! Tu crois qu'on va t'excuser parce que tu nous retiens "par amour"? Arrête, tu me fais vomir. Dis-moi, qu'est-ce que tu fais pendant que tu nous enfermes ici dans le vide?

-je purge les anomalies, pour que le monde soit-

-T'ES TARÉ OU QUOI?! DES ANOMALIES, C'EST CE QU'ON VEUT!

Hébété, Error-Sans ne trouva rien à répondre. Chara continua.

-Alors c'est de ta faute si le monde est toujours le même à chaque fois, si on arrive pas à trouver la fin qu'on désire?

-CE QUE TU VEUX M'IMPORTE PEU, ESPÈCE DE PARASITE, RENDS-MOI FRISK MAINTENANT!

-Allons, Sansy chéri, on a tellement de choses en commun, toi et moi, on peut discuter un peu, hm? Alors tu passes ton temps à démolir les univers alternatifs? Ce que j'aimerais voir ça… je pourrais même te donner un coup de main, tu sais que je suis doué pour ça...

-ce n'est pas la même chose…

-C'est exactement la même chose et tu le sais très bien. Ah, je t'aime de plus en plus, Error-Sansy. Je suis sûr qu'on pourrait bien s'entendre, toi et moi.

-C'est assez, Chara.

Les yeux de Frisk reprirent leur forme et leur couleur normale. Error-Sans se sentait soulagé. Il s'approcha de nouveau de son humain préféré et lui demanda:

-est-ce que c'est vrai, Frisk? est-ce que tu revenais pour chercher des anomalies?

L'humain hocha légèrement la tête de haut en bas, avant de la baisser complètement. Error-Sans entoura le corps frêle de l'adolescent de ses bras et le serra contre lui, nichant sa tête dans son cou.

-eh bien… tu m'as trouvé, moi. tu m'as créé à force de revenir. mais je suis désolé… je suis la seule anomalie que je peux me permettre de te faire voir.

Error-Sans serra encore un peu le corps figé de Frisk contre lui, avant de le lâcher. Il défit ses liens, le laissant doucement retomber au sol, et il essayait d'ignorer les larmes qui coulaient le long des joues de son humain adoré.

De toute façon il oublierait tout une fois sorti du néant.

Comme d'habitude.

Ça le torturait un peu à chaque fois de mettre Frisk dans cet état. Mais c'était nécessaire… c'était pour son bien.

Tout était pour lui. Tout.