Bon, ceci n'est pas la demande de personne, mais des fois il faut bien que j'écrive pour moi, j'en ai plein des idées de crack ships! Et puis la prochaine demande spéciale ya du Temmie dedans, et j'aurais pas survécu à faire deux fics avec Temmie de suite. XD
Voici donc un pairing de gros crack qui m'obsédait depuis quelques jours: GasterXAlphys. J'vous avertis d'avance que c'est pas particulièrement joyeux, d'autant plus que je situe ça dans l'ending neutre de King Mettaton. Enjoy quand même!
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L'abîme n'était jamais très loin dans ses pensées. Même quand, rationnellement, elle était heureuse, elle ne ressentait rien. Rien d'heureux. Sa conscience lui pesait sur les épaules, elle ne pouvait pas oublier, pas un seul instant. Même quand elle était avec le roi Asgore, cet homme si gentil qui avait tant fait pour elle. Même quand elle était avec Mettaton qui tentait de lui remonter le moral. Même quand elle était avec Undyne qui lui disait qu'elle aimait l'entendre parler passionnément. C'était faux. Tout était faux. Tout n'était qu'une façade.
Viens, Alphys, rejoins-moi, je suis si seul, si seul…
Les horreurs qu'elle avait créées la hantaient. Elle avait tellement voulu que ça marche… et puis… elle avait tenté de les sauver, de les séparer… de les tuer… il n'y avait plus rien à faire. Ils étaient tous condamnés à… exister, sous cette forme pitoyable. Elle aurait tant voulu que tout s'arrête, les lettres des familles, les cris de ces créatures, le poids de la culpabilité…
Laisse-toi tenter par le néant, Alphys, rejoins-moi, il n'y a pas de quoi avoir peur…
Elle repensait à son mentor, et elle ressentait bien à quel point elle lui était inférieure. Il avait disparu sans laisser de traces, et elle avait usurpé sa place par des mensonges beaucoup trop faciles. Il n'y avait que des mensonges. Sa vie n'était qu'un mensonge sur le point d'être dévoilé à tous.
Je ne te jugerai pas pour tes crimes et tes mensonges. J'ai fait pire que toi et tu le sais.
La voix de Gaster lui revenait en tête. Elle n'était qu'une assistante à l'époque, mais il lui semblait qu'il l'aimait bien. C'est lui qui lui avait parlé de la "détermination". C'est lui qui lui avait montré les pouvoirs des âmes humaines. Il lui avait tout appris, tout… et qu'est-ce qu'elle avait fait avec ces enseignements si précieux… elle avait tout gâché. Et elle n'arrivait même plus à se souvenir de son visage. Seul le son de sa voix lui revenait en tête.
Je me sens si seul… et toi aussi, pas vrai, Alphys?
Il avait une voix si particulière, un accent de windings. C'était difficile à comprendre au début, mais on s'y faisait. Il lui parlait toujours doucement, gentiment. Mais elle ne se souvenait pas de son sourire. De son visage. De ses mains. Comme si quelque chose avait été arraché de son esprit. Mais il était tombé dans le Core, et ça ne servait à rien de ressasser le passé. Ça ne changerait pas le présent, ni son avenir. Tout était foutu de toute façon.
Tout n'est qu'un éternel recommencement, Alphys. Viens à moi et tu comprendras…
Il lui semblait sentir sa présence, dans ce laboratoire où ils avaient travaillé ensemble. Parfois elle se tournait, comme s'il était derrière elle. Mais il n'y avait rien. Ou bien c'était comme si une main se posait sur son dos pour l'encourager. Mais elle se tournait, et il n'y avait rien. Ou encore il lui semblait entendre sa voix au loin, les paroles tout juste indistinctes. Mais il n'y avait rien. Elle aurait pourtant tellement voulu qu'il soit là. Il aurait su quoi faire. Il aurait su démêler toute cette situation. Il n'y aurait pas eu besoin de mensonges, de cachotteries s'il avait été là. Tout aurait été tellement plus… facile. Mais il n'était plus là, il n'était plus rien.
Viens à moi et je pourrai t'aider, Alphys…
Et il lui venait à l'esprit de n'être plus rien, elle non plus. De plus en plus souvent. Elle y avait beaucoup songé après la disparition de son mentor. Mais alors qu'elle s'apprêtait à sauter dans les profondeurs de la chute d'eau aux déchets, elle avait rencontré Undyne. Et elle avait aimé Undyne. Puis elle avait rencontré le roi, et elle avait aimé le roi. Et elle leur avait menti à tous les deux, parce qu'elle voulait de leur admiration, de leur amour, de leur amitié, n'importe quoi.
Mais maintenant ils étaient morts tous les deux, avec beaucoup d'autres. Et les six âmes humaines avaient été consumées, et il n'y avait plus d'espoir pour personne.
De toute façon elle n'avait plus d'espoir depuis longtemps.
Maintenant ce n'était pas la chute d'eau aux déchets qu'elle contemplait. C'était le Core. Pourquoi ne pas disparaître comme son mentor? Ça ne prendrait qu'un instant. Elle avait libéré les horreurs du Vrai Labo. Tout allait être exposé. Mettaton la renierait sûrement. Il tentait d'établir une dictature, il lui avait demandé de la rejoindre, mais à quoi bon?
À quoi bon.
Oui, vraiment, à quoi bon.
Elle ne se sentait pas le courage de sauter… mais elle était bien trop lâche pour vivre. Elle se laissa simplement tomber. Il n'y avait personne. Personne pour la voir tomber. Personne pour la voir mourir. Personne qui s'inquièterait vraiment de son sort. Tout le monde allait l'oublier, comme ils avaient oublié son mentor, et ce serait certainement mieux ainsi
Alphys!
Elle se sentit plonger dans le liquide brûlant… mais c'était comme si des bras l'entouraient. Des bras chauds et rassurants. Elle se laissa bercer par cette étreinte alors que sa matière était dissoute dans le néant. Mais étrangement son âme subsistait.
-Je t'ai manqué, Alphys?
Un visage comme un masque à la fois souriant et inquiétant. Et pourtant, Alphys se sentait étrangement rassurée.
-Gaster. Tu étais là tout ce temps?
-Ma chère, ma tendre Alphys. J'ai été seul dans le néant pendant si longtemps… oh je suis si heureux que tu viennes finalement me tenir compagnie!
Il n'y avait rien, que l'obscurité, et pourtant elle sentait sa propre présence, pas sa présence physique, mais elle était là, et lui aussi. Elle voyait les mains de Gaster, ses mains si étranges, trouées - comment avait-elle pu oublier? - et ces mains semblaient se poser partout sur son visage - comme si elle en avait encore un! - sa taille, ses bras.
-Je croyais que j'allais mourir… que j'allais finalement mourir… Gaster qu'est-ce qui se passe? Où sommes-nous?
-Dans un endroit sombre, obscur et encore plus obscur.
-Tu as toujours été aussi énigmatique, mais j'ai besoin de réponses, Gaster.
La présence de son mentor sembla se resserrer autour d'elle, comme s'il lui faisait une nouvelle étreinte. Ses soucis semblaient s'envoler peu à peu alors que les mains trouées caressaient l'illusion de sa tête.
-Nous sommes à la marge de ce monde. Nous sommes presque oubliés. Seuls ceux qui t'ont bien connue se souviendront un peu de toi. Et encore, ils oublieront vite ton nom et ton visage, comme tu as oublié le mien.
-Je suis désolée, Gaster… je suis tellement désolée…
-Tu n'as pas à t'excuser.
-Mais je t'ai oublié, et j'ai fait des choses horribles à de pauvres gens qui ne le méritaient pas, et…
-Tu as fait de ton mieux, Alphys.
Si elle avait encore eu un corps, Alphys aurait sangloté de toutes ses forces. Mais elle sentait qu'elle pleurait malgré tout, ses émotions complètement transparentes dans ce monde d'obscurité. Et elle sentait les doigts de Gaster essuyer les larmes sur son visage, des larmes de néant liquide dans un visage inexistant. Mais elle était bien là, et lui aussi. C'était une sensation étrange de ne plus avoir de corps, mais d'avoir une présence malgré tout.
Elle finit par se calmer. Elle avait eu besoin d'entendre ces paroles depuis longtemps… si longtemps… elle avait eu besoin d'une présence aussi rassurante… elle avait eu besoin de ce néant qui semblait envahir même ses pensées, et qui lui faisait du bien…
Juste de ne penser à rien… rien de mal… rien pour la blesser… rien.
-Et maintenant? Qu'est-ce qui se passe?
-Rien. Tu pourras observer ce qui se passe dans le monde en regardant les codes. Quand tu pourras les voir, je t'apprendrai à les déchiffrer. Tu connais déjà l'informatique, ça ne sera pas bien difficile.
-Et ensuite?
-Rien. La version de toi qui est ici ne retournera pas dans le monde même après le reset.
-Le… reset?
Gaster eut un petit rire, et il enveloppa Alphys de son grand manteau noir. C'était comme du goudron, c'était lourd, c'était envahissant, mais c'était rassurant. Elle se nicha contre lui, contre sa présence noire dans l'obscurité. Il lui semblait reconnaître son odeur, l'odeur de la cologne et du calcium, une odeur qu'elle avait oublié jusqu'à maintenant. Même si ce n'était probablement qu'une illusion.
-Tu comprendras bien assez tôt. Repose-toi, Alphys chérie. Tu peux enfin te reposer vraiment.
Les mains de Gaster continuaient de caresser sa tête, son dos, sa taille, et son visage lui souriait toujours, comme un masque. L'obscurité l'envahissait complètement, et elle se laissait faire. Leurs âmes pâles battaient à l'unisson.
C'était ce dont elle avait besoin, depuis longtemps, si longtemps.
Un monde où plus rien n'avait d'importance.
Ses secrets mis à nus devant une âme compatissante.
Aucune conséquence.
Aucun regret.
Rien.
Plus rien.
