La prochaine demande est de Liu Proxy! Parmi tous les os qui m'ont été lancés, j'ai attrapé celui-ci: Flowey X Sans, parce que c'était le plus crack dans le tas. Mais j'avoue que j'ai de la difficulté à envisager ces deux-là romantiquement, hein! ^^; Et puis je voulais pas de non-con, c'est hors de question pour moi dans cette fic, ça tue un peu le but de la chose... alors voyons plutôt les débuts de l'amitié entre un Sans qui aime bien son ending post-pacifiste et un Flowey plus tsundere que psychopathe. Enjoy!

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Ça avait été plutôt long, mais on avait fini par sortir tous les monstres de sous la montagne. Pour la plupart, ce n'était pas trop compliqué, mais il y avait des cas spéciaux qui demandaient un peu plus de temps. Par exemple les bonhommes de neige, qui ne pouvaient pas se déplacer seuls, et qui auraient fondu au passage. Il avait fallu faire venir des camions de congélation pour les déménager là où il fait toujours froid.

Il y avait aussi eu les araignées. Ça n'aurait probablement pas été aussi long, si Muffet n'avait pas insisté pour que ça se fasse en limousine comme elle l'avait toujours souhaité. Ce n'est pas exactement le genre de véhicule qui circule très facilement n'importe où, et il avait fallu le décoincer à quelques reprises. Et puis les frais de nettoyage après le passage des araignées avaient été particulièrement élevés.

Et puis… il y avait eu Flowey. Frisk avait fait ses adieux à Asriel, qui ne pouvait maintenir sa forme de gentil gamin bien longtemps, et il était redevenu une fleur sans âme. "Il faut bien que quelqu'un s'occupe de ces fleurs" avait-il expliqué. Mais Frisk insistait pour que cette fleur sans âme sorte aussi de la montagne, comme tout le monde. Il ne pouvait pas rester là, tout seul, au-dessus du corps de Chara à se noyer dans ses regrets et son amertume, non?

"y'mérite pas mieux" se disait Sans, qui observait Frisk qui parlait avec Flowey, de loin. L'enfant avait beau insister, la fleur refusait obstinément, même sans entendre ce qu'ils se disait, Sans le voyait bien. "s'il veut rester ici, qu'il reste et pis c'est tout, c'est son choix…" Mais Frisk était quelqu'un de bien plus déterminé que ça et Sans le savait bien. Il ne repartirait pas sans Flowey.

Soudain le gamin se redressa et retourna vers Sans à l'entrée de la salle. Après l'avoir rejoint, Frisk lui dit que Flowey voulait lui parler.

-à moi? qu'est-ce qu'il peut bien m'vouloir?

Frisk haussa les épaules et hocha la tête négativement. Aucune idée, mais si ça pouvait le convaincre d'une manière ou d'une autre, pourquoi pas. Ça serait sympa de sa part en tout cas.

Sans se gratta derrière le crâne en soupirant, puis il finit par traîner ses pantoufles et le reste de sa personne jusqu'au tas de fleurs où la fleur parlante était plantée. Il avait pas particulièrement envie de ramener Flowey, ni de lui parler, et il ne pouvait penser à aucun argument convaincant pour lui dire de venir à la surface avec eux, mais si ça pouvait faire plaisir au gamin, 'fallait bien essayer. Un peu.

Et puis il était curieux de savoir ce que Flowey avait à lui dire.

-Ah! C'est le tas d'ordures souriantes! Toujours le même sourire accroché au visage, comme c'est charmant.

Bon finalement il était pas si curieux, il avait juste envie d'étriper cette saleté de fleur. Si une fleur avait des tripes. Vous voyez l'idée en tout cas.

-et toi toujours le même masque souriant aussi, à qui est-ce que tu essaies encore de faire croire que tu n'es qu'une petite fleur innocente? espèce de parricide.

Flowey se cacha la bouche avec ses feuilles et rit de façon exagérée.

-Hohoho, quelle réplique cinglante! À force de parler à des innocents comme Papyrus et Frisk, j'avais oublié à quel point c'est agréable de se prendre de la haine en pleine figure.

-tu s'rais pas un peu maso par hasard?

-Haha, peut-être bien… la gentillesse m'indiffère au plus haut point. Il n'y a que les sentiments négatifs et la violence qui me font encore réagir. Et c'est pour ça que je voulais te parler, Sans.

-hm?

Flowey regarda derrière le squelette pour s'assurer que Frisk était assez loin pour ne pas les entendre, puis il s'étira et murmura sur le côté de son crâne:

-Tu ne voudrais pas détruire le monde avec moi?

Les pupilles magiques de Sans s'écarquillèrent… puis il éclata de rire. Tant et si bien qu'il dut s'asseoir par terre et qu'il lui fallut quelques minutes pour arrêter et reprendre son souffle. Flowey avait l'air boudeur.

-Je ne vois pas ce que ça a de si drôle, c'était une proposition sérieuse…

-et qu'est-ce qui te ferait croire que j'accepterais un truc pareil, Flowey? demanda Sans, qui essayait toujours de retenir son fou rire.

-Tu as laissé l'humain détruire tout le monde une fois. Et tu n'as même pas sérieusement tenté de le tuer. Tu aurais pu absorber les âmes humaines pour avoir de la force, ou au moins convaincre mon père de le faire. Mais tu n'as rien fait d'utile. Si Frisk n'avait pas fait un reset juste avant la fin, le monde aurait réellement été détruit. Et tu le sais. Tu te souviens de tout ça. Tu m'as traité de parricide, mais c'était dans une autre temporalité, ça. Je n'ai tué personne dans celle-ci. Alors si tu te souviens de ça, tu dois te souvenir du génocide.

Bien sûr. Comment oublier un truc pareil? Sans cessa finalement de rire, et la lueur de ses pupilles s'éteignit. Il ne se souvenait pas exactement de tout, mais il savait. Il savait trop bien.

-Tu n'as pas envie… que tout s'arrête? reprit Flowey. Puisque ça ne sert à rien, puisque le reset est inévitable, puisque tu ne peux rien empêcher, rien sauver… tu n'as pas envie de tout détruire? Juste une fois?

Une racine s'enroula autour de l'humérus et du radius de Sans, sous son hoodie. Elle avait jailli de la terre et s'était faufilée directement dans sa manche. Le contact était étrange, ni chaud ni froid, mais très ferme. La racine continuait de grimper le long de son bras, elle devenait une tige, des feuilles s'ouvraient dans sa manche, et c'était une sensation très étrange.

-Ensemble on pourrait y arriver, susurra Flowey. Tes coups auraient finalement de la force, grâce à moi. Tuer les sept premiers humains sera facile. Et après avoir absorbé leurs âmes, on serait une entité divine et on pourrait tout mettre à feu et à sang. Les humains, les monstres. Tout. Et puis il ne resterait plus rien. Le néant. Plus de reset. Plus rien. Le repos total.

-c'est sûr que si tu me parles de repos total, c'est assez tentant, Flowey, dit Sans d'un ton hésitant. mais... j'aime mieux faire une simple sieste sur le canapé du salon pendant que mon frère prépare à manger. mettre le monde à feu et à sang c'est beaucoup trop d'efforts. et puis Toriel me pardonnerait pas, et Frisk me laisserait pas faire…

Flowey soupira et secoua sa tête entourée de pétales.

-Quel dommage… tu avais pourtant tellement de potentiel, Sans! Je croyais qu'on pouvait au moins s'entendre là-dessus. Je n'aurais pas cru que tu tenais autant à ce monde pourri.

-c'est pas si mal une fois qu'on atteint la surface, répondit Sans. tu devrais venir faire un tour et juger par toi-même…

-Non merci, je préfère rester ici avec Chara.

-oh… mais j'insiste!

Et Sans se leva et tira très fort sur son bras, arrachant du sol les racines de Flowey, qui étaient encore accrochées à son bras. La fleur au complet se trouva bientôt hors de la terre et criait de toutes ses forces.

-ARRÊTE ESPÈCE DE TAS D'ORDURES SOURIANTES QU'EST-CE QUE TU FAIS TU N'AS PAS LE DROIT DE ME TRAITER DE LA SORTE DÉPOSE-MOI PAR TERRE TOUT DE SUITE-

-hmmmm… nan. hé Frisk, apporte vite ton pot de fleurs!

Et l'humain s'exécuta aussitôt et apporta un pot de fleur qu'il avait préparé pour l'occasion. Il fallut un moment pour que Flowey s'accroche à la terre de ce pot, il criait et s'agitait dans tous les sens, mais il avait besoin de terre en tant que fleur, et il finit par y enfoncer ses racines. Frisk avait l'air content, et serrait le pot contre sa poitrine.

-je suppose que c'est le moment de prendre un raccourci.

Frisk hocha la tête et lui prit la main. Sans les téléporta juste devant la sortie de la montagne, dans le palais du roi. Flowey continuait de se plaindre, un peu moins fort, mais sans arrêt. Sans poussa les grandes portes qui menaient vers le monde extérieur…

Et ils virent aussitôt un magnifique ciel étoilé. Flowey se tut aussitôt. Même lui ne pouvait retenir son admiration devant une telle beauté.

-tu sais, Flowey… j'crois pas qu'on est grand chose ici bas. même si on détruit ce petit monde imparfait, ça sera qu'une étoile de moins dans l'espace. pas de quoi trop s'en soucier. mais si on est en vie, on peut observer les étoiles, et c'est pas mal, déjà…

-... Ce ne sont que des points de lumière dans le noir, répliqua Flowey.

-oui, rien d'autre que des points dans le noir. moi j'aime bien les étudier au téléscope de temps en temps.

Un moment de silence passa, puis Flowey se remit à grogner.

-Vous m'avez emmené dehors, vous êtes contents maintenant?

Frisk hocha positivement de la tête. Sans haussa les épaules.

-Est-ce que je peux retourner auprès de Chara, maintenant?

Frisk hocha négativement de la tête. Sans haussa encore les épaules. Flowey soupira, ses pétales retombant devant son visage découragé.

-Vous allez tenter de me convaincre que ce monde en vaut la peine, c'est ça? Qu'il est pas si mal, qu'il peut être beau, qu'on peut bien s'y entendre tout le monde, les monstres et les humains? Mais je ne ressens rien, je n'ai pas d'âme, ça ne sert à rien, à rien, je ne comprends rien, rien, RIEN à tout ça!

-ça va, c'est pas si grave, répliqua Sans. personne ne comprend grand chose à quoique ce soit de toute façon. chacun se fait l'idée qu'il veut. le monde est assez grand pour ça.

Flowey resta immobile pendant un moment, puis il finit par se redresser les pétales.

-Hmpf! Très bien! Si vous insistez, je vais l'essayer, ce grand monde si vaste. Et ça ne me fera rien du tout!

-bah… même un bon à "rien" comme moi peut vivre ici comme si de "rien" n'était. tu y arriveras en un "rien" de temps, Flowey.

-Aaaaaaaaaaaaargh!

Frisk eut un grand sourire et colla sa joue contre le visage de Flowey qui se laissait faire en roulant des yeux. Sans les regardait, un peu attendri. Ça avait pas demandé tant d'efforts de le convaincre, finalement… et puis s'il avait une nouvelle victime pour ses mauvaises blagues, pourquoi pas.