Et me voici avec une des demandes de Jotunn-Ray! Dans le tas de propositions, j'ai choisi Papyrus X Napstablook, même si elles me tentaient bien toutes!

J'annonce qu'au 20e chapitre je vais prendre une petite pause, pour mieux continuer mes autres fics qui ont l'air de se sentir seules. Je suis aussi débordée avec le boulot et l'université, alors je risque d'écrire plus lentement, mais je vais faire de mon mieux. D'ici là, enjoy!

O*O*O*O*O*O*O*O*O

-Ooooooh… ce qu'il est cool…

-Pourquoi tu ne vas pas lui parler, Blooky?

-Oooooooooooh… je veux pas déranger…

Le robot laissa échapper de l'air d'une soupape de son moteur interne pour mieux se faire soupirer. Ce que son cousin était timide! C'en était désespérant.

Ça faisait un bon moment que le petit fantôme avait remarqué le grand squelette de Snowdin, et qu'il le regardait "de loin, de temps en temps, sans lui parler, pour ne pas l'embêter". Il était tout le contraire de lui: bruyant, flamboyant, amical, sûr de lui… le petit fantôme l'admirait tellement d'avoir tout ce qui lui manquait! Il ne cessait d'en parler à Mettaton, tout doucement, encore une fois pour ne pas l'embêter, mais son attirance était tellement évidente! La boîte de métal carrée avait juste envie de les mettre ensemble et de les voir heureux. Il adorait jouer l'entremetteur.

Mais son cousin fantomatique ne lui rendait pas la tâche facile en refusant de s'approcher de l'élu de son coeur! Pourtant, c'était comme si le squelette n'attendait que quelqu'un vienne lui parler: lorsqu'il ne recalibrait pas ses puzzles dans la forêt, ou qu'il ne s'entraînait pas avec Undyne, il restait devant chez lui au village la plus grande partie du temps. Certains enfants allaient lui parler, mais il avait l'air un peu seul, et il aurait certainement apprécié que Blooky vienne lui dire un mot!

-Bon, j'en ai marre, Blooky, tu vas lui parler maintenant, sinon c'est moi qui ne te parlerai plus pendant une semaine!

-Oooooooh… noooooooon… je vais être tellement seul si tu ne me parles plus, Mets… tu veux venir avec moi? Je ne crois pas y arriver seul…

Le robot laissa encore échapper un soupir soupapeux.

-Blooky, je suis une célébrité, et Papyrus est un membre d'honneur de mon fan-club. Si je viens avec toi, il ne verra que moi! Non, tu dois y aller seul.

-Ooooooh… d'accord…

Napstablook flotta pendant quelques centimètres en direction de la maison des squelettes… avant de devenir invisible. Ah non, ça n'allait pas du tout! Mettaton, exaspéré, rappela son cousin, qui réapparut devant lui.

-Et comment tu crois qu'il va te remarquer si tu n'es pas visible?

-Ooooooh? J'étais invisible? Je n'ai pas remarqué. Ça doit être une réaction inconsciente à cause de ma timidité.

-Il va falloir que tu règles ça, sinon il ne viendra jamais à bout de savoir qui tu es! Tu n'as pas envie qu'il te remarque?

-Je ne sais pas… et s'il me trouvait effrayant? Il y a beaucoup de gens qui ont peur des fantômes… J'aime mieux qu'il ne me connaisse pas, plutôt que de savoir qu'il me trouve effrayant…

Mettaton se sentit péter un câble (et il espéra par la suite qu'Alphys allait pouvoir lui arranger ça).

-C'EST UN SQUELETTE ET TU CROIS QU'IL VA TROUVER QU'UN FANTÔME LUI FAIT PEUR?

-Ooooooooh… ne crie pas, s'il te plaît, Mets…

-Pardon, pardon… mais tu es désespérant, là, Blooky.

-Je suis désolé…

Et le fantôme se mit à pleurer. Le robot, désemparé, agitait ses bras articulés dans tous les sens, en essayant d'éviter les larmes corrosives.

-Et si… et si tu lui écrivais une lettre? proposa Mettaton.

Napstablook se redressa un peu, les larmes cessant de couler de ses yeux. Mettaton en était déjà plutôt soulagé. Il poursuivit:

-Mais oui, il a l'air de regarder dans sa boîte aux lettres à tous les matins, et il n'y trouve rien… tu ne trouves pas qu'il a l'air déçu? Je suis sûr qu'il serait très heureux d'avoir finalement du courrier, et une lettre d'amour en plus!

-Oooooooh… tu as raison, Mets… tu veux bien m'aider à l'écrire?

Et les deux cousins retournèrent chez eux pour aller composer cette fameuse lettre. Si au moins il pouvait y avoir du progrès entre ces deux-là un jour…!

O*O*O

-SANS! REGARDE! J'AI DU COURRIER!

Surpris, le petit squelette se tourna vers son frère, qui lui montrait fièrement une enveloppe où on avait écrit son nom en jolies lettres attachées. Il avait l'air radieux, mais Sans était inquiet.

-hé bien… ouvre donc ton courrier!

Qui avait donc pu laisser une lettre à son frère sans qu'il ne le remarque? Ce n'était pas que Papyrus ne recevait jamais de courrier, bien au contraire: les enfants lui laissaient des mauvais tours dans sa boîte aux lettres, il y avait des notices de la libraibrie, des publicités, des lettres d'autres fans de Mettaton qui cherchaient des correspondants, des lettres de gens qui voulaient les voir quitter Snowdin… Sans prenait tout ce courrier et le brûlait sans distinction, avant que son frère ne voie tout ça. Ça serait malsain pour lui.

Mais qui avait donc pu lui laisser une lettre sans se faire voir? Quelqu'un d'invisible? Pourquoi est-ce que des gens invisibles laisseraient du courrier à son frère? Il avait presque aussi hâte que son frère de voir le contenu de cette lettre.

Le dos de l'enveloppe était refermé par un petit collant en forme de coeur. Sans sentit quelque chose remuer dans sa propre âme en voyant ça. Un admirateur secret? Papyrus était tellement cool, ça devait bien arriver un jour, mais il n'était pas prêt pour ça… LUI, Sans, n'était pas prêt de voir son frère sortir avec quelqu'un!

Papyrus plissait les orbites en tentant de lire la lettre, mais il avait toujours eu de la difficulté à lire. Il refusait d'admettre qu'il aurait besoin de lunettes pour son hypermétropie. "LES SEULES LUNETTES DONT J'AI BESOIN SONT DES LUNETTES FUMÉES POUR MONTRER À QUEL POINT JE SUIS COOL!" C'était pour ça que Sans lui lisait un livre tous les soirs avant de se coucher, parce qu'il ne pouvait pas le lire lui-même. Et encore cette fois-ci, Papyrus n'arrivait pas à lire, et il finit par tendre la lettre à son frère, qui l'attrapa aussitôt entre ses phalanges tendues.

-LE GRAND PAPYRUS N'ARRIVE PAS À LIRE CETTE MYSTÉRIEUSE ÉCRITURE. PEUT-ÊTRE QUE TES CONNAISSANCES SCIENTIFIQUES POURRONT M'AIDER À DÉCHIFFRER CET ÉTRANGE LANGAGE, FRÈRE.

La lettre était écrite dans la même écriture attachée et mignonne que le nom de Papyrus sur le dessus de l'enveloppe. Sans n'avait aucune difficulté à la lire, ce qu'il fit à voix haute:

-"Cher Papyrus, je dois avouer que je t'admire depuis longtemps. Tu es vraiment très cool et je ne peux plus résister: je voudrais te rencontrer. Pourrait-on se rencontrer demain à midi sur le pont à la sortie de Snowdin?" c'est signé: N., qui t'observe de loin depuis longtemps.

C'était exactement ce que Sans craignait: un admirateur secret, assez malin pour déposer du courrier à son frère sans qu'il ne le remarque. C'était un ennemi de taille. Papyrus avait l'air de réfléchir, et Sans finit par dire:

-alors, on dirait que tu as un adm-

-UN ADVERSAIRE POUR UN DUEL! l'interrompit Papyrus.

Sans resta un moment sans rien dire, se questionnant sur la logique de son frère, qui s'expliqua:

-CETTE PERSONNE ADMIRE MES PROUESSES AU COMBAT, ET DÉSIRE M'AFFRONTER POUR OBTENIR MON TITRE DE COOL! ELLE VEUT ME VOIR SUR LE PONT, QUI EST L'ENDROIT IDÉAL POUR UN DUEL! ELLE A MÊME MIS UN COLLANT EN FORME DE COEUR SUR L'ENVELOPPE, C'EST LE SIGNE QU'ELLE EN A APRÈS MON ÂME! J'AI UN RIVAL, SANS!

Sans retint un rire en entendant cette explication.

-je ne peux pas "rivaliser" avec cette logique, paps.

-SAAAAAAAAAANS!

Mais Papyrus avait l'air tellement heureux d'avoir un adversaire pour un duel… probablement encore plus heureux que s'il avait compris qu'il avait un admirateur secret. Décidément, son petit frère c'était le meilleur.

O*O*O

Napstablook attendait sur le pont enneigé, l'air nerveux, mais déterminé. Il était encore totalement visible, ce qui était bon signe, et il s'était fait un joli chapeau et même un noeud papillon avec ses larmes. Il était charmant, l'avait assuré Mettaton, qui observait d'un peu plus loin, caché par les arbres.

Papyrus finit par apparaître au bout du pont et par s'avancer de son pas fier. Voyant le fantôme, il s'arrêta et le pointa d'un geste théâtral.

-AH HA! VOILÀ DONC MON ADVERSAIRE! DITES-MOI DONC QUEL EST VOTRE NOM, MON BRAVE RIVAL.

Mal à l'aise, Napstablook se recroquevilla un peu sur lui-même.

-Adversaire…? Rival…? Moi?

-OUI, VOUS! C'EST BIEN VOUS QUI M'AVEZ ENVOYÉ CETTE LETTRE DE DUEL?

Mettaton poussa un cri de rage étranglé par ses pistons. Il avait oublié à quel point ce squelette était obtus, et qu'il valait mieux écrire une lettre très claire. Mais Napstablook avait refusé de trop en dire, "de peur de l'incommoder"... et voilà que ce crétin pensait que son innocent cousin était un adversaire de duel?

Il allait pour se précipiter vers ces deux idiots pour leur dire sa façon de penser - tant pis pour la subtilité - mais il sentit aussitôt deux bras minces mais très fermes autour de lui, l'empêchant d'avancer. Qui avait pu ainsi contrer son radar interne? Il se tourna et vit que c'était Sans qui le retenait ainsi. Comment était-il apparu aussi vite derrière lui, lui qui avait de la difficulté à se traîner derrière son frère?

-pas question d'intervenir, m'sieur le toasteur, c'est entre mon frère et ce fantôme.

-Ton crétin de frère veut se battre avec mon cousin qui s'était finalement préparé à lui avouer ses sentiments!

-ah, c'est ton cousin? en tout cas ça va être marrant tout ce malentendu…

-CE N'EST PAS DRÔLE DU TOUT, LÂCHE-MOI ESPÈCE DE SAC À ORDURES!

Mais la poigne de Sans restait très ferme autour de lui, et Mettaton avait beau se débattre, il n'arrivait pas à s'en défaire.

Et pendant ce temps, Blooky s'était mis à pleurer d'être aussi incompris, ce que Papyrus avait pris pour une attaque…

Le combat dura quelques longues minutes. Papyrus n'arrivait pas à éviter les larmes acides, mais il avait utilisé son attaque bleue, et Blooky ne pouvait pas simplement flotter au-dessus des barrages d'os magiques. Leurs HP baissaient régulièrement, et ils en arrivèrent finalement tous les deux à 1HP. Les deux s'épargnèrent mutuellement.

-JE VOIS… QUE TU ES… TRÈS FORT… MONSIEUR MON RIVAL! avoua Papyrus, essoufflé.

-Ooooooooooooh… tu es tellement cool, Papyrus… même si je ne voulais pas me battre…

-TOI AUSSI TU ES TRÈS COOL, MONSIEUR MON RIVAL! TU AS SU TENIR TÊTE AU GRAND PAPYRUS, C'EST UN EXPLOIT DIGNE D'ÊTRE CÉLÉBRÉ!

-Est-ce qu'on pourrait... c-célébrer ça… avec… avec… une "date"?

Mettaton retint son cri de joie, pendant que Sans derrière lui semblait complètement effaré. Enfin il lui avait demandé! Ça ne s'était pas du tout passé comme prévu, mais il y avait enfin du progrès! Papyrus avait l'air très flatté, et il ramena son absence de cheveux derrière son crâne.

-UNE "DATE"? UNE SORTIE ENTRE TOI ET MOI?

-Oui… c'est ce que je voulais… depuis le début… ah, et je ne me suis même pas présenté!… tout se passe à l'envers… je suis désolé…

-EST-CE QUE DES RIVAUX PEUVENT SORTIR ENSEMBLE? JE ME DEMANDE SI C'EST DANS LE MANUEL…

Mais Napstablook fit comme s'il n'avait pas entendu, et il s'approcha de Papyrus, flottant à la hauteur de son regard.

-Je m'appelle Napstablook, et je vis à Waterfall, pas très loin de chez Undyne. C'est là que je t'ai vu la première fois, alors que tu t'entraînais avec elle. Je t'admire depuis ce temps-là, Papyrus. Je voudrais vraiment mieux te connaître et sortir avec toi.

Mettaton en avait les larmes aux boutons de commandes. Il n'avait jamais vu son cousin aussi déterminé! Mais Sans l'avait lâché et semblait prêt à sauter hors de la forêt pour intervenir… et ce fut Mettaton qui, à son tour, le retint sur place. Ses bras mécaniques firent le tour du petit squelette, implacables.

-Pas question de les interrompre, tas d'ordures, c'est une magnifique scène d'amour!

-mais je veux pas de magnifique scène d'amour entre mon frère et n'importe qui!

-C'est pas n'importe qui, c'est mon adorable petit Blooky!

Pendant que les deux protecteurs se chamaillaient ainsi, Papyrus avait rougi de la proposition du fantôme, avant de prendre un air assuré.

-LE GRAND PAPYRUS EST TRÈS FLATTÉ DE TA PROPOSITION, NAPSP… NAPA… HM, EST-CE QUE JE PEUX T'APPELER BLOOKY?

-Oui, bien sûr…

-JE DISAIS DONC, LE GRAND PAPYRUS EST TRÈS FLATTÉ DE TA PROPOSITION, BLOOKY, ET UNE SORTIE SERAIT EFFECTIVEMENT UN MOYEN DE MIEUX CONNAÎTRE MON RIVAL. J'ACCEPTE DONC AVEC JOIE!

-Mais je ne suis pas ton rival…

Mais Papyrus passa son bras autour du corps fantômatique de Napstablook et le serra contre lui. Le fantôme avait l'air particulièrement heureux.

-OH, JE PENSAIS QUE TOUCHER UN FANTÔME ME DONNERAIT LA CHAIR DE POULE…

-Tu n'as pas de chair… ou… de peau, Papyrus…

-... MAIS TU ES BEAUCOUP PLUS DOUX ET CALINABLE QUE JE NE LE PENSAIS, BLOOKY! reprit le grand squelette.

-Oooooooooooooh… merci…

Gêné, le fantôme disparut à moitié, mais il se reprit et réapparut. Papyrus l'entraînait avec lui vers la maison pour leur sortie, ayant déjà pris le contrôle de la situation, comme à son habitude. Résigné, Sans cessa de se débattre, tandis que Mettaton jouait une mélodie joyeuse avec ses boutons.

-hé, le toasteur… tu peux me promettre au moins que ton cousin ne veut pas de mal à mon papyrus?

-Napstablook est l'être le plus gentil et doux que je connaisse. Et je trouve que Papyrus le complète très bien, déjà juste en le rencontrant ainsi il a l'air plus confiant. Laisse-les donc se fréquenter un peu, "ton" Papyrus est certainement capable de bien juger les gens lui-même.

-ouais… peut-être.

Sans se gratta le crâne, puis il disparut sur place. Mettaton hésita entre suivre son cousin ou rentrer chez lui, et il décida de prendre la deuxième option. Blooky lui raconterait bien comment ça s'était passé…

Ah, ils étaient bien mignons, tous les deux!