Chapitre 4 : Qui a dit que l'on ne pouvait pas enquêter ?
Petit message d'avertissement : Une partie du chapitre est volontairement mise en italique, le but étant d'avertir car le thème pourrait être dérangeant pour certaines personnes, vous pouvez donc ne pas lire ce passage sans que cela ne gêne la compréhension de la suite de l'histoire. Bonne lecture !
La Terre était laissée à l'abandon depuis six mois, lorsque le chef Patrick réintégra Ann-Lynn Chambers et son équipe. Il les envoya sur Terre terminer l'enquête sur le meurtre de Kurt Wilson. Il dépêcha une centaine d'hommes pour cette mission. Il avait envoyé des brigades cynophiles, des policiers de la scientifique puis il avait ordonné le départ de l'équipe d'Ann-Lynn sur le site.
Une vingtaine de petits vaisseaux de transport équipés de laboratoire quittèrent le siège de la police de l'union galactique pour se rendre sur Terre. Ann-Lynn avait appris par le chef de son unité que l'idée d'une enquête sur les crimes de guerres et d'occupation avait été abandonnée sous la pression de différents lobbys. Des vaisseaux de guerre surveillaient la Terre constamment pour éviter les pillages et les appareils ne furent autorisés à entrer dans l'atmosphère de la planète qu'après avoir donné les codes d'identification. Ils survolèrent la capitale déserte et allèrent se poser dans le parc qui ressemblait à présent à un espace sauvage. Les vaisseaux de la scientifique se posèrent directement près des ruines du palais de Sylvidra où ils commencèrent les fouilles dès qu'ils eurent sortis leur matériel.
Ann-Lynn regardait le palais en ruines depuis une dizaine de minutes lorsque le chef Patrick arriva à sa hauteur et s'arrêta près d'elle. Elle était catastrophée, le palais entièrement détruit représentait à lui seul des mois de travail continu à la recherche de la moindre petite preuve pouvant faire avancer l'enquête.
- Ce n'est pas faisable chef ! S'exclama Ann-Lynn.
- Je t'assure qu'on peut y arriver. Il y a des preuves là-dedans dont on a besoin et tu vas me les trouver. C'est les lieux d'un crime ton devoir est d'enquêter !
- Mais ce n'est pas le lieu de l'assassinat de Kurt Wilson comment je vais justifier cela auprès de la commission ? S'angoissa-t-elle.
- Voyons, il faut bien vérifier les assertions de Kurt Wilson qui se trouvaient dans la vidéo qui a été diffusée, tempéra le chef Patrick.
- Tu ne crois pas que ce serait plus justifié d'envoyer des archéologues se charger de ce travail. Je veux dire que cela ressemble plus à un boulot fait pour eux. Après tout cela concerne l'histoire des Mazones ! Si mes hommes touchent à cela, ils pourraient bien détruire sans le vouloir des preuves historiques importantes qui seraient perdues !
- Tu sais comment travaillent les archéologues ? Il repère un site, ils le balisent, ils le quadrillent et font des repères, ensuite, ils fouillent case par case. C'est la même méthode que nous. Les archéologues sont juste les flics du passé, nous, nous sommes ceux du présent. Je sais que c'est titanesque mais il faut clore l'enquête sur Kurt Wilson. Tu n'es pas d'accord ?
- Bien sûr que je suis d'accord ! C'est juste que, qu'est-ce que je fais de tout le reste ?
- Tu le remettras au musée d'Amos. Eliza Zone y travaille à l'heure actuelle.
- Comment va-t-elle ?
- Tu t'inquiètes pour elle ?
- Harlock l'a abandonnée pour convoler avec Helena Svlotiania et elle a une mesure d'expulsion au-dessus de la tête, s'attrista Ann-Lynn
- La loi n'est pas encore passée.
- Ils y arriveront. Ce n'est qu'une question de temps. L'opinion publique soutient de plus en plus cette mesure, ragea Ann-Lynn.
- Ce n'est pas la peine de penser à des choses déprimantes. Mets-toi au travail Ann-Lynn, le temps joue contre nous, la prévint le chef Patrick.
Le lieutenant Mitchell, équipé d'une combinaison stérile participait aux fouilles. Chaque gravât était soigneusement soulevé, inspecté et numéroté. Ann-Lynn se gratta la tête. Elle s'inquiétait, se demandant ce qu'elle allait bien pouvoir trouver dans cette montagne de débris. Elle se doutait que l'enquête sur Kurt Wilson n'était qu'une couverture pour pouvoir enquêter officieusement sur les personnes qui avaient collaboré avec les Mazones et sur celles qui avaient profité du Consortium pour s'enrichir. Elle regarda les alentours du palais lorsqu'elle vit un lieutenant Aoki arriver en courant. Parvenu à sa hauteur il ralentit puis s'arrêta pour reprendre son souffle.
- Qu'est-ce qui vous arrive lieutenant ? S'inquiéta-t-elle en voyant l'homme le plus calme qu'elle connaissait agir ainsi.
- On a retrouvé le corps de Kurt Wilson.
- Où ça ?
- Il y a une zone du palais qui a été moins touchée et en fouillant les débris je suis tombé dessus. Il y avait une sorte de morgue dans les sous-sol du palais mais celle-ci était placée suffisamment à l'écart pour que le vaisseau ne la détruise pas totalement au moment du décollage.
- Dans quel état est-il ?
- En parfait état madame. Le caisson dans lequel il a été placé est intact.
- Cette simple nouvelle vient d'illuminer ma journée lieutenant ! Amenez-le-moi !
- Il arrive madame ! Annonça-t-il en désignant un groupe d'hommes derrière lui qui approchait.
Ann-Lynn alla à leur rencontre et le groupe s'arrêta. Elle se plaça tout près du caisson et se pencha pour regarder l'homme qui semblait dormir. Elle toucha la vitre au niveau du cœur et elle retint les larmes qui commençaient à lui monter aux yeux.
- Je ne lâcherai jamais l'enquête monsieur Wilson. Je me battrai jusqu'au bout pour que justice soit rendue et la lumière faite sur toute cette affaire !
Elle se releva et annonça au médecin légiste :
- Prenez bien soin de lui ! Cet homme est un héros. Je veux une sécurité maximum pour sa dépouille. Je veux qu'elle soit gardée vingt-quatre heures sur vingt-quatre, compris ?
- Ne vous inquiétez pas commandant.
Les fouilles prirent un mois avant de pouvoir atteindre les débris provenant des pièces du château. Le vaisseau en soulevant le bâtiment avait fait des dégâts considérables et les enquêteurs se retrouvaient face à un puzzle géant composé de milliards de pièces qu'il fallait agencer le plus vite possible. Les gravats de la structure furent placés à l'extérieur et les premiers éléments intéressants, morceaux de meubles, d'électronique, d'éclairage furent placés dans les hangars où les scientifiques s'efforçaient de les reconstituer. Les objets reconstruits étaient ensuite étaient emmenés au musée d'Amos où Ellie se chargeait de les identifier et de les entreposer soigneusement dans la réserve en attendant une exposition future tout en se disant qu'elle n'y assisterait probablement pas.
Ce fut par hasard qu'ils finirent par trouver les débris provenant du bureau de Mark. Ann-Lynn en voyant le lieutenant Mitchell lui faire de grands signes, escalada les gravats pour le rejoindre. Après avoir enlevé plusieurs grosses pierres brisées, ils virent ce qu'il restait du bureau. Celui-ci était suffisamment luxueux et imposant pour être celui de quelqu'un d'important. La structure de ce qui restait de la pièce étant très fragilisée, des spécialistes installèrent des poutres de soutien et les policiers furent autorisé à descendre. Les lieutenants Mitchell et Aoki passèrent en premier pour aider leur commandant à descendre à son tour. Une fine poussière voletait à chacun de leur pas et ils étaient obligés de porter un masque pour ne pas les respirer. La pièce penchait dangereusement et ils devaient avancer doucement. Ann-Lynn s'approcha du bureau qu'elle commença à fouiller. Elle découvrit plusieurs dossiers comptables réservés au souverain de Gaia. Il y avait la progression de la reconstitution de leur armée et le nombre de Mazones défaillants. Elle feuilleta rapidement la liste et vit le nom de Kurt Wilson entouré à l'encre rouge. Elle plaça les deux dossiers sous scellés puis elle les fit remonter par la corde qui leur avait permis d'atteindre le sol vacillant de l'ancien bureau de Mark. Elle regarda autours d'elle et son cœur se serra.
Les lieutenants trouvèrent un écran tridimensionnel ainsi qu'un lecteur. Celui-ci était très abîmé. Aoki réussit à ouvrir le capot et vit qu'il y avait un enregistrement à l'intérieur. Le lieutenant Mitchell fouilla la pièce et trouva une caisse en bois qu'il ouvrit. Il découvrit à l'intérieur, encore dans leurs scellés, les enregistrements des caméras de sécurité du concert de Kurt Wilson. Il en sortit une qu'il montra à son collègue qui lui répondit par un signe positif de la tête.
- Madame, je crois qu'on a retrouvé les pièces à conviction qu'on nous avait volées.
- Il y en une aussi dans le lecteur madame, ajouta le lieutenant Aoki.
- On emmène les enregistrements et le lecteur ! Ordonna Ann-Lynn.
Le sol se mit à trembler sous leur pied et plusieurs craquements sinistres se manifestèrent.
- Sortez vite d'ici, la structure va s'effondrer ! Ordonna le spécialiste.
Les deux lieutenants attrapèrent leur commandant et la soulevèrent du sol au niveau de la sortie. Ann-Lynn fut emmenée par le spécialiste puis les deux lieutenants firent remonter les pièces à conviction au grand désarroi du secouriste qui se demandait combien de temps cela tiendrait encore .Ann-Lynn récupéra les preuves rapidement et ordonna à ses hommes de remonter. Le lieutenant Aoki la rejoignit puis elle aida à faire remonter le lieutenant Mitchell rapidement l'attrapant par la ceinture pour accélérer le mouvement. A peine celui-ci fut il auprès d'eux que le bureau glissa et s'effondra. La totalité des gravats commencèrent à suivre cette pente et les personnes présentent durent remonter en catastrophe la petite montagne pour ne pas être entraînées par ce sol mouvant. Ann-Lynn tremblait en serrant contre elle le lecteur. Il s'en était fallu d'un cheveu qu'ils finissent tous les trois ensevelis sous les décombres. Ils revinrent rapidement sur la terre ferme en remerciant leur bonne étoile.
Ann-Lynn encore tremblante suivie par ses lieutenants se rendit directement dans le laboratoire de la police scientifique. Ils allèrent dans la pièce chargée de l'étude des documents numériques et le lieutenant Aoki s'occupa du lecteur. Elle se servit d'une main tremblante un café serré en attendant le verdict de son lieutenant.
- Il est bien abîmé, commenta Aoki.
- Est-ce qu'il est utilisable ? L'interrogea-t-elle.
- Il est hors d'usage mais je peux récupérer le bloc mémoire qui nous dira où l'enregistrement a été arrêté.
- Parfait. A quelle caméra correspond cet enregistrement ? S'enquit Mitchell.
- On dirait bien que c'est celle qui était au-dessus de la scène orienté côté public.
- Autrement dit orienté côté tueur, acheva Anne-Lynn qui retrouvait son calme.
- Je pense que ça y est ! Annonça le lieutenant Aoki en mettant l'appareil de remplacement en route. Espérons que le bloc mémoire n'est pas abîmé...
Il alluma l'écran et l'image d'Harlock se matérialisa en trois dimensions. Ann-Lynn s'approcha surprise. Le capitaine était présent au moment du meurtre de Kurt Wilson.
- Qu'est-ce qu'il regarde aussi tristement ? S'enquit-elle
- Vu l'orientation de la caméra et l'endroit où se trouve le capitaine je dirai son fils, avança Mitchell.
- Son fils en état de choc, murmura Ann-Lynn en s'approchant.
En voyant la haute stature du capitaine elle se sentit toute petite. Son idée se renforça quand elle se retrouva face à face avec lui virtuellement.
- Il serait bon d'interroger le capitaine de l'Arcadia, proposa Aoki.
- Ce sera avec plaisir. J'irai l'asticoter un peu plus tard, révéla-t-elle en jetant un regard empli de convoitise aux charmes du capitaine.
- C'est fou l'effet qu'il fait aux femmes celui-là, remarqua Mitchell en observant sa responsable s'attarder sur l'image d'Harlock.
- C'est purement professionnel lieutenant ! Soutint-elle en souriant.
Le lieutenant leva les yeux au plafond d'exaspération. Une telle mauvaise foi le laissait sans voix.
- Remontez en arrière pour qu'on sache si c'est lui qui a tiré ! Ordonna-t-elle.
Son bras s'égara autour de la taille du capitaine et sa main suivit la courbure de ses reins. Elle était forcée de constater qu'il devait prendre soin de lui pour avoir une silhouette pareille.
- Le noir ça amincit madame, souligna le lieutenant Mitchell en souriant avec une intonation un peu moqueuse.
Elle rit de bon cœur et l'enregistrement repartit en arrière jusqu'au moment où le garde du corps tirait.
- Il semblerait que notre hypothèse était la bonne, affirma Mitchell. On lance un mandat d'arrêt madame.
- Non, on a encore le temps rien ne presse, soutint Ann-Lynn.
- Et puis ce serait bête de se priver du luxe d'aller embêter le capitaine de l'Arcadia, la taquina le lieutenant Mitchell.
Ann-Lynn se tourna vers son lieutenant et sourit embarrassée par cette insistance.
- Que voulez-vous je reste une femme, reconnut-elle sans cesser de sourire. Vous reluquez bien les jolies veuves joyeuses pendant nos enquêtes et bien moi je regarde les hommes. Et il n'est pas un suspect mais un témoin.
- Un témoin qui a aidé l'assassin à s'enfuir, rappela Mitchell.
- C'est vrai lieutenant mais nous ne devons pas oublier les circonstances du drame ! Insista-t-elle en souriant.
Plusieurs jours plus tard, elle demanda à un pilote de survoler la ville pour voir quels bâtiments avaient été attaqués. Elle vit la base ainsi que l'usine détruite et se demanda comment deux individus infiltrés avaient pu faire autant de dégâts. Elle avait réussi à obtenir de Ryo Kimura l'endroit où Eliza Zone avait été grièvement blessée chose qui lui avait ordonné de garder secrète surtout face au capitaine de l'Arcadia. Elle repéra la moto qui avait emmené les deux résistants. Elle était toujours là, jetée sur le sol avec le véhicule des militaires de Gaia. Cette ville, vidée de ses habitants donnait une étrange impression de fin du monde. Elle contacta la base d'opération de la police et ordonna à ses deux lieutenants de la rejoindre sur place avec la police scientifique. Le pilote posa l'appareil sur la route et elle descendit après avoir passé une combinaison stérile.
Elle s'avança vers le bâtiment et vit le vaisseau de la police scientifique se poser dans la cour du laboratoire. Ses deux lieutenants vêtus de la même manière qu'elle la rejoignirent. Tous les trois, ils entrèrent dans le bâtiment et en suivant les indications de Ryo, ils arrivèrent sur les lieux du drame. Ann-Lynn en approchant repéra des traces de pieds nus sur le sol et vit qu'elles venaient de la salle indiquée par Ryo. Elle entra et aperçut le tube vide dont une partie du liquide ambré maculait le haut du tube et redescendait par où Mélina avait glissé. Elle comprit, horrifiée, que quelqu'un enfermé dans ce tube s'en était extrait par ses propres moyens. Elle remarqua une flaque importante où Mélina s'était reposée entre deux contractions et elle ordonna aux scientifiques de faire des prélèvements. Elle repartit en suivant les traces et une horrible odeur la fit reculer. Elle mit un masque chirurgical tout en avançant vers l'odeur. Elle ouvrit la porte et la première chose qu'elle vit fut le placenta qui terminait de pourrir sur le sol. Elle leva la tête et nota la présence d'une traînée sanguinolente qui descendait du lit où Mélina avait accouché. Mitchell voyant cela, courut chercher le médecin de l'équipe scientifique pour qu'il puisse venir faire des prélèvements. Elle s'écarta de la porte en voyant le médecin arriver. Celui-ci alla directement voir le placenta et repéra ce qu'il restait du cordon ombilical. Il fit un prélèvement qu'il plaça dans l'analyseur.
- Vous pensez que l'enfant a survécu ? S'inquiéta Ann-Lynn.
- La maman a perdu pas mal de sang mais son corps n'est pas ici. Je dirai qu'il est très probable que les deux s'en soient sortis. Le placenta n'est pas déchiré d'après ce qu'il en reste. Le liquide dans la salle était mélangé à du liquide amniotique.
- Vous en êtes sûr ?
- Certain. L'eau s'est évaporée mais les éléments minéraux et protéiniques sont sans appel. La maman a perdu les eaux là-bas.
- Il y a combien de mois d'après vous ?
- Vu l'état de décomposition du placenta six à huit mois. Ça y est j'ai les noms des parents.
- Comment est-ce possible les prélèvements d'ADN étaient centralisés dans les ordinateurs de Gaïa et ils ont tous été vidés de leur contenu ? S'étonna Ann-Lynn.
- Pas les relevés de la police sans compter celui que vous n'aviez pas le droit de faire au début de l'enquête de Kurt Wilson.
- Comment êtes-vous au courant de cette affaire ? S'enquit Ann-Lynn avec un sourire embarrassé.
- Mon collègue m'a mis en garde par rapport à vos pratiques douteuses. Le papa est Kurt Wilson et la maman Mélina Church qui a été déclarée disparue il y a environ un et demi. C'est un petit garçon, précisa le médecin.
- Mais comment a-t-elle pu atterrir là-dedans ? S'étonna Ann-Lynn.
Elle retourna dans la salle et trouva le lieutenant Aoki plongé dans la lecture d'un compte rendu.
- Ah madame ! J'ai le dossier médical de Mélina Church. Elle a été placée dans ce tube après une violente agression dont elle a été victime. C'est le souverain de Gaïa qu'il l'a trouvée et ramenée ici. Elle a été placée dans ce tube pour soulager son organisme et l'aider pour la grossesse. Apparemment c'était la première fois qu'une humaine portait l'enfant d'un mâle Mazone et les médecins n'étaient pas sûrs qu'elle puisse mener la grossesse à terme.
- Je ne vois pas en quoi cette grossesse pouvait poser problème.
- D'après ce que j'ai compris les besoins d'un enfant Mazone sont très importants.
- Pourtant les Illumidas se sont reproduits avec des humaines.
- Oui mais les Illumidas ne sont pas des Mazones. Ils sont compatibles pour la reproduction mais c'est tout, précisa Aoki en mettant le document sous scellé.
- Mélina Church n'est jamais réapparue, souligna Ann-Lynn.
- Elle doit se cacher. Elle a mis au monde un enfant Mazone, elle doit être morte de peur à l'idée que quelqu'un découvre son secret, supposa Mitchell
- Je pense qu'il est temps que j'aille asticoter le capitaine de l'Arcadia.
Elle partit le lendemain en direction d'Amos. Elle savait que le capitaine ne serait sûrement pas impressionné par la présence de policiers et se dit qu'elle allait devoir ruser. Harlock disposait d'un château construit avec l'argent récolté par l'aristocratie gracieusement mis à sa disposition depuis qu'il était fiancé à Helena Svlotiania, princesse russe, qui était une amie très proche d'Oscar de Péhant qui était le bras droit du roi Von Kiel. Un majordome vint les accueillir en livrée alors que leur voiture se garait devant l'escalier qui menait à la porte d'entrée. Ann-Lynn et son équipe monta rapidement les marches et se présenta :
- Bonjour je suis le commandant Chambers. Voici les lieutenants Aoki et Mitchell. J'ai rendez-vous avec le duc Von Harlock.
- Monsieur le duc va vous recevoir dans le salon. Veuillez me suivre je vous prie.
Il les regarda de manière hautaine puis il leur fit signe d'entrer. Il les conduisit jusqu'au salon où il leur apporta ensuite des rafraîchissements. La pièce était immense et deux portes en permettaient l'accès, chacune placées aux extrémités de la salle. Harlock arriva quelques minutes plus tard. Il portait un pantalon noir serré et des bottes d'équitation. Une chemise blanche légère qui le mettait en valeur soulignait son torse large et rassurant. Elle était ouverte au niveau du col de plusieurs boutons ce qui permettaient de regarder une partie de ce torse avantageux. Ces vêtements lui enlevaient toute la dureté que pouvait lui donner son costume habituel ce qui le rendait encore plus séduisant. Il vint s'asseoir sur un fauteuil placé en face d'eux et croisa ses longues jambes. Même s'il ne portait pas son costume de pirate, il était très impressionnant. Ann-Lynn but une gorgée de thé glacé pour éviter que sa gorge sèche ne la gêne pendant l'entretien.
- Qu'est-ce que je peux faire pour vous, commandant ? S'enquit Harlock de sa voix douce et chaude.
- J'enquête sur l'affaire de Kurt Wilson.
- Je ne vois pas en quoi je suis concerné.
- Au moment de la mort de Kurt Wilson votre fils était présent, et je viens de découvrir que vous aussi, annonça-t-elle joyeusement. Je suis donc venue vous demandez votre version des faits.
- Je pourrais savoir comment vous avez su que j'étais là-bas ?
- Un enregistrement vidéo.
- De quel type ?
- Du type recevable devant un tribunal, menaça Ann-Lynn sans cesser de sourire.
Les deux lieutenants se regardèrent. Le commandant attaquait fort, trop fort même.
- Serait-ce une menace ? Ironisa Harlock nullement impressionné.
- Je suis là pour entendre votre version des faits, c'est tout.
- Je n'ai pas tiré sur Kurt Wilson, affirma Harlock.
- Je sais mais vous savez qui a tiré n'est-ce pas ?
- Je crois que vous devriez en parler avec mon avocat, conseilla-t-il en se levant.
- Pourquoi ? Je suis venue vous voir car vous avez été témoin des faits tragiques qui ont conduit à la mort de cet homme.
Face au mutisme d'Harlock, elle se méprit sur les raisons de ce silence.
- Vous préféreriez que j'utilise le terme de Mazone plutôt qu'homme je suppose. Je ne sais pas quelle valeur pouvait bien avoir Kurt Wilson pour la Résistance mais je compte bien faire la lumière sur ce qui s'est passé. Je sais déjà qui a tiré. Je pense qu'il vaudrait mieux pour vous d'accepter de témoigner si vous ne voulez pas être inculpé pour complicité d'assassinat.
Harlock rit doucement :
- Il n'y aura pas de procès, soutint-il en souriant. Il était Mazone et par conséquent il ne dispose pas des droits relatifs aux humains ! Vous perdez votre temps commandant Chambers.
La moutarde commençait à monter au nez d'Ann-Lynn lorsque la porte s'ouvrit. La belle Helena entra. Elle portait une très élégante robe d'été rose pâle et elle s'approcha de sa démarche féline du capitaine de l'Arcadia. Harlock s'éloigna des policiers afin de la rejoindre. Helena tout en minaudant avec le capitaine jeta un œil méprisant sur eux.
- J'ai horreur de ce genre de salope, avoua Mitchell dans un murmure.
- Qu'est-ce que tu racontes ? C'est une bombe, affirma Aoki sur le même ton.
- Il n'y a pas pire vipère que ce genre de femme. C'est une croqueuse de diamants. Je suis sorti avec une fille comme elle, on s'était même installés ensemble et un an plus tard elle s'est barrée avec mon meilleur pote après avoir vidé les comptes.
- Tu es flic ! Pourquoi tu n'as pas porté plainte ? S'étonna Aoki.
- Je lui avais signé une procuration à cette garce et j'ai appris plus tard que cela faisait six mois qu'elle me cocufiait lorsqu'elle s'est barrée.
- Du calme, messieurs, elle vient vers nous, c'est le moment de faire votre plus beau sourire de faux-cul, prévint Ann-Lynn entre ses dents et qui souriait déjà.
- Bonjour, je suis Helena Svlotiania la fiancée du capitaine Harlock, les salua-t-elle avec le même type de sourire.
- Ravie de vous rencontrer, la salua à son tour Ann-Lynn en regardant de haut en bas cette grande perche allumeuse qui avait supplanté Ellie dans le cœur d' Harlock.
- Hans et moi nous sommes attendus chez le duc de Péhant donc nous allons devoir prendre congé.
- C'est dommage, j'avais encore beaucoup de chose à demander à votre fiancé.
- Il va falloir en rester là. D'ailleurs je crois que vous devriez aller voir votre chef. Sur ce nous allons prendre congé.
Le jeune couple quitta la pièce.
Ann-Lynn retourna au commissariat pour prendre l'engueulade qui l'attendait impatiemment dans le bureau du chef Patrick. Elle referma la porte derrière et salua Ryo Kimura.
- Tu peux me dire ce qu'il t'a pris ! Explosa le chef.
- Je fais mon boulot ! Tu m'as demandé d'enquêter, alors j'enquête ! Se défendit Ann-Lynn.
- Je t'avais dit d'y aller doucement ! Officiellement j'ai mis en place cette enquête pour clore le dossier Kurt Wilson afin de calmer ses fans qui manifestent un peu partout !
- Et tu crois que le fait que la justice ne lui soit pas rendue va les calmer !
- Je ne peux pas leur offrir mieux !
- Je sais ! Harlock ma mise au parfum ! Quelle pourriture ce mec !
- Tu peux me dire ce qu'il t'a pris d'aller l'accuser de complicité de meurtre ?
- C'est la vérité ! En prime il est du côté des aristos qui cherchent à faire expulser de notre galaxie des innocents ! Tout ça pour détourner l'attention de l'opinion publique et ne pas être inquiété ! C'est révoltant ! Écœurant ! Eliza Zone qui s'est battue pour la Résistance est elle aussi sur la liste et apparemment ce salopard d'Harlock s'en fout !
- Cette enquête bidon était la seule chance que j'avais de pouvoir réunir des preuves pour arrêter ces gens. En remontant le fil de l'enquête sur Kurt Wilson on pouvait remonter jusqu'à eux mais comme à l'habitude tu n'en fais qu'à ta tête ! Hurla le chef Patrick.
- Donc je ne peux pas enquêter !
- Qui a dit qu'on ne pouvait pas enquêter ? S'insurgea-t-il. Je t'avais dit d'enquêter discrètement !
- Ce genre d'enquête ne peut se faire discrètement je dois auditionner des témoins !
- En tout cas le dossier est clos ! Je suis obligé de m'incliner ! Fais ton rapport et ramène-le-moi. L'enquête est finie !
Ann-Lynn quitta la pièce en claquant la porte. Les deux hommes restèrent seuls.
- Qu'est-ce que tu comptes faire ? S'enquit-il.
- Je dois aller voir Harlock ce soir, connaissant Chambers, elle ne lâchera pas, réalisa Ryo.
- Non jamais. C'est-ce qu'il y a de bien chez elle mais c'est aussi son plus gros défaut.
Le soir arrivant, Ryo quitta le siège du gouvernement pour se rendre à son rendez-vous. Il se grima en petit intello timide et se rendit au bar. Il s'installa comme à son accoutumée dans un box à l'abri des regards indiscrets. Harlock passa à son tour le pas de la porte. Il portait un long manteau dont le col relevé masquait une partie de son visage. Il s'assit à côté de Ryo et vit que son ami avait déjà commandé son Red Bourbon.
- Qu'est-ce que tu es attentionné mon chéri, plaisanta Harlock.
- J'adore prendre soin de toi mon trésor, affirma Ryo sur le même ton.
- Tu as lâché le commandant Chambers sur mes talons, murmura Harlock.
- Ce n'était pas mon intention, je voulais qu'elle enquête sur Kurt Wilson. En tout cas elle ne t'apprécie pas.
- J'ai tout fait pour.
Ryo jeta un œil dans le bar et vit plusieurs regards suspicieux.
- Je crois qu'il va falloir qu'on flirte un peu, indiqua-t-il avant de soulever le bras droit d'Harlock contre sa taille puis en se blottissant contre lui.
- Je sais que Nynna t'a mis à la porte mais ne compte pas sur moi pour te consoler, se moqua Harlock.
- Quel dommage, susurra Ryo en souriant. Trêve de plaisanterie tu as réussi à obtenir la confiance d'Oscar de Péhant ?
- Non. Il est très prudent. Je pense qu'il attend de voir comment je vais réagir vis à vis d'Ellie lorsque la loi sur l'expulsion sera passée. On a combien de temps avant que je ne perde la femme que j'aime ? S'inquiéta Harlock.
- Pour l'instant on est en plein statut quo. Tant que les autres représentants ne cèdent pas ça devrait aller.
- Pour quand le prochain vote ?
- Ce soir, révéla Ryo tristement.
Il sentit Harlock se raidir.
- Ça va aller on arrivera à les coincer ces salauds !
- Je n'y crois plus beaucoup, se désola Harlock. Je ne supporterai pas de la perdre Ryo. Si la loi passe elle sera expulsée la semaine suivante au maximum.
Harlock leva la tête et reconnut l'homme qui entrait. Tous les regards se retournèrent vers l'apollon qui se dirigeait vers le bar. Il était très grand, bien bâti, de longs cheveux blonds ondulés et un sourire enjôleur. Pour Harlock ,Oscar de Péhant avait la beauté du diable.
- Pars vite Ryo ! Ordonna Harlock.
- Quoi ? , S'étonna l'informaticien.
- File par la porte de derrière le duc est là !
Ryo regarda discrètement et vit en effet le duc de Péhant s'avancer dans la salle. Il se leva doucement et fila sans être aperçu car le duc occupait l'attention de tout le bar. Oscar s'approcha d' Harlock et lui sourit.
- Capitaine Harlock, le salua-t-il.
- Monsieur le duc.
Il s'assit à la place de Ryo et s'installa très près du capitaine qui ne bougea pas, bien qu'il se sentait en danger comme jamais.
- Je ne savais pas que vous fréquentiez ce genre d'endroit.
Il fixa le capitaine de ses immenses yeux bleus qui brillaient d'une lueur particulière, ce qui inquiéta Harlock.
- J'étais venu voir un ami.
- Vraiment ?
Il passa son bras autour de la taille d'Harlock et se colla à lui.
- J'ai discuté un peu au bar et le barman m'a assuré que vous venez régulièrement ici pour voir votre petit ami, un petit intello à lunettes, timide comme une fille.
- Il aura mal vu. Je viens le voir parce qu'il ne va pas bien depuis qu'il a rompu.
- Ce qu'il m'a décrit ne prêtait pas la moindre confusion.
Harlock était de plus en plus mal à l'aise et il se raidit lorsqu'il sentit la main restée libre du duc se poser sur sa cuisse.
- Ecoutez...
- Chut, le coupa le duc. Croyez-moi je serai bien meilleur que votre petit intello.
Son regard plongea dans celui d'Harlock et il voulut l'embrasser mais le capitaine tourna la tête. Il n'eut droit par conséquent qu'à sa masse de cheveux.
- Pourquoi être aussi farouche ? Je n'aurais jamais cru que le capitaine de l'Arcadia qui s'est tapé Eliza Zone et Sylvidra avait aussi ce genre de tendance.
La main du duc remonta la cuisse et atteint l'intimité d'Harlock qu'il saisit. Celui-ci en sentant cela repoussa vivement sa main et se leva.
- Je dois rentrer. Helena doit m'attendre.
- Elle ne doit venir vous voir que vers minuit et il n'est que vingt et une heures cela nous laisse du temps pour faire plus ample connaissance.
- Je ne pense pas que ce serait une très bonne idée.
- Bizarre, vous avez pourtant passé des semaines à essayer d'obtenir ma confiance.
- Sur le plan professionnel pas personnel.
Le duc se leva et s'approcha de lui.
- Laissez-moi vous raccompagner.
- Ne vous donnez pas cette peine.
- Voyons c'est mon devoir de ramener une brebis égarée. Il ne faudrait pas que vous vous rendiez dans un autre lieu de débauche.
Le capitaine était coincé. Il s'en voulait de ne pas avoir ses armes. Il se sentait pris au piège et avait horreur de cela. Il sortit sans rien dire suivi par le duc. Il héla un taxi et le duc monta avec lui. Les deux hommes n'échangèrent pas un mot de tout le trajet. Ils arrivèrent une demi-heure plus tard.
Ils descendirent du taxi et Harlock régla la course. Le duc l'attendait en haut de l'escalier, Harlock comprit alors que celui-ci n'avait pas renoncé à son projet. Il fallait qu'il arrive à atteindre ses armes. Il savait qu'Oscar serait un adversaire redoutable à mains nues et qu'il risquait d'avoir du mal à le repousser. Il monta les escaliers et ouvrit la porte. Il entra puis il coupa l'alarme. Une fois qu'ils furent dans le petit salon, Harlock se retourna vers le duc pour lui annoncer :
- Comme vous pouvez le constater je suis rentré et je pense que vous devriez en faire de même.
Le duc s'approcha et Harlock comprit qu'il ferait tout pour parvenir à ses fins quitte à le prendre de force. Il vit un sourire pervers s'afficher sur les lèvres du duc alors que celui-ci se plaçait tout près de lui.
- Oh Hans ! Se moqua-t-il. Tu croyais que j'allais renoncer à goûter à tes charmes.
Harlock n'eut pas le temps d'esquiver le coup du duc qui le frappa violemment à l'estomac à plusieurs reprises avant de le jeter au sol. Harlock se releva difficilement. Il ne s'était pas trompé la force du duc était phénoménale et il risquait de perdre. Il n'avait aucune envie de lui servir de dessert et il recula vers la porte. Il vit le sourire méprisant d'Oscar. Il comprit alors que sa seule chance de s'en sortir était de récupérer ses armes au plus vite. Au moment où sa main toucha la poignée de la porte, le duc se jeta sur lui et le plaqua contre le mur en lui tenant fermement les bras collés à la cloison. Son sourire pervers se mêla à de la cruauté tandis que sa langue plongeait directement dans la zone déboutonnée de la chemise du capitaine pour remonter le long de sa gorge. Ce contact révulsa Harlock qui lui lança un violent coup de genoux dans les parties. Le duc poussa un cri de douleur et relâcha l'étreinte. Harlock le frappa à nouveau à l'estomac et son poing éclata la lèvre du duc. Il se releva. Il quitta précipitamment la pièce pour aller chercher ses armes qu'il gardait dans sa chambre. A peine avait-il atteint l'escalier, qu'il reçut un violent coup dans le dos, suivit de plusieurs coups dans l'estomac. Le duc l'assomma ensuite grâce à un bon coup de botte. Il essuya le sang qui coulait de sa lèvre meurtrie puis il souleva le capitaine. Il le porta jusqu'à la chambre et le jeta sur le lit.
- Tu croyais m'avoir comme cela ? Se moqua-t-il. Tu es bien naïf ma merveille.
Il arracha la chemise du capitaine et caressa la peau douce et chaude de sa victime. Il le déshabilla entièrement et ses mains explorèrent chaque partie du corps du capitaine. Il retira les draps du lit qu'il déchira ensuite. Il bâillonna Harlock et attacha solidement ses mains dans son dos ainsi que ses jambes. Il le plaça correctement sur le lit puis il se déshabilla à son tour. Il s'allongea près de lui et le caressa.
- Allez, mon mignon, réveilles-toi.
Il dégagea la mèche qui recouvrait son visage et il vit que le capitaine commençait à réagir. Il se montra de plus en plus insistant. Harlock sentait qu'on le touchait. Il émergea difficilement et fut totalement éveillé quand il sentit qu'il était attaché. Il avait déjà subi plusieurs tentatives dans ce sens pendant sa carrière de pirate mais aucun n'était parvenu à ses fins. Il comprit que le duc avait gagné et rien que cette idée lui donnait envie de vomir. Il sentit la langue du duc parcourir son dos en partant du creux de ses reins et en remontant jusqu'à sa nuque. Harlock sentait la colère montée en lui. Il aurait dû se montrer beaucoup plus prudent. Il avait fait preuve de négligence et il allait en payer le prix. Il pensa à Ellie et à ses jumeaux alors que les mains du duc lui caressaient les abdominaux. Une larme de dépit roula sur sa joue.
- Quel beauté, un vrai régal pour les yeux, se délecta le duc en riant. Tu es magnifique Hans. Tu es d'une beauté que je n'avais jamais vue avant. Sylvidra a dû se régaler avec toi. Maintenant c'est mon tour. Tu verras je serai beaucoup plus doué que ton petit intello et je n'ai strictement rien à voir avec cette oie blanche d'Eliza Zone que tu as déniaisée.
Il retourna Harlock et le mit sur le dos. Il se coucha au-dessus de lui. Il vit la haine dans le regard d'Harlock. Il rit avant de commencer de lécher la gorge du capitaine. Il poursuivit en balayant tout le torse avec sa langue tout en y déposant des baisers passionnés. Durant sa descente il s'arrêta sur les mamelons qu'il mordit doucement. Sa main glissa jusqu'à l'intimité d'Harlock qu'il se mit à caresser. Voyant que les caresses ne fonctionnaient pas il rit à nouveau:
- Je vois, tu es farouche. Tu devrais te laisser aller, je vais te faire monter au septième ciel.
Il fit glisser sa langue des mamelons aux abdominaux et lorsque ses lèvres arrivèrent à hauteur de son intimité, il l'engouffra suavement. Le corps d'Harlock se raidit. Il s'efforçait de résister aux caresses du duc mais le capitaine sentit que son intimité était en train de se laisser séduire par les caresses expertes de la langue d'Oscar. Des larmes de dépit roulèrent sur ses joues lorsqu'il entendit le cri de victoire du duc.
- Eh bien, quel engin ! Le complimenta-t-il. La nature t'a gâtée.
Le duc repris sa séance de torture et mena le capitaine jusqu'à l'extase. Harlock le maudissait .Il était dans un tel état de rage que s'il avait eu les mains libres il l'aurait tué. Il se sentait sale, humilié. Il s'en voulait d'avoir éprouvé du plaisir alors qu'il ne voulait pas ressentir cela avec qui que soit d'autre qu'Ellie. Ses larmes coulèrent et il vit le duc revenir à la charge en essuyant ses lèvres. Celui-ci ne s'était pas gêné pour avaler tout le nectar lâché par sa victime pendant l'extase. Il le mit sur le côté et Harlock essaya de bouger mais il ne put y arriver, ses genoux étant eux aussi attaché.
- A mon tour de prendre du plaisir mon amour, annonça Oscar en fouillant les tables de nuit.
Il vérifia plusieurs tiroirs.
- Tiens ! Pas de lubrifiant. Tu fais cela à sec avec ton petit intello. Il est peut-être plus chaud que ce que je pensais. Ne t'inquiète pas. Je serai très doux.
Harlock sentit le désir du duc sur ses fesses et comprit que le pire était à venir. Oscar glissa son membre jusqu'à l'endroit désiré et pénétra lentement. Le bâillon étouffa le cri de douleur d'Harlock.
- Mais c'est ta première fois on dirait ! S'étonna le duc. Cela n'en est que plus savoureux.
Il poursuivit sa lente progression et, lorsqu'il fut bien installé, il déposa des baisers suaves sur l'épaule et la gorge de sa victime. Il commença de lents mouvements de va et vient qui déchirèrent les entrailles du capitaine. La douleur était atroce et il ne pouvait s'empêcher de laisser passer des gémissements de douleurs. Le duc prit son temps et Harlock eut l'impression que son calvaire durait depuis des heures. Oscar, ivre de plaisir, se contrôlait au maximum pour que cette étreinte soit la plus longue possible. Lorsqu'il atteignit le point de non-retour, il se retira et s'acheva sur les fesses de sa victime qu'il macula d'un liquide blanchâtre en criant de plaisir. Il s'effondra ensuite sur le capitaine, comblé. Il rit de contentement et regarda le réveil digital.
- Il va être l'heure de se dire au revoir mon trésor, Helena ne devrait plus tarder. Il va falloir te rendormir.
Il frappa Harlock à la tête qui s'évanouit. Il lui défit ses liens et plaça un drap sur lui. Il se rhabilla puis il éteignit la lumière en sortant.
Helena Svlotiania arriva une demi-heure plus tard. Elle vérifia les pièces au rez-de-chaussée et ne trouvant pas son fiancé elle monta jusqu'à sa chambre où elle frappa doucement à la porte avant d'entrer. Elle alluma la lampe de chevet et posa sa main sur l'épaule dénudée d'Harlock.
- Hans, réveillez-vous, mon ami. Nous devons travailler sur le gala de l'académie, susurra-t-elle.
Harlock se réveilla et eut un violent mouvement de recul puis il se calma en voyant que c'était Helena.
- Vous aviez oublié ? S'enquit-elle en riant.
- Peut-être, affirma-t-il d'une voix sourde. Je vais m'habiller et je vais vous rejoindre dans le salon.
- Ou alors, on pourrait rester ici et nous laisser un peu aller, proposa-t-elle en se mordant la lèvre inférieure de désir.
- Non, il vaut mieux qu'on se réserve pour la nuit de noce, soutint-il écœuré par ce qui lui était arrivé et incapable de penser à autre chose.
- Très bien je descends.
Harlock, une fois sa fiancée sortit enleva tous les draps du lit qu'il jeta à la poubelle puis il prit une douche brûlante pour se séparer de l'odeur du duc qui lui donnait envie de vomir. Il se lava longuement puis il s'habilla. Il vit dans la glace, L'hématome qui se trouvait sur sa joue droite qu'il s'empressa de cacher avec sa mèche rebelle. Une envie de vomir lui monta à la gorge et il rendit son dîner ainsi que son red bourbon dans la cuvette des toilettes. Il devait garder son calme. Il réglerait son compte au duc plus tard. Il allait tout faire pour se débarrasser de ses monstres et se dit qu'il allait devoir attendre avant de pouvoir tuer le duc. Il se rinça la bouche puis il prit un bonbon à la menthe pour qu'au cas où Helena serait d'humeur câline, ce qui était constamment le cas, son haleine ne soit pas désagréable à la jeune femme. Une nouvelle vague de douleurs identique à celle qu'il avait ressenti dans la douche se manifesta. Il supporta cela en respirant profondément tout en serrant les dents pour ne pas crier. Il devait juste attendre que cela se calme ce qui prit quelques minutes. Il vérifia une dernière fois sa chambre pour s'assurer qu'il ne restait aucune trace de ce qu'il avait subi puis il retourna dans la salle de bain afin de vérifier que tout était à sa place. Alors qu'il regardait que le sol était sec, il vit des traces de sang sur le carrelage et sur le rebord du bac de douche. Il comprit alors que le duc lui avait fait encore plus de mal qui ne le pensait. Il ne fut pas long à faire le lien entre les vagues de douleur et le sang répandu. Une nouvelle vague de douleur le cloua sur place. Celle-ci dura moins longtemps que les premières ce qui fit croire au capitaine que son corps devait se remettre doucement de ce que le duc lui avait fait. Il se cramponna au rebord du lavabo tout le temps que dura cette souffrance. Une fois la douleur calmée, il se regarda dans la glace. Il était très pâle et faisait peine à voir. Il devait à tout prix se ressaisir, aussi, il descendit directement dans la cuisine sans passer par le salon, afin de vider deux verres de Red Bourbon, histoire que les couleurs lui reviennent aux joues. Il avait déjà utilisé ce stratagème pour que son équipage ne se doutât de rien lorsqu'il attrapait une grippe qui le faisait monter à quarante degrés de fièvre. Il échappait ainsi aux regards inquisiteurs de son équipage qui s'inquiétait à chaque fois qu'il sentait son capitaine mal en point ce qui lui permettait aussi d'éviter de se rendre à l'infirmerie. Une fois les deux verres avalés, il rejoignit Helena qui se jeta dans ses bras dès qu'il eut passé le pas de la porte. Elle l'embrassa avec fougue avant de reprendre l'exposé de l'organisation de la fête donné à l'académie militaire. Harlock n'allait pas pouvoir échappé à la corvée d'être maître de cérémonie avec sa douce fiancée à son bras pour le soutenir et s'assurer que le protocole était bien respecté. Hans, malgré les crises de douleurs, s'efforça de rester attentif. Lorsqu'à plus d'une heure du matin on vint sonner à sa porte, il se leva, soulagé d'échapper à ces longues explications qui l'ennuyaient profondément bien qu'il affichait toujours un doux sourire destiné à conforter Helena dans ses illusions. Son cœur se mit à battre la chamade lorsqu'il vit qui se présentait devant lui, apeuré, trempé jusqu'aux os dont le regard d'une infinie tristesse lui brisa le cœur bien qu'il garda un visage fermé, indifférent et dur.
Ellie s'apprêtait à passer une nouvelle nuit blanche. Avec l'approche de la loi, elle avait essayé de contacter Nynna à plusieurs reprises mais ses appels étaient restés sans réponse. Elle l'avait l'étrange impression que tout le monde l'abandonnait. Elle allait devoir se débrouiller seule face à la terrible décision de l'assemblée interstellaire concernant son sort et celui de ses enfants. Elle regardait ses jumeaux dormir et se dit que si la loi passait, elle allait devoir se rendre chez leur père et le supplier pour qu'il les reconnaisse. Elle ne pouvait envisager de les emmener avec elle en exil. Elle savait que tous ceux qui seraient contraints à partir auraient toutes les chances d'être tués dans l'espace. Elle pleurait en silence en regardant ses bouts de chou dormir lorsqu'elle reçut un appel téléphonique. Elle décrocha et essaya de répondre sans sangloter.
- Eliza Zone à l'appareil.
- Ellie, c'est Nynna. La loi est passée, révéla-t-elle tristement.
- Je vois. Merci de m'avoir prévenue.
- Ellie attends ! Supplia Nynna.
Mais Ellie n'écoutait déjà plus. Elle coupa la communication puis s'assit sur le canapé. Elle resta comme cela plusieurs minutes puis elle regarda l'heure. Il était une heure du matin. Elle se demanda si Hans était encore debout à cette heure, puis, sans réfléchir, elle prit son manteau et quitta l'appartement en verrouillant derrière elle. Elle prit son véhicule au parking souterrain. Elle quitta son lieu de résidence pour prendre la direction du château du capitaine de l'Arcadia.
Elle se gara à l'extérieur de la propriété et marcha jusqu'au perron. Il pleuvait des cordes et elle fut trempée en quelques minutes. Elle appuya sur la sonnette et ce fut le capitaine de l'Arcadia qui vint ouvrir la porte. Son regard était glacial comme lors de leur première rencontre et Ellie le regarda avec tristesse. Il était vrai qu'il se montrait très distant avec elle mais cela n'avait jamais été à ce point-là. Elle vit Helena derrière le capitaine qui le regardait avec mépris.
- Qu'est-ce que tu veux ? L'interrogea-t-il durement.
- La loi est passée.
Elle vit le sourire de la victoire sur le visage d'Helena puis le regard froid d'Harlock.
- Je vais être obligée de quitter la galaxie mais je ne veux pas risquer la vie de mes enfants. Je t'en prie, Hans, il faut que tu les reconnaisses sinon ils seront condamnés à l'exil avec moi, le supplia-t-elle en pleurant.
- Tu ne vas tout de même pas reconnaître cette engeance ! Rien que déjà t'imaginer au lit avec elle est écœurant alors j'espère que tu ne vas pas faire une erreur pareille.
- Ne t'inquiètes pas cela n'arrivera pas, affirma sèchement Harlock.
Il referma la porte et Ellie entendit la serrure être tournée. Elle regarda choquée, la porte quelques secondes, puis elle descendit les marches du perron, blanche comme un linge, le cœur en miettes. Elle le savait à présent il ne lui restait plus qu'une seule solution qui bien que terrible était la seule chance pour ses enfants d'être en sécurité. La pluie cessa et la lune d'Amos fut libérée de son nuage. Ellie regarda vers elle et commença à aller vers sa voiture éclairée par sa faible lumière bleutée. Elle avait du mal à marcher et sa démarche semblait un peu ivre. Elle s'appuya sur le parapet du pont qui surplombait les douves et tenta de retrouver ses esprits en respirant profondément dans la nuit fraîche. Elle n'arrivait pas à croire que l'homme qu'elle aimait puisse agir ainsi. Il se moquait de condamner à mort les enfants qu'il lui avait donnés. Elle entendit des pas précipités et vit la fiancée d'Harlock s'approcher d'elle. Son regard était dur et méprisant. Arrivée à la hauteur d'Ellie elle la gifla avec force.
- Ne revenez plus jamais ici c'est compris ? Cracha-t-elle avec violence
Ellie se tenait la joue mais ne réagissait pas. Helena l'attrapa par les bras et la secoua. Elle lui assena une nouvelle gifle.
- Ne revenez jamais exiger que Hans reconnaisse vos bâtards suis-je claire ? Si vous voulez qu'ils restent en vie, je vous conseille d'oublier que vous avez partagé son lit ! C'est bien compris ? Eructa-t-elle.
Ellie répondit en hochant la tête. Helena la relâcha et regardant avec dégoût ses mains mouillées par la pluie. De quel droit cette créature inférieure venait-elle demander de l'aide à son fiancé ? Elle sortit de sa poche un mouchoir puis s'essuya les mains. Elle repartit en direction du château en jetant le mouchoir dans les douves.
Ellie, choquée, posa sa main tremblante sur sa joue endolorie puis elle retourna à sa voiture. Il ne lui restait plus qu'une seule option.
Alors qu'Ellie quittait la propriété du capitaine, celui-ci était retourné dans le salon, vider un nouveau verre de Red bourbon afin de se remettre de ses violentes émotions. Helena, alors qu'il était de dos, passa ses bras autour de sa taille et se colla à lui.
« Ne t'inquiètes pas mon amour, cette vermine ne viendra plus t'importuner, affirma-t-elle d'une voix douce. Je me suis assurée qu'elle ait bien compris le message cette fois-ci. »
Harlock ne l'entendait même plus, la loi était passée et il était bloqué ici avec cette femme au lieu de pouvoir emmener sa petite famille en lieu sûr. Il regarda l'heure, il était près de deux heures du matin. Il vida son verre, se retourna puis il enlaça Helena tout en lui souriant. Il lui fallait prévenir Ryo, afin que celui-ci puisse récupérer Ellie de toute urgence. Il craignait fortement que la jeune femme ne prenne une décision désespérée. Le problème était qu'il ne pouvait même pas appeler tant qu'Helena était présente. Une nouvelle vague de douleurs envahit son organisme, plus violente que toutes les autres. Il était à deux doigts de s'effondrer sur Helena mais il tint bon. Sa vue se voila pendant un bon moment, puis, une fois qu'Helena relâcha son étreinte, il put se réfugier dans le canapé. Son organisme durement éprouvé n'avait pas la force d'aller plus loin. Helena ne remarqua rien. Harlock avait réussi à conserver une démarche tout ce qu'il y avait de plus normale. Helena finit par partir vers trois heures du matin. Tout le temps où elle restât après le départ d'Ellie, les douleurs devinrent constantes, le vidant totalement de ses forces. Il raccompagna Helena jusqu'à la porte, la salua respectueusement puis une fois sa voiture suffisamment éloignée, il ferma la porte avant de s'effondrer, inconscient sur le sol. Il reprit connaissance à la levée du jour, il rampa péniblement jusqu'au salon où il s'allongea difficilement sur le canapé, le front brûlant de fièvre, ayant la sensation d'oublier quelque chose d'important avant de perdre une nouvelle fois connaissance. Les domestiques étant en congé, il n'y eut personne pour le secourir alors que l'organisme d'Harlock se battait de toutes ses forces contre l'infection qui envahissait progressivement son corps, l'affaiblissant un peu plus.
