Une partie du texte est volontairement mise en italique. Le thème évoqué pouvant gêner certaines personnes j'ai tenu à le séparer du reste du chapitre ( Yaoi).

Ne pas lire ce qui est en italique ne gênera pas pour la compréhension de la suite de l'histoire. Merci.

Chapitre 17 : Pulsions

Après avoir mis en sécurité ses enfants, Hans rentra chez lui et rendit à son majordome son véhicule. Il alla dans le salon où il se servit un verre de Red bourbon qu'il dégusta dans un fauteuil, éclairé par la seule lumière du feu de cheminée. Il regardait pensivement les flammes danser dans l'âtre et réfléchissait à l'attitude à adopter. En théorie Oscar de Péhant pensait que le capitaine de l'Arcadia ne se souciait de ses enfants que par devoir de responsabilité. Il ignorait tout du lien affectif profond qui unissait Harlock à ses jumeaux. Pour ce qui était d'Helena, il était évident qu'elle avait ordonné l'assassinat par peur que le capitaine annule les fiançailles et ce, malgré le fait qu'il avait tenté de la rassurer et de la calmer. Ou plus simplement, elle ne voulait pas qu'il les reconnaisse, qu'ils deviennent des Von Harlock à part entière comme ceux qu'elle voulait avoir avec lui. Harlock était écœuré par un tel comportement. Il allait devoir jouer l'indifférence et faire croire à tout le monde que la perte de ses enfants ne représentait rien pour lui, si ce n'est un soulagement. Il entendit sonner à la porte et son majordome l'ouvrit. Hans soupira, l'aristocratie au courant de l'événement envoyait déjà un émissaire pour venir aux nouvelles et Harlock se doutait de qui s'était automatiquement porté volontaire.

- Bonsoir monsieur le duc, salua-t-il poliment.

Hans ne put retenir un ricanement.

- Est-ce que le duc Von Harlock est présent ? S'enquit Oscar en entrant.

- Dans le salon votre seigneurie, indiqua le majordome.

Oscar se dirigea dans la pièce indiquée et ouvrit la porte doucement.

- Bonsoir Hans, salua-t-il en souriant.

- Bonsoir Oscar.

Le duc referma la porte derrière lui et vint s'asseoir dans le fauteuil qui se trouvait en face de celui du capitaine.

- Que donnent les résultats de l'opinion publique après l'interview de sa majesté ? L'interrogea Hans.

- Ca a fonctionné. Le juge a déjà mis le directeur en prison, révéla-t-il.

- Je suppose que les gens doivent se régaler, sourit Hans.

- Le site internet de la chaîne a sauté, trop de monde voulait accéder aux journaux intimes, annonça-t-il tristement.

- Qu'est-ce que tu as ? S'enquit Hans d'une voix douce.

- Tu as l'intention de reprendre avec Kimura ? S'inquiéta Oscar.

- J'ai essayé la dernière fois mais tu es intervenu et mon gentil informaticien est très en colère, sourit-il.

- J'ai vu son dossier chez le conseiller conjugal, commença-t-il et il est évident qu'il est amoureux de toi.

Harlock ne put s'empêcher de rire. Il se demandait ce que Ryo avait bien pu avouer comme bêtises.

- Je ne plaisante pas Hans. Il dit que tu l'as embrassé dans l'amphithéâtre de la base d'Amos et cela l'a tellement troublé qu'il est venu te voir un soir dans ta cabine. Vous auriez discuté une bonne partie de la soirée en vidant verre sur verre puis vous en seriez arrivé aux confidences intimes. Il t'aurait avoué n'avoir jamais essayé avec un homme avant et tu lui aurais proposé d'en faire l'expérience avec toi.

Harlock le regardait en souriant. Ryo avait été malin, il avait mentit le minimum pour que son histoire ne soit pas trop énorme et crédible pour un conseiller conjugal.

- Il a reconnu avoir aimé et vous seriez devenu des amants occasionnels, termina Oscar d'une voix sourde.

- Il faut reconnaître que Ryo est un très bon compagnon de jeux dans ce domaine, révéla Hans crûment.

- Il a aussi affirmé lors d'une séance où il était seul avec le médecin t'aimer beaucoup. Plus qu'il ne devrait, indiqua Oscar avec une pointe de jalousie dans la voix.

- Ce que c'est mignon, plaisanta Harlock. Je savais que je lui plaisais et si tu m'avais laissé suivre mon plan, à l'heure qu'il est j'aurais eu beaucoup plus de renseignements que ceux qu'il m'accordait en tant qu'ami.

- Il est amoureux de toi Hans ! Ragea Oscar en serrant les poings.

- Tu vas me faire une crise de jalousie ? S'enquit Harlock glacial. Je faisais ce qu'il fallait pour que notre plan réussisse !

- Pardon, s'excusa Oscar contrit. C'est juste qu'avec lui tu es devenu si proche et qu'avec moi tu refuses qu'on aille plus loin.

- Ça te surprend ? As-tu oublié que tu m'as pris de force ! S'énerva le capitaine. Ce genre de relations se fait entre adultes consentants et personnellement je n'en ai qu'avec ceux en qui j'ai toute confiance. Ça m'a servi de leçon l'erreur que j'ai faite en couchant avec Friedrich Von Stadt lorsque j'étais étudiant.

- Je ne suis pas Friedrich Von Stadt, se défendit Oscar.

- A plus d'un titre ! Se moqua Harlock. Tout ce qui s'est passé entre nous s'est fait par consentement mutuel et pas par la force contrairement à avec toi !

- Tu me refuseras toujours ton lit si je comprends bien, affirma Oscar en pâlissant.

- Je t'ai demandé de me laisser du temps. Les contacts que l'on a eus après étaient différents et j'espère que cela évoluera dans le bon sens, tenta Hans pour apaiser les craintes du duc.

« Pour être différent, ça l'était ! Pensa Harlock écœuré. D'un certain côté ça été encore pire ! Prendre des médicaments pour pouvoir supporter les caresses de mon bourreau, je crois qu'il n'y a pas plus atroce. Mais tu ne me briseras pas Oscar. J'irai jusqu'au bout de ma mission et c'est la liberté qui gagnera face à l'oppression ! »

- Je ferai tout pour toi, Hans ! Et je ferai tout pour que tu comprennes que je t'aime et que je ne te veux aucun mal.

Le visage d'Oscar s'assombrit.

- Qu'est-ce que tu as ? S'enquit Harlock en buvant une gorgée de red bourbon.

- J'ai reçu un appel aujourd'hui d'un de nos alliés qui travaille au sein de la police. J'ai appris que tes enfants et leur famille d'adoption ont été assassinés.

- En effet par des tueurs professionnels. Tu n'aurais pas une petite idée de qui cela pourrait venir ? Ironisa Harlock.

- Pas de moi en tout cas ! Se défendit vigoureusement Oscar.

- Les tueurs engagés sont ceux qui travaillent pour notre organisation ? Supposa Hans.

Oscar baissa la tête et ne répondit pas.

- Toi et moi nous savons très bien qui les a envoyés, assura Harlock en souriant. Helena a dû avoir très peur que je lui file entre les doigts ou elle ne voulait tout simplement pas que les enfants que j'avais eus avec Eliza Zone portent le même nom que ceux que je lui donnerai.

- Tu n'es pas en colère ? S'étonna Oscar abasourdi.

- Bien sûr que non. Helena est une femme qui agit pour défendre ses intérêts et j'espère qu'elle saura aussi bien défendre ceux de nos enfants à venir. De plus, cela me retire une charge inutile. Sans compter que de toute manière, les membres de notre groupe ne les auraient jamais acceptés. Elle m'a soulagé d'un poids, soutint Harlock avec un sourire cruel aux lèvres.

- Mais si tu avais pu les récupérer tu n'aurais pas eu à te marier surtout si l'on considère ta fortune personnelle, s'attrista Oscar.

- Et tu n'aurais pas été obligé de partager, sourit le capitaine de l'Arcadia. Pourtant il va bien falloir apprendre à le faire. Tu vas te marier et donc tu seras beaucoup plus souvent avec ton épouse. Personnellement je le serai bientôt aussi et Helena même si elle est d'accord risque de faire plus d'une crise de jalousie. Il faudra qu'on se voie en secret surtout si on finit par aller jusqu'au bout toi et moi.

- On devra se cacher comme des criminels, ragea Oscar.

- Calmes-toi ce n'est pas aussi terrible que cela y semble au premier abord. Ca a un côté excitant de se cacher, affirma Harlock en buvant une nouvelle gorgée. Connais-tu un très bon architecte en bâtiment ?

- Oui. Il y a Mercer, c'est le meilleur dans ce domaine.

- J'envisage de faire bâtir mon propre château, indiqua Harlock. Ma fortune personnelle est suffisamment importante pour ne pas en souffrir. Je ne vais pas en tant que mari continuer à vivre dans un château fourni gracieusement par tes soins. Je vais en faire construire un pour ma future épouse.

« Oui, un château magnifique pour Ellie et nos jumeaux, pensa-t-il en se rappelant le doux sourire de la femme qu'il aimait »

- Décidément, Helena a beaucoup de chance de t'avoir. Dommage que je ne puisse être à sa place, avoua tristement Oscar. Je vais être obligé de partir, je dois ce soir parler à ma future épouse pour la première fois.

- Elle est déjà arrivée sur Amos ? S'étonna Harlock.

- Non, elle est toujours dans son couvent à Pyros, ragea Oscar. Quand je pense que je vais avoir une oie blanche comme épouse, cela m'énerve à un point…

- As-tu déjà fais l'amour avec une vierge ? S'inquiéta Harlock.

- Non. Je n'en ai jamais vu l'intérêt. C'est bon pour les vieux pervers comme toi, affirma Oscar en lui faisant un clin d'œil.

- Tu as tort, c'est très amusant et très attendrissant surtout lorsqu'elle a son premier orgasme, révéla-t-il crûment en souriant. Elle ne comprend même pas ce qui lui arrive car même en se caressant elle n'est jamais arrivée à avoir un tel plaisir et ça la surprend beaucoup. Ce n'est pas pour rien si on appelle ça la petite mort.

- C'est bien ce que je disais, c'est un truc de vieux pervers, le railla Oscar.

- Tu verras par toi même lorsqu'elle sera dans ton lit, sourit Hans canaille.

- Si tu crois que je vais m'attarder avec une nunuche sortie de son couvent tu te plantes, assura-t-il.

- Tu comptes au moins t'y prendre en douceur j'espère ? S'indigna Harlock.

- Calmes-toi je ne vais pas la brutaliser, le rassura-t-il. Mais me soucier de savoir si elle aime ou pas en sachant que les autres attendront à l'extérieur pour s'assurer de la consommation de l'union, certainement pas

Le visage d'Harlock s'assombrit en apprenant cela.

- Mais si cela t'inquiètes, le soir de la nuit de noce, je peux m'arranger pour que tu me rejoignes et tu pourras t'assurer que je ne me comporte pas en brute en participant à nos ébats, proposa Oscar avec un sourire obscène.

- Tout est bon pour finir au lit avec moi n'est-ce pas ? Se moqua Harlock en souriant. Tu ne crois tout de même pas qu'à quarante-cinq ans je vais sauter une gamine de dix-huit ans ?

Oscar éclata de rire et s'approcha d'Harlock, le regard luisant de désir.

- C'est plutôt moi que j'ai envie que tu sautes mais je vais devoir attendre avant que tu ne te décides à me le proposer, indiqua-t-il avec un sourire pervers.

- Etrange je ne pensais pas que tu acceptais aussi dans ce sens-là, douta Harlock.

- Disons que je ne le propose pas à n'importe qui, révéla-t-il en se penchant vers le capitaine.

Il approcha son visage du sien et planta son regard dans celui du capitaine. Harlock se doutait de ce qu'il voulait et il se laissa faire. Oscar l'embrassa fougueusement. Le baiser fut plus fort que d'habitude. Le duc semblait enragé, il fouillait de sa langue au plus profond de la bouche d'Harlock entraînant la langue de celui-ci dans une danse obscène. Hans avait envie de le repousser et dû se retenir. Ce contact lui faisait horreur et la manière dont le duc l'embrassait était vulgaire, violente. Le baiser cessa au grand soulagement du capitaine. Harlock dû masquer son dégoût et afficha un grand sourire.

Oscar après cela quitta le château et prit sa limousine. Etrangement Harlock, après le départ du duc, avait senti une boule d'angoisse l'envahir comme lorsqu'il était resté prostré après le viol. Il commençait à craindre que le traitement fourni par le docteur Kimura n'ait perdu de son efficacité.

Oscar passa une nuit blanche en se retournant constamment dans son lit, le capitaine de l'Arcadia occupant chacune de ses pensées. Il en avait assez d'attendre le bon vouloir de cet homme. En tant que bras droit du roi Von Kiel, il n'avait jamais eu à se restreindre sur ses plaisirs et il se retrouvait à attendre que l'homme qu'il désirait plus que tout accepte de lui accorder ses faveurs. Pour lui cette situation était intenable et ses pulsions devenaient de plus en plus présentes. Il se leva, ouvrit la porte fenêtre et se rendit sur le balcon. Il existait un moyen pour qu'il obtienne ce qu'il voulait sans aucune restriction. Les aristocrates, après le départ de Sylvidra, avaient envoyé une expédition sur Terre pour y trouver des technologies et des connaissances en matière de médecine, de botanique ainsi qu'en exploration spatiale. Les Mazones avaient effacé la plupart de leurs fichiers mais l'expédition avait trouvé une serre contenant des plantes à fleurs. Elle avait appris que cette plante, le Mirasu, avait des particularités très intéressantes. Oscar avait demandé à des chercheurs de l'étudier et de voir ce que cette plante pourrait leur rapporter. La découverte fut surprenante, les chercheurs l'appelèrent la drogue du sexe. Le dérivé permettait une excitation sexuelle incontrôlable pendant plusieurs heures. Elle fonctionnait aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Généralement les personnes testées ne se rappelaient de rien. Ils avaient pris des personnes qui ne se connaissaient pas, qui, après avoir pris une dose, se retrouvèrent à faire l'amour pendant des heures. De plus le besoin de se satisfaire était si grand que les personnes testées ne faisaient même pas attention au sexe de leur partenaire d'une nuit. Cette découverte avait été utilisée à bon escient pour les aristocrates. Ils l'avaient mise sur le marché comme drogue de l'amour qui se vendait en tant que substance illégale et elle cartonnait aussi bien chez les homosexuels que les hétérosexuels. Si la substance était bien dosée elle promettait même l'amnésie de celui qui en avait pris sur ce qu'il avait fait sous son influence. Pour Oscar il était temps qu'Harlock y goûte. Et ce qui fit sourire cruellement le duc c'était qu'il pourrait recommencer autant qu'il le voudrait vu que sa victime ne se rappellerait de rien. Il allait mettre cela en place le jour de congé des domestiques. Il irait ensuite se faire inviter par Harlock et lorsque celui-ci aurait pris suffisamment de substance, il obtiendrait de cet homme tout ce qu'il voulait depuis longtemps, depuis que cet être mystérieux était soudain ressortit des Limbes. Il retourna à l'intérieur de sa chambre et sortit un trousseau de clef de sa table de nuit. Il sourit en les regardant. Après le rapport forcé que le duc lui avait imposé, Harlock avait fait changer toutes les serrures et le code de l'alarme par crainte que le duc ne les obtienne d'une manière ou d'une autre et qu'il vienne le reprendre de force. Oscar en apprenant cela du majordome sourit de la naïveté du capitaine. Les domestiques que le duc avait fourni au capitaine lui étaient entièrement dévoués et lorsqu'il leur eut assurés qu'il voulait pouvoir veiller sur son ami si jamais il retombait gravement malade, ils lui avaient donné les clefs et le code croyant aux bonnes intentions du duc. Il s'allongea à nouveau dans son lit et pensa à nouveau à cette fameuse soirée, à ce corps parfait qu'il n'avait pu caresser qu'une seule fois. Il avait après tout l'autorisation du roi Von Kiel. Il fallait juste qu'il ne se fasse pas prendre. Le roi avait été clair, Harlock ne devait se rappeler de rien sans quoi, il était certain qu'il refuserait de les aider lorsque le roi ordonnerait aux planètes indépendantes d'attaquer celles sous régime démocratique. Il avait besoin du génie militaire d'Harlock et pour cela il fallait ménager son état psychologique. Le roi savait qu'Oscar ne résisterait plus longtemps avant de se jeter à nouveau sur lui et il risquait de lui faire encore plus mal que la première fois. Il fallait donc ruser. Il accorda au duc le droit d'abuser autant qu'il voulait de sa victime tant que celle-ci ne se rendait compte de rien. En échange, Oscar devrait se comporter en bon époux et en chevalier loyal pour son seigneur. Oscar avait accepté et, le soir même, en revenant de chez sa victime, il discuta avec sa future épouse par écran interposé. Celle-ci était une jolie poupée blonde dont les longues anglaises descendaient jusqu'au creux des reins. Elle avait d'immenses yeux bleus et lorsque le duc se présenta devant elle en la saluant élégamment, elle eut le coup de foudre. Oscar s'était vite rendu compte à quel point cette jeune fille était naïve. Il avait réussi à la séduire en quelques minutes, même si cela n'avait rien de surprenant venant d'une jeune fille qui n'avait jamais quitté son couvent. Isabelle en voyant cet homme si beau qui semblait si gentil tomba facilement sous le charme. Il avait tout du prince charmant. Lorsque son père lui parla après cet entretien, elle accepta d'épouser Oscar et les noces furent fixer au mois suivant, le mariage du capitaine devait avoir lieu un mois après celui d'Oscar. L'été promettait d'être festif pour l'aristocratie. Les mariages des deux hommes les plus en vue issus de leur groupe allaient se suivre et enflammer la presse. Cela ferait une vitrine magnifique pour leur groupe politique et le roi félicita chaudement Oscar d'avoir su séduire sa fille.

Le congé des domestiques devant avoir lieu dans deux jours, le duc n'avait plus qu'à patienter pour mettre en place son plan.

Jeudi matin, alors que le capitaine espérait pouvoir mettre à profit l'absence de ses domestiques pour faire venir Ryo pour qu'ils puissent discuter des informations récoltées et réfléchir au fonctionnement du groupe des aristocrates, un appel du directeur de l'académie lui gâcha la quiétude de cette belle matinée de fin de printemps. Il était convoqué pour une réunion très importante dans le bureau du directeur. Il pensait que c'était pour lui signifier son renvoi définitif et se rendit le cœur léger à cet entretien. Le capitaine n'avait aucune envie de poursuivre un enseignement à des gens aussi insupportables capables d'agir comme des monstres.

Lorsqu'il entra dans le bureau du directeur, il fut très surpris d'y trouver Hubert de Péhant installé à la table de réunion.

- Bonjour monsieur le duc, le salua le directeur.

- Monsieur le directeur, monsieur le duc de Péhant, salua-t-il à son tour en ayant l'impression d'être tombé dans un piège.

Il s'assit face aux deux hommes.

- Je suppose que vous savez que les informations fournies par Trash TV ont été totalement discréditées et votre nom totalement blanchi de cette sordide histoire ? S'enquit le directeur en souriant.

- En fait je ne me suis pas intéressé à l'affaire, Oscar est venu me voir il y a deux jours et il m'a indiqué que l'affaire était en bonne voie, avoua Hans calmement, presque détaché.

- Eh bien, Trash TV a été contrainte à faire un démenti officiel et le nouveau directeur choisi par nos soins s'arrangera pour que plus aucune affaire ne vienne à ternir notre organisation, annonça fièrement le directeur.

- C'est une bonne chose, commenta Hans.

- Ce qui veut dire que vous pouvez reprendre votre poste à l'académie dès la semaine prochaine, l'invita le directeur.

- Je ne pense pas que ce serait une bonne idée, les élèves se sont bien amusés de toute cette histoire et je n'ai aucune envie de devoir m'emmerder à corriger leur attitude à cause de ce cirque médiatique, refusa Hans.

- Ils ont déjà été briffés, Hans, indiqua Hubert de Péhant. Et ils ont été mis en demeure de ne plus jamais évoquer cette histoire sous peine de subir une exclusion définitive.

- De plus voici un ordre officiel du roi Von Kiel, annonça le directeur en donnant le document à Harlock.

Celui-ci le lut et dû s'incliner. Le roi tenait vraiment à ce que le capitaine reprenne son poste au sein de l'académie.

- Je ne comprends pas cette insistance à vouloir me reprendre vous avez d'autres professeurs non ? S'étonna Harlock.

- Aucun qui n'a votre expérience au combat. De plus, les professeurs dont nous disposons ont regardé les cours que vous avez donnés à vos élèves et ils sont dépassés par la difficulté de votre enseignement. D'après ce qu'ils nous ont dit vos cours sont très pointus et les bons élèves de votre classe sont largement en avance par rapport aux classes formées par d'autres professeurs. On a besoin de vous capitaine. Je ne peux pas laisser un scandale priver cette académie d'un homme de votre niveau, avoua le directeur embarrassé.

- Pourtant cela ne vous a pas empêché de m'exclure de cette académie manu militari, le railla Harlock.

- Je me devais de protéger l'honneur de l'académie. Vu que votre nom est blanchi vous pouvez reprendre votre poste. J'espère que vous êtes d'accord pour reprendre dès lundi, proposa le directeur.

- Je n'ai pas le choix il s'agit de l'ordre de notre roi, céda Hans à contrecœur.

- Parfait ! S'enthousiasma le directeur en souriant. Les examens doivent se faire courant Juillet et je serai ravi si vous acceptiez d'emmener vos élèves en manœuvre pour les préparer à cette épreuve.

- Avec quel appareil ? S'enquit Harlock

- Nous allons vous fournir un des vaisseaux de la Résistance, Ryo Kimura nous a donné son accord pour nous prêter un bâtiment, l'Amélie je crois et bien sûr on aura besoin aussi de votre Arcadia. Nous voulions nous en servir pour former les recrues mais il est resté obstinément verrouillé et nous n'avons eu aucun moyen pour le forcer. Les recrues prendront l'Amélie et vous votre Arcadia qu'ils seront chargés d'attaquer en tir simulé. Ryo Kimura nous a dit que vous étiez plutôt partant pour des tirs réels, histoire de stimuler les recrues mais le chef du gouvernement ne veut pas risquer un de ses bâtiments dans l'expérience. Ce que je comprends, indiqua le directeur en souriant.

Harlock eut un petit rire. Ryo n'avait pas oublié cette fameuse requête qui l'avait profondément choqué.

- Très bien. Dès lundi j'emmènerai mes élèves s'entraîner, accepta Harlock. Le Dix Juillet je serai absent, je suis témoin au mariage d'Oscar.

- Je sais, monsieur le duc m'en parlé. A lundi capitaine, le salua le directeur en souriant.

Les trois hommes se levèrent et se saluèrent. Harlock quitta les lieux en poussant un soupir d'exaspération. Lui qui espérait pouvoir être libéré de ses obligations pour pouvoir passer plus de temps avec ses enfants, se retrouvait coincé à entraîner des gamins imbus de leur personne.

Oscar savait par son père qu'Harlock était convoqué à l'académie pour lui signifier qu'on lui rendait son poste. Ce fut pourquoi il se rendit le matin même chez le capitaine de l'Arcadia pour mettre en place son plan. Il déverrouilla la porte puis se rendit directement dans le salon où il savait que le capitaine dégustait le soir du red bourbon en écoutant de la musique classique. Il y avait une carafe en cristal pleine posée sur le guéridon en chêne avec des verres assortis. Il ouvrit la carafe et y versa un sachet entier de drogue qu'il dilua longuement. Avec deux ou trois verres Harlock tomberait dans ses bras et le lendemain il ne se rappellerait même pas de ce qui se serait passé. Il sourit de contentement puis il sortit le matériel électronique qu'il avait préparé. Il avait bien l'intention de river son clou à son rival en lui envoyant une vidéo de ses exploits au lit avec le capitaine de l'Arcadia. Il installa une caméra au salon puis une deuxième dans la chambre. Il plaça sur la table de nuit du lubrifiant et une boîte de préservatifs. Il connaissait bien les habitudes du capitaine. Il n'avait plus dormi une seule fois dans cette pièce depuis son agression, il avait fait transférer ses affaires dans une autre chambre très éloignée de celle-ci. Pour Oscar en revanche, cette pièce serait le lieu parfait pour s'offrir les ébats les plus torrides avec le capitaine de l'Arcadia. Il savait qu'Harlock resterait chez lui ce soir-là à lire et il se dit qu'il viendrait le voir vers vingt heures au moment où sa victime commencerait à lire en dégustant son verre de red bourbon. La deuxième caméra installée, il quitta le château en remettant l'alarme et en verrouillant soigneusement la porte.

Harlock après la réunion avec le directeur décida de s'accorder une après-midi de détente auprès de ses enfants. Il avertit Ryo de sa décision puis il contacta Nann pour la prévenir de sa venue. Celle-ci l'accueillit avec le sourire et le capitaine trouva ses bouts de chou dans le salon en train de jouer. Il les embrassa longuement puis Nann lui indiqua que Nynna et son beau-père étaient présents, ils préparaient la chambre des enfants. Harlock alla les voir et les trouva en train d'installer la dernière bande de décoration murale. Il les salua tout en regardant la décoration de la pièce.

- Salut Mister Freeze ! La déco te plaît ? S'enquit-elle en souriant.

- C'est la même que dans l'appartement d'Ellie, commenta Harlock ému.

- Comment peux-tu le savoir tu n'y es jamais allé ? S'étonna Nynna.

- J'avais demandé à Ryo de m'envoyer des photos, révéla Harlock tristement en regardant la pièce.

Il s'avança à l'intérieur et vit le dauphin qui trônait sur l'étagère.

- Est-ce que ça va Hans ? S'enquit le médecin inquiet en s'approchant de lui.

Voyant qu'Harlock ne répondait pas il fit un signe de tête à sa belle-fille qui comprit immédiatement le message. Elle quitta la pièce en fermant la porte derrière elle, elle fila ensuite rejoindre les petits.

- Hans ? Insista le médecin

Harlock soupira et s'assit sur un des petits lits.

- Ca va moyen. J'ai de plus en plus de mal à supporter les avances incessantes d'Oscar et les contacts répétés avec lui me donnent de plus en plus souvent envie de vomir. J'arrive à tenir grâce aux médicaments mais je me demande s'il ne m'en faudrait pas des plus forts, avoua Hans à bout de force.

- Hors de question ! Décida le médecin. Ce qu'il faut c'est que vous vous éloignez de ce monstre et que vous commenciez la thérapie !

- Je ne peux pas abandonner ma mission. On est à deux doigts avec Ryo d'y arriver, protesta Harlock.

- Acceptez au moins la thérapie dans ce cas, proposa le médecin avec douceur. Elle peut se faire ici, en secret. Je n'ai pas besoin de mon cabinet pour vous aider.

- D'accord, céda Harlock.

- Parfait.

Le docteur était soulagé. Même si le capitaine faisait tout ce qu'il fallait pour que personne ne voie pas son triste état, il ne pouvait tromper le médecin qui s'inquiétait de plus en plus.

- Je m'inquiète pour mes enfants. Comment je vais leur annoncer qu'ils ne verront plus leurs parents adoptifs ? Et comment je vais leur faire comprendre que je suis leur père et Ellie leur maman ? S'angoissa le capitaine de l'Arcadia.

- Ils ont vingt mois c'est bien cela ? Il faut avant tout que vous soyez présent le plus possible pour que se créent un équilibre psychologique et un lien affectif. Petit à petit ils vont se réhabituer à votre présence et lorsqu'ils demanderont après leurs parents adoptifs, il faudra leur faire comprendre en douceur qu'ils ne sont plus là et que vous êtes leur vrai papa et Ellie leur vraie maman. Ce serait plus simple si la maman pouvait être là mais... Se désola le médecin.

- Vous pensez que ça marchera ? Insista Hans.

- Je peux être là lorsque vous leur expliquerez la situation. Pendant que vous n'étiez pas là j'en ai profité pour les évaluer un petit peu et ils sont plutôt brillants. Ils reconnaissent déjà des lettres de l'alphabet, les formes géométriques. Je peux vous poser une question indiscrète ? S'enquit le médecin.

- Ca dépend du sujet, accepta Harlock embarrassé.

- De combien est votre QI ?

- Je ne me rappelle pas, mentit Harlock.

- Ne vous lancez jamais dans la politique car vous êtes un pitoyable menteur, se moqua le médecin.

- Dois-je comprendre que Ryo est un bon menteur ? Plaisanta Harlock.

- Il est encore plus mauvais que vous dans ce domaine et c'est pour cela qu'il s'en sort si mal en ce moment. Je pense que vous devriez rejoindre vos petits cela vous fera du bien, proposa Le docteur en souriant avec douceur.

Harlock se leva puis hésita quelques secondes.

- Mon QI a été évalué à deux cent trente, avoua-t-il gêné.

Il sortit et laissa le médecin bouche bée. Lui qui était si fier du QI de son fils, il se retrouvait face à un des rares Hommes à avoir le QI maximum qu'un être humain puisse atteindre. Ken Kimura appela son cabinet pour indiquer qu'il devait s'absenter pour une urgence et qu'il en avait pour la journée. Ce n'était guère un mensonge, Harlock avait besoin de son aide et il allait tout faire pour cela. Ken Kimura resta avec Harlock, Nynna, Nann et les enfants pour déjeuner puis à l'heure de la sieste de Frank et Marie, il observa le papa qui s'occupait de les préparer pour leur dodo. Il avait appris par sa belle-fille qu'Harlock avait déjà pas mal d'expérience avec les enfants et il constata qu'il était même plutôt doué. Les petits l'adoraient et il leur rendait bien. Hans resta avec ses enfants jusqu'à ce qu'ils s'endorment puis il suivi le médecin dans le salon, où ils restèrent seuls tous les deux.

Harlock s'installa sur le canapé en soupirant et, comme la première fois, Ken Kimura attendit qu'il soit prêt à parler.

- Je n'ai jamais pensé qu'un truc pareil m'arriverait un jour, commença Harlock tristement. Il y avait bien sûr eu des tentatives mais à part Sylvidra personne n'avait pu avoir le contrôle sur moi…

- Que s'est-il passé ce soir-là ? S'enquit le médecin d'une voix douce, tenant plus que tout à ménager la victime qui se confiait à lui.

- Je suis allé voir votre fils à notre bar habituel pour discuter et échanger des informations. La loi cent quarante-cinq-C devait être votée le soir même. Ryo pensait qu'elle ne passerait pas mais…Se remémora Hans en serrant les poings posés sur ses cuisses de rage

- Les aristos avaient déjà corrompu une bonne partie de l'assemblée sauf que les corrompus ayant toujours crié haut et fort que tant que eux seraient là, la démocratie serait préservée, Ryo ne pouvait pas savoir qu'en fait tout était déjà réglé car il ne savait pas combien de membres du rang des démocrates avaient été corrompus par les aristocrates. Il l'a compris dès que la loi a été acceptée, se souvint Ken tristement.

- Et il s'en veut à mort, reconnut Harlock. Je le vois à chaque fois que je croise son regard. J'ai l'impression que ça fait beaucoup à supporter pour lui.

- J'apprécie votre compassion mais je ne veux pas que vous vous souciez de mon fils. Je suis là pour que vous me parliez, insista le médecin.

- Ryo vous a dit comment le duc nous est tombé dessus, poursuivit le capitaine de l'Arcadia. Je n'étais pas armé le soir-là. Depuis j'ai toujours mes armes sur moi.

- Ce qui a mon avis n'est pas une très bonne idée non plus, s'inquiéta le docteur.

- Le duc a insisté pour me raccompagner. Je me doutais de ce qu'il voulait, il m'avait fait des avances plus que directes, indiqua le capitaine de l'Arcadia.

- Que vous avez repoussées, lui rappela le docteur. Ce qui aurait dû le faire s'arrêter.

- Lorsqu'il a insisté pour me ramener j'ai compris qu'il allait essayer de me forcer la main. Je pensais qu'une fois à mon domicile, je pourrai récupérer mes armes avant qu'il ne se jette sur moi et le forcer à renoncer à son idée. Je suis allé au salon. D'habitude c'est là que je pose mes armes mais j'avais oublié que machinalement je les avais ramenées dans ma chambre lorsque je m'étais changé pour aller rejoindre Ryo, révéla-t-il.

Les propos d'Harlock se faisaient plus hésitants et il gardait le regard baissé par honte. Il soupira profondément. Pour lui s'était comme revivre la scène.

- Si c'est trop difficile pour vous on peut remettre cela à plus tard, proposa le médecin avec douceur.

- Non, ça fait trop longtemps que je repousse le moment où je devrais vous en parlez. Il n'y a qu'à vous avec qui je peux le faire, je ne peux pas en parler à Ryo ça lui serait trop douloureux et je ne peux pas en parler à Nynna car ce serait trop humiliant et même si Ellie était là je n'aurais aucune envie qu'elle le sache et encore moins mon équipage.

Il prit une profonde inspiration et planta son regard dans celui du docteur. Celui-ci vit une telle tristesse qu'il en eut mal à l'estomac et il attendit qu'Harlock ait la force de lui parler de son calvaire.

- Il m'a très clairement fait comprendre qu'il me voulait. On a commencé à se battre. Oscar était plus costaud que moi, avoua-t-il en souriant tristement. Je lui ai mis un coup dans les parties et j'ai filé vers l'escalier où il m'a rattrapé et il a pris le dessus. Je me suis pris pas mal de coups, j'ai fini KO. Quand je me suis réveillé j'étais sur mon lit, en sentant le contact des draps sur ma peau j'ai compris que j'étais nu, fermement ligoté et cette pourriture a commencé à s'amuser.

Harlock eut un rictus de dégoût, une envie de vomir lui montant à la gorge.

- Vous êtes sur de vouloir tout entendre ? S'inquiéta Harlock.

- J'étais là quand on vous a emmené aux urgences, alors oui, je suis prêt à vous entendre, assura Le docteur d'une voix émue.

- Il a commencé par me lécher et au lieu de tout de suite faire son affaire, il m'a...

Harlock baissa le regard à nouveau et se tut. Le docteur serrait les poings de colère et de haine. Il n'avait qu'une envie c'était de massacrer le duc de Péhant lui-même. Harlock ne le vit pas car il avait soigneusement caché ses mains dans les poches de son veston.

- Il m'a fait une fellation, et alors que je n'avais qu'une seule envie celle de le massacrer, j'y ai pris du plaisir, avoua Harlock en rage avec une larme qui coula de son œil valide et roula sur sa joue balafrée.

- Vous saviez que ce n'était une réaction mécanique vous n'y pouviez rien, affirma le médecin. Cela ne dédouane pas le duc pour autant.

- Il avait déjà le contrôle sur moi pourquoi n'ai-je pas pu au moins garder le contrôle de ce côté-là ? Explosa Harlock.

- Parce que vous n'êtes pas sa seule victime et qu'il a dû beaucoup s'entraîner avant de s'en prendre à vous. Vous n'êtes pas responsable d'une réaction de ce genre Hans, assura le médecin. Vous ne devez pas vous torturer à cause de cela ! Ce n'est parce que la fellation vous a donné du plaisir que cela efface le viol pour autant.

Harlock eut un pâle sourire et se tut quelques minutes.

- Après cela il m'a pris. J'ai essayé de l'empêcher de parvenir à ses fins mais il était plus que déterminé à y arriver. Je suppose que c'est pour cela qu'il m'a autant abîmé, reconnut Hans.

- Combien de temps cela a-t-il duré ? S'angoissa le médecin.

- Je ne sais pas, j'ai eu l'impression que cela durait depuis une éternité mais je dirai entre la lutte et le reste, une heure, peut-être un peu plus. En fait il a bien dû passer une heure à s'amuser avec moi, indiqua Harlock.

- Une heure de sévices c'est énorme, se désola le médecin. Il faut à tout prix que vous évitiez tout contact avec lui car à force de le faire mariner comme vous le faites je sais qu'il recommencera.

Harlock ne répondit pas, il avait bien senti le soir où Oscar était venu que celui-ci en avait assez d'attendre et le baiser avait été des plus clairs. En voyant son patient pâlir le docteur s'inquiéta.

- Qu'est-ce qu'il y a, Hans ?

- Je sais qu'il va vouloir recommencer docteur, je le sens c'est pourquoi je suis sans arrêt armé et il le sait, révéla Hans.

- Donc il cherche un moyen de vous avoir mais pas en s'attaquant frontalement à vous. Hans je vous invite à la prudence. Méfiez-vous de lui, ordonna le médecin de plus en plus inquiet. Je suppose que quoi qu'il advienne vous ne renoncerez pas à votre mission ?

- Je dois terminer ce que j'ai commencé docteur, Soutint Harlock en le regardant droit dans les yeux. Ça m'a fait du bien de pouvoir parler de tout ça.

- Coté contact humain comment est-ce que ça se passe ? S'enquit le médecin.

- Il n'y a pas de soucis que ce soit avec vous, Nynna ou Ryo mais sinon j'évite les gens au maximum, j'ai toujours agi comme cela de toute manière, reconnut le capitaine.

- Pas de peur irraisonnée ? S'inquiéta le médecin.

- Non, aucune. Si ce n'est de la répulsion à chaque fois qu'Oscar me touche.

- Ce qui est plus que normal, conclut le médecin.

Il regarda sa montre et sourit. Les enfants n'allaient pas tarder à finir leur sieste et il fallait qu'ils récupèrent un papa souriant aussi cessa-t-il la séance. Il laissa le capitaine aller boire un verre à la cuisine. Ken le suivit et croisa sa belle-fille dans le couloir.

- Alors ? S'enquit Nynna inquiète en serrant ses mains sous l'effet de l'angoisse.

- Il a réussi à me parler. C'est déjà ça mais il est pas mal abîmé. Côté relationnel il a réussi à garder le contact mais seulement avec les gens en qui il a toute confiance, indiqua Ken.

- Il va pouvoir s'en remettre ? Paniqua Nynna.

- Personne ne se remet totalement de ça. Il va devoir vivre avec c'est tout, révéla le médecin.

En voyant sa belle-fille pâlir, il la serra dans ses bras.

- Nynna, il ne faut pas t'angoisser comme cela. Une fois que tout cela sera terminé et qu'il aura récupérer sa petite famille, il pourra se reconstruire, affirma Ken

- S'il arrive à la récupérer ! Ragea la jeune femme en pleurant. Qu'est-ce qu'elle fiche Ellie ? Pourquoi ne revient-elle pas ?

Le médecin ne répondit pas et se contenta de serrer la jeune femme dans ses bras en la berçant doucement pour qu'elle se calme. Harlock passa le reste de l'après-midi avec ses enfants et le docteur ne l'avait jamais vu si souriant.

Tout le monde passa un agréable après-midi et Harlock rentra le soir peu avant vingt heures. Une fois chez lui, il s'installa sur le fauteuil qui se trouvait près du guéridon et se servit un verre de red bourbon. Il se mit Casse-noisette de Tchaïkovski, l'œil fermé, il prit de profondes inspirations pour se détendre. Cet après-midi de douceur lui avait fait beaucoup de bien. Lorsque l'on sonna à la porte, il s'extirpa avec regret de son fauteuil. Il fit entrer à contrecœur le duc de Péhant qui alla directement dans le salon. Oscar sourit en voyant le verre d'alcool servi, songeant que son plan se passait comme prévu, d'ici peu, il aurait le capitaine de l'Arcadia entre ses bras.

- Je te sers un verre ? Proposa Harlock.

- Non, j'ai décidé de rester sobre ce soir, sourit le duc ravi.

Hans retourna s'asseoir en vérifiant la présence de son arme dans son ceinturon. Oscar remarqua ce geste de réflexe et se réjouit de son idée. Harlock allait bientôt lui tomber dans les bras, il savourait d'avance ce qui allait se passer entre eux. Seulement il arrive parfois que même les plans parfaitement établis ne résistent pas à la réalité de la situation. Le téléphone portable d'Oscar sonna et celui-ci en voyant qu'il s'agissait de son père décrocha.

- Qu'est-ce que tu dis ? Ragea-t-il Mais pourquoi ?...Tu parles d'un couvent ! Ils l'ont laissée sortir comme cela !...je ne vais pas rappliquer parce que cette fillette me réclame !...Très bien j'arrive !

Il raccrocha et Harlock cacha un soupir de soulagement. Il allait être libéré de la présence du duc ce qui le réjouissait franchement.

- Qu'est-ce qui se passe ? S'enquit-il pour la forme tentant de masquer sa joie bien que cela soit peine perdue.

- Cette idiote a quitté son couvent en douce il y a une semaine sans dire où elle allait. Résultat, elle s'est pointée chez moi et elle me réclame. Je me retrouve à devoir rentrer comme un toutou qui obéit à sa maîtresse. On n'est même pas encore marié que je me retrouve déjà en laisse ! Explosa-t-il.

Harlock tenta de masquer son rire avec une de ses mains mais le duc s'en aperçut et se vexa. Le capitaine se leva et s'approcha de lui.

- Ne sois pas sévère avec elle. Tu l'as dit toi-même c'est une gamine alors sois gentil, conseilla-t-il.

Pour une fois, Oscar en colère, quitta le capitaine sans demander un baiser tellement il était en rage après sa jouvencelle de future épouse qui s'était probablement bien trop vite montée la tête après leur petit entretien où le duc avait fait preuve d'une totale maitrise de l'art de la séduction. Harlock quand à lui bénissait cette jeune fille qui avait empêché le duc de lui gâcher la soirée. Hans, réalisant qu'il allait avoir la soirée de libre, téléphona à Ryo et l'invita à venir discuter sur le trafic d'être humain. Il avait pas mal réfléchi et une idée était en train de germer dans son esprit depuis plusieurs jours déjà. Il devait confronter son hypothèse à la réalité des faits et son ami allait l'y aider. Ryo prit congé de sa femme et lui expliqua qu'il allait rentrer tard car il avait voir le capitaine de l'Arcadia. Il l'incita à se coucher sans l'attendre car il craignait de passer une bonne partie de la nuit à discuter avec son ami. Il arriva rapidement et fut accueilli par un capitaine plus détendu qui avait même retiré son arme, qu'il avait posé sur un fauteuil. Les deux hommes se saluèrent et Harlock servit un verre à son ami.

- Alors c'est quoi ton idée ? S'enquit Ryo après avoir bu une partie de son verre accompagné par le capitaine.

- Il y a combien de fabricants d'armes dans la galaxie ? L'interrogea Hans.

- Un seul, Stanford Technical sur Amos. C'est là où je fais approvisionner les vaisseaux de guerre, indiqua Ryo.

- L'état est leur seul client ? Insista Hans.

- Oui et c'est même bien suffisant. Ils ont eu du mal à s'adapter aux schémas des missiles qu'utilisent les vaisseaux conçus par Ellie. Pourquoi ? S'étonna le chef du gouvernement.

- Les aristos ont fait des copies des vaisseaux des exilés qu'ils ont très bien armés et il leur faut des munitions. Où est-ce qu'ils les trouvent d'après toi ? Sourit Hans

- Tu penses qu'ils se servent chez le fournisseur de l'armée, comprit Ryo. C'est vrai que le PDG qui est en place est le même que celui sous le Consortium.

- Tu as des données sur eux ?

Ryo acquiesça et sortit sa tablette numérique qu'il relia au système de visualisation trois dimensions du salon. Il finit son verre puis il lança la recherche. Harlock finit le sien et leur en servit un deuxième.

- Montre-moi la production annuelle, demanda Harlock.

- Voilà, annonça Ryo en faisant apparaître le dernier bilan.

- Elle est plutôt faible, commenta Hans soupçonneux.

- C'est sûrement lié au problème d'adaptation aux nouveaux modèles de vaisseaux, supposa Ryo.

- Cela n'aurait dû affecter la production que un ou deux mois mais celle-ci est inchangée tout au long de l'année quel que soit le mois qu'on regarde, elle reste faible, appuya Hans en montrant les colonnes du graphique qui étaient toutes aux mêmes dimensions à peu de choses près.

- Tu en certain que ce n'est pas lié à des problèmes techniques ? S'inquiéta Ryo.

- Je suis catégorique. Une entreprise ne peut pas laisser des problèmes techniques l'affecter trop longtemps car cela la coulerait. Il y a autre chose, affirma Harlock fermement.

- Attends, je vais regarder les pertes annuelles, indiqua Ryo.

Une nouvelle page s'afficha que les deux hommes étudièrent attentivement.

- Elles sont faibles, commenta Ryo.

- La rotation des équipes ? S'enquit Harlock.

- Trois équipes de durée journalière de huit heures chacune et ce, sept jours sur sept, indiqua Ryo qui commençait à trouver l'entreprise de plus en plus suspecte.

- Je crois qu'on approche de la solution, sourit Harlock, le taux de perte par équipe ?

- Il ne dépasse pas le pourcentage autorisé, tiqua Ryo.

- Aucun PDG, avec si peu de commandes, ne ferait tourner une usine vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, soutint Harlock en souriant.

- Et les missiles clandestins ne sont pas cachés dans les pertes. Ils n'apparaissent nulle part dans les comptes de la production. Il n'y a pas de stock non plus, conclut Ryo en souriant à son tour.

Les deux hommes se portèrent un toast en souriant et vidèrent leur deuxième verre. Ils savaient qu'ils n'étaient plus loin de la solution.

- Ils produisent plus qu'ils ne déclarent. Et ils ont plus de pertes aussi, sourit Harlock.

- Ils ne font sûrement pas recycler tous leurs déchets car chaque conteneur est pesé et répertorié, soutint Ryo. On a une traçabilité totale pour ce genre de produits car ils sont très polluants.

- Ils doivent les garder sur site, proposa Hans en souriant.

Ryo sourit et comprenant où le capitaine voulait en venir, il regarda les permis de construire ainsi que les agrandissements de l'entreprise.

- Regarde-moi ça, trois bâtiments supplémentaires et pas des petits en plus, commenta l'informaticien en souriant.

Il se servit un troisième verre tout comme à son ami.

- Je pense que j'ai une vague idée de quoi sont faites leurs fondations, plaisanta Harlock.

- Par contre, est-ce que l'on a un lien direct avec les aristos ? S'inquiéta Ryo.

- Vérifie la liste des actionnaires, proposa Harlock.

Quelques recherches plus tard, la page contenant les informations s'afficha.

- On a différentes sociétés comme Douceur Ouatée, indiqua Ryo.

- Tu peux me dire ce que fait une société de production de papier-cul en tant qu'actionnaire dans une société de fabriques d'armes ?

- Ils sont libres d'investir où ils veulent, rappela Ryo. Ce qu'il faut c'est savoir qui dirige Douceur Ouatée.

Il fit des recherches, et, lorsqu'il trouva les renseignements nécessaires, il eut un ricanement.

- Comme par hasard c'est une autre société basée sur Flora. Ça sent la société écran à plein nez ! Ragea Ryo. Je leur ai cédé trop vite à Flora et elles ont transformé leur planète en paradis bancaire et fiscal. Personne ne peut avoir accès à leurs comptes et si un PDG de société tient à garder l'anonymat elles se chargent de dissimuler son nom ! Satanés bonnes femmes ! Elles en ont bien profité que j'étais emmerdé avec les aristos !

Harlock ne put s'empêcher de rire et les deux hommes vidèrent leur troisième verre. Ryo posa sa tablette et se laissa tomber sur le canapé. Harlock réfléchit pensivement puis brusquement sa tête se mit à tourner et il prit appui sur le guéridon. Voyant son ami mal en point Ryo se leva brutalement afin de venir à son secours mais il dû lui aussi prendre appui. Il était en déséquilibre mais il s'approcha d'Harlock et le saisit par la taille pour le faire s'asseoir sur le canapé. Il s'installa ensuite à côté de lui.

- On a dû un peu trop picolé toi et moi, assura Ryo.

- D'habitude il me faut beaucoup plus que trois verres pour sentir les premiers effets de l'alcool, soutint Harlock.

- Tu es tellement sous pression ces temps-ci sans compter que tu ne dors plus beaucoup, donc c'est normal que ton organisme donne des signes de faiblesse, assura Ryo.

Il regarda son ami et son air dépité le fit rire.

- Qui plus est, tu as quarante-cinq berges, il faut te ménager, le railla-t-il en souriant.

- Ce n'est pas un petit con de trente-cinq ans qui va me faire la morale, plaisanta Harlock.

Il regarda l'image tridimensionnelle pensivement. Ryo quant à lui servit un quatrième verre au capitaine puis s'en servit un autre à lui aussi. Les deux hommes les dégustèrent pensivement.

- Ça vaut combien un missile ? S'enquit Harlock.

- Beaucoup trop pour ce que c'est, soutint Ryo en souriant.

- Combien ? Insista Hans intrigué.

- Le plus petit missile coûte deux cent mille crédits.

- Tant que ça ! S'exclama Harlock surpris.

- Ne m'en parle pas ! Une véritable arnaque. Quelle est ton idée ?

- Avec toutes les attaques ils en ont utilisés combien de ces munitions ? Lança Hans, sachant que son ami le comprendrait à demi-mot.

- Plusieurs dizaines de milliers sûrement, réalisa Ryo d'une voix blanche.

Les deux hommes se regardèrent. Ils en arrivaient tous les deux à la même conclusion.

- Ce qui représente des milliards de crédits, conclut Ryo.

Il posa son verre et se rabattit sur le dossier du canapé.

- La question étant où trouvent-ils l'argent ? Le questionna Harlock. Est-ce qu'ils ont pioché dans les recettes fiscales ?

- Je vais vérifier.

Ryo se leva mais la tête lui tournait tellement qu'il dû se rasseoir, aidé par le capitaine.

- Ca va Ryo ? S'inquiéta-t-il.

Il vérifia la température de l'informaticien, elle semblait normale. Ryo à ce contact ne comprenait pas les réactions de son corps. Son cœur commençait à s'emballer ce qui n'avait aucun sens. Il n'y avait que Nynna qui lui faisait ressentir cela. Le capitaine observa le jeune homme, le regard de Ryo semblait étrange comme s'il attendait quelque chose de lui. Harlock s'approcha et Ryo posa sa tête sur son torse.

- Je ne sais pas ce que j'ai, je me sens bizarre, avoua Ryo en rougissant brusquement.

Harlock lui caressa la tête et apprécia la douceur des cheveux du japonais qui semblait savourer cette caresse.

- On a peut-être un peu trop bu, reconnut Harlock embarrassé.

- Je peux te poser une question ? Rougit Ryo.

- Laquelle ? S'inquiéta Hans.

- As-tu vraiment eu des relations intimes avec Friedrich Von Stadt ?

- Oui, une nuit.

- Tu as aimé ou pas ?

- Si j'avais aimé je ne crois pas que je serais resté avec Maya et j'aurais renouvelé l'expérience plus d'une fois, affirma Hans embarrassé.

- Je n'ai jamais essayé et si je devais le faire je pense que c'est toi que je choisirai, avoua-t-il en écoutant le cœur de son ami battre.

- Là, je suis certain que tu as trop picolé, plaisanta Harlock en riant.

- Pourquoi dis-tu cela ?

- Car il n'y a rien de tel pour gâcher une amitié tu peux me croire j'en ai fait l'amère expérience, regretta Hans en soupirant.

- Je ne suis pas Friedrich Von Stadt, susurra Ryo en se relevant un peu, plantant son regarda dans le sien.

Les deux hommes se regardèrent de longues minutes. Harlock commençait à avoir les idées qui s'embrouillaient. Ryo approcha ses lèvres des siennes et même si le capitaine commençait à ressentir le besoin irrépressible de céder à cette pulsion son cerveau qui n'était pas encore complètement sous l'emprise de la drogue se refusait à faire une telle chose. Ryo face à son hésitation s'apprêtait à l'embrasser mais le capitaine eut un geste de recul.

- Non, tu ne peux pas faire ça à Nynna, objecta-t-il le cœur battant. Et je ne veux pas tromper Ellie…

Le désir commençait à poindre le bout de son nez mais Hans refusait d'y céder. Son cœur battait à tout rompre, ses tempes bourdonnaient, il le sentait, il en avait envie, cela faisait si longtemps qu'il n'avait plus aimé ni été aimé. Il avait tant envie d'un contact tendre et doux.

- Personne n'en saura rien assura Ryo en s'approchant à nouveau.

Le capitaine le laissa faire. Il ne comprenait pas pourquoi il ne fuyait pas. Il avait déjà été ivre mais il n'avait jamais recommencé ce genre d'aventure après ce qu'il s'était passé avec Von Stadt. Il n'en n'éprouvait même aucun désir. Pourtant face à Ryo, il avait envie d'y céder. Il avait l'étrange impression que ce désir ne pouvait être lié à l'alcool. Lui qui n'avait jamais désiré aucun homme commençait à éprouver une attirance irrépressible pour son ami Leurs lèvres se touchèrent. Ryo l'embrassa doucement. Il fit glisser sa langue sur les lèvres du capitaine. Celui-ci se prêta au jeu et les deux hommes se retrouvèrent à s'embrasser passionnément. Le baiser était long, affectueux, tendre. Ryo se colla un peu plus au capitaine de l'Arcadia. Celui-ci à ce contact eut un mouvement de recul qui fut balayé par son désir grandissant. Il dégagea la chemise de Ryo de son pantalon afin de glisser ses mains dessous. Hans caressa amoureusement la peau douce du jeune homme. Ryo rompit le baiser et commença à couvrir la gorge du capitaine de baisers gourmands. Il caressait de ses lèvres cette peau si douce dont le délicat parfum mettait ses sens en ébullition. Ryo comprenait de moins en moins ce qui lui arrivait. Il sentit que le désir avait commencé à atteindre son intimité. Les dés étaient jetés, il ne savait pourquoi il ressentait brusquement cela mais il ne pouvait plus résister. Harlock semblait même réceptif. Les doux baisers de l'informaticien lui étaient très agréables. Il prit le visage de Ryo entre ses mains pour l'approcher du sien. Il planta son regard dans celui du chef du gouvernement. Les yeux de Ryo étaient emplis de désir. Voyant que ce qu'il ressentait était réciproque, Hans fit tomber ces dernières inhibitions. Il embrassa Ryo fougueusement comme il l'aurait fait avec Ellie. Leurs langues s'unirent à nouveau dans une valse qui leur fit bouillir le sang. Hans serra Ryo contre lui sans cesser de l'embrasser. Malgré les violentes émotions contradictoires qu'il ressentait son cerveau lui conseilla la prudence. Il se détacha de l'informaticien.

« On risque de se faire prendre Ryo….Rappela-t-il. Si ta femme nous surprend…

- Elle n'en saura rien, soutint Ryo d'une voix douce. Elle est couchée à cette heure, cela restera entre nous, Hans.

Il se leva du canapé.

- Mais si cela peut te rassurer, il suffit de verrouiller, de mettre l'alarme en marche et d'aller dans ta chambre. Tes domestiques prennent leur service à quelle heure demain matin ?

- Ils sont en congé, avoua Harlock dont le désir était en train de prendre le pas sur la sagesse.

- Alors on monte ? Proposa Ryo en lui souriant avec douceur.

Face à ce sourire angélique, Hans succomba totalement. Ryo se rendit directement dans l'entrée après sa proposition, il s'approcha du grand escalier qu'il commença à monter calmement. Hans, quitta à son tour le salon, alla près du système de sécurité qu'il alluma pour la nuit après avoir verrouillé la porte d'entrée. Il regarda vers le long escalier, son cœur se mit à battre plus fort lorsqu'il s'aperçut que son ami semblait fermement résolu à rejoindre la chambre du capitaine. Harlock, hésita quelques secondes. Il aperçut alors Ryo qui jeta un œil vers lui en lui souriant. Ne réfléchissant plus, ayant une confiance totale envers le jeune informaticien, il monta à son tour et le rejoignit. Une fois que les deux hommes arrivèrent devant la porte, Hans s'arrêta brusquement, sa mémoire lui rappelant le calvaire qu'il avait enduré dans cette pièce. Son cœur se mit à battre à tout rompre. Ryo se doutait de la raison de l'hésitation de son ami, aussi, il s'approcha de lui afin de l'enlacer avec tendresse. Il regarda Hans dans son œil valide. Il pouvait y voir de l'angoisse, quelque chose que normalement cet homme ne connaissait pas. Ryo sentit sa haine pour le duc se raviver mais il ne montra rien. Il embrassa à nouveau Harlock qui répondit à ce baiser. Ryo faisait preuve d'une telle douceur qu'il avait du mal à croire que c'était vraiment sa première expérience dans ce domaine. Hans, le serra contre lui, il commençait à perdre pied. Le baiser de tendre passa à passionner pour devenir fougueux lorsqu'Harlock plaqua son ami contre le mur sans cesser de l'embrasser. Ryo pouvait sentir le désir qui pointait farouchement au niveau de l'intimité du capitaine. En temps normal, il aurait fui. De plus cela n'aurait jamais dû tourner de cette manière entre eux n'étant ni l'un ni l'autre attiré par les hommes mais son désir étant trop violent, il ne réfléchit plus, laissant ses sentiments s'exprimer d'une manière incompréhensible. Il tourna la poignée de la porte, poussa celle-ci avec violence. La porte heurta le mur de la chambre avec fracas alors que Ryo entraînait le capitaine de l'Arcadia dans la pièce. Il poussa la porte de son pied qui se referma brutalement. L'opération s'était faite sans que les deux amants n'aient cessé de s'embrasser. Ryo retira sa chemise et commença à déshabiller le capitaine. Leurs lèvres se séparèrent Ryo embrassa la gorge d'Harlock avec passion y laissant sa marque.

- Cela ne peut pas être ta première fois avec un homme, c'est impossible, murmura Harlock en riant.

- Pourtant c'est le cas, se défendit Ryo d'une voix douce tout en l'embrassant. Cela doit être toi qui me fais cet effet-là.

Les deux hommes étaient torse nu. Ryo se colla à nouveau à Hans alors qu'ils échangeaient un nouveau baiser.

« Oui, Hans, c'est peut être toi qui me trouble autant, pensa Ryo. Et même temps j'aimerai tellement que ta peur cesse, que tu redeviennes l'homme que tu étais sans cette angoisse qui noie ton regard. Je hais le duc, ce qu'il t'a fait. Laisse-moi te donner la tendresse et l'affection dont tu as besoin pour te reconstruire et surmonter cela. Je ne sais si c'est de l'amour mais je ne pensais pas un jour avoir ce genre de relation avec toi. Alors laisse-moi t'aimer cette nuit et tant pis si ma femme finit par me jeter après cela, décida-t-il en pensée. »

Harlock se sentait bien, cela faisait des mois qu'il ne s'était plus senti aussi bien. Il était en sécurité auprès de Ryo, il le savait. Celui-ci ne ferait jamais preuve de la moindre violence à son encontre. Il entraîna Ryo vers le lit, l'allongea en plaquant les bras du jeune homme sur le matelas. Il déposa des baisers passionnés sur sa gorge. Ryo ne se débattait pas savourant ces baisers tendres, pourtant il le sentait, Hans n'allait pas très bien. Harlock à l'idée de faire l'amour sur ce lit où le duc l'avait malmené était mal à l'aise. Il plia un peu les bras pour s'approcher, relâchant finalement ceux de Ryo qui pour le communiquer sa douceur le serra contre lui. Hans tremblait et ce n'était pas lié à la température de la pièce. Il se serra un peu plus fort, caressant les cheveux du capitaine avec tendresse. Harlock finit par se détendre, son corps cessa d'être secoué de spasmes et les corps des deux hommes se rejoignirent finalement dans une douce étreinte alors qu'ils s'embrassaient avec fougue. L'un comme l'autre, ils commençaient à éprouver un désir incontrôlable et ils achevèrent de se déshabiller. Ils se placèrent correctement sur le lit en échangeant des caresses intimes voluptueuses qui ne faisaient qu'attiser leur désir qui devint incontrôlable. Hans hésitait. C'était la première fois pour Ryo et il avait peur de lui faire mal. Il savait exactement la douleur atroce que cela pouvait provoquer.

- On ne devrait pas Ryo, tu risques de souffrir, hésita Hans.

- Ne t'inquiètes pas pour moi, ça va aller, avec toi je ne crains rien, affirma Ryo en le regardant dans son œil valide.

Hans en doutait, sans lubrification, Ryo risquait d'être déchiré au moment de la pénétration et il tenait à éviter de laisser le moindre traumatisme à cet homme qui comptait tant pour lui. Il regarda dans la pièce. Il finit par voir sur la table de nuit du lubrifiant accompagné par des préservatifs. Son cerveau, embrumé par l'alcool, la drogue et le désir qui se manifestait de plus en plus fort au point d'être à la limite douloureux, ne cherchât pas à savoir qui avait bien pu laisser tout ce matériel dans sa chambre. Pour Ryo aussi, il devenait urgent de faire calmer ce désir. Son sang commençait à taper fortement contre ses tempes. Harlock tendit le bras pour récupérer le lubrifiant et les protections. Il interrogea Ryo du regard. Le jeune homme lui sourit avec douceur en opinant du chef. Le capitaine n'hésita plus, il mit une protection qu'il lubrifia correctement. Il passa ses mains autours de la taille de Ryo, l'invitant à se coucher près de lui. Une fois allongé, celui-ci replia sa jambe gauche et Harlock commença à entrer en lui tout en s'assurant que le jeune informaticien ne souffrait pas. Ryo respira profondément lorsqu'il senti le membre du capitaine entrer en lui. Il sentait sa main appuyée sur sa taille. Hans progressait lentement pour ne pas le blesser. Le contact se fit tout en douceur ce qui conforta Ryo dans l'idée que pour Hans c'était tout sauf la première fois. La sensation était étrange, elle le fut encore plus lorsque le capitaine commença à bouger. La main de Hans quitta la taille de Ryo pour s'emparer de son intimité qu'il caressa de manière à le mener à l'extase. Les deux hommes arrivèrent au point de non-retour ensemble. Hans inconsciemment fit un suçon sur l'épaule de Ryo au moment de l'orgasme ce qui fit sourire celui-ci qui avait du mal à retrouver son souffle après les caresses voluptueuses du capitaine qui lui avaient fait perdre tout contrôle. Alors qu'ils pensaient que leur désir était calmé, ils découvrirent qu'il n'en était rien, bien au contraire. Plus ils y goûtaient plus ils en voulaient et les deux hommes firent l'amour jusqu'à l'épuisement une bonne partie de la nuit, s'endormant au bout de plusieurs autres relations intimes, enlacés l'un contre l'autre.