Chapitre 23 : Se préparer au pire
Le scandale de l'humiliation de Perravy, de Perrignac et de Von Stadt s'était répandu comme une traînée de poudres à travers la galaxie. L'aristocratie enrageait. La police se rendit sur place et le chef Chambers fut mandaté pour enquêter. Elle se rendit sur les lieux, observa l'œuvre d'art. Il n'y avait aucun dégât, tout avait été fait en douceur. Elle se rendit ensuite à l'hôpital de West Cost où les trois victimes avaient été emmenées et se retrouva face à un mur commandé par le duc de Péhant qui lui bloquait l'accès à la chambre des trois témoins. Mitchell et Aoki commençaient à en avoir plus qu'assez du comportement des aristocrates à l'égard de leur chef. Ann-Lynn n'était pas le genre de femme à céder aussi resta-t-elle plantée devant le duc et insista pour parler aux victimes.
- Ce n'est pas nécessaire, il n'y aura pas de dépôt de plainte, Assura Oscar.
- L'incident s'étant déroulé sur un lieu public, la plainte n'est pas nécessaire, Répliqua-t-elle. Maintenant, j'exige que vous me laissiez leur parler.
- Ecoutez-moi bien sale petite fouille merde obstinée, occupez-vous de vos fesses et débarrassez moi le plancher ! Ordonna Oscar méprisant.
- Veuillez reculer monsieur, menaça Mitchell en mettant la main sur la crosse de son arme.
- Vous ne régnez pas encore en maître monsieur le duc, lui rappela Ann-Lynn avec un rictus de mépris. Vous ne pouvez pas m'empêcher de faire mon boulot.
- Ce ne tardera pas, la menaça-t-il. Dès que nous régnerons les créatures de votre genre de ferons pas de vieux os !
Comme le duc n'obéissait pas, Mitchell dégaina et pointa son arme vers lui sous le regard scandalisé des aristocrates présents.
- Je vous ai ordonné de reculer monsieur ! Ordonna-t-il plus sèchement.
Oscar décida de calmer le jeu et céda. Il fit signe à ses comparses qui s'éloignèrent et Ann-Lynn put enfin aller interroger les victimes. Mitchell et Aoki attendirent à l'extérieur et les deux groupes restèrent à se regarder en chiens de faïence pendant toute la durée de l'interrogatoire. Les trois complices du massacre de Patrick Coste depuis qu'ils avaient été libérés de leurs entraves n'avaient pas prononcé un seul mot et ils regardèrent avec haine le commandant Chambers qui ne fut pas impressionnée par ces yeux menaçants.
- Bonjour messieurs, je suis le commandant Chambers, se présenta-t-elle. Je suis chargée d'enquêter sur votre agression. Pourriez-vous me dire ce dont vous vous rappelez ?
- Vas te faire foutre ! S'exclama Von Stadt.
- Il est trop tôt pour ce genre de chose, je verrais ce soir avec mon petit copain pour ça. Est-ce que l'un d'entre vos peut me dire qui vous a fait ça ? Insista-t-elle.
Les trois hommes restèrent silencieux.
- Où étiez-vous hier soir ? Insista-t-elle.
- On n'a pas besoin des flics pour régler cela alors casses-toi ! Explosa Friedrich. Je me chargerai personnellement de régler leur compte à ces trois salopes !
- Trois femmes donc ! Comment-ont elles fait pour capturer trois gaillards de l'académie militaire ?
Elle entendit des soupirs exaspérés venant de de Perravy et de de Perrignac. Friedrich s'était fait rouler comme un débutant. Ce fut à ce moment-là qu'un homme en costume cravate hors de prix fit son entrée.
- Bonjour commandant Chambers, je suis maître Plows du cabinet Warner and Plows veuillez sortir, je dois parler à mes clients.
- Vos clients ? Ironisa Ann-Lynn. Il me semblait pourtant que j'interrogeais des victimes et non des suspects.
- Commandant, je me dois d'insister, veuillez nous laisser, reprit l'avocat.
Ann-Lynn s'inclina et partit en saluant aimablement. Elle en était sûre à présent, ce n'était pas par crainte du scandale que l'aristocratie voulait étouffer l'affaire mais parce que les trois victimes avaient dû tremper dans une sale affaire. Cette humiliation était juste un retour de bâton provenant d'un crime qu'ils auraient commis.
Elle alla retrouver ses inspecteurs et ils retournèrent au commissariat de police. Avant de partir, elle vérifia à nouveau le déploiement des hommes pour la protection du capitaine de l'Arcadia et alla se renseigner auprès de l'officier des visites reçues par le capitaine. Ce fut ainsi qu'elle apprit qu'il avait reçu la visite de la jeune épouse d'Oscar de Péhant, en pleine nuit. Elle fut choquée d'apprendre que celle-ci était venue seule, apparemment en cachette de son mari. Une fois de retour au commissariat, ils filèrent à leur salle d'enquête pour décider de la manière de mener leurs investigations
- Qu'est-ce qu'on fait, commandant ? S'enquit Mitchell.
- Si les aristos ne veulent pas porter plainte, je ne vois pas pourquoi on devrait s'emmerder avec cette affaire, Répliqua Aoki. De toute façon normalement ce serait aux crimes sexuels de se charger de ça.
- Ces trois imbéciles ont sûrement trempé dans quelque chose de grave pour finir par se faire humilier de cette façon. C'est très personnel comme agression, indiqua le commandant.
- Si c'est le cas je suis d'avis de les laisser dans leur merde, proposa Aoki. S'ils ont subi ça pour un crime qu'ils ont commis je ne vois pas pourquoi on se fatiguerait pour eux.
- Je veux savoir pourquoi ces trois femmes on fait cela. Je tiens à fournir à Alfred Krieg le plus de munitions possible contre les aristocrates et si pour cela il faut fouiller les poubelles, je suis prête à le faire ! Ragea Ann-Lynn.
- Les carottes sont cuites commandant, se désola Mitchell. Ils sont à deux mois du pouvoir et même si une enquête était lancée ces salopards feraient scission. Je suis certain qu'ils ont déjà leur propre armée mais qu'ils la planquent.
- C'est plus que probable, Approuva Aoki. C'est trop tard chef. Ces salopards ont anticipé la chute du Consortium et de Gaia et grâce à cela, ils ont gagné.
- Il faut qu'on trouve où ses salopards ont passé leur soirée ! Décida Ann-Lynn.
Les deux lieutenants se regardèrent tristement. Le commandant refusait d'abandonner alors que la guerre était d'ors et déjà perdue. C'était un ultime combat désespéré que menait Ann-Lynn et ils espéraient que cela ne se retournerait pas contre elle. Ils avaient décidé quoi qu'il adviendrait de la soutenir jusqu'au bout et ils commencèrent à plancher sur leurs ordinateurs pour surveiller les mouvements bancaires des trois hommes. Mitchell découvrit leur lieu de prédilection et ils filèrent à l'Inferno. Le videur identifia deux des trois hommes et il leur raconta qu'il les avait vus partir avec une petite brune très sexy. Il reconnut qu'il était incapable de décrire son visage mais ses formes par contre il s'en rappelait parfaitement. Ann-Lynn sourit et demanda à avoir les enregistrements des caméras de vidéosurveillance puis retourna au commissariat pour les étudier. Elle les passa dans le projecteur tridimensionnel et assista à la soirée comme si elle y était. Elle vit la belle brune pulpeuse qui les avait allumés et Aoki lisant sur les lèvres retranscrit le dialogue.
- Cette femme est donc partie avec eux, constata Ann-Lynn.
Elle observa la jeune femme sur la piste de danse et assista à sa danse lascive avec les deux hommes et aux mains baladeuses de ceux-ci. Elle se concentra sur le visage et alors que les deux hommes ne pouvaient la voir, le regard de celle-ci changea un bref moment. Il était triste et méprisant. Elle fit un arrêt sur image et regarda attentivement en mordillant les branches de ses lunettes de lecture. Elle cherchait à retrouver à qui se visage lui faisait penser et au bout de plusieurs minutes, elle se figea. Son cœur se mit à battre plus rapidement dans sa poitrine et elle fila vers son bureau pour revenir avec une photo provenant de l'enregistrement d'Ellie devant la commission. Elle compara le cœur cognant fortement dans sa poitrine, pendant de longues minutes les deux images. Sur la photo de la commission Ellie était pâle, fatiguée et ne portait aucun maquillage mais c'était bien elle, Ann-Lynn en était certaine.
- Je sais de qui il s'agit, annonça Ann-Lynn, c'est Eliza Zone, j'en suis certaine.
- Elle aurait attiré ses deux-là dans un piège ! S'exclama Aoki. Qui sont ses complices ?
- Aucune idée, les trois témoins n'ont rien dit, se désola le commandant.
- Eliza Zone poursuit sa vendetta, Comprit Mitchell. Mais qu'est-ce qu'elle pouvait bien reprocher à ces trois gars ?
- Peut-être que le capitaine de l'Arcadia a la réponse, Supposa-t-elle.
- Ecoutez, s'inquiéta Mitchell. Le dernier entretien que vous avez eu avec lui c'est très mal passé. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de retourner le voir.
- Je serai très gentille je vous le promets, Insista Ann-Lynn en souriant.
Mitchell face à ce sourire enjôleur céda.
- Très bien. Tant que vous ne l'agressez pas comme la dernière fois cela devrait aller.
Ann-Lynn sortit et il dû faire face au regard furieux d'Aoki.
- Pourquoi lui cèdes-tu toujours ? Reprocha-t-il. Le chef tient à tout prix à éviter qu'elle ne l'asticote trop souvent, on va avoir des ennuis à force.
- Au point où on en est tu crois vraiment que cela va changer grand-chose ? Soupira Mitchell. On est tous en sursis, alors autant s'amuser un peu.
Aoki fut bien forcé d'admettre que cela ne lui ferait pas de mal de s'amuser un peu en asticotant un peu plus les aristocrates. Ils prirent un véhicule banalisé et filèrent à l'hôpital.
Harlock continuait à étudier les données de Ryo pour pouvoir expliquer à ses amis à quoi ils allaient être confrontés et la nécessité d'éviter l'affrontement. Il avait discrètement via sa radio en forme de crâne, contacté Toshiro pour que celui-ci quitte Amos et qu'il se renseigne à distance sur la situation des Illumidas et des fameux vaisseaux de guerre dont disposaient les aristocrates. Son équipage grâce au piratage de l'ordinateur central avait rejoint les quais en cachette et le vaisseau avait décollé en pleine nuit sans problème. Harlock reçut un appel du directeur le matin de la grande exposition, celui-ci se trouvait dans l'obligation d'expliquer au capitaine que son vaisseau avait disparu. Harlock décrocha à la cinquième sonnerie désirant terminer la lecture des données bancaires des différentes sociétés écrans impliquées dans le financement de Stanford Technical. Les investissements étaient faramineux, le trafic de drogue avait rapporté en un an plusieurs dizaines de milliards de crédits et il soupçonnait ce fabricant d'armes d'avoir des usines cachées. Après sa lecture, il tendit le bras vers le combiné du communicateur et décrocha.
- Harlock, se présenta-t-il.
- Bonjour capitaine, c'est le directeur de l'académie, Balbutia l'homme assis à son bureau qui tremblait comme une feuille.
- Qu'est-ce qui vous arrive ?
- L'Arcadia a disparu capitaine, Lâcha le directeur.
Harlock sourit, le plan avait marché et son équipage était bel et bien en train d'accomplir la mission qui lui avait demandé. Malgré tout il se devait de jouer la comédie.
- Je vous demande pardon ? Gronda-t-il.
- Nous avons eu une faille dans notre système de sécurité et l'Arcadia a disparu.
- Vous pensez peut-être qu'il s'est envolé tout seul ? S'énerva Harlock.
- Disons que nous avons été victimes d'un sabotage et il est possible que l'Arcadia ait été volé capitaine.
- Vous m'aviez assuré pourtant que l'endroit était sûr ! Cria-t-il. Est-ce que vous savez qui a piqué mon vaisseau ?
Il y eut un long silence, Harlock pouvait presque entendre le directeur trembler ce qui lui donnait envie de rire.
- Une ancienne caméra a été oubliée par les voleurs. Elle a révélé que votre vaisseau a été volé par votre équipage.
- C'est une plaisanterie ? Explosa Harlock. Pourquoi aurait-il fait cela ?
- Eh bien, ils ont peut-être choisi de reprendre leur vie de pirates, supposa le directeur en tremblant. On fera tout pour vous le retrouvez, je vous le promets !
- Je vous conseille de faire vite !
Il raccrocha sèchement et ricana en imaginant le directeur de l'académie tremblant sur son fauteuil. Entendant frapper à la porte, il ferma les fichiers puis il éteignit la tablette qu'il glissa sous son oreiller. Il autorisa les nouveaux venus à entrer et soupira en voyant le commandant Chambers accompagnée de ses deux lieutenants.
- Commandant Chambers, la salua-t-il.
- Capitaine, je suis ravie de vous voir, le salua-t-elle à son tour en souriant.
- Que puis-je faire pour vous ? S'enquit-il en soupirant.
- Veuillez m'excuser mais je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre la conversation, votre équipage vous a subtilisé votre vaisseau ? S'étonna-t-elle faussement choquée.
- Ne pourriez-vous pas directement avouer que vous écoutiez aux portes, Grinça le capitaine.
- Je suis vraiment désolée pour votre vaisseau, voulez-vous porter plainte pour vol ? S'enquit-elle en souriant.
Harlock avait envie de rire et détourna le regard pour que le commandant ne s'en aperçoive pas. Il savait que cet air faussement naïf et enjôleur de Chambers cachait un esprit vif qui trouvait la moindre faille et s'engouffrait dedans avec plaisir pour faire craquer la personne qu'elle interrogeait. Ann-Lynn vit clairement l'œil d'Harlock avoir un léger éclat et elle comprit que cette affaire de vol le faisait rire, ce qui étant donné le ton de la conversation qu'elle avait espionnée un peu plus tôt était étonnant et contredisait l'attitude du capitaine. Elle en prit note mentalement. Elle savait quel adversaire elle avait en face d'elle et elle devait se montrer des plus prudente car il ne se laisserait pas prendre facilement.
- Que voulez-vous commandant ? S'enquit-il d'une voix douce et calme.
- Je suppose que vous êtes au courant de la mésaventure qui est arrivée à trois de vos étudiants.
Harlock rien qu'en repensant à l'humiliation publique qu'avait subi ses trois pervers, avait à nouveau envie de rire.
- J'ai assisté comme tout le monde à ce lamentable spectacle, Indiqua-t-il.
- Vous les avez eu en tant qu'élève pendant un an donc vous devez bien les connaître. Quel genre d'élèves sont-ils ?
Harlock réfléchit, il hésitait à dire la vérité, après tout la police n'avait sûrement pas eu déjà accès aux livrets de scolarité de ses trois imbéciles.
- Je ne comprends pas votre intérêt pour eux, Oscar m'a assuré qu'il n'y avait pas eu dépôt de plainte, s'étonna Harlock.
- Décidément c'est une manie de sans arrêt remettre cette histoire de plainte sur le tapis, se plaignit-elle en souriant. Contentez-vous de répondre à mes questions capitaine.
- Si vous voulez avoir ce genre de renseignement, il va falloir aller fouiller leur dossier à l'académie et je pense que le directeur ne cèdera que si vous avez un mandat, ce qui, j'en suis certain, n'est pas le cas actuellement. Notre conversation s'arrête là commandant, Sourit-il.
" Sale vieux roublard, pensa Ann-Lynn sans cesser de sourire"
- Comme vous y allez ! Je m'efforce d'élucider un crime et je ne comprends pas pourquoi l'aristocratie ne réclame pas justice. Car après tout, pour Helena Svlotiania et vous ils l'ont exigé à cors et à cris au point que la police à l'autorisation d'abattre Eliza Zone. Pour moi ce mutisme ne signifie qu'une seule chose c'est que vous essayez de cacher quelque chose.
- Vous perdez votre temps, Assura Harlock.
- Je ne pense pas capitaine. Il y a quelque chose là dessous et je veux savoir ce que c'est. Je ne lâcherai pas le morceau.
Harlock eut un ricanement.
- J'ai d'ores et déjà une vidéo montrant une des trois femmes qui a participé à cette exposition artistique un peu particulière, se moqua-t-elle.
Harlock se doutait que toute cette affaire avait fait rire à gorge déployée les opposants aux aristocrates car lui-même n'avait pas pu s'en empêcher alors qu'en tant qu'infiltré il devait se retenir et se montrer prudent, n'importe qui aurait pu l'entendre s'esclaffer.
- Le coup a été fait par des femmes ? S'étonna Harlock. Maîtrisez trois hommes n'est pas une mince affaire
- Le piège était redoutable capitaine, Affirma-t-elle en sortant le disque de données contenant le fichier vidéo.
Elle se mordit la lèvre de satisfaction en constatant que le capitaine était toujours sous moniteur cardiaque. Elle allait pouvoir surveiller les réactions de son cœur car même si Harlock masquait ses émotions cet organe-là ne pouvait être contrôlé.
- Puis-je vous montrer la vidéo ? Proposa-t-elle en montrant la télévision et le lecteur avec sa main contenant le disque de données.
- Je vous en prie, mais je ne pense pas que je serais en mesure de l'identifier, Assura le capitaine.
Alors qu'elle se dirigeait vers le lecteur, le chef Patrick entra accompagné de Ryo Kimura.
- Bonjour chef, le salua-t-elle, monsieur le chef du gouvernement.
- J'ai appris que tu avais une vidéo montrant une des femmes qui ont fomenté ce crime, râla le chef, et encore une fois, tu as oublié de me faire part de tes découvertes.
- Pour l'instant je la recherche en tant que témoin, pas en tant que suspecte, Mentit-elle. Comment avez-vous su que je serais là ?
- Une vague intuition, tu sembles aimer torturer certaines personnes, se moqua-t-il.
- Je me suis montré des plus courtoises, Assura Ann-Lynn en souriant.
- C'est vrai chef, le capitaine pourra vous le confirmez, Soutint Mitchell.
- N'oubliez pas qu'il a été grièvement blessé, alors faites preuve de retenue, Rappela le chef en souriant tristement à Harlock.
Ann-Lynn lança la vidéo et zooma sur les activités d'Eliza Zone. Harlock la reconnut immédiatement. Elle avait repris un peu de poids et elle était magnifique. Son visage ne montrait rien mais son rythme cardiaque accéléra sensiblement.
- J'aimerais savoir si vous pouvez m'aider à l'identifier ? L'interrogea Ann-Lynn.
- Désolé, je ne peux pas, Soutint le capitaine, dont le rythme cardiaque augmentait en voyant Ellie draguer les deux jeunes hommes.
- Vraiment ? S'étonna Ann-Lynn tout en jetant un œil sur le moniteur cardiaque.
" Menteur ! pensa-t-elle. T'as couché avec elle pendant plus d'un an, c'est clair que tu la reconnais ! "
Le rythme cardiaque s'accéléra encore lorsqu'il vit Ellie entraîner les deux hommes sur la piste de danse. Il serra les poings inconsciemment en voyant de Perravy, profiter d'une ouverture pour glisser sa main dans le décolleté de la jeune femme.
- Faut surtout pas te gêner, Siffla le capitaine entre ses dents.
- Que dites-vous capitaine ? S'enquit Ann-Lynn qui avait parfaitement entendu.
- Je trouve leur attitude des plus inconvenantes et des plus déplacées. Ils portent l'uniforme de l'académie et ils devraient faire preuve de retenue ! Au lieu de ça j'ai l'impression de voir deux lapins en chaleur, Affirma-t-il d'un ton méprisant.
Il détourna le regard et Ann-Lynn fut satisfaite de voir le rythme cardiaque du capitaine atteindre des sommets. Le chef en voyant cela coupa l'enregistrement et éteignit la télévision.
- Je pense qu'il faudrait le laisser se reposer, Suggéra-t-il. Il est encore très faible. Sortez s'il vous plait.
Ann-Lynn les salua et sortit. Son intuition était la bonne, c'était bien Eliza Zone mais ce qui la surprit c'était l'attitude du capitaine. Il était très clairement jaloux et de la manière dont il serrait les poings, il était évident qu'il avait envie de punir ces deux hommes de s'être approchés d'elle. Elle était pensive et regarda du côté de ses deux lieutenants qui, comme elle, trouvaient cette attitude anormale.
- Tout ceci est bien étrange, Commenta Mitchell.
Aoki approuva de la tête. Ann-Lynn trouvait très surprenante cette visite. Que le chef Patrick s'inquiète de ses méthodes et vienne s'assurer qu'elle ne maltraitait pas un témoin était normal mais elle ne comprenait pas la raison de la présence du chef de gouvernement. Elle fit signe à ses deux lieutenants de la suivre et ils s'installèrent en planque pour voir combien de temps allait durer l'entretien.
Harlock dans sa chambre avait du mal à retrouver son calme.
- C'est Ellie qui les a piégés, Indiqua-t-il à Ryo.
- La jolie petite bombe c'est Eliza Zone ! S'exclama le chef en manquant de tact.
- Oui, c'est Ellie, Ragea Harlock qui avait envie de coller son poing dans la figure du chef.
- Excusez-moi mais les seules vidéos que j'ai vues d'elle ce sont celles de la commission et de son départ en exil, et elles n'étaient pas flatteuses pour elle. Est-ce que vous savez pourquoi elle aurait voulu leur faire subir cela ?
- Je sais qu'ils lui ont mené la vie dure lorsqu'elle enseignait à l'académie mais je doute que ce soit cela, Affirma Harlock.
- Alors ce serait quoi ? Insista Ryo qui se doutait qu'Harlock savait la vérité.
- Elle ne peut pas être au courant de cette affaire, Douta Harlock.
- Quelle affaire ? S'énerva le chef. Quel que soit le truc que vous cachez, Ann-Lynn le trouvera !
- Je ne cache rien. La victime a refusé de porter plainte et elle est partie en exil.
- Elle s'appelait comment ? S'enquit Ryo.
- Il s'appelait Patrick Coste, ces trois salopards l'ont tabassé dans les toilettes des hommes de leur dortoir et l'ont violé avec des objets pendant des heures, révéla-t-il. J'avais réussi à obtenir l'internement en institution psychiatrique du plus dangereux des trois mais il a été libéré sans quoi, elle n'aurait jamais pu lui mettre la main dessus.
- Ce qui veut dire que si elle sait ce qui est arrivé à cet élève, c'est que c'est un membre de la famille de ce gars qui lui en a parlé, ou Patrick Coste lui-même.
- Les étudiants ont parlé de trois femmes, Rappela Harlock.
- Donc un des membres de la famille de Patrick Coste est sa complice.
- Je vais faire ma petite enquête, Décida Harlock. Oscar me dira de quoi il retourne exactement, je vous filerai l'info après mais je ne saurai trop vous conseiller de garder Ellie en vie si vous ne voulez pas que je me lance dans une vendetta personnelle et que je m'amuse à massacrer tout le monde, Menaça Harlock en regardant le chef droit dans les yeux.
- Oh ne vous inquiétez pas pour ça, c'est fou la quantité de fausses pistes que suivent les inspecteurs, il semblerait que seule Ann-Lynn suive les bonnes, Affirma-t-il en souriant. De plus c'est la seule à vouloir la capturer vivante. Avouez que le hasard fait bien les choses. Reposez-vous bien capitaine.
Le chef le salua et quitta la chambre.
- J'aurais dû me douter qu'il ne céderait pas aux aristocrates, Souligna Ryo. Tu as pu étudier les données.
- Oui.
Ryo observa son ami et en voyant son regard triste comprit que la situation était grave.
- C'est mauvais à ce point-là ? S'inquiéta-t-il.
- J'attends que mon équipage me fournisse les dernières données et je te ferai un compte rendu détaillé. Est-ce que tu sais pour qui Chambers travaille ?
- Pour le procureur Alfred Krieg, il s'est fait muter pour venir travailler dans son secteur.
- Et on sait très bien toi et moi qu'il travaillait avec les Irréductibles.
- C'est à lui que tu veux confier le dossier, Comprit Ryo.
- On ne peut faire confiance à personne d'autre, Assura Harlock.
En voyant le regard triste de Ryo, les poings du capitaine se serrèrent. Il savait tout le temps et toute l'énergie que le jeune informaticien avait mis dans la création de cette démocratie et il savait la douleur que ça allait lui provoquer lorsqu'il lui expliquerait que tout son travail était perdu ainsi que tout ce pour quoi la Résistance s'était battue. Il lui sourit avec douceur en espérant le réconforter un peu et le sourire que lui rendit Ryo fut bien triste. Ryo plongea ses yeux dans l'œil valide du capitaine et le regard apaisant et doux de celui-ci parvint à calmer son angoisse. Il savait qu'Harlock ne lui mentirait jamais et le moment venu il se fierait à son jugement. Depuis le début de cette affaire Harlock était le seul point de repère dont il était certain, un véritable ami en qui il avait toute confiance. Quelque peu rasséréné, il prit congé et retourna au siège du gouvernement.
Ann-Lynn et ses lieutenants se regardèrent en souriant. Cette fois ci, ils commençaient à se dire que le capitaine jouait peut-être la comédie en étant du côté des aristocrates ce qui pour eux leur égaya un peu le cœur tant cette idée était réjouissante. Le commandant en voyant le visage triste et fatigué de Ryo sentit son cœur se serrer. Il était sérieusement éprouvé et elle se demandait s'il arriverait à faire barrage encore longtemps. Elle le regarda quitté les lieux puis ils retournèrent au commissariat.
Yattaran et Kei dirigeaient à tour de rôle l'Arcadia avec chacun une équipe de dix -neuf hommes. La mission était simple. Ils devaient prendre comme repère la première planète où ils avaient rencontrés des Illumidas en allant vers l'astre des Mazones et se servir des autres planètes où il y avait des traces de civilisation Illumidas pour extrapoler et déterminer les endroits possibles où il y avait de fortes chances de trouver des planètes occupées par eux. A leur grande surprise, l'ordinateur indiqua après calculs, plusieurs dizaines de planètes possibles. L'Arcadia fit route vers la première et dès qu'il perçut des signaux Illumidas, il arrêta les moteurs et envoya une sonde spatiale qui montra une planète fortement armée, entourée d'une ceinture fortifiée où étaient amarrés des dizaines de vaisseaux de guerre Illumidas. Kei regarda les images tristement, les craintes du capitaine semblaient se confirmer. Elle enregistra les données et fit faire le tour de la planète par la sonde pour avoir un bilan complet des canons au sol et des armées disponibles. L'Arcadia se dirigea vers la planète suivante et le même spectacle s'offrit aux yeux de Yattaran qui procéda à la même manœuvre que Kei. Sur les dizaines de planètes potentielles, ils en trouvèrent une quarantaine occupées par les Illumidas qui disposaient de centaines de vaisseaux de guerre et une armée de plusieurs millions d'hommes. La situation était catastrophique. La démocratie se retrouvait prise en tenaille entre les aristocrates et les Illumidas. Les deux lieutenants souhaitèrent de tout cœur que le capitaine ait surévalué les forces disponibles du côté des aristocrates car s'ils étaient aussi bien équipés, la démocratie ne pourrait faire face avec ses quatre-vingt-dix-huit vaisseaux. Kei et Yattaran souffraient tous les deux d'insomnie et les nuits passées ensemble à s'aimer pour essayer d'oublier ce qu'ils avaient vu n'arrivaient pas à les faire tomber d'épuisement. Ils le sentaient la fin était proche. Tout ce qu'ils espéraient à présent c'était ne pas mourir de manière stupide ou inutile. Ils se doutaient que le capitaine avait un plan mais il ne s'était toujours pas décidé à leur en faire part. Pour Harlock il était évident que vu que les vaisseaux qui attaquaient ceux de transports n'étaient pas ceux des exilés mais faisaient partie de l'armada des aristocrates, il était certain que ceux-ci devaient les cacher dans les astéroïdes miniers. Ils ne pouvaient être à proximité d'Amos car les satellites militaires les auraient débusqués tôt ou tard. Ils devaient donc se cacher dans une zone qui ne dépendait pas de l'ancien Consortium. Yattaran se pencha sur la carte établie par le capitaine et soupçonna la Terre de servir de caches à cette nouvelle armée. L'Arcadia se dirigea vers cette planète sous bouclier de camouflage et ils observèrent pendant plusieurs jours. Etrangement la Terre restait inhabitée. Un des aristocrates était chargé de la diriger mais elle n'était plus qu'une planète fantôme où la nature reprenait ses droits en faisant disparaître petit à petit les constructions Mazones. Yattaran envoya une sonde et scanna la planète mais ne trouva aucune trace d'une base quelconque.
- Cela ne doit pas être ici, Supposa Kei. On perd notre temps Yattaran.
- Je n'en suis pas si sûr, la technologie de notre sonde est assez obsolète et je ne pense pas qu'elle puisse être suffisamment sensible pour repérer une base camouflée par les nouvelles technologies.
- Tu n'étais pas censé la régler par hasard ? Reprocha Kei.
- Je l'ai poussée au maximum de ses capacités, se justifia-t-il. Je te demande juste un jour de plus si je ne me trompe ce ne sera pas si grave.
- Ca risque de nous faire un jour de perdu et je crains que l'on ne puisse se permettre dans gâcher beaucoup ! Rappela Kei.
Yattaran ne put s'empêcher de sourire, Kei avait raison, les jours étaient désormais comptés. Yattaran continua la surveillance en buvant café sur café et alors qu'il pensait s'être trompé, il vit brusquement jaillir de l'hyperespace un bâtiment de guerre puissamment armé qui fut suivi par des centaines d'autres. En voyant cela, Toshiro prit la commande de la barre et cacha l'Arcadia derrière la lune pour qu'aucun vaisseau, qui ne pouvait les voir grâce au bouclier, ne vienne les heurter. Chaque vaisseau disposait d'armes très impressionnantes et ils portaient en guise de pavillon les armoiries des différentes familles aristocratiques.
- Eh merde ! Se contenta de jurer Yattaran qui avait espéré jusqu'au bout que le capitaine faisait fausse route.
- C'est une catastrophe, on ne pourra pas affronter des centaines de vaisseaux aussi puissamment armés, se désola Kei. Le sort des planètes humaines de la galaxie est d'ores et déjà scellé !
Chaque membre d'équipage de l'Arcadia assista tristement à ce déploiement de force.
- Que fait-on ? S'enquit Kei. On en parle à Ryo où on avertit d'abord le capitaine.
- Harlock, Conseilla Toshiro. Je pense qu'il voudra faire son rapport lui-même à Ryo en espérant pouvoir le ménager.
- On aurait mieux fait de plier bagage dès le début, Ragea Yattaran. Le couple d'Ellie et d'Harlock ne serait pas dans cette situation si Ryo ne s'était pas acharné.
- Ryo a fait ce qu'il devait faire ! Répliqua sèchement Toshiro. C'est un homme d'honneur et de courage qui s'est battu pour ce en quoi il croyait ! Et c'est un ami d'Harlock. Il mérite tout notre respect.
Au moment où l'ordinateur s'exprimait un dernier vaisseau sortit de l'hyperespace. Il était aussi grand que le vaisseau de Sylvidra et portait les armoiries du roi Von Kiel. Yattaran siffla d'admiration.
- Son altesse ne se refuse rien, Ironisa Yattaran avec mépris.
- Tu sais ce qu'on dit ce sont ceux qui ont les plus gros vaisseaux qui ont les plus petites ! Se moqua Kei.
- Vu la taille de l'Arcadia à côté de ce monstre, Harlock doit être monté comme un cheval ! Plaisanta Yattaran en riant.
- Ca faudrait le demander à Ellie pour le savoir où lire les journaux intimes sur le Web, Proposa Kei en souriant
- Je suis pratiquement certain que tu en as lu quelques pages, se moqua Yattaran en lui faisant un grand sourire.
Kei rougit et détourna le regard, gênée. C'était vrai, elle n'avait pu résister à la tentation et elle avait appris qu'en matière de sexe, le capitaine ne manquait pas d'imagination.
Toshiro reprit les commandes de la barre et suivit la caravane de vaisseaux qui se cacha dans des mines abandonnées dans une mer d'astéroïdes assez éloignée du système solaire d'où provenaient les humains de cette galaxie. L'Arcadia dénombra huit cent trente vaisseaux sans compter celui du roi, ce qui serait impossible à abattre surtout si ceux-ci s'alliaient avec les Illumidas le temps de se débarrasser des vaisseaux de l'ancienne Résistance. Les deux géants après s'être débarrassé de la minuscule Résistance pourraient s'entredéchirer histoire de conquérir de nouveaux territoires. Il ne restait plus qu'un objectif pour terminer la mission commandée par le capitaine, trouver les usines clandestines de Stanford Technical. L'Arcadia navigua à l'intérieur de la mer d'astéroïdes et scanna les différents corps célestes pour essayer de trouver des ateliers cachés. Les résultats furent négatifs et l'Arcadia se replia vers la Terre qu'il scanna à son tour. Il n'y avait rien là aussi. Il fit cap ensuite vers Mars et trouva une usine dissimulée dans une ancienne base géante appartenant autrefois au Consortium. Il resta en observation et envoya la sonde qui scanna les bâtiments. Cette usine produisait les moteurs et rien de plus. Le PDG par précaution avait sûrement divisé toute la production pour que celle-ci soit plus facile à dissimuler. Des petites unités utilisent moins d'énergie et émettent moins de chaleur. L'usine des moteurs était dissimulée derrière une unité de production du fabricant Douceur Ouaté. Il était évident à présent que les unités de production étaient dissimulées derrière une usine de chaque actionnaire de Stanford Technical. Chacun de ses actionnaires disposant de plusieurs centaines de sites de production, les trouver toutes relevaient de l'impossible. Yattaran soupira de déception et les deux lieutenants ayant fini leur mission décidèrent de ramener l'Arcadia à son quai habituel. Ils se contentèrent de le poser sous le regard ahuri du directeur de l'académie. Ils quittèrent ensuite le bord et allèrent vers la sortie sans même jeter un regard au directeur. Celui-ci les suivit du regard puis fila téléphoner au capitaine.
Harlock décrocha au bout de plusieurs sonneries car certaines choses ne pouvaient être interrompues. Il éteignit la lumière de son WC et s'allongea sur son lit avant de prendre la conversation.
- Harlock, se présenta-t-il.
- Votre vaisseau est revenu, Annonça le directeur.
- Il est revenu tout seul ? Se moqua le capitaine.
- Non, votre équipage la ramené et ils sont partis, Révéla-t-il.
- Et vous ne leur avez rien dit, se moqua Harlock en buvant un verre d'eau. Ils embarquent mon appareil sans autorisation puis ils le ramènent et il n'y a rien qui vous surprend.
- Que voulez-vous dire ?
- Que je ne contrôle plus mon équipage. Il travaille pour les démocrates et il est possible qu'il ait été envoyé en mission ! Avertissez son altesse immédiatement ! Ordonna Harlock.
Il raccrocha. Le retour de son équipage ne pouvait signifier qu'une chose, il avait terminé sa mission. Il savait que ses deux lieutenants ne prendraient pas le risque de venir en plein jour et il patienta jusque tard dans la nuit. Comme d'habitude il prit docilement son calmant et une fois l'infirmière sortie il le jeta dans l'évier et alla regarder à la fenêtre. La ville, la nuit, était éclairée de mille feux. Le centre-ville était toujours très animé et les gens insouciants croyant qu'ils ne risquaient plus rien se promenaient tranquillement dans les rues. Il entendit la porte s'ouvrir doucement et entendit les pas de deux personnes qu'il reconnut immédiatement. Kei tenait dans sa main la tablette numérique contenant toutes les données récoltées. Elle hésita un bref instant à la donner au capitaine la serrant fortement entre ses mains, rongée par l'angoisse. Harlock se retourna et tendit sa main vers elle, elle n'avait plus qu'à s'incliner ce qu'elle fit bien tristement. Harlock consulta la tablette puis l'éteignit. Ses craintes se confirmaient. Il allait devoir en parler à Ryo et il savait très bien la déception qu'allait provoquer une telle révélation.
- Que fait-on capitaine ? Murmura Yattaran.
- Retournez auprès de Ryo et organisez la protection des membres du gouvernement et des membres de la Résistance les plus importants, Ordonna-t-il d'une voix douce et posée.
- Vous pensez qu'ils vont commencer les assassinats politiques ? S'inquiéta Kei sur le même ton que Yattaran.
- La scission est imminente, Ryo n'aura peut-être même pas le temps de lancer la procédure. Il faut envisager l'évacuation des cibles et au plus vite.
- Qu'est-ce qu'on dit à Ryo ? L'interrogea Yattaran.
- Rien pour le moment. Je vais lui en parler dès que possible.
La lune éclaira le visage du capitaine et les deux lieutenants virent toute la tristesse de celui-ci. Il allait faire de la peine à Ryo et cela le démoralisait. Lui aussi avait espéré jusqu'au bout qu'ils pourraient réussir mais il fallait accepter la dure réalité.
Ann-Lynn était fermement décidé à découvrir le fin mot de cette histoire. Elle savait qu'elle risquait de devoir faire encore quelques entorses au règlement. De retour au commissariat, elle était restée silencieuse à regarder pensivement les photos des trois victimes. Elle commençait de plus en plus à douter que ce soit de simples victimes car les inscriptions au feutre noir étaient sans équivoque. Elle voulait à tout prix savoir ce que ces trois jeunes hommes cachaient pour comprendre ce qui avait poussé Eliza Zone à agir ainsi. Elle regarda longuement le visage de Von Stadt et le regard de celui-ci lui faisait peur. Elle commençait à se demander si le jeune homme ne souffrait pas de problème psychiatrique
- Lieutenant Aoki, pourriez-vous vérifier si monsieur Von Stadt a été interné récemment ? Ordonna-t-elle sans cesser de regarder la photo de l'élève.
- Vous voulez que je pirate les ordinateurs des institutions de ce type de la ville, Proposa-t-il en souriant.
- En quelques sortes Avoua-t-elle en souriant.
Mitchell sourit et aida le lieutenant à fouiller les différentes institutions de la capitale. Au bout d'une heure ils trouvèrent l'hôpital où avait été enfermé Von Stadt
- J'ai un dossier, commandant, Annonça Aoki. Il a été interné pour des troubles sévères de la personnalité mais je n'arriverais pas à accéder au dossier. Les pare-feux utilisés dépassent de très loin mes compétences. Il nous faudrait des mandats.
- On va aller en demander au procureur, Décida-t-elle.
- Vous croyez qu'il va accepter de se mouiller ? Douta Mitchell. Jusqu'à présent il est toujours resté sagement planqué.
- On verra bien et puis il doit bien se douter que les carottes sont cuites à présent, Affirma Ann-Lynn.
Ils filèrent chez le procureur qui fut très surpris en ouvrant sa porte de les trouver là. Il les fit entrer et demanda à sa mère d'emmener ses enfants jouer dans leur chambre.
- Qu'est-ce qu'il se passe commandant ?
- J'enquête sur l'affaire de la grande exposition.
- Il me semblait qu'il n'y avait pas eu de dépôt de plainte, s'étonna le procureur.
- C'est exact, mais j'obéis aux ordres du chef Patrick qui m'a mise sur cette enquête. Il me faudrait des mandats. Un pour l'institution psychiatrique où a été interné Von Stadt, un pour chaque domicile des victimes et un pour l'académie.
- Rien que cela ! Les aristocrates vont porter plainte pour harcèlement si j'accepte ! Protesta le procureur.
- Planqué ! Siffla Mitchell entre ses dents.
- Je vous demande pardon, lieutenant ! S'énerva le procureur.
- Il me faut ces mandats ! Insista Ann-Lynn. C'est Eliza Zone qui a piégé ces trois imbéciles et je veux savoir pourquoi ! Elle n'agit jamais sans raison ! Toutes ses actions sont calculées et l'agression dont ils ont été victime et le fait qu'ils ne déposent pas plainte montrent qu'ils cachent quelque chose ! Il est temps d'agir monsieur le procureur !
- Vous êtes certaine que c'est Eliza Zone ?
- Oui. J'ai montré la vidéo des caméras à Harlock et j'ai vu sa réaction lorsqu'il la vu cela ne fait aucun doute, c'est elle ! Assura-t-elle fermement.
- Quelle réaction a-t-il eu ? Se moqua le procureur.
- Aussi surprenant que cela puisse paraître, il était jaloux, Indiqua Ann-Lynn. Il ne supportait pas de voir de Perravy et de Perrignac la peloter !
Le procureur eut un ricanement.
- Je sais vous allez encore me rappeler l'affaire Harlock/Péhant mais étrangement alors que je l'interrogeais le chef Patrick est arrivé avec un invité surprise, Indiqua-t-elle en souriant.
- Qui ? S'enquit le procureur intrigué.
- Ryo Kimura et ils sont restés longtemps après notre départ. Je le sais parce que je les ai espionnés, avoua-t-elle.
- Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien lui vouloir ? S'étonna le procureur.
- Ryo Kimura et lui étaient amis pendant la guerre. Dites-moi vous croyez qu'Harlock est capable d'aller jusqu'où pour aider un ami ? L'interrogea Ann-Lynn.
Le procureur horrifié se remémora les photos faites du baiser entre le duc de Péhant et Harlock et commença à s'inquiéter. Ils avaient Peut-être tous fait fausse route sur l'attitude d'Harlock et la volonté de Kimura d'arrêter la progression des aristocrates. Il prépara les papiers et les donna à Ann-Lynn.
- Menez cette enquête jusqu'au bout. Je veux moi aussi connaître le fin mot de cette histoire ! Décida-t-il fermement.
Ann-Lynn décida de se rendre immédiatement à l'hôpital psychiatrique.
