Chapitre 70 : Secousse sismique chez les aristocrates.
Oscar regardait figé, les tours qui s'étaient effondrées sur elles-mêmes. Il avait mis un mouchoir devant sa bouche et son nez pour ne pas respirer les poussières qui continuaient à flotter. Les robots de nettoyage de la ville étaient arrivés rapidement sur les lieux et commençaient à assainir l'air avant l'arrivée des forces de l'ordre et des secours. L'un des rares tueurs de l'organisation qui avaient été épargnés restaient auprès de lui alors que les trois autres parcouraient les rues adjacentes pour s'assurer qu'Ellie et ses amies n'étaient pas restées en embuscade guettant la moindre opportunité pour finir le travail.
" Eliza Zone », pensa Oscar toujours adossé à son arbre protecteur.
L'image de la jeune femme lui revint en mémoire. Elle lui avait fait une forte impression. Ses longs cheveux châtains flottant au vent et cette tenue en cuir noir qui mettait ses formes en valeur avaient bouleversé son âme. Depuis qu'il avait travaillé pour Aristote Zone il avait gardé une tout autre image d'Ellie. A l'époque elle portait des pantalons de mailles tout sauf élégants et des pulls trop larges. Elle ne se maquillait jamais et son regard laissait tout le monde indifférent comme si elle était ailleurs. Mais la femme qu'il avait trouvée en face de lui, lui avait fait bouillir le sang d'excitation tout comme le faisait Harlock. Ellie devait avoir trente-cinq ans à présent et la maternité n'avait pas endommagé ses charmes. En visualisant la jeune femme le cœur d'Oscar s'emballa. Elle n'avait rien à voir avec la prude fille du roi, c'était une femme sensuelle et sauvage. Il sourit en se demandant si c'était sa liaison avec Harlock qui l'avait rendue comme cela ou si elle avait toujours caché sa vraie nature sous une épaisse carapace que la mort de ses enfants avait brisée pour l'exposer au grand jour.
Progressivement l'air devint plus clair, les particules en suspension avaient pratiquement toutes été absorbées et il vit les véhicules de police arriver au loin avec les véhicules de secours. Oscar doutait fortement que qui que soit d'autre que lui s'en soit sorti. Eliza Zone n'avait pas fait dans le détail et son action allait bouleverser le monde aristocratique. L'air redevint finalement respirable et Oscar rangea son mouchoir. Il regarda son élégante tenue qui était couverte de poussière et ne put s'empêcher de rire. Lui qui avait toujours soigné son apparence pour se présenter devant son souverain, se trouvait dans un bien triste état. Il cessa de s'appuyer et se dirigea vers son roi d'un pas calme et mesuré. Ses mains malgré cela tremblaient encore un peu. Il avait vu la mort de très près et cela lui avait provoqué une terrible poussé d'adrénaline qui allait le laisser épuisé d'ici quelques minutes.
Von Kiel en descendant de sa voiture vit ce qu'il restait des trois tours, abasourdi.
- Où est mon gendre ? S'enquit-il en regardant le tueur qui avait ouvert sa portière.
- Il arrive votre altesse, Indiqua l'homme en lui montrant un homme couvert de poussière grise qui s'approchait de lui.
- Mon Dieu ! S'exclama-t-il en voyant le triste état d'Oscar.
Oscar arrivé devant le roi mit un genou à terre.
- Bonsoir votre altesse, le salua-t-il d'une voix blanche.
- Relevez-vous Oscar, Ordonna le roi d'une voix douce.
Le ton qu'avait employé le duc pour le saluer l'inquiéta fortement. Il n'avait jamais vu Oscar avoir peur de quoi que ce soit, et à présent qu'il sentait de la crainte en lui, le roi s'inquiéta fortement de la dangerosité d'Eliza Zone et de ses amies. A la grande surprise d'Oscar qui avait pensé avoir réussi à garder une certaine dignité le roi le saisit par la taille et le força à s'appuyer sur lui. Les deux hommes s'éloignèrent. Le roi pouvait sentir son gendre trembler ce qui le paniqua complètement.
- Je vais bien votre altesse, Protesta Oscar.
- Permettez-moi d'en douter, le contredit le roi, vous tremblez comme une feuille.
- Ce n'est rien, c'est l'adrénaline, Soutint le duc qui commençait à avoir du mal à avancer. Eliza Zone est déterminée à nous faire payer la mort de ses petits et rien ne l'arrêtera.
- Il faut qu'on trouve le moyen de se débarrasser d'elle ! Ragea le roi.
- Vous l'auriez vue votre altesse, sur ce mur, elle était magnifique ! S'exclama Oscar admiratif. Elle était comme une déesse de la mort venue nous chercher pour nous emmener dans le royaume des ombres !
- Je pense qu'il faut que vous voyez un médecin, s'inquiéta le roi.
- Je vais bien, Assura Oscar. Je sais que vous devez penser que je délire pour dire cela mais ce n'est qu'une simple constatation. Elle ne nous lâchera jamais.
- On va devoir faire scission plus tôt que prévu, Décida le roi. Elle ne pourra pas nous atteindre lorsque nous serons à bord des vaisseaux de guerre.
- Il faut maintenir les assassinats, Insista Oscar.
- Je sais ! Il vaut mieux se débarrasser des fortes têtes dès maintenant. Je vais mettre un tueur sur le dos de Ryo Kimura dès à présent.
- Je veux que vous me laissiez me charger d'Eliza Zone, Exigea Oscar.
- Elle est très dangereuse, Désapprouva le roi.
- Je le suis moi aussi, Sourit Oscar. Elle est à moi !
- Comme vous voudrez, Accepta le roi. Je vous laisserai vous charger d'elle. A présent vous allez monter dans une ambulance et vous rendre à l'hôpital. Je vais prévenir chez vous pour que l'on vous fasse porter des vêtements de rechange.
Le roi accompagna Oscar jusqu'à l'ambulance et les secouristes le prirent en charge en le mettant sous oxygène. La tension du duc était très élevée et ils le firent s'allonger. Ils fermèrent ensuite les portes et firent route vers l'hôpital de West Cost. Alors que l'ambulance l'emmenait toute sirène hurlante, Oscar commença à réfléchir à un plan qui lui permettrait de capturer Eliza Zone et de le cacher au roi Von Kiel. Pour Oscar il était évident qu'Ellie avait un tempérament de feu bien plus intéressant que la gentille et naïve Isabelle. Elle lui donnerait une descendance beaucoup plus intéressante et sûrement beaucoup plus forte que celle que pourrait lui donner la fille du roi. Lui qui avait fait une idée fixe sur Harlock était tombé sous le charme de l'ancienne maîtresse de celui-ci et il comptait bien pouvoir avoir les deux pour son plaisir personnel mais avant tout cela il fallait arriver à la capturer ce qui ne serait pas une mince affaire.
" De toute manière, si elle veut ma tête, elle viendra la chercher d'elle-même et elle sera à moi », Pensa-t-il en souriant.
Le roi avait demandé à son chauffeur de suivre la limousine jusqu'à l'hôpital. Il avait prévenu sa fille de l'accident et celle-ci enragea à l'idée qu'Eliza Zone ait loupé son coup. Elle cacha sa déception à son père et fit route à son tour vers l'hôpital en emportant des vêtements de rechange.
Le chef Patrick arriva à son tour et observa les vestiges des trois gratte-ciel que les chiens renifleurs s'acharnaient à fouiller en espérant retrouver des survivants. Il attendait patiemment assis sur le capot de sa voiture. Les pompiers spécialisés dans ce genre de catastrophe fouillaient eux aussi les décombres en espérant trouver des rescapés en se créant des passages dans les gravats. Le chef regardait ce spectacle de désolation en se disant qu'Ellie était prête à tout pour vaincre et que les aristocrates seraient prêts à tout pour l'éliminer. Il regarda sa montre, l'unité d'Ann-Lynn tardait à arriver Il regarda vers le ciel et vit des myriades de mini vaisseaux de la presse avec à leur bord journalistes et caméramans en train de filmer ce champ de ruines. Les commentaires devaient aller bon train et il poussa un soupir de lassitude. Il se demandait quels tissus de mensonges les chaînes tenues par les aristocrates allaient colporter. Les véhicules du médecin légiste et de l'unité d'Ann-Lynn arrivèrent enfin et se garèrent à proximité des barrières installées par les premiers policiers. Ann-Lynn s'approcha de son chef tout en regardant ce spectacle effarant. Aoki et Mitchell la suivaient de près craignant pour sa sécurité. Ils se doutaient qu'ils étaient tous les trois sur la liste noire des aristocrates et ils avaient décidé de veiller les uns sur les autres, en attendant la suite des évènements. Ils avaient eu beau s'acharner depuis la requête du capitaine, il n'y avait aucune trace d'Ann Cutler, d'Eliza Zone ou de Sandy Brooks. Ils avaient pourtant sillonné les quartiers chauds et interroger tous les vendeurs de faux papier, ils n'avaient rien trouvé. Elles s'étaient complètement mêlées à la population et chaque fois qu'elles commettaient une action, elles ne laissaient rien qui permettait de remonter jusqu'à elles. Arrivée à la hauteur de son chef elle le salua en souriant et celui-ci lui répondit par un pâle sourire.
- On sait qui a fait le coup ? S'enquit-elle.
- D'après toi ? Ironisa Patrick en mettant ses mains sur sa taille et en se tournant vers les restes des gratte-ciel.
- C'est une blague ? Demanda-t-elle estomaquée. Elles ont fait sauter trois immeubles ! On a des survivants ?
- Pour l'instant un, Oscar de Péhant. Il s'en est sorti avec quelques blessures superficielles, Indiqua le chef.
- Il a une chance de cocu ce mec, se moqua Mitchell.
- Est-ce qu'on est sûr que ce sont elles ? Insista Ann-Lynn.
- De Péhant est formel, il a vu Eliza Zone appuyer sur le détonateur du toit de l'immeuble d'en face du salon panoramique.
- Est-ce quelqu'un a vérifié les enregistrements des buildings alentours.
- Pour l'instant non, on s'est contenté de sécuriser la zone, Révéla le chef. Je te charge de l'enquête !
- Euh. Tu sais les aristocrates ne m'aiment pas beaucoup, protesta-t-elle. Ils ne répondront jamais à mes questions
- Je m'en fiche ! Tu fais ton boulot et c'est tout ! Comme tu as fait pour le procureur Alfred Krieg.
- Je suis désolée, s'excusa-t-elle. Mais je ne savais pas à qui me fier.
- Ne t'en fais pas pour ça, la rassura-t-il. Tu nous as fourni beaucoup d'éléments sur eux alors continue à faire comme tu as toujours fais.
- Le bulldozer, Comprit-elle en souriant.
- Tu ne voudrais pas qu'on disparaisse sans faire au moins un magnifique baroud d'honneur ? Plaisanta le chef. C'est là probablement la dernière occasion qui nous est offerte de les emmerder un maximum alors autant s'éclater !
Elle eut un rire d'incrédulité ainsi que les deux lieutenants. C'était la première fois que leur chef agissait de la sorte. Il s'écarta et les invita de la main à entrer sur les lieux du crime. Elle le remercia et les trois policiers entrèrent dans le périmètre. Le médecin légiste était venu avec plusieurs fourgons se doutant que très peu de personnes avaient pu en réchapper.
Il sortit son matériel et se mit en tenue avant de pénétrer à son tour sur la scène de crime. Le lieutenant Aoki téléchargea sur sa tablette numérique une matérialisation tridimensionnelle des lieux avant la destruction des gratte-ciels et la montra au commandant qui repéra l'immeuble où Eliza Zone devait être postée. Elle leur fit signe et ils se rendirent vers celui-ci. Alors qu'ils contournaient le gratte-ciel, ils trouvèrent une masse sanguinolente sur le sol. Ann-Lynn passa ses gants et s'approcha du corps. Il s'agissait d'une femme blonde assez jeune qui portait une tenue de camouflage avec un gilet pare-balle. Le lieutenant Mitchell prit son téléphone et appela le médecin légiste. Ils attendirent son arrivée et celui en voyant l'état du corps le manœuvra avec précautions. Il fouilla les poches de la veste en douceur.
- Natacha Gdansk, annonça-t-il en lisant les pièces d'identité de la tueuse. Profession, garde du corps.
- Elle devait faire partie des nombreux gardes du corps embauchés par les aristocrates pour assurer leur protection, supposa Mitchell.
- Ca n'a pas été très efficace, Commenta le médecin. Le corps est en piteux état mais on dirait que la mort a été causée par la chute.
Il regarda au niveau des bras et souleva les manches au niveau des poignets.
- Un lien en plastique, révéla-t-il. Ce n'est pas ordinaire. Regardez, elle a un tatouage au niveau de l'intérieur du poignet droit, on dirait un lion debout sur ses pattes arrière tenant une épée.
- Vous êtes sur ? S'étonna Aoki.
- Certain, Soutint le médecin légiste en prenant une photo du tatouage. Cette femme a été attachée et balancé du haut du gratte-ciel.
- J'ai déjà vu ce genre de tatouage commandant, Indiqua Aoki.
- Où ça ? S'étonna Ann-Lynn.
- Tout de suite après la guerre, la Résistance a fait circuler un fichier montrant les marques distinctives des troupes armées du Consortium et de Gaia pour qu'on les retrouve.
- Je n'en ai jamais entendu parler, Avoua Ann-Lynn choquée de sa propre ignorance.
- Parce que les fichiers n'ont été en circulation que deux trois jours sur le net de la police, ensuite bizarrement ils ont disparu et les aristocrates ont fait pression pour que la police ne perde pas son temps à les rechercher. Ce tatouage est celui porté par les troupes d'élite du Consortium, ceux chargés de la sécurité des hauts dirigeants comme Aristote Zone. Ils ont supprimé les fichiers car ces salopards travaillent pour eux à présent.
- Ou peut-être qu'ils collaborent toujours avec le Consortium. La chasse aux sorcières consistant à faire exiler les familles des politiciens était une simple diversion. Les gens comme Aristote Zone se moquent de leur famille. Ils s'en servent comme des pions qu'ils sacrifient au gré de leur besoin. Est-ce qu'il a d'autres choses que vous pouvez nous apprendre docteur ?
- Je ne suis pas certain mais je pense qu'elle s'est battue violemment avant sa chute, Supposa le médecin. Vous allez devoir attendre les résultats de l'autopsie pour en avoir confirmation.
Le médecin observa ce qui restait du visage et eut un rire d'incrédulité.
- Je n'arrive pas à le croire ! Elle a été bâillonnée pour que personne ne l'entende hurler pendant la chute ! Je ne sais pas qui a fait le coup mais il ou elle devait avoir de la haine en lui et être vachement prévoyant !
- Très bien, accepta Ann-Lynn. On poursuit notre fouille des lieux. Quelque chose me dit qu'on va encore trouver des cadavres.
- Je suis à votre entière disposition, Sourit le médecin légiste en la saluant.
Elle lui rendit son sourire et ils arrivèrent dans le hall d'accueil de l'immeuble. Les codes semblaient toujours actifs ce qui laissait supposer que si une des trois complices était venue ici, elle devait avoir du temps devant elle pour pouvoir tout remettre en marche. Ann-Lynn appuya sur le bouton d'urgence et une sexaroide dernière génération vint leur ouvrir. Le commandant Chambers présenta ses papiers et fut autorisée à entrer. L'être artificiel l'emmena dans le local de sécurité où Ann-Lynn visualisa les enregistrements vidéo de la nuit. Elle vit distinctement Eliza Zone entrer, pirater les caméras puis prendre l'ascenseur dans une tenue très près du corps en cuir noir. Oscar de Péhant ne s'était pas trompé, c'était bien Eliza Zone avec ses complices qui avaient fait le travail. Le lieutenant Aoki récupéra les enregistrements et ils montèrent jusqu'au toit où ils découvrirent le deuxième corps abattu d'une balle en pleine tête. Mitchell passa des gants et souleva les manches et montra le tatouage au commandant Chambers.
- Donc Eliza Zone a fait la peau à deux membres des troupes d'Elite du Consortium...Eliza Zone fille d'Aristote Zone ancienne ingénieur de Gaia, devenu archéologue spatiale lorsqu'elle a découvert l'Arcadia se bat mieux que les troupes d'élite de son père, Douta Ann-Lynn.
- Vous oubliez les deux années à bord de l'Arcadia, Ajouta Mitchell.
- Sans compter qu'elle a été grièvement blessé pendant la guerre sans que l'on nous ait dit ni comment ni pourquoi, l'appuya Aoki.
- Pas faux, accorda Ann-Lynn. Il y a beaucoup de zones d'ombres au niveau de cette femme. Indiquez au médecin légiste qu'on a un nouveau corps pour lui. C'est quand même étrange cette différence de traitement entre les deux victimes. On dirait qu'Eliza Zone a passé du temps à se battre avec Natacha Gdansk.
- Elle a peut-être réussi à avoir le premier garde par surprise mais Natacha s'est méfiée et elles se sont battues, Proposa Mitchell.
Le lieutenant Aoki balaya le sol de sa petite lampe de poche et remarqua un objet métallique noir. Il passa des gants en latex puis il sortit un sac plastique destiné aux pièces à convictions. Il s'approcha de l'objet et vit qu'il s'agissait d'une arme démontée qui était cachée par le muret de séparation. Il sortit sa poudre pour empreinte et passa la crosse au pinceau pour faire apparaître les empreintes qu'il scanna ensuite. Il emballa l'arme et l'apporta au commandant Chambers. Il lui donna le sac puis scanna les empreintes de la deuxième victime qu'il compara à celles de l'arme.
- Les empreintes ne correspondent pas, Indiqua-t-il.
- C'est peut-être une des armes d'Eliza Zone cela expliquerait pourquoi elle n'a pas abattu l'autre d'une balle en pleine tête comme pour celui-ci, Supposa Mitchell.
Ann-Lynn observa le corps et souleva la veste. Elle trouva l'arme du garde et la récupéra. Elle les compara de longues minutes.
- J'en doute lieutenant, Assura Ann-Lynn en regardant attentivement les deux armes. Ce sont les flingues qui ont été construit par Stanford Technical en exclusivité pour les troupes d'élite du Consortium.
- Le patron de Stanford Technical était dans l'immeuble, Rappela Aoki.
Mitchell eut un gloussement de contentement. Ann-Lynn ne put s'empêcher de sourire. Il était vrai qu'aucun d'entre eux n'allait regretter la mort des personnes qui se trouvaient dans l'immeuble. Le médecin légiste arriva peu après et observa le corps. Il sortit les papiers et les donna à Ann-Lynn.
- Greg Cushing, garde du corps, Annonça-t-elle en souriant. Je sens que je vais me régaler avec cette enquête !
- Pas de lutte, une balle en pleine tête, Indiqua le médecin.
- Vous pouvez l'embarquer, Autorisa Ann-Lynn.
- Ce sera plus facile qu'avec celui du rez-de-chaussée. On en est à récupérer certains morceaux à la petite cuillère, Plaisanta-t-il.
Il ne put s'empêcher de rire en voyant la mine écœurée des trois policiers. Ceux-ci redescendirent et passèrent aux deux immeubles suivants. Ils trouvèrent sur le toit de chacun d'eux, deux gardes abattus simplement d'une balle dans la tête. Ann-Lynn savait qu'elle devait obtenir certains renseignements aussi Décida-t-elle malgré l'heure tardive de rendre une visite au capitaine de l'Arcadia. Elle prévint le chef Patrick de ses intentions qui décida de les accompagner. Il prévint aussi Ryo Kimura mais celui-ci était déjà auprès de son ami à regarder les événements à la télévision.
Ryo, dès qu'il fut au courant de la destruction des immeubles se rendit immédiatement au chevet de son ami. Harlock l'accueillit avec un faible sourire. il était rongé par l'angoisse et commençait à s'impatienter dans son appartement médicalisé de l'hôpital de West Cost. Il avait reçu un appel du roi qui lui avait indiqué qu'Oscar avait été emmené à West Cost en état de choc. Les deux hommes regardaient sur l'écran géant du salon, les exploits d'Ellie et de ses amies tout en vidant chacun un verre de red bourbon pour encaisser le choc.
- C'est impossible, ma douce Ellie, Murmura Harlock dont le cœur s'emballait.
Ryo baissa la tête de honte. Il regrettait de s'être acharné ainsi. S'il n'avait pas autant insisté pour tout tenter pour contrer les aristocrates Ellie serait restée le pur et doux amour d'Harlock, celle qui avait su lui faire remonter la pente et lui donner tant d'amour qu'il arrivait à nouveau à s'ouvrir aux autres. Il était au bord des larmes en voyant le visage si triste de son ami. Il vida son verre d'un trait et bondit de son siège en entendant la porte du petit appartement s'ouvrir. Il se plaqua contre le mur et Harlock se leva pour aller voir qui venait lui rendre visite par une heure aussi avancée. Ryo poussa un soupir de soulagement en entendant les voix du chef Patrick et de Chambers. Il retourna s'asseoir et attendit que tout le petit monde soit entré et installé sur les canapés. Ann-Lynn regarda tristement le capitaine de l'Arcadia qui retournait s'asseoir.
- Je suis sincèrement désolée de venir vous déranger en ces heures plutôt difficile mais j'ai quelques questions à vous poser capitaine ainsi qu'à vous monsieur Kimura, s'excusa-t-elle d'une voix douce et sincère.
Harlock la regarda surpris. Le commandant avait finalement laissé tomber le masque et se décidait à jouer franc-jeu avec eux.
- Qu'est-ce que vous voulez savoir ? L'invita-t-il avec douceur.
- Est-ce que votre petite amie sait se battre ?
- Normalement non, Douta Harlock.
Il regarda du côté de Ryo et vit celui-ci pâlir sous le coup de l'émotion. Il savait qu'il avait une grande part de responsabilité sur ce qu'était devenu la femme qu'il aimait aussi se contenta-t-il de regarder son ami avec douceur.
- Est-ce qu'Ellie a appris à se battre Ryo ? S'enquit-il calmement.
- Oui, avoua celui-ci d'une voix blanche. Lorsque tu l'as plaquée elle m'a proposé d'infiltrer le palais de Sylvidra pour essayer de sauver Mark en lui faisant prendre mes anti-nanos et de trouver les cibles à détruire en priorité pour nous assurer la victoire...
Ryo se tut et se servit un autre verre qu'il vida d'un trait. Il ne pouvait plus cacher la vérité à Hans et il savait qu'il allait lui provoquer une douleur atroce.
- Et ? Insista Harlock.
- Elle a appris à tirer au revolver avec le général Martin ainsi qu'à se battre.
- Comment a-t-elle été blessée ? Demanda Ann-Lynn.
Ryo regarda vers Harlock et vit son œil valide s'envahir de tristesse. Il devait déjà se douter de la réponse.
- On ne tenait à prendre aucun risque, alors le jour de la bataille, quelques heures avant, je me suis fait parachuter à l'intérieur de l'ancienne usine où Ellie travaillait. On s'est chargés de la détruire ainsi que la totalité des vaisseaux installés dans la base militaire terrienne. C'est pour cela que tu n'as trouvé qu'une cinquantaine de vaisseaux face à nos forces. On a fait sauter aussi le siège de commandement de la flotte de Gaia. Il ne nous restait plus qu'à trouver des renseignements sur le virus On est allé dans le laboratoire de recherches de Sylvidra et on a trouvé ce que l'on cherchait mais une troupe nous est tombée dessus. Ellie a été grièvement blessée pendant l'explosion de la porte.
- Dans ce laboratoire est-ce qu'il y avait une femme dans un tube ? S'enquit Harlock d'une voix blanche.
Ryo ne répondit pas et baissa la tête. Le cœur de Hans s'emballa. Il eut envie de vomir en se rappelant la marre de sang dont il avait prélevé un échantillon pour analyse. Il fila aux toilettes rendre la totalité de l'alcool qu'il avait bu. Il se rinça ensuite la bouche et se passa de l'eau sur le visage. Ses larmes se mirent à couler et il resta plusieurs minutes, penché au-dessus du lavabo à les laisser couler. Il savait à présent pourquoi Ellie avait toujours éludé la question. Elle ne voulait pas qu'il soit en colère après Ryo car s'était de son propre chef qu'elle avait proposé ce plan d'action au responsable de la Résistance et celui-ci craignant qu'Harlock ne les trahisse avait accepté. De quel droit en voudrait-il à Ryo alors qu'il aurait dû tout simplement emmener Ellie de force mais en même temps si elle n'avait pas fait ce choix-là, les troupes de la Résistance aurait eu une centaine de vaisseaux en face d'elle commandés par des troupes surentraînées alors que les rebelles disposaient en grande majorité de troupes inexpérimentées. Ellie avait fait le choix qui s'imposait mais cela lui déchirait le cœur. Voyant que son ami s'attardait dans la salle de bain, Ryo vint aux nouvelles et vit des larmes rouler sans discontinuer le long de sa joue et tomber dans le lavabo. Il referma la porte derrière lui et s'approcha d'Harlock.
- Elle a fait le choix qui s'imposait Hans, Tenta-t-il pour le consoler. Elle s'en est sortie. On finira par la récupérer j'en suis certain.
- Je sais qu'elle a fait le bon choix mais je m'en veux tellement. Ellie en restant avec moi a perdu sa pureté et sa douceur. C'est mon âme maudite qui la corrompu ! Se désola-t-il.
Ryo en entendant cela serra les poings de colère.
- Je t'interdis de dire cela! Gronda-t-il. Tu es quelqu'un de bon et de généreux et non pas un être corrompu !
Il saisit Harlock par surprise et le serra contre lui.
- Sans toi, on serait tous morts à l'heure qu'il est, lui rappela-t-il doucement à son oreille. Je suppose que tout est perdu et que c'est pour cela que tu tardes à me dire la vérité sur l'étendue des pouvoirs des aristocrates. Lorsque tu seras prêt à tout me dire je me fierai à ton jugement car je sais qu'il sera guidé par la sagesse et la bonté. Alors s'il te plait ne viens plus jamais me dire que ton âme est corrompue parce que c'est faux !
Harlock laissa tomber sa tête sur l'épaule de son ami de lassitude. Il se sentait si fatigué. Il aurait tant voulu empêcher les mains d'Ellie d'être couvertes de sang. Ces mains qu'il avait si souvent embrassées lorsqu'il s'unissait à elle, qui avaient pris soin avec tant d'amour de leurs jumeaux. Il se demandait à quel point Elle avait changé et son cœur saigna en revoyant le sourire épanoui de la jeune femme à la naissance de leurs bébés. Harlock resta ainsi plusieurs minutes pour se calmer puis il finit par se ressaisir. Il s'éloigna du chef du gouvernement et prit une serviette pour s'essuyer le visage. Ryo retourna dans le salon et s'assit sur le canapé. Une journaliste de Trash TV commentait la situation.
- Comme je vous l'annonçais un peu plus tôt et comme vous pouvez le voir sur ces images tournées en direct, Eliza Zone aidée de ses complices Ann Cutler et Sandy Brooks a fait sauter trois gratte-ciel du centre économique de la capitale. Il ne reste rien du Mauser building ainsi que de celui des industries spatiales Marston et de celui où se trouvait l'un des pôles de direction de « Douceur Ouatée ».Les secouristes pour le moment n'ont retrouvé aucun survivant. Ils ont pu extraire des décombres les corps d'Ernest Mauser, de sa secrétaire Allison March, d'Arthur Miller et du duc Von Schwarzwald. La police dispose du témoignage d'Oscar de Péhant qui a pu quitter le gratte-ciel à temps. Celui-ci a révélé aux enquêteurs avoir distinctement vu Eliza Zone appuyer sur la télécommande de la mise à feu des explosifs du gratte-ciel qui se trouvait en face du salon panoramique. Le système de sécurité mis en place par les aristocrates n'a pas fonctionné et la fille d'Aristote Zone a massacré pratiquement la totalité des gardes du corps. Elle a assassiné froidement les gardes postés sur les toits des gratte-ciel qui se trouvaient autours de ses cibles ainsi qu'une trentaine de garde du corps qui sont morts ensevelis sous les décombres. La police soupçonne fortement Eliza Zone d'être venu orchestrer une vendetta personnelle liée à son exil forcé tout comme ses complices. La population doit se montrer extrêmement prudente. Si vous les localisez n'intervenez pas et appelez immédiatement la police. Ces femmes sont armées et dangereuses.
Harlock fut de retour dans le salon au moment où la journaliste finissait sa diatribe. Il retourna s'asseoir calmement et les policiers l'observèrent. Le chef Patrick s'inquiétait de plus en plus. Même si le capitaine essayait de cacher ce qu'il ressentait il n'y parvenait pas totalement et il prouvait l'état de profonde tristesse de celui-ci. Il n'était pas loin du désespoir et Roger enrageait à l'idée que les seuls policiers fiables dont il disposait n'avaient trouvé aucune piste.
- Est-ce que vous vouliez savoir autre chose ? S'enquit Harlock calmement.
- Non, mais je vous invite à vous montrer très prudent, Suggéra Ann-Lynn. Je dois dire que ses réactions me font peur et je ne sais pas jusqu'où elle serait prête à aller pour vous éliminer.
- Elle ne s'en prendrait jamais à des innocents, Assura Harlock. Elle ne tentera rien contre l'hôpital.
- Rien ne l'empêcherait de l'infiltrer, Insista-t-elle. Je vais rajouter des hommes supplémentaires. Votre sortie est prévue pour quand ?
- Pour Lundi prochain, Indiqua Ryo.
- Il faut dès à présent que je réfléchisse au moyen de vous faire sortir d'ici sans qu'elle ne puisse vous atteindre.
- Et si je servais d'appât pour la capturer, Proposa Harlock.
- Hors de question ! Décida Ann-Lynn fermement. Elle sait tirer avec un fusil longue distance et se servir d'explosif. Ce serait beaucoup trop dangereux, vous auriez toutes les chances de vous faire tuer. Elle trouverait automatiquement une faille et je veux au moins pouvoir garder l'un de vous deux en vie.
- Cela veut-il dire que vous sacrifiez Ellie ! Cracha Harlock en colère.
- Je suis désolée capitaine mais je ne pense pas que l'on arrivera à la récupérer vivante, Douta le commandant Chambers sincèrement désolée par la situation.
- A ta place je ne fonctionnerais pas comme ça, Objecta le chef Patrick. Elle n'a toujours pas fini le travail, le duc de Péhant en a réchappé, tôt ou tard elle voudra se charger de lui. Si on suit le duc on n'arrivera à la récupérer. Tout ce que l'on a à faire c'est à se servir du duc comme appât.
- Il ne faut pas qu'il se fasse tuer, Soutint Harlock.
- Ce ne serait pourtant pas une grosse perte, affirma le chef étonné.
- Je suis d'accord avec vous mais la situation serait explosive si il lui arrivait quelque chose, Révéla Harlock calmement..
- Pourquoi ? S'étonna Ryo.
- Je t'expliquerai plus tard, Décida Harlock gêné.
- Nous allons prendre congé et retourner sur la scène de crime, les salua Ann-Lynn.
Les policiers se levèrent et au moment où ils allaient sortir du salon la porte d'entrée s'ouvrit et le duc de Péhant entra.
- Salut Hans, c'est moi ! Annonça-t-il en retirant sa veste. Il la mit sur le portemanteau puis il passa plusieurs minutes à réajuster sa tenue en se regardant dans la glace de l'entrée. Harlock bondit du fauteuil et fit entrer en silence tous ses invités dans la mini cuisine qui jouxtait le salon où ils s'entassèrent tant bien que mal. Hans récupéra les verres usagés qu'il empila et tendit à Ryo puis il referma la porte et retourna s'asseoir comme si de rien n'était Les cinq invités entassés comme des sardines essayaient de rester silencieux pour ne pas éveiller les soupçons du duc. Celui-ci finit par entrer au salon. Il Sourit en regardant vers l'écran géant où continuaient à défiler les images en direct des grattes ciel.
- Je vois que tu es déjà au courant de ma mésaventure mon amour, le salua-t-il en se penchant vers lui pour l'embrasser.
- Disons que j'en ai quelques échos, Avoua Harlock embarrassé par le fait que les policiers étaient aux premières loges pour entendre les propositions indécentes du duc tout en le repoussant doucement.
- Qu'est-ce qu'il te prend ? Tu es de mauvaise humeur ? S'étonna le duc. Tu pourrais au moins te montrer gentil avec moi après ce que m'a fait endurer ton ex !
Harlock se leva et alla se servir un autre verre. Il commençait à se dire que les commentaires devaient aller bon train dans la petite cuisine.
- Tu es sûr que c'est Eliza Zone que tu as vue ?
- Oh que oui ! Soutint Oscar. J'ai vu la vidéo de la discothèque et une femme aussi sexy cela ne s'oublie pas ! D'ailleurs dans cette tenue noire moulante, elle m'a troublé. Ca au moins c'est une femme ! Elle n'a rien à voir avec la gentille cruche effacée que j'ai épousée.
- Parce qu'en plus tu la trouves à ton goût ? S'énerva Harlock.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Serais-tu jaloux par hasard ? Se moqua Oscar. J'ai bien le droit de m'amuser vu que depuis que tu t'es remis avec Kimura tu me repousses constamment.
En entendant ces mots, Ryo devint rouge comme une tomate ce que virent immédiatement les policiers présents. Le chef Patrick qui se trouvait juste derrière lui ne put s'empêcher de lui murmurer :
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
- Je t'expliquerai plus tard, proposa Ryo en rougissant un peu plus.
Ann-Lynn ne put s'empêcher de pouffer légèrement. Elle se doutait depuis qu'elle avait vu les photos du baiser échangé entre Oscar et Hans du manège que jouait Harlock avec le duc de Péhant. Celui-ci avait probablement demandé à Ryo de passer pour son amant officieux devant le duc. En entendant le commandant étouffer son rire le chef du gouvernement se tourna vers elle et la regarda sévèrement ce qui fit qu'elle se retrouva au bord de l'explosion. Elle finit par mordre dans les épaulettes de la veste de Mitchell pour ne pas éclater de rire. Les deux lieutenants quant à eux étaient quelque peu embarrassés par cette étrange révélation.
- Je voudrai que tu m'expliques une chose Hans, Eliza Zone c'est de la bombe ce qui est vraiment le cas de le dire au vue de ses méthodes. Quand tu la sautais, elle était comment au lit ?
- Tu penses vraiment que je vais répondre à cela ? S'indigna Harlock.
- Je suis certain qu'elle est meilleure au lit qu'Helena ! Soutint le duc.
Il observa Hans et vit celui-ci serrer son verre un peu plus fort.
- Je le savais ! Au lit c'est une bombe aussi ! Se moqua-t-il en riant. Franchement j'ai du mal à comprendre pourquoi tu l'as larguée !
- Je te l'ais dit il me semble. Nous étions pas tous les deux du même monde et épouser la fille d'Aristote Zone aurait freiné ou même bloqué mon ascension au sein de notre groupe.
- A ta place je n'en serai pas si sûr, Ricana Oscar.
- De quoi parles-tu ? S'enquit Harlock surpris.
- Ce n'est pas parce qu'Aristote Zone a disparu que l'on est plus en contact avec lui, révéla le duc.
Ann-Lynn en entendant cela se glissa jusqu'à la porte pour mieux entendre.
- Tu sais où il se trouve ? Demanda Harlock de plus en plus étonné.
- Pas vraiment, il change sans arrêt de planète pour ne pas être repéré par les satellites de la Résistance
- Il a toujours été en contact avec les aristocrates alors ?
- Disons avec une partie des aristocrates, ceux qui me sont fidèles. Je compte bien récupérer Eliza Zone vivante et passer mes nuits avec elle ! Je m'amuserai sûrement beaucoup plus qu'avec Isabelle ! Soutint-il en se laissant choir dans le canapé. Il ferma les yeux pour se détendre et ne vit pas Harlock pâlir de rage.
- Ça te dirait une partie fine à trois, histoire de te rappeler tes exploits au plumard avec cette femme ? Proposa-t-il crûment.
- Pourquoi est tu resté en contact avec Aristote Zone ? Eluda Harlock.
- D'après toi ? Ironisa le duc. Il est parti avec l'ensemble des bâtiments du Consortium ce qui représente plusieurs centaines de vaisseaux, sans compter qu'il connaît les emplacements cachés d'anciennes bases Mazones entièrement équipées pour la conception d'appareils. A l'heure actuelle il est en train de constituer une flotte beaucoup plus importante et je pourrai aligner face au roi Von Kiel, cinquante pour cent des appareils dont nous disposons plus ceux construits par Aristote Zone.
- Tu veux évincer Von Kiel du trône une fois que les démocrates auront quitté le pouvoir, Comprit Harlock.
- Et une fois ceci fait, je pourrai me débarrasser d'Isabelle et choisir la femme qui portera ma descendance. Eliza Zone est exactement la femme qu'il me faut au vu de sa réaction après l'assassinat de ses petits
- Elle n'acceptera jamais, le prévint Hans en serrant son verre de plus en plus fort.
- Tu sais que j'ai fait surveiller ton amant depuis quelques temps et j'ai découvert que ton petit chéri avait injecté des nanos à Eliza Zone lorsqu'elle avait été grièvement blessée, c'était la seule chance pour elle de s'en sortir. Il a repris ses recherches dessus car il semblerait que ceux-ci aient affecté sa mémoire et il essaye de comprendre ce qu'il s'est passé et le moyen de la soigner pour quand il arrivera à la récupérer. Mais je ne compte pas lui laisser la possibilité de lui mettre la main dessus. Eliza Zone veut ma tête j'ai juste à la laisser arriver jusqu'à moi, tu connais mes aptitudes au combat, elle ne pourra pas me battre et une fois qu'elle sera dans mes filets je lui ferai injecter des nanos qui la mettront sous mon contrôle et elle sera tout à moi.
- il me semblait que seul Ryo disposait des connaissances des Mazones, lui rappela Hans.
- Mon pauvre amour, tu es bien naïf ! Le railla Oscar. On a des espions disséminés dans toutes les strates de la société et le labo de recherches de ton amant ne fait pas exception à la règle !
Oscar se leva et s'approcha d'Harlock. Celui-ci vit le regard en colère du jeune duc et recula d'un pas instinctivement. Oscar se jeta sur lui et le plaqua contre le mur.
- Otes tes mains de la Oscar ! Gronda Harlock.
- J'ai envie de toi Hans et je ne supporte plus ta liaison avec Kimura.
- Je t'ai dit que c'était juste le temps que Von Kiel soit au pouvoir ! Soutint Hans en regardant durement le duc.
- Tu parles ! C'est pour lui que tu as largué Eliza Zone oui ! Tu espères pouvoir obtenir que sa tête soit épargnée une fois que nous serions au pouvoir ! Mais tu es à moi ! Menaça de Péhant en approchant ses lèvres de celles d'Harlock.
Ryo en entendant les paroles du duc faillit sortir de la petite cuisine après s'être saisi d'un couteau. Il n'allait pas laissé au duc l'opportunité de refaire du mal à Hans. Le chef Patrick l'attrapa au vol et le bâillonna de sa manche pour l'empêcher de hurler.
- Aidez-moi à le retenir, Ordonna-t-il aux lieutenants en murmurant.
Aoki et Mitchell hésitaient. Ils s'inquiétaient eux aussi de ce qu'il se passait de l'autre côté et ils étaient troublés par l'attitude du chef du gouvernement. Ann-Lynn ne comprenait pas une réaction aussi violente de la part de Ryo. Harlock lui semblait parfaitement de taille à repousser les avances du duc. Elle fit signe à ses lieutenants d'intervenir pour éviter que la crise de jalousie dont semblait souffrir Kimura ne mette à mal la couverture du capitaine de l'Arcadia. Ryo enrageait. Le chef l'empêchait d'intervenir alors qu'il savait ce que le duc avait fait subir à Harlock. Il tira sur ses muscles au maximum pour se dégager mais les trois policiers tinrent bon.
Alors que le duc allait l'embrasser Hans donna un violement coup de tête au duc qui le força à lâcher prise. Celui-ci en colère recula et Harlock s'approcha du bouton d'appel d'alarme. Il posa la main dessus.
- Je te préviens Oscar, si tu tentes quoi que ce soit, je fais venir le service de sécurité ! Menaça-t-il.
- Vas-y, l'invita Oscar. Ce sont mes hommes qui viendront et non les flics !
Il regarda Hans puis éclata de rire.
- Tu es vraiment obstiné Hans, je savais que tu me cachais la vérité. Je me demande ce que tu peux bien lui trouver à ce petit informaticien mais c'est bon, je m'incline. Je n'ai pas envie de perdre un homme de ta valeur, accepta le duc. Je me contenterai d'Eliza Zone la tigresse !
- Oscar ! L'arrêta Harlock alors que le duc s'apprêtait à partir.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Aurais-tu changé d'avis et m'accorderais-tu le droit de profiter de tes charmes ?
- le roi Von Kiel est au courant de tes plans et je pense que ton épouse aussi. Tu devrais te montrer prudent, Conseilla-t-il.
- Je m'en doutais un peu. Il m'a offert la main de sa fille pour me faire patienter et il me fera éliminer une fois qu'il sera au pouvoir. Il se dit qu'avec toi à ses côtés pour diriger les troupes il n'aura rien à craindre des Illumidas. Que comptes-tu faire ?
- Je n'en sais rien encore. Cette situation m'inquiète beaucoup. Je ne saurai trop de suggérer d'attendre avant de mettre ton plan à exécution que nous nous soyons débarrassé de la menace Illumidas.
- Et pour le roi ?
- Je lui donnerai le même conseil, Révéla Harlock.
- Ce n'est pas évident de se retrouver le cul entre deux chaises, n'est-ce pas Hans ? Se moqua Oscar.
Harlock en entendant cela ne put s'empêcher de sourire
- Je serai au service du vainqueur, Oscar. C'est pour moi le moyen de voir lequel est le plus digne d'être servi par moi, Sourit-il.
- Tu seras à moi Hans, rien qu'à moi, insista Oscar.
- Que le meilleur gagne ! Conclut Harlock en souriant.
Oscar lui fit un clin d'œil et quitta l'appartement. En entendant la porte d'entrée se refermer, les policiers relâchèrent Ryo qui se jeta sur le chef et le plaqua contre le mur.
- Calme-toi Ryo, conseilla Roger d'une voix blanche
- Pourquoi m'as-tu empêché d'intervenir ? Explosa le chef du gouvernement. Tu sais ce que ce monstre lui a fait pourtant !
- Harlock maîtrisait la situation, se justifia le chef.
- Et s'il avait recommencé ? Tu l'aurais laissé faire en attendant sagement ici qu'il en ait fini avec Hans ? Eructa Ryo vert de rage.
La porte s'ouvrit et Harlock alluma la lumière. Il avait préféré intervenir en entendant les cris du jeune informaticien qui était à deux doigts de flanquer son poing dans la figure du chef de la police.
- Ryo ? Appela-t-il d'une voix douce.
Celui-ci relâcha le haut de la chemise du chef Patrick et se retourna vers son ami. Harlock lui souriait avec douceur et Ryo se calma. Il s'approcha de Hans et le prit dans ses bras à la grande surprise de l'équipe d'Ann-Lynn qui comprenait de moins en moins la relation qu'entretenait Harlock et le chef du gouvernement.
- Je vais bien Ryo, il ne faut pas t'inquiéter, le rassura Harlock d'une voix douce
Il regarda du côté des policiers et ne put s'empêcher de rire en voyant le visage effaré du commandant et les regards gênés des deux lieutenants.
- Je pense que tu devrais cesser de te serrer contre moi car on est en train de passer pour un couple d'amoureux transis.
- Je m'en fous ! Décréta Ryo. J'ai eu tellement peur que ce salopard te refasse du mal, Avoua-t-il d'une voix triste la tête reposant sur l'épaule du capitaine.
Harlock regarda la main du chef et vit le long couteau que Roger avait réussi à arracher des mains du jeune informaticien et soupira tristement. Ryo commençait à l'inquiéter sérieusement. Il n'avait aucune envie que son ami prenne des risques insensés pour le protéger. Il ne tenait pas à ce que le docteur Kimura ne perde un de ses fils et Nynna son grand amour. Il regarda les policiers.
- Faites venir Alfred Krieg. Je pense qu'il n'ait plus nécessaire d'attendre. Oscar vient de me fournir les derniers éléments qui me manquaient.
Ann-Lynn en entendant ces mots sortis son portable sécurisé et contacta le procureur qui fut réveillé en pleine nuit pour une réunion d'urgence avec le capitaine de l'Arcadia.
- Tu sais Ryo, Plaisanta Harlock. Si tu aimes tant que cela à être collé à moi tu devrais divorcer de Nynna et m'épouser.
- Tu ne pourrais pas être sérieux deux minutes ! S'exclama Ryo en colère en tentant de donner un coup de poing bien lent au visage du capitaine qui l'arrêta sans problème.
- Je t'assure que ça va Ryo, voulu le rassurer Harlock avec douceur.
Celui-ci finit par s'éloigner et le chef Patrick regarda du côté des policiers qui étaient vraiment très surpris. Il savait qu'il fallait peut-être envisager d'expliquer la haine viscérale de Ryo pour cet homme mais le sujet était tellement difficile et sensible qu'il ne savait comment l'aborder. Harlock retourna au salon suivit de Ryo. Le chef du gouvernement se laissa tomber sur le canapé. Il était pâle comme un linge et la poussée d'adrénaline le faisait trembler. Il le sentait, au moment où il avait compris que le duc voulait à nouveau forcer la main d'Harlock, il aurait pu tuer le duc sans hésiter une seule seconde ce qui devait surprendre les policiers qui pensaient qu'il était doux comme un agneau. Il était vrai que malgré la guerre il avait réussi à garder sa douceur naturelle mais si l'on touchait à un de ses proches, il pouvait se transformer en monstre sanguinaire. Pour défendre ses convictions et ses amis il avait appris à se battre et à tuer si cela s'avérait nécessaire. Il était prêt à risquer sa vie pour empêcher Harlock de subir à nouveau ce qu'il avait enduré. Hans servit un verre d'alcool qu'il tendit à son ami. Ryo dont les mains tremblaient le prit avec difficulté et Harlock voyant cela l'aida à le porter à ses lèvres. Le chef en voyant le triste état de Ryo s'inquiétait fortement et l'équipe d'Ann-Lynn observait la scène d'un regard dubitatif.
- Ryo est-ce que tu as parlé à ton père de la colère qui te ronge depuis ce qui est arrivé au capitane Harlock ? S'enquit-il d'une voix angoissée.
- Je vais bien ! Soutint Ryo.
- Vous vous fichez de nous là ! S'emporta Ann-Lynn. Vous étiez prêt à agresser un homme surentraîné pour défendre votre ami alors que vous savez à peine vous battre ! Je comprends que vous vous inquiétiez du fait que le duc fasse des avances au capitaine de l'Arcadia mais ce n'est pas une raison pour réagir ainsi ! Je commence à me demander si vous ne seriez pas un peu jaloux et possessif vis-à-vis d'Harlock ! Vous ne seriez pas amoureux de lui par hasard ?
- Ann-Lynn, ce n'est pas ce que tu crois, lui révéla Roger en soupirant. Hans est-ce que vous acceptez que je leur explique la situation ?
- Non ! S'insurgea Ryo. Je ne veux pas qu'il revive encore une fois ce que ce salopard lui a fait !
- Mais qu'est-ce qu'il lui a fait ? S'inquiéta Ann-Lynn d'une voix blanche.
- Le duc de Péhant m'a violé, lâcha Harlock calmement «
Ann-Lynn eut un hoquet de surprise. Les deux autres policiers étaient estomaqués et n'arrivaient pas à en croire leurs oreilles.
Un nouvel orage de fin d'été éclata sur la capitale d'Amos et, alors qu'Harlock retournait s'asseoir dans son fauteuil, une larme de tristesse roula sur la joue de Ryo.
