Chapitre 35 : Retour aux choses sérieuses.

Spatio-port d'Amos, la nuit de la tentative d'enlèvement de Nynna Summer Kimura par le prince Svlotiania.

Oscar de Péhant, prévenu par les derniers miliciens arrivés sur place de l'ampleur du désastre, avait commandé sa voiture puis pris la route en direction du spatio-port d'Amos. Il était escorté par des dizaines de miliciens. Ce n'était pas sans appréhension qu'il se rendait sur les lieux du massacre. Il avait mis la télévision en route après minuit sur la chaîne d'Etat mais il n'y avait aucun écho de l'enlèvement et du massacre occasionné au siège du gouvernement. Il avait cru pendant une bonne partie de la nuit que leur plan avait fonctionné et que Ryo tremblait de peur pour sa femme. Lorsqu'il vit le nom du responsable de la milice qu'il avait envoyé en soutien s'afficher sur l'écran de son portable, il avait décroché, le sourire aux lèvres, en se disant qu'il venait lui annoncer que Nynna Kimura était à bord du vaisseau du prince. Lorsqu'il entendit la voix paniquée du responsable, son sang se glaça dans ses veines. Celui-ci lui fit un rapport devant le vaisseau en flammes du prince Svlotiania. Oscar avait ensuite coupé la communication puis s'assit, choqué, la peur envahissant son cœur. Rien n'arrêtait Eliza Zone, déterminée à massacrer tout le monde, pas même les vies de ses anciens amis. Elle était prête à tout sacrifier pour les avoir. Il ne pensait pas qu'elle serait capable d'agir ainsi. D'un certain côté, elle devait être pire qu'Harlock. Il resta figé plusieurs minutes en tremblant puis il commença à réfléchir. Il devait se rendre sur place afin de se rendre compte de l'ampleur des dégâts. Il se leva, se rendit près du guéridon, se servit un verre d'alcool fort qu'il avala d'un trait puis il en prit un deuxième qui prit le même chemin. Ça lui apprendrait à sous-estimer ses adversaires.

Il quitta son bureau et vit que la lumière était toujours allumée chez sa jeune épouse. Il alla la saluer. Isabelle venait à peine de rentrer. Elle s'était douchée et portait un peignoir de bain. En voyant le visage bouleversé de son mari, elle comprit que le plan établit par celui-ci s'était cassé la figure. Elle sourit intérieurement et prit un air inquiet en s'approchant de lui.

- Que vous arrive-t-il, mon ami ? s'enquit-elle en le prenant dans ses bras.

- Zone vient d'éliminer Svlotiania, lui apprit-il d'une voix blanche.

- Mon Dieu ! Mon pauvre amour, c'est terrible ! s'exclama-t-elle en enfouissant son visage dans le creux de l'épaule du duc pour que celui-ci ne vit pas son franc sourire.

- Je vais me rendre sur place, indiqua Oscar. J'étais venu vous saluer.

- Je viens avec vous ! décréta Isabelle.

- Comme vous voulez, céda Oscar, indifférent.

Il quitta la chambre et Isabelle s'habilla en souriant. Son mari était choqué et la peur commençait à l'envahir, ce qui la réjouissait. C'était la première fois qu'elle le voyait perdre pied. Elle espérait qu'Eliza Zone arriverait à éliminer son mari avant que l'aristocratie ne fasse scission. Elle s'habilla rapidement puis rejoignit le duc dans la voiture. Pendant tout le trajet, elle garda sa main dans la sienne pour le réconforter. Depuis qu'elle s'était mise d'accord avec son père, il y a plusieurs mois, elle s'était rapprochée de son mari et se comportait comme une épouse parfaite, elle avait même poussé la perfidie jusqu'à aguicher son mari pour que celui-ci passe certaines de ses nuits avec elle. Grâce à ce stratagème, son époux était sûr de sa fidélité. Oscar regarda vers elle et elle lui sourit avec douceur. Elle l'embrassa tendrement sur la joue puis le serra dans ses bras.

Ils arrivèrent quelques minutes plus tard. Ils descendirent de la voiture. Les miliciens se déployèrent. Oscar s'avança près de la carcasse fumante du vaisseau de Svlotiania et observa les lieux. Tout avait brûlé. Tous les corps étaient calcinés. Les conteneurs crevés par les explosions avaient flambés, eux aussi. Il sortit un mouchoir qu'il mit sur son nez. L'odeur était insupportable. Il vit les carcasses des mini vaisseaux conçus par Ellie. Il poursuivit sa progression à travers les débris et passa devant le corps de Svlotiania sans le reconnaître. Ellie, par précaution, avait programmé un pilonnage de la zone destiné à détruire toutes les preuves et cela avait porté ses fruits. Isabelle regardait de loin son mari évoluer à travers les décombres. Elle espéra de toutes ses forces qu'Ellie avait réussi à récupérer son amie mais elle avait des doutes. De toute manière, qu'Ellie donne l'assaut ou pas, Nynna Kimura était perdue. Elle avait dû miser le tout pour le tout. Une bourrasque de vent glacé balaya la piste d'envol ce qui la fit frissonner. Oscar retourna vers sa voiture. Une violente envie de vomir se manifesta et il alla se vider l'estomac dans l'herbe fraîche. Son téléphone sonna et il décrocha en fermant les yeux, pensant qu'il s'agissait de Von Kiel qui lui demandait des comptes.

- Comment ça va, petit ? demanda une voix qui n'était pas celle du souverain.

- Aristote ? s'étonna Oscar.

- Il semblerait que le plan pour obtenir que Ryo Kimura vous foute la paix a loupé, commenta Zone.

- Où est ce que tu es ? s'angoissa Oscar.

- Ne t'inquiète pas, Oscar. Je ne suis sur aucune planète faisant partie de la démocratie. Je me suis installé sur un astéroïde dans une ancienne base d'observation Mazone. J'ai piraté un satellite et en balayant Amos, je suis tombé sur cela. Qu'est-ce qu'il se passe ? Ryo Kimura nous crée apparemment plus de problèmes que prévu ?

- Ce n'est pas Kimura, hésita Oscar en s'adossant sur un des tout-terrain de la milice.

- C'est qui, alors ? Harlock ? Je t'avais dit de te méfier de lui ! Il n'acceptera jamais de collaborer avec nous ! Il se mettra automatiquement du coté de Von Kiel !

- Il n'a rien dit à Von Kiel. J'ai l'impression qu'il attend sagement la suite des événements en comptant les points, avoua Oscar.

- Toi et moi, nous savons très bien qu'il ne travaillera jamais pour nous ! soutint Aristote en contemplant le spectacle sur un écran géant.

- Aristote, ce n'est pas lui qui a fait le coup, reconnut-il péniblement. On a quelques problèmes depuis quelques temps qui sont liés à Harlock, sans pour autant que ce soit lui le responsable.

- De quoi parles-tu ? Tu m'inquiètes là ! s'angoissa Aristote.

- Il y a plusieurs mois de cela, les enfants d'Eliza, ta fille, ont été assassinés par les tueurs de notre organisation à la demande d'Helena Svlotiania et...Ta fille est revenue quelques mois plus tard pour, je pense, les récupérer et les emmener avec elle. Elle devait craindre qu'Helena ne prépare un mauvais coup. Résultat, comme ses gosses ont été assassinés...

- Elle a décidé de le faire payer, comprit Aristote. Tu es en train de me dire que c'est ma fille qui est responsable de ce massacre ?

- Oui. Ce n'est pas la première fois qu'elle fait ce genre de choses...

- Tu es en train de me dire que tous les aristocrates assassinés l'ont été par elle ?

- Oui.

- Tu comptais me le dire quand ? s'énerva le politicien.

- Je ne sais pas, de toute manière tu aurais fini par l'apprendre par la presse, sourit Oscar. Je ne pensais pas que ta fille était capable de ce genre de choses.

- Moi non plus, mais visiblement, elle a bien changé. Pas étonnant, vu la manière dont Harlock l'a larguée. Quoi qu'il advienne, garde tes distances avec Harlock ! Je sais qu'il te plait mais dis-toi que ce n'est pas une bonne idée !

- Je le sais, Aristote, ne t'inquiète pas, dès qu'on passera à l'action, je lui injecterai les nanos crées par son cher Kimura et il sera doux comme un agneau et tout à moi ! Après un bon lavage de cerveau, il me mangera dans la main !

- Je t'invite à la prudence, conseilla Aristote. Ce gars est très rusé et ne sous-estime pas son intelligence ! Sylvidra a commis la même erreur et tu vois où ça l'a menée ! En tout cas, pour se venger, Ellie n'a pas hésité à sacrifier sa meilleure amie !

Il eut un petit rire.

- Finalement, elle tient plus de moi qu'elle ne le pensait, cette idiote ! se réjouit Aristote en s'esclaffant.

Son rire se calma au bout de plusieurs dizaines de secondes.

- Dis-moi, les aristocrates assassinés ne font pas partie de notre groupe, j'espère ?

- Ne t'inquiètes pas, jusqu'à présent, seuls ceux de Von Kiel se sont retrouvés dans le collimateur de ta fille. J'ai ordonné aux nôtres de rester sagement en retrait. Je suis le seul à faire partie des personnes sur sa liste.

- Tu en es certain ? Elle veut vraiment ta tête ? s'inquiéta Zone.

- Elle a essayé de me tuer en même temps que Von Schwarzwald et il s'en est fallu d'un cheveu pour qu'elle arrive à m'éliminer. J'ai eu beaucoup de chance. Dis-moi, est ce qu'on pourrait se voir ?

- Dès que possible, je te le promets. Pour l'instant, il faut que ceux de notre groupe restent bien sagement dans leur coin. Si Ellie peut se charger de faire le ménage à notre place, ce ne sera que mieux, avança Zone.

- Tu oublies les Illumidas, rappela Oscar.

- S'ils nous prennent toujours pour des inoffensifs, on ne risque rien. Une chance que tu aies été rusé, Oscar, lors de la chute du Consortium. Ton plan B a sauvé mon plan A que ma fille a bousillé en me volant le vaisseau-cité.

- Bientôt, tout ceci sera terminé. Une fois Von Kiel éliminé, une nouvelle humanité verra le jour.

Un signal sonore se fit entendre et Oscar pianota sur l'écran de son téléphone. Il avait un appel de Von Kiel en attente.

- Je vais devoir te laisser, Aristote, indiqua Oscar. J'ai Von Kiel en ligne, il doit vouloir s'époumoner dans mes oreilles.

- A plus tard, Oscar, le salua Aristote en souriant.

La communication fut coupée. Oscar poussa un long soupir puis se décida à répondre à son beau-père.

- Tu peux me dire ce qu'il se passe ? explosa le roi Von Kiel.

- Calmez-vous, je vais vous expliquer, tenta Oscar d'une voix posée.

- Tu peux me dire ce qu'il t'a pris d'ordonner l'attaque du siège du gouvernement ? hurla Von Kiel.

- Comment êtes-vous au courant de cela ? s'étonna Oscar, inquiet. Est-ce qu'une déclaration a été faite à la presse ?

- Non, mais ça ne saurait tarder ! s'exclama le roi en colère. Lorsque la population aura vent tout ceci, on sera dans de beaux draps !

- De quoi vous inquiétez-vous vraiment ? se moqua Oscar. Tous nos vaisseaux sont prêts ! Qui plus est, il faut que les flics puissent faire le lien avec nous. Je vais envoyer une équipe récupérer les corps des miliciens tombés pendant l'assaut.

- En tout cas, tu ne pourras pas échapper à une nouvelle convocation chez le procureur, affirma le roi. Je te conseille d'immédiatement contacter ton avocat car je sais de sources sûres que le chef Patrick avec des dizaines de voitures de police fait route vers toi !

Le roi coupa la communication et Oscar vit en effet au loin les lueurs typiques des véhicules de la police d'Amos. Il respira profondément. Il composa le numéro du service central de la milice.

- Johnson, j'aurai besoin que tu envoies dès que possible une équipe récupérer les corps des miliciens qui sont aux mains des flics. Est-ce que tu as pu leur reprendre ceux de la tentative de meurtre de Kimura ?…Toujours pas…Il faut les leur reprendre dès que possible ou les détruire avec de l'acide.

Le chef Patrick avait confié Ryo et sa femme à l'équipe du commandant Chambers le temps de se rendre officiellement sur les lieux du sauvetage de Nynna pendant la nuit du drame. Il fallait à tout prix empêcher les aristocrates de faire disparaître les preuves. Il avait exigé le déploiement de dizaines de véhicules de police et réveillé en pleine nuit le médecin légiste ainsi que le seul scientifique qui n'était pas à la solde des aristocrates. Il leur donna les coordonnées GPS et fonça avec la voiture de police qu'il avait fait venir à l'hôpital au spatio-port d'Amos. Les véhicules arrivaient à toute vitesse et freinèrent brutalement lorsqu'ils arrivèrent à proximité de la carcasse du vaisseau. Le chef descendit du véhicule et ordonna le déploiement des policiers et le bouclage de la zone. Il alla ensuite directement voir le duc de Péhant qui l'accueillit d'un sourire goguenard. Le chef Patrick avait une envie folle de lui coller son poing dans la figure mais il résista. Il n'allait pas offrir une bavure policière aux aristocrates pour qu'ils se posent en martyrs devant la presse.

- Monsieur le duc, pourriez-vous m'expliquer la raison de votre présence et de celle de tous ces miliciens ? s'enquit-il d'une voix glaciale où l'on pouvait sentir une colère sourde.

- Je suis venu parce que le service de sécurité du prince Svlotiania m'a annoncé son assassinat.

- Mais vous n'avez pas pensé à avertir la police ? éructa le chef.

- A quoi bon ? Cela ne vous concerne en rien, vu que vous ne semblez pas vraiment désireux d'arrêter Eliza Zone et ses amies. Grâce à cela, elles ont tué le prince ainsi que des dizaines de miliciens.

- Et l'otage ? l'interrogea le chef.

- Quel otage ? s'étonna faussement Oscar en riant.

- Hier soir, le siège du gouvernement a été victime d'une violente attaque et Nynna Kimura a été kidnappée. Nous savons de source sûre que c'est le prince Svlotiania qui gardait Nynna en otage. C'est bien vous qui dirigez la milice ? On a trouvé les corps de plusieurs de ses membres.

- Comment pouvez-vous affirmer qu'ils en font parti ?

- Ils ont tous le même tatouage que ceux que vous avez déployé soi-disant pour la sécurité du capitaine, alors qu'en fait, il s'agissait d'une tentative de meurtre sur le chef du gouvernement, bluffa-t-il.

Oscar n'avait aucun moyen de vérifier qu'il s'était déjà rendu sur les lieux du crime et il valait mieux le faire croire pour éviter que la milice ne s'y rende pour détruire les preuves.

- Je vous conseille de faire attention, chef Patrick. Ce sont de très graves accusations ! intima Oscar avec un rictus de mépris. De plus, la présence de ce tatouage est un hasard. Nous n'avons rien à voir là-dedans !

- Bien sûr ! ricana le chef. Tout comme il n'existe aucun lien entre le Consortium et les aristocrates alors que la milice que vous employez porte le même tatouage que celui des troupes d'élite du Consortium.

- Avez-vous des preuves de cela ? se moqua Oscar. Avez-vous un registre où sont répertoriés les tatouages portés par les troupes d'élite du Consortium ou son armée ?

Le chef Patrick serra les poings. Le fameux fichier avait été détruit par les aristocrates trois jours après sa diffusion aux services de police.

- Bien sûr que non, affirma Oscar en souriant. De plus, n'importe quel groupe d'opposants aurait pu déguiser les membres de leur troupe avec des vêtements de notre milice et leur tatouage dans le seul et unique but de nous faire porter le chapeau.

- Il n'y a pas d'autres opposants que les membres de votre groupe politique, soutint le chef en colère.

- Vraiment ? Avez-vous pensé au Consortium que vous avez foutu dehors et qui pourrait avoir envie de se venger ? ironisa Oscar en riant. Vous n'avez pas l'ombre d'une preuve que nous sommes impliqués là-dedans. Il n'existe aucun lien entre les corps que vous avez trouvé et nous.

Roger savait qu'il ne trouverait pas de preuves de connexions. Lorsqu'il a fallu justifier la présence des six personnes sur les toits des immeubles avoisinant l'hôpital, les aristocrates avaient volontairement donné un extrait du registre du personnel, les formulaires de mission et les contrats de toutes les personnes présentes. S'il n'obtenait pas un mandat, il ne pourrait prouver que les hommes tombés étaient des miliciens. De toute manière, la procédure leur laissait tout le temps nécessaire pour détruire les preuves.

- Je tiens aussi à préciser que le prince Svlotiania partait en voyage d'affaire pour Mars. Il ne s'abaisserait pas à prendre la femme de Kimura en otage.

- Pourtant en contactant sa femme, c'est le prince Svlotiania qui a répondu.

- Avez-vous un enregistrement de cette mystérieuse conversation ?

- Non, reconnut le chef Patrick.

- Donc cela peut être n'importe qui, affirma Oscar. Dois-je comprendre qu'ils ont réussi et que vous êtes incapable de localiser la femme du chef du gouvernement ?

Le chef Patrick réfléchit un court instant et pria le ciel que Nynna n'ait pas encore été examinée. Il avait enregistré la demande de soins sous un faux nom et l'hôpital était tellement débordé qu'aucun médecin n'était disponible. Nynna avait été emmenée en cachette dans une chambre en attendant qu'on l'examine et les policiers veillaient à ce que personne ne sache qu'elle était là. Le seul moyen pour Nynna d'être en sécurité, c'était de passer pour morte en attendant que les vaisseaux des Résistants ne quittent la galaxie. Il décida de jouer la comédie.

- Je vais vous coincer ! menaça-t-il. Votre plan a foiré ! Vous vouliez vous servir de Nynna pour faire chanter Ryo ! Ellie a sacrifié son amie pour avoir le prince Svlotiania. Vous allez payer pour la souffrance que vous avez fait à Ryo !

Le chef de la police s'éloigna et prit son téléphone portable. Il fit le numéro du docteur Sanders

- Salut Bob, c'est Roger…Je sais, il est très tôt ou très tard c'est selon…Si j'avais pu attendre la levée du jour avant de t'appeler, je l'aurai fait ! ….J'ai besoin de ton aide ! Tu es bien rattaché à l'hôpital de West Cost ?...Celui-ci est submergé et…Je sais que tu as passé l'âge de faire les gardes de nuit…J'ai besoin de ton aide ! Enfin, Nynna Kimura a besoin de ton aide….Ryo t'expliquera….Tu vas aller à l'hôpital et l'examiner…Il faut à tout prix que tout soit enregistré sous le nom bidon que j'ai pris, c'est pour sa sécurité…Tu diras à Ryo que les aristocrates sont persuadés que sa femme est morte et qu'on va les laisser dans l'erreur…Oui, ils s'en sont pris à Nynna…File à l'hôpital, je t'en supplie… Merci, Bob.

Le chef de la police retourna auprès d'Oscar, le visage dur, les yeux luisant de colère.

- Je vous ordonne de vider les lieux ! intima-t-il brutalement. Vous allez dégager avec vos hommes de ma scène de crime ! Je ne vais pas vous laisser détruire les preuves !

Oscar eut un ricanement en s'éloignant du chef de la police. Il se servit de ses doigts pour pousser un sifflement strident puis fit signe aux miliciens de retourner à bord de leur véhicule. Il quitta le spatio-port avec un immense sourire aux lèvres. Sa vengeance vis-à-vis de Kimura avait enfin pu s'accomplir. Il allait briser ce petit informaticien.

L'enterrement officiel de Nynna et des autres victimes de l'assaut était fixé au jour de la soirée d'inauguration du château d'Harlock. Les préparatifs allaient bon train. Ryo avait finalement révélé à sa femme le petit arrangement destiné à assurer sa sécurité et, contrairement à ses craintes, Nynna n'avait pas protesté. Elle avait pris la décision très calmement. Ryo prit son rôle de veuf éploré très à cœur. Il savait que de sa comédie dépendait la sécurité de son épouse. A la grande surprise du gouvernement, des dizaines de milliers de fleurs, de lettres de soutien et de dessins furent déposés devant l'ancien siège du gouvernement. Celui-ci avait fini par s'installer définitivement au sein de l'assemblée interstellaire. Ryo, à chaque réunion, montrait un visage digne et grave. Mat et le général Martin étaient les seuls à savoir que Nynna était en vie. L'attitude de Ryo fut tellement digne devant cette terrible épreuve, qu'il reçut des milliers de lettres de soutien de la part des habitants d'Amos, principalement des femmes, ce qui intrigua Nynna. Elle demanda à Elliot de lui ramener des lettres en cachette et fut offusquée en les lisant de constater que, sous couvert de présenter leurs condoléances et leur soutien, les femmes en question draguaient ouvertement le jeune veuf. Son visage s'empourprait à chaque lecture et Harlock, en la voyant réagir ainsi, ne pouvait s'empêcher de sourire. Le jeune Ryo avait la côte auprès des femmes. Harlock lui conseilla plus d'une fois de cesser ces lectures qui la mettaient en colère mais Nynna ne l'écouta pas et continua d'ouvrir les lettres dont le papier donnait l'impression d'avoir trempé dans le parfum tant il sentait fort. Le jour de la cérémonie, elle se contenta de la regarder à la télévision. Elle ne pouvait être présente à l'enterrement de May, d'Adrian et des membres de la sécurité, ce qui lui fit encore plus de peine. Elle ne pouvait se rendre dans la cour de l'assemblée interstellaire pour leur rendre un dernier hommage. Il y avait une cinquantaine de victimes en tout et lorsque les membres de la congrégation œcuménique assemblée pour cette cérémonie égrenèrent les noms, ses larmes se remirent à couler. Nann tenait à rester auprès d'elle pendant cette douloureuse épreuve. Franck et Marie tentaient de la soutenir du mieux qu'ils le pouvaient du haut de leur vingt-quatre mois. Eliasis veillait sur tout ce petit monde en ayant poussé ses capteurs au maximum de leur capacité et en étant en liaison constante avec les autres sexaroïdes. Les membres de l'aristocratie étaient présents. Harlock s'était placé à côté du duc de Péhant. Celui-ci fut très surpris de ne pas recevoir de reproches de la part du capitaine de l'Arcadia alors qu'il savait très bien que c'était lui qui avait brisé le cœur de son cher Ryo. Celui-ci avait du mal à retenir ses larmes en entendant la cérémonie. En tant que chef du gouvernement, il se trouvait au centre, face aux cercueils. Sur ceux-ci, trônaient la photo souriante de leurs occupants et ce fut le cœur serré et avec une envie de pleurer de plus en plus forte qu'il prit place avec son père pour emmener le cercueil censé contenir sa femme. Les autres membres du gouvernement et de la Résistance se répartirent pour emmener ceux des autres victimes. Ryo aurait voulu pouvoir prendre celui d'Adrian, une manière simple de lui rendre un ultime hommage mais Harlock lui avait fait comprendre que cela paraîtrait suspect aux yeux des membres de l'aristocratie. Celui-ci vit son ami emmener le cercueil vide, le cœur en miettes, suivi du long cortège des victimes de la milice des aristocrates. Harlock enrageait en lui-même. Une colère sans limite commençait à grandir en lui et il devait à tout prix retrouver son calme avant de la laisser exploser. La seule chose qui pouvait le réconforter, c'était qu'il empêcherait les aristocrates de se débarrasser des résistants en leur bloquant le passage pour permettre à ceux-ci de partir. Il savait que Ryo n'abandonnerait pas et, quoi qu'il advenait, les aristocrates finiraient par perdre ce pouvoir usurpé et ce même s'ils avaient l'appui du Consortium.

Ils allèrent ensuite au cimetière d'Amos pour un ultime hommage. Il y avait une foule de plusieurs milliers de personnes venues manifester leur soutien et un silence lourd s'abattit sur celle-ci, lorsque les cercueils furent emmenés les uns après les autres sous ses yeux. Beaucoup regardaient vers les aristocrates avec inquiétude, commençant à craindre que les accusations de Ryo ne fussent fondées. D'autres encore, regardaient du côté d'Harlock en cherchant une réponse, ce qu'il remarqua et le bouleversa. Il n'avait aucune envie que sa présence auprès des aristocrates ne cautionne leurs actes aux yeux de la population. Il savait que bientôt, celle-ci saurait la vérité, et il espérait vraiment qu'elle ne se sentirait pas trahie. Pour la première fois depuis le début de sa mission, il sentit le poids de la honte alors qu'il s'était juste infiltré pour essayer d'arrêter les manigances des aristocrates. Mais pour les habitants de la galaxie, une fois que ceux-ci seraient au pouvoir, il passerait pour un traître de la pire espèce. Lui qui avait toujours représenté l'espoir et la Liberté, allait passer pour un horrible oppresseur. Le cœur saignant, il entra dans le cimetière accompagné par Oscar qui ne le lâchait pas d'une semelle. Le duc observa son cher capitaine tout le temps de la cérémonie. Celui-ci ne quittait pas son ami de son œil unique ce qui énerva profondément le duc qui serra les poings de colère. A la sortie du cimetière, le roi Von Kiel fit signe aux deux hommes de venir le voir.

- Que se passe-t-il, votre altesse ? s'enquit Harlock calmement.

- Nous devons avoir une réunion de toute urgence. Les derniers événements changent la donne, ordonna le roi. Elle aura lieu cette après-midi à votre château, Hans !

- Très bien, accepta celui-ci.

Il salua le roi et retourna à sa voiture, laissant le duc et le roi en tête à tête.

- Il n'a pas quitté Kimura des yeux de toute la cérémonie, se plaignit le duc.

- Vous et vos crises de jalousie ! gronda le roi. C'est pour faire le plus de mal possible à Kimura que vous vous en êtes pris à sa femme ! Votre jalousie va nous coûter cher ! La population se doute de ce qui se passe.

- Nous n'avons plus rien à craindre d'eux.

- Détrompez-vous, une révolution des milliards d'habitants de la galaxie ruinerait tous nos plans ! Nous nous retrouverions à devoir nous battre contre notre population ce qui faciliterait la tâche aux Illumidas !

- Vous avez tort, ils seront bien trop lâches pour ça et n'oubliez pas les nanos qui seront propagées très bientôt et qui les rendra dociles comme des moutons ! Vous vous inquiétez pour rien !

- Réunion cet après-midi, Oscar ! ordonna le roi sèchement.

Oscar s'inclina à contrecœur. Il regarda le souverain s'éloigner puis repartit à son tour.

Harlock retourna à son château et trouva Nynna en train de s'amuser avec les petits en espérant oublier la cérémonie à laquelle elle avait assisté. En même temps, elle regardait un catalogue de jouets, se demandant ce qu'elle pourrait conseiller à leur papa de leur offrir pour Noël. Harlock la regardait tristement. Il n'avait pas le cœur de lui rappeler qu'au moment des fêtes de fin d'année, ils seraient probablement tous en exil. Lorsqu'elle vit les petits courir vers leur père, elle leva les yeux du magazine et lui sourit timidement. Nynna aurait du mal à se reconstruire avec cette épreuve. Elle caressa avec tendresse son ventre qui commençait à s'arrondir grâce à la maternité. Elle observa les petits s'accrocher aux longues jambes de leur père et son cœur se serra.

- Von Kiel veut organiser une réunion chez moi pour cet après-midi, il faudra que vous restiez tous dans l'aile ouest, indiqua Harlock en prenant son fils dans les bras puis en le faisant s'accrocher sur son dos. A quelle heure rentre Ryo, ce soir ?

Il prit ensuite Marie dans ses bras. Celle-ci adorait s'amuser avec les crânes accrochés au haut col du manteau de son père et celui-ci la laissa jouer avec. Toshiro, qui avait bien compris que cela amusait la petite, faisait clignoter les Leds de communication, ce qui la fascinait.

- Très tard, affirma Nynna. Le procureur doit arriver vers vingt heures, Elliot ira le chercher. Il tient à être là pour avoir les résultats des tests ADN que tu m'as demandé de faire.

- Ça ira pour toi ? s'inquiéta Harlock. Cela risque de faire tard.

- Ne t'inquiètes pas, je dormirai un peu avant, affirma-t-elle.

- Faudra être bien sage avec tonton Ryo, ce soir, il risque d'être assez triste en rentrant, conseilla-t-il à ses jumeaux.

- D'accord, papa, acceptèrent les deux enfants en souriant.

- Je pense qu'au contraire, cela lui ferait le plus grand bien de se défouler avec les petits, soutint Nynna en souriant.

- Je n'en suis pas certain, il est très affecté, Nynna. Il vient d'enterrer un de ses amis et étant déjà passé par là, je sais que c'est très douloureux.

« Alors ne lui fait pas endurer à nouveau cela en te sacrifiant », pensa-t-elle tristement.

Cette pensée emplit son âme de tristesse et elle détourna le regard pour qu'Harlock ne puisse voir ses larmes qui avaient commencé à couler. Celui-ci soupira tristement et le petit Franck serra son papa un peu plus fort puis il lui fit un bisou sur la joue ce qui fit sourire celui-ci. Il passa le reste de la matinée et le repas de midi avec ses enfants et ses amies, puis l'heure de la réunion approchant, tout le petit monde se réfugia dans l'aile Ouest et Harlock resta seul au salon. Eliasis avait suivi le petit groupe et se mit en contact avec le sexaroïde qui se trouvait au service d'Harlock pour l'après-midi. Elle se mit en relation avec le système d'audiophonie du petit salon où tout le monde avait décidé de passer l'après-midi afin que les personnes présentes ne perdent rien de la conversation.

Les participants arrivèrent à l'heure convenue. A la grande surprise d'Hans, il n'y eut que le roi Von Kiel et Oscar de Péhant. Ils s'installèrent au salon autour d'un verre de red bourbon. Le roi regarda son verre avec anxiété ce qui fit sourire Harlock intérieurement.

« Ainsi donc, pensa-t-il, tu avais donné ton feu vert à Oscar pour qu'il me drogue et me viole tout son saoul tant que je ne me souvenais de rien. Vous vous êtes bien trouvés tous les deux. Aussi pourris l'un que l'autre. »

Oscar lui aussi remarqua l'hésitation du roi et le regarda fixement pour l'inciter à boire et éviter qu'Harlock ne se doute en rien de leur petit arrangement. Harlock fit tourner son verre entre ses doigts pour aérer le breuvage, attendant que le souverain se décide enfin à parler.

- L'attaque du siège du gouvernement nous a placés dans une situation délicate, Hans, commença le roi.

- Je vous ai dit que vous n'aviez pas à vous inquiéter, soutint Oscar. La population ne tentera rien contre nous.

- A ta place, je n'en serai pas si sûr. Après ce que tu as fait à Ryo, celui-ci pourrait bien tout foutre en l'air et inciter la population à se révolter lorsque nous ferons scission, supposa Harlock.

- Il n'enverra jamais les gens au massacre, se moqua Oscar. Il est trop généreux, trop pur. Tu sais ce que l'on dit trop bon, trop con ! De toute manière, les gens seront trop lâches pour se révolter.

- Où en est votre relation avec Ryo Kimura ? s'enquit le roi. Oscar m'a indiqué que vous aviez repris tous les deux.

- Ma relation avec Ryo ? ironisa Hans. Elle est morte ! Il sait que ce sont les aristocrates qui ont ordonné ce massacre et depuis, je n'ai plus eu aucune nouvelle de lui. Pour lui, nous sommes juste des monstres et des lâches. Je ne peux pas lui donner tort.

Il vida son verre et planta un regard dur dans celui d'Oscar.

- Me qualifierais-tu de lâche ? s'emporta Oscar en bondissant de son siège.

- Ce n'est pas le cas, peut être ? le railla Harlock. Tu as envoyé combien d'hommes pour un si petit nombre d'employés de sécurité, dis-moi ? Les flics ont dénombré une vingtaine de gars de notre groupe tombés au combat ! Ensuite, t'en prendre à une femme, c'est minable !

- Il fallait calmer ce petit emmerdeur ! Il nous a menacés ouvertement ! C'était le meilleur moyen de le faire se tenir tranquille !

- Tu as surtout fait ça parce que j'ai couché avec lui ! affirma Harlock froidement. En prime, tu as oublié Eliza Zone.

- Ça aurait dû la calmer, elle aussi ! affirma Oscar en colère.

- La calmer ? ricana Harlock. Cette femme n'abandonne jamais ! J'ai été avec elle pendant plus d'un an, je la connais ! Rien ne la ferait reculer et une fois qu'elle s'est fixée une mission elle va jusqu'au bout ! Elle n'est pas la fille de ce pourri d'Aristote Zone pour rien !

- Hans, du calme, conseilla le roi qui voyait que la discussion s'envenimait.

Von Kiel était d'accord avec Hans, Oscar avait commis une grave erreur.

- Hans, est ce que la brouille entre vous et Kimura est définitive ?

- Avec ce qu'il s'est passé, il ne risque pas de courir se réfugier dans mes bras pour se faire consoler ! rappela Harlock

- Est-ce que vous pouvez essayer de le contacter ?

- Pourquoi ?

- Nous n'arrivons pas à le localiser et je voudrais le faire éliminer avant notre scission. Ce serait préférable. Je pense qu'en effet, n'ayant plus rien à perdre, il finisse par faire des actes désespérés.

- Tu parles ! le railla Oscar. Vu comme il en avait après les fesses de Hans, il ne devait pas trop tenir à sa femme.

- Pauvre con ! l'insulta Hans. Elle était enceinte ! Tu crois que cela lui a fait quoi, que tu aies tué sa femme et, par conséquent, l'enfant à naître ? Ce n'est pas parce qu'il venait de temps en temps, passer ses nuits avec moi, qu'il ne tenait pas à elle !

- Pourtant il était bel et bien amoureux de toi, non ? ragea Oscar.

- Le problème de Ryo, c'était qu'il était amoureux de deux personnes à la fois ! avoua Harlock. Il avait choisi de rester marié car il savait, qu'étant donné les lois actuelles, on ne pouvait être ensemble. Qui plus est, Nynna le rendait heureux ! Toute cette affaire va nous péter à la gueule !

Harlock se leva et alla près de la fenêtre. L'avantage dans cette discussion houleuse était qu'il était tellement en colère qu'il n'avait pas besoin de simuler.

- Hans, je veux que vous essayiez d'entrer en contact avec Ryo pour que nous puissions mettre en place un piège et ainsi nous débarrasser de lui, ordonna le roi.

- Il ne répond pas quand je l'appelle et il ne veut plus me voir, votre altesse, annonça Harlock d'une voix grave. Je ne vous serai plus d'aucune utilité dans ce domaine.

- Dans ce cas, faisons sauter l'assemblée interstellaire pendant une de leur réunion, proposa Oscar.

- On va éviter les méthodes à la Eliza Zone, décida le roi.

- Elles ont du bon pourtant et elles sont radicales, votre altesse. Il ne restait plus rien du vaisseau de Svlotiania et des miliciens qui l'accompagnaient.

- On s'était mis d'accord, Oscar, que notre prise de pouvoir devait se faire sans effusion de sang pour que la population nous soutienne.

Le silence se fit entre les trois hommes. Le roi réfléchissait. Il y avait bien une autre possibilité pour éviter un massacre. Il allait devoir en parler à Harlock pour lui demander son avis.

- Vous oubliez les nanos, rappela Oscar.

- Rien ne garantit que cela fonctionnera sur la population, douta le roi.

- Demandez donc à Hans. Sylvidra, en les lui injectant, a pu s'amuser avec lui tout à loisir, ricana Oscar en plantant son regard moqueur dans celui d'Harlock.

Le téléphone du roi sonna et celui-ci répondit immédiatement.

- Salut, Hubert….Je vois….Merci pour les renseignements.

Le visage du roi s'assombrit.

- Le procureur va lancer des inculpations officielles pour l'attaque du siège du gouvernement. Nous sommes tous sur la liste des accusés. Je ne sais pas qui il a l'intention d'inculper, annonça le roi d'une voix grave. Toujours est-il que des comités de soutien et des manifestations en faveur du gouvernement démocrate sont en train de s'organiser sur les planètes dépendantes de nous. Je crois que l'on va tous se retrouver chez le procureur. Qui plus est, si les manifestations prennent de l'ampleur, nous allons être obligés de les réprimer dans le sang.

- Quelle importance ! se moqua Oscar. On va se contenter de calmer ces chiens avec quelques bons coups de bottes et ils finiront par nous lécher la main.

En apprenant cela, Harlock serra son verre un peu plus fort.

- Ne vous inquiétez pas, Hans. Je vais essayer d'éviter toute effusion de sang, le rassura le roi. Nous allons faire scission dès que les inculpations seront lancées.

- Avez-vous vraiment ce qu'il faut ? s'enquit Harlock bien qu'il connaisse déjà la réponse.

- Nous disposons de huit cent trente bâtiments qui seront divisés en deux groupes commandés par Oscar pour le premier et le second par le prince de Turenne qui remplacera Svlotiania. Son père était un de mes amis. Il est mort, il y a peu. Il est du même âge qu'Oscar et a fait son cursus à l'académie militaire comme lui. Je lancerai un ultimatum à Kimura, vu qu'on n'arrivera pas à se débarrasser de lui. Il devra avoir quitté le pouvoir d'ici le premier décembre ainsi que tout son gouvernement sans quoi ce sera la guerre et je ne ferai pas de quartier. Je ne pense pas qu'il acceptera que la population se fasse massacrer.

- Et vous espérez qu'ils vont le faire ? se moqua Harlock. Vous croyez qu'il va gentiment se rendre avec son gouvernement pour que vous le fassiez exécuter ?

- En fait, il y a une autre solution. Je suis prêt à lui accorder la possibilité de partir en exil avec tous les responsables de la Résistance.

- Pourquoi un tel revirement ? s'étonna Harlock.

- Parce que je pense que Ryo a joué les andouilles pour nous endormir, mais qu'en fait, il n'ignore rien de nos projets. Depuis quelques temps, on a vu votre équipage, qui ne vous obéit plus depuis un bon moment, se rendre chez nos différentes cibles, les protéger puis les évacuer. De plus, mes espions au sein de l'armée m'ont révélé que les vaisseaux de la Résistance ont disparu. Je crains que l'épreuve supplémentaire que lui a imposé Oscar ne le pousse à commettre des actes désespérés en incitant le peuple à se révolter et à nous attaquer avec ces vaisseaux de guerre. Nous le savons tous les trois, l'armée démocrate perdrait forcément mais elle détruirait quelques-uns de nos appareils, ce qui serait une catastrophe. Nous avons besoin de toutes nos forces face aux Illumidas.

- Il est probable qu'il ait décidé de nous affronter en effet, supposa Hans.

- C'est bien ma crainte et même si nous l'emporterons à coup sûr, ce ne sera pas sans dommage, le général Martin a beaucoup d'expérience ! Quoi qu'il advienne en tout cas cela veut dire qu'il sait beaucoup de choses. Je pense qu'il les a obtenues par Eliza Zone.

- Pardon ? s'étonna Harlock.

Oscar lui aussi ne comprenait pas.

- Le domicile d'Oscar a été visité par Eliza Zone et ses amies. Elles ont attaché ma fille et fouillé dans l'ordinateur de mon gendre.

- L'ordinateur de mon bureau ? s'enquit Oscar d'une voix blanche.

- Oui, celui-là.

- Alors elle sait tout ! s'exclama Oscar, catastrophé, en s'écroulant sur son fauteuil.

- D'où les inculpations, comprit Harlock en souriant intérieurement.

- Ma fille est venue m'en parler après l'assassinat de Svlotiania.

« Elle doit trouver qu'Ellie commence à faire trop de dégâts et elle craint que son plan pour obtenir le pouvoir ne s'écroule, pensa Hans en se servant un deuxième verre d'alcool. »

- Quand a-t-elle piraté mon ordinateur ?

- Juste après la fouille de l'académie militaire.

- Si elle travaille avec Kimura, pourquoi a-t-elle pris le risque d'attaquer ?

- Parce qu'elle n'est pas idiote, Oscar, affirma Harlock. Nynna était foutue puisque de toute manière, tu l'aurais fait liquider une fois que tu n'aurais plus eu besoin d'elle, alors elle est passée à l'attaque. Soit ça marchait et elle sauvait son amie, soit l'épouse de Ryo y passait. Par manque de bol pour ce pauvre Ryo, ça a loupé et maintenant il va nous faire payer un maximum la perte de sa précieuse épouse.

- Il nous faut sauvegarder les apparences, décida le roi. On maintient le dîner d'inauguration de ce soir. Pas de soupe à la grimace, messieurs. Tout se passe comme prévu et comme la presse sera présente, je vous conseille de faire de grands sourires et d'être scandalisés par les accusations.

- A vos ordres, votre altesse, accepta Harlock docilement.

Le roi salua Harlock puis Oscar en fit de même. Harlock lui fit un sourire encourageant et le jeune duc partit un peu rassuré. Il ne pensait pas avoir mis Hans dans une telle colère. Après leur départ, Harlock regarda les véhicules quitter la propriété. Il poussa un soupir de soulagement et fila à l'aile l'ouest où il fut accueilli dans le petit salon par une Nynna en larmes et en colère. Elle se jeta sur lui et frappa son torse de ses poings. Hans comprenait sa rage, il la serra dans ses bras.

- Je veux que tu arrêtes de côtoyer ces pourris ! intima-t-elle. Lorsque tu es avec eux, je ne te reconnais plus ! Tu ressembles à un monstre sans cœur, jouant avec la vie de milliards de personnes ! Sans compter la manière dont tu as parlé d'Ellie !

- Calmes-toi, Nynna. Cela fait plus d'un an que je joue ce rôle. C'est vrai que, jusqu'à présent, ni toi ni Ryo n'aviez été témoin de cela mais dis-toi bien qu'Ellie s'est pris cela en pleine figure.

- Cela ne pouvait que me la détruire ! Elle avait une confiance absolue en toi ! Il faut la retrouver Hans, pour qu'elle sache enfin la vérité ! Pas étonnant qu'elle ait accepté de me sacrifier pour débarrasser la galaxie de monstres pareils !

Les petits la regardèrent, étonnés. Ils commençaient à croire que leur père avait fait de la peine à tata Nynna et ils lui firent les gros yeux puis ils allèrent consoler Nynna des misères de leur père. Harlock ne put s'empêcher de rire devant l'attitude de ses jumeaux.

Ryo arriva avec le procureur à dix-neuf heures. Il monta saluer le capitaine et trouva Harlock en train de se préparer pour la soirée. Il était particulièrement élégant. Il portait un pantalon noir qui le mettait en valeur, un sous-pull de la même couleur qui moulait son torse large et sa taille bien prise. Il termina sa tenue par un long manteau noir d'officier doublé de rouge. Ryo, en le voyant si élégant, siffla d'admiration, ce qui lui valut un regard courroucé du capitaine. Il alla dans la cuisine où il trouva les jumeaux en train de manger avec Nann et Nynna. Les policiers n'avaient pas perdu de temps ainsi que les militaires. Ils s'étaient tous empressés de s'attabler devant le repas succulent d'Eliasis et mangeaient avec appétit. Ryo s'assit à son tour en riant et invita le procureur à en faire de même. Harlock arriva quelques minutes plus tard et subi le sifflement admiratif de Nynna. Le commandant Chambers ne la suivit pas dans cette démonstration mais ses yeux qui s'égaraient sur l'anatomie du capitaine parlaient pour elle. Harlock n'avala rien. Il savait que ce soir, il allait devoir jouer avec les sentiments de la jeune Isabelle et cela le rendait malade. Il regarda longuement ses jumeaux. Il allait probablement se retrouver dans l'obligation de trahir à nouveau les sentiments qu'il avait pour leur mère et cela l'écœurait profondément. A vingt heures précises, tout le monde se réfugia dans l'aile l'ouest sous l'étroite surveillance d'Eliasis et d'Elliot Grant. Ryo et le procureur avaient à discuter de la suite des opérations. Nynna, sachant qu'elle allait avoir beaucoup d'échantillons à étudier, alla se coucher avant de démarrer son long travail.

Harlock se rendit dans la salle de bal. Tout était prêt, tout comme l'immense salon où était dressée la table en vue du dîner. La presse commença à s'approcher du château. Quelques minutes plus tard, les chaînes principales qui appartenaient toutes aux aristocrates, commencèrent à filmer le château qui resplendissait de mille feux. A sa grande surprise, Cathy Malone était elle aussi présente avec son caméraman. Elle n'allait pas se gêner de commenter l'attitude des aristocrates face au lourd deuil qui frappait le gouvernement.

Les premiers invités arrivèrent vers vingt et une heures. Harlock accomplit son devoir d'hôte à la perfection. Le roi arriva avec son épouse qu'il salua d'une manière des plus élégantes. Il en fit de même avec le duc de Péhant et sa jeune épouse, tout en lançant une œillade coquine à la jeune Isabelle en toute discrétion. Celle-ci lui répondit avec un charmant sourire. Beaucoup d'invitées présentes regardaient Harlock avec intérêt. Désormais, le duc Von Harlock n'avait plus que son charme, il avait aussi la fortune ce qui en aiguisait des convoitises. Certaines, qui étaient restées célibataires en attendant un bon parti, envisageaient sérieusement de tenter leur chance avec le capitaine de l'Arcadia. Ryo, qui craignait que son ami ne fasse une bêtise qu'il finirait par regretter plus tard, avait lâché plusieurs mouches espions destinées à surveiller le duc Von Harlock ainsi que tout ce qu'il se disait ou se passait pendant cette soirée. Eliasis avertit les autres sexaroïdes de la présence des insectes espions et leur indiqua de les laisser agir en toute liberté. En même temps qu'il discutait avec le procureur, Ryo surveillait du coin de l'œil les agissements de son ami. Il savait que celui-ci, depuis qu'il avait entendu les propos échangés entre Isabelle et Ellie, était bouleversé même s'il gardait son air serein. Plus d'une fois, Ryo avait vu son regard d'une infinie tristesse et cela avait provoqué chez lui une horrible douleur. Harlock observait la jeune Isabelle qui regardait régulièrement de son côté. Il lui fit plusieurs sourires discrets ce qui fit comprendre à la jeune duchesse que le capitaine s'intéressait à elle. Harlock avait décidé d'attendre que la soirée soit suffisamment avancée avant de s'éloigner de tout ce monde avec elle et de l'emmener dans un endroit discret pour la courtiser ouvertement. Il savait qu'il n'avait plus qu'une dernière étape à franchir pour que celle-ci lui fasse entièrement confiance. Isabelle, malgré sa grande jeunesse, avait beaucoup appris sur les hommes grâce à l'attitude plus que déplacée de son époux et, malgré le désir ainsi que l'amour qu'elle ressentait à l'égard du capitaine de l'Arcadia, elle se montrait prudente. Certes, elle lui faisait confiance, mais tant qu'il ne s'investirait pas totalement dans le plan qu'elle lui avait proposé, celle-ci resterait très relative. Hans allait devoir se montrer très prévenant et très affectueux pour faire croire à la jeune femme qu'il acceptait de l'aider. Il devait lui faire croire qu'il ne la voyait pas comme une gamine en colère à juste titre à l'égard de son père mais comme une femme apte à régner. Pour cela, il allait devoir devenir l'amant d'Isabelle et sans manifester la moindre hésitation au moment de passer à l'acte. Le roi Von Kiel avait bien remarqué les petites œillades aguicheuses qu'envoyait Harlock à sa fille, aussi, il décida de lui faciliter la tâche. Von Kiel le sentait, Harlock penchait de plus en plus vers lui. Les méthodes d'Oscar l'écœuraient et il ne voulait pas d'une prise de pouvoir faite dans le sang. Les regards du roi et du duc Von Harlock se croisèrent. Le roi lui fit un clin d'œil complice qui fit sourire Harlock. Il avait le feu vert de son altesse pour s'amuser avec sa fille. Il vit ensuite le roi aller discuter avec Oscar pour que celui ne se rende pas compte de l'absence de sa chère épouse. Hans passa devant Isabelle en lui faisant un sourire complice. Elle le regarda quitter la salle de bal et se diriger vers le salon. Elle le suivit discrètement et vit celui-ci l'attendre en souriant. Elle s'approcha de lui en lui rendant son sourire. Harlock la saisit par la taille et ils quittèrent la pièce. Ils grimpèrent à l'étage et à la grande surprise d'Isabelle, ils arrivèrent au niveau des chambres. Il l'entraîna vers celle qui était au fond du long couloir puis verrouilla la porte après qu'ils soient entrés. Isabelle ne put s'empêcher de rougir légèrement. Le cœur de Ryo se manifesta violemment dans sa poitrine lorsqu'il vit dans quel endroit Harlock avait emmené la fille du roi. Il paniqua en voyant Hans embrasser Isabelle passionnément en l'entraînant vers le lit. Harlock remarqua la petite mouche posée sur la table de nuit et, après avoir allongé Isabelle sur le lit, il l'écrasa violement du plat de la main ce qui fit sursauter la jeune femme. Ryo comprit que son ami avait décidé d'aller jusqu'au bout et il ne pouvait l'accepter. Il devait trouver le moyen d'arrêter Hans au plus vite. Il se tourna vers le procureur.

- Est-ce que tu as les convocations sur toi ? s'enquit-il, paniqué.

- Quelques-unes, indiqua le procureur.

- Est-ce que tu as celle de Hans ?

- Oui, ainsi que celle du duc de Péhant.

- Signe-les vite !

Le procureur s'inclina et signa les documents en parafant chaque page. Il les donna à Ryo qui se tourna vers le policier.

- Il faut que l'un de vous aille les amener au bal, s'il vous plait, supplia Ryo. Je sais que vous n'avez pas envie d'entrer dans ce panier de crabes, amis, il faut à tout prix empêcher Hans de faire cette connerie !

Face à ce regard désespéré, Mitchell céda et tendit la main.

- Je vais les emmener, accepta-t-il.

- Je vous remercie ! s'exclama Ryo avec reconnaissance en donnant les documents.

Mitchell descendit rapidement les escaliers et prit le véhicule. Il sortit en trombe et quitta la propriété par le passage secret pour se rendre au niveau de l'entrée principale. Il présenta sa plaque de police devant les deux miliciens qui gardaient l'entrée puis il entra en trombe dans la cour. Il bondit de son véhicule et entra dans le château. Un silence de plomb s'abattit dans la salle de bal lorsque le policier entra.

- Mesdames, messieurs, je suis venu remettre des convocations du procureur Krieg au duc Von Harlock et au duc de Péhant, annonça-t-il d'une voix glaciale.

Von Kiel s'approcha en colère.

- Ce n'est pas une heure pour remettre ce genre de papiers ! Je vous conseille de repartir.

- Je suis là sous les ordres du procureur Krieg et je dois remettre ces inculpations aux principaux intéressés en main propre, insista Mitchell

Le duc de Péhant s'approcha et vint prendre son papier. Son regard était dur mais celui du policier l'était encore plus.

- Où est le duc Von Harlock ? s'enquit-il.

- Il est occupé pour le moment, tenta le roi. Vous n'avez qu'à repasser demain !

Mitchell eut un ricanement et se dirigea vers l'intérieur du château. En arrivant devant les escaliers monumentaux, il fut arrêté par un sexaroïde.

- Veuillez me laisser passer ! ordonna Mitchell.

- Je suis désolé, monsieur, mais c'est un ordre du duc Von Harlock. Vous ne pouvez avoir accès à l'étage !

Ryo, en entendant cela, se tourna vers Eliasis.

- Qu'est-ce que ça veut dire ! s'exclama-t-il. Est-ce que tu peux contrer cet ordre ?

- Non, monsieur, je suis désolée.

- Dans ce cas, va prévenir Hans qu'une convocation auprès du procureur Krieg doit lui être remise.

- Je ne peux pas, monsieur, j'ai reçu ordre de veiller sur vous et de ne laisser personne sortir de l'aile Ouest pour accéder au reste du château.

Ryo se rassit, catastrophé. Mitchell, quant à lui, décida de rester à attendre le retour du capitaine de l'Arcadia sous le regard courroucé de l'ensemble de l'aristocratie présente.

Harlock, qui ignorait tout de la tentative désespérée pour l'empêcher de trahir Ellie, poursuivait ses caresses langoureuses sur le corps de la jeune Isabelle. Il déposa des baisers sur sa gorge. Il défit les attaches de la robe et commença à faire glisser le bustier. Sa langue glissa de sa gorge vers la pointe du sein gauche de la jeune femme qu'il suçota et mordilla doucement ce qui fit gémir de plaisir Isabelle qui caressait la masse de cheveux de cet homme qui la fascinait. N'y tenant plus, elle attira le visage d'Harlock vers le sien puis elle l'embrassa fougueusement tout en caressant le torse large du capitaine. Ses mains glissèrent vers la taille puis s'approchèrent de l'intimité du capitaine qu'elles se mirent à caresser doucement. Le dragon d'Harlock se dressa vigoureusement et la main de la jeune duchesse se glissa à l'intérieur du pantalon d'Harlock et s'empara de son intimité qu'elle caressa voluptueusement. Oscar avait été un bon professeur. La jeune Isabelle savait très bien s'y prendre. Harlock déshabilla le haut de son corps et ouvrit son pantalon pour que son membre soit prêt à l'action. A sa grande surprise, Isabelle repoussa doucement Harlock et engouffra le fier dragon qu'elle titilla de sa langue. Harlock gémissait de plaisir tout en suivant le mouvement. Après plusieurs minutes de cette douce torture, il sortit son membre et se pencha vers Isabelle qu'il embrassa passionnément en la rallongeant sur le lit. Il le sentait Isabelle était fin prête mais il décida de s'en assurer. Il déshabilla entièrement la jeune femme puis glissa sa main entre les cuisses de la fille du roi. Il caressa son intimité voluptueusement et celle-ci gémissait de plaisir. Décidément, la blanche colombe sortie de son couvent avait bien changée. Il sortit ensuite une protection qu'il plaça sur son dragon puis il pénétra la fille du roi Von Kiel. Celle-ci en subissant les coups de rein d'Harlock atteignit un plaisir inégalé. Elle cria son extase et Harlock veilla à ce que la jeune duchesse atteigne des sommets à plusieurs reprises, Il se mit sur le dos et Isabelle le chevaucha avec un plaisir grandissant jusqu'au point de non-retour. Elle s'effondra épuisée sur le capitaine qui atteignit à son tour le plaisir. Il regarda l'heure. Cela faisait une heure qu'il était parti avec Isabelle, il était temps de retourner auprès des invités avant que ceux-ci ne se doutent de quelque chose. Il sourit à Isabelle et l'invita à se rhabiller.

Ils retournèrent ensuite discrètement à la fête. Harlock, en constatant le silence de plomb dans la salle de bal, commença à s'inquiéter. Isabelle se cacha dans une zone tranquille et attendit pour faire croire à tout le monde qu'elle était là depuis le début. Harlock se faufila à travers la foule qui lui sourit. Il vit ensuite Mitchell en bas de l'escalier monumental, face à un de ses sexaroïdes, une convocation du procureur à la main. En le voyant, Mitchell par réflexe, regarda sa montre et se rendit compte qu'il attendait depuis une demi-heure. Il fit un rapide calcul dans sa tête entre le moment où Ryo s'était rendu compte que le capitaine comptait aller jusqu'au bout avec Isabelle Von Kiel et la réapparition du capitaine dans la salle de bal, près d'une heure s'était écoulée. Harlock avait eu largement le temps de faire sa petite affaire avec la fille du roi. Il jeta un rapide coup d'œil dans la salle et le visage irradiant de bonheur de la jeune femme lui confirma ses craintes. Il n'y avait plus à douter sur ce qu'il s'était passé pendant cette longue absence. Harlock vit le regard empli de rage du lieutenant et eut un ricanement. Il s'approcha du lieutenant avec un sourire moqueur sur les lèvres.

- Que vous arrive-t-il, lieutenant ?

- J'ai une inculpation à vous remettre, monsieur ! annonça Mitchell avec une pointe de colère dans la voix.

- En voilà toute une histoire pour un vulgaire papier, se moqua Harlock.

- Je vous attends depuis plus d'une demi-heure, monsieur.

- Que voulez vous, j'ai bien d'autres choses à faire que m'occuper des minables petites tentatives du procureur pour nous intimider, le railla-t-il.

Cette remarque fit rire la foule et le lieutenant s'en alla sans le saluer. Mitchell était écœuré. Il monta dans sa voiture et quitta la propriété en trombes. Ryo avait vu les deux tourtereaux revenir grâce à sa mouche espionne et cela l'avait anéanti.

« Pardonne-moi, Ellie, s'excusa-t-il en pleurant. Je n'ai pas pu l'empêcher de te trahir. »

Ses larmes se mirent à couler sous le regard désolé de toutes les personnes présentes. La fête reprit à la demande du duc Von Harlock. Il fit un clin d'œil au roi Von Kiel qui regarda du côté de sa fille. Celle-ci rayonnait de bonheur et le roi se doutait ce que le duc Von Harlock avait fait pour la rendre si heureuse.