Chapitre 42 : Echec et conséquences.
La nouvelle fut diffusée deux jours plus tard, le duc de Péhant avait été grièvement blessé lors d'une violente agression sur Mars. Il n'était fait nulle mention de la présence d'Aristote Zone à ce moment-là. Bien entendu, le groupe d'aristocrates qui se trouvaient du côté d'Oscar s'empressa d'accuser Eliza Zone de ce crime, ce qu'ils prouvèrent sans problème grâce à des vidéos. Ils s'empressèrent ensuite d'impliquer Ryo Kimura, soutenant que celui-ci avait probablement commandité cette tentative manquée d'assassinat. Ryo regardait le journal télévisé sans rien dire. Il savait qu'à l'heure actuelle, Toshiro avait dû relayer l'information à son ami. Pour Ryo, si le duc de Péhant s'en sortait, il ne restait plus qu'une solution pour sauver la vie des membres de la Résistance, un seul espoir qu'Ellie refuserait de toute son âme.
A bord de l'Arcadia, les personnes embarquées apprenaient la triste nouvelle. Pour Ellie, le choc fut rude. Elle se mit à trembler comme une feuille en regardant le père de ses jumeaux. Elle ne pouvait pas accepter cela. Elle allait le perdre. Hans allait se sacrifier pour offrir à l'humanité une dernière chance de s'en sortir. Le capitaine regarda vers elle et vit son visage ruisselant de larmes. Il s'approcha d'elle pour la prendre dans ses bras. Ellie n'avait plus de force. Elle s'effondra dans ses bras, pleurant sans s'arrêter. Harlock avait beau lui dire de se calmer, elle en était incapable. Dans la base de retrait, l'ensemble des personnes présentes qui étaient sous la responsabilité de Kei et de Yattaran apprenaient à leur tour la triste nouvelle et la terrible accusation portée contre Ryo Kimura. Les deux lieutenants se regardèrent. Ils étaient au courant pour le plan désespéré d'Ellie pour sauver l'Arcadia et ils se doutaient de l'amère déception de celle-ci. L'équipage avait accepté d'accompagner son capitaine jusqu'au bout et choisit de rester avec lui avec toutes les conséquences que cela impliquait. La mort n'était plus très loin mais aucun d'eux ne ressentait la moindre peur. Ils avaient liés leur destin à celui du capitaine et ils espéraient bien faire suffisamment de dégâts à la troupe d'Oscar de Péhant afin que le roi Von Kiel prenne le pouvoir et ainsi éviter le massacre de milliards d'innocents. Peu importait si ils n'assistaient pas à la chute de la dictature, celle-ci viendrait, ils en étaient certains. La Résistance ne renoncerait jamais et c'était pour cela que ses membres représentaient une telle menace pour les aristocrates.
Yattaran regarda vers la passerelle et vit le docteur Kimura, qui était venu voir ses autres enfants, regarder fixement les images qui défilaient sur l'écran géant. Son visage était fermé mais le premier lieutenant se doutait du conflit intérieur qui devait faire rage dans l'âme du psychologue. Le docteur Kimura craignait plus que tout la décision de son fils. Il pouvait très bien changer d'avis et si c'était le cas, malgré la grande fierté qu'il en ressentirait, Ken Kimura aurait le cœur brisé. Autant il souhaitait que son enfant ne revienne pas sur sa décision autant il savait que cela ne pourrait que montrer sa totale intégrité et la fidélité à la cause qu'il défendait si il le faisait. Le docteur soupira de désespoir. Il s'agissait de sa chair de son sang. Le cœur souffrant le martyr, il décida de retourner sur Amos pour soutenir son fils quelle que soit sa décision.
Harlock emmena Ellie dans sa cabine afin de rester auprès d'elle le plus longtemps possible en espérant la réconforter. Il savait que le temps passé ensemble était désormais compté. Alors que la nuit tombait sur la capitale d'Amos, l'Arcadia amorçait sa descente. Eliasis, avertie de l'arrivée du propriétaire du château, avait pris un tout terrain blindé qu'elle avait mené jusqu'à la piste d'atterrissage de l'Arcadia à l'académie militaire. A bord, dans la cabine, les enfants observaient leurs parents. Ils semblaient si malheureux, surtout leur maman. Elle restait cramponnée à leur père et semblait incapable de cesser de pleurer. Même si cela ne lui plaisait pas, Harlock allait devoir utiliser la même technique que lors de son sauvetage. Il plaça ses doigts au niveau de la nuque.
- Je t'aime, murmura-t-il au creux de son oreille.
Il appuya sur les deux points de pression et la jeune femme perdit connaissance. Il essuya son visage en souriant avec douceur.
- Maman triste ? s'inquiéta Franck.
- Très triste, papa et maman ne pourront pas rester ensemble à jamais, mes chéris, avoua Harlock en plaçant Ellie au creux de ses bras.
Il se leva, la tête de la jeune femme posée contre sa poitrine.
- Venez mes poussins, il faut descendre de l'Arcadia à présent, les invita Harlock.
Les petits obéirent. Ils quittèrent l'Arcadia docilement. Toshiro ayant piraté l'ensemble des caméras de vidéosurveillance, tout le monde put embarquer dans le véhicule discrètement. Harlock se plaça sur la dernière banquette avec ses enfants tout en continuant de serrer la femme qu'il aimait contre lui Les policiers et Nynna s'installèrent sur les deux autres banquettes.
- Où allons-nous, monsieur ? l'interrogea Eliasis.
- A la base où est gardée Sylvidra, Ellie veut la voir, ordonna-t-il d'une voix douce.
Nynna caressait avec tendresse son ventre. L'échec changeait la donne et elle commençait à sérieusement s'inquiéter. Elle craignait que l'enfant qu'elle portait ne grandisse sans son père. Elle connaissait assez Ryo pour savoir qu'il avait cédé au capitaine à contrecœur et qu'il n'était pas impossible qu'il revienne sur cette terrible décision. Des larmes roulèrent sur ses joues qu'elle s'efforça de cacher. La voiture, grâce au moteur électrique, quitta silencieusement les quais de l'académie pour s'enfoncer dans la ville. Eliasis roulait tous feux éteints, sa vision nocturne lui permettait de se passer de ceux-ci et ainsi de traverser les quartiers beaucoup plus discrètement. Elle évita la totalité des quartiers couverts par les caméras de vidéosurveillance. Le véhicule traversa la ville et s'enfonça dans la campagne endormie. La base était très éloignée. C'était une ancienne base abandonnée datant d'avant la victoire de Gaia que tout le monde avait oublié à part les Résistants qui y avaient certaines de leurs réunions secrètes. Après la victoire, qui fut finalement bien éphémère, Ryo y avait fait construire une base militaire souterraine. Sylvidra y était gardée avec sa belle-fille et le reste de ses sujettes. La voiture mit plus de deux heures pour parvenir à la base. Eliasis envoya un signal afin de s'identifier et un pan du mur d'enceinte glissa afin de laisser passer le tout-terrain. La voiture descendit vers la zone souterraine dont la porte s'ouvrit à son tour pour se refermer directement après son passage. Eliasis se gara près de l'ascenseur et l'ensemble de la petite expédition descendit. Plusieurs membres de la Résistance, vêtus en tenue de soldats, les saluèrent. Elliot Grant les attendait dans le salon principal où trônait une imposante table en bois. Lorsque le petit groupe entra, il sourit en voyant les enfants du capitaine bailler à s'en décrocher la mâchoire. Cela faisait tard pour les petits bouts de chou. Harlock était lui-même surpris de l'endurance de ses jumeaux qui ne s'étaient pas plaint une seule fois alors qu'ils avaient dû marcher tout du long du chemin.
- On a des chambres libres, capitaine, vos enfants vont pouvoir dormir, sourit Elliot.
- Merci.
Il allongea Ellie sur le canapé en cuir noir qui occupait tout le mur du fond. Il suivit Elliot avec ses enfants pendant que le reste du groupe restait avec Ellie. Nynna regardait Ellie avec sollicitude car elle savait qu'elle avait de fortes chances de se retrouver dans la même situation qu'elle. La chambre fournit par Elliot était agréable. Harlock s'assura qu'il n'y avait rien de dangereux à l'intérieur pour ses enfants puis il les coucha en les bordant soigneusement et en les embrassant avant de partir. Il verrouilla la porte par précaution, ne souhaitant pas que ces petits se retrouvent à vadrouiller dans une base militaire. Les jumeaux fixèrent longtemps cette porte qui les séparait de leur père. Même si ils ne pouvaient tout comprendre, leur cœur d'enfant ne les trompait pas. Quelque chose de terrible était arrivé et ils sentaient le malheur planer au-dessus de leur famille. Ils finirent par s'endormir serrant de toutes leurs forces leur doudou, le dauphin bleu pour Franck et le kiki Harlock pour Marie. Harlock retourna dans le salon. Il ne souhaitait pas réveiller Ellie. Il préférait la laisser dormir. Il la regardait fixement. D'un certain côté, il en était à souhaiter qu'elle ne se réveille pas jusqu'au jour fatal où ils devraient se séparer afin que la femme qu'il aimait ne passe pas les quatre dernières semaines qui les menaient à l'échéance fatale à constamment penser au pire qui ne manquerait pas d'arriver. Harlock avait accepté sa fin depuis longtemps mais il savait que celle-ci allait faire un mal incommensurable à la femme qu'il aimait. Il aurait tant voulu lui épargner cela.
- Vous devriez aller dormir, je ne vais pas la réveiller maintenant. Elle verra Sylvidra demain, décida-t-il.
- Je ne vais pas arriver à trouver le sommeil, avoua Nynna. Je préfère rester ici avec toi.
Ann et Sandy ne pouvant rien faire pour leur amie, suivirent Elliot qui les emmena à leurs chambres respectives. Les policiers allèrent se prendre un café dans la salle de repos. Harlock regarda Nynna avec inquiétude et vit le visage ravagé par l'angoisse de la future maman. Une fois le café pris, Elliot leur proposa des chambres pour se reposer. Les policiers ne se firent pas prier, ils étaient épuisés et leurs yeux se fermaient d'eux-mêmes. Harlock s'installa sur une chaise. Nynna se posa sur le canapé, fermant les yeux en souhaitant de toutes ses forces de cesser de penser au pire mais c'était peine perdue. Ellie se réveilla quelques heures plus tard, à la levée du jour. Nynna avait finalement réussi à s'endormir. Elle se reposait, la tête installée sur un pull roulé en boule destiné à protéger sa tête de la dureté de l'accoudoir. Ellie vit son amour qui la regardait avec douceur. Son cœur saigna à nouveau. Harlock se leva et lui servit un verre d'eau qu'il lui amena. Il s'installa sur une chaise en face d'elle en attendant qu'elle vide son verre.
- Je veux que tu cesses de penser à tout cela, ordonna-t-il. Je ne veux pas qu'on gâche le temps qu'il nous reste ensemble à penser au moment où on risque d'être définitivement séparé.
- Comment veux-tu que j'oublie cela ? murmura Ellie. Je lui ai tiré une balle dans la tête ! Il aurait dû mourir ! Comment cela a-t-il pu échouer ?
- Ellie, nous avons quatre semaines devant nous et il est hors de question de penser à cela pendant tout ce temps, insista-t-il fermement.
- Il y a encore une possibilité, Hans, proposa-t-elle en pleurant. Je ne veux pas te perdre et je suis prête à tout pour cela ! Tout ce que tu as à faire, c'est de rester infiltré. Isabelle t'aime, tout ce qu'elle veut c'est t'épouser, qui plus est, Oscar ne pourra pas gagner si tu diriges les troupes de Von Kiel !
- Est ce que tu te rends compte de ce que tu me demandes ? s'insurgea Harlock. Je t'aime, Ellie et tu me demandes de nier cela pour pouvoir survivre loin de toi en étant marié à une gamine qui est au moins aussi ivre de pouvoir que son père !
- Tu pourrais la raisonner et tu saurais prendre soin des habitants de la galaxie en tant que roi ! insista Ellie.
- Qui couvrira la fuite des Résistants ? l'interrogea Harlock durement.
- Pas toi en tout cas, ni l'Arcadia, soutint Ellie. Tu sais très bien que ton vaisseau et ton équipage pourraient vivre très bien dans l'îlot de l'Ombre Morte.
- Et je laisse le duc de Péhant attaquer les vaisseaux en fuite c'est ça ? s'enquit Harlock, écœuré. Tu te dis que quelques-uns vont se faire massacrer mais pas tous. Peu importe de sacrifier quelques milliers de personnes tant que cela permet d'épargner ma vie ? Et si le vaisseau attaqué est celui où tu te trouves avec nos enfants ?
Les larmes d'Ellie se mirent à couler.
- Je vois, tu me confies Franck et Marie pour qu'ils vivent en sécurité et tu pars mais seule comprit Harlock, atterré. Hors de question, Ellie ! Si je veux que ce système finisse par s'écrouler, il faut sauver un maximum de monde et toi incluse, ne t'en déplaises, mon amour !
Ellie s'effondra en pleurs.
- Comprends moi, ma chérie, ce que tu me demandes est impossible, refusa Harlock. Je ne peux pas faire cela. Alors je t'en prie, accorde-moi le droit d'être auprès de toi sans que toute cette affaire vienne à gâcher ces précieuses dernières semaines qu'ils nous restent.
Il souleva le visage de la mère de ses jumeaux et l'embrassa avec tendresse. Ellie se blottit contre lui. Elle s'efforça de faire cesser ses larmes. Harlock avait pris sa décision et elle savait que rien ne le ferait changer d'avis. Elle avait échoué et le prix de cet échec était exorbitant. Ses enfants allaient grandir sans leur père. Harlock l'éloigna d'elle et planta son regarda dans le sien. Il y vit toute la tristesse du monde mais aussi l'acceptation de sa décision. Il lui sourit avec amour. Ellie embrassa cette main qui lui caressait la joue.
- Marie et Franck ? s'enquit-elle d'une voix résignée.
- Ils doivent encore dormir, je les aie couché très tard hier soir, avoua Harlock, gêné.
- Est ce que je peux voir Sylvidra avec Nynna ?
- Pourquoi as-tu besoin de Nynna ? s'étonna Harlock.
- Parce qu'elle est chercheuse en génétique et je suis certaine que c'est elle qui a dû faire les analyses dont tu avais besoin, affirma Ellie en lui faisant un pâle sourire.
Elle se leva suivit par Harlock. Tous deux quittèrent la pièce pour se rendre en cuisine afin de prendre un petit déjeuner léger. Nynna, qui avait entendu la totalité de la conversation, laissa ses larmes couler. Elle comprenait tout à fait la tentative désespérée d'Ellie pour essayer de sauver l'homme qu'elle aimait. Elle-même n'aurait pas agi différemment si elle avait été dans la même situation. Elle prit tout le temps nécessaire pour se calmer puis elle rejoignit ses amis sans que son visage ne laisse rien transparaître de l'angoisse qui la rongeait tout comme la tristesse qu'elle ressentait pour la souffrance d'Ellie. Harlock lui proposa une tasse de café qu'il lui servit dans une grande tasse. Ils avaient peu dormis et la journée promettait d'être longue aussi la dose de caféine fut la bienvenue. Nynna avala sa tasse en entier avec quelques tartines de pain beurré tout en essayant d'orienter la conversation sur des sujets beaucoup plus légers que celui qui les préoccupait tous. Elliot les guida ensuite à travers le labyrinthe de la base jusqu'aux cellules. La zone était très sécurisée. Les nouveaux venus furent surpris de trouver le docteur Kimura installé sur une chaise face à la cellule surprotégée de Sylvidra.
- Docteur Kimura ? s'étonna Ellie.
- Bonjour, Ellie, la salua le médecin en venant vers elle.
Il la prit dans ses bras. Le regard de la jeune femme lui avait fait mal. Il était si désespéré. Ken fit un triste sourire à sa belle-fille. Celle-ci comprit que tous deux angoissaient pour la même chose. Par respect pour Ryo, ils ne parlèrent pas de leurs craintes au capitaine de l'Arcadia. La décision du chef du gouvernement lui appartenait et ils ne voulaient pas utiliser l'amitié qu'Harlock portait à Ryo pour le forcer à choisir la fuite avec la plus grande partie de la Résistance. Il s'éloigna d'Ellie. Celle-ci tenta de sourire pour le rassurer ce qui eut l'effet inverse. Le médecin ne lui dit rien mais il s'éloigna quelques minutes avec Harlock.
- Vous allez devoir la placer sous surveillance constante, Hans. J'ai peur qu'elle ne tente une nouvelle manœuvre désespérée en espérant vous sauver.
- Ne vous inquiétez pas, j'ai déjà donné des ordres à l'ensemble des sexaroïdes de mon château. Elle ne pourra pas s'échapper une fois qu'elle sera à l'intérieur.
- Et pour le premier décembre ? s'inquiéta Ken.
- Elle dormira au moment où je la ferai transférer sur le vaisseau qui devra l'emmener loin d'ici avec nos enfants, révéla Harlock.
Les deux hommes observèrent les deux femmes qui se dirigeaient vers la cellule de la reine. Ellie devait retrouver son calme pour pouvoir arriver à affronter la reine. Celle-ci fut très surprise en voyant la jeune femme se placer devant elle, accompagnée d'une blonde aux cheveux mi- longs bouclés qu'elle n'avait jamais vu.
- Eliza ? s'exclama la reine abasourdie.
- Bonjour, Votre Altesse, la salua-t-elle.
- Harlock vous a donc récupéré. Pourtant vous ne semblez pas nager dans le bonheur, vous avez le même regard que lorsque mes troupes ont abordés le vaisseau-cité, commenta la reine avec un sourire en coin.
- Je suppose que vous savez ce qu'il se passe en ce moment, avança Ellie.
- J'ai eu certains échos, ricana la reine. La lutte est perdue, n'est-ce pas ?
Nynna regarda la reine durement ce qui fit sourire celle-ci.
- A qui ais-je l'honneur ? s'enquit la reine avec un sourire méprisant en regardant Nynna.
- Nynna Summer Kimura, rétorqua celle-ci.
- Voyez-vous cela, la belle fille de ce cher docteur qui envisage de soigner mon pauvre cœur blessé, se moqua la reine.
- Ce ne serait pas plutôt vos problèmes psychiatriques qu'il cherche à résoudre ? grinça Nynna.
- Vraiment ? s'étonna faussement la reine. Pourtant, il ne cesse de m'interroger sur ma vie amoureuse et de revenir à la charge. D'après ce que j'ai compris, il craint que je n'ai fait subir quelques mauvais traitements à votre cher Harlock pendant qu'il était sous mon emprise.
- C'est le cas ? s'enquit Ellie calmement.
- Qui sait ? se moqua la reine. Il n'y a que moi qui peux savoir car même ce cher capitaine ne peut s'en rappeler.
- Vous bluffez, Sylvidra, soutint Ellie. Et je ne suis pas là pour que vous jouiez avec mes nerfs.
- Avouez que si vous appreniez que je lui ai fais du mal physiquement cela vous rendrait violente et même terrifiante si j'en crois ce que vous avez fait subir au duc de Péhant.
- Je vous le répète, vous bluffez, affirma à nouveau Ellie.
La reine désirait la faire sortir de ses gonds. Depuis qu'elle savait la vérité sur les sentiments d'Harlock, elle ne souhaitait qu'une seule chose : faire souffrir Eliza Zone au maximum. Si elle ne pouvait l'atteindre physiquement, elle pourrait le faire verbalement.
- Réfléchissez, Ellie, il était sous ma totale emprise, en parfait chien docile, complètement maté.
Ellie éclata de rire.
- A quel moment, dites moi Sylvidra ? se moqua Ellie. Car il n'était absolument pas sous l'emprise de vos nanos lors de son deuxième séjour dans votre lit ! Il vous a juste satisfaite en espérant récupérer son fils.
La reine se rembrunit.
- Je parle de la première fois, soutint-elle.
Harlock avait envie d'intervenir mais le médecin le retint. Il tenait à ce que la conversation aille jusqu'au bout. La reine eut un rire cruel.
- Je me suis bien amusé avec lui, affirma la reine. Un gentil esclave sexuel, voilà ce qu'il était. Je l'ai même fait participer à des partouzes sans qu'il le sache. Et si vous pensez que le duc de Péhant est le seul homme à avoir exploré son intimité, vous vous trompez.
Ellie éclata de rire. Elle sortit l'enregistrement audio qu'elle avait fait de la conversation entre son père et le duc de Péhant. Elle cala l'enregistrement sur une zone bien précise qu'elle passa en boucle
"- La liaison que tu as eue avec elle t'a ramolli le cerveau. Elle ne se contentera pas de cela.
- C'est vrai il faudrait songer à lui filer ton cher Harlock. Une fois qu'on lui aura rendu l'amour de sa vie, elle partira bien sagement et de toutes manières nous n'aurons plus rien à craindre d'elle avec nos soldats hybrides et nos vaisseaux. Sans compter qu'une fois que nous aurons vaincu les Illumidas nous disposerons de territoires supplémentaires, Sylvidra ne pourra rien contre nous. Mais pour pouvoir accomplir tout ceci, il faut que l'on sache résoudre les problèmes psychologiques occasionnés par l'hybridation.
- Elle n'est pas amoureuse d'Harlock ! objecta Oscar fermement en serrant les poings
- Oh si, elle l'est ! Je dirai même à la folie, affirma Zone. Je le sais car je lui aie fait prendre du Mirasu lors d'une nuit que j'ai passé avec elle et tu peux me croire que lorsqu'elle couchait avec moi, elle n'y allait pas à fond car le lendemain j'étais dans un triste état et pourtant, à l'époque, j'étais jeune ! En ce temps-làj'étais amoureux d'elle et je voulais savoir si c'était réciproque. J'ai vite déchanté en l'entendant gémir le nom d'Harlock pendant que je la faisais jouir, avoua Aristote. Je sais que tu aimes Harlock mais notre victoire ne se fera pas sans sacrifice."
- Si vous cessiez de mentir, Sylvidra ? conseilla Ellie en jetant le lecteur dans la cellule de la reine. Jamais vous n'auriez fait du mal physiquement ou moralement à Hans, à l'époque. De plus, je suis certaine que jamais vous n'auriez accepté de partager ses charmes avec quiconque. Vous avez décidé de le détruire juste parce qu'il vous refusait son cœur. Et pour cela vous avez été jusqu'à tuer l'enfant que vous avez eu de l'homme que vous aimez. Maintenant si nous en venions aux choses sérieuses ? Je vais passer sur le détail que vous vous êtes tapé mon père, ce qui n'est pas banal.
- Une très bonne affaire au lit, cela dit ! répliqua la reine.
- Je suis ravie d'apprendre qu'il est au moins bon à quelque chose, rétorqua Ellie. Je suppose qu'à force de mépriser l'humanité et d'écouter votre libido, vous avez dû manquer de prudence et c'est comme ça que mon père a été au courant pour le virus que vous prépariez, supposa Ellie.
La reine commençait à s'énerver et même si son visage ne montrait rien, ses yeux parlaient pour elle.
- Mon père, pour contrer l'effet de ce virus, a demandé à des chercheurs en génétique de trouver une solution.
Nynna sortit sa tablette numérique et afficha le dossier.
- Ils ont procédé à une hybridation partielle de leur ADN, ce qui n'a pas été sans conséquences sur leur comportement, révéla Nynna en donnant la tablette à Sylvidra.
Celle-ci regarda les prélèvements ADN puis elle éclata de rire.
- Quelle bande d'idiots ! s'exclama la reine.
- Connaissez-vous le moyen de régler le problème ? l'interrogea Ellie.
- Ca dépend, affirma la reine avec le sourire de la victoire.
- Vous voulez négocier n'est-ce pas ? comprit Ellie. Qu'est-ce que vous voulez ?
- En échange du remède ? Plusieurs choses que vous ne serez pas en mesure de refuser sauf si vous voulez que l'ensemble de l'humanité ne s'entretue. Je vous fournirai le traitement en échange de ma liberté et de celle de mes sujettes prisonnières. Je veux le droit de partir avec mon vaisseau.
- Rien que cela ! s'insurgea Nynna.
- Bien sûr que non, sourit la reine. Je veux Harlock et je veux Kimura aussi.
Nynna en entendant cela pâlit.
- Réfléchissez, Ellie, vous et moi nous savons très bien qu'Harlock refusera de fuir, soutint la reine. A bord de mon vaisseau, il serait en sécurité tout comme votre cher Ryo, Nynna. Je dois dire que, sous ses airs de petit ange, je suis certaine que c'est un vrai volcan au lit tout comme Harlock cache bien son jeu sous ses airs glacials.
- Donc, vous pouvez réellement nous donner le moyen de réparer les dégâts sur les gênes X30, X24 et Z12 ? l'interrogea Ellie.
Nynna regarda son amie, abasourdie.
- Bien sûr ! soutint la reine. Je vous fournirai le traitement.
- Mais qu'est-ce qu'elle raconte ? Ces gênes n'existent pas ! s'insurgea Nynna.
- Je sais. Comme je ne suis pas généticienne, j'ai donné des noms au pif et la reine ne s'y connaît pas plus que moi en génétique. Elle ne peut pas nous aider, conclut Ellie. Vous êtes nulle au bluff, Sylvidra.
- J'ai pourtant les chercheurs qu'il faut pour ça ! Il faut juste que j'aille les chercher ! se récria la reine.
- Où ça ? Même si vous avez des unités cachées, elles sont bien trop loin et nous manquons de temps ! rappela Ellie. Tu peux prévenir Ryo que l'on ne peut espérer de l'aide provenant de la reine, Nynna ! Elle n'a peut-être même plus de chercheurs parmi les survivants de son peuple.
- C'est là où vous vous trompez, Ellie ! affirma durement la reine. Lorsque Harlock a attaqué mes vaisseaux, il n'a pas attaqué ce qu'il me restait de troupes, comme il le croit, j'ai bien d'autres vaisseaux cachés ailleurs avec les chercheurs nécessaires !
- Je vous l'ai dis, nous n'avons pas le temps et de toute manière, il n'y a peut-être pas de traitement ! rétorqua Ellie. La discussion s'arrête là ! Je vais réitérer mon conseil à Ryo. Il est temps de libérer la galaxie de votre présence, Sylvidra !
- J'ai du mal à comprendre une telle colère de votre part, c'est pourtant de bonne guerre. Cette rancœur que vous avez à mon égard me surprend ! Serait-ce parce que je me suis permise de vous faire souffrir en vous faisant assister à un de mes ébats avec le capitaine de l'Arcadia lorsque vous vous êtes livrée ? s'étonna la reine.
Nynna en apprenant cela fut écœurée. Ainsi donc, Ellie avait été torturée psychologiquement par ce monstre. Harlock, inquiet, observait la scène. Ellie n'allait pas très bien et cette manie de sans arrêt retourner le couteau dans l'une des innombrables plaies de la femme qu'il aimait n'allait pas arranger les choses. Le docteur Kimura pensait au contraire qu'Ellie était suffisamment forte pour supporter les propos de la reine. Pour lui, c'était Sylvidra qui commençait à perdre de son assurance et qui devait commencer à nourrir quelques craintes vis-à-vis d'Ellie. Dès qu'il avait su que celle-ci voulait parler à la reine, il avait préparé le terrain en révélant à Sylvidra les sévices qu'Ellie avait fait subir au duc de Péhant pour avoir oser s'en prendre au père de ses jumeaux. Sylvidra ne réalisait pas encore l'horreur de sa conduite en tuant son enfant.
- Vous n'auriez pas dû tuer Mark, tout comme vous n'auriez pas dû broyer les souvenirs de Hans de son premier amour, de Maya.
- Je vous en prie ! Ne me dites pas que sa mort vous a affecté, vous aviez projeté de tuer mon fils lorsque vous êtes venue ! J'en suis certaine !
- Vous faites erreur, Sylvidra. Je m'étais livrée en espérant le sauver. Je lui ai fait prendre des antinanos crées par Ryo qui ont fini par vaincre celles que vous avez implantées mais vous les avez programmés pour que celles-ci se transforment en poison si on tentait de sauver Mark. Vous êtes un monstre ! Vous n'aviez pas le droit de tuer votre fils, Sylvidra ! Le reste était de bonne guerre, je le reconnais mais tuer votre enfant, c'est quelque chose que je n'accepte pas ! Tout ça pour faire du mal à son père et en interdisant à votre fils qui vous a toujours été dévoué le droit d'être heureux. Sans compter vos plans d'extermination. Vous laisser en vie serait beaucoup trop risqué !
- Ce n'est pas à vous de prendre la décision mais à Kimura ! affirma la reine en tremblant. Et quelque chose me dit que j'ai encore une chance de négocier avec lui. Vous n'êtes pas rationnelle, les sentiments que vous nourrissez à l'égard d'Harlock vous aveuglent !
- Je ne pense pas, la contredit Nynna. Même moi, je vous descendrais volontiers d'une balle dans la tête sans sourciller !
Elle se tourna vers son amie en lui faisant un grand sourire.
- Viens, on s'en va et on laisse cette folle ! proposa Nynna. Il n'est que temps que tu souffles un peu et que tu te ressources auprès de ta famille.
Nynna passa un bras protecteur autour des épaules d'Ellie. Elle l'entraîna loin de Sylvidra, la ramenant auprès de l'homme de sa vie. Ellie se réfugia dans les bras de Hans qui la serra tendrement contre lui. Ils allèrent récupérer leurs jumeaux. Ellie les emmena aux cuisines où elle leur prépara un repas léger. Eliasis répondit à l'appel du capitaine. Celui-ci lui ordonna de commencer sa mission de surveillance dès à présent et la sexaroïde resta avec Ellie pendant que celle-ci préparait le repas de ses enfants. Celle-ci fut surprise de trouver une sexaroïde à l'intérieur de la base secrète mais elle ne dit rien. Harlock profita de la présence de l'humanoïde pour s'éclipser quelques minutes afin d'entrer en contact avec le roi Von Kiel. Ellie avait compris en voyant l'attitude de la fameuse Eliasis qu'elle n'était plus libre de ses mouvements.
En l'observant attentivement pendant que ses enfants mangeaient, elle réalisa que son amour avait choisi de s'équiper de personnel de château incorruptible et qu'il l'avait sûrement prévenu de ses compétences d'ingénieur et que, par conséquent, ils ne devaient pas se laisser approcher par elle. Elle soupira tristement. Hans la connaissait bien trop et avait anticipé toutes ses éventuelles tentatives de fuite afin d'aller retenter l'élimination du duc de Péhant. Elle cacha ses inquiétudes devant ses enfants en se montrant tout sourire et en veillant à ce qu'ils finissent bien leur repas. Elle leur nettoya leur visage, les enfants ayant réussi à se mettre de la compote un peu partout sur leur frimousse. Harlock revint. Il avait obtenu une entrevue avec le roi Von Kiel. Ellie lui sourit avec douceur. Ils emmenèrent leurs enfants jusqu'au tout-terrain où tout le monde était déjà installé. Ellie et Harlock s'installèrent sur la dernière banquette, plaçant leurs enfants entre eux deux. Le véhicule quitta la base discrètement et commença son long chemin de retour vers le château du duc Von Harlock. Ellie n'avait pas vraiment réalisé qu'elle allait devoir vivre dans cette immense demeure qui lui semblait démesurée. La voiture se glissa dans le garage souterrain, qui se trouvait à proximité de la réserve à alcool du capitaine. Le petit groupe descendit, les policiers filant directement à l'aile ouest, histoire d'offrir au couple un peu d'intimité. Nynna, avant de les suivre, ne put s'empêcher d'asticoter un peu le capitaine de l'Arcadia.
- Je pense que tu devrais demander à Hans qu'il te fasse faire le tour de la propriété, notamment du jardin d'hiver. Tu ne seras pas déçue du voyage, sourit Nynna en faisant un clin d'œil à son amie.
La future maman les abandonna dans le garage pour rejoindre les policiers.
- Tiens donc ? plaisanta Ellie. J'espère que monsieur le duc me montrera ce merveilleux jardin d'hiver.
- Ce sera avec plaisir mais hélas, il faudra faire une visite rapide, je n'ai pas le temps pour la visite détaillée, indiqua Harlock avec un sourire grivois aux lèvres.
- Vieille canaille, roucoula Ellie en se blottissant dans ses bras. Je me contenterai d'une visite rapide en espérant avoir droit plus tard à toute la visite, mon amour.
Les deux amants quittèrent tendrement enlacés le garage. Eliasis emmena les enfants dans le salon de l'aile Ouest. Les personnes présentes ne purent s'empêcher d'avoir des sourires coquins en voyant Eliasis revenir seule avec les enfants. Tous en étaient venus à la conclusion que les amoureux allaient se passer du repas de midi pour passer directement au dessert. Ellie observait l'immense hall d'entrée. Pour elle, tout ceci était beaucoup trop grand. Elle était loin de son rêve rose bonbon dans lequel elle vivait avec l'homme de sa vie dans une mignonne maison entourée de fleurs. Harlock le sentait, cet endroit mettait la jeune femme mal à l'aise. Il était vrai qu'Ellie avait vécu dans le confort très simple de l'Arcadia qui ressemblait à un charmant cocon de l'intérieur alors que son extérieur était plus qu'effrayant avec ses batteries de canon et la forme gothique qu'il avait pris en traversant les limbes. Il l'emmena dans le jardin d'hiver où elle put contempler le lagon avec sa cascade ainsi que la fameuse grotte qui la fit sourire. Elle comprit qu'Harlock s'était concocté un charmant endroit réservé aux jeux entre adultes et que les quatre semaines à venir allaient être plus que chaudes. Harlock, placé derrière elle, l'enlaça tendrement, plongeant son visage dans le cou de la jeune femme.
- Qu'est-ce que tu en penses ? s'enquit Harlock timidement, ne se berçant pas d'illusions.
- Le jardin d'hiver est très joli mais tout ça ce n'est pas nous. Je n'ai rien contre le luxe mais j'ai quitté une cage dorée il y a longtemps et je n'ai aucune envie d'entrer dans une autre. En plus, où as-tu trouvé l'argent pour construire cela ? Rassure-moi, tu n'as pas trempé dans leurs magouilles au moins ?
- Bien sûr que non ! s'insurgea Harlock. Cela a été bâti grâce à de l'argent judicieusement investi dans des affaires légales, je te le jure !
Il déposa un baiser sur le cou d'Ellie.
- Je vais devoir te laisser, je dois aller voir le roi Von Kiel, annonça Harlock tristement.
- Dis-moi, tu héberges combien de personnes ? s'enquit Ellie en souriant.
- Il y a Ryo, Nynna, Ken, Elliot Grant avec des soldats pour la sécurité de Ryo, Chambers, le chef Patrick, Aoki et Mitchell.
- Tu es en train de me dire que le pirate que tu es héberge des flics et des soldats ? se moqua Ellie. Tu aimes vivre dangereusement, mon amour.
Cette remarque fit rire le capitaine. Les deux amants s'embrassèrent fougueusement puis Harlock la quitta. Ellie le regarda s'éloigner le cœur rongé par l'angoisse. Ses larmes se remirent à couler. Alors qu'elle tentait de calmer ses sanglots, elle vit Eliasis avec un autre sexaroïde aller à sa rencontre. Elle essuya ses larmes et suivit docilement les sexaroïdes jusqu'à l'aile ouest.
Harlock prit son coupé sport au garage et fila à travers la ville. Il roulait à vive allure dans la zone huppée où résidait l'ensemble de l'aristocratie. Le château de Von Kiel était à une heure de route de chez lui et il comptait bien réduire le temps nécessaire pour s'y rendre en usant d'une conduite sportive. Ellie, qui trouvait le château bâti par Harlock beaucoup trop grand, trouverait celui de Von Kiel ridiculement immense. Le garde du château reconnaissant le conducteur ouvrit les grilles du vaste domaine et Harlock avança lentement dans la propriété. Il fit le tour de l'immense fontaine centrale pour replacer sa voiture dans le sens du départ. Il entra dans le château et un majordome l'amena jusqu'au roi qui l'attendait dans la salle du trône qu'il avait fait aménager. Harlock en le voyant ainsi installé sur le trône avec sa fille à ses côtés eut un haut-le-cœur. Son air arrogant et plus que suffisant l'horripilait et il se demandait quelle tête il allait faire en apprenant ce qu'il l'attendait. Malgré son dégoût, il les salua humblement dès qu'il fut face à eux.
- Quel plaisir de vous voir Hans, le salua le roi. Alors qu'avez-vous à m'apprendre ?
- Beaucoup de choses, Votre Altesse, affirma Harlock.
- Parfait, nous en parlerons lorsque la personne que j'ai convoquée sera présente. Cela ne saurait tarder, mes hommes m'ont annoncé son arrivée.
La porte s'ouvrit et, à la grande surprise d'Harlock, ce fut Ryo qui fit son entrée, droit et glacial. Il s'avança dignement jusqu'au roi mais ne prit la peine de saluer personne.
- Veux-tu bien sortir, ma chérie, ordonna le roi. J'ai à discuter avec ces deux messieurs.
Isabelle regarda vers Harlock qui lui fit un doux sourire. Elle sortit, inquiète, se demandant ce qui pouvait autant angoisser son père. Une fois la jeune femme sortie, les hostilités commencèrent. Ryo n'avait pas un seul regard pour le capitaine de l'Arcadia ce que le roi remarqua immédiatement.
- Je vous remercie d'avoir fait diligence à mon invitation, monsieur le chef du gouvernement.
- Invitation ? ironisa Ryo. Cela ressemblait plus à une convocation !
Ryo sortit la lettre qu'il lança non loin des pieds du futur roi.
- Vous ne croyez pas que vous anticipez un peu vite votre couronnement ? ricana Ryo. Après tout, Oscar de Péhant est toujours en vie et sera ravi de prendre votre place à la première occasion.
- C'est donc bien vous qui avez mandaté Eliza Zone afin qu'elle élimine votre rival.
- Le commanditaire de l'assassinat de ma femme, vous voulez dire ! Ne mêlez pas mon ancienne liaison avec Hans dans cette affaire, ragea Ryo. Qui plus est, mes relations avec Ellie ne regardent que moi !
- Je comprends votre colère et je respecte votre douleur mais vous n'auriez pas dû agir ainsi ! La transition se passait dans le plus grand calme et il a fallu que vous n'en fassiez qu'à votre tête. Oscar est mon gendre, et en attentant à sa vie, c'est comme si vous vous en preniez à moi !
Ryo eut un nouveau ricanement.
- Tu lui dis ou je m'en charge ? s'enquit Ryo d'une manière agressive auprès d'Harlock.
- Cessez d'agresser de cette manière votre ex-amant ! s'insurgea le roi. Il n'est en rien responsable des actions d'Oscar !
- Peut-être mais c'est à cause de ma relation avec lui que ma femme a été tué ! S'il ne fréquentait pas un dangereux psychopathe cela ne serait jamais arrivé ! explosa Ryo.
- Ça suffit ! cria le roi. C'est Eliza Zone, la dangereuse psychopathe ! D'après ce que m'ont dit les médecins, il s'en est fallu d'un cheveu pour que mon gendre y laisse la vie !
- Et c'est bien dommage qu'elle ait loupé son coup ! affirma Harlock en souriant.
- Mais qu'est qu'il vous prend, Hans ? s'indigna le roi. Oscar est l'un des nôtres et nos éventuels désaccords entre membres de l'aristocratie ne doivent pas être exposés devant cette engeance !
- Vous savez ce qu'elle vous dit l'engeance ? s'énerva Ryo. J'ai autre chose à faire qu'à répondre à vos accusations, ne vous en déplaise !
- Il suffit, jeune homme ! ordonna le roi. Vous êtes sur la corde raide et je vous conseille de modérer vos propos ! Quant à vous Hans, je vous conseille de vous expliquer !
- Je ne sais pas si je peux vous donner les détails devant Ryo, douta Harlock pour la forme.
- Pourquoi ? ironisa Ryo. Tu sais des choses que j'ignore ?
- Je me doute qu'Eliza Zone t'a fourni beaucoup de choses mais je ne pense pas que ce soit nécessaire d'en parler à quelqu'un qui ne pourra rien faire car issu d'un système faible et corrompu ! se moqua Harlock.
- Corrompu par ceux de ton groupe, enfoiré ! l'insulta Ryo.
La comédie jouée était parfaite. Harlock se délectait de cette joute verbale. Ryo était devenu très doué en fausses disputes.
- Je vous conseille de vous calmer, monsieur Kimura ou je vous mets aux arrêts ! le menaça le roi.
- Vous n'en n'avez pas encore l'autorité ! Pour l'instant, vous n'avez qu'un trône fantoche et il est plus que probable qu'à la fin, il ne vous restera que celui qui sert pour la petite et la grosse commission ! se moqua Ryo.
- Comment osez-vous ? s'insurgea le roi en bondissant de son trône.
- Tu lui dis ou je lui dis ? ricana Ryo en regardant le roi.
- Nous avons un grave problème, Votre Altesse, commença Harlock d'une voix calme et posée. Oscar de Péhant est devenu une menace et il faudrait envisager de l'éliminer.
- Que voulez-vous dire ?
- Je vous ai dis la dernière fois que je suis venu que je nourrissais quelques inquiétudes à l'égard du duc. Elles se sont confirmées, Votre Altesse. Oscar de Péhant est en relation avec Aristote Zone et ils projettent de reprendre le pouvoir ensemble. Ils veulent vous évincer du trône pour remettre le Consortium en place.
- Oscar est issu d'une des familles les plus nobles, jamais il n'irait s'acoquiner avec ce brigand ! refusa le roi.
- Pourtant c'est bien le cas. Lorsque je me suis rendu sur Mars en même temps que l'équipe de Ryo et que nous nous sommes tous retrouvés à espionner Oscar, j'ai très clairement vu celui-ci en pleine discussion avec Aristote Zone. Je pense que Ryo a même un enregistrement de la conversation.
- Vous avez laissé Eliza Zone intervenir ! s'étonna le roi.
- Croyez moi c'était la meilleure chose à faire, affirma Harlock. Le problème étant qu'elle a échoué.
- Eliza Zone est entre vos mains, Hans ? s'enquit le roi qui y voyait là une monnaie d'échange possible.
- Entre les miennes et je ne vous la livrerai jamais ! soutint Ryo. Elle est planquée dans une de nos bases secrètes comme tous ceux que vous cherchez à éliminer !
- Je l'ai fais sur le conseil d'Oscar ! protesta le roi.
- Ce n'est pas mon problème ! lança Ryo. C'était votre décision, vous n'avez plus qu'à assumer. Vous nous avez garanti le droit de partir et je ne vais pas me gêner pour le prendre ! Inutile d'espérer de l'aide de ma part ! Je vous laisse vous entretuer ! Nous, nous allons juste aller nous installer ailleurs, loin de vos manigances !
- J'ai du mal à le croire, Oscar et Zone. Pourquoi ?
- Le pouvoir, Votre Altesse, lui rappela Harlock. De plus, j'avais fait analyser son ADN avant de partir et il a subi l'hybridation partielle tout comme Zone. Celui-ci parait avoir mon âge, à présent. C'est grâce à l'hybridation qu'il s'en est sorti avec un sérieux coup de pouce en plus !
En prononçant ses mots, il regardait avec Ryo avec un sourire moqueur
- De quoi parles-tu ? s'étonna Ryo.
- De ton précieux labo où tu as étudié la nanotechnologie issue des Mazones dont tu t'es servi pour sauver la femme qui a essayé de me tuer ! Les hybrides ont sûrement subtilisé cette technologie chez toi avec beaucoup d'autres. Tu as manqué de vigilance, Ryo !
- Qu'est-ce que j'y peux si cet abruti de Von Kiel a installé des espions qui sont du côté de ce monstre d'Aristote Zone. Désolé mais je vous laisse la gueule dans votre merde ! décida Ryo. Je dois m'occuper de préserver les miens !
- Cela me va ! approuva le roi. Contentez vous de vous en aller avec tout votre groupe. Vous n'êtes plus les bienvenus au sein de notre galaxie ! Nous n'avons plus besoin de vous !
Le roi, face à cet aveu involontaire de sa part, se mordit l'intérieur de la joue. Il avait trop parlé. Cet être inférieur l'avait fait sortir de ses gonds.
- Joli lapsus, ricana Ryo. Nous avons fait le sale boulot à votre place mais ça, je le savais déjà !
- Joli travail en effet ! se récria le roi. Le Consortium est de retour et nous allons devoir les affronter ! Heureusement que je suis plus intelligent que vous. J'ai suffisamment de vaisseaux pour maintenir le Consortium loin de la galaxie !
- Vous en êtes certain ? sourit Ryo. Vu les informations que m'a transmis Ellie, vous ne pourrez faire face !
- Je dispose de plus de la moitié des vaisseaux de combats qui sont sous mes ordres ! De plus, c'est Hans qui mènera l'attaque ! Face à lui, Oscar ne pourra rien ! affirma le roi fermement.
- On verra qui gagnera ! Personnellement, je ne miserai pas sur vous ni sur ce vieil alcoolo d'Harlock ! Méfiez-vous, Votre Altesse, il a eu vite fait de tourner le dos à la Résistance, il pourrait très bien s'allier à Oscar de Péhant !
- Tu me vois choisir l'hybridation ? l'interrogea Hans sur un ton méprisant.
- Je ne te voyais pas t'associer avec des dictateurs ou avec des gens sans honneur et pourtant c'est le cas ! Après tout, tu as bien choisi de t'associer avec ceux qui ont eu la lâcheté d'envoyer toute une armée pour s'emparer de ma femme dans le but de me faire chanter ! ricana Ryo.
Harlock était soufflé. Ryo, après cette violente diatribe, quitta les lieux laissant les deux hommes sidérés face à autant de culot. Harlock avait une forte envie de rire et il se détourna pour cacher le large sourire qui envahissait son visage. Ryo était vraiment très doué. Harlock soupira.
- Ne vous inquiétez pas, Hans, je sais que jamais vous n'iriez vous associer avec Oscar. Les tendances sanguinaires de mon gendre vous dégoûte, je l'ai bien vu.
- C'est exact, Votre Altesse, mais il a raison sur un point, votre armée n'est pas fiable. Je sais de sources sûres qu'Oscar a placé des agents à lui aux postes clefs de votre flotte dans le but d'orchestrer le moment venu des mutineries qui vous forceront à plier. Il faut que vous lanciez dès à présent des enquêtes internes pour les démasquer et ainsi rééquilibrer les forces en présence.
- Avez-vous un début de piste ? s'inquiéta le roi.
- Peut-être. De Turenne faisait partie du groupe d'Oscar.
- Vous en êtes certain ? paniqua le roi.
- Absolument. Il est probable que des hommes d'Oscar soient déjà au commandement de plusieurs de vos bâtiments.
- Je vais agir, Hans ! soutint le roi en colère en serrant les poings. J'ai l'impression que nous avons découvert leur trahison juste à temps. Je comprends le ton railleur de Kimura s'il était déjà au courant de tout cela.
- Il l'était, c'est pour cela qu'il vous cède le pouvoir. Il n'est pas un inconscient et, même si il a perdu sa femme, il ne risquera pas la vie de tous les habitants de la galaxie en voulant venger la mort de sa précieuse Nynna. Souhaitez-vous son aide ?
- Certainement pas ! s'indigna le roi. Je n'ai nul besoin de l'aide de ces cafards ! De plus, il a tellement de rancœur en lui que je ne vois pas comment vous pourriez le convaincre.
- Il reste sensible sur certains arguments, sourit Harlock.
- Je ne doute pas de vos capacités en tant que grand séducteur mais je ne prendrai pas le risque d'avoir une dette envers la Résistance. Kimura ne le ferait qu'en échange du maintien de la démocratie. Je préfère encore m'associer à Oscar.
- Que voulez-vous dire ? s'inquiéta Harlock.
- Je vais faire enquêter afin de me débarrasser des espions. Ensuite, une fois mon armée purgée, j'attendrai de voir les décisions d'Oscar. Si cela s'avérait nécessaire je négocierai avec lui. Je sais que vous n'approuvez pas mais croyez-moi cela vaut mieux surtout avec les Illumidas qui n'attendent qu'une bonne occasion pour nous envahir.
- Je comprends, Votre Altesse, s'inclina Harlock.
« Lâche, pensa le capitaine de l'Arcadia en le saluant avant de s'en aller. Ryo, lui, n'a courbé l'échine devant personne. Tu ne lui arrives pas à la cheville côté courage. J'ai choisi mon camp il y a longtemps, Von Kiel, et je n'en changerai jamais.»
Harlock en sortant, vit Isabelle qui l'observait au loin, inquiète. Il alla vers elle et celle-ci se précipita dans ses bras. Harlock, gêné, lui rendit son étreinte. La jeune femme, après quelques minutes, s'éloigna de lui, le prit par la main et l'entraîna à sa suite à travers le labyrinthe de couloirs aux décorations surchargées. Elle l'emmena jusqu'à ses appartements et fit sortir la servante qui était en train d'installer un bouquet de fleurs dans un des vases du petit salon qui jouxtait la chambre. Harlock, en voyant le lit par la porte ouverte, recula quelque peu.
- Ne vous inquiétez pas, je ne vous aie pas fait venir pour ça, soutint Isabelle en rougissant.
- Je l'espère, je n'ai nulle envie de me faire surprendre par un domestique en pleine action.
- J'ai entendu une partie de votre conversation avec mon père, avoua-t-elle en tremblant. Il compte conclure une trêve avec Oscar. Il n'aura jamais le courage de l'affronter. De plus, rien ne garantit qu'Oscar l'acceptera ou tiendra parole.
- Je comprends vos inquiétudes, Isabelle, mais quelque chose m'inquiète encore plus que l'éventuelle couardise de votre père, avoua Harlock.
- Laquelle ?
- Les nanos que le roi compte utiliser contre la population pour obtenir que celle-ci ne se rebelle plus contre ses nouveaux maîtres. Il faut que je m'assure de leur programmation. Pouvez-vous m'emmener au laboratoire ?
- Bien sûr ! accepta celle-ci. Je passe un manteau et je vous accompagne sur le site.
La jeune Isabelle mit un long manteau en laine blanche dont l'encolure et le revers des manches étaient en renard de la même teinte puis elle suivit le capitaine de l'Arcadia. Tous deux quittèrent le palais pour partir au sud-est de la capitale d'Amos. Le laboratoire se trouvait en pleine forêt. Isabelle tapa son code d'accès lorsqu'ils arrivèrent près de la grille d'entrée puis Harlock entra avec sa voiture à l'intérieur du centre de recherche. Celui-ci était désert ce qui ne présageait rien de bon. Harlock, sur les conseils d'Isabelle, se gara sous un auvent près d'un bâtiment. Les deux visiteurs s'approchèrent de l'entrée où Isabelle entra à nouveau son code. Le laboratoire, dont les parois des bureaux et des centres de recherches étaient en verre, était complètement désert. Isabelle alla activer le disjoncteur de l'alimentation électrique puis elle le guida jusqu'à l'ordinateur où elle entra son code d'accès. Elle ouvrit le fichier des nanos puis elle laissa la place à Harlock pour que celui-ci regarde la programmation des machines. Le capitaine l'étudia avec attention. Il avait lu le rapport de Ryo sur la modification des nanos pour les transformer en machine à tuer comme c'était arrivé pour son fils et ce qu'il vit ne fit que confirmer ses pires craintes. Toshiro, grâce à l'intrusion d'Harlock, en profita pour fouiller l'ordinateur. Il trouva le médicament anti-rejet ainsi que la composition des nanos.
- C'est bien ce que je craignais, indiqua Harlock. Isabelle, est-ce que votre père a choisi de modifier les nanos pour qu'elles tuent l'hôte si elles cessaient de fonctionner ?
- Bien sûr que non ! s'insurgea Isabelle. Mon père voulait juste que les gens se tiennent tranquilles le temps que le nouveau système soit mis en place.
- Alors il va falloir demander aux programmeurs de changer tout ceci car la programmation ne correspond pas à ce que vous m'avez indiqué.
Il se redressa après avoir arrêté l'ordinateur. En voyant le teint pâle et le regard terrifié d'Isabelle, il comprit que cela serait plus compliqué que prévu.
- Les programmeurs ne sont plus là, ils sont sur Mars, bafouilla Isabelle.
- Je voie, autrement dit, tous les programmeurs travaillent pour Oscar, si je comprends bien. Il semblerait que le duc ait toutes les cartes en main. Pour quand est prévue l'implantation ?
- Une semaine avant la passation de pouvoir, indiqua Isabelle, apeurée. Par le biais du vaccin annuel que reçoit obligatoirement la population.
- Oscar a pensé à tout. Il aura la population en otage. Même si on interdit la vaccination, il pourra infecter l'eau ou l'air ou même la nourriture. Si on parle, on ne saura jamais comment la population sera infectée. Au moins, là, nous sommes prévenus. Von Kiel va devoir négocier avec Oscar, sans quoi il règnera sur des mondes morts. Il faut que vous avertissiez votre père, Isabelle. Qu'il garde cette information cachée et qu'il négocie, on n'a plus le choix, décida Harlock écœuré.
Hans ramena la jeune femme au palais puis il rentra chez lui. Il décida de ne pas parler de ce qui le tracassait, ce soir-là. Il tenait à que le premier soir d'Ellie dans le château se passe sans accroc. Lorsqu'il entra, il sentit une délicieuse odeur s'échapper des cuisines. Il alla directement vers celles-ci pendant qu'un sexaroïde verrouillait la porte et enclenchait les différentes alarmes pour la nuit. En entrant, il trouva tout le monde attablé pendant que Kimura père et fils préparaient le repas. Les petits crièrent le nom de leur père tout joyeux en le voyant sur le pas de la porte. Harlock embrassa ses enfants, leur mère puis il finit par Nynna sous le regard faussement courroucé de Ryo. En souriant, il alla faire un bisou sur la joue de Ryo pour se faire pardonner sous le regard surpris d'Ellie. Celle-ci n'arrivait pas à croire à un tel changement d'attitude de la part de Hans. Il était désormais parfaitement capable de s'ouvrir aux autres. Elle se rappelait encore de ses réticences lorsqu'ils étaient dans la base secrète d'Amos pendant qu'il formait ceux qui allaient combattre dans les vaisseaux de la Résistance. Nynna ne put s'empêcher de rire en voyant la tête de son amie.
- Je sais, ça surprend mais ils sont devenus très copains, ces deux-là ! annonça joyeusement Nynna.
- C'est incroyable. Je n'aurai jamais osé espérer une chose pareille ! se réjouit Ellie.
- L'obstination de Ryo fait des miracles ! plaisanta Nynna.
Harlock retira sa veste qu'il posa sur sa chaise puis il s'assit face à Ellie en souriant. Il était vrai que pour Ellie, l'attitude d'Harlock était inédite alors que pour tout le monde, cette bonne humeur était habituelle.
- Ça a intérêt à être bon, les Kimura. J'ai eu une journée épouvantable alors ne l'aggravez pas en me collant un truc qui va me rester sur l'estomac ! prévint-il en se servant un verre de vin. Ryo a été très méchant avec moi, aujourd'hui.
Cette remarque fit rire Ryo.
- Je croyais que tu aimais ça ! se défendit Ryo en riant.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? s'enquit Ellie.
- Une petite discussion avec le roi Von Kiel, révéla Ryo en mettant le lecteur audio en route après l'avoir posé sur la table.
Toute la tablée entendit la conversation et des éclats de rire retentirent dans la salle. Ellie écouta l'enregistrement et félicita les deux hommes pour leur parfaite comédie. Le reste du dîner se passa joyeusement. Après le dessert, les enfants étant épuisés, Ellie alla les coucher avec Hans. Elle regarda la chambre qui était vraiment très mignonne et décorée avec goût. Elle constata que la totalité des jouets qu'elle avait achetés étaient présents et soigneusement rangés sur des étagères. Les deux amants préparèrent leurs jumeaux pour la nuit puis ils les couchèrent. Ellie éteignit la lumière et regarda ses enfants s'endormir en restant sur le pas de la porte, enlacée tendrement par les bras d'Harlock. Pour la jeune femme, malgré l'immensité de la demeure et l'échéance fatale, c'était assez près de ce qu'elle souhaitait depuis qu'elle avait rencontré le capitaine de l'Arcadia, vivre heureuse auprès de lui avec leurs enfants, en formant une famille chaleureuse et unie. Harlock l'emmena alors à sa chambre où Ellie découvrit toute une série de tenues de nuit très affriolantes et parfaitement à sa taille. Les deux amants se douchèrent ensemble puis ils se couchèrent. Ils se contentèrent de rester enlacés. La fatigue ne tarda pas à faire s'endormir Ellie, blottie sur le torse du capitaine de l'Arcadia. Celui-ci s'endormit plus tard, un sourire sur les lèvres, ce qui ne lui était jamais arrivé auparavant. Plus rien n'avait d'importance pour le moment. Il voulait juste savourer le moment présent et oublier tout le reste. Il voulait juste goûter au bonheur même si cela ne durait que quatre semaines, c'était de toute manière plus qu'il n'espérait car, en devenant pirate, il y avait renoncé pour finalement le découvrir dans les bras de cette femme pendant son voyage de retours de la planète d'origine des Mazones. Il regrettait juste que cela ne puisse durer éternellement.
