Grunlek sortit à la suite de Shin de l'auberge. Celui-ci avait déjà disparu du champ de vision du nain. Ce dernier se mit à Eden, la louve qui les accompagnaient assez régulièrement dans leurs aventures. Celle-ci était restée en dehors de la ville. Ils se comprenaient l'un l'autre facilement. Mais elle évitait les bourgs, où elle n'était pas à sa place. Grunlek décida donc de balader dans le village. Et rapidement, il vit l'échoppe d'un forgeron. Ayant comme presque tous ses congénères un attrait naturel pour l'artisanat, il entrait sans hésiter à l'intérieur de l'atelier. Il vit alors le forgeron qui s'affairait dans son atelier. Ce dernier était rempli d'outils du quotidien comme des râteaux, des fourches, des pelles, des faux, des seaux, des couverts... L'homme remarqua le nain et lui demanda s'il souhaitait quelque chose.
"Non, je regardais juste vos oeuvres. On voit que vous avez du talent. Ces outils sont vraiment biens faits.
-Vous trouvez ?" Répondit le forgeron à la barbe presque aussi fournie que Grunlek. Costaud comme il l'était, c'était l'archétype du forgeron. Celui-ci aperçut alors le bras droit et l'oeil gauche métalliques de Grunlek. Il était a la fois méfiant et facsciné par ces engins.
"Vous êtes un aventurier, c'est ça ?
-En effet, comment vous l'avez deviné ? Mes blessures, je suppose ?
-Oui. On voit rarement des nains dans le coin. Quand c'est pas des soldats, c'est des aventuriers. Dites, je sais que je suis plutôt indiscret, mais est-ce que je pourrais examiner votre bras ? Je n'ai jamais vu une technologie pareille.
-Je..." Hésita Grunlek. D'habitude, il refusait toujours poliment. Mais cette fois, quelque chose l'avait interpellé. Quelque chose dont il voulait parler avec le forgeron. Il accepta sous certaines conditions, dont celle qu'il décide de l'arrêt de l'examen. Heureux, le forgeron accepta sans problème. On voit que son travail était sa passion. Comme un enfant, mais avec les gestes précis d'un artisan aux doigts de fées, il commença à regarder de plus près le dispositif qui démarrait de l'épaule droite du nain. Alors qu'il regardait et touchait même un peu au bras, Grunlek se mit alors à lui parler :
"Dites-moi, j'ai remarqué quelque chose dans votre magasin.
-Hhhmmm, hhmmm... répondit le forgeron trop occupé avec ce nouveau jouet.
-Vous avez un talent remarquable. Et je constate aussi que vous êtes un pacifiste dans l'âme ! En effet, vous n'avez pas une seule arme dans votre échoppe !"
Grunlek était conscient que ce n'était pas normal. Fabriquer des armes est essentiel ne serait-ce que s'entraîner, et aider à la défense du village en cas de problème. Et le nain a eu raison. Le forgeron s'est arrêté, puis à repris son examen, tout en marmonnant...
"Ouais... un pacifiste... un pacifiste forcé surtout...
-Vous avez dit ?
-Non. Rien." Grunlek n'insista pas. Ça n'aurait servi à rien. Mais il voyait le regard du forgeron, cette lueur de désespoir qui brillait au fond de ses yeux. Ses gestes devenaient de plus en plus hésitants. Il commençait à dérégler le bras sans même le vouloir. Et Grunlek, plongé dans ses propres doutes, n'arrangeait pas la situation. Et c'est alors que... La femme du forgeron entra par la porte en face de Grunlek, au moment où son bras décida de devenir indépendant une nouvelle fois. Celui-ci décida alors de tirer un carreau d'arbalète, qui se planta juste à côté de la femme du forgeron, qui lâcha alors le plateau de boissons qu'elle tenait. Les dites boissons ont alors atterrit sur le bras devenu fou qui se mit a se tordre dans tous les sens.
"Maître nain ! Cria le forgeron, effrayé par ce spectacle et inquiet pour sa femme
-Tout va bien, j'ai la situation sous contrôle !"
Le bras se mit à baffer Grunlek. Des cris se firent entendre dehors.
"Tout ! Va ! Bien ! J'ai ! La ! Situation ! Sous ! Contrôle !
-Euh..."
Le bras prit la tête de Grunlek et commença à la fracasser contre le plan de travail en bois du forgeron.
"Tout... aïe... va... bien... j'ai la... situation... sous... contrôle... !
-C'est bizarre, j'ai bizarre, j'ai du mal à y croire..." Dit le forgeron sir un ton presque cynique, même si toujours empreint de quelques craintes.
Le bras saisit Grunlek et l'envoya valser en dehors de la boutique. À terre, épuisé, et avec un bras qui ne lui obéit plus, il dit alors :
"Tout... va... biieennn...
-Non, ça m'étonnerait vraiment. Répondit le forgeron de manière acide et désolée en même temps. Lui aussi était sortit de sa boutique.
Mais finalement, le bras de Grunlek s'est calmé, pour finalement retomber à plat et laisser Grunlek techniquement manchot. Les gens couraient dans tous les sens. Ils criaient et paniquaient. Devant ce désastre inattendu, Grunlek choisit de disparaître, tout en s'excusant auprès du forgeron et de sa femme. Il courut donc à son tour, cherchant un endroit où se cacher.
