Salut à tous ! j'espère que vous survivez tous bien à cette fin d'année. /"/OvO/"/
Je voulais vraiment sortir ce chapitre plus tôt, mais vendredi a été une fin de journée atroce pour moi, rien n'allait. J'écumais complètement de rage face aux livraisons défectueuses que j'avais reçues et autres discordances de mots de passe qui m'empêchaient de me connecter sur mes sites favoris. (je sais je raconte un peu trop ma vie mais il fallait que ça sorte, que je l'écrive quelque part) en bref je n'ai plus trouvé l'envie ni le temps de finir ça avant, sorry. J'espère que ça ne se reproduira pas mais souvent la loi de l'emmerdement maximum me colle beaucoup à la peau...J'envoie toutes mes ondes positives à celles et ceux dont c'est aussi le cas, parfois. Nous vaincrons !
Enfin, place aux réponses des reviews (merci d'ailleurs beaucoup, ça me fait toujours beaucoup de bien d'en lire :P)
Rosalia Merci de tes com's et de ton suivi ! ;) haha la violence (justifiée) te plaît hein ^^ comme moi ! j'espère que ce chapitre (celui-ci comme les autres fansfics) te plaira ! :)
LicyLionyx Shun saura profité des moments détentes, promis ! Et ne t'inquiètes pas, les dieux n'ont pas dit leur dernier mot ! Merci ! :)
DidiineOokami Oui, Shun est un met de choix pour tous les seme possible ! huhu xD Ikki saura-t-il le protéger ? Ou alors Shun en est capable tout seul ? (pour moi c'est le cas !) ^^ je ne sais pas trop quand va sortir l'autre fanfic de saint seiya, je préfère ne pas encore donner de dates cependant c'est certain que ça va sortir un jour ! merci de ton suivi et de tes commentaires ! :)
Bien, bon chapitre !
- Alors…tu es un demi-dieu ? demanda doucement Shun en fronçant les sourcils.
Il avait les yeux dans le vague, les mains croisées sur les genoux et tentait de respirer à un rythme normal.
Près de lui, Hyoga était assis et lui souriait avec compassion.
- Oui…mais nous vivons comme des humains avant tout. C'est pour ça que l'on a voyagé si vite vers Byzance. Et que l'on a réussi à défaire le kraken. Nous sommes en quelque sorte des surhommes, même si peu d'entre nous aiment ce terme.
Shun le regardait avec appréhension et un fond de curiosité, mais ne semblait pas éprouver de peur. Ce qui rassura grandement Hyoga. Il n'aurait sûrement pas supporté de voir Shun se refuser à lui à cause d'une chose aussi arbitraire que l'ascendance. En tout cas, il était bien content d'avoir au moins réussi à dire au jeune homme ce secret-ci.
- Dis, est-ce que tu veux sortir un peu ?
- Quoi ?
- Visiter un peu Byzance, proposa Persée en souriant. En cette époque de l'année, c'est magnifique à voir.
- Il n'y a pas besoin de s'occuper de moi…, tenta de réfréner Shun.
- En ce moment, tous mes coéquipiers sont occupés à vaquer à leurs affaires et voir leurs amis ou leur famille, alors autant passer un peu de bon temps ensemble et s'occuper correctement.
« Ensemble », cela semblait presque agréable à entendre. Shun se sentit ridiculement heureux d'approuver à cette proposition, au final.
Hyoga lui donna quelques frusques modestes à porter pour se fondre dans la foule, des vêtements à sa taille, unisexe, même si le prince se doutait qu'ils aient été cousus initialement plus pour des femmes. Il lui donna également une épaisse cape de cuir qu'il posa respectueusement sur les épaules du jeune homme en lui précisant de remonter la capuche sur sa tête, afin d'éviter de le risque qu'on le reconnaisse. Après tout, la couleur émeraude de ses cheveux attiraient autant de regard que de questions vu que cette coloration appartenait à peu d'hommes à part des royaux.
Les rues de Byzance étaient connues pour leurs odeurs de même que leurs couleurs. En effet, en tant qu'artère essentielle d'une bonne partie des commerces de la côte Est du pays, la ville se devait d'être le miroir de ce qu'elle offrait accueillante, bruyante et dépourvue de toute forme de fausse modestie.
Dans chaque rue où s'étalaient des maisons peintes à plusieurs étages reliées entre elles par des fils à linge et des balcons sculptés, des colonnes de fumée sucrées et bouillantes planaient. Les gens circulaient naturellement les uns contre les autres comme une eau vive, en se hélant joyeusement dans un dialecte de commerçant à l'accent prononcé. Tout cela était effervescent de vie, mais pas agressif.
Les yeux de Shun n'allaient pas assez vite pour pouvoir capter tous les détails de ce qu'il défilait autour de lui. C'était une déferlante de couleurs, de formes et de senteurs souvent nouvelles pour lui. Au palais, sa nourriture devait en permanence être goûtée, le moindre aliment aseptisé de sel ou de crème pour que l'intensité d'une saveur trop vive ne puisse pas heurter son palais. Quelque part, il avait toujours souhaité que sa nourriture, comme sa vie, ne soit pas aussi édulcorée, pour qu'il puisse vraiment goûter à la vraie saveur du monde. Mais Andromède n'avait pas ce droit.
Persée le traînait derrière lui en jetant régulièrement des coups d'œil derrière son épaule de sorte de toujours s'assurer de la présence du prince sur ses talons. Le blond sentait un léger frisson le traverser à chaque fois qu'il voyait la nuque et le menton du prince lui sourire sous son épais capuchon. Il avait vraiment les traits des plus belles statues. Hyoga tenta de se reconcentrer et entraina son jeune invité jusqu'à une zone de la ville où il avait un peu moins de monde. Il avait fait exprès de l'emmener au travers des plus belles rues de la ville pour ne pas l'effrayer. Et à présent, ils venaient de terminer leurs courtes balades dans un quartier particulièrement commerçant et surtout raffiné et riche.
Shun était le prince Andromède, après tout, il ne fallait pas le mettre à mal en l'envoyant dans des coins mal famés. Hyoga voulait toujours voir briller le sourire sincère et solaire sur les lèvres du jeune homme, le préserver.
Cela sembla fonctionner, à peine arrivés devant les immenses étales des plus grands marchands de Byzance qu'il put constater l'air sidéré sur le visage de Shun.
Hyoga ralentit conséquemment le pas pour leur permettre de profiter de la vue. Les clameurs s'étaient calmées aux alentours, remplacées par des discussions complexes que les acheteurs menaient entre eux.
Ils s'arrêtèrent tout d'abord à un étal de bijoux qui scintillait comme une voie lactée. Hyoga remarqua que Shun ne regardait pas les diadèmes, les colliers ou autres bijoux imposants, mais plutôt les plus petits ouvrages qui avaient dus, du fait de leur taille et de leur qualité certaine, demander tout autant de travail que n'importe quelle des couronnes. Il ne resta cependant pas longtemps devant l'étal, furieusement plus intéressé par la nourriture que par tout le reste, aussi précieux soit-il.
Shun grimaça curieusement en sentant les odeurs rôties provenant des brochettes huilées qui tournaient sur des feux de bois, et sursauta presque lorsque Hyoga lui en tendit une qu'il venait d'acheter à un autre stand.
- Tu n'as pas faim ? moi, les balades me creusent toujours l'estomac...
Shun prit la brochette dans sa main et la toisa avec appréhension et envie. Hyoga mangea dans la sienne en lui souriant, pour lui indiquer silencieusement comment faire.
- Hé, c'est très bon ! s'exclama aussitôt Shun après en avoir avalé un premier morceau.
- C'est de la brebis au miel, c'est une des spécialités d'ici, expliqua Hyoga. Ça redonne des forces et des couleurs très rapidement. J'adore venir en manger lorsque je reviens à Byzance.
- Tu as beaucoup voyagé ? demanda Shun les yeux pleins de charme.
- Oui, on peut dire ça. J'ai surtout tourné pendant un bon moment sur les mêmes zones, à un moment on ne fait même plus attention à ce qu'on voit…
- Tu as de la chance. Moi, je ne suis jamais parti bien loin. A part une fois à Tebb, en Egypte, pour une cérémonie. Mais j'étais jeune.
- C'est déjà plus que tout que je suis déjà allé ! moi, je connais ce pays comme ma poche, ses petites routes et ses meilleurs auberges et écuries, mais une fois passée la mer, je suis perdu.
Shun ria doucement et cela donna à Hyoga une irrépressible envie de le prendre dans ses bras. Percevant sa bizarrerie, le mercenaire se reprit rapidement et recommença leur marche dans les dédalles sculptées de Byzance. Ils s'arrêtèrent de nouveau à des stands d'épices où de petites dunes rouges, dorés et même blanches s'élevaient dans de gros bols peints puis, chez un marchand de perroquets qui se mirent à siffler en les voyant. La journée s'écoulait doucement dans une lumière chaude et douce.
Hyoga se sentait vraiment bien aux côtés de Shun. C'était la première fois qu'il se sentait éprouver autant de joie sans avoir à ses soucier de ses arrières ni de ce qu'il devait dire ou faire pour ne pas faire tomber sa couverture. Avec Shun, il était tout simplement lui-même, il était à l'aise et se surprenait de plus en plus à contempler le jeune homme dans ses moindres détails, pour se souvenir précisément des contours de Shun. Ce dernier n'était pas que beau à l'extérieur, il l'était aussi à l'intérieur. Faisant souvent preuve de traits d'esprits et d'humour ou de simple tendresse. Plusieurs personnes semblaient l'avoir remarqué également, et ne se privaient pas de se retourner lors leur passage pour mieux regarder les courbes fines du jeune homme remuer sous sa cape. A cela, Hyoga sentait toujours une poussée de possessivité poindre en lui en réaction. Il voulait que Shun passe un bon moment, mais que rien ne l'approche. Il voulait garder le prince pour lui seul.
Il était dans le pétrin.
WwwW
Shun passait un très bon moment. Comparé au palais c'était littéralement une planète différente ici-bas. Il se doutait qu'à un moment Persée en aurait marre de se le coltiner et le renverrait à Argos, et Shun obéirait. Après tout, rien ne le retenait ici, à part des sentiments confus et l'inconnu. Alors autant en profiter un maximum tant qu'il le pouvait. Pour une fois, Andromède s'autorisait à ne pas penser aux conséquences de ses actes et à profiter de l'instant, comme il adorait secrètement le faire.
La nuit s'était mise à tomber sans que cela ne soit perçu par aucun des deux visiteurs. C'était un ciel bleu marine luisant qui s'étalait à présent au-dessus de leurs têtes. Des dizaines de torches parfumées et de lampions en papier avaient été allumée puis accrochés sous les toits. Etrangement, il semblait y avoir encore plus de monde dans les rues maintenant que le soleil avait disparu. Des groupes rieurs et alcoolisés d'hommes robustes s'étaient attroupés aux lisières des boutiques. La plupart devaient être des travailleurs au repos en mal d'action et de boisson. Plus d'une fois, Shun sentit des mains le frôler alors qu'ils passaient près des groupes d'hommes et une tension assez pesante s'installa alors en lui. Dans les bals de la haute société comme dans les tréfonds des auberges les pervers étaient les mêmes partout apparemment. Tout cela ne dura cependant pas longtemps, car il sentit alors quelque chose de chaud envelopper sa main et apporter un peu de calme dans son cœur.
- Reste près de moi lui intima doucement Persée sans le regarder.
Il le tenait par la main ! Shun sentit son cœur palpiter stupidement de joie en sentant la prise ferme et sûre qu'offrait le mercenaire au prince par ce simple contact. Dans le milieu de la royauté, tenir quelqu'un par la main signifiait beaucoup, sûrement plus que dans le milieu modeste où nageait Hyoga, Shun savait ça très bien, cependant il ne parvenait pas à calmer le bonheur qui lui serrait la gorge présentement.
Il se rappela alors le vieil adage que les nobles aimaient se murmurer les uns aux autres et souria encore plus « Tenir la main de l'autre est de s'assurer la circulation entre les deux cœurs ».
Hyoga, de son côté, ne montrait rien mais n'en ressentait pas moins. Il se forçait à garder les yeux en face de lui, le visage droit, sinon il allait sûrement se cogner quelque part. La peau de Shun était atrocement douce, le mercenaire pouvait sentir la pulsation de cœur du jeune homme au travers de ses doigts fins. Le mercenaire le traînait résolument derrière lui, ainsi pour au moins le protéger un minimum du regard des autres.
Soudain, un petit cri les stoppa dans leur marche. Shun craignit un instant que quelqu'un l'avait reconnu, aussi incroyable que cela puisse paraître, mais en fait c'était à Persée que ce son était destiné.
Une femme aux longues boucles blondes se tenait au milieu de la rue, le regard aussi heureux que si elle venait de voir une montagne d'or apparaître à ses pieds. Elle portait une robe légère, pour ne pas dire vulgaire, qui dévoilait beaucoup de son corps voluptueux. Elle souriait franchement et étouffa un nouveau cri de joie en s'approchant rapidement de Hyoga qui la dévisageait avec surprise.
- Oh, Hyoga, comme ça fait longtemps ! piailla-t-elle en venant s'agripper au bras libre du blond. Tu m'as tellement manqué.
Persée lâcha la main de Shun dans l'instant qui suivit, laissant le jeune homme seul derrière lui, alors qu'il feignait un sourire à l'inconnue.
- Euh…salut Olivia.
- Pourquoi tu n'es pas venu me voir alors que tu es de retour à Byzance ? on m'a bien dit que Seiya avait été aperçu en ville, alors je me doutais bien de finir par te trouver, toi aussi. Quelle chance j'ai de t'avoir rencontré ! Tu veux venir jeter un œil à la nouvelle déco de ma chambre ? elle est adorable.
- Je ne peux pas, Olivia, répondit poliment Persée. Je suis occupé, là.
- Oh, tu veux peut-être que je t'envoie mon cher frère jumeau à ma place ? je ne le prendrais pas mal, ne t'inquiètes pas. J'ai l'habitude. Tout ce qui compte c'est que tu prennes du bon temps, Hyoga.
Tout en parlant, la femme s'agitait comme une ivrogne tout en secouant incessamment ses longs cheveux or, renvoyant des effluves de parfum tout autour d'elle.
Persée ne semblait pas désarçonné, il lui souriait bêtement alors que Shun ne savait plus où se mettre.
Subitement, quelque chose le frappa.
- Pourquoi est-ce qu'elle t'appelle Hyoga ? demanda-t-il d'une voix distante.
Aussitôt, il eut l'impression que les deux autres venaient de se souvenir de son existence. Persée prit un air désolé, ne tendant même pas de mentir tant les choses allaient vite. Olivia toisa longuement Shun de haut en bas d'un œil inquisiteur alors que le grand blond cherchait encore ses mots. Couvert de sa capuche, Shun ne savait pas vraiment ce qu'elle pouvait bien voir.
- Je vois que tu t'es trouvé un joli lot, déclara-t-elle d'un air un peu dédaigneux. Ça ne veut pas pour autant dire qu'il ne faut plus venir voir ses vieux amis, hein, mon Hyoga.
- Pourquoi l'appelez-vous comme ça ? tempéra Shun en serrant les poings. Persée, qu'est-ce que ça veut dire…
- « Persée » ? pouffa Olivia derrière sa main. Je croyais que vous aviez dépassé ce stade ! allons, Hyoga, ce n'est pas très honnête de faire ça. Ce gamin semble gober tout ce que tu dis, alors sois toi aussi loyal et dis-lui ne serait-ce que ton vrai nom…
- Quoi ? s'énerva Shun. Tu…tu n'es pas Persée ?
- Si ! se défendit Hyoga en prenant un air paniqué. Ce n'est pas…
- Alors tu voulais juste te moquer de moi ?!
- Non ! mais…
- Tu ne voudrais pas plutôt nous laisser entre adultes, et aller voir s'il n'y a pas quelques gars à contenter, ailleurs ? coupa violemment Olivia d'un ton froid et agacé.
Ce n'était pas le manque de respect évident dans le ton d'Olivia qui avait blessé Shun, bien qu'en tant que prince protéger de tout il n'y avait jamais vraiment été confronté. Non, le pire c'était que le grand blond qui lui servait de guide et de pseudo-ami n'avait pas du tout agis pour le défendre, ou l'expliquer. Il avait l'air désolé, mais sans plus. Comme un gamin à qui l'on vient de trouver le secret de la farce et que l'on punissait. Shun pensait sincèrement que Persée – enfin Hyoga – était différent des autres qui ne venaient aux côtés d'Andromède que par intérêt, pitié ou envie sexuelle, qu'il en valait la peine. Mais Hyoga n'avait même pas pris la peine de lui en apprendre plus sur lui ou du moins ne pas lui mentir sur son nom, il voulait simplement profiter de la situation et ne sentait même pas de se défendu.
Savoir tout cela aussi rudement, en considérant l'affection toute particulière qui avait germé dans le cœur de Shun pour le mercenaire, rendit le prince simplement hors de lui. Il serra les mâchoires et envoya son poing dans la joue du grand blond qui ne semblait pas du tout s'y attendre. Apparemment, il avait oublié que même les princes pouvaient avoir de la force. Hyoga tomba à la renverse alors qu'Olivia criait comme une truie qu'on égorge.
Tout ça, tout ce que tu as dit et fais…tout ça pour rien ? des mensonges ?!
Shun se sentit un peu plus lucide après avoir fait ça, mais pas assez pour vouloir rester en la compagnie de ces deux idiots. Il tourna les talons et se précipita aussitôt dans la première rue perpendiculaire qui se proposait, bousculant quelques personnes sur son passage.
WwwW
Lorsque Hyoga eut de nouveau les yeux en face des trous, qu'il titubait moins, il vit la rue vidée de la présence de Shun et son cœur se gela.
Déjà qu'il s'en voulait énormément pour ce qui était arrivé avec Olivia, maintenant il se sentait assez désespéré pour se mettre à pleurer. La seule personne dans sa vie qui le fasse sentir bien heureux, humain, venait de déguerpir à cause de lui et de sa stupidité à ne pas vouloir couper les ponts avec les prostituées qu'il avait fréquentées aussi collantes soient-elles, simplement pour pouvoir garder un moyen efficace d'être tenu au courant des nouvelles en ville.
Il se massait douloureusement la joue en scrutant nerveusement les alentours à la recherche de traces laissées par Shun, quand il sentit de nouveau quelqu'un lui prendre le bras.
- Mon Hyoga, tout va bien ? tu veux que j'aille chercher du secours ? ce gamin est un beau taré, il ne t'a rien cassé…
- Rha, mais ne me touche pas ! explosa soudainement Hyoga en la repoussant d'un coup d'épaule sec.
Olivia tomba à son tour à la renverse en pépiant de surprise, elle s'étala dans la poussière des dalles en faisait excessivement de bruit, mais personne dans la rue ne vint lui porter assistance. Quelques rires goguenards s'élevèrent et résonnèrent bruyamment alors que Hyoga s'élançait à son tour dans les rues afin de retrouver Shun, de s'excuser, et tout recommencer avec lui. Si le prince ne lui pardonnait pas, il était fort probable que le mercenaire se mette réellement à le regretter.
WwwW
Shun ressentait quelque chose pour Persée qui n'était pas que de la simple admiration ou une chaude reconnaissance. Il le savait très bien maintenant. C'était un sentiment qui lui était encore inconnu, pur et innocent comme il l'était à ce niveau, mais il n'arrivait pas vraiment à démêler ce qu'il ressentait exactement envers de grand guerrier blond, serviable que vif d'esprit. La cour royale lui avait appris à se méfier des sentiments qui pouvaient trop facilement dissimuler des poignards et qui étaient aisément perverties par les ambitions personnelles et l'argent. Ce qui le poussait encore plus à refoulé ce qu'il ressentait.
Cependant, Hyoga était différent de tout cela. Le bloc pur de sensations que Persée lui avait livré à chacun de leurs échanges ou de leurs contacts physiques avait été délectable, revigorant, mais aussi totalement déroutant. Shun se doutait que le guerrier avait déjà dû croiser la route de bien des femmes et des hommes avant lui, avait déjà baisé, aimé, expérimenté. Il avait l'avantage à ce niveau-ci et Shun se sentait ridicule à côté de lui à ce propos. Secrètement, il avait simplement espéré que pour le blond qu'il lui soit spécial d'une certaine manière. C'était idiot et digne des pires enfants gâtés de vouloir ça, mais c'était la vérité.
Voir cette Olivia qui connaissait tant Hyoga, avait été comme si la réalité crue de la vie venait soudainement de lui claquer au visage. Shun venait d'un milieu privilégié qu'il n'était pas sensé quitter un jour, il n'avait par conséquent jamais appris les subtilités de la vraie vie des citoyens de ce bas monde, malheureusement. Par conséquent il se voyait agir comme un simple ingénu bon à rien et fuyard lorsqu'il découvrait que le monde extérieur pouvait être aussi cruel et qu'un ami pouvait nous mentir aussi facilement que de respirer. C'était pitoyable. Toute cette situation l'était.
De plus, Hyoga et lui venaient de deux univers complétement différents, il était donc peu probable qu'ils s'entendent ou qu'ils aillent ensemble. Shun lui ferait toujours plus honte qu'autre chose à ne rien comprendre du fonctionnement de cette culture du terrain, des vrais hommes, roturiers et combattants. Il n'y avait pas d'espoir dans leur amitié.
Shun ne savait pas où il avait couru. Après quelques minutes passées à traverser des rues complètement aléatoirement, à trébucher sur les marches, les pavés tordus et les racines des arbres des jardins. Shun s'était finalement arrêté au croisement d'une rue bordée d'escaliers que la nuit avait rendue luisant et humide de même que grandement silencieux. Sa cape pesant sur ses épaules, Shun haletait doucement en regardant les environs d'un air hagard. Il aurait dû faire plus attention mais l'émotion lui serrait trop l'esprit pour qu'il puisse penser à repérer son chemin. Hyoga s'était joué de lui, avait ravagé le cœur du jeune homme dans tous les sens possibles. C'était difficile à oublier.
Une résonnance de pas gronda doucement derrière lui avant que Shun ne puisse réfléchir un peu plus. En se retournant, le jeune homme tomba face à un homme imposant dont le plastron de cuivre chatoyait sous les reflets des rares torches encore présentes dans le coin. C'était un soldat au teint pâle, encore casqué et armé qui le toisa curieusement pendant un instant avant de se rapprocher encore un peu. Son pas était peu assuré, l'alcool l'embaumait légèrement comme un lointain arôme.
- Tout va bien ? demanda-t-il d'un air ferme.
- Oui. Rétorqua aussitôt Shun en se reculant, déjà prêt à repartir sur ses pas.
Il tenta de le faire, mais se retrouva aussitôt en face d'un autre homme vêtu pareillement qui était plus gros et tout aussi suspect.
- Se balader tout seul en cette heure n'est pas très normal pour une jeune fille. Non ? qu'est-ce que tu caches sous cette cape ?
Shun eut le réflexe de reculer et de se débattre doucement alors qu'il sentait la poigne sèche du second soldat s'en prendre au-dessus de sa pelisse de cuir pour la lui arracher de sa tête.
Les cheveux de Shun lui retombèrent devant le visage, virevoltants le long de ses épaules comme des flammes, alors que Shun se reculait encore davantage en se retenant de jurer.
- Oua, c'est un garçon ! s'exclama avec fascination un des deux soldats en dévisagea la cape arrachée qu'il tenait dans ses mains.
L'autre homme se pencha en avant en fronçant les sourcils, un intérêt évident brillant dans ses yeux alors qu'il scrutait le visage tendu de Shun.
- Alors petit, on est perdu ? tu veux qu'on t'aide ?
Shun ne prit même pas la même de répondre, il sentit alors l'un des hommes lui agripper le bras pour l'amener à lui.
- Tu sens rudement bon pour une pute.
- Lâchez-moi…
Shun se débattit sèchement surtout lorsqu'il sentit l'autre se mettre à lui tripoter une de ses mèches de cheveux.
- Tu as vu la couleur de ses cheveux ? il n'y a que les plus riches lignées du pays qui ont héritées de la nuance émeraude.
Aussitôt, un éclair d'appréhension traversa leurs faces mal rasées. Pour autant ils ne desserrèrent pas leur prise sur Shun.
- Ce n'est pas de la teinture…Tu crois que ce gars est un nobliau en fugue ?
- Il n'y a pas de familles d'émeraudes à Byzance. (Enfin, ils retournèrent leurs attentions sur Shun) Donc, qu'est-ce que tu fiches ici ?
- Ça ne vous regarde pas, grogna Shun en parvenant enfin à se dégager de leurs poignes.
Il ne fit malheureusement pas deux pas à peine avant de se sentir de nouveau rattrapé. Cette fois avec plus de conviction.
- Hé, je trouve que tu te la joues un peu trop. Petit rupin ou pas, ça suffira pas à nous faire nous retenir. Ici c'est notre territoire.
Le soldat passa subitement une main ferme le long des reins de Shun en le pressant contre lui puis fit glisser son autre main sur la nuque du jeune homme. Shun sentit un frisson de dégoût le traverser lorsqu'il sentait l'haleine fétide du soldat le frôler.
- Tu es de loin l'un des plus belles personnes que j'ai jamais vu. C'est même pas que tu ressembles à une femme…seulement que tu es magnifique.
- On croirait avoir Andromède en face de nous ! ria lourdement l'autre soldat en haussant les épaules.
- Oh, arrête un peu de te débattre. Ça te fera passer un bon moment à toi aussi.
Shun sentit la main épaisse du soldat commencer à se glisser sous sa chemise. Il tenta de s'extirper pour de bon de la prise du soldat mais celui-ci tenait bon, forçant toujours plus le passage vers la peau nue du prince.
L'homme lui tenait le bras avec fermeté, Shun crut presque qu'il voulait le lui arracher. Shun tenta de s'éloigner pour cacher son visage qui commençait à porter résolument les stigmates de la peur, car les chances qu'ils fassent le rapprochement entre lui et la disparition d'Andromède, nouvelle qui s'était déjà assez répandu ces derniers jours, augmentaient de minutes en minutes.
Heureusement, les soldats semblaient préoccupaient par autre chose.
- Tu vas nous permettre de passer un bon moment dans cette nuit froide.
- Non, ne me touchez pas !
- Fais attention, ria l'autre en attrapant à son tour l'autre bras de Shun pour l'empêcher de se débattre davantage. Les petits chats dans son genre ont tendance à griffer.
Son rire se stoppa en plein élan lorsqu'un coup dans le dos le rendit inconscient. Le soldat tomba lourdement au sol les yeux ronds, en gargouillant. Shun et l'autre se figèrent tandis que dans la pénombre s'avançait une forme épaisse écumante de colère. D'épais cheveux blonds s'hérissaient sur son crâne et devant ses yeux bleus froids.
- Qu'est-ce que c'est que ça ?! geignit le garde en maintenant Shun devant lui.
L'homme ne répondit pas, se contentant de dégainer son glaive argenté qui siffla furieusement à l'air libre. L'arme était gravée à la main, près de la garde des petits symboles abstraits en forme d'oiseaux dansaient sur le métal.
- Cette lame…tu es un combattant d'Auburos ? ils existent encore ?!
- Viens le vérifier par toi-même. Déclara sombrement Hyoga en tendant son épée dans la direction de son adversaire.
Après un instant écoulé dans un silence tendu, le soldat écarta Shun de son chemin et alla se jeter sur Persée qui l'attendait de pied ferme. Le mercenaire aurait pu sans trop de difficultés en finir rapidement, cependant il voulait se venger correctement de ce que l'homme avait osé faire subir à Shun. C'est pourquoi il se contenta dans un premier temps de simplement esquiver les coups lourdauds que son ennemi lui portait et de le déséquilibrer en parant parfaitement ses attaques.
Cela aurait pu prendre le reste de la nuit si Shun n'était pas intervenu. Ramassant un épais pavé abandonné dans un coin, le jeune prince s'en servit pour fracasser le crâne du soldat et le renvoyer aux côtés de son collègue évanouis au sol. Hyoga héla de surprise puis toisa Shun avec curiosité avant de vouloir se mettre à parler.
- Pourquoi tu ne veux pas me laisser tranquille ? le coupa Shun en sentant des sanglots pleins de rage et de rancune lui piquer les yeux. C'est bon, tu t'es bien moqué de moi, alors…
- C'est faux, écoute-moi ! je ne veux absolument pas jouer avec toi ! intervint Hyoga en rengainant son épée tout en faisant un pas en avant. Laisse-moi seulement t'expliquer. Persée est mon nom de « travail », c'est un surnom pour protéger ma vie privée, ma véritable identité, celle de simple homme modeste.
Shun le regarda un long moment avec un mélange d'appréhension et de désolation avant de répondre.
- Tu crois vraiment que ça aurait changé quelque chose pour moi si j'avais su que tu étais un roturier et un mercenaire, et non un héros ? tu me crois aussi superficiel que ça ? (il soupira) je ne te connais pas bien, Hyoga, mais apparemment toi non plus tu ne me connais pas du tout. C'est pitoyable.
Shun commença à s'éloigner de Hyoga d'un pas leste et hâté, ce dernier se précipita alors derrière lui pour le rattraper.
- Ce n'est pas ça. S'il te plaît, laisse-moi te faire comprendre…je sais très bien que tu ne m'aurais jamais repoussé à cause de mes origines, et je comptais vraiment mettre les choses au claire vis-à-vis de mon nom et tout ça avec toi le plus rapidement possible, mais je n'en ai pas eu le temps. Je prévoyais de te le dire, je te le promets.
- Pourquoi tu m'as menti dès le départ, déjà ?
- Parce que la toute première fois que je t'ai vu, tu avais l'air tellement délicat, fragile, au-dessus des problèmes des simples hommes, que j'ai eu peur. J'ai craint de t'effrayer. Vu le milieu d'où tu viens, on ne doit pas être habitué à rencontrer aussi profondément les guerriers et les batailles… je penserai que ça t'aiderais.
- Ils ne pensent qu'aux apparences là-haut, concéda doucement Shun en repensant aux bals mondains où il était depuis sa jeunesse à faire acte de présence.
Hyoga remercia les dieux que le prince soit aussi éclairé d'esprit. Beaucoup de gens s'enfermaient tellement dans la rancœur qu'ils n'en venaient même plus à chercher à comprendre l'origine de leur blessure. C'était notamment le cas de Persée.
- C'est vraiment ce que tu as pensé en me voyant ? que j'étais fragile et délicat ? dit Shun d'un air pensif.
- Oui, répondit franchement Hyoga en souriant. Même si tu m'as très bien démontré que tu savais te débrouiller tout seul depuis ! …quoiqu'il en soit, j'ai fait une erreur en pensant que te surprotéger de la sorte, de mon identité et du reste, t'aiderais. Je le vois maintenant. Tu mérites de savoir la vérité, que je sois franc avec toi, pour que tu puisses me faire confiance.
Shun prit plaisir à entendre cela. Que Hyoga le considère comme un égal et ne cherche plus à le voir que par le prisme des rangs sociaux et des aprioris était un bon pas en avant.
- Est-ce que tu peux me pardonner ? demanda doucement le grand blond en penchant la tête en avant.
- Si tu ne recommence plus, on pourra dire que c'est de l'histoire ancienne, dit Shun avec un ton ferme et décisif, digne des plus grands princes.
- Je suis aussi désolé pour Olivia…en fait, je me sers d'elle pour avoir des informations sur les actualités de Byzance et dénicher les bons plans, mais ça fait bien longtemps que je ne la vois plus que comme une indic'.
Cela aussi mis du baume au cœur de Shun, mais pour une raison autre qui concernait les sentiments intenses et confus de Shun à l'égard de Hyoga. Relevant rapidement la tête, le prince regarda Hyoga droit dans les yeux, plus confiant à présent.
- Puisque tu veux être aussi honnête, dis-moi qu'est-ce que tu comptes faire de moi ? tenta-t-il en restant un peu éloigné de Hyoga, plus apeuré de la réponse qu'il ne le pensait.
Hyoga se fendit alors d'un sourire étrange rayonnant de fierté. Il se rapprocha résolument de Shun d'un pas lourd et alla déposer un très léger baiser sur les lèvres du prince. Au travers de son regard bleu vif l'on pouvait voir la disparition totale de toute forme de réflexion, seul l'instinct lui avait fait place.
- Je n'ai jamais senti une telle sorte d'attraction envers quelqu'un, dieu ou non. C'est étrange…Quand nous sommes allées sur Argos, c'était plus par curiosité. Par aussi, envie de faire orgueilleusement le héros, je ne voulais pas laisser un innocent mourir. Je voulais aussi écouter ce que mes sens m'avaient dit de faire, à savoir aller te chercher. C'était instinctif, sans réflexion distincte. Puis je t'ai vu. Tu avais en effet l'air délicat et fragile, mais tu irradiais d'une beauté et d'une force incroyable, comme une flamme. Je n'attends maintenant rien de ta part, soyons clair. Moi-même je ne sais même pas ce qui m'intrigue tant en toi…ce qui est sûr c'est que je ne veux pas te blesser ou t'offenser, crois-moi. Je veux seulement te protéger et t'aider aussi longtemps que tu le souhaiteras. Comme un ami loyal et fidèle.
Heureusement qu'il faisait sombre, sinon Hyoga aurait pu admirer les splendides joues rouges de Shun qui ne savait même pas quoi répondre. Il était habitué aux déclarations vives, mais celle de Hyoga - quoiqu'elle veuille dire – trouva une résonnance spécifique dans le cœur du prince qui resta figé d'émotion et de confusion pendant un bon moment. Shun reprit ses esprits lorsqu'il vit que Hyoga se retournait pour revenir sur leurs pas.
- Tu viens ? il est temps de rentrer.
Shun regarda précipitamment les alentours avant de lui embrocher le pas.
WwwW
Ikki pénétra dans l'immense salle d'un pas assuré, il savait qu'il était maintenant temps de cacher ses failles et la moindre de ses hésitations durant toute la durée de l'entrevue.
Les torches étaient les seules sources de lumières, leur faible éclairement se répercutait partout sur les colonnes, les statues et les armes en cuivre alentour. Un silence tendu planait, entaché légèrement par les bruits de pas des nouveaux arrivants.
Ikki accompagné de son équipier Oridiastre, s'avancèrent dans la salle au toit immense couvert de voûtes sculptées. Ils arrivèrent au fonds de la salle où quelques personnes se tenaient près d'un étal d'armes.
C'étaient des hommes au teint halé et aux cheveux gris, mais qui ne devaient pas dépassés la quarantaine. La couleur argentée de leur cheveux tenait en effet plus de l'hérédité que le la vieillesse. Leur robustesse était évidente en dessous de leurs armures lustrées.
- Prince Phénix, les accueillit l'un des hommes qui avaient les yeux les plus grands et aiguisés d'entre tous ces hommes, en se tournant vers eux.
Ikki eut un réflexe de dégoût en voyant le sourire avisé et carnassier de l'homme qui était compté parmi les meilleurs combattants d'Europe.
- Lorsqu'on nous a avertis de la venue du prince héritier d'Argos j'ai été très surpris. Mais aussi très heureux. Cela fait bien longtemps que nous ne nous étions pas revus.
- Abrège les politesses. Tu sais pourquoi je suis là.
Près d'eux les autres hommes de mains se tendirent significativement. Ils devaient s'agir de généraux et de conseillers très proches pour que Phinée les accepte aussi longtemps près de lui, ne les dévisage pas avec dégoût, alors qu'il parlait résolument avec son neveu.
L'homme faisait la taille d'Ikki et portait une très fine barbe argenté qui décorait son visage aux traits propres mais assez rudes. Il semblait occupé à astiquer une petite dague qu'il agitait en-dessous du nez de Phénix comme s'il s'agissait d'un flambeau.
- Tu ne fais au moins plus l'erreur de me sous-estimer. C'est déjà bien. Ça écourtera les choses comme ça, tant mieux.
- Tu dois être au courant de la raison pour laquelle je suis sur les routes ces derniers jours.
- Oui, répondit fièrement Phinée, j'ai appris pour Andromède (il eut l'air accablé) mon cher frère Céphée est vraiment un roi pitoyable. Mais que veux-tu, l'enfant premier né est toujours le petit privilégié, même si le suivant est souvent plus exceptionnel encore.
- Je n'ai pas besoin de ton avis, trancha froidement Ikki en croisant les bras devant le plastron de son armure de voyage. Je veux seulement des infos. Je sais que tu as des espions partout dans le pays, si il y a bien une personne à même de retrouver Shun, c'est bien toi.
Phinée souria d'une manière amusée, presque moqueuse, puis reposa la dague sur son support décoratif avant de se mettre à arpenter doucement les murs de l'immense salle en se massant les paumes.
- Si c'est le cas, est-ce qu'il serait vraiment avisé de te les communiquer ?
- Si tu veux rester en bonne santé, oui.
Phinée gloussa une nouvelle fois, ce qui était assez insolite pour un homme de son âge et de sa trempe.
- Je comprends que tu veuilles le retrouver. C'est ton petit frère après tout. Et je serais heureux de partager les moyens dont je dispose avec toi. Mais, tu te doutes qu'il me faudrait une contrepartie pour me donner un peu de cœur à l'ouvrage…
Aussitôt Ikki ferma son regard avec animosité. Cet homme était peut-être un proche, quelqu'un partageant le même sang que lui, mais son attitude, ses exploits et sa personnalité ne communiquait à Phénix que de la répugnance. Cependant Ikki était obligé de ratisser toutes les pistes d'information possibles afin de retrouver Shun, quitte à braver ses interdits. Phinée n'était pas quelqu'un de bien, c'était une personne sadique et manipulatrice qui ne méritait rien d'autre que les flammes, mais qui pouvait être très utile.
- Je t'interdis de toucher Shun, précisa cependant sèchement Ikki.
Ce fut au tour de Phinée d'avoir l'air agacé. Il se retourna et fit face à Phénix en le regardant droit dans les yeux.
- Allons, tu connais pourtant la nature du contrat qui me lie à lui.
- Je m'en contrefiche. Mon père s'est mis d'accord avec toi sans même en parler avec Shun. Et il a déjà répondu à ta demande de mariage négativement, pauvre fou. Comptes-tu oser allez contre sa volonté ?
- Ce gamin est encore trop jeune pour comprendre ce qui est bon pour lui.
- Oh, je pense au contraire que si, répondit Ikki en souriant narquoisement.
Durant un long instant lourd d'un silence électrique, Ikki et Phinée se dévisagèrent férocement sans bouger, à quelques centimètres l'un de l'autre. Autour d'eux, Oridiastre comme les hommes de Phinée ne savaient pas quoi faire à part serrer les poings avec appréhension.
Finalement, Phinée s'écarta en éclatant rudement de rire. Ikki lui, ne remua pas d'un cil.
- Haha ! je m'amuse toujours autant lorsque l'on se rencontre, Phénix ! C'est rare que je passe de si bons moments sans que ma folle de famille ne soit concernée.
- Tu vas me dire ce que tu sais ? dit froidement Ikki.
- Oui, oui c'est bon, détends-toi. On est de la même famille, non ? dans le même camp, je veux dire… Je vais donc bien sûr partager ce que je sais avec toi, même si nous avons quelques discordes.
Tant que ça t'arrange, tu le fais.
Ikki savait que le rire de cet homme ne signifiait rien d'amical, c'était son moyen de détourner l'attention. Phinée alla prendre sur une table un rouleau de parchemin où une carte du pays était inscrite. Quelques croix rouge sur le flanc Ouest étaient tracées avec de la craie grasse.
- Voilà. D'après mes informations et mes pisteurs, ce serait dans ces environs qu'Andromède aurait été aperçu récemment.
- Tu n'y as envoyé personne ?
- Je me doutais que tu allais finir par faire ton apparition et y aller, donc non. Même si je suis souvent en désaccord avec ta famille concernant le sort d'Andromède, je connais tout de même ma place. Je sais que je ne peux que proposer des renforts et du soutien, que la priorité de l'opération de sauvetage vient à la famille directe, sauf demande explicite d'assistance. Ce que tes parents si éclairés n'ont pas encore proposés...
Ikki regarda Phinée une longue seconde avant d'empocher la carte et faire signe à Oridiastre qu'ils pouvaient partir.
Alors qu'il reculait vers la porte d'entrée, Ikki se targua d'un nouveau regard noir en direction de son fichu oncle.
- Je te préviens de ne pas t'approcher de Shun plus que de besoin si tu ne veux pas devenir eunuque. Il ne t'appartient pas. Jamais.
- A toi non plus, il n'appartient pas.
- Il m'apprécie déjà plus que toi.
Phinée de répondit rien, se contentant de sourire chaudement à Ikki jusqu'à ce que celui ai dépassé les immenses portes de bronze de la salle et disparu. Aussitôt, un des hommes à ses côtés se pencha vers lui.
- Commandant, avec tout mon respect, la carte que vous lui avez donnée…
- Quoi ? elle est fausse, c'est ça ? bien évidemment, (il jeta un regard méprisant à la porte) comme si j'allais laisser ce charognard ramener Andromède dans sa cage dorée à Argos sans rien faire pour le lui voler. Il sera bien plus heureux ici qu'avec ces faux-jetons prêts à le sacrifier dès que les dieux froncent les sourcils. L'occasion est trop belle pour faire mien le jeune Andromède pour que je la rate. Tant pis pour les normes et les règles.
Phinée resserra la ceinture de son fourreau puis quitta la pièce après ça, sa cohorte de sbires trottinant derrière lui.
La liste de prétendant s'allonge ! #O.O# je suis désolée pour ça, mais j'ai décidé d'aller à fond dans le fantasme ! ^^ Surtout que l'histoire de Phinée l'oncle qui est déjà fiancé avec Andromède avant la rencontre de Persée et d'Andromède, et qui veut s'approprier la jeune femme, est originale ! (100% tirée du mythe !) Je ne fais que le réemployer à ma sauce :P
J'espère seulement que vais réussir à gérer toutes ces intrigues ! c'est super palpitant pour moi ce genre de défis ! ;D
Bon dieu, si je m'écoutais sérieusement, Shun se ferait kidnapper tous les deux paragraphes...xD huhuhu
Merci de prendre la peine de me lire et de donner vos avis, ça me fait toujours très chaud au coeur. 3
Bon week end et bonne chance pour vos examens si vous en avez (perso moi je suis en pleine saison). A bientôt ! :)
