Bonjour à tous ! Voilà enfin le nouveau chapitre ! Il est un piti peu plus long pour me faire pardonner mon retard ;P
J'ai eu (comme beaucoup d'autres utilisateurs) des problèmes de publication, des "File Upload Problem" de mes deux...enfin, j'ai trouvé une solution de fortune (que j'espère provisoire !) via les forums, si jamais vous voulez savoir comment j'ai fait, messagez-moi.
Réponses aux reviews
Rosalia Merci de ta fidélité 3 comme d'hab' j'espère que ça te plaira !
LicyLionyx Merci de ton soutiens, je ferai de mon mieux ;
DidiineOokami L'idée d'une ceinture de chasteté est tentante haha mais je ne pense pas que Shun se laissa faire, j'espère comme toi que Hyoga soit un bon professeur. ^^
Bonne lecture, les gars.
L'histoire de la rencontre inopportune avec les soldats de Byzance avait été au final plus relayée que le groupe ne l'avait souhaité. Ces gardes semblaient plus fiers et fourbes qu'ils n'avaient parus au premier abord, propageant rapidement des rumeurs invasives et prolifiques sur le beau et mystérieux jeune homme aux cheveux émeraude qu'ils avaient croisés lors d'une nuit récente, ainsi que sur son protecteur blond violent, qui faisait partie d'une caste de combattants oubliée.
Ainsi, Shun avait maintenant encore plus de résistance à vouloir sortir de leur cabane d'emprunt située au cœur de l'immense cité et Hyoga avait de même tout autant de mal à le laisser partir.
Les évènements des derniers jours, surtout concernant leur sortie dans les beaux quartiers de Byzance, qui s'était soldée par un baiser peu prudent faisait beaucoup réfléchir le blond. Hyoga regrettait comment les évènements s'étaient précipités au final, la bagarre avec les soldats notamment, parce que cela aurait peut-être pu être évité, cependant, le goût suave et soyeux des lèvres du prince Andromède le hantait encore et il n'en tirait que des relents confus de plaisir, pas une seule once de regrets. Il espérait que cela n'apeure seulement pas trop Shun qui, de son côté, ne lui avait pas communiqué la moindre trace de peur en le croisant de nouveau, seulement un peu de confusion et de timidité. Malheureusement ces derniers jours, ils n'avaient pas vraiment eu le temps de vraiment se poser et d'en parler à cœur ouvert tous les deux ensembles.
« Il va falloir partir » indiqua Shiryu lors d'un matin à Hyoga. « Si tu veux vraiment garder le prince avec nous, il ne faut plus le laisser ici. Il y a trop d'yeux et trop de rumeurs. Nous nous ferions repérés à un moment ou un autre.
- Je sais. J'en ai déjà parlé avec Shun, il est d'accord pour mettre les voiles dès qu'il le faudra.
- Et où comptez-vous aller ? intervint subitement Seiya, apparu derrière eux.
Les trois combattants restèrent un instant tous silencieux dans l'étroite cuisine encore envahie de vaisselle à moitié de vide, puis Seiya s'approcha d'eux l'air mauvais. Il était clair qu'il désapprouvait la relation d'amitié qui s'était formée si vite plus ou moins naturellement entre le grand blond et le petit vert. La jalousie l'aidait sûrement à ne pas voir les avantages de la situation.
« Nous pouvons toujours retourner chez Auburos. » proposa Hyoga en haussant les épaules et en regardant Seiya droit dans les yeux.
« J'ai déjà envoyé une lettre de toute façon. Il nous ordonnait dans sa réponse de revenir le plus vite possible » indiqua Shiryu.
WwwW
Le chemin jusqu'aux Rinières, le domaine où leur maître d'arme habitait, était sinueux, gorgé d'une caillasse blanche et sablonneuse ainsi que bordé d'un bon nombre de petites forêts de sapins parfumées. Il menait au travers de petites collines sauvages irradiés d'un soleil puissant où beaucoup de voyageurs pouvaient être croisés, le paysage était magnifique à voir après tout, c'était compréhensible que tout le monde vienne l'admirer.
Le groupe avait récupérés des chevaux frais et était parti à l'aube en direction du Nord, à vive allure. Hyoga aurait bien aimé prendre avec lui Shun sur sa monture durant le voyage, cependant Shiryu l'avait devancé. Le grand brun était un tacticien dans l'âme et avait pressenti que cela ajouterait possiblement trop d'animosité entre Seiya et le blond donc il avait décidé de prendre Shun derrière lui durant la première partie de leur trajet, qui se résumait à une décade d'heures laborieuses dans les chemins jusqu'à un premier point relais où ils firent une pause.
Pendant tout le temps où ils firent halte pour déjeuner et laisser leurs chevaux se reposer, ils parlèrent essentiellement de sujet pleins de banalité, racontant à Shun leurs aventures antérieures, surtout comment ils étaient venus à posséder la tête de Méduse.
« Nous l'avons débusqué dans sa cave et lui avons coupé sa tête pour être certain qu'elle ne puisse plus s'en prendre à personne » expliqua Hyoga « c'était une mission confiée justement par Auburos.
- Comment est-il, votre maître d'armes ?
- Il est grandiose et terrible à la fois. C'est un combattant exceptionnel, qui a déjà défait des centaines de demi-dieux et de dieux mineurs. Il est connu parmi les immortels. Il nous a tous les trois entraînés pour que l'on devienne aussi fort que lui. Il est sévère, mais juste. Maintenant qu'il est trop fatigué pour réaliser les missions qu'on lui confie, on le fait à sa place. En échange il nous paye, nous loge et nous équipe. C'est quelqu'un de rude mais de bien.
- Pff, c'est juste un vieil ermite taré » pouffa Seiya en haussant les épaules.
WwwW
Auburos était un vieil homme au front plein de veinures grises et couvert de cicatrices, et qui avait les yeux très clairs pour ne pas dire translucides. Ses poils de barbe et de tempes étaient d'une blancheur sale, et virevoltaient sans cesse autour de lui au moindre de ses mouvements comme si un vent tournoyait constamment autour de sa carrure haute et ferme. Il était évident qu'il était un ancien guerrier qui avait foulé autrefois la terre d'un pied vif et engagé, jusqu'à forger un mental et un corps aussi résistant que l'acier, même maintenant, alors qu'il avoisinait maintenant les quatre-vingt ans, il était harassé, et reléguait donc les tâches les plus physiques à ses chers jeunes subalternes, se contentant de les superviser.
Lorsque le groupe de voyageurs arriva en haut du cratère rocheux dans lequel il vivait, c'était la fin de la matinée. Des voiles de brumes serpentaient encore à la surface de l'immense trou qui avait la morphologie d'un volcan. Le groupe les traversa alors qu'ils descendaient doucement le long des parois du cratère pour y atteindre son fonds, empruntant des sentiers couverts d'une herbe courte tracées par les animaux sauvages. Les cavaliers traversèrent quelques amas d'arbres maigrelets et de caillasses couvertes de mousse, puis arrivèrent au frontispice d'un assemblement de grandes résidences en bois élevées sur des pilotis.
D'une des maisonnées, le fameux Auburos sortit en martelant le sol d'un pas assuré. En voyant les trois chevaux s'approcher de lui, le vieillard fronça les sourcils puis redressa le cou. En percevant enfin leurs visages, il souria.
« Mais qu'est-ce que la marée vient de recracher ? une belle tripotée de crabes qui veulent quémander un peu de lumière et de calme ? »
Shiryu fut le premier à descendre de sa monture et à aller lui parler. Ils se cognèrent l'épaule chaleureusement dans un signe de salut. Auburos faisait la même taille que le jeune brun, mais semblait avoir encore plus de muscles, même si ceux-ci étaient recouverts de poils blancs et un peu fripés.
« Cela fait longtemps » dit Shiryu en souriant. « Comment allez-vous ?
- Le temps passe étrangement vite et paisiblement ici. » répondit le vieil homme. « J'espère que vous le rapporter de quoi me satisfaire. »
Seiya présenta aussitôt la tête de Méduse à leur maître d'arme qui dédoubla encore une fois son sourire. Il empoigna aussitôt la tête en enroulant son poing épais dans les cheveux sombres de Méduse qui se composaient en grande partie de petits serpents noirs inertes. Auburos renifla ce qu'il tenait dans sa main avec appréhension puis plissa son front.
« Ça pues…L'état de décomposition est assez avancé. Même si une Méduse ne se transformera jamais vraiment en ossement, il est tout de même incommodant de garder sa tête dans un endroit peu réfrigéré…Pourquoi n'avez–vous pas repris le chemin de mon repaire dès votre tâche accomplie ? »
Une ombre bizarre passa alors dans les yeux clairs d'Auburos qui prit un air légèrement agressif.
« Vous vouliez essayer de la refourguer à quelqu'un d'autre, peut-être ? La vendre à meilleur prix au marché noir au lieu de remplir votre mission et de me la rapporter ? vous voulez me doubler ?! »
Il serra les poings et s'approcha de Shiryu en souriant avec une force malsaine. Il agrippa violemment l'oreille du grand brun et le tira vers lui.
« Je suis votre aîné, n'oubliez pas !
- Aïe, oui oui !
- Nous avons eu d'autres impératifs urgents à traiter alors qu'on rentrait. On n'oserait jamais ne pas vous obéir. » coupa subitement Seiya avec un sourire de gamin gêné.
Auburos détourna alors ses yeux pour voir Hyoga qui descendait seulement de son grand cheval gris, et qui aidait Shun à faire de même, en le tenant par la taille.
Une fois au sol, le blond poussa gentiment le prince près de lui jusqu'à ce qu'ils soient face à Auburos, puis le fit retirer sa profonde capuche. Une cascade de cheveux émeraude glissa le long des fines épaules de Shun qui se sentit frissonner sous le regard clairsemé et incisif du vieux combattant qui s'approchait.
Durant un long instant l'homme ne dit rien, son air fermé ne communiquant rien d'autre que de la confusion à l'égard des autres voyageurs, puis subitement, l'homme s'avança et exécuta une courbette qui parut naturelle et assurée, bien qu'un peu rouillée.
« Enchanté, prince Andromède. »
Tous les autres hommes présent autour de lui le toisèrent avec curiosité et surprise, alors qu'Auburos semblait à présent de nouveau apaisé et guilleret.
« Comment savez-vous… » demanda Shun d'une voix absente.
« Oh, c'est simple, il y a peu de gens qui ont cette finesse dans les traits du visage et cette couleur de cheveux et d'yeux. Et puis, pour tout dire j'avais vite entendu parler de ton histoire et du courroux de Zeus, j'ai mes informateurs… ! plus franchement, je me doutais un peu que mes chers petits chiens de chasse ne résisteraient pas à la tentation de ne pas s'en mêler vu qu'ils étaient en mission non loin de là. »
Auburos ricana avec amusement puis se retourna, allant leur ouvrir la porte de la petite masure d'où il était sorti.
« Un vrai taré, comme je dis. » murmura Seiya en souriant.
A l'intérieur de l'épaisse cabane de bois, il y avait un petit salon éclairé par un âtre creusé profondément à même le sol. Une chaleur confortable se diffusait dans les ombres de la pièce rustique où quelques coussins brodés étaient étendus au sol comme uniques sièges. Ils s'assirent tous dessus, se rapprochant des flammes qui léchaient le cul d'une bassine en fer remplie de soupe au lard.
« Ça tombe bien, j'avais trop fais à manger aujourd'hui» dit Aurubos en s'essuyant le nez, visiblement affamé. « Vous en voulez ? »
Le vieillard incita silencieusement Shun à s'assoir près de lui cependant les autres restèrent tous debout, aphasiques dans l'embrasure de la porte.
« Un problème ? » demanda aussitôt Shun avec inquiétude.
« C'est bien, vous n'avez pas perdu vos vieux réflexes » s'exclama alors Aurubos en souriant de toute ses dents.
« Comment on aurait pu… » grogna Seiya « tu beugles tout ce qui ne va pas…
- Puisque tu sembles de si mauvaise humeur, tu vas nous faire le plaisir d'aller chercher du bois frais pour le feu. Il n'y en a plus dans la réserve, il faudra que tu ailles en couper directement en forêt ! »
Seiya soupira lourdement, mais ne dit rien d'autre et quitta la pièce après avoir posé ses affaires au sol, notamment son épée. Hyoga et Shiryu restèrent immobiles et figés au même endroit, attendant les ordres de leur maître d'arme.
« Il faut s'occuper des chevaux pour les remercier de leurs bons services. Les panser et les nourrir. Vous vous pensez capable de cela ?
- Oui » furent la seule réponse que Hyoga et Shiryu prononcèrent tout en partant à leur tour.
« Ne t'inquiètes pas » s'empressa de dire Auburos à Shun à leur suite. « Ils ont l'habitude. Ils savent qu'ils doivent respecter mes règles et mes ordres, ici. C'est bien de le leur rappeler souvent. C'est ainsi qu'on dresse les meilleurs combattants ! Et les meilleurs chiens aussi… »
Le vieil homme remua du bout du pied les cendres de l'âtre. Shun pouvait en effet voir qu'il agissait surtout comme un père envers les autres et non un bourreau sans cœur.
« Je les aient cueillis alors qu'ils n'étaient que des orphelins des rues. » continua Aurubos en relevant les yeux vers Shun. « Je les aie choyés, éduqués, leur aie appris à lire, à écrire, à combattre, à mentir…tout ce dont ils avaient besoin pour survivre dans ce monde. Ils sont devenus des mercenaires. Mes lames, mes héritiers. Ils connaissent toutes mes bottes secrètes et mes connaissances. Maintenant qu'ils sont autonomes et responsables je les envoie sur les routes pour remplir des missions, leur offre la liberté qu'ils méritent, mais lorsqu'ils reviennent ici, dans mon territoire, j'aime quand même leur rappeler qui est le chef. C'est plus pour me faire plaisir que par réelle peur qu'ils obéissent. Je sais qu'il me manque un peu trop d'esprit maintenant que je suis vieux, mais je sais encore discerné quoi leur dire pour qu'ils continuent à me faire confiance ! »
Shun souria. Il sentait bien que le vieillard robuste avait un bon fonds.
« Tu veux un peu de soupe ? personnellement, je crève la faim. »
« Merci »
C'était une des premières fois que Shun mangeait une soupe aussi épaisse. La chaleur du repas se répandit rapidement dans l'estomac du prince qui apprécia longuement le goût poivré du potage. Il en oublia rapidement le froid, la peur et la fatigue accumulés lors du voyage grâce à la chaleur de ce repas ainsi que celle émanant du discours d'Auburos.
« Vous connaissez mon histoire, alors ? » demanda finalement Shun en raidissant ses épaules. « C'est pour ça que vous avez voulu m'aider ? »
« Je n'aie pas envoyé ces gars te chercher, que ce soit clair. Ils l'on fait d'eux-mêmes. Bon, même si c'est bien moi qui leur aie inculqué la notion de savoir aider ceux qui en ont besoin…en tout cas, ce n'est ni par pitié, ni par intérêt quelconque que je t'accueillis chez moi. Tu es un prince, n'importe quel paysan à l'obligation évidente de te recevoir avec les plus grands égards lorsque tu te présentes à leur porte. Et connaissant la très bonne réputation d'Andromède, n'importe qui le ferait sans le moindre mal. C'est mon cas. Je respecte beaucoup ton courage en tant qu'homme, pour ce que tu as fait pour tenter de sauver Argos. Peu de gens l'aura fait. Alors, même si tu avais les pires démons des enfers aux trousses, je t'aiderai. J'ai été élevé ainsi, et je pense bien que mes garçons pensent et feraient pareil. On ne va changer ! »
Shun se dit qu'il aurait aimé que plus de gens comme lui voient Andromède ainsi. Il savait que le vieillard n'allait jamais lui mentir, ni tenter de le surprotéger inutilement, il était un homme assez intelligent pour savoir comment parler aux royaux sincèrement.
Lorsque Hyoga et Shiryu revinrent, une bonne demi-heure plus tard, Shun et Auburos avaient déjà bien mangés et parlés. Les deux hommes au demeurant physique diamétralement opposés avaient fort sympathisés, et ce en très peu de temps, notamment grâce au fait qu'ils avaient la même opinion des milieux bourgeois et de leurs étiquettes.
« Héhé, je t'aime bien, Shun » ricanait sans cesse Aurubos en frappant le sol de ses poings. « tu as des choses à dire et tu penses bien. Tu ferais un grand roi.
- Oui » se rembrumit un peu le prince « je suppose.
- Tu n'es pas obligé d'y retourner ! » coupa subitement Hyoga en pénétrant promptement dans la pièce. « Personne ne sait encore s'ils ne vont pas de nouveau tenter de le sacrifier s'il revient sur Argos.
- C'est vrai » concéda Shiryu « Mais c'est à lui de choisir s'il veut rester avec nous ou non. Il n'a pas un frère qui pourrait s'occuper de lui à notre place ? ce serait peut-être plus simple pour lui…
- Ils doivent tous le croire mort ! » continua Hyoga sur même ton presque paniqué.
« Hé ! » intervint subitement Auburos en se levant « Je viens seulement de fraterniser avec ce petit, on ne va pas l'envoyer ailleurs si tôt ? c'est votre responsabilité les gars. Vous l'avez sauvé, vous vous en occuper jusqu'au bout, sans se dédouaner, comme de vrais chevaliers. Et puis de toute façon, maintenant vous êtes chez moi, je suis donc celui qui décide du devenir de chaque personne ici présente, et je décide que Shun est mon invité. »
Le vieux guerrier brillait d'aplomb et d'insolence, mais Hyoga ne semblait pas avoir dit son dernier mot.
« On ne l'a pas emmené ici pour que tu te divertisses avec lui. Il faut le protéger.
- Oh, je vois que quelqu'un a repris du poil de la bête depuis sa dernière raclée ! »
Auburos souriait devant ce nouveau challenge, mais Hyoga semblait peu enclin à y participer tout aussi joyeusement. Il gardait les yeux braqués sur Shun en serrait nerveusement les poings. N'en pouvant plus de cette discussion, le jeune prince se leva violemment.
« Arrêtez de parler comme si j'étais absent ou incapable de penser par moi-même ! si je suis venu ici c'est parce que je ne compte pas retourner à Argos d'ici-là. Ils s'en sortiront très bien sans moi. Moi, je veux voir un peu de pays, c'est tout.
- Voilà qui est parlé » approuva Auburos en hochant la tête. « Un dernier mot ? »
Shun se sentit un peu rougir d'être ainsi devenu le centre de l'attention de tous les hommes présents dans la pièce, il laissa un peu de silence planer avant de reporter son intention sur la marmite de soupe entamée.
« Allons manger. »
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Lorsque Seiya revint plus tard ce matin-là, les bras autant chargés de bûches que les doigts chargés d'échardes, il trouva le salon vidé de ses occupants. Seul Shun résidait encore dans la pièce, assis sur ses genoux il remuait distraitement l'épaisse marmite de soupe sur le feu et sursauta en voyant le mercenaire brun arrivé dans la pièce.
« Enfin de retour » souria Shun « tu veux que je te donne un peu des restants de la soupe ? C'est un peu tiède mais ça reste très bon. »
Shun avait ôté son épaisse cape de voyage en cuir qui lui descendait jusqu'au pied. Il portait une tunique et des braies on ne peut plus simples, sans ornements, comme des centaines de paysans avaient, cependant cela fit tressaillir le cœur de Seiya de le voir ainsi, lui proposant à manger, assis seul, les épaules dévoilées, devant les flammes qui projetaient des ombres sur sa peau blanche.
Seiya vint s'asseoir avec mille précautions près du feu, et accepta la coupelle en bois que Shun lui tendit, contenant le plus célèbre potage à la tomate d'Auburos. Le seul qu'il réussissait un tant soit peu.
« Où sont les autres ? » demanda-t-il après en avoir pris quelques gorgées.
« Je n'ai pas tout compris. C'est apparemment un truc de guerrier. Auburos les a emmenés se battre dans la forêt avec lui ou quelque chose du genre. Ils ont voulus que je reste là à t'attendre. Personnellement ça m'arrange, je n'ai plus vraiment de forces pour marcher encore aujourd'hui. »
Shun ria doucement et cela fit encore une fois papillonner le cœur de Seiya qui essayait de se concentrer sur sa soupe pour ne pas en mettre partout.
« C'est gentil de ta part » avança-t-il « souvent c'est un peu difficile d'aller comprendre ce vieux renard…mais il est quelqu'un ce bien.
- Je le sais, nous avons un peu discutés durant la matinée, et il semble vraiment beaucoup vous aimer. Je crois que je n'ai jamais vu autant d'amour dans les regards que me portaient mes parents que dans les siens. »
Shun soupira rapidement puis détourna les yeux. Il semblait souffrir un peu de ces souvenirs.
« Je suis désolé. C'est du passé tout ça, de toute façon. » le conforta Seiya « Que veux-tu faire maintenant ? »
Shun se fendit d'un sourire superbe.
« Auburos va m'entraîner pour que je sois capable de combattre. J'ai déjà eu des notions au palais, mais je pense qu'il aura beaucoup à m'apporter. Je veux être capable de me défendre tout seul.
- C'est un instructeur sévère » paniqua Seiya.
« Je sais, mais je n'ai pas peur. »
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Auburos avait créé un entraînement spécialement pour Shun et ses capacités. Il prenait plaisir à lui enseigner des choses, ne se montrant jamais injustement dur ou vicieux avec le prince. Il lui inculquait le plus de choses possible dans divers domaine du combat, que ce soit le corps à corps ou bien avec des armes. Comme Shun l'avait espéré c'était intense mais pas destructeur. Il apprenait avec plaisir auprès du vieillard même s'il prenait des raclées, il savait que cela lui serait utile plus tard. Auburos ne se retenait pas énormément avec lui, lui énonçait ses défauts et ses progrès, ne le dorlotait pas comme on le faisait au palais, c'était quelque chose qui faisait à Shun insufflé un peu plus de vie dans ses poumons chaque jour durant.
Alors qu'à côté de tout ça, le maître d'arme hurlait furieusement des choses aux trois autres pour les entraîner. Avec eux, c'était d'un autre niveau, il ne leur faisait pas de cadeaux car il sava it leurs limites, jusqu'où il pouvait les pousser pour leur faire s'améliorer et oublier leurs peurs. Ces entraînements où la Mort les frôlait souvent duraient souvent l'après-midi, voire parfois une partie de la nuit, tandis que ceux réservés à Shun durait le matin. Ainsi on pouvait se relayer pour les tâches ménagères et d'entretien.
« Il y a du favoritisme… » C'étaient-ils un jour plein en remarquant cette différence.
- Vous serez ceux qui protégeront Shun contre les pires choses. » avait rétorqué Auburos en haussant les épaules « Un gamin pur et innocent comme lui, un prince de surcroît, ne devrait jamais avoir à se salir les mains avec le sang et les larmes d'un adversaire. Il a le cran de ne vouloir jamais être un fardeau, d'être indépendant et fort, et je le récompense en lui apprenant tout ce que je sais. Et vous, vous devez avoir le cran de lui tenir tête et de vous entraîner sans relâche pour être en mesure de le protéger convenablement. Il pourra ainsi se débrouiller, lors de ses voyages autour de pays, pour survivre à une agression dans une ruelle, mais face à une armée de combattants expérimentés et avides, il ne le pourra jamais, ce sera donc à vous de jouer.
Il n'y eut plus de plaintes après ça.
Auburos les faisaient tous les trois travailler dur. Les décrassaient et leurs poussaient dans leurs retranchement, dans des exercices toujours plus difficiles, où il fallait éviter des torches enflammés, des rondins de bois, des jets de pierres. Ce n'était souvent que plus tard que l'on pouvait se rendre compte de la valeur de ces entrainements aussi dangereux qu'épuisants. Lors des combats l'endurance et l'agilité gagnée au prix de la sueur était toujours très impressionnante.
Ce que leur vieux maître d'arme adorait particulièrement était de les faire combattre contre lui, à main nue ou avec des armes. Il avait un petit ring de fortune sur lequel il faisait souvent défiler ses jeunes mercenaires afin de leur faire travailler sur leurs points faibles.
« Ta jambe gauche traîne derrière toi comme si elle avait la lèpre, Seiya ! »
Il tournoya avec une extrême fluidité pour son âge, fit tomber le jeune brun d'un bref coup de pied derrière le genou. Alors que Seiya tombait au sol, Auburos se tourna vers Shiryu et Hyoga, les firent dégager des rebords du ring à coups d'épaule comme s'ils ne pesaient rien.
Alors que les jeunes hommes résidaient douloureusement dans la poussière autour du vieillard qui respirait avec force et fierté, Shun arriva non loin d'eux et assista avec curiosité à la fin de la bataille, et surtout à la sempiternelle leçon de morale qu'Auburos prodiguait à la fin de chaque exercice.
« Les jambes ont tendance à trop rester en recul par rapport bassin avec vous, les jeunes. Haha, c'est normal, à votre âge on ne fait que penser avec son deuxième cerveau, celui qui pend fièrement entre les jambes. Etre bien campé dessus elles et les protéger sans les ralentir est une des clés d'une victoire. Il faut constamment avoir conscience d'elles, afin d'acquérir de la vitesse et toujours plus de contrôle de la situation. Compris ?
Oui, m'sieur » soupirèrent les trois garçons en se levant douloureusement.
Ils filèrent sans rien demander d'autre jusqu'aux sources d'eau les plus proches afin de se laver.
Shun les regardèrent silencieusement disparaître derrière quelques arbres, descendant vers la cavité où la seule source d'eau fraîche des Rinières se trouvait en se charriant mutuellement sur leurs erreurs. Ils avaient l'air de simples apprentis sous cet air, cependant il ne fallait pas oublier qu'Auburos était un homme surpuissant, un combattant inné, et que Hyoga, Shiryu et Seiya l'étaient également, mais leur jeunesse était un frein face à leur maître d'arme plus qu'expérimenté.
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L'eau froide de la source leur montait aisément à tous jusqu'à la taille. Frottant leurs membres endoloris avec des morceaux de tissus imprégnés de savon, Seiya, Shiryu et Hyoga frissonnaient doucement en parlant.
« Il nous a défoncé aujourd'hui. » se plaignit Seiya. « regardez la taille de ce bleu ?! personne ne m'en a jamais fait d'aussi importants… ! »
Hyoga et Shiryu étouffèrent mutuellement des rires, les expressions que faisait leur ami en se contorsionnant comme chaque soir, pour regarder ses égratignures, étaient grandioses.
Auburos était l'homme le plus puissant que Hyoga ai jamais rencontré, c'était évident qu'il leur laissa à tous des marques à chacun de leurs affrontements. Même en serrant une main le vieillard pouvait laisser des traces de brûlures.
Lorsqu'ils furent tous rafraichis et moins parcourus de douleurs, ils remontèrent sur la plaine des Rinières ou une bonne partie de la résidence d'Auburos ainsi que quelques espaces d'entrainement –notamment le ring- se trouvait, et assistèrent à un spectacle particulier.
Shun et Auburos se battaient sur le ring.
Et quand le vieux combattant décidait de monter sur cet espace en tissus qu'il avait lui-même brodé, c'était du sérieux.
Hyoga sentit son cœur bondir dans sa poitrine. Un puissant et étrange sentiment d'anxiété envahit le grand blond alors que lui et Seiya s'élançaient vainement vers les combattants, espérant les arrêter.
« La ferme ! » leur dit Auburos sans même les regarder. « Tu vois, mon prince, maintenant nous avons un auditoire.
- Vous avez le tract ? » demanda Shun en souriant avec un brin de défi.
Shun portait une tenue composé d'une longue unique en lin blanche et d'un simple pantalon de cuir de cavalier brun, sur ses hanches pendaient une ceinture aux longs pans de tissus, qui soulignaient ainsi sa finesse corporelle. Il était habillé ainsi depuis leur arrivée aux Rinières quelques jours plus tôt, mais maintenant que Hyoga le voyait ainsi debout, baigné dans la lumière puissamment dorée de la journée moite, les sens aux aguets et le corps prêt à bondir à l'attaque, Hyoga ressentit une excitation piquante le parcourir. Quelque chose dû à l'imminent combat qui allait se dérouler sous ses yeux, mais aussi dû à la beauté du prince Andromède quand il revêtissait une peau de combattant. Ses longs cheveux verdoyants flottaient le long de ses épaules et de sa gorge pâle, ses yeux étaient braqués sur Auburos qui tournait autour de lui, prêt à l'attaquer.
Shun avait un bâton en bois entre les mains, le vieillard aussi. Rapidement les trois autres combattants entourèrent le ring surélevé la bouche grande ouverte.
Auburos expira lourdement puis se jeta sur Shun qui était prêt. Son jeu de jambe était nerveux et vif, il esquivait facilement les attaques d'Auburos qui faisait tournoyer son bâton autour de sa tête avant de l'abattre furieusement au sol. Il était évident que recevoir un tel coup fendrait un os, pourtant Shun restait calme, le regard sombre, les bras prêt du corps. Il n'attaquait pas beaucoup, parer les attaques lui prenait tout son temps. Il savait profiter très bien de sa maigreur par rapport à son adversaire afin d'esquiver le plus efficacement.
Il avait l'air superbe aux yeux de Hyoga, on aurait dit un loup sauvage. Ses yeux brillaient comme des flammes, le moindre de ses mouvements fendait l'air avec vélocité et une cadence qui faisait facilement comprendre qu'il avait déjà affronter des gens de la trempe d'Auburos, même si ça devait être la majeur partie du temps en simple entraînement. Un coup d'œil vers Seiya et Hyoga comprit rapidement qu'il n'était pas le seul à être subjugué par cet échange.
Toutes les pensées qu'ils avaient tous envers Shun en tant qu'inoffensif petit prince gâté s'évanouissaient un peu plus en fumée à chaque contre coup que portait Shun à Auburos. C'était évident que le vieux guerrier se retenait et n'était pas aussi fourche et violent qu'avec les autres, mais il ne s'amusait pas. Il combattait sérieusement car il y avait parfaitement des chances pour que Shun l'atteigne.
Ce dernier y parvint finalement après quelques longues minutes d'échange, écorcha le coude d'Auburos qui grimaça un peu, avant de se redresser d'un coup sec tout en balayant son bâton sur la surface du ring, pour renverser Shun en frappant contre ses chevilles. Aussitôt le jeune prince bascula en arrière et tomba sur le dos. Il allait se relever en roulant sur le côté lorsqu'Auburos le bloqua en lui posant le pied sur le ventre.
« Fin de la tempête. Tu t'es bien débrouillé. » Il offrit sa main à Shun pour l'aider à se relever puis lui souria.
« Il vient de le féliciter ! Vous vous rendez compte que c'est la première fois que je l'entends complimenter quelqu'un ? » Murmura furieusement Shiryu.
Hyoga ne répondit rien, encore assez occupé à admirer les mouvements de Shun ainsi que le soulèvement essoufflé de sa poitrine. Un filet de sueur glissait le long de sa gorge, le grand blond sentit sa bouche s'assécher et quelque chose chauffer le bas de son ventre.
Il poussa un grognement en voyant que Seiya l'avait devancé et était aller féliciter Shun avant lui. Il lui tendit sa serviette et le sourire lumineux que Shun lui renvoya fit encore plus fulminer Hyoga.
« Assez joué » grogna subitement Auburos « Il y a encore plein de choses à faire avant que le repas ne soit prêt. »
Alors que tout le petit groupe prenait le chemin vers la maison réservée aux repas, où ils étaient arrivés le premier soir, Aurubos prit Shiryu à part.
« Qu'est-ce qu'ils ont les deux autres ahuris ? on dirait des chiens en chaleur dès qu'il est question du petit prince… »
Le guerrier aux longs cheveux bruns se fendit d'un sourire qui en disait long sur ces incessants spectacles auxquels il avait sûrement déjà dû assister. Il croisa les bras devant sa poitrine et se tourna complètement face à son maître d'arme.
« Oui, on s'habitue à force, vous verrez… Ils ont tous les deux eut un coup de cœur pour lui et je ne suis même pas sûr que Shun l'ai remarqué. Dans tous les cas, ils se battent silencieusement l'un contre l'autre afin d'avoir l'avantage. Je ne sais pas quand ni comment toute cette histoire va se terminer, mais en tout cas c'est très drôle à regarder ! »
Auburos ria d'un air goguenard puis cogna amicalement son épaule contre celle de Shiryu.
« Héhé, j'ai hâte de voir ça. Mais il n'y a pas intérêt qu'ils s'en prennent à Shun simplement par vanité. Ce petit mérite mieux.
- Tu t'es attaché à lui, chef.
- Comment ne pas le faire ? il est encore plus attachant qu'un chaton. Et puis ça dépaysage à force de ne voir que des mufles dans votre genre.
- Nous sommes ce que vous nous avez appris à être. » répliqua Shiryu
Auburos ria de nouveau et ils entrèrent dans le salon de bois de la masure où ils se figèrent aussitôt. Seiya était au sol, Hyoga le surplombant et l'écroulait sous les coups de poings alors que Shun tentait de le stopper vainement.
« Hé, qu'est-ce qu'il se passe enfin ?! » hurla Auburos en prenant la voix d'un inquisiteur. « Arrêtez un peu cette folie ! »
En sentant son maître d'arme approcher, Hyoga relâcha enfin Seiya en se reculant promptement. Ce dernier se releva rapidement, prêt à vouloir rendre immédiatement la pareille au blond, mais cette fois-ci Shiryu l'en empêcha.
« Vous êtes des frères d'armes » tempéra Auburos en s'avançant entre eux. « Pourquoi est-ce que vous osez vous faire couler mutuellement le sang ? il n'y a pas assez de gens qui le veulent dans ce foutu monde ?! expliquez-vous ! »
Hyoga sursauta en entendant la voix glaciale du vieillard résonner en lui ce qui sembla le faire enfin reprendre ses esprits. Il regarda rapidement les alentours et s'arrêta sur Shun qui le foudroyait du regard.
« Je… » dit-il sourdement en se tournant ensuite vers Seiya qui avait la lèvre fendue « Demandez à ce pervers !
- Arrête un peu, je n'ai rien fait…
- Tu crois que personne ne t'as vu ? espèce de vicieux, tu t'y crois vraiment, hein, à le peloter comme si tu étais un bon dieu ?!
- Quoi ? »
Hyoga regarda Auburos avec hargne.
« En rentrant dans la maison, Seiya a posé une main sur le c…le derrière de Shun et…
- Ce n'était rien ! » se plaignirent Shun et Seiya en même temps.
« Un moment d'égarement, je suis épuisé, pardon… » continua Seiya en levant les paumes vers lui en espérant le calmer. « Je ne le referais plus, mais tu sais que j'aime bien ce genre de blague »
« Je ne l'ai même pas remarqué ! » ajouta Shun, les yeux au sol.
« ''Ce n'était rien'' ? tu mériterais qu'on te coupe la main pour ce que tu as fait… ! »
Hyoga avait aussi honte pour Seiya que pour Shun en cet instant. Mais il s'emportait peut-être un peu trop.
Ça gênait d'ailleurs Shun qu'il prenne autant ça en cœur. Il pouvait se défendre seul quand même. Il aurait pu très bien frapper Seiya de lui-même pour lui rappeler les limites, et tout cet incident serait passé bien plus qu'inaperçu. Shun savait que Seiya n'était pas un mauvais gars, il était seulement un peu stupide et inconséquent.
Mais vu comment Hyoga traitait ça, cela rendait le tout vraiment trop dramatique. Et incompréhensible. Pourquoi est-ce qu'il agissait ainsi, comme si c'était révoltant ? alors qu'il avait embrassé Shun sans même le prévenir ni sembler le regretter ! C'était bien lui le plus taré d'eux tous.
Auburos se passa une main sur le front alors que tout le monde se calmait progressivement.
« Vous n'êtes vraiment que des chiens en chaleur…» soupira d'une sur un ton bas.
Alors que Seiya jetait des regards méprisants à Hyoga et que ce dernier faisait de même, Shun se sentit subitement ridicule d'assister à cette scène, comme il y en avait tellement d'identiques à la cour du palais. Il allait avoir vraiment besoin de leur expliquer ça bientôt ; C'était compréhensible qu'ils ne sachent pas encore comment agir avec lui, c'était toujours difficile et dérangeant de s'intégrer dans un groupe d'amis, de trouver sa place. Ce n'était pas grave d'avoir quelques accros, l'important était de ne pas en faire des scandales et d'en tirer de bonnes conclusions. Tout l'inverse de ce que faisait actuellement Hyoga.
« Et des gamins de surcroît » ajouta Auburos en fronçant ses épais sourcils.
Il s'avança d'un nouveau pas vers eux, reprenant son souffle pour une nouvelle tirade, mais il fut interrompu par une explosion dans l'un des murs en bois de la maison qui projeta sur eux tous une avalanche de poussière et d'échardes.
Toute l'équipe se recula de quelques pas en toussant, tentant par la même de percevoir ce qu'il se passait, d'où provenait cette soudaine vague de chaleur suffocante, ainsi que ces grondements véloces.
D'entre les dernières bribes de fumées, une créature immense et sombre apparue, savatant le sol avec force de ses deux gigantesques sabots. Son souffle erratique faisait trembler les dernières parcelles de murs qui n'étaient pas encore tombée, la forme complète de sa figure imposante leur fit à tous gasper de surprise. Lorsque l'envahisseur arriva à la lumière, son faciès leur apparu en détail ; il avait certes une forme humanoïde bien que couverte de poil, mais sa tête était totalement celle d'un taureau. Il avait même un anneau dans le nez. Ses cornes étaient aussi noires que le reste, même les griffes au bout de ses grosses mains l'étaient.
« Bordel de dieux… » jura doucement Auburos en se redressant.
Subitement, la créature se mit à hurler, projetant des filets de bave partout aux alentours ainsi que des jets d'haleine aussi chaudes que nauséabondes. Tout le monde se posta en position de défense, et déjà la créature s'élançait sur eux.
Auburos fut le premier à réagir. Il sortit de derrière une latte du plancher une épée blanche dont il se servit pour stopper la créature qui devait faire facilement trois fois sa taille. La chair de l'animal résistait aux coups d'épées, mais la puissance des coups d'Auburos était suffisante pour la détourner. Elle alla s'enfoncer dans un nouveau mur, alors que le vieillard se retournait.
« Bougez-vous ! j'ai besoin de votre aide…C'est un minotaure ! et un gros ! il va falloir se mettre à plusieurs pour l'avoir. »
La bête cornue le chargea subitement après s'être mise à quatre pattes. Elle arracha encore du bois de la charpente en secouant ses cornes dans tous les sens tout en fonçant dans l'abdomen du vieillard robuste qui ne put s'empêcher de lâcher un soupir de douleur alors qu'il était projeté au sol. Mais la créature enragée ne s'arrêta pas, elle enjamba Auburos et se jeta sur les autres qui se tenaient encore debout, figés de surprise par la violence et la rapidité du déroulement des évènements.
Le minotaure chargea Hyoga, puis éjecta Shiryu d'un coup de tête. Le moindre de ses mouvements dans le petit salon engendrait beaucoup de dégâts, en faisant un tour sur lui-même il arracha encore des palissades de mur et fit tomber Shun, ainsi que Seiya, aux côtés d'Auburos à moitié inconscient.
« Allez chercher la tête de Méduse ! » cria lourdement ce dernier en s'essuyant la bouche d'où coulait un peu de sang.
Avant que Shun ne puisse réagir, ne serait-ce que se relever, il sentit quelque chose le dominer, l'empêcher de bouger. Shun écarquilla les yeux en se rendant compte qu'il était à quelques centimètres à peine des naseaux humides du minotaure qui grognait furieusement à son encontre. Un coup d'œil vers les alentours dévasté lui fit rapidement comprendre qu'il ne recevrait pas d'aide extérieure. S'appuyant sur ses coudes pour tenter de reculer un peu, le jeune homme sentit sa respiration s'accélérer alors que la créature le toisait intensément, puis se mettait à le renifler. Shun vit l'épée d'Auburos étendue pas très loin de lui, mais il n'eut pas le temps de l'attraper.
Le minotaure se mit alors à soupirer vivement, comme s'il venait de reconnaître quelque chose en Shun. Les petits lobes humides qui lui servaient d'yeux clignèrent plusieurs fois et aussitôt il arracha Shun du sol en l'attrapant pas la taille. Il le ficha sur son épaule puis entreprit de rebrousser chemin en retraversant une nouvelle fois la maison dévastée par ses soins, où les autres étaient étendus au sol, et grimaçaient confusément de douleur.
Shun se débattit du mieux qu'il put, saccageant le cuir de l'épaule du minotaure à grand coup d'ongles, mais la créature avait de la force et des mains grandes comme des battoirs, elle le tint serré en marchant d'un pas lourd, sa férocité semblant être enfin calmée. Alors que Shun allait crier quelque chose aux autres, ce qui était particulièrement difficile car l'os de l'épaule de l'immense créature lui appuyait résolument sur le ventre et lui coupait la respiration, Shun vit le minotaure passé la trouée dans le mur de bois d'où il était apparu, et baisser la tête pour ne pas se cogner contre la poutre de la charpente. Le prince vert n'eut pas ce réflexe, avant même qu'il n'arrive à totalement se retourner, la poutre butta contre l'arrière de son crâne. Un choc électrique parcouru l'entièreté de sa colonne vertébrale et le fit voir flou, un liquide chaud se mit à couler le long de ses cheveux, puis plus rien.
WwwW
« NON ! » hurla Hyoga en se relevant avec lourdeur.
Il avait heurté le sol avec force, comme les autres, et tout était brouillé autour de lui. Mais une chose était sûre ; c'était bien Shun que le minotaure emportait au loin. Personne d'autre n'avait une telle chevelure émeraude, même si elle commençait à être résolument entâchée de sang.
« Il ne pourra pas aller bien loin » dit Auburos en se plaçant à ses côtés, haletant. « Les Rinières sont une cuvette de roches, sans connaître le bon chemin il peut mettre des heures avant d'en sortir. Je connais les meilleurs raccourcis. Allez, redresse tes copains et rattraper vos ceinturons d'épées. Nous allons trancher du saucisson sur le dos de ce monstre. Et prenez la tête de cette foutue Méduse ! »
Qu'en pensez-vous ? J'espère que ça vous a plu. Je vais essayer de ne pas être aussi lente que la dernière fois, mais ce sont les vacances alors la paresse me gagne parfois.
En tout cas, j'espère que vous profitez du beau temps s'il y en a !
Merci beaucoup de me lire ! *v*
A bientôt !
