Hi ! Voilà (déjà?) la suite, j'espère qu'elle plaira !
Mon dieu j'ai tellement mal à la nuque à force d'avoir écris (seuls ceux qui écrivent comprendrons sur un pc ^^ )
Réponses aux reviews
LicyLionyx Oui j'avoue Hyoga mériterait quelques baffes parfois, surtout ouai, quand il fait son chevalier surprotecteur envers notre brave petit Shun... et le minotaure n'a non plus pas encore dit son dernier mot ! ;p
Bonne lecture les gars
« J'aime bien quand tu tires tes cheveux en arrière comme ça » commenta doucement Hyoga dans le dos de Shun.
Ce dernier se retourna d'un air curieux pour le regarder droit dans les yeux.
« Tu parles de quand je fais cette queue de cheval en désordre ? c'est pour que je puisse continuer à voir ce qu'il se passe tout autour de moi sans que mes cheveux me tombent sur les yeux, c'est tout.
- Peut-être, mais ça te va très bien. Et c'est très utile à mon sens.
- Pour faire quoi ? » soupira Shun en se tournant de nouveau vers l'horizon.
« Ça »
Aussitôt plongea son nez dans le cou de Shun et se mit à mordiller la peau pâle qui protégeait les tendons de la gorge fine du prince. Shun poussa un petit cri surpris et rauque et tenta de repousser Hyoga cependant ils étaient tous les deux juchés sur le même cheval, partageant la même selle bordée de sacs de vivres donc il était difficile de créer de la distance entre eux. Cette idée au combien romantique de chevaucher la même monture bien virait vite à la mauvaise blague lorsque Hyoga devenait aussi agressif et libidineux.
Shun dû appuyer ses deux mains sur la bouche du blond pour que ce dernier accepte de s'arrêter et de reculer un peu.
« C'est toi qui tiens les rênes du cheval, il faut que tu te concentre sur la route sinon on va finir dans le décor !
- Ce ne sont pas nous les chevaux de tête » répondit Hyoga en haussant rapidement les épaules. « Le nôtre va suivre ses copains sans même se poser de questions. Ne t'inquiète pas. »
Shun savait que Hyoga ne voulait pas présentement aller plus loin que quelques baisers et caresses, cependant c'était quand même relativement gênant de le faire à quelques mètres à peine des autres.
Ils venaient de quitter le désert pour aboutir à de domaines couverts de plaines herbeuses où quelques villages étaient dissimulés entre des myriades de collines forestières. Un vent d'une incroyable qualité soufflait entre chaque arbre, à la fois chaud et parfumé.
« La cité d'Enhéris n'est plus qu'à une journée à peine de marche » leur indiqua Shiryu « Il faudra faire maintenant un arrêt pour déjeuner et reposer les chevaux afin de pouvoir ensuite tracer directement jusqu'à la ville sans avoir à faire de pause. »
Les autres acquiescèrent puis ils vinrent tous s'installer en haut d'une bute qui surplombait la route, sous l'ombrage de quelques arbres aux branches couvertes d'épines cuivrées.
Alors qu'ils se partageaient leurs derniers morceaux de dattes ils perçurent cependant le bruit lointain d'un fracas creux et puissant.
Des cavaliers.
Hyoga eut un mauvais pressentiment en entendant ce son mené à une intensité telle qu'il devait y avoir toute une petite armée derrière ce roulement saccadé de galop. Les autres semblaient l'avoir tout aussi bien compris car bientôt tout le monde retourna auprès de leur propre monture alors que cela ne faisait que quelques minutes qu'ils étaient le pied à terre.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » s'inquiéta Shun alors qu'il suivait le mouvement.
« Rien, monte à cheval et suis-moi. » lui commanda le blond.
Shun continua de le toiser curieusement cependant il n'opposa pas de résistance lorsque le groupe se dépêcha de partir au galop sur un nouveau chemin, qui passait au travers d'une campagne boisée et sauvage mais qui semblait aller tout de même dans la direction d'Enhéris. Le paysage défilait à toute vitesse et les feuilles leur giflaient parfois les joues mais au moins le bruit du galop étranger derrière eux disparut rapidement. Cela leur permis de ralentir la cadence et ils s'autorisèrent même à parler.
« Bon, c'est quoi cette histoire ? » demanda vivement Shun « Pourquoi est-ce que vous craignez autant de rencontrer une armée anodine qui patrouille ?
- L'expérience nous a seulement appris qu'il ne valait mieux pas traîner dans les environs lorsque des armées passent. Ils n'aiment pas beaucoup les mercenaires et c'est plutôt réciproque, je dois dire. Nos intérêts et nos règles de droitures…divergent souvent. » répondit Hyoga en souria timidement à Shun.
« Et comme il est possible que nos têtes soient mises à prix dans certaines grandes villes du pays il ne vaut mieux pas que l'on croise des soldats provenant de ces endroits qui serait capable de nous identifier ! » continua Seiya sur un ton qui se voulait léger.
- Sérieusement ? » s'exclama Shun d'un air sidéré « Vous êtes recherchés ?! »
« Pas pour grand-chose ! » tenta d'expliquer Hyoga en se grattant l'arrière de la tête « C'est souvent parce qu'on fait pas mal de tapage quand on remplit une mission que ça finit ainsi. Et c'est aussi parce qu'il arrive assez fréquemment que l'on ne pense pas beaucoup aux dégâts et aux conséquences de certains combats que les gardes armées ne nous aiment pas beaucoup.
- Et puis Seiya a tendance à hurler comme une fillette quand il est blessé, ça fait très peur aux gens, ça. » ria Shiryu
« Hé ! » Piailla l'intéressé en se retournant.
« Si jamais on se fait attraper on ne va pas se faire pendre non plus » continua Hyoga « Nos larcins ne sont jamais bien graves, mais ça énerve souvent assez de monde pour que les autorités locales en soient amenées à poser des avis de recherche sur nos tête, afin qu'on passe enfin proprement devant un juge pour payer ou réparer nos dommages. Ça n'arrive pas souvent que ça qu'ils nous chopent ! » ajouta Hyoga en faisant un clin d'œil.
« La plupart du temps on est juste bannis à vie d'un endroit. » majora Shiryu en haussant les épaules.
« Sérieux… » souffla Shun en faisant un sourire abasourdi.
« Mais ce n'est pas partout dans le pays » continua Hyoga en cédant un peu à la panique « Actuellement, nous sommes seulement bannis de quelques comtés, villages et villes. Et certaines zones maritimes. Et des temples religieux.
« Et des cimetières. » dit Shiryu.
« Et des écoles. » dit Seiya.
« Et d…
- C'est bon on a compris l'idée, merci ! » s'énerva Hyoga en se tournant vers les deux autres mercenaires.
Le blond regarda de nouveau Shun d'un air gêné.
« Désolé de te dire tout ça comme ça…
- Ne le sois pas » le coupa Shun en secouant gentiment la tête « Je m'en doutais un peu que des mercenaires comme vous aient des ennemis et soient recherchés, pour tout dire, ça fait partie du job je suppose ce genre de problèmes. Et puis de toute façon, du moment que ce n'est pas pour meurtre ou pour une chose horrible du genre qu'on vous recherche je suppose que je peux accepter ça. Je sais que vous faites toujours de votre mieux pour ne pas impliquer des innocents dans vos affaires, vous restez des gens bien dans le fonds, alors c'est bon, arrête de t'en faire. »
Shun se penchant sur le côté et déposa un baiser sur la joue de Hyoga qui se détendit alors significativement. Le mercenaire craignait à vrai dire encore beaucoup que toutes ces découvertes comme quoi Hyoga et ses amis n'étaient pas toujours de véritables héros sans traces ni ombres durant leurs missions ne possèdent le potentiel pour décevoir ou apeurer Shun, mais encore une fois Andromède leur prouvait qu'il était plus fort que ça.
Seiya, qui semblait quelque peu déçu de ne pas avoir eu de bisou lui aussi s'empressa subitement de rajouter d'une voix forte
« Peut-être que maintenant on est également recherché pour l'enlèvement du prince Andromède d'Argos, qui sait ? »
« Ce serait bien la seule chose que je ne regretterais pas d'avoir faite, et le seul crime que je me réjouirai toujours de commettre. » murmura alors Hyoga sans décrocher son regard bleu acier de Shun qui rougissait.
« Hyoga… »
Les deux tourtereaux s'embrassèrent alors, sans prendre le soin de paraître pudiques ou sérieux, devenant gémissants tout en s'enveloppant dans les bras l'un de l'autre. Malgré la distance imposée par leurs deux montures de différentes tailles qu'ils chevauchaient respectivement ils parvinrent tous deux à étreindre sans grand soucis.
« Raté » souffla discrètement Shiryu à Seiya en se retenant de ricaner.
Ce dernier le foudroya du regard avec morne et soupira.
WwwW
Sauf que les cavaliers n'avaient pas été semés.
Le calme feutré de la forêt avait duré un certain temps avant que subitement le bruit de galop ne recommence à battre furieusement derrière les voyageurs. Plus diffus cette fois, à cause de la terre meuble de la forêt qui amortissait beaucoup les sons provenait au sol, mais bien là, insistant et rapide.
L'inquiétude gagna rapidement le groupe lorsqu'ils s'en aperçurent.
« Ce n'est pas normal qu'une troupe armée aussi nombreuse se déplace sur un tel chemin si sauvage et étroit » souffla Shiryu en scrutant les environs finement boisé derrière eux.
« Ils vont bientôt nous rattraper si ça continue. Il faut reprendre le galop. » ajouta Seiya sur le même ton agité.
« A ce rythme les chevaux ne tiendront pas » protesta alors Shiryu, « Nous n'atteindrons pas Enhéris ce soir si on les pousse autant.
- Alors que veux-tu faire ? » cracha Seiya.
« Calmez-vous, les gars » coupa Hyoga en levant une main « Se battre entre nous est la dernière chose qu'il convient de faire en ce moment. Nous devons réfléchir ensemble à un plan pour leur échapper si ce sont bien nous qu'ils traquent.
- Peut-être qu'ils ne sont pas après nous et ne font que passer. » dit Shiryu.
« Je ne veux pas le vérifier. » répondit Hyoga en se tournant à son tour en direction du chemin s'étalant derrière eux.
Le blond resta un instant silencieux, les yeux dans le vague, puis il regarda Shun et proposa sa solution.
« Il faut essayer de la semer de nouveau. La forêt est grande, il sera sûrement facile de les perdre. »
Les autres réfléchirent un instant avant d'hocher la tête et d'accepter sa proposition. Aussitôt, ils talonnèrent tous leurs propres montures pour lancer les animaux à une allure soutenue au travers de la petite forêt pentue.
Hyoga ne cessait de poser son regard sur l'horizon confus entre les arbres de devant et ceux de derrière, et sur Shun qui galopait à ses côtés le buste légèrement penché en avant sous l'effet de la vitesse de course de son cheval. Le prince à chaque fois soutenait fermement le regard de Hyoga de ses beaux yeux émeraude et lui souriait doucement comme pour le rassurer sur le déroulement des prochains évènements et sur sa foi en lui. C'était fou comme ce seul contact avec Shun rassurait et donnait de la force à Hyoga.
Bientôt les bruits des autres chevaux se rapprochèrent significativement et l'angoisse monta d'un nouveau cran. La forêt ne semblait pas avoir de fin et proposait toujours le même genre de paysage sans issues, ce qui inquiétait les voyageurs. Puis quelque chose bourdonna près de l'oreille de Hyoga et celui-ci sentit son échine se geler.
« Ils nous tirent des flèches dessus ! » hurla-t-il aux autres en cravachant son cheval pour le faire accélérer.
Shiryu et Seiya ouvraient la marche, Shun et lui-même étaient en fin de procession et pouvaient de mieux en mieux entendre les souffles rauques des montures adverses.
« Hyoga, je peux les voir ! » dit alors Shun d'une voix paniquée.
Merde, merde !
« Plus vite, ils nous rattrapent ! » commanda Hyoga avec presque du désespoir.
« Je vois une sortie sur le côté, suivez-moi ! » leur dit alors Shiryu.
Ce dernier s'enfonça subitement sur la droite, pénétrant dans une zone qui semblait tout aussi laborieuse et feuillue que les autres, pour autant le restant du groupe ne posa pas de questions et suivit le brun dans son élan.
Les feuilles et les branches leur barrèrent la route mais leur vitesse permit de les passer sans refus de la part des chevaux. Hyoga grinça des dents le temps que la traversée au milieu des arbres se fasse et baissa la tête afin de ne pas se cogner contre quelque chose.
Soudainement la présence cinglante des feuillages sur sa peau disparue pour laisser place au silence et au vent. Se redressant complètement sur sa selle Hyoga aperçut alors tout autour de lui une petite plaine d'herbe rase qui promontait un restant de paysage campagnard où la route principale vers Enhéris s'écoulait. La voie étant enfin immense et dégagée, les mercenaires purent enfin lancer leurs chevaux au triple galop sans se soucier des alentours. Au loin un campement assez développé composé de nombreuses toiles brunes se trouvait et cela sonna le salut dans la tête de Hyoga.
« Il n'y a pas de sigles sur les tentes, ce doivent être des nomades ! » Cria-t-il par-dessus le fracas de sabot qui roulait sous eux « Si on parvient à l'atteindre on pourrait se cacher parmi eux ! »
Les autres ne se firent pas prier en réponse et continuèrent de talonner leurs montures afin d'atteindre le font de la plaine où le campement se trouvait. Des hennissements derrière eux retentirent alors hardiment, et Hyoga n'eut pas besoin de se retourner pour savoir que leurs poursuivants venaient de retrouver leur trace et de quitter eux aussi la forêt et son sentier.
« Bordel, ils sont combien ?! » cria Seiya en se dressant sur ses étriers pour mieux les voir.
Une colonnade de dizaines d'hommes en armures étincelantes galopaient derrière eux s'éparpillant sur presque tout l'horizon de la plaine, sans pousser le moindre cri. Seuls leurs chevaux écumaient de rage, de fureur et de bruits. Avec leurs étendards et leurs allures de chevaliers ils avaient tout l'air d'une véritable armée, qu'elle soit royale ou privée ces gens ressemblaient à des hommes robustes et dangereux, surtout vu les impressionnants tiges de fer qui étaient accrochées sur leur selles brodées.
« Putain c'est qui ces mecs… » souffla de nouveau Seiya.
Ils étaient rapides malgré leurs panoplies de fer. Bien trop vite ils rattrapèrent le groupe pour ne les distancer que de quelques centaines de mètres seulement. Leurs chevaux étaient en forme et puissants, très bien entrainés à ce genre d'exercice malheureusement.
Alors que le campement des nomades était tout proche, il se passa ce que l'on ne voit que sur les champs de guerre. Les cavaliers mystérieux se mirent leur jeter leurs lances dessus. Ce n'était plus avec des petites flèches emplumées qu'ils visaient à présent, mais bien avec des bâtons aux pointes de fer aussi épais que des mâts de bateaux.
Cela fit évidemment paniquer les chevaux des mercenaires de voir ainsi fuser près d'eux des lances aussi grosses qui faisaient exploser la terre en s'y enfonçant. Hyoga sentit la bile lui remonter à la bouche en assistant –et en était la proie- de quelque chose d'aussi violent. Même à la chasse on ne lançait pas ce genre de chose sur les animaux.
Hyoga prenait toujours soin de rester près de Shun et de galoper à ses côtés. Seiya et Shiryu étaient devant eux de quelques mètres à peine et tentaient de les guider tous en dehors des champs de tir ennemis mais cette tactique ne dura pas longtemps. Subitement alors que le camp des nomades n'était plus qu'à quelques pas, des dizaines de lances vinrent s'enfoncer dans les flancs et les jambes de leurs chevaux en même temps avec une précision incroyable. Les cavaliers en armures venaient de les encercler et de les abattre en à peine quelques secondes après les avoir assez fatigués en les coursant comme des lapins. Les quatre chevaux des mercenaires s'écroulèrent au sol en hennissant, fou de douleur, et roulèrent sur le dos jusqu'à ne plus bouger du tout. Celui de Shiryu continua sa course un peu plus loin que les autres en bravant son sort tragique mais tomba tout de même avec grand bruit lui aussi, et la vision du mercenaire aux longs cheveux noirs étendu au sol immobile fut bien vite engloutie par l'apparition des cavaliers en armure qui encerclèrent Seiya, Hyoga et Shun avec une panoplie de nouvelles lances. Une bonne partie des cavaliers en armure étaient déjà descendus au sol pour mieux les approcher.
Hyoga avait furieusement mal à l'épaule mais ne pensait qu'elle soit déboîtée ou fêlée. Il se dépêcha de rejoindre Shun qui avait lui aussi violemment roulé au sol durant sa chute de cheval et qui semblait peiner à se redresser, cependant il n'avait fait qu'un pas dans la direction de son amant que la lame d'une épée aussi pâle qu'un os se dressa devant ses yeux.
« Ne l'approche pas. »
Un des cavaliers se tenait au milieu du cercle formé par ses collègues et se trouvait maintenant entre Shun et lui, l'épée fièrement levée dans la direction du blond. Son heaume était relevé et laissait briller à la lumière son regard dur et ferme d'homme de main. Hyoga ne se laissa pourtant pas impressionné par cet homme plus haut et large que lui et dégaina rapidement sa propre épée qu'il n'avait heureusement pas perdue dans sa chute. Aussitôt les autres cavaliers ennemis se tendirent et sortirent les leurs dans un concert de crissements métalliques.
« Poussez-vous de mon chemin » menaça Hyoga en regardant l'homme en armure droit en face de lui dans les yeux.
« Vous allez mourir ici et maintenant si vous continuez à jouer ainsi. » rétorqua le type sans baisser son épée d'un pouce.
Shun, qui était un peu dans les vapes depuis sa chute, avait du mal à tout percevoir et comprendre cependant il parvint relativement vite à saisir le fait que tout ce qu'il se passait n'était pas de bonne augure du tout. Rassemblant ses forces il prit sur lui et réussit finalement à décoller son ventre du sol après quelques instants d'élancements, ses jambes tanguaient encore un peu sous son poids et sa tête aussi mais c'était tout à fait supportable.
Ce qu'il le fut bien moins en revanche, fut la soudaine et violente prise sur ses bras qui le tira en arrière avant même qu'il ne comprenne que ces hommes en armures en avaient après lui personnellement. La poigne froide sur ses épaules le força à rester immobile tandis que Hyoga lui lançait un regard qui se voulait rassurant, mais qui débordait de panique de le voir retenu par ces hommes aussi loin de lui.
Subitement Shun compris alors tout et surtout à qui il avait affaire. C'était pourtant évident depuis le début, car pour cet homme les javelots étaient la marque de fabrique, le symbole, les objets fétiches presque les compagnons domestiques. Et puis il y avait aussi son blason partout sur le plastron des hommes alentours et de leurs chevaux. Shun retint un hoquet de surprise lorsqu'il vit exactement l'homme à qui il pensait apparaître dans son champ de vision sous une armure toujours plus étincelante et imposante.
« Vous voilà enfin » s'exclama Phinée en clapant dans ses mains. « Vous avez eu le don de nous faire courir, dis donc. »
Il se tourna ensuite vers Shun qui le regardait comme s'il était un revenant venu tout droit des enfers les plus profonds le hanter. Pourtant le prince savait que ce type n'était rien de tout cela, il était juste le frère du roi Céphée, et avait seulement son petit talent pour se faire détester rien de plus, mais il s'apparentait bien parfois aux pires démons.
Cela faisait près de cinq ans que Shun n'avait pas vu cet homme et maintenant il se retrouvait aux prises avec lui, complètement vulnérable sous le joug de ses dizaines de gardes capables de le broyer lui et ses amis au moindre ordre.
Phinée tourna sa barbe légèrement argentée vers Shun et une lumière étrange survint dans son regard, il s'approcha du jeune prince et passa le plat de sa main sur la joue de Shun qui se tenait figé de stupeur devant lui.
« Et toi, tu es là aussi. » dit Phinée d'une voix basse, presque rauque. « Par les dieux, je te retrouve enfin, Andromède. Tu ne peux pas savoir comme je m'étais inquiété qu'il te soit arrivé malheur.
- Ne me touche pas. » coupa sèchement Shun en tentant de se reculer.
Phinée se stoppa aussitôt et retira sa main avec un air prêt à mordre. Il se lécha les lèvres puis se tourna vers Hyoga et Seiya qui tenaient toujours leurs épées et haletaient avec colère.
« Alors ce sont vous les ravisseurs d'Andromède, les mercenaires d'Auburos, dont tout le monde parle ? je vous voyaient plus grands, plus âgés, plus effrayants…et plus nombreux. Je suis déçu et j'en viens même à douter de la véracité de vos exploits.
- Nous avons bien sauvés Shun du kraken » rétorqua aussitôt Hyoga en le toisant intensément.
« C'est vrai, je dois vous le concéder il paraît que vous l'avez protégé de Zeus alors que toute sa famille l'avait abandonnée à un mort atroce. Dans ce cas, je suppose que je ne vais pas pouvoir vous tuer tout de suite, histoire de vous remercier. »
L'homme avait vraiment la carrure d'un combattant. Mais aussi le regard d'un être lubrique et déterminé, son esprit avait l'air aussi affuté et dangereux qu'une dague neuve. C'était bien leur veine qu'il avait en plus une armée entière à ses ordres.
Phinée claqua des doigts et aussitôt les hommes qui retenaient Shun firent marche arrière en direction de leurs montures en emportant le prince avec eux.
« Hey, lâchez-moi ! » se débattit Shun en tentant de leur résister.
Hyoga tenta d'avancer encore une fois dans sa direction cependant il rencontra de nouveau la lame du garde au heaume relevé, ainsi que celle de plusieurs autres. Ils cernèrent encore plus étroitement Seiya et lui-même, s'apprêtant à les frapper sans retentions si le besoin se faisait sentir.
« Emportez-les tous » commanda Phinée sans les regarder. « Nous nous occuperons de leurs sorts une fois rentré en lieu sûr et loin des oreilles indiscrètes. »
Phinée jeta un coup d'œil dédaigneux envers le campement nomade dont les occupants se cachaient dans leurs tentes et lançaient parfois des regards inquiets dans la direction de la petite armée qui se tenait non loin d'eux, au milieu de la plaine.
Hyoga saisit l'ouverture de la dissipation temporaire de Phinée pour tenter d'accaparer l'avantage sur lui et les hommes qui les encerclaient. Avec l'énergie du désespoir il frappa son épée sur la tête casquée la plus proche et Seiya l'imita immédiatement. Cela fut efficace un temps, semant un brin de confusion et de violence crue entre les gardes cependant cela ne dura malheureusement pas. Bien trop vite les gars en armure les surpassèrent en nombre, envoyant Hyoga et Seiya valser au sol loin de leurs armes. Shun aussi avait même réussi lui aussi à abattre quelques hommes rien qu'avec des coups de pieds mais les adversaires étaient définitivement trop nombreux. Le prince cria le nom de Hyoga lorsque ce dernier reçu un coup au visage qui le vit tomber au sol.
La dernière chose que Hyoga vit fut les bottes de ferrailles des chevaliers qui faisaient trembler la terre sous leurs pas et qui venaient pour le piétiner.
WwwW
Puis la première chose que Hyoga vit fut le visage de Seiya avec un bleu énorme sur la joue gauche. Oubliant sa fatigue, Hyoga se redressa sèchement et sentit quelque chose de douloureux pulser immédiatement dans le bas de sa nuque.
« Fais attention tu as reçu de vilains coups toi aussi » lui murmura Seiya en lui tapotant l'épaule. « J'ai presque cru que tu te réveillerai pas ! »
Hyoga commença à se masser doucement la nuque puis grimaça lorsqu'il sentit la douleur s'épaissir et non se dissiper sous ses doigts. Il se redressa complètement du sol humide et froid sur lequel il était étendu puis regarda rapidement les alentours.
« Où *kof* où sommes-nous ? » demanda-t-il à Seiya qui l'aidait à se remettre droit sur ses pieds.
« Dans un cachot penses-tu ! » soupira l'autre en se fichant les poings sur les hanches. « Ils nous ont traînés jusqu'au château de Phinée –qui est quelque chose d'immense je dois dire on dirait une ville ce machin- puis jetés ici. Ça doit bien faire quatre bonnes heures depuis qu'on croupit là, enfin d'après mes estimations.
- Tu étais éveillé pendant tout le trajet ? » dit Hyoga en se tournant vers son ami.
« Oui, je ne suis pas resté dans les vapes bien longtemps contrairement à toi. Et j'aurai dû me laisser assommé quand j'y repense, parce que du coup, ils m'ont fait marcher derrière leur procession alors que toi on te ballotait sur un cheval. J'ai les pieds défoncés maintenant, regarde je saigne. Déjà qu'ils m'ont cognés le visage quand j'ai essayé de leur voler une dague ces connards…»
Alors que Seiya se perchait sur un pied pour exposer sa semelle décousue sous les yeux de Hyoga, le mercenaire blond examina de loin la porte de leur cachot qui était renforcée de barres plomb sans poignées ni traces de clous.
« Et les autres…» demanda-t-il d'un air absent et inquiet « Où sont-ils ?
- Ils ont emmenés Shun autre part, je ne l'ai même pas vu dans la troupe de cavaliers qui nous a entraînés ici. Je ne sais pas du tout ce qu'il est devenu de lui…et pour Shiryu non plus d'ailleurs. »
Hyoga soupira lourdement puis baissa sa tête vers le sol. Il avait encore mal au crâne de son coup sur la nuque et avait un peu de difficultés à réfléchir, et surtout son cœur souffrait d'être aussi loin de Shun et de savoir le jeune prince possiblement en danger.
« Il faut sortir d'ici » murmura-t-il plus pour lui-même que pour Seiya.
« Notre porte est bien gardée, j'entends leurs pas résonner lorsqu'ils effectuent les tours de garde. » rétorqua froidement Seiya « Ce sera difficile de passer par là, et la seule fenêtre qu'il y a dans la cellule ne laisserait pas passer un chat tant elle a de barreaux.
- Il doit y avoir un moyen de sortir d'ici. Tu n'as plus rien dans tes poches ?
- Non. Ecoute, j'ai déjà essayé de trouver un moyen de sortir d'ici, de faire un tour pour repérer des failles tandis que tu dormais, mais il n'y a rien.
- Et alors quoi, on va laisser ces salopards faire ce qu'ils veulent de nous ? tu veux simplement baisser les bras après tout ce que l'on a vécu ?! » s'énerva Hyoga
Seiya le foudroya du regard comme s'il venait de l'insulter et serra les poings en se redressant de toute sa hauteur.
« Arrête de te la jouer cinq minutes, Hyoga. » déclara-t-il sèchement. « Arrête de faire le joyeux héros sans vices et fêlures, là. C'est du sérieux maintenant. Je suis très sérieux quand je dis qu'il n'y a pas de portes de sortie dans cette cellule. On va peut-être se faire exécuter par ces types, tu comprends ? on ne joue plus alors il faut rester un tant soit peu concentré sur la réalité dans l'instant.
- De quoi tu parles ? je suis toujours sérieux à propos de…
- Mais je te parle de la façon dont tu agis depuis que l'on a récupéré Shun ! » explosa Seiya « Tu te pavanes en permanence comme si tu étais un homme bien qui pouvait tout résoudre à lui seul, alors que tu sais parfaitement que tu mens ! parce qu'en réalité tu n'es qu'un sale connard prétentieux qui aime que tout tourne autour de lui et qu'on le couvre d'or, et qui n'est même pas capable d'effectuer un mission sans tabasser un innocent ! tu sais, je te connais moi, je sais ce que tu as fait des choses horribles par le passé et que tu te donnes des airs de héros invincible parce que tu veux que Shun y croie et ne voit pas ta part d'ombre. Mais ce sont des conneries tout ça. Des mensonges inutiles et dangereux !
- Tu les as faites toi aussi, ces choses horribles. » rétorqua Hyoga en croisant les bras « Tu te crois mieux que moi peut-être ? c'est quoi ton problème à la fin, bon sang ? à me juger comme tu le fais, à me descendre comme ça. On n'est pas censés être amis ? travailler en équipe ?
- Je veux le mieux pour Shun, c'est simplement ça que je veux. »
Ils se tournaient autour l'un de l'autre comme des bêtes sauvages, se dardant de regards haineux et noirs qui faisaient vrombir l'atmosphère.
« Conneries. » cracha Hyoga « Tu ne penses pas à lui, tu le veux simplement pour toi tout seul et tu ne penses pas du tout à ce qu'il veut et à son bien. Tu te crois mieux que moi ? tu n'es que jalousie et rancune. »
Seiya tenta de le frapper mais Hyoga esquiva. Avant que le brun ne se soit redressé entièrement Hyoga lui ficha un léger coup de pieds sur le genou pour le déstabiliser encore un peu et ainsi avoir l'avantage sur son coéquipier pendant un temps supplémentaire.
« J'aime Shun » reprit Hyoga d'une voix cinglante. « Je veux le meilleur pour lui, et si ça doit signifier que je doive faire une croix sur mon passé et ne plus jamais recommencer mes anciennes erreurs et occupations de mercenaire, de devenir quelqu'un de différent, de meilleur, juste pour lui, alors je le ferai sans regrets. Et tant pis si ça ne te plaît pas, putain, je m'en contrefiche de ce que tu penses de moi. Je veux juste que Shun soit heureux. Oh, et sache une chose. D'une je ne laisserai jamais Shun finir dans les bras d'un type dans ton genre parce qu'il est maintenant à moi, et je suis prêt à me battre jusqu'à la mort pour le garder, fais-toi une raison. Et de deux, apprends mon ami que j'ai déjà parlé à Shun de ce que j'ai fait par le passé. De toutes ces erreurs, ces folies et ces ombres. Parce que moi, contrairement à toi, je n'ai pas honte ni peur de mon passé, de mes erreurs, j'ose en parler et y réfléchir. Ces choses font ce que je suis aujourd'hui et ce que je ne serai pas demain alors cela fait longtemps que je les aie acceptées. Et Shun lui aussi les a acceptées ! Il a compris, digéré, admis toute cette noirceur que mon métier de mercenaire fait peser sur mes épaules, et il m'aime quand même de toutes ses forces malgré cela. Ce petit gars a bien plus de couilles que toi et moi réunis, et me change en quelqu'un de meilleur chaque jour, ce ne sont pas des mensonges les attitudes que j'adopte et qui te déplaisent tant parce qu'elles sont gorgées d'un courage que tu n'atteindras jamais, je change réellement. Ça s'appelle grandir, tu devrais essayer.
Seiya grogna quelque chose, s'essuya la bouche d'un trait de doigt puis se redressa en soupirant. Un silence de plomb s'installa dans la petite geôle où les deux mercenaires soupiraient lourdement sans rien ajouter. Cela resta ainsi pendant de longs instants avant qu'ils ne se regardent de nouveau.
Subitement un son répété sonna sur la porte de fer cloisonnant l'unique sortie de la pièce.
« C'est bientôt fini les scènes de ménage ? y'en a qui dorment ! » tonna une voix goguenarde derrière le plomb oxydé.
S'ensuivit une série de rire gras puis le silence lourd et pesant de la prison repris le pas sur le reste.
« Bon, au moins tu as craché ton venin maintenant, tu te sens mieux ? » demanda Hyoga en se massant l'arête du nez.
Seiya ne répondit pas mais n'eut plus l'air passablement énervé par la présence de Hyoga près de lui, il alla s'assoir silencieusement contre l'un des murs du cachot et entreprit de se masser le pied gauche, la tête résolument baissée.
Hyoga lui, préféra rester debout et faire l'inventaire de leurs possibilités d'échappatoire tant qu'il en avait encore le temps et l'énergie. Il était hors de question qu'il reste une heure de plus dans ce caveau obscur et poreux.
Oh Phinée rentre dans la danse et Hyoga fait des beaux discours; que d'aventures épiques (et hippique..).
N'hésitez pas à laisser vos impressions dans les commentaires, à bientôt pour la suite.
