B'jour ! Voici la suite de la fic' ! Enfin, bon dieu ! Même si c'est une heure tardive, au moins c'est posté, c'est fait, et les lecteurs nocturnes seront contents ! (J'ai tendance à vivre la nuit moi aussi, parfois)
Réponses aux Reviews (= R.R.)
Echocylia Bonjour Ma Chewie ! -.^ Merci de ton com', il n'y a pas de problèmes à exprimer tes besoins, tes impressions et tes envies pour cette fic', je ferais tjrs de mon mieux afin de satisfaire ceux qui prennent la peine et de lire et de commenter ! C'est vrai que le Lemon c'est la vie... Je suis contente en tout cas que cette histoire te plaise, ne t'inquiètes pas le dénouement autour de Phinée (Et Ikki aussi *3*) ne saurait tarder ! A bientôt !
Guest Je vais essayer de reprendre régulièrement la publication, promis ;) merci de ta review !
Shun andromde Joli pseudo ! ;) Merci de me lire, je suis contente que ça te plaise ! J'espère que la suite te plaira :3
Bonne Lecture !
Shun ne se souvenait plus exactement de ce qu'il s'était passé après que son oncle soit apparu dans son champ de vision. Il fallait dire qu'il y avait eu un tel chaos ambiant tout autour de lui lors de la mêlée au sol auprès des attaquants casqués que cela lui avait vite donné très mal au crâne et que tout s'était alors embrouillé dans sa tête, les visages des soldats comme ceux de ses amis, alors plissés de douleur et d'inquiétude, se mélangeant affreusement.
Phinée l'avait au final traîné sur le devant de son propre cheval qui avait pris la tête de la procession armée. L'homme, qui devait avoir au moins le double de l'âge de Shun, avait passé toute la durée du trajet jusqu'à son domaine, à lui caresser les cheveux et le derrière de la nuque sans jamais prendre le temps de s'inquiéter véritablement de l'état mental du jeune prince, qui était alors toujours à moitié figé de peur et de consternation. Shun n'avait pas tout de suite compris ce qu'il venait de se passer, il lui fallait en fait un peu temps pour parfaitement tout comprendre, surtout le fait qu'on l'avait séparé de Hyoga et qu'il ne le reverrait peut-être jamais. Lorsque finalement, Shun se mit à essayer de dérober de la main de Phinée, l'oncle n'avait eu qu'à resserrer sa poigne dans les cheveux du jeune homme pour le forcer à rester immobile, sans jamais n'avoir rien à lui ordonner verbalement. Il lui avait cependant constamment murmuré des choses atroces sur son sort prochain et celui surtout, de ses '' ravisseurs'', mais ce genre de violences orales, n'étaient rien de vraiment nouveau.
Merde, Shun ne voyait plus Hyoga ni les autres depuis trop longtemps. Il priait intérieurement pour qu'ils n'aient pas déjà été tués ou torturés à cause de lui. Il ne se le pardonnerait jamais. Shun savait très bien que son oncle était un personnage fêlé, au demeurant sadique, et qu'il valait mieux ne pas contrarier. Cet homme agissait souvent le coup d'impulsion violente de cruauté et d'inhumanité.
Le jeune prince se souvenait très bien de la première fois où il s'était aperçu que son cher tonton Phinée déraillait complètement. Il avait alors quatorze ans, et sa beauté simple de petit enfant mignon commençait peu à peu devenir véritablement un superbe éclat définitif d'adulte, et de ce fait, il recevait de plus en plus de messages d'affection de la part de Phinée sans jamais trop savoir quoi en penser. Il était de nature très douce, voire naïve à cette époque et la plupart du temps c'était Ikki qui terminait par aller chasser les prétendants à coups d'épée à sa place car le grand frère véloce ne supportait absolument pas que l'on tourne autour de Shun. Ikki nourrissait donc logiquement un véritable dégoût envers Phinée qui était parmi les premières lignes des adorateurs de Shun. Très vite sa simple adoration amicale et familière s'était mutée en quelque chose de nouveau et de dangereux et la famille entière avait été secouée de découvrir que Phinée voulait prendre Shun en épousailles dès que celui-ci aurait seize ans. Au départ, les proches avaient été un peu interdits puis, comme l'oncle avait su graisser les bonnes bottes, verser les sommes adéquates et rappeler assez fort qu'il n'était que le demi-frère du roi, donc pas un vrai oncle envers Shun, mais tout de même quelqu'un important et de respecté, on avait fini par digérer l'idée. Aucune véritable cérémonie de mariage n'avait jamais été prévue, c'était seulement pour faire plaisir à ce taré de Phinée que l'on avait accepté cela, lui était bien le seul à y croire dur comme fer. Ainsi, cela permettait également de faire barrière aux incessantes demandes en mariage à Shun de la part tous les autres prétendants. Cela semblait donc être une bonne idée, basiquement. Sauf que la folie a toujours pris le pas sur le reste, même avec des bases saines et scrupuleuses.
Cela aurait pu rester inoffensif cependant Phinée était riche, imprévisible, entreprenant, et possédait une armée puissante, ce qui menait à la situation actuelle.
Phinée était un fou sans une once d'inquiétudes pour ce qui ne le concernait pas personnellement. On n'avait jamais su pas si c'était la guerre ou la mauvaise qualité de son esprit lui-même qui l'avait rendu aussi singulier en tout cas il n'y avait pas de remède possible à part le caresser dans le sens du poil et lui obéir.
Repensant à tout cela alors qu'il était définitivement coincé avec lui, Shun se disait qu'il n'y aurait pas trente-six moyens de faire, au moins, libérer ses amis. Le jeune homme était déterminé de toute manière à tout sacrifier, que ce soit son corps ou le reste de sa vie, si cela permettait à Hyoga de vivre.
Lorsqu'ils arrivèrent au château après un bon moment de voyage à cheval dans des terres aux vallées escarpées et verdoyantes, Shun avait été enfermé, isolé du reste des êtres vivants, seul avec ses inquiétudes résonnant dans son crâne fatigué. Il se trouvait certes dans une antichambre assez somptueuse, aux tissus et tapis raffinés, mais qui n'avait aucune grandes décorations assez subtiles afin de servir d'arme. La pièce se trouvait troisième étage du château de Phinée, ainsi Shun avait au moins ainsi droit à une superbe vue de collines herbeuses peuplant la région par sa petite fenêtre, ainsi que de l'immense cour intérieure où des dizaines de cavaliers circulaient sans cesse. On pouvait également distinguer dans les environs quelques séries de maisonnées qui fumaient silencieusement, qui étaient réunies dans les alentours du domaine, formant ainsi un petit village prostré, mais étant tout de même relativement éclatés sur d'assez larges distances, cela ressemblait à une espèce de premier bastion de défense, en somme. Les vitres de la chambre étaient laissées parfaitement closes bien que très propres. Autant que la porte, la cheminée et même l'armoire prévue normalement pour ranger les vêtements, tout était clos et verrouillé à double tour. Sans espoirs.
Shun était en train de prévoir de briser le seul miroir de la pièce à coup de pieds afin d'en obtenir quelques morceaux tranchants, lorsque la porte s'ouvrit à la volée et que Phinée entra à pas vifs.
L'homme aux cheveux courts et argentés avait pris au moins la peine de se changer et de se laver. Il ne portait maintenant plus son armure de guerre chatoyante qui le rendait deux fois plus épais que la normale, seulement une tenue de cuir de première qualité qui exprimait silencieusement toute sa richesse. Shun n'avait d'ailleurs jamais compris d'où la fortune de son oncle venait. A croire que la folie faisait suer de l'or ou quelque chose du genre.
Encore une fois en apercevant le jeune prince, Phinée eut un air passablement émerveillé. Il souria au prince béatiquement, comme si ce dernier n'était pas du tout retenu ici contre son gré.
« Oh, il est là ! ma petite splendeur personnelle. Tout va bien ? » demanda-t-il en écartant les bras dans un signe prononcé d'embrassade.
Shun resta stoïque et froid face à lui, son visage aussi fermé que l'était les fenêtres de sa chambre.
« Tu sais que tu n'as pas le droit de faire ça. » répondit-il en serrant les poings. « A Toute la famille à Argos on t'a toujours interdit d'agir à mon encontre sans l'aval de tes conseillers, de notre famille et le mien. Tu es devenu amnésique ou quoi ?
- Ah, u parles de tes parents, de ton frère, et toute cette tripotée d'imbéciles qui t'ont livrés en pâture au kraken parce qu'ils avaient trop peur d'assumer seuls leurs erreurs ? » rétorqua Phinée d'un ton presque moqueur.
Shun baissa les yeux et soupira brièvement. Il n'avait pas besoin de Phinée pour en vouloir à constamment toute sa famille, sauf à Ikki, bien sûr pour ce qui était arrivé quelques semaines plus tôt. Savoir qu'il partageait le même sang que ces lâches au derrière bordé d'or lui donnait la nausée. La distance qu'il y avait maintenant entre lui et eux lui permettait d'avoir au moins chaque jour l'esprit un peu plus éclairé sur ce que ses parents méritaient comme sort pas de la rancune ni de la colère, surtout de l'oubli froid et rapide. L'air frais des grands espaces, celui partagé avec Hyoga en dehors de ce panier de crabe était un des meilleurs ingrédients pour faire fleurir le cœur et l'esprit de Shun. Au moins, cette tragédie aura permis aux deux hommes de ce rencontrer.
Le silence du prince sembla servir à Phinée, qui prit cela pour une réponse positive à ses remarques. Il s'approcha encore d'un pas de Shun et glissa une main le long de la mâchoire du jeune homme.
« De toute la famille entière, tes parents, leurs parents à eux, et tous leurs cohortes de cousins, je dois te dire que je me suis toujours senti assez différent d'eux, meilleur en fait. Si on leur enlève leurs titres et leurs bijoux, il reste quoi ? des abrutis sans saveur ni profondeur, à peine assez utile pour planter des palissades. »
Shun ne répondit rien à cela car, en somme, il était assez d'accord. Ses parents étaient des gens parfois sympathiques mais qui avaient fait mauvais usage du pouvoir et de la fortune. Peut-être que certains parvenaient parfois très bien à devenir riches et bons, mais sa famille à lui, avait superbement échoué. Le jeune prince, qui avait son propre avis sur le sujet mais qui ne tenait pas à le partager avec son oncle, était pour le coup plus préoccupé par la main de Phinée qui détaillait langoureusement son visage que par le reste, alors que le chef de guerre continuait sans cesse sa litanie avec le souffle d'un conteur.
« Lorsque je me suis rendu compte de cela, de la distance qu'il y avait entre mon esprit lucide de tacticien tourné vers la réalité et les leurs, toujours plongés dans le vin et la médiocrité, je fus heureux de ma découverte et les quittèrent aussitôt. Et j'ai bien fait. Le présent me le prouve, tu te rends compte que des gens souffrent actuellement à cause d'eux, que ce soit toi, ou leurs sujets affamés, mais qu'ils continuent quand même de festoyer comme si de rien n'était ? Ils ont toujours aimés provoqués les dieux et agir comme s'il n'y aurait jamais de conséquences, les pauvres. Les voilà punis au moins, ils doivent penser que tu es mort pour leur faute et pleurer sans cesse la perte du meilleur d'entre eux. Et tu es sorti de ce troupeau imbécile à temps. Qui sait réellement la quantité de choses qu'ils avaient déjà prévus que tu fasses pour eux et le bien de leur fortune avant même que tu sois marié ? »
Phinée regarda dans les yeux de Shun d'un air presque accusateur, puis se dirigea franchement en direction de la fenêtre.
« Tu sais, je pense que les hommes en général sont des arriérés. Ils pensent qu'ils doivent aux dieux un culte total, qu'ils leur sont dépendants, mais ils n'en n'ont en fait pas besoin. Ils peuvent agir et réaliser de leur propre chef le moindre de leur souhait s'ils le veulent vraiment. Ils sont juste trop paresseux et pas assez ambitieux. Pourtant c'est possible. Regarde-moi, par exemple, je voulais que tu sois mien, eh bien, j'ai fait en sorte que cela se passe ainsi. Et tu es bien ici en ce moment, avec moi, non ? »
Il se tourna de nouveau vers Shun et le toisa en attendant une réponse, une confirmation de sa part. Mais Shun continua de le regarder par-dessus son épaule en gardant la même expression glacée et inexpressive.
« Et je suis sensé t'applaudir ? » clama-t-il finalement après une minute d'un silence lourd « Tu es passé par-dessus les conseils de tes propres conseillers pour me faire venir ici, c'est dangereux d'agir aussi seul. Tu pourrais entraîner la perte de centaines de gens innocents, qui t'obéissent parce qu'ils te sont redevables ou parce que tu leur verse un salaire en compensation. En cela, tu ressembles beaucoup à ceux d'Argos. Où se trouve Norbart, ton bras droit le plus ancien, d'ailleurs ? lui sera surement de mon avis. »
Cet homme était un vieillard assez avisé pour savoir quand Phinée dépassait les bornes et comment le calmer en douceur. Si Shun avait l'occasion de discuter avec lui, alors peut-être qu'il trouverait un moyen de partir d'ici et de retrouver les autres.
Phinée resta silencieux un instant, puis haussa les épaules.
« Tu veux le voir ? très bien, viens avec moi, il est dans la cour, en bas. »
Sans rien ajouter de plus, l'homme attrapa le bras gauche de Shun et le tira rudement avec lui en dehors de la chambre. Dans le couloir plusieurs soldats patientaient sans rien dire. Ils remuèrent à peine le moindre cil en voyant Phinée et Shun passer. Le couple au pas pressé descendit les escaliers taillés dans une pierre claire et froide, puis sortit au milieu de la cour du château la plus large en passant par la porte d'entrée principale. Là, au milieu de la place boueuse, plusieurs stalles ouvertes recueillaient des chevaux encore harnachés, quelques paysans entreposaient des calèches remplies à craquer de vivres, de bois ou de foin et sur un dernier muret de pierres, une immense croix en bois pesait. Un corps noirci par des flammes y dépérissait doucement.
Shun eut un sursaut de terreur lorsqu'il remarqua que le cadavre qui pourrissait les jambes et les bras aussi écartés sur ces planches était Norbart. Personne d'autre que lui n'avait une jambe de bois en fer forgé aussi finement travaillée. En le reconnaissant, Shun freina immédiatement des deux pieds et tenta de se reculer, mais Phinée le maintiens alors fermement pressé tout contre lui. Il continua à le faire avancer, passant une main autour de ses hanches fines et une autre sur sa gorge pour le forcer à se serrer le plus possible contre lui.
« Doucement, doucement » murmura-t-il en approchant ses lèvres contre les joues de Shun. « Tu voulais le voir, non ? C'est le dernier homme à m'avoir ouvertement combattu sur une de mes décisions. Depuis bizarrement, plus personne ne trouve à redire sur mes ordres.
- Pourquoi… » souffla Shun en tenant de détourner le regard. « C'est horrible ce que tu as fait, Phinée ! »
« Je n'ai fait que lui dépecer la peau des tibias et ai brûlé son cadavre afin que ça n'empeste pas trop. » se défendit l'oncle d'un ton léger. « Les autres conseillers que tu as toujours connus dans mon cercle privé se sont ou bien enfuis, ou sont devenus des cibles vivantes pour mes archers. Plus personne ne peut m'empêcher de réaliser mon destin maintenant. Pas besoin de dieux et de prières avec moi. Je suis mon propre dieu. »
Norbart était un des hommes les plus gentils que Shun ai jamais connu. Le prince réalisa en cet instant que Phinée était devenu complétement fou et que rien ne pourrait le freiner maintenant. Certes, ce n'était pas une première qu'il manquait une case à ce gars, cependant il y avait toujours eux des barrières pour le maintenir et refroidir ses ardeurs. Des conseillers, des amis, ou même quelques parcelles de bons sens et de scrupules dans son propre esprit. Maintenant, malheureusement tout semblait avoir brûlé. Phinée était une bête sans collier qui pouvait parcourir le monde avec sa fortune et son armée en toute impunité.
« Tu me fais mal » siffla Shun afin que ce dernier lui laisse enfin un peu d'air.
Phinée le relâcha aussitôt en lui caressant les cheveux, et lui souria avec un grand amusement. Autour d'eux, certains gardes étaient postés, silencieux, attendant certainement n'importe quel ordre de leur chef, tandis que les autres vaquaient à leur activité avec un rythme soigné.
« J'ai besoin de ton avis, Shun, j'aimerai faire subir un sort légèrement identique à tes ravisseurs. Ils sont jeunes, ils devraient pouvoir être écorchés en entier sans que leur cœur ne lâche. Pour le moment ils sont encore dans mes cachots, mais j'aimerai les en sortir et qu'ils soient utiles…Les voir brûler sur la place du château serait surement du plus bel effet. Qu'en penses-tu ?
- Je ne peux...pas y réfléchir ici. Je veux les voir avant. » répondit doucement Shun avec une peine dissimulée.
L'homme semblait avoir l'esprit complètement cramé, retrouver Shun semblait avoir fait éclater ses dernières cellules d'humanité, bien remplacées par un désir veule et violent. Plaider la cause de ses amis ou bien la sienne semblait presque désuète à Shun maintenant.
« Impossible, je ne veux plus qu'ils puissent te souiller de leurs yeux perfides. Tu es sauf maintenant, laisse-moi m'occuper du reste. »
Phinée passa de nouveau une main autour de la taille de Shun et le traîna sur ses pas, dans une nouvelle pièce à l'intérieur du château, qui devait être une des chambres de ce chef de guerre fou. Ses bureaux reflétaient le dérangement de son esprit, tout était dans une pagaille sans nom, sur et sous les bureaux il y avait des coffres qui débordaient de feuilles et de morceaux de tissus colorés.
« Il y a encore beaucoup de choses à prévoir, je ne veux plus perdre de temps maintenant que tu es là. » continua Phinée en allant farfouiller dans un des tiroirs de bureau « Je ne sais même pas par où commencer…ah, mais oui, par ça ! »
Il se tourna d'un coup sec et fonça alors violemment sur Shun, qui n'avait pas encore eu le temps de se reculer. Il enfonça sa main sur le devant du pantalon du jeune homme terrifié. Le prince poussa un cri d'effroi alors que la main gelée du chef de guerre glissait jusqu'à son aine comme un serpent prêt à le mordre. Shun recula et chuta en arrière en se prenant les pieds dans un coffre éventré sur le parquet. Il se cogna sévèrement l'arrière du crâne et le temps qu'il ne voit plus flou, il se retrouva avec son oncle au regard affamé dressé au-dessus de lui, les pieds encerclant ses hanches.
« Tu as la grâce et la sveltesse d'une femme, mais tu es pourtant aussi fort et captivant que n'importe quel combattant. » sourit Phinée dans sa barbe échevelée. « Si je ne croyais pas en l'existence des dieux, je craindrais que tu ne sois une créature félonne que l'on aurait envoyée pour me tester. (Il déposa un baiser sur le coin des lèvres de Shun et lui bloqua les poignets de sa dernière main libre en les lui fixant au-dessus de sa tête) Mais je pense que tu es plutôt simplement ce que l'humanité peut faire de meilleur. Je suis heureux d'avoir hérité d'un pareil cadeau. »
La main de Phinée enserra le membre de Shun. Le jeune homme tremblait plus de fureur que de peur. Il n'arrivait pas à croire que son oncle ose aller aussi loin, aussi vite.
« Une fois que je t'aurais clamé, tout ira mieux. » murmura-t-il en continuant de tenter d'embrasser Shun, le griffant avec sa barbe.
Shun gesticulait comme une anguille et esquivait du mieux qu'il pouvait le moindre contact avec Phinée. L'homme avait peut-être le double de son âge mais il n'en restait pas moins plus que musclé et résistant par rapport à lui.
Le cœur battant dans son corps avec la force d'un choc électrique, Shun parvint finalement à se dégager un bras, il gratta ses ongles au sol, tenta de reprendre un peu plus d'espace libre, mais Phinée l'avait déjà rattrapé.
« Calme-toi. » ordonna-t-il vivement. « Tu veux que je t'attache, que je t'assomme ou quoi ? »
Phinée agrippa les pans de la veste de Shun et le secoua dans une vaine tentative de le faire s'adoucir. Ne voyant pas que cela fonctionnait beaucoup, il lui plaqua alors violemment le dos contre une commode, faisant vrombir le meuble de bois jusque dans ses fondements. Quelque chose tomba alors du haut de la commode, roulant tout près de Shun. Toujours assis sur le parquet sec et froid de la pièce, avec Phinée le surplombant furieusement, Shun passa au crible les alentours près de lui du bout des doigts, espérant à un miracle. Subitement, le jeune homme sentit quelque chose de rond sous sa main. Par réflexe nerveux, il l'agrippa et devina à son toucher qu'il s'agissait d'une statuette de bronze à forme quelconque. Phinée le pinça une dernière fois et cela donna la force à Shun pour soulever l'objet et l'envoyer cogné dans l'arcade de Phinée. L'homme gicla sur le côté en criant, une traînée de sang perlant derrière lui. Il libéra enfin l'espace devant Shun en roulant ainsi sur le côté, puis le jeune prince se releva les jambes encore tremblantes, tentant de fuir vers la porte la plus proche. Elle était heureusement encore ouverte sans aucun tour de clé. Shun entendit les gémissements erratiques de Phinée longtemps derrière lui, alors même qu'il dévalait le couloir à la vitesse du vent.
Savatant le sol avec force, sans vraiment penser à sa direction mais plutôt à la distance, le prince atteignit finalement une petite alcôve où un garde semblait feindre de surveiller les environs au lieu de dormir contre les colonnes de pierre. Le temps que le garde reprenne complètement conscience le jeune homme avait déjà calmé sa respiration et sa peur.
« Vite, où se trouvent les cachots ? » demanda-t-il vivement en s'approchant de lui.
« Pourquoi ? » dit-il suspicieusement. « Qui êtes-vous d'abord pour… »
« J'y vais avec la permission de Phinée, mon oncle. » rétorqua aussitôt Shun avec un air presque sévère et évident. « Vous voulez peut-être aller en discuter avec lui ?
- Non, non, je suppose que c'est bon dans ce cas. » clama rapidement le garde avec effroi. « Je ne veux surtout pas entraver la volonté de mon supérieur…l'entrée la plus proche se trouve à quelques pas d'ici, au fonds du prochain couloir de droite, il y a une porte en fer noire qui mène directement aux cellules. »
« Parfait, merci mon brave. » répondit Shun en feignant une expression fière. « Ah, et aussi, donnez-moi votre trousseau de clé, si celui-ci comporte les clés des cachots.
- Hum, vous êtes sûr ? ce sont des criminels enfermés là-bas…et tout seul je ne peux pas garantir votre sécurité…
- Je n'ai pas de temps à perdre » rétorqua aussitôt Shun. « Allez voir Phinée si cela ne vous conviens pas. »
Le garde semblait en dehors de ses chausses du fait de sa sieste récente et de ces demandes inhabituelles, il ne savait pas quoi faire, mais la visualisation de la colère de Phinée le terrorisant ouvertement, plus que la sécurité de Shun, il fit rapidement son choix. Shun souria intérieurement lorsque l'homme fouilla ses poches activement. Phinée payait enfin pour tous les gens qu'il écorchait afin que plus personne ne doute de ses actes au lieu de simplement discuter avec eux.
Après de longues secondes de recherche, le garde, qui semblait à l'étroit dans son propre heaume, tira de sa ceinture, un petit trousseau de clé en fer aux décorations de cuir, et le tendit à Shun. Le prince l'attrapa et lui sourit.
« Une dernière chose » ajouta-t-il alors qu'il allait déjà dans la direction de la prison.
« Quoi, encore ?! » s'énerva le garde en le regardant avec effroi.
« Ne dites rien à Phinée s'il vous demande où je suis. Je veux lui faire une surprise, et puis, il ne risque pas d'être dans une très bonne humeur ce soir, alors il vaudrait mieux également l'éviter.
- Mais je ne sais même pas qui vous êtes ! »
WwwW
Passer la porte qui menait aux quartiers des cachots fut comme passer au travers d'un miroir. Des couloirs embourgeoisés et lumineux du château l'on arrivait à un monde sombre, humide et empestant la rouille. Un chemin étroit se formait entre des portes composées de barreaux ou faites de plaques de métal cuivrées, s'enfonçant dans les entrailles du domaine jusqu'à une noirceur insondable.
D'un pas prude mais vif, Shun commença à avancer entre les petites cellules collées les unes aux autres et apposées à même la roche des caves du domaine. Certaines étaient habitées par des lits de paille, des écuelles ou des formes indistinctes quand elles n'étaient pas tout simplement vides et sales. Le jeune prince se forçait à être silencieux même en respirant pour ne pas attirer trop d'attention, bien que son apparence semblait déjà attirer un certain nombre d'émois.
« Hé, petit esprit du printemps ! » siffla une voix caverneuse tout près de son flanc alors qu'il passait près d'une nouvelle cellule. « Je suis un pauvre innocent qui a besoin de réconfort….
- Et moi je recherche d'autres gens que vous » répondit doucement Shun en dévisageant le clochard qui était assis en tailleur dans le fonds d'une cellule composée de barreaux luisants.
« Dommage » dit l'homme en formant un rictus édenté. « Je ne peux vraiment pas convenir ?
- Désolé. » répondit Shun en haussant les épaules. « Où ont été enfermés les derniers arrivants ? vous devez bien voir passer la plupart des gens ici.
- Ça, pour sûr que je vois tout le monde, ils sont obligés de passer devant moi pour circuler. Il n'y a pas d'autre chemin. Sauf que peu de gens viennent vraiment jusqu'à me parler.
- Alors ? » insista Shun en s'abaissant un peu. « Des infos à me donner ?
- Peut-être. » répondit l'homme crasseux en haussant les sourcils. « Mais j'aimerai bien que tu me donnes quelque chose pour me mettre du baume au cœur et me rafraîchir la mémoire. »
Shun le toisa avec appréhension.
« Quoi donc ?
- Rien de bien méchant ! Juste de quoi me faire plaisir. Vois-tu, je suis enfermé ici pour une bonne raison et je me doute qu'un petit minet dans ton genre ose venir libérer un étron aussi rebelle que moi. Je n'en vaut pas la peine. Et de toute façon je ne risquerai pas d'aller bien loin, ces types savent ce qu'ils font. C'est pourquoi que je ne te demanderai pas cela. Non, je veux quelque chose de plus simple. Si jamais tu me donnais une mèche de tes cheveux, alors là, je serai pleinement satisfait. »
Shun attrapa une mèche de sa verdoyante chevelure qui cascadait le long de sa gorge.
« Juste…des cheveux ?
- Oui, on dit que les cheveux des esprits et des immortels valent de l'or et portent bonheur. Ça embaumerait un peu ma maison, en plus.
- Je ne suis pas un immortel.
- Moi, je le pense. C'est suffisant.
- Et en échange, vous garderez les environs pendant que je fouille et me dirait ce que je veux savoir ?
- D'accord » sourit joyeusement l'homme au travers de sa barbe pleine d'épis.
Shun tira une petite mèche de cheveux qui poussaient au niveau du bas de sa nuque, et se servit de l'éclat tranchant d'une des clés pour en couper le bout, d'une longueur respectable. Il les lâcha ensuite dans la petite paume ouverte du prisonnier qui semblait aussi heureux que si on venait de lui offrir de l'or.
« Merci, merci. » clama-t-il fièrement. « Les derniers prisonniers qui ont été emmenés ici étaient deux, plutôt jeunes mais mal en point, ils les ont mis dans une des chambres fermées par des portes complètes de fer. La seconde en partant du fonds, sur le mur droit.
- Merci. Pourrai-je connaître votre nom ?
- On va dire Ténare. » répondit l'homme dans le même immense rictus.
« Je compte sur toi pour la veille, Ténare. »
Shun se précipita aussitôt sur la porte indiquée, et tira du bout des doigts un loquet de fer oxydé qui permettait d'accéder à une petite ouverture sur la porte, et ainsi de voir l'intérieur de la cellule sans avoir à ouvrir le passage intégralement. Le cachot n'étant composé que d'une minuscule fenêtre, il y avait donc très peu de lumière dans la pièce, cependant Shun pu facilement distinguer dans l'obscurité ambiante et poisseuse de la pièce la chevelure blonde de Hyoga. Le mercenaire était assis le dos contre un mur, la tête basse, à son opposé il y avait une autre figure humaine, plus sombre mais de même corpulence. Il était difficile de bien s'assurer qu'il s'agissait de Seiya ou bien de Shiryu à cette distance.
« Hyoga ! » siffla Shun au travers de la porte.
Il n'y eut pas de réponse immédiate, les deux hommes semblaient dormir. Shun tapa alors violemment son pied contre le fer de la porte et continua de crier tout en appelant le nom de son promis.
« Hyoga-aa ! c'est bien toi ? réponds ! »
Un soubresaut remua la forme blonde qui redressa enfin le nez. Cette fois il était impossible de ne pas reconnaître ce regard bleu-glace aussi lumineux et puissant même dans les ténèbres les plus profonds.
« Shun…? » murmura-t-il d'une petite voix, hésitante.
« Attends un peu, je vais ouvrir… »
Shun se mit à palper le trousseau de clés nerveusement, le titillement métallique de tous les petits bouts de métal s'entrechoquant l'énervait passablement. Il ne voyait déjà pas grande chose de ce qu'il faisait dans toute cette obscurité, il espérait qu'il n'y aurait pas en plus de gardes pour venir le déranger. Et le stress le faisait un peu trembler.
« Toujours rien en vue, Ténare ? » héla-t-il sans se retourner.
« Toujours rien, petit esprit ! » répondit le clochard du fonds de sa cellule.
« Merde, c'est pas vrai, je n'y vois rien…c'est laquelle la bonne ? pas celle-là, pas celle-là,... »
Shun essaya une bonne dizaine de clés presque toutes parfaitement identiques avant de finalement parvenir à en trouver une qui coulissait parfaitement dans le trou de serrure de la porte en fer. Elle produisit une succession de claquements métalliques à forte résonnance, puis la porte crissa, grinça et commença à bouger sous le poids de Shun.
Le bruit violent de l'ouverture de la porte sembla être aussi efficace qu'un jet d'eau froide sur les fronts des deux prisonniers. Avant même de s'en rendre compte, ils étaient de nouveau dressés sur leurs jambes et aux aguets.
« Shun ! c'est bien toi ? » clama la voix forte et perturbée de Hyoga. « Mais qu'est-ce que tu fais ici ? »
Shun se redressa prestement puis souria du mieux qu'il put.
« A ton avis, je viens vous sauver pour qu'on parte d'ici ! »
Aussitôt qu'il entendit cette réponse, Hyoga se jeta sur Shun et l'enlassa du mieux qu'il pouvait malgré ses bleus. Il écrasa ses lèvres contre les siennes, s'enivrant de son parfum et de sa force afin de se ressourcer.
« J'ai eu tellement peur » souffla-t-il tout contre l'oreille de Shun.
« Mais ils t'ont blessés, regarde Hyoga, tu saignes ! » dit alors le prince en passant une main sur le front du blond.
« C'est sec, maintenant. Ça cicatrisera vite. Tout ira mieux d'ici quelques heures. Mon sang de demi-dieu aide à guérir vite, de toute façon. Le plus important c'est de partir d'ici.
- Attends, l'autre avec toi va bien lui aussi ? »
Hyoga se tourna à moitié et jeta un coup d'œil sur Seiya qui s'était relevé lui aussi lorsque Shun avait violemment entrebâillé la porte.
« Tu vas bien toi aussi, Seiya, pas vrai ? » demanda-t-il sèchement.
Le brun répondit quelque chose de confus mais qui pouvait aisément être interprété pour un oui.
« Et Shiryu ? Il n'est pas avec vous ? » demanda Shun en perdant son sourire.
« Non » répondit Hyoga en secouant brièvement la tête « Nous ne savons pas ce qu'il lui est arrivé.
- Il leur a peut-être échappé » proposa subitement Seiya en s'avançant près d'eux. « De toute façon, nous ne sommes pas vraiment dans un état où nous pourrions l'aider, actuellement.
- Il est de mauvaise humeur, ne l'écoute pas trop sérieusement. » grogna Hyoga en regardant de nouveau Shun.
Hyoga continua de serrer tout contre lui Shun en pressant ses mains sur ses hanches fines, comme s'il craignait que le jeune homme ne disparaisse de nouveau de son champ de vision.
« Venez » dit finalement le jeune prince en se reculant « Il faut partir d'ici, se dépêcher tant qu'il n'y a pas de gardes dans les environs. »
Le trio sortit hors du cachot à pas preste, rebroussant le chemin vers la sortie. Ils passèrent devant la cellule du clochard barbu si loquace.
« Adieu, joli petit esprit ! » avança-t-il de sa voix joviale et bancale, en remuant une main dans les airs.
« Au revoir, merci de ton aide, Ténare » répondit Shun en souriant et en lui retournant le geste.
Hyoga poussa Shun en avant pour qu'il ne s'arrête pas dans sa marche et le toisa avec sévérité.
« Je t'ai déjà dit de ne pas aller parler aux inconnus de ce genre. » injecta-t-il d'un air sérieux. « C'est dangere…
- Il devait être le seul être amical dans tout ce fichu château, tu m'en veux d'en avoir profité ? détends-toi un peu. » rétorqua Shun.
Seiya passa à l'avant et ouvrit la porte de sortie des geôles. Il avait maintenant un petit sourire narquois sur les lèvres. Hyoga le toisa d'un regard noir en passant devant lui.
« Vous vous êtes disputés ou quoi ? » demanda Shun en marchant à sa suite. « Vous avez l'air prêt à vous sauter dessus. »
Hyoga soupira mais ne répondit rien, il attrapa la main du jeune prince et la serra étroitement dans la sienne. Voyant que Shun semblait apprécier le geste, il alla déposer un baiser sur ses phalanges pâles et sourit.
« Ce n'est rien. Je suis heureux de t'avoir retrouvé et que tu sois venu nous chercher.
- A ton service. » sourit fièrement Shun. « Mais je ne suis pas certain de pouvoir faire ça tous les jours. »
La suite devrait arriver courant de la semaine, elle est bien avancée...merci de me lire les gens ! Ayez la santé et à bientôt !
