Bon je sais, c'est la fin de la journée mais bon, je n'échappe pas aux repas de familles. Vous savez, ceux qui durent bien longtemps (non pas que je m'en plaigne au contraire)
Merci encore pour tous vos petits commentaires, j'aime vraiment avoir votre avis sur les chapitres.
Bref je vous retrouve pour ce troisième chapitre qui est bien plus long que le précédent (certains vont apprécier !)
Alors comment-est ce que Derek va se faire pardonner ? Réponse ici ! Il suffit de lire.
Le gamin était soudainement partout.
Durant les premiers jours, après l'horrible bourde de Derek, il n'avait pas du tout vu Stiles. Derek ne pouvait s'empêcher de regarder de façon obsessionnelle par sa fenêtre et de l'autre côté de la ruelle mais les stores de Stiles restaient bien fermés et son appartement noir.
Derek passa le week end dans la souffrance, incertain de ce qu'il devrait faire.
'Enlève toi les doigts du cul et va t'excuser abruti.' Derek pouvait pratiquement entendre le conseil de Laura mais ce n'était pas aussi simple.
Il avait promis à Stiles, qu'une fois sa porte réparée, il n'aurait plus jamais à le revoir. Cela ne semblait pas être ce que Stiles voulait, s'il avait appelé Derek un ami. Ou du moins, ce n'était pas ce qu'il avait voulu, durant un court moment avant que Derek ne foire tout. C'était probablement ce que voulais exactement Stiles maintenant et si c'était le cas, ça serait plus que bizarre pour Derek de revenir là bas, infligeant encore une fois sa présence non bienvenue au gamin.
Et qu'est-ce que ça allait faire ? Derek n'était pas le genre de personne que quelqu'un voudrais appeler 'ami'. Il était furieux et maladroit et ne savait pas comment parler aux gens. La seule chose pour laquelle les gens s'intéressaient à lui en premier lieu, c'était son apparence et Stiles ne pouvait même pas la voir. Non, Stiles était juste nouveau dans la ville et bouleversé et voulait désespérément n'importe quelle connexion personnelle. Une fois qu'il se sera habitué, il considérera probablement cela comme un faible manque, en repensant à la façon dont il avait presque fait entrer Derek dans sa vie.
Et puis, quand le travail de la semaine commença, Derek se retrouva à désespérément chercher l'odeur de Stiles dans la rue, presque involontairement. Il semblait particulièrement sensible à ça et il ne pouvait pas s'arrêter de souffler dans des inspirations avides par le nez, en analysant chaque aspect. Ça sentait… la solitude et Derek se détestait un peu plus à chaque inspiration compulsive.
Et puis, la fine trace de l'odeur de Stiles dans l'air n'était plus suffisante. Comme un vrai type louche, le lendemain, Derek, se retrouva à altérer ses emplois du temps, étant prêt beaucoup plus tôt qu'il ne l'avait jamais été et il attendait dans l'entrée de son bâtiment jusqu'à qu'il voit Stiles émerger de celui d'à côté. Derek l'observait et le sentait et imaginait une centaine de différentes façons pour l'approcher et s'excuser. Au lieu de ça, il finissait par suivre Stiles dans un silence tenace durant tout le trajet jusqu'à l'arrêt du métro, le fixant jusqu'à ce que les portes du train A ne se ferment entre eux, emportant Stiles pour un autre jour alors que Derek se dirigeait jusqu'à son propre train, d'un air découragé.
Derek ne savait même pas ce qui l'avait autant captivé chez le gamin. Bien sûr, Stiles avait été sympa avec Derek alors qu'il n'avait aucune raison de l'être mais il n'était pas la seule personne dans cette ville à traiter Derek avec sympathie. Et son rire n'était pas aussi éclatant, son amour si évident pour son père et ses amis si mignon, ses conversations si faciles et si engageantes. Ca ne pouvait pas être aussi doré et chaleureux et facile que dans les souvenirs de Derek.
Une fois que Derek réalisa que Stiles semblait travailler dans un léger emploi du temps altéré, de 7 heures à 15 heures, il se retrouva, non seulement à suivre Stiles jusqu'à l'arrêt du métro le matin mais aussi trouver des excuses pour quitter le boulot plus tôt. Il restait à l'extérieur de l'arrêt de métro jusqu'à ce qu'il entende le bruit de la canne blanche de Stiles et que ça douce tête n'émerge de la cage d'escalier du métro. Stiles semblait s'être adapté remarquablement rapidement aux rues de la ville, marchant la tête haute et de manière déterminé à travers les dédales de croisements de rues et les obstacles, sa canne dans une main et son téléphone dans l'autre, un écouteur sans fil dans une oreille et l'autre oreille écoutant apparemment l'environnement.
Un jeudi matin, Derek était en train de s'attarder dans son hall d'entrée, attendant de nouveau Stiles quand un jeune homme avec des cheveux noirs et souples et une mâchoire déformée sortit brusquement par la porte. Le gamin et son odieux colocataire étaient dans l'appartement à côté depuis que Derek avait emménagé et Derek n'était toujours pas sûr de son nom. Sam ? Seth ? Quelque chose comme ça. Depuis les deux années qu'ils habitaient ici côte à côte, Derek lui avait juste fait des signes de tête quand il passait.
« Je sais Ally » disait le gamin au téléphone alors qu'il se dirigeait vers les boites aux lettres. Il portait son uniforme habituel du SAMU et semblait froissé et rougissait, comme s'il sortait juste de son service « Il n'est pas seulement parti alors que j'étais au boulot mais il a laissé tombé le loyer du mois prochain. Je peux tenir avec mes économies pour un mois ou deux mais je ne pourrais pas payer l'endroit tout seul pendant plus longtemps que ça »
Derek entendit une voix étouffée en réponse, probablement la fille aux cheveux sombres qui semblait être un visiteur fréquent. Elle faisait toujours un sourire à fossettes envers Derek dans le couloir et celui-ci rougissait en général et trouvait un autre endroit où aller, sachant que les mots doux ridiculement niais et puis les sons étouffés de sexe de l'appartement d'à côté seraient bientôt prêts à suivre.
Le gamin s'éloignait maintenant des boites aux lettre, jonglant entre son téléphone, sa lettre et ses clés alors qu'il se dirigeait vers la cage d'escalier « Non, on n'a pas de contrat de location. C'est… » Le gamin regarda autour de lui, ses yeux s'écarquillant alors qu'ils se posaient sur Derek. Il lui tourna le dos et murmura dans son téléphone « C'est une sous location illégale »
De l'autre côté de la rue, la silhouette fine de Stiles émergea de son bâtiment, la porte d'entrée du bâtiment se refermant derrière lui avant de rebondir et se rouvrir. La serrure n'avait toujours pas été réparée. Derek fût tenté de la réparer lui-même mais il n'était pas sûr que le gamin ait la clé et il ne pouvait pas demander. Il entendit distraitement son voisin commencer à dire au revoir à sa petite amie alors que Derek ouvrait la porte du hall d'entrée pour partir.
'Retourne-toi connard' Derek secoua la tête comme s'il pouvait déloger physiquement la voix de Laura de ses oreilles.
Deux pas et Derek se stoppa, observant les épaules étonnement larges de Stiles disparaître dans la foule en quelques instant. Il se retourna, marchant rapidement à travers la porte du hall d'entrée où était le gars qui raccrochait finalement après une longue série de 'Je t'aime'
« Hey ! » dit maladroitement Derek et le gars sursauta d'au moins un mètre (1)
« Oh ! Hey ! Derek c'est ça ? Salut ! Hum… qu'est-ce qu'il y a ? Je sais pas si on s'est déjà vraiment rencontré. Je suis Scott. McCall » Scott leva sa main pour une poignée de main ce qui se transforma en un signe maladroit de la main quand Derek ne réagit pas assez rapidement.
« Est-ce que tu… tu as besoin d'un colocataire ? » dit brusquement Derek.
Les yeux de Scott s'écarquillèrent de peur.
« Pas moi » dit Derek en levant les yeux au ciel, ignorant le fait que le gamin ne s'affaisse dans un soulagement apparent « Je connais quelqu'un… j'veux dire, j'ai un ami qui chercherait peut-être quelque chose. Il vit dans un appart de l'autre côté de la rue… » Derek fit un signe en direction des portes du hall « … mais l'endroit est… »
« Ouais, sans blagues » Scott tendit son cou, regardant dehors, les portes du hall d'un air dubitatif « Il y a des gens qui vivent là dedans ? »
« Il n'est là que depuis le début du mois mais c'est… il n'est pas en sécurité. Et il paye le loyer tous les mois »
Le visage de Scott s'illumina un peu plus à mesure que Derek parlait « Oh ouais ! Ca serait… ça serait génial ! J'veux dire, Matt m'a vraiment baisé (2) en se barrant sans avertir, ça serait génial si je pouvais trouver quelqu'un pour le mois prochain. Et je travaille souvent de nuit, donc je reste souvent assez bien hors du chemin»
« Je crois… » Derek commença juste à réaliser à quel point tout cela serait louche si Stiles parlait à Scott « Je crois qu'il aimerait la compagnie »
« Cool ! Vraiment ! Ouais donne-moi son numéro ! Laisse-moi t'envoyer mon numéro. C'est quoi son numéro ? »
« Uh… » Derek réalisa un peu tard ce qu'il avait fait. D'une manière ou d'une autre, il avait pensé que Scott aurait approché Stiles tout seul mais ça n'avait aucun sens n'est-ce pas ? Il répéta son numéro d'un air hébété, entendant son propre téléphone vibrer alors que le contact arrivait.
« Super, alors dit lui juste de me passer un coup de fil ok ? » dit gaiement Scott « Mille millions de merci mec ! » Scott ouvrit la porte des escaliers et courut à grandes enjambées dans ces escaliers laissant Derek perplexe et atterré derrière lui.
Derek passa la journée entière à regretter sa décision impulsive d'approcher Scott. Bien sûr, il voulait que Stiles soit en sécurité et heureux avec une urgence qu'il ne pouvait pas expliquer. Cependant il était maintenant pratiquement obligé d'approcher Stiles et il ne devait pas juste s'excuser mais aussi lui parler de Scott. De quelle manière exponentiellement louche cela allait être ?
'Oui, je sais que tu me détestes maintenant tu voudrais bien emménager à côté de chez moi ?' s'imaginait dire Derek dans sa tête et eut un mouvement de recul à cette pensée. Et si Stiles emménageait à côté de chez lui ? Ils allaient probablement se croiser tous les jours.
'Tu le vois tous les jours maintenant Derek parce que tu es un harceleur qui donne la chair de poule'
Derek essaya de se focaliser sur ses tableurs, rejetant la voix de Laura mais c'était impossible de se concentrer. L'idée que Stiles soit juste à côté le rendait fou avec une sorte d'étrange combinaison d'attente et de crainte. Le voir tous les jours, assez proche pour voir le rougissement sur ses joues pâles, l'éclat de ses yeux couleur miel. Sentir son odeur tous les jours, fraiche et chaleureuse dans les couloirs. Les murs entre les appartements étaient fins… d'habitude Derek essayait de bloquer les bruits de la porte à côté mais s'il se concentrait, peut-être qu'il pourrait être capable d'entendre les battements du cœur de Stiles, de distinguer le son de son sourire éclatant. Peut-être qu'il pourrait se bercer pour s'endormir avec le son de la respiration constante de Stiles.
'Harceleur' taquina Laura et Derek se passa une main frustrée dans les cheveux mais quitta tout de même le travail plus tôt pour suivre Stiles jusqu'à chez lui.
Le jour suivant, il était déterminé à approcher Stiles. Il répéta encore et encore dans sa tête ce qu'il allait dire et comment il allait le dire de façon exacte. Il sera calme et poli. Il s'excusera brièvement et puis il laissera Stiles connaître la situation de Scott. Il pourra…
Une fois encore, Derek se retrouvait à l'arrêt du métro, observant le train de Stiles l'emmener loin sans rien dire. Il regroupa, rationalisa que c'était pour le mieux. Maintenant qu'il considérait cela dans sa globalité, il serait mieux d'attraper Stiles après le boulot. Ça serait peut-être injuste de le contrarier ou de le retarder sur le chemin de son travail.
Tout de même, alors que la fin de la journée de boulot approchait, il trainait des pieds, vérifiant et revérifiant son dernier rapport financier. Au moment où il sortit par la porte, il savait qu'il avait probablement manqué Stiles à l'arrêt du métro maintenant. C'était bien se dit-il. Ça serait mieux de voir Stiles à son appartement comme ça il y pourrait y avoir une porte solide et 3 verrous entre eux s'il préférait.
A quelques pâtés de maison du métro et à la moitié du chemin de leur voisinage, Derek sentit une odeur qui figea sa poitrine de peur. C'était l'odeur douce et chaleureuse de Stiles, maintenant tellement familière pour lui mais recouverte cette fois par une note âcre de panique. Derek déglutit autour de ses crocs qui s'allongeaient soudainement, suivant l'odeur à une centaine de mètre et jusque dans une ruelle, son cœur tambourinant dans sa poitrine.
Il pouvait entendre les battements frénétiques du cœur de Stiles et ses respirations haletantes mais ne l'avait presque pas remarqué en premier lieu. Il était accroupi dans l'ombre d'une benne à ordures, son visage enfoncé dans ses bras, pouvant à peine faire des inspirations tremblantes. Sa canne était jetée sur le sol sale de la ruelle à côté de lui.
« Stiles ! » Derek s'agenouilla devant Stiles, sa propre poitrine douloureuse de compassion aux râles sifflants des respirations de Stiles « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu es blessé ? »
« Derek ? » Stiles leva la tête, ses yeux écarquillés et qui le cherchait.
« Est-ce que je dois appeler une ambulance ? » demanda Derek. Avant qu'il ne réalise ce qu'il faisait, il leva le bras pour attraper l'épaule de Stiles et frotter son pouce contre son cou pour voir s'il y avait une quelconque douleur qu'il pouvait prendre.
Stiles leva la main, ses doigts tremblants, attrapant la main de Derek telle une ligne de vie. Sa respiration sembla se calmer légèrement.
« Non, pas blessé, c'est juste… » Derek pouvait le voir se battre contre la panique, essayant de réunir ses pensées « Jarvis… mon téléphone… quelqu'un vient juste… juste de l'arracher de ma main » La main qui tenait celle de Derek la serra un peu plus « Derek… ma vie entière est sur ce téléphone. Je ne… je ne peux pas fonctionner sans. Et maintenant il est parti… »
Derek aplatit la main de Stiles contre sa propre poitrine « Ca va aller. Respire avec moi pendant une minute. Ressent ma respiration et respire avec moi »
Stiles inspira de façon tremblante alors que Derek se forçait à inspirer profondément, l'odeur de Stiles et sa panique semblait lui brûler les poumons jusqu'à ce qu'il soit capable d'expirer doucement. La respiration répondante de Stiles sortit trop rapidement mais il semblait se concentrer, les yeux écarquillés, en sentant la poitrine de Derek sous sa main tremblante et la prochaine expiration fut plus stable.
Ils respirèrent comme ça, inspirèrent et expirèrent, en silence pendant quelques minutes, les sens en éveil de Derek concentrés sur Stiles, la chaleur de son corps, le rapide battement de son cœur, la tension dans ses muscles là où Derek agrippait toujours son épaule. Finalement, Stiles sembla refaire légèrement surface de sa panique, la peur acre l'entourant s'émoussant en une odeur plus profonde et plus triste.
« Il y a combien de temps ? » sortit Derek.
« Quoi ? » Stiles sembla se secouer, le front plissé « Peut-être cinq minutes avant que tu n'arrives ? Je suppose, je sais pas vraiment. Je suis juste sortie de l'avenue aussi vite que j'ai pu parce que je pouvais sentir la crise de panique arriver… »
« Attends ici » grogna Derek. Il essaya de se lever et se retrouva à trainer Stiles avec lui, l'énorme emprise de Stiles sur la main de Derek restant ferme.
« Tu peux pas partir ! » dit Stiles d'une voix perçante, l'odeur de sa panique affûtant l'air de nouveau.
Derek pensait furieusement. Les chances de suivre une odeur à travers la ville aussi longtemps après étaient déjà minces mais c'était l'odeur de Stiles et pour des raisons que Derek ne voulaient même pas admettre, il était finement sensible à elle. Et Stiles avait presque toujours ce téléphone dans la main, l'odeur de sa peau serait forte dessus.
Derek sortit son propre téléphone de sa poche, ouvrit sa terriblement petite liste de contact. Il appuya sur le nom de McCall et la voix endormie de Scott lui répondit après seulement une sonnerie.
« Ouais ? »
« Scott, je te met en ligne avec… avec un ami. Contente-toi de lui parler ok ? Je serais bientôt de retour » La main de Stiles se resserra de nouveau de celle de Derek « Je serais bientôt de retour » répéta Derek en essayant de mettre autant de certitude dans ses mots que possible sans glisser vers sa voix d'alpha « Stiles, fais moi confiance »
Stiles inspira profondément « Ok » dit-il. Derek lui posa le téléphone dans les mains et partit en courant, de la ruelle à l'avenue, se dirigeant au sud-ouest. Stiles s'était dirigé de son boulot jusqu'à chez lui et le voleur à la tire n'aurait pas continué dans la même direction de sa cible.
Derek descendit l'avenue, à l'opposé de là où ils vivaient, soufflant aussi discrètement que possible par le nez pour évacuer l'odeur fraiche de Stiles depuis leur contact dans la ruelle, traquant une odeur un peu plus vieille. C'était faible mais c'était détectable par intermittence, une grande menace entremêlé avec la myriade d'autres odeurs de la ville. Elle se renforça alors que Derek accélérait, s'esquivant à travers le trafic de chaque rue, ne se souciant pas du fait qu'il bousculait rudement les piétons entre temps. Au moment où il atteint le coin de rue suivant, l'odeur était assez forte pour que Derek soit certain de tourner à la prochaine rue.
Une longueur d'avance de dix minutes n'était pas beaucoup quand tu avais un loup garou en colère à tes trousses et Derek repéra le garçon à sept pâtés de maisons plus loin. Sa tête était baissée mais il observait la foule, sans aucun doute pour chercher d'autres cibles faciles. Derek s'approcha un peu plus, le très léger transfert de l'odeur de Stiles sur le garçon fit bouillir son sang. Il était juste à côté du garçon dans la ruelle suivante et il n'essaya même pas de se présenter avec des faux-semblants. Il l'attrapa juste par le col et le jeta dans la ruelle et contre le mur.
« Que… »
Derek ignora les protestations du garçon et tira le sac à dos de son épaule et l'ouvrit. Il contenait ce qui semblait être une vingtaine d'Iphones, avec aussi quelques portefeuilles et quelques autres objets de valeurs divers. Alors que Derek approchait sa tête un peu plus près, l'odeur de Stiles fût aussi claire que le son d'une cloche, s'insufflant dans tous le corps de Derek. Il ferma les yeux, sachant qu'ils étaient rouges sang.
« Cours » grogna-t-il en direction du garçon, la bouche pleine de crocs, lui faisant un signe de la tête dans la bonne direction. Derek l'écouta se précipiter loin de lui, attendant jusqu'à qu'il ne soit plus dans la ruelle avant de se risquer à ouvrir les yeux à nouveau.
Cela prit un peu plus de temps à Derek pour combattre complètement le loup à l'intérieur de lui et ensuite, il revint sur ses pas. Maintenant que la chaleur de la chasse était passée, Derek n'était soudainement plus très sûr de sa décision de chercher obstinément le téléphone. Stiles avait été au bord de la crise de panique, Derek aurait dû rester auprès de lui au lieu de ça.
Putain, ses stupides instincts de loup l'avaient conduit à chasser la menace mais de cette manière, il avait donc laissé Stiles presque sans défenses. Et si l'appel avec Scott avait été déconnecté ou si quelqu'un était tombé sur Stiles et avait réalisé à quel point il était vulnérable, tout seul dans une ruelle de New York City…
La tension de Derek augmenta à chaque pas et au moment où il arriva à la ruelle, son cœur était encore en train de palpiter. Il entendit la voix de Stiles et celle d'un autre homme et un grondement sourd résonna de sa poitrine, ses muscles se contractant, prêts à l'attaque. Soudainement, un éclat de rire retentit, rayonnant et fort et Derek pourrait reconnaître ce rire n'importe où. Il prit un moment pour inspirer profondément, pour être sûr que ses griffes soient rentrées et que sa vision soit claire avant de faire le tour de la benne à ordures.
« Ouais, je suis totalement sérieux… oh hey Derek ! » dit aimablement Scott « Tu vois, il le fait maintenant » marmonna Scott à Stiles en un souffle.
« Le truc des sourcils ? » marmonna Stiles en retour et Derek fronça automatiquement des sourcils avant d'essayer de consciemment relaxer son front.
Scott le regardait comme s'il venait d'une autre planète « Oh mon Dieu mec, j'arrive pas à croire que tu manques ça ! » dit-il à Stiles « Il essaye… genre, de froncer et de ne pas froncer les sourcils en même temps, je crois qu'il va se fouler quelque chose »
Ils se mirent à pouffer tous les deux de rire à ça et Derek leva les yeux au ciel « Si vous en avait terminé les gars… tu veux reprendre ton téléphone Stiles ? »
« Quoi ?! » Le visage entier de Stiles s'illumina alors que Derek lançait le sac à Scott.
« Whoa » souffla Scott en ouvrant le sac et en regardant à l'intérieur « Il y a genre 20 Iphone la dedans. C'est lequel le tien ? »
« Jarvis ? » dit Stiles.
« Oui Stiles ? » répondit immédiatement le téléphone d'une voix articulée, étouffée mais tout de même audible. Le corps entier de Stiles décontracta de soulagement « Il est censé s'allumer maintenant » dit-il en ricanant nerveusement et en faisant des signes de la main.
Scott fouilla dans le sac à dos et en fit émerger de façon victorieuse un téléphone illuminé, le plaçant doucement dans les mains de Stiles.
« Localisation Jarvis » dit Stiles.
« Localisation : Avenue Audubon entre la 171ème et la 172ème rue. Continuer vers la route : 4,57 mètres au sud est »
« Oh merci mon Dieu » souffla Stiles de soulagement, enlaçant son téléphone contre sa poitrine « Derek c'était génial. Comment tu as… j'veux dire, ça devait faire un long moment quand tu m'as trouvé. C'est pratiquement impossible… »
Derek pouvait identifier le moment où Stiles réfléchit vraiment, l'admiration sur son visage s'évapora alors que sa voix hésitait « J'veux dire, c'est… c'est vraiment impossible » répéta Stiles, sa voix soudainement tranchante de suspicion, la peur commençant à colorer son odeur. Derek tenta de ne pas flancher alors que Stiles se rapprochait instinctivement de Scott « Est-ce… est-ce que c'est une sorte de coup monté ? Une sorte d'escroquerie, ou, ou une farce ? 'Faisons l'imbécile avec le gamin aveugle et mettons de la sauce piquante sur sa crème glacée' ce genre de chose ? »
Derek se mit debout, la bouche ouverte, figé d'horreur. Ça faisait mal, plus qu'il ne le pensait, de voir la suspicion et la peur sur le visage de Stiles mais qu'est-ce qu'il pouvait penser d'autre ? Derek sentit le désespoir fleurir comme de la glace dans sa poitrine, la froideur se répandant pour engourdir le bout de ses doigts. Il n'avait pas d'explications raisonnable pour ce qu'il venait juste de faire.
« Mec non ! » Etonnement, ce fût Scott qui intervint pour défendre Derek « Derek est un mec bien. J'veux dire, je sais qu'il peut être tout grincheux et tu sais, meurtrier… mais c'est vraiment un mec bien. Il porte les courses de Mme Zarakolu à l'étage toutes les semaines, même si elle lui regarde les fesses durant tout ce temps. Et… et cette fois là où l'alarme incendie s'est déclenchée à trois heures du matin en Janvier. Derek a donné son manteau aux jumeaux de Mr Nunez, même si Mr Nunez avait apporté du chocolat chaud pour qu'ils soient heureux mais pas un manteau, parce que, soyons réalistes, il n'est pas le père le plus intelligent du monde et ils ont posé leurs mains chocolatées sur tout le manteau de Derek et c'était de la laine et il n'a même pas laissé Mr Nunez payer pour le pressing ! »
Derek n'était pas sûr de qui était le plus sidéré par ce témoignage de caractère non sollicité, lui ou Stiles ?
« Comment est-ce que tu sais tout ça ? » demanda finalement Derek à Scott.
« Mec » Scott leva les yeux au ciel « Tout le monde dans le bâtiment se parle entre eux sauf toi. Donc ils parlent de toi la plupart du temps »
« Tu n'étais même pas là durant ces jours ! » se retrouva à protester Derek.
Scott haussa les épaules, faisant de nouveau ce sourire paresseux « Mme Christakos du 402 m'aime. Elle dit que je lui rappelle son petit fils. Elle me nourrit de baklava (3) et me tient au courant de tous les potins le dimanche »
« Wow » Stiles semblait plus calme maintenant, alors qu'une trace de consternation lui faisait toujours froncer les sourcils « J'veux… ouais » Son expression s'éclaircit et il sourit de façon hésitante « Désolé Derek. Apparemment tu es comme le Robin des Bois revêche des hauteurs de Washington ou un truc comme ça et je suis désolé, de… tu sais, t'avoir accusé de quelque chose. C'était vraiment con de ma part de t'avoir fait ça alors que tu m'as sauvé les fesses en me ramenant Jarvis »
« C'est bon » dit Derek, reconnaissant d'être tiré d'affaire pour l'instant mais certain que le sujet sur la façon dont il avait remis le téléphone ressortirait un jour. Derek commençait à comprendre que malgré toute l'agitation et tout le babillage de Stiles, il était remarquablement clairvoyant. Pour l'instant, cependant, Stiles avait l'air assez secoué et semblait satisfait de parler du sujet « Je me dirigeais vers la maison » dit Derek « Je peux, euh, marcher avec toi si c'est là que tu allais »
« En fait, je pensais que peut-être on pourrait se prendre des hamburgers et parler de ce truc de coloc' » claironna gaiement Scott « J'veux dire, Stiles est celui dont tu parlais n'est-ce pas ? Ton ami qui payait un loyer tous les mois ? »
Derek se retrouva à rougir alors que Stiles disait silencieusement le mot 'ami ?' pour lui-même, les sourcils bien relevés.
« Ouais, c'était Stiles » dit Derek « C'est bon. Je, euh… à la prochaine les gars alors »
« Attends ! » Stiles leva le bras et réussit à attraper maladroitement une grosse partie de la manche du tee shirt à Derek « Tu viens avec nous n'est-ce pas ? Le moins que je puisse faire c'est d'acheter à mon chevalier en armure, un hamburger » Stiles battit théâtralement des cils et l'effet aurait dû être comique mais tout ce que cela permit, c'était d'attirer l'attention de Derek sur la façon dont ces cils épais restaient contre la joue pleine de grains de beauté de Stiles et sur les yeux ambres vifs qui furent révélés quand ils se relevèrent.
« Bien sûr que Derek vient » dit facilement Scott en déposant la canne de Stiles dans sa main droite « Là, prend mon coude si tu veux Stiles. Est-ce que tu es déjà allé chez Vicki ? Leurs milkshakes sont merveilleux. Est-ce que quelqu'un à vraiment mit de la sauce piquante dans ta glace ? Les gens sont des cons »
« Ouais » dit Stiles en glissant Jarvis dans sa poche et en cherchant sa canne et le bras de Scott avec sa main droite alors qu'il trainait en même temps Derek par la manche de la main gauche « C'était un connard qui était capitaine de l'équipe de lacrosse au lycée. Mais je l'ai eu. Tu vois, il était vraiment snob à propos de ses cheveux et on était dans l'équipe de natation ensemble donc mon amie, Lydia, m'a aidé à altérer la formule de son shampoing avec un produit chimique indétectable qui… »
Scott et Stiles se dirigèrent d'un air complice en direction du Diner, papotant tout le long de la route et Derek avait pensé qu'ils les avaient oubliés si les doigts de Stiles ne restaient pas enroulés autour de la manche du tee shirt de Derek durant les premiers cinq pâtés de maison.
(1) Les mesures sont fausses. A la base, Scott sursauta de 1 pied soit 30 cm mais ça faisait moins…. Plus bizarre donc je suis restée au bon vieux 1mètre.
(2) Désolée pour les gros mots, mais c'est la traduction exacte
(3) Le baklava est un dessert très apprécié en Grèce, Bulgarie, Turquie, Serbie, Moyen Orient et Maghreb. Il est composé de pâte phyllo (mince pâte feuilletée), de sirop de sucre et de noix mais il existe de nombreuses variantes selon les pays. Ça a l'air à l'air bon en tout cas ! Miam.
Alors, votre avis sur ce petit chapitre ? Est-ce que Derek s'est rattrapé ? N'hésite pas à me dire ce que vous en pensez.
Je suis toujours sur Facebook pour ceux qui veulent faire un petit coucou à une traductrice en carton casanière (véridique). Vous pouvez trouver le lien dans mon profil.
