Bonjour tout le monde comment allez vous ? Pour ceux qui sont en vacances alors je vous souhaite bonne vacance et pour ceux qui ne le sont pas, je vous dis bonne fin de semaine.
Me revoilà pour le septième chapitre de cette trad. Beaucoup voulaient des explications, des réponses à leurs questions, je pense qu'ils en auront… pour ça il suffit de lire ce chapitre.
Je tiens encore une fois à remercier ceux qui commentent cette trad, vos avis comptent toujours beaucoup pour moi et ça me plais vraiment de pouvoir vous lire. Ça me remonte le moral dans les périodes difficiles. Alors un grand MERCI !
Bonne lecture à vous.
'Cinquante cinq, cinquante six' compta Derek dans sa tête, essayant de repousser toutes les autres pensées de son esprit 'Cinquante sept, cinquante huit' Il aurait pu s'arrêter pour boire de l'eau il y a un bon moment, il pouvait sentir que son débardeur était trempé de sueur et que son pantalon de sport collait à son corps. Les muscles de son dos et des ses épaules hurlaient alors qu'il poussait fortement pour faire sa prochaine pompe, son souffle grinçant dans ses poumons comme s'il se noyait 'Cinquante neuf, soixante, soixante et un…'
Il entendit son téléphone vibrer et réalisa qu'il vibrait depuis un moment maintenant. Il laissa doucement ses genoux se poser sur le sol, ses bras tremblaient dût au relâchement de son effort.
'Viens' disait le premier SMS de Stiles. L'heure en dessous disait qu'il avait été envoyé il y a cinq minutes.
'Sérieusement mec'
'Ne fait pas comme si tu n'étais pas chez toi'
'Viens'
'Maintenant'
Derek fonça les sourcils en direction de son téléphone, le pouce trop glissant à cause de la sueur ne pouvait pas faire défiler les SMS. Stiles serait normalement venu à sa porte s'il avait eu besoin de quelque chose. Les SMS ne semblaient pas montrer qu'il était blessé ou autre chose.
Derek fit rouler ses épaules, laissant tomber l'idée de deviner de quoi Stiles était capable et se dirigea vers la porte. La porte de l'appartement de Scott et de Stiles était entrouverte faisant accélérer le rythme cardiaque de Derek d'inquiétude.
« Stiles » dit-il en ouvrant entièrement la porte.
« Enfin » dit Stiles en sortant de la cuisine. Il était débraillé, en bas de pyjama et en tee shirt élimé, les cheveux bien plus ébouriffés que d'habitude. Il avait deux bouteilles d'eau dans sa main et tendait l'autre vers Derek.
Derek ferma et verrouilla la porte derrière lui avant de prendre la bouteille d'eau « Je m'entrainait » grommela-t-il quand Stiles n'engagea pas de nouvelle conversation.
« Ouais je sais » dit Stiles en ouvrant sa propre bouteille d'eau pour en prendre une grande gorgée « Tu t'entraines depuis quatre heure ce matin »
Derek jeta un regard furtif à l'horloge du micro-onde. Il était presque 10h. Normalement le samedi à cette heure ci, Stiles était à la salle de sport. Il revenait en sentant l'effort avec une légère odeur de chlore « Je suis désolé si je t'ai réveillé » marmonna-t-il « Je vais essayer de faire moins de bruit »
« C'est pas… » Stiles semblait agacé « C'est pas une putain de plainte sur le bruit, Derek »
« Alors c'est quoi ? »
Stiles soupira. Il se mordit la lèvre inférieure pendant un moment, essayant apparemment de trouver quelque chose à dire « Je sais quel jour on est Derek »
« Quoi ? » La bouche de Derek fut soudainement un peu plus sèche, il eut une bouffée de chaleur dans tout son corps et il ouvrit la bouteille d'eau pour en prendre une grande gorgée.
Stiles semblait maintenant légèrement embarrassé. Il haussa les épaules « Je suis doué avec les dates. Et mon père… » Ses épaules se tendirent comme s'il se préparait à la réaction « Mon père m'a envoyé le rapport de police sur la mort de Laura »
Juste le fait d'entendre Stiles dire son nom à voix haute était comme un coup de poing dans le ventre. Derek déglutit fortement, se dépêchant pour trouver quelque chose à dire.
Stiles s'approcha un peu plus près et leva le bras avec une étrange précision pour placer sa main chaude sur l'épaule de Derek « Je voulais juste te le dire » Sa voix était douce et légère, elle semblait s'enrouler sous la peau de Derek et relâcher un peu la tension dans sa poitrine « Je veux dire, si tu veux retourner dans ton appart et continuer à t'épuiser jusqu'à être un loup garou en morceaux, c'est bon. Je vais mettre de la musique et noyer le son de toi en train de te torturer. C'est juste… » Stiles semblait à bout de souffle et finit par hausser de nouveau les épaules « Est-ce que ça marche ? »
Derek fixa sa bouteille d'eau, vit une goutte de condensation couler sur le côté et se poser sur l'articulation de son index « Ca n'a pas marché l'année dernière » finit-il par dire « Je ne sais juste pas quoi faire d'autre »
« Ouais » dit Stiles « Je sais » Et on aurait dit qu'il savait maintenant, cette odeur distinctive de deuil ancien dont on se souvenait embauma l'air pendant un moment.
« Qu'est-ce… » Derek dut racler sa voix éraillée « Qu'est-ce que toi, tu fais ? »
« Moi ? » La bouche de Stiles se tordit amèrement, alors qu'il laissait tomber sa main du bras de Derek pour se diriger vers le canapé pour s'y asseoir. Il posa ses pieds sur la table basse avec un soupir « J'ai essayé beaucoup de choses au cours des années. Prétendre que cela n'existait pas, faire un marathon de films. Passer du temps avec mon père ou des amis » Sans consciemment en prendre la décision, Derek se retrouva à s'asseoir à côté de Stiles, cherchant du réconfort dans cette proximité.
« Me saouler la gueule » continua Stiles, sa bouche se tordit d'amusement « Cette méthode a en quelque sorte marché jusqu'à ce que j'en paye le prix le jour suivant. Mais je suppose que ça dépend… je sais que tu ne bois pas maintenant mais est-ce que tu avais l'alcool joyeux ou l'alcool triste ? Je veux dire, je parie que tu as l'alcool triste mais on ne sait jamais. A titre d'exemple, Scott est le gars le plus heureux du monde mais tu le remplis de quelques verres et c'est comme s'il sortait d'une pièce de Tchekhov » (1)
Derek essaya de se l'imaginer pendant une seconde puis il secoua la tête, rejetant l'image « Comment je le saurais ? » répondit-il de façon grincheuse « Je suis né loup garou, tu te souviens ? »
Stiles inclina la tête, ces grands yeux ambres se plissant de confusion « Tu plaisantes n'est-ce pas ? »
« Quoi ? Je peux pas me saouler donc je m'en suis jamais vraiment préoccupé »
« Aw mec ! Me dit pas que tu sais pas ? » Stiles n'attendit même pas une réponse qu'il bondit sur ses pieds. Il plongea dans sa chambre pendant une seconde puis fouilla bruyamment dans la cuisine, revenant avec deux bouteilles et deux verres. Il posa les verres puis fit courir ses doigts sur l'étiquette Braille d'une des bouteilles comme s'il vérifiait avant de la claquer sur la table basse devant Derek.
Derek l'attrapa. Ca ressemblait à du whisky, le liquide à l'intérieur était ambré et limpide alors qu'il inclinait la bouteille. L'étiquette dessus avait un M et un L stylisé avec entre elles… est-ce que c'était une pleine lune, que c'était ridicule.
« C'est quoi ça ? »
« Un Mélange de Loup, mec, du whisky à 94 degré plus une solution de 2% d'aconitum vulparia. Du poison pour les humains mais aussi bon que l'original pour les loups. Mon père m'en a acheté une bouteille pour que je la garde pour… » Son cœur tressauta un petit peu alors qu'il semblait hésiter sur ses mots « … pour tu sais, les jours de pluie mais hey. Elle est toute à toi si tu la veux »
« Ca marche vraiment ? » Derek n'avait jamais entendu parler d'une chose pareille. Bien que, en y repensant, il arrivait souvent qu'après que les enfants soient parti au lit, les adultes restaient un peu plus longtemps. Et plus d'une fois, Peter s'était pointé après le lever du soleil en criant jusqu'à ce que Talia ne le fasse taire.
Stiles avait la tête penchée en arrière et les yeux fermés « Une fête n'est rien comparée à une fête de loup garou » dit-il doucement en souriant tout seul comme s'il revivait certains souvenirs. Il se redressa soudainement, empoignant le goulot de l'autre bouteille (une bouteille plus familière de Jack Daniels) « Je joue si tu veux »
« Il est dix heures du matin » dit Derek de façon retenue. Ca l'agaçait de voir le nombre de fois où Stiles semblait connaitre plus de choses à propos des loups garous que Derek.
« Scandale ! » Stiles posa la bouteille et se mit la main du le cœur de façon dramatique « Scott travaille de jour pour une fois. Tu dois être autre part ? »
Derek envisagea de retourner dans son appartement vide, à essayer de se démener au-delà de sa capacité à guérir jusqu'à l'épuisement physique. Ça n'avait jamais marché, même quand son corps le lâchait et qu'il s'écroulait sur son lit, faible et sans défense, il ne pouvait toujours pas se reposer, son esprit toujours envahit par des regrets et des souvenirs amers.
« Non » dit-il « Je dois être nulle part ailleurs »
Stiles sembla remarquer le caractère morne de sa voix « J'veux dire, t'as pas à … pas de pression pour essayer le Mélange mec. On peut juste trainer si tu veux. Je vais pas… je vais pas te faire parler si tu veux pas »
« Je sais » Malgré le fait que Stiles forçait sans relâche Derek à se socialiser, il ne l'avait jamais poussé quand il s'agissait de quelque chose de personnel. C'était l'une des raisons…
Cette pensée surpris Derek 'C'était l'une des raisons pour laquelle il lui faisait confiance' Il ne savait pas exactement quand c'était arrivé mais il ne pouvait pas nier la vérité. Derek se leva, il avait pris sa décision « Si on va faire ça, je vais me doucher. Et tu dois manger quelque chose. Je vais pas te laisser te saouler si tu as le ventre vide »
« Génial mec. Je vais même faire des pancakes. Le sirop d'érable s'accorde trop bien avec le whisky t'as même pas idée »
Derek secoua la tête « C'est terrifiant que tu saches ça »
« Peu importe. Tu verras. Tu reviens dans 15 minutes ? »
Derek se sentait déjà mieux, la noirceur qui lui pesait semblait se lever juste un peu grâce à la compagnie de Stiles.
« Ouais. Ok »
Stiles, légèrement saoul, était carrément adorable. Toute son énergie frénétique semblait ralentir, sa voix devenait forte, ses mouvements tranquilles et léthargiques alors qu'ils étaient d'habitude brusques et agités. Il était même plus tactile que d'habitude aussi.
Derek était au bout du canapé avec les pieds sur la table basse. Stiles était au début, à côté de lui mais il était maintenant affalé sur la totalité du canapé, ses jambes sur les cuisses de Derek. A un moment, il avait réquisitionné une des mains de Derek et la frottait doucement, dessinant de façon distraite des cercles sur sa paume. C'était merveilleux. Derek prit une nouvelle gorgée de l'alcool, en appréciant la douce brûlure dans sa gorge, la chaleur enflammant son ventre.
« C'est juste que… je veux presque l'avoir imprimé sur une carte professionnelle à ce point là. Sur le recto, il y aurait marqué 'Mon histoire tragique' et au verso, il y aurait genre, 'J'espère avoir satisfait votre curiosité' J'veux dire, je comprends que les gens soient curieux mais c'est un grand saut que de se sentir autorisé à savoir. Et quand c'est la première chose qui sort de leur bouche, c'est juste… honnêtement, je suis impressionné de ne pas avoir frappé plus de personnes avec ma canne »
Derek grogna pour acquiescer. Il imaginait à quel ça aurait pu être pire s'il avait eu une brûlure ou tout autre signe visible de ce qu'il lui était arrivé… d'avoir les gens qui le fixait et qui demandait tout le temps.
« Quand quelqu'un ne demande pas, c'est comme ça que je sais. Ils comprennent. Je veux dire, ils savent ce que c'est que d'avoir quelque chose de merdique qui leur est arrivé. Tu n'as pas demandé. Scott non plus. De la même façon que je ne demande pas à Scott pourquoi il ne parle jamais de son père. C'est comme… comme le bro code inexprimé des personnes que la vie à entubée, tu vois ce que je veux dire ? »
Derek serra brièvement le mollet de Stiles. Ils furent silencieux pendant un moment prenant tous deux des gorgées de leurs boissons.
« Est-ce que tu veux savoir ? » demanda soudainement Stiles.
Derek haussa les épaules « Tu n'as… tu n'as pas à le faire »
« Non, c'est bon » Stiles se redressa un petit peu, son regard était intense bien que légèrement décentré du visage de Derek « Je veux te le dire. Si ça ne va pas un peu plus te déprimer, je veux dire »
« Ouais » Derek serra le mollet de Stiles une nouvelle fois « Dis-moi »
« C'était un accident de voiture » dit Stiles « Je veux dire, pas de grande surprise dans cette partie. Ça arrive tout le temps n'est-ce pas ? Un conducteur saoul au milieu de la journée alors que ma mère me ramenait en voiture à la maison après l'école. C'est pratiquement le cliché d'un film de la chaine Lifetime »
« C'est… c'est pas un cliché » dit doucement Derek.
Stiles s'assit pour attraper sa bouteille « Ouais » dit-il « Ouais je sais » Il se servit prudemment un verre, mettant son pouce contre le bord du verre pour en vérifier le niveau. Derek ignora poliment l'odeur salée dans l'air, laissant Stiles cligner des yeux pour chasser ses larmes avant qu'il ne se retourne vers Derek pour se réinstaller sur le canapé.
« J'aurais du mourir aussi. Je veux dire, c'était le plus insolite des accidents. La voiture était écrasée. Ils ont dit… ils ont dit que ma mère est morte sur le coup. Au lieu de ça, j'étais collé là-dedans pendant un moment avant qu'on puisse me sortir de là. Une partie de la porte de la voiture était enfoncée dans ma nuque »
Stiles fit courir sa main contre sa nuque, pensif, avant de l'enrouler autour de son verre pour en prendre une grande gorgée. Pour une raison ou une autre, quand il s'était rassit, il s'était rapproché pour se recroqueviller contre le corps de Derek. Celui-ci ne put s'empêcher de lever le bras pour faire courir sa propre paume contre les petits cheveux de la nuque de Stiles comme s'il pouvait le protéger de ce qui s'était passé. Stiles se rapprocha au contact.
« Il y a une artère au niveau de la nuque ici, c'est elle qui a été compressée. Elle se sépare en deux autres artères qui apportent du sang à la partie du cerveau qui permet l'information visuelle. Tu dois vraiment être malchanceux pour les mettre toutes les deux KO avec des caillots de sang. D'habitude ça arrive seulement chez les personnes âgées avec des problèmes de cœur, ce genre de chose. Mais j'ai été assez malchanceux pour les boucher toutes les deux » Stiles haussa les épaules « Ou assez chanceux, ça dépend comment tu vois les choses. Un peu plus et ma colonne vertébrale était sectionnée ou bien mon tronc cérébral était compressé. A ce niveau là, je n'aurais pas survécu »
La main de Derek était restée sur la nuque de Stiles et il ne put s'empêcher de faire de nouveau courir son pouce dessus, sentant le léger creux où le crâne de Stiles faisait la jonction avec sa nuque. Juste quelques millimètres, probablement, et Stiles aurait pu ne pas être là. Derek n'aurait jamais su qu'il existait.
Stiles soupira au toucher « Les cerveaux sont bizarres » songea-t-il « Quand quelque chose comme ça arrive, ils essayent de compléter les informations manquantes. Ils appellent ça 'Hallucinations visuelles complexes'. Mais pour moi… » Stiles se rapprocha un peu plus, posant sa joue sur l'épaule de Derek. Ça devrait être étrange, de se blottir l'un contre l'autre comme ça mais cela semblait presque naturel, que les bras de Derek encerclent Stiles, pour le garder proche de lui « Pour moi, ça veut juste dire que je vois ma mère tout le temps. Debout juste au bord de ma vision ou assise au bord du lit d'hôpital. A chaque fois que j'essaye de regarder dans sa direction, elle disparaît mais quand je détourne le regard elle revient »
Derek pouvait de nouveau sentir le salé des larmes de Stiles et ce fut naturel cette fois, de lever le bras pour les essuyer avec son pouce, laissant son toucher s'attarder sur la pommette de Stiles « Je ne peux pas imaginer dans quelle situation j'ai mis papa » dit Stiles la voix enrouée par les larmes « Ils arrêtent pas de me dire que maman est morte et je continue à leur hurler qu'ils ont tort, qu'ils mentent, qu'elle est juste là »
Derek serra la cuisse de Stiles, incapable des trouver les mots. Stiles ne semblait pas en avoir besoin, en revanche, il se pencha un peu plus dans l'étreinte de Derek, laissant échapper un souffle tremblant. Ils restèrent assis comme ça un long moment, respirant de façon synchronisée, serrés l'un contre l'autre.
« J'entends Laura des fois » se retrouva à dire Derek à sa propre surprise « Juste sa voix qui me dit… qui me dit ce qu'elle aurait pensé ou ce que je devrais faire »
Stiles acquiesça contre le torse de Derek « Est-ce que tu veux… tu pourrais me parler d'elle. Si tu veux »
Et de façon surprenante, Derek le voulait… il voulait que Stiles connaisse Laura. Il avait souhait futile et désespéré que Stiles et Laura puissent se connaître, puissent devenir amis.
« Elle était… forte. Elle me permettait de continuer quand je voulais juste abandonner. Et elle était drôle. Elle n'acceptait aucune de mes conneries »
« Elle avait l'air géniale »
« Ouais » Derek prit une profonde inspiration et expira doucement « On n'était pas aussi proches avant… avant l'incendie. J'étais plus proche de mon père et de mes frères. Elle était plus proche de ma mère, s'entrainant pour être le prochain alpha. Mais après ça… » Derek posa son menton sur les cheveux de Stiles, inspirant son odeur « On était tout ce qu'il nous restait de la meute et de la maison. Juste nous deux pendant tellement d'années. On se battait toujours mais on était aussi tellement… tellement connecté. Et ensuite elle est juste… partie »
Les bras de Stiles étaient serrés autour de la taille de Derek maintenant, tous les prétextes du fait qu'ils n'étaient pas purement et simplement en train de s'étreindre, étaient partit « Ca craint vraiment » dit-il sincèrement et cela semblait être la seule chose à dire.
Derek se contenta de rester ici, profitant de la présence ferme et peu exigeante de Stiles. Inspirant sa chaleur et son odeur. Le doux battement de son cœur et le bruit familier de sa respiration. Il n'était même pas sûr du moment où Stiles s'endormit, soudainement un peu plus doux et docile là où il était enveloppé dans l'étreinte de Derek.
Il semblait être parfaitement à l'aise. La solitude était tellement devenue une partie de Derek qu'il la reconnaissait à peine, comme la douleur d'un os cassé qui n'avait jamais bien guéri. Quelque chose à propos de Stiles dans ses bras soulageait cette douleur, et l'emplissait de chaleur et de réconfort jusqu'à la moelle de ses os.
Derek n'était pas sûr du moment où il s'endormit aussi. Il se réveilla dans le brouillard au son des pas de Scott dans le couloir, la lumière du coucher du soleil tardif passait à travers les fenêtres. A un moment ou à un autre, Derek avait glissé pour se coucher sur le canapé. Stiles était étalé sur le torse de Derek, son visage rouge, sa bouche rose et relâchée.
Derek fit doucement basculer Stiles contre le dossier du canapé, l'extirpant d'en dessous de lui pour s'asseoir juste au moment où les clés de Scott s'entrechoquaient contre la porte. Il se leva, troublé et fit courir une main dans ses cheveux en désordre.
« Oh ! Hey mec » Les yeux de Scott oscillèrent entre l'endroit où Derek était debout, se sentant inexplicablement coupable et l'endroit où Stiles était allongé sur le ventre et ronflait sur le canapé « J'savais pas que t'étais là »
« Je… j'allais partir » marmonna Derek. Il empoigna la bouteille à moitié vide de Mélange, se souvenant ce que Stiles avait dit à propos du fait que c'était toxique pour les humains.
« Tu es sûr ? » La voix de Scott était douce « Tu n'as pas à partir, tu pourrais rester »
« Non, je… je dois y aller » Derek se sentait maladroit et incertain. L'odeur mélangée de lui et de Stiles était profonde dans l'air, brouillant ses esprits et semblant faire appel à quelque chose de plus profond à l'intérieur de lui. Cependant maintenant que le bourdonnement chaleureux de l'alcool à l'aconit s'était dissipé, il n'était pas sûr de ce que tout ça voulait dire. Est-ce que ça avait été seulement de la gentillesse et du réconfort ou bien quelque chose de plus ? Derek ne savait pas et là maintenant, il se sentait à vif et exposé sous le regard de Scott.
« Fais comme tu veux » Scott alla dans la cuisine et commença à fouiller dans le frigo. Derek ne put s'empêcher de ressentir qu'il y avait quelque chose de lâche à propos de sa retraite mais il se retira quand même, retournant à son appartement.
Il devrait manger quelque chose aussi mais il se sentait trop fatigué, complètement vidé. Au lieu de ça il s'allongea sur son lit. Après un moment d'embarras, il enleva son tee shirt et le posa à côté de son oreiller, se blottissant contre lui, inspirant la douce odeur chaleureuse de Stiles mélangée avec la sienne plus âpre et plus alpine.
Il ferma les yeux, laissant son esprit s'égarer dans les profondeurs situées entre le sommeil et l'éveil. Les pensées de la mort de Laura étaient toujours noires au fond de son esprit mais au lieu de ça il se laissa aller à penser à Stiles. Il repoussa tous ses doutes sur ce qu'il avait pensé et au lieu de ça, il se concentra sur ce qu'il avait ressentit quand il tenait Stiles dans ses bras et à quel point c'était bien de l'avoir près de lui. Et alors que le sommeil commençait à l'avoir, il se laissa, juste pendant un moment, imaginer que l'odeur de Stiles était vraiment dans son lit et que le corps chaleureux et rieur de Stiles était serré dans ses bras chaque nuit.
(1) Anton Tchekhov est un écrivain et dramaturge russe du XIXème siècle très célèbre. Il a écrit des pièces de théâtres et des nouvelles. En plus d'être écrivain il était en même temps médecin, ce que je trouve impressionnant.
Alors comment avez-vous trouvé ce chapitre. Ça se rapproche n'est-ce pas ? Patience pour la suite, il faudra attendre dimanche prochain. Bisous mes loulous et n'hésitez pas à me faire un petit coucou sur Facebook (le lien est dans ma bio)
