Vicca : Contente que le premier chapitre te plaise. Tu vas être contente, Naruto fait une apparition dans ce deuxième chapitre.


Chapitre deux :

Visite de courtoisie

Hinata fixe son reflet dans le miroir que Sakura a été assez gentille pour lui apporter. Assis au fond de la chambre, Neji semble simplement attendre que la leur amie cesse son bavardage sans fin. L'héritière – est-elle un héritier, maintenant ? – sait qu'il s'ennuie profondément en écoutant l'apprentie de Tsunade papoter mais il est trop poli pour commenter. Et, à vrai dire, elle est heureuse de la présence de leur compagne, sa voix l'encourage, l'empêche de vraiment penser à sa… situation.

Comment est-elle censée réagir ? Comment peut-elle agir en garçon ?

Elle a déjà du mal à vivre en tant que fille, alors si elle doit tout changer… Tout…

Des mains entourent les siennes, brisent la gangue de panique qui menace de la submerger. Sakura lui sourit :

— Tout va bien se passer, Hinata-chan ! Tu n'es pas toute seule.

Son amie lui adresse un clin d'œil avant d'ajouter :

— Tes coéquipiers et ton cousin t'aideront avec tous les détails masculins et tu peux venir me trouver quand tu voudras quand tu en auras assez de toute cette testostérone. On se fera une virée entre fille avec les autres !

Hinata ne peut s'empêcher de répondre à son sourire.

— Merci ! souffle-t-elle sans bégayer.

Tenten passe soudain la tête par la porte de la chambre qui est restée entrouverte.

— Eh ! Les filles ! Neji ! salue-t-elle avant d'entrer. Je me disais bien que j'avais entendu ta voix, Sakura !

La brunette tient un sachet contre elle.

— Tenten ! Ça fait plaisir de te voir. Tu rends visite à quelqu'un ?

— Oui, je voulais voir Shikamaru. Je sais qu'Hinata sera bien entourée et soutenue.

La jeune fille adresse un clin d'œil à son coéquipier qui grogne son assentiment. Sa cousine n'est pas restée seule une seule seconde. Au point qu'il se demande un peu ce qu'il fait là.

— Du coup, je me suis dit que Shikamaru aurait sans doute besoin d'un peu de soutien de son côté. J'aime bien Ino mais je ne suis pas certaine qu'il ait besoin de… hum… de son caractère…

Tenten s'interrompt le temps de chercher des termes relativement neutres pour décrire la kunoichi. Sakura vient à son secours avec un bon sourire.

— Tu peux dire 'caractère de cochon' ! Ne t'en fais pas pour Shikamaru, il est trop paresseux pour s'en offusquer.

Hinata presse ses mains devant elle. Elle n'a pas pensé à l'état de son ami. Lui aussi doit se sentir bouleversé.

— Mais je suppose qu'un peu de soutien lui ferait du bien… Ce n'est pas Naruto ni Kiba qui se montreront vraiment compréhensifs.

Tenten sourit et lève son sac.

— Exactement ! Je me suis dit que je pourrais lui apporter quelques affaires de première nécessité. Il est du genre maigrichon, du coup il ne doit pas avoir une trop grosse poitrine mais quand même…

Sakura grimace.

— Oui, tu as bien fait. Du peu que j'ai vu pendant qu'on le soignait, je dirais un bonnet A… Ou à la rigueur, un petit B mais je n'en mettrais pas ma main à couper.

Hinata sent ses joues s'empourprer. Ses amies parlent librement de ce genre de détails très embarrassants devant son cousin ! Le jeune homme garde une mine impassible, seuls ses yeux se sont légèrement écarquillés devant le sens que prend la conversation et il regarde à présent la porte avec insistance.

— Ah… En fait…

Oh ! Là ! Là ! Elle ne va jamais s'habituer à sa voix ! Elle toussote avec timidité et l'attention de ses amies se dirige vers elle. Au moins, elles ont arrêté de parler de bonnets de soutien-gorge !

— En fait, j-je… enfin… S-si c'est p-possible, j-j'aurais bien voulu l-lui rendre visite.

Son cousin, qui avait commencé à se détendre, se fige avant de se tourner vers elle. Un instant, elle pense qu'il va s'y opposer mais, après un instant de réflexion, il hoche la tête avec approbation.

— J'en avais également l'intention !


Après tout, Shikamaru a protégé Hinata et l'a rassurée lors de leur mission. Pas que ce soit étonnant : le jeune homme, malgré son apparent je-m'en-foutisme, a un sens des responsabilités particulièrement aigu. Le moins que Neji puisse faire, c'est de prendre de ses nouvelles. Et, après tout, ils sont compagnons d'arme… Les filles se dirigent vers la porte et le jeune homme leur emboite le pas.

— Hinata-chan !

Tous quatre se figent en entendant la voix du ninja le plus hyperactif de Konoha résonner derrière eux.

— N-N-Naruto ? bégaye la malheureuse cible de tout cet enthousiasme.

Le blondinet freine des quatre fers pour ne pas emboutir les trois… les deux filles et les deux garçons. Cligne des yeux devant son amie.

— J'y croyais pas ! Kiba m'a dit pour Shikamaru et toi…

Il la regarde de haut en bas et un grand sourire se dessine sur ses lèvres.

— Tu es top, comme ça, Hinata-chan !

Et pour faire bonne mesure, il lève le pouce en un thumb-up ! Neji soupire avec dépit. Ce crétin a trop trainé avec Lee et Gai-sensei ! Ses yeux s'étrécissent soudain, le jeune homme a saisi sa cousine écarlate d'émoi par le poignet et l'entraine dans le couloir.

— Viens ! On va tirer en bourrique ce fainéant de Shikamaru !

En deux pas, Neji les a rejoints et les sépare.

— Je ne pense pas que faire irruption dans la chambre d'un blessé pour se moquer de lui soit une idée brillante, Naruto.

Il est parvenu à garder un ton neutre et calme. L'hôte du renard à cet effet sur lui d'à la fois l'agacer et l'apaiser. Probablement, parce que, derrière cette façade de guignol, se cache un jeune homme qui sait à quel point la solitude et l'injustice font mal. Le blondinet se gratte le menton d'un air un peu penaud.

— Oh… T'as raison… Ce serait pas sympa… Shika m'a apporté un panier de fruit un jour que j'étais blessé. Bon, c'était pour Choji à la base mais il a pensé à moi quand même.

Sakura ne se gêne pas pour lever les yeux au ciel et soupirer bruyamment avant de frapper le jeune homme sur la tête. Neji s'écarte prudemment d'un pas. Le sexe faible, hein ? À d'autres !

— Naruto ! Tu es vraiment stupide, parfois ! Tu pourrais penser à demander comment il va plutôt que de penser à lui faire des blagues idiotes !

— Itaï ! proteste le garçon d'un ton plaintif.

Il se frotte le crâne des deux mains avant de relever la tête, la larme à l'œil.

— Maiiis… Sakura-chan ! Ça fait mal !

Il reprend son sérieux devant la mine sombre de la jeune fille.

— Ses blessures sont si graves que ça ? Je veux dire… Shika s'est toujours sorti des pires situations sans trop de casse !

La medic-nin soupire.

— On a failli le perdre, cette fois, murmure-t-elle.

Les jeunes gens poursuivent leur route en silence. Neji repense à sa première mission avec le jeune homme. Leur compagnon s'en était tiré avec juste un doigt cassé, alors que tous ses compagnons avaient passé des jours à l'hôpital. Pourtant, il ne peut s'empêcher de songer que de leur cinq, c'est probablement Shikmaru qui en a le plus souffert.

Et qui en souffre encore aujourd'hui.

Pas physiquement, certes mais… la culpabilité le ronge. C'est un sentiment que Neji connaît bien, lui aussi.

Devant lui, Naruto pousse la porte du blessé en claironnant :

— Alors mon vieux, comment tu…

Il s'interrompt et se fige. Sakura le pousse pour qu'il laisse ses compagnons entrer.

— J'aurais jamais cru que tu serais jolie en fille ! s'exclame le blondinet – qui ne sais décidément jamais quand se taire – avant de mordre la poussière, balayé par le poing vengeur de sa coéquipière.

— Ferme ton clapet ! gronde cette dernière.

Assise à côté du lit, Yoshino cligne des yeux un moment face à cette intrusion. Hinata et Tenten s'inclinent pour s'excuser des manières de leurs camarades. Neji, lui, ne peut détacher son regard de la forme allongée. La transformation est encore plus dérangeante chez Shikamaru que chez sa cousine. À vrai dire, s'il se contente de ne regarder que ce qui se trouve au-dessus des épaules…

Non. Nême ainsi, il se sent perturbé.

Il reconnaît toujours son compagnon, évidemment. Principalement grâce au regard blasé que la jeune fille leur jette. Ses cheveux pendent librement sur ses épaules, encadrent le front haut typique des Nara. Son menton et son visage se sont encore affinés et ses iris sombres paraissent… plus larges ?

Oui, définitivement !

— C'est bon ! râle Shikamaru devant leurs mines stupéfaites. Vous avez eu l'occasion de vous habituer à Hinata. C'est pareil pour moi : passez à autre chose !

— Comment te sens-tu ? demande Neji, serviable.

Le jeune homme (jeune fille ?) penche légèrement la tête dans sa direction en signe de reconnaissance pour sa tentative de diversion.

— J'ai connu mieux mais le bon côté, c'est que je vais pouvoir rester au lit pendant un moment. J'ai des heures de sommeil à rattraper…

À ses côtés, sa mère marmonne quelques mots pour son seul bénéfice et l'adolescent-e lève les yeux au ciel en réponse. Sakura rejoint le… la blessée et passe les mains au-dessus de son ventre. Une douce lumière les illumine, le temps qu'elle sonde la blessure.

— Les réparations de Tsunade-sama tiennent bien. Mais tu as raison, tu vas passer un bon moment allongé-e. Tu dois te ménager. La lame a touché ta colonne vertébrale en même temps que l'estomac. Tu vas avoir besoin de repos…

Elle adresse soudain un clin d'œil à sa patient-e.

— Parce que dès que tu seras en état, je me chargerai de te remettre en forme.

Shikamaru lui rend son regard, un micro sourire aux lèvres.

— Tu aurais dû m'achever, marmonne-t-il… elle.

Neji sent sa migraine sous-jacente grossir.

— Est-ce réversible ?

Tous se tournent vers lui en entendant sa question. Seul le kage-nin ne paraît pas surpris. Sakura cligne des yeux un moment avant de comprendre de quoi il parle et s'empourpre.

— Ah… Je n'en sais rien. Je suppose que Tsunade-sama pourra mieux répondre que moi.

— Elle l'a déjà fait, dit Shikamaru.

Il le mentionne tout doucement, les yeux mi-clos comme s'il (elle) était sur le point de s'endormir.

— Mon vieux a déjà posé la question. Elle va chercher les raisons de notre… état...

— Des ninjas sont partis remonter vos traces pour tenter de comprendre, complète Yoshino.

— Il n'y a plus qu'à attendre et prendre notre mal en patience, termine le stratège du village.

Mère et fils (fille !), même si le principal intéressé le nierait certainement, semblent proches, presque complices. Un petit silence suit l'explication.

— Vous vous ressemblez vraiment, tous les deux s'exclame Tenten.

Shikamaru lève les yeux au ciel.

— Bien sûr qu'on se ressemble ! Je peux difficilement renier la moitié de mon bagage génétique même si elle est bruyante et exigeante !

— Je suis bien obligée de maintenir un minimum d'ordre et de discipline à la maison.

Le blessé agite la main pour évacuer l'argument.

— Oui, oui !

Naruto n'a encore rien dit, il se contente de fixer son ami alité d'un air un peu ahuri. Tenten se secoue enfin et s'approche du lit pour tendre le petit sachet qu'elle a apporté.

— Tiens, c'est pour toi, murmure-t-elle, embarrassée et les joues un peu rouges. Je me suis dit que tu en aurais sans doute besoin… Hum… En fait, tu devrais l'ouvrir plus tard, en privé.

Shikamaru la fixe une seconde avant de prendre le cadeau.

— Je suppose qu'il vaut mieux… Merci, en tout cas… Enfin, je crois.

Tenten rit nerveusement avant de reculer.

— Bon, je vais te laisser. Tu viens, Naruto ?

Le blondinet semble soudain s'éveiller.

— Hein ? Moi ? Mais j'ai pas encore…

Sakura l'interrompt en l'attrapant par l'épaule.

— Il faut laisser les malades se reposer ! gronde-t-elle. Et tu es tellement bruyant que personne ne pourra dormir tant que tu seras dans les parages. Ouste !

Et tandis qu'elle pousse son ami dehors, Neji l'entend s'exclamer :

— Tu n'as pas intérêt à sortir une remarque stupide devant Hinata-chan ou Shikamaru ! Allez ! Avance ! Je vais te résumer le tout pendant qu'on marche !

Les Hyuuga s'inclinent à leur tour. La plus jeune ouvre la bouche, murmure quelques mots d'une voix si ténue que seul son cousin comprend ce qu'elle dit.

— Je n'ai pas entendu, réplique le blessé.

Son expression s'adoucit d'un sourire et Neji sent sa gorge se serrer. Il n'a jamais vu ce type d'expression chez son ami. Pourtant, cela ne lui semble pas si étranger… Peut-être l'a-t-il entraperçu lorsque le kage-nin parlait avec Chouji. Entre ces deux-là, il y a une profonde amitié, une tendresse qu'il envierait presque.

— Mais je crois deviner ce que tu as dit : tout va bien, Hinata ! Nous sommes en vie tous les deux et pour le reste…

Shikamaru hausse les épaules avant de grimacer de douleur.

— Ça ne sert à rien de se fatiguer à s'angoisser sur le sujet. Soit, Tsunade trouvera un remède ou une technique pour inverser le processus soit, on finira bien par s'y habituer.

Yoshino lui jette un regard empli de fierté et finit par prendre la pauvre Hinata en pitié. Elle la rejoint avant de gentiment l'encourager à se relever.

— Shika a raison, dit-elle avec un bon sourire.

Elle ignore son fils (fille !) derrière elle qui proteste devant ce surnom.

— Je te suis reconnaissante de nous l'avoir ramené en vie. Et… je voudrais vous demander de rester encore un peu, tous les deux. Mon époux et votre oncle discutent, ils vont bientôt revenir et je pense que cela vous concerne également.

Son expression indique clairement qu'elle désapprouve. Quant à savoir quoi ?

Neji ne se sent pas rassuré de savoir que son oncle parle peut-être de lui. Même s'il a résolu une bonne part de ce qui l'opposait à la Branche Principale, cela reste un sujet sensible. Hinata se tourne vers lui, manifestement troublée, avant de revenir aux Nara, la main pressée contre sa gorge.

— Je… J-je ne comprends pas, murmure-t-elle… il. P-pourquoi est-ce que père…

Il (elle ?) ne termine pas sa phrase, désemparé.

Depuis son lit, Shikamaru fixe le plafond d'un air de profond ennui.

— Ils veulent nous marier, marmonne-t-il.