Bonjour ! Bienvenue dans ma nouvelle histoire. Elle sera plus longue que la précédente et aura plusieurs fins alternatives. En gros, il y aura 10 chapitres communs, et ensuite, le choix entre plusieurs suites, plus ou moins longue.

Disclaimer : Les personnages et l'univers sont issus de Miraculous, les aventures de Ladybug et Chat Noir, création de Thomas Astruc. Cette histoire est une fanfiction et ne peut faire l'objet d'une transaction.

Plusieurs personnes sont passées sur cette histoire, que ce soit pour faire des commentaires, améliorer des passages ou pour traquer les coquilles. J'ai nommé MiniAlixe2, Annick et l'indispensable Fenice. Grand merci à elles.


Le combat venait de se terminer. Il avait été compliqué. Ladybug n'avait réussi à mettre en œuvre l'objet que le Lucky Charm lui avait attribué que de longues minutes après que Chat Noir ait utilisé son Cataclysme. Celui-ci était parti dès qu'il fut certain que sa partenaire n'avait plus besoin de lui, mais il savait qu'il n'aurait pas assez de temps pour rentrer chez lui.

Il n'avait parcouru que quelques toits quand la dernière sonnerie, celle qui annonçait l'imminence de la détransformation retentit. Sagement, il décida de s'arrêter près d'une cheminée pour ne pas risquer de se retrouver en plein saut sans son costume. Il se détransforma et un Plagg épuisé – et bien entendu affamé – apparut à ses côtés.

— Manger ! le supplia son kwami.

— Deux secondes, protesta Adrien en fouillant dans sa poche. Tiens, voilà. Dépêche-toi, on peut me voir ici.

— Tu ne pouvais pas trouver un endroit plus abrité ? lui reprocha Plagg la bouche pleine.

— Pas eu le temps, expliqua Adrien. Tu as bien vu comme c'était difficile aujourd'hui.

Plagg ne répondit pas. Il avait subitement plongé dans la chemise de son porteur.

— Adrien ? fit une voix stupéfaite derrière lui.

L'interpellé se figea et se retourna lentement. Sur le toit, venait d'atterrir Ladybug.

— Mais… qu'est-ce que tu fais là ? s'étonna l'héroïne.

— Oh, Ladybug, bonjour. Je… (Heureusement, Adrien avait maintenant quatre années de pratique dans l'invention d'excuses bidon pour expliquer l'inexplicable.) Eh bien, tout à l'heure, je me suis trouvé face au vilain, et Chat Noir m'a mis hors de portée. Il m'a déposé ici en me disant qu'il reviendrait me chercher et… je l'attends, quoi !

— Oh mon pauvre ! compatit Ladybug. Je parie qu'il t'a oublié. Chat est vraiment négligent parfois. Mais ne t'en fais pas, je peux te ramener chez toi.

Adrien retint une grimace. Il aurait pu trouver une excuse qui ne soit pas défavorable à son alter ego. Enfin, il n'avait pas tout perdu, il allait faire un petit voyage dans les bras de sa Lady.

— Je ne veux pas te retarder, dit-il cependant poliment.

— J'ai encore quelques minutes. Tu habites loin ?

Il lui donna l'adresse.

— Je vois. Prêt ? s'enquit-elle avant de s'approcher de lui.

— Prêt, répondit-il.

Étonnement, elle sembla gênée au moment d'enrouler son bras autour de sa taille. Elle ne faisait pas tant de manières d'habitude, que ce soit avec Chat Noir ou toute autre personne qu'elle aidait. Lui-même avait quelques scrupules à se laisser enlacer sous sa forme civile. Elle aurait serré Chat Noir beaucoup moins fort contre elle, sachant qu'il saurait s'équilibrer en posant sa main sur son épaule.

Elle s'élança et, en moins d'une minute, ils arrivèrent à proximité de l'immeuble où il habitait désormais.

— Tu peux me déposer sur la terrasse, cela t'évitera de descendre dans la rue, lui indiqua-t-il.

Deux mois auparavant, quand il avait enfin eu dix-huit ans, Adrien avait annoncé à son père qu'il désirait avoir son propre appartement. Contre l'avis paternel, il avait récupéré l'argent de ses prestations de mannequin et avait loué un pied-à-terre dans un autre arrondissement. Il avait pris soin de choisir une habitation qui lui permettait de sortir discrètement par les toits quand il devait aller remplir son devoir de héros de Paris. Il avait eu la chance de trouver ce deux-pièces, avec une mini-terrasse privative encadrée de murs aveugles. Elle était toujours à l'ombre et un peu humide, mais formait un lieu d'atterrissage parfait.

Cela sembla être tout à fait au goût de Ladybug. Elle se posa avec légèreté et jeta un regard empreint de curiosité par la porte-fenêtre qui donnait accès à la pièce principale.

— Tu veux entrer une minute, lui proposa Adrien sans réfléchir.

— Je… merci, mais je vais bientôt me détransformer alors…

À ce moment, le sifflement caractéristique de la transformation imminente retentit. Ladybug leva sur Adrien un regard affolé. Instinctivement, il ferma les yeux et se retourna. Il l'entendit ravaler son air, derrière lui.

— Pas de panique, dit-il doucement. Tu vas entrer chez moi et te cacher derrière la porte du couloir à droite.

Il perçut le bruit de ses pas sur le dallage du balcon, puis sur le parquet. Enfin, la fermeture d'une porte. Les yeux toujours clos, il avança jusqu'au seuil du salon et cria :

— Frappe deux coups si je peux entrer et ouvrir les yeux.

Deux tapotements lui répondirent.

— D'accord, j'entre.

Il n'aurait pas déplu à Adrien de savoir qui se cachait dans le costume de Ladybug. Mais il était tellement conditionné à cacher son identité depuis quatre ans, qu'il avait agi par réflexe pour préserver celle de sa partenaire.

— L'interrupteur pour la lumière est à gauche de la porte, l'informa-t-il en s'avançant dans la pièce. Tape un coup si tout va bien, deux si tu as besoin de quelque chose.

Un coup.

— Génial. Au bout du couloir, il y a la salle de bains et les toilettes. N'hésite pas à les utiliser si besoin.

Un coup

Elle devait être en train de nourrir son kwami. D'ailleurs… Il écarta le pan de sa chemise pour libérer Plagg. De la main, il lui fit signe d'aller se cacher. Le petit génie aux oreilles de chat ne se fit pas prier. Il fila dans son panier, en haut de la bibliothèque du salon.

Adrien mourait de soif après ce dur combat. Il se dirigea vers le coin cuisine où se trouvait le réfrigérateur. Il prit deux canettes de soda.

Quelques minutes plus tard, la porte de communication s'ouvrit et Ladybug entra timidement dans le salon.

— Viens, assieds-toi, l'invita Adrien qui s'était installé à la table du coin repas. Tu as bien mérité de te reposer cinq minutes.

Elle hésita puis s'assit en face de lui.

— Je… Merci d'avoir… répondit-elle d'une petite voix.

— C'est normal, c'est pour me ramener que tu t'es mise dans le pétrin. Tu veux boire quelque chose ? proposa-t-il en montrant la seconde canette.

— Eh bien… oui, ce n'est pas de refus, accepta-t-elle en la prenant et en tirant sur l'opercule. Ça a été intense, aujourd'hui.

— Oui, j'ai vu, répondit-il d'un ton convaincu.

— Ah bon ? s'étonna-t-elle.

— Euh, hem, du toit où j'étais, j'avais une bonne vue sur ton combat et celui de Chat Noir, se rattrapa-t-il.

— Ah, c'est vrai, tu étais tout à côté. J'espère que tu n'as pas eu trop peur.

— Avec toi comme défenseuse ? Je me sentais en sécurité.

Elle sembla rosir sous le compliment puis se concentra sur sa canette dont elle but quelques gorgées avec avidité.

— Merci, j'en avais bien besoin, dit-elle.

Adrien voulait bien le croire. Il avait déjà englouti les trois quarts de sa boisson.

— J'aurais dû te proposer un verre, réalisa-t-il avec retard. Désolé, je n'ai pas trop l'habitude de recevoir.

Elle but quelques goulées de plus et sourit :

— Ne t'en fais pas. J'avais tellement soif que je n'aurais sans doute pas pris le temps de l'utiliser. Tu as l'air bien installé, ici. Pourquoi tu n'invites pas tes amis ?

— Si, si, je les invite, mais on ne fait pas trop de chichis. On se connaît depuis le collège et… Désolé, je te raconte ma vie, ce n'est pas très intéressant.

— Mais, si, ça m'intéresse, affirma-t-elle en rougissant sous son masque. Pourquoi cela ne m'intéresserait pas ?

— Eh bien... je suis un inconnu pour toi.

— Ah oui… enfin non. J'ai une vie aussi, et il faudrait que je vive dans une grotte pour ne pas connaître Adrien Agreste, tu ne crois pas ? Et puis, on s'est déjà rencontrés… même si je suppose que ce ne sont pas de bons souvenirs pour toi.

— C'est vrai que tu m'as déjà sauvé plusieurs fois, se souvint-il. Je ne sais pas si je t'ai remercié.

— Oh, ce n'est rien, c'est mon travail.

— Travail qui s'ajoute à ta vraie vie. Ce n'est pas… lourd à gérer, parfois ? interrogea-t-il, curieux d'entendre comment sa partenaire parlait de sa double vie.

— Si, bien entendu. Enfin, je ne me plains pas. J'adore être Ladybug. Et puis maintenant, j'ai davantage de liberté, enfin je veux dire…

— Je suppose que tu as grandi et on te demande moins de comptes ? formula-t-il.

— Oui, c'est exactement ça, confirma-t-elle.

Adrien pensait que Ladybug avait à peu près son âge. À cause de l'apparence qu'elle avait prise quatre ans auparavant, mais aussi parce qu'elle avait semblé avoir passé des examens importants au moment où lui-même passait le bac. C'est lui qui l'avait informé de ses épreuves à venir, craignant de se retrouver coincé durant une attaque. Elle avait semblé inquiète et il en avait conclu qu'elle n'était pas certaine de pouvoir se libérer de son côté. Heureusement, rien ne s'était passé durant les écrits. Mais elle était arrivée très en retard quelques semaines plus tard, alors qu'ils étaient dans la période des oraux. Heureusement, il n'avait pas été convoqué à cette heure-là et avait pu mener le combat seul avant son arrivée tardive.

Elle regarda autour d'elle et remarqua :

— Toi aussi tu profites de ta nouvelle liberté. Ça doit être compliqué, parfois, d'être tout le temps reconnu dans la rue.

— Je ne peux pas en vouloir à mes fans, mais… oui, des fois je préférerais être un parfait inconnu. Mais ça va mieux depuis que j'ai arrêté de travailler pour les agences et que je ne fais plus que quelques photos pour mon père.

— Tu peux te consacrer à tes études, je suppose. Tu étudies quoi ?

— La physique. Je ne suis pas certain de ce que je désire faire plus tard. Je pourrais faire de la recherche ou enseigner. Je peux aussi intégrer à terme une école d'ingénieurs. En attendant, j'aime ce que j'apprends durant mes cours.

— C'est le principal, approuva-t-elle.

— Et toi, tu fais quoi ? s'intéressa-t-il.

— Je fais des études artistiques, répondit-elle après une légère hésitation.

Adrien n'en revenait pas. Il avait posé la question parce qu'elle était logique dans leur conversation. Et il venait d'arracher un renseignement qu'elle n'aurait jamais donné à Chat Noir, au nom de leur anonymat. Il n'était pas certain qu'elle ait dit la vérité et avait noté l'imprécision de la réponse, mais elle avait répondu, c'était inespéré.

— Tu aimes ce que tu fais ? continua-t-il.

Son visage s'éclaira :

— Oh oui, j'adore. J'ai obtenu l'école que je souhaitais, je suis vraiment contente.

— Tant mieux, tu mérites d'avoir une belle vie, quand tu n'es pas en train de te battre pour nous.

Elle rougit encore. Mais qu'elle était mignonne quand elle perdait un peu de son assurance ! En tant que Chat Noir, il ne l'avait jamais vue comme ça. Heureusement, d'ailleurs, car il aurait eu du mal à ne pas craquer encore plus qu'il ne le faisait déjà. Sauf que là, il était en train de craquer encore plus qu'il ne le faisait déjà !

— Et toi, demanda-t-elle timidement. Tu aimes ta vie ?

— Oui, dans l'ensemble ça va. (Il voulut en livrer davantage, tout comme elle l'avait fait.) Je fais les études que j'ai souhaitées, j'ai des super-amis, j'ai l'occasion de pratiquer des activités que j'aime… je pense qu'il ne faut pas en demander davantage.

— C'est vrai. Il faut voir ce qu'on a déjà, même si parfois il reste des souhaits non exaucés, jugea-t-elle. Et que sont les activités que tu aimes ? s'enquit-elle en appuyant sa joue sur sa main, comme si elle avait l'intention de rester là un moment.

Lui aussi se mit à l'aise, en s'appuyant sur le dossier de sa chaise.

— Eh bien, je pratique l'escrime et le basket.

Évidemment, il ne pouvait pas lui révéler son rôle de Chat Noir.

— Et tu ne fais plus de piano ? (Elle rougit de nouveau – elle était tellement mignonne ! Elle balbutia :) Désolée, mais j'ai dû lire ça dans un magazine…

— Tu n'as pas à t'excuser si je rends ma vie publique, se dépêcha-t-il de dire pour qu'elle ne se sente pas gênée. Je faisais du piano avant, mais cela me prenait trop de temps et j'ai réussi à convaincre mon père d'arrêter les cours. De toute manière, maintenant que je suis ici, je n'ai plus la place d'avoir un instrument aussi gros.

Les négociations avec son père pour alléger son emploi du temps quand il avait abordé sa terminale avaient été serrées et pénibles. Mais il avait réussi à échapper au piano et au chinois. C'est son départ de la maison qui avait été le plus chaotique. Quand son père s'était rendu compte qu'il prévoyait depuis des mois de profiter de sa majorité pour déménager et avoir l'usage de ses salaires de mannequin bloqués sur son compte, il avait tout fait pour dissuader son fils de partir. Il avait usé de la menace, du chantage affectif, avait affirmé qu'Adrien allait gâcher sa vie… Il avait fallu toute la diplomatie de Nathalie pour que les deux hommes ne se fâchent pas définitivement. Finalement, Gabriel l'avait laissé partir et Adrien avait accepté de continuer à poser pour lui.

Adrien chassa ces mauvais souvenirs. Il demanda :

— Et toi, tu vis encore chez tes parents ou tu es indépendante ?

Il aurait bien aimé demander si elle vivait seule ou en couple, mais il n'avait pas osé le demander expressément.

— Je suis toujours chez mes parents. Mais j'ai la possibilité de sortir discrètement, donc ça ne me gêne pas.

A priori, elle n'était pas en couple. Il dut se retenir de sourire de contentement.

— T'as l'air de gérer, approuva-t-il.

— Après tout ce temps, faut bien. Je... je vais devoir y aller, je pense, dit-elle en finissant la canette. Merci beaucoup pour le sauvetage, j'ai été très impressionnée par tes réflexes. Et merci pour la boisson.

— C'est moi qui te remercie pour m'avoir ramené. C'était cool comme moyen de transport.

Elle lui sourit (il sentit son cœur chavirer) et se leva. Il en fit autant. Ils restèrent une seconde sans bouger, ne sachant comment prendre congé.

— Tu… n'hésites pas à revenir, finit-il par dire, prenant son courage à deux mains. J'ai adoré discuter avec toi.

— J'ai apprécié aussi, reconnut-elle, les joues toujours rosées.

Alors qu'elle se décidait visiblement à regret à se diriger vers le balcon, il lança :

— Après ton prochain combat… si tu veux venir boire quelque chose ici, tu es la bienvenue. Il y aura toujours une canette au frais pour toi.

Elle passa sur la terrasse et, tout en décrochant son yoyo de sa taille, elle se tourna vers lui :

— Et si tu n'es pas là ? s'enquit-elle.

— Tu as le droit de te servir et de repartir. Tant pis pour moi.

Elle se détourna et leva les yeux en l'air pour trouver un point d'amarrage.

— Et si tu es en galante compagnie ? questionna-t-elle sans le regarder.

— C'est que tu es déjà arrivée, répondit-il du tac au tac.

Il la vit sourire et, l'instant d'après, elle n'était plus là.


Voilà pour ce premier chapitre. Dites-moi ce que vous en avez pensé !