Chapitre 1 : L'armoire magique.


1 jour avant.


Ron Weasley faisait la moue. Il regardait tout autour de lui d'un air désespéré. Puis finalement, se retourna vers son meilleur ami. Celui-ci était affalé sur sa table, endormi comme un loir. Et au vue de ses tous petits ronflements inaudible, il devait bien dormir. Le roux scruta rapidement son professeur qui avait le nez plongé dans un livre. Severus Rogue c'était bien radouci depuis la fin de la guerre. Il semblait presque attendre quelque chose. Et ce qui autre fois l'énervait au plus haut point et le faisait sortir de ses gonds ne lui laissait maintenant qu'un sombre sourcil levé.

Parfois de temps en temps, on pouvait l'entendre hurler mais c'était rare… Aussi rare que les punitions s'étaient faîtes. Il fallait vraiment désobéir aux règlements pour en avoir. Malheureusement, elles étaient toujours aussi désagréables et ça Ron et Harry ne le savait que trop bien puisqu'ils s'amusaient à toujours désobéir aux règlements de l'école.

Cependant, ils ne pouvaient s'empêcher de penser… Mais qu'arrivait-il à leur professeur de potions préféré ? Comme voulaient-ils rire de lui si Severus Rogue ne se donnait même plus la peine de se tourner en ridicule. C'était presque devenu lassant. Ron plissa les yeux, espérant qu'il lève les siens de son foutu journal pour réveiller son meilleur ami. Il aurait tellement ri s'il se prenait une dernière punition avec Rogue. Il était sûr et certain qu'il s'enfuirait au bout de dix minutes. Cela aussi fut fait des dizaines de fois, ce qui en vrai n'avait fait qu'aggraver leur cas.

- Harry ! Chuchota-t-il de nouveau, aussi doucement qu'il le put.

Il attrapa un pan de sa robe et commença à le secouer comme un prunier.

- Harry ! Dit-il un poil plus fort en le secouant par le bras. Réveille-toi, bon sang ! Tu commences légèrement à me soûler.

Ron se tourna vers Hermione qui le regardait avec de gros yeux derrière son chaudron comme si c'était sa faute. Ron haussa les épaules sans comprendre. Agacé, il finit par prendre son énorme bouquin de potion et le leva à deux centimètres de la tête du brun. Puis il lâcha. Le grimoire fit un énorme bruit qui fit sursauter tout le monde, le professeur y comprit. Harry se releva subitement, la tête embrumée et Ron éclata de rire.

- Putain, tu verrais ta tête, continua-t-il de rire alors que tous le regardaient comme s'il était devenu complètement fou.

- Mr Weasley, fit le professeur en se levant. Puis-je savoir ce qu'il se passe pour que vous interveniez ainsi, dérangeant tout le monde en plein test ?

- Ah merde ! Parce que c'est un test !? S'exclama Ron, feintant la surprise. Ah mais oui, ça explique pourquoi vous ne nous avez toujours pas affublé de votre mauvaise rengaine dans des paroles assommantes.

Le professeur plissa les yeux et tout le monde retint leur souffle. Cela faisait tellement longtemps que Severus Rogue ne s'était pas énervé… Etait-il temps ? Harry bailla bruyamment, s'étira en se fichant des regards posés sur lui et se tourna vers son meilleur ami.

- Ron, t'es vraiment trop con ! J'étais en train un magnifique rêve en plus. Bizarre, mais magnifique. Avec des petits poneys, des dragons et des chevaliers. Franchement, c'est bien mieux d'être là-bas qu'ici !

- Messieurs, si nous vous dérangeons, dîtes le nous tout de suite.

Harry haussa un sourcil, un sourire malicieux sur ses lèvres.

- Vous nous dérangez. On peut s'en aller ?

- Eh ! Mais moi je ne veux pas m'en aller ! S'exclama Ron. Fais ton examen ! Ce n'est pas parce tu as décidé de ne plus continuer dans le monde sorcier que tu dois vraiment tout foutre en l'air. Désolé, professeur… Sinon, vous ne seriez pas comment faire la potion, justement ?

Tous riaient sous leur cape, les filles gloussèrent, Hermione avait levé les yeux aux ciels et c'était concentré sur sa potion, imperturbable.

- Messieurs Potter et Weasley, retenue, ce soir 21h.

- Mince, la dixième du mois. Soupira Ron, trop amusé pour s'arrêter là. Tu crois que l'on va y aller cette fois-ci, Harry ?

- Non, ça pour sûr !

- Si jamais, grogna le professeur en s'avançant, les dents serrées, vous n'êtes pas ce soir en retenue avec moi, demain je vous fais passer en conseil de discipline et vous verrez votre année se finir à une semaine des remises de diplôme en emportant seulement vos affaires et l'envie de pleurer. Et encore un seul écart de conduite tous les deux et je vous jure qu'au lieu de parader comme des coqs dans l'école, tous vos temps libre sera remplacé par un nettoyage de Poudlard.

Le silence survint après cela. Plus personne n'eut envie de rire, ils avaient de nouveau plongé leur nez dans leur potion, de peur d'être la cible du fléau qu'était le professeur Rogue quand enfin il déniait de nouveau parler. Harry et Ron se sourirent en même temps. L'envie était fortement tentante. Hermione les regarda, les yeux grands ouverts. Depuis le tout nouveau comportement des deux jeunes hommes, elles osaient à peine leur adresser la parole pendant les cours. Elle, son année, il tenait bien trop.

Harry se mordit la lèvre, pour ne pas rire et Ron avait la main devant la bouche pour cacher son sourire et hocher gravement la tête comme s'il était absorbé par ce que son professeur disait. Puis finalement, une main se leva, ni tremblante ni hésitante. Neville regarda Severus d'un sourire si pur, qu'il était hors de question pour le potionniste de voir la bêtise arriver.

- Et sinon professeur, pour la potion ?

Harry et Ron n'en purent plus et éclatèrent de rire.

- Sortez immédiatement, éructa l'homme. Tous les trois !

Neville se leva tranquillement. Il savait parfaitement qu'il n'arriverait jamais à cela, qu'importe chercherait-il à faire de son mieux, qu'il récolterait un T. Alors à quoi bon patienter dans la salle, quatre heures durant ? Il avait sauté sur l'occasion. Harry et Ron, sortit le plus sérieusement possibles. Mais juste avant qu'il ne puisse plus les voir, Harry se retourna et fit un clin d'œil au professeur.

- Vous jouez au dur professeur, mais je suis persuadé que nous allons vous manquer !

Il s'abstint de répondre et referma d'un geste de la main la porte qui claqua dans un bruit sourd. Harry, Ron et Neville se regardèrent tout sourire.

- Moi au tout cas, ça va grave me manquer de ne plus pouvoir me faire engueuler de la sorte. Rit Ron.

- Oui… murmura Neville soudainement pensif.

- Au fait, qu'est-ce qu'il t'a pris de t'endormir comme ça ?

Harry haussa les épaules en riant légèrement. Ron devint plus rouge que ses cheveux.

- Harry, t'es pas croyable. Je ne veux absolument pas voir son nom.

- Je ne comptais pas te le dire, de toute manière. Tout comme je ne compte pas le revoir.

- Harry… Merlin, où est donc passé mon meilleur ami !? Celui tout frêle et timide…

- Il est mort avec Voldemort, ricana Harry en frappant amicalement l'épaule du roux.

- Est-ce que ça va vous manquer ? Demanda subitement Neville.

- Quoi donc ? Dit Harry.

- Tout ça, je veux dire… Toutes ses aventures que vous avez vécu ensemble… ses escapades…

Harry et Ron se regardèrent surpris de la demande soudaine de leur ami.

- Eh bien… Moi… oui je pense, peut-être un peu. Fit Ron.

Harry hocha juste la tête et l'autre brun sourit.

- Alors, est-ce que ça vous dit de vivre une dernière aventure avec moi ? Ce sera juste pour une nuit. J'ai… découvert quelque chose… c'était incroyable. Mais je ne peux pas vous en parler ici. Ce soir, après les cours ? Disons vingt-trois heures ? Vous n'allez pas en croire vos yeux. Retrouvez moi dans le couloir est qui mène au dortoir des Serpentards. C'est d'accord ?

Il avait débité ces paroles en ayant un peu peur qu'ils refusent, mais Ron eut un petit sourire en coin et le prit par l'épaule.

- On sera là mon pote ! On ne risque pas de louper une nouvelle histoire à raconter à tous nos petits enfants ! Ah merde, c'est vrai que tu ne peux plus avoir d'enfants, Harry ! S'esclaffa-t-il.

- Continue comme ça et toi non plus mon cher Ron, tu n'auras plus d'enfants. Je suis passé maître dans l'art des coups de genoux bien placés.

- Tu ne ferais pas ça ? Fit le roux, outré en prenant Neville sous son bras. De toute façon, j'ai mon protecteur. Lui et ses plantes magiques vont te dézinguer.

- Allons, Ron, tu sais bien que mes plantes ne peuvent faire de mal. Elles guérissent des blessures, n'en provoquent pas.

- Et guérissent-elles des blessures du cœur ? Fit Ron dans un geste théâtrale. Parce que je dois dire que Rogue me l'a brisé en mille morceaux aujourd'hui.

Harry hocha négativement la tête. Que son ami pouvait être bête. Il regarda la porte de la salle de cours et son sourire s'attrista… A quel moment, Hermione et eux s'étaient autant éloignés ? Il ne savait guère. Peut-être depuis la rupture de Ron et elle. Ou avait-elle juste grandi trop vite pour eux… Il laissa là ses pensées et suivit les deux autres d'un pas lent vers le parc où ils iraient se caler pour mieux dormir le restant du cours.

Quand se fut l'heure du prochain, le jeune apprenti botaniste laissa les deux autres, sans avoir dit quoique ce soit pour ce soir, malgré les menaces de tortures de Ron. Le binôme se dirigea vers le dernier cours de l'année. Bientôt il n'aurait plus que des examens et enfin c'en était terminé les études. Cette année fut rude pour tout le monde sachant qu'ils avaient tous un an de plus à cause de la guerre. Harry et Ron s'étaient souvent plaint qu'ils auraient dû finir l'année dernière, Hermione n'était pas plus outrée que cela.

C'est pourquoi ils avaient commencé les conneries. Ils séchaient les cours, ils ne révisaient pas, ne faisaient pas leurs devoirs. Ils avaient, en outre, dépassé les bornes toute l'année scolaire. Malheureusement pour tous les professeurs, la directrice Minerva Mcgonagall les avait consciemment laissé faire, mettant tout cela sur le choc post-traumatique.

- Vivez la guerre telle qu'ils l'ont vécu, et je vous permettrais peut-être d'émettre un avis sur leur comportement, avait-elle dit sévèrement.

Ainsi, Harry et Ron ne s'en tirait à chaque fois qu'avec des punitions qu'ils faisaient une fois sur deux.

Harry avait décidé de finir son année avec ses amis mais ne souhaitait qu'une chose retourner dans le monde moldu. Surtout avec ce qui l'attendait dans son monde. Les journalistes, les interviews… Non, très peu pour lui. Après cette année de répit, il y avait pris goût. Et cette longue solitude avec Ron ne se terminerait pas dans les médias. Une fois dehors, il disparaîtrait. D'ailleurs, il avait déjà songé à partir avant mais Ron lui avait fait promettre de rester pour lui. Car ce dernier avait besoin de son diplôme. Enfin, seulement quelques matières puisqu'il avait décidé de devenir joueur de Quidditch professionnel.

Quand Ron et Harry tournèrent le dernier couloir, ils purent voir que les élèves étaient amassés devant l'entrée de la salle. Juste devant eux, Harry remarqua l'unique et sans égal Draco Malfoy et son meilleur ami Blaise Zabini. Harry se renfrogna immédiatement mais Ron lui pinça les bras en le regardant sévèrement. Oui, c'était vrai… Il ne devait absolument pas se battre avec Malfoy. Encore quelques jours et ça aussi c'était fini.

Le noir fut le premier des deux à les voir et poussa légèrement le blond qui se retourna. Quand il fut à leur hauteur, Malfoy hocha la tête.

-Potter.

- Tiens, salut Malfoy. Toujours aussi inexpressif ? Comme se porte ton père ? Ah mince c'est vrai que tu n'en as plus.

- Moi au moins, j'ai encore quelqu'un qui allait voir Potter, fit le blond avec un rictus. Toi-même ton parrain a cru bon de mourir parce qu'en voyant ce que tu es devenu, il a pris peur.

Ron et Zabini soupirèrent et se regardèrent. Mais jamais ils allaient s'arrêter ! Ils voulaient réellement exploser Poudlard ? Quoique, après tout… Ils finiraient avec une semaine de moins. Le noir lui fit un clin d'œil qu'il répondit par un sourire. Il s'avança vers lui mais se prit les pieds sur une chose invisible et se rattrapa sur le dos d'Harry. Celui-ci poussé fortement, se retrouva… dans les bras de Malfoy ! Geste purement instinctif, le blond l'avait rattrapé.

- Oh, désolé gros, je n'ai pas fait attention.

Mais il n'avait pas l'air désolé du tout. Au contraire il s'approcha de Zabini avec un air vainqueur. Malheureusement, ce n'eut pas du tout l'effet escompté puisque Malfoy repoussa brutalement le brun comme s'il l'avait électrocuté. Ce lissant sa robe d'un geste rapide, il le toisa un instant avant de siffler entre ses dents :

- Dis à ton handicapé d'ami d'aller s'acheter des pieds. Ah mais non, suis-je bête, il ne peut rien s'acheter tellement il est pauvre.

- De un, s'exclama Harry encore légèrement troublé par ce qui venait de se passer, tu n'as qu'à lui dire toi-même, à moins que tu n'aies besoin de lunettes tellement tu es aveugle. Et de deux, le seul pauvre ici, c'est toi… Pauvre imbécile, pauvre enfant gâté, ah non… pauvre orphelin…

Les deux derniers mots furent murmurés dans un souffle comme la pire des insultes et Harry sut immédiatement qu'il était allé trop loin. Malfoy serrait sa mâchoire si fort qu'il fut certain de l'entendre craquée. Ron et Zabini retinrent leur souffle alors qu'ils attendirent les représailles. Ils prièrent ensemble qu'ils ne se battent pas. Il fallait absolument qu'ils gardent leur calme. Le roux regarda autour de lui. Devait-il les prévenir ou pas ?

Mais finalement, avant qu'il ne puisse faire le moindre geste, le blond leva la main et gifla si fort le brun qu'il vit sa tête partir sur le côté. Ce dernier sut, à l'instant même où le blond reposa son bras le long de son corps, qu'il ne cherchait pas la bagarre. Non, sinon, il aurait utilisé ses poings, comme avant. Il sut aussi que Ron lui dirait qu'il l'avait mérité.

Enfin le blond s'approcha du brun, tellement que le trouble revint encore. Cependant il ne recula pas ne voulant pas montrer qu'il était faible devant lui. Il dut lever la tête. Quand est-ce que Malfoy avait eu une poussée de croissance comme cela ? Le brun se sentit plus que tendu. Il fit un effort surhumain pour rester calme. Comment Malfoy faisait-il pour garder aussi bien son calme ? Il ne devait pas craquer, sinon, ce serait de sa faute. Et il était certain que le blond le lui ferait bien remarqué. Comme à chaque fois que c'était de sa faute.

Alors il resta là, droit comme un « i », devant Malfoy qui n'était maintenant plus qu'à quelques centimètres de lui, et ses pensées divaguèrent sur d'autres choses. Des choses fermées à double tour derrière des portes. Des choses qu'il s'interdisait de voir. Et qui ne viendrait sans doute jamais. Quand sa voix s'éleva, l'obligeant à l'écouter, une autre porte se ferma, cadenassée. Personne ne saurait ce qu'elle possède, surtout Harry. Et c'est comme cela qu'il arriva à se contrôler.

- Parle encore une fois de mes parents, Potter… Et notre petite entente vole. Et je t'exploserais ton visage au passage même si pour cela on doit faire tout exploser.

Le brun se mordit la lèvre mais n'osa faire ni geste ni parole. Il l'avait mérité… et il n'était pas suicidaire non plus. Le Serpentard sachant qu'il avait gagné cette manche recula avec un sourire satisfait. Et tout reparti, du bruit des élèves à côtés à sa propre respiration. Mais c'est surtout son cerveau qui se remit à fonctionner normalement. Il pensa à la dernière fois où c'était de faute du blond alors il dit :

- Ce n'est pas comme si tu ne l'avais pas déjà fait.

- Va te faire foutre, Potter. Grinça-t-il en levant un regard ennuyé aux ciels.

- C'est une proposition, Malfoy ? Fit le brun, ironique.

- Ne prend pas tes rêves pour des réalités, Potter. Nous ne sommes pas tous des monstres de la nature comme toi !

- Euh… S'interposa Zabini qui voulait vraiment détendre l'atmosphère. Moi je le suis !

Il prit un air semi indigné qui fit rire Ron.

- Oui, c'est bien ce qu'on dit !

- Weasley, je ne te permets pas ! Va changer tes cheveux avant de critiquer les autres.

- Je sais que le roux est ta couleur préférée, serpent, tu ne gruge personne, répliqua le Griffondor en s'éloignant vers la salle.

- Bien sûr ! Autant que j'aime les filles.

Et Ron de rire. Malfoy regardait toujours Harry droit dans les yeux. Ils voulaient parler. Ils avaient besoin de se parler. Ils ne pouvaient plus se battre. Alors parler, c'était la seule chose qui leur restait. Et même si aucun des deux ne se l'avouera, et que chacun crierait sur tous les toits qu'il serait mieux sans l'autre, pas une journée ne s'était passé sans qu'ils ne s'étaient vu une à deux fois, parfois plus. Parce qu'ils en avaient besoin.

Ne sachant que dire, Harry murmura un « à plus tard » parce qu'il savait qu'ils finiraient par se voir plus tard. Ils ne disaient jamais au revoir. Il n'y avait plus d'au revoir, surtout depuis la première vague…

Ron regarda par-dessus les autres et remarqua que leur cours avait été annulé et remis à demain. Il se tourna vers Harry qui s'approchait avec ce même air perdu, comme après chaque altercation avec Malfoy. Alors il sourit et l'attrapa par le poignet et le tira derrière lui en courant. Harry poussa un cri de surprise avant de l'interpeller sans comprendre.

-Ron ?

Mais le roux ne lui répondit pas et raffermit sa prise. Il lui fit monter divers escaliers et courir à travers de nombreux couloirs. Enfin, ils arrivèrent sur le grand pont. Le brun retrouva quelques couleurs et finit par ne plus penser du tout à Malfoy. Il lui fit lâcher et regarder autour de lui si personne ne pouvait les voir. Sans qu'il n'ait besoin de se parler, le brun monta sur le rebord du pont. Le vide en bas ne lui faisait plus peur.

Au début, il avait commencé pour retrouver quelques minutes d'adrénaline, telle qu'elle les parcourrait quand ils étaient en pleine guerre. Mais maintenant, c'est avec assurance qu'ils grimpaient sans même penser une seule seconde aux kilomètres de descente et à la chute mortelle qu'ils feraient s'ils se rataient.

Harry escalada le muret puis enjamba le toit du pont. Accroupi, il s'avança jusqu'au mur de la tour et commença à monter. Enfin dans un saut périlleux, attrapa la corde qui pendait. Il posa ses pieds perpendiculaires et grimpa plus rapidement. Dans un dernier souffle d'effort, il arriva au sommet. Il se pencha et attrapa la main de son ami pour l'aider à monter.

- C'est bien plus simple depuis qu'on a mis la corde, s'esclaffa Ron en s'étirant.

- Oui, mais bien moins drôle !

Ils se regardèrent, ils avaient tous les deux les joues et les mains rougies par l'effort. Enfin, ils s'installèrent un peu plus loin sur la pointe de la tour, regardant Poudlard qui se dessinait devant eux comme un magnifique tableau. Ils avaient cette sensation que c'était peut-être la dernière fois qu'il pourrait faire ça. Ron sortit une bouteille de Bièreaubeurre et la lui tendit.

- Un dernier verre ?

- Ron… soupira le brun en prenant tout de même la bouteille dans la main. J'ai l'impression que tu penses que je vais totalement disparaître. Tu sais, je ne serais pas loin de toi.

- Non, non… seulement dans un autre monde, ricana le roux avec un peu de tristesse.

- N'importe quoi, murmura Harry en sortant son couteau.

Il ouvrit la bouteille d'un geste assuré et bu plusieurs gorgées. Ron lui prit le couteau des mains. C'était une magnifique dague dont la lame était légèrement courbée. Sa poignée était faîte en lanière de cuir d'où plusieurs runes étaient inscrites. Des dessins magnifiquement formés qui ne voulaient sûrement rien dire mais il les trouvait quand même beau. Ron se rappela du jour où Harry l'avait acheté. Il le lui avait déconseillé mais après tout… Harry Potter en faisait toujours qu'à sa tête.

- Tu le garde toujours sur toi ? Fit son ami en le lui rendant.

Harry le prit en hochant la tête. Il ne l'avait plus quitté depuis qu'il avait tué Voldemort. C'était sa façon à lui de lui rappeler qu'il était un assassin. Qu'il avait tué de sang-froid, peut-être l'homme le plus abject du monde, mais il avait tué quand même.

- Tu devrais franchement t'en débarrasser. Ça ne sert à rien de ressasser tout cela. Tu ne finiras que pire. Et je ne serais sans doute pas toujours là pour veiller sur toi. Il faut que tu passes à autre chose, Harry.

Mais le brun ne lui répondit pas et rangea sa dague sous sa robe. Il passa la bouteille à Ron et s'allongea confortablement sur les tuiles du toit, son sac en guise d'oreiller.

- Je crois que ça me manquer un peu…

- Tu as raison, moi aussi.

Le silence s'installa, coupé de temps en temps par le hurlement d'un loup ou le hululement d'une chouette ou d'un hibou. Harry et Ron descendirent la bouteille plus vite qu'il ne l'aurait voulu mais le roux en sortit une deuxième.

- Tu n'es pas au courant que l'alcool est interdit, rit Harry.

- Ah bon ? Mais depuis quand sommes-nous dans le droit chemin ?

- Je crois bien que nous ne l'avons jamais été. D'ailleurs, j'aimerais bien savoir dans quel genre d'aventure, Neville veut il nous embarquer.

- Nous verrons bien. J'espère franchement que c'est exceptionnel, histoire de finir l'année en beauté.

- Oh non !

- Quoi ? S'exclama Ron en haussant un sourcil.

- Ne me dit pas que tu n'as pas remarqué, toi ? Chaque fin d'année, ils nous aient arrivé un truc de dingue. Surtout à moi. Un combat avec Quirrel, la chambre des secrets, des détraqueurs et j'en passe et des meilleurs !

- Le tournoi des trois sorciers ! Rit Ron.

- Ombrage…

Ils se regardèrent et éclatèrent de rire.

- Ca aussi, ça va me manquer…

- Manquer de se faire tuer à chaque fois ? Se plaint Harry. Non merci.

Ils se racontèrent des blagues sur leur passé plusieurs minutes avant qu'Harry ne s'effondre la main sur le ventre, pleurant de rire après l'anecdote de Ron sur la cavalier lors de leur première année.

- A ce moment-là, rit Ron à s'en étouffer, je me demandais si je n'allais pas me pisser dessus. Et finalement, j'ai préféré m'évanouir. Bon, arrête de rire, j'avais onze ans, mince !

- Chaque fois… chaque fois, tu étais là pour moi Ron, reprit Harry, un peu plus sérieusement. Et tu ne sais pas combien je t'en remercie et je suis heureux de cela.

- Pas à chaque fois non, s'attrista le roux en se rappelant la seule fois où il les avait abandonnés.

- Tu n'étais pas toi-même, tu n'as pas à t'en vouloir.

Ron se rallongea et sourit regardant les nuages.

- Oui… tout ça va me manquer.

- J'ai déjà acheté mon appart, s'exclama Harry. J'avais oublié de te le dire. Si tu veux on peut passer les vacances là-bas… Surtout… Tu seras peut-être mieux que chez tes parents avec ta mère qui n'arrête pas de t'insulter.

- Oui, rit Ron. Elle ne conçoit pas que ça n'a pas pu marcher avec Hermione. Elle ne comprend pas que je ne la voie que comme ma meilleure amie, ma petite sœur. Je suis sûr que, secrètement, elle avait déjà tout prévu pour le mariage.

Harry rit.

- Eh ! Ne te moque pas ! Je te signale que ma mère t'en veut aussi tout particulièrement d'avoir lâché ma sœur quand tu as remarqué que tu préférais le service trois pièces.

- C'est pourquoi il vaut mieux qu'on aille se terrer chez moi.

- Ok, ça me va !

Un nouveau silence se fit avant que Ron se tendit légèrement.

- Harry… Tu sais à propos de Malfoy…

Mais un regard sombre l'arrêta.

- C'est un imbécile et notre « trêve » ne m'empêchera jamais de le lui faire rappeler. Je déteste devoir m'empêcher de le cogner comme avant. Je ne sais pas comme tu as fait pour y arriver si facilement.

- Blaise et moi avions marre d'être blessés à chaque fois, répondit Ron du tac-au-tac. Alors oui, j'apprécie maintenant ces Serpentard et je m'en accommode très bien. Pour Zabini, je crois que c'est pareil. Mais… Je sais que tu ne pourras jamais t'empêcher… de le haïr… Mais… Harry… Franchement… Ne crois-tu pas qu'il a déjà cher payé ces actions passées… Non ?

Le brun ne dit rien et finalement Ron rit.

- Et tu l'avais bien mérité, cette gifle.

- Oui, soupira-t-il. Oui, je l'avais bien mérité. Je m'excuserais quand je le verrais même si ça me déchire les lèvres.

Ron rit encore.

- J'ai hâte de voir ça.


4h avant.


Neville s'installa à côté du trio d'or. Harry était entre Hermione et Ron. Cela le peinait légèrement qu'il ne soit plus comme avant. Ça faisait maintenant six mois qu'ils étaient plus ensemble mais c'était souvent tendu. Enfin surtout du côté d'Hermione. Ron ne pouvait s'empêcher de la prendre dans ses bras quand elle était triste. Ni même de lui parler et de plaisanter. De faire l'idiot juste pour la revoir rire avec eux et cela marchait… parfois. Mais le froid restait malheureusement présent. Et Hermione s'était lentement éloignée d'eux. Même d'Harry quand il ne jouait pas à feu Hedwige entre les deux.

- Alors, chuchota Ron en le sortant de ses pensées.

- Shht… Pas ici, fit le brun en mangeant comme si de rien n'était.

Ron haussa un sourcil. Ils mangèrent tranquillement alors que Neville leur parla d'une plante qu'il avait découverte, et qui apparemment guérirait le poison mortel du Basilic. Ils écoutèrent d'une oreille les fascinations du brun pour ses plantes. Ils savaient pertinemment que Neville finirait chercheur, médecin, botaniste, ou encore jardinier, tant que c'est un rapport avec des plantes et des sorts de soin. Un vrai petit guérisseur. Ils s'amusaient souvent à l'appeler ainsi. Quand ils eurent fini de manger, le Griffondor leur chuchota tout bas pour être sûr qu'il n'y ait qu'eux qui l'entendent :

- N'oubliez pas, vingt-trois heures, couloir est des Serpentard. Vous ne le regretterez pas. Je vous attendrez autant de temps que je peux.

Les deux hochèrent. Harry avait vaguement entendu puisque juste à ce moment Malfoy passa devant eux. Leurs regards se croisèrent mais ne se retinrent pas. Harry se leva et s'excusa auprès des autres, leur disant de rentrer sans l'attendre. Il se dépêcha de sortir et rattrapa le blond.

- Malfoy !

Celui-ci se retourna et haussa un sourcil. Le cœur du brun eut un sursaut. Il resta à une distance sereine. Pourquoi c'était tellement dur de s'excuser avec lui ? Alors que d'autres ne lui auraient posé aucun problème.

- Ron voulait que je m'excuse, dit-il rapidement, alors voilà. Pardon et non, ça ne se reproduira plus. Enfin autant se faire que peut.

Alors qu'il se retournait pour partir, espérant qu'il ne donnerait pas suite à son geste, il l'entendit s'exclamer :

- Heureusement que son cerveau n'est pas aussi laid que son visage. Tu le remercieras de ma part, il est hors de question que je m'abaisse à le faire.

Harry l'étudia rapidement puis sourit en coin.

- Alors un Malfoy a assez de cœur pour dire merci ? Je croyais qu'ils étaient tous fait de pierre ou trop sombre pour que la lumière ne s'y reflète.

- Tu sais ce que c'est la lumière, n'est-ce pas, Potter ? Je me demande à quel moment, elle va te brûler. Si ce n'est tes parents, ton parrain ou même cet abruti de directeur… Dis-moi, Potter ? Que pourrait noircir ton précieux petit cœur lumineux ?

- Voir un idiot d'ancien ennemi prendre la tangente vers le mal après tout ce qu'il a fait pour nous.

Un sourire aux lèvres de lui avoir enfin fermé son clapet, Harry prit la direction de son dortoir. Il ne vit pas les yeux écarquillés du blond, ni la surprise sur son visage si bien maitrisé d'habitude. Il ne vit pas non plus le sourire sur les lèvres d'un certain noir, les bras croisés appuyé contre un mur et qui avait tout entendu.

- Un partout, la balle au centre, murmura-t-il en sortant de l'ombre pour aller retrouver son meilleur ami.


20 minutes avant.


Harry et Ron patientèrent jusqu'à l'heure dans la tour des Griffondor avant d'attraper leur sac où ils avaient au préalable mis la cape d'Harry, la carte du Maraudeur et quelques affaires. Juste au cas où, parce qu'après tout, il ne savait ce pas ce qui les attendait et cela fait bien longtemps qu'ils avaient appris à survivre seuls. Ron embarqua son ami avec un sourire.

- C'est l'heure !

L'excitation pouvait s'entendre dans sa voix. Neville n'avait pas intérêt de le décevoir. Harry se rendit vite compte qu'il voulait quelque chose de spectaculaire, lui aussi. Comme avait dit Ron, qu'il quitte cette école avec une dernière histoire à raconter. Non périlleuse si c'était possible. Il en avait eu pour toute leur vie ! Les deux amis s'éclipsèrent discrètement en dessous de la cape puis l'ôtèrent et dévalèrent les marches jusqu'à l'endroit du rendez-vous. Neville les attendait là-bas, comme promis. Il semblait surexcité.

- Vous êtes là ! C'est génial. Je suis sûr que vous n'allez pas en revenir !

- Ok, ok, ça suffit les secrets. Montre-nous. Fit Ron en essayant de se contenir.

- Hé ! S'exclama dans son dos la voix du Malfoy.

Les Griffondor soupirèrent en même temps.

- Alors ? Une dernière virée, les gars, ricana Zabini.

- Neville, soupira Harry. Tu n'es vraiment pas discret.

- Qu'est-ce que vous faîtes-là ?! S'exclama Neville, mécontent.

- Je suis préfet-en-chef. Je faisais juste mon tour avant de rentrer !

- C'est faux ! S'étonna Harry. Tu es autant en inégalité que nous, Malfoy. Le couvre-feu à sonner depuis deux heures déjà, tu aurais dû être rentré il y a une heure.

- Et comment tu sais ça, toi ? Fit le blond en serrant les dents.

Il se rapprocha dangereusement du brun. Trop proche d'Harry qui haussa les épaules en se tournant vers Neville.

- Je le sais, c'est tout. Ce n'est pas bien d'écouter aux portes Malfoy. Bon Neville, montre-nous. Si ces satanés serpents veulent nous suivre et se faire autant punir que nous si nous faisons chopper, ils n'ont qu'à nous suivre.

Il avait dit ça dans l'espoir que leur scolarité primerait sur leur curiosité. Mais c'était sans compter sur Zabini qui rit et s'exclama :

- Moi, ça me tente. Tu viens, Draco ?

- Hm, acquiesça-t-il.

Harry fronça les sourcils mais suivi Neville qui soupira et s'exclama :

- Suivez-moi.

Il les fit parcourir quelques couloirs dans le silence avant d'arriver devant une salle. Neville se pencha et murmura un « Alohomora ».

- Tiens donc, siffla le Serpentard. La crevette sait donc se servir de ses pouvoirs.

- Bien sûr, Malfoy. Je sais juste les utiliser quand c'est important, et pas uniquement pour me la péter comme toi.

Après un silence surpris par la réplique de leur si gentil et timide Griffondor, Harry et Ron éclatèrent de rire, alors que Blaise pouffa dans sa main.

- Alors Malfoy, tu perds devant Neville ?

- Par Merlin, mais qu'est-il arrivé à Draco Malfoy ?

Sans attendre la réponse qui ne viendrait sûrement pas puisque le blond était encore trop bouche bée pour parler, ils entrèrent dans la salle. Ron et Harry jetèrent rapidement un coup d'œil tout autour d'eux. Il n'y avait rien. Rien à part un immense meuble caché derrière un drap poussiéreux qui semblait avoir été bougé il n'y a pas longtemps.

- Alors ? demandèrent-ils en même temps.

Neville referma rapidement la porte derrière Malfoy et s'enquit de les rejoindre. Il attrapa le rideau de tissu et tira dessus d'un coup sec, dévoilant derrière une armoire taillée dans le bois. Cette sculpture les impressionna légèrement, trouvant le détail bien fait. Chaque dessin avait été fait d'une telle précision. Il pouvait alors voir une épée, une couronne, une bataille, un loup et d'autres dessins çà et là, semblant complètement désordonné. Pourtant le rendu était infiniment beau.

Et quand ils eurent terminé de regarder l'armoire, Ron s'avança et toucha la porte avant de faire le tour.

- Quoi, il y a quelque chose derrière l'armoire ? Soupira le roux de plus en plus déçu.

Il passa une tête mais ne vit rien d'autre que le bois de la planche et le mur de la pièce.

- Mieux, dit le brun, c'est dans l'armoire ! Allez-y ! Ouvrez, vous verrez !

Harry s'approcha et l'ouvrit tout doucement provoquant un cri strident des gonds, qui n'avaient pas dû être huilé depuis bien longtemps. Il se demanda même comme l'armoire pouvait encore tenir debout. Il ne put s'empêcher de remarquer des traces de doigts sur la poignée, prouvant que Neville l'avait déjà ouverte. Mais l'espoir s'éteint quand il ne vit à l'intérieur que de vieux manteaux rabougris et miteux.

- C'est dit, votre ami le cracmol est complètement fou. S'exclama Zabini.

- Je dois dire qu'il n'a pas tort, émit Ron en faisant la moue.

- Neville…

Harry se désola pour son ami.

- Il n'y a rien dans cette armoire.

- Quoi ? Mais… bégaya-t-il en regardant l'intérieur. Si…

Il rentra dedans et eut l'air de pousser le fond, comme s'il cherchait une ouverture. Malfoy et Zabini commença à rire de lui alors il rougit et s'exclama :

- Si ! Je vous jure qu'il y avait…

- Eh ! Il y a quelqu'un !

Tous se retournèrent brusquement vers la porte. La voix venait du couloir, mais ils n'étaient pas certain qu'il avait déjà repéré où ils étaient.

- Merde ! Chuchota Ron C'est Rogue ! Harry, on est foutu ! Il ne faut pas qu'il nous voit !

Harry analysa avec rapidité la situation. Il ne pourrait tous les cacher sous la cape d'invisibilité. Il fixa l'armoire gigantesque. Oui, elle était assez grande pour tous les cacher.

- Vite, murmura-t-il. Dans l'armoire !

- J'espère que tu plaisantes, Potter ?

- Tu vois une autre solution ? Tu veux te faire virer à cinq jours de la fin ? Parce que je te rappelle que si Rogue te voit avec nous, je suis sûr qu'il ne fera aucune distinction.

- Bien sûr que si… C'est mon parrain !

- Pas le temps de discuter !

Harry n'avait pas peur pour Malfoy. Il ne voulait juste pas qu'il les dénonce, ou pire, les couvre ce qui lui donnerait un avantage contre lui. Et il était hors de question qu'il ait une quelconque dette à payer à cette saleté de Serpentard. Neville fut le premier à s'engouffrer dedans puis Zabini et Ron. Enfin Harry attrapa le poignet de Malfoy, le força à y entrer et le suivit.

- Harry ! S'écria Ron. Quelque chose me tire !

Il voulut lui demander de se taire mais c'était trop tard. Rogue l'avait entendu. Mais soudain ce ne fut plus le cadet de ses soucis.

- Bordel, moi aussi ! Hurla Zabini.

Harry sentit la chose qui les aspirait prendre Malfoy. Et au lieu de le lâcher, il tira de son côté aussi fort qu'il put. Il vit dans ses yeux ce qu'il avait vu il y a longtemps. Ce qu'il avait toujours redouté de voir à nouveau. De la peur.

- Vous ! Rugit Rogue juste derrière lui. Que faîtes-vous encore ! Je vous avais prévenu que…

Il se stoppa quand il vit l'étrange scène d'un filleul dont il ne restait plus que la moitié du corps, aspiré par une armoire et Harry Potter qui tentait de ressortir de celle-ci en ne voulant le lâcher. Le professeur les rejoint en deux pas rapides espérant les sauver. Il attrapa le col du brun mais la force supérieure tira d'un coup et les trois derniers furent engloutis laissant la pièce vide, redevenue totalement calme. Un coup de vent ne venant de nulle part ferma lentement la porte de l'armoire, à nouveau dans un grincement strident.