Chapitre 5 : L'entraînement.


6ème jour.


Harry, Ron et Blaise étaient présents, aux côtés des autres chevaliers, discutant de çà et là quand Arthur arriva avec Merlin de quelques pas derrière lui, la tête basse et les joues rouges. Arthur remarqua que Ron portait à sa main un arc et dans son dos, un carquois pleins de flèches. Yvain lui demanda de le suivre avant que le prince ne les ait rejoints. Harry sourit au blond.

- Ron a déjà testé une épée et il a dit que ce fut une très mauvaise expérience. Je peux le comprendre puisque j'étais avec lui lors de sa première fois. Il a préféré suivre l'entrainement à l'arc.

- Quand à moi, Lancelot s'est engagé à m'apprendre tous les rudiments de l'épée. Dit Blaise en lui montrant celle qu'il lui avait prêté.

- Et toi, Harry ? Demanda Arthur.

Le brun se mordit la lèvre.

- Je pensais juste regarder. Je ne suis pas vraiment attiré par tout cela.

- Et pourtant, tu n'avais pas l'air tellement effrayé par cet ours quand tu t'es jeté sur lui.

Harry sortit sa dague de sa poche et la fit tourner dans ses doigts.

- Je me sens juste plus à l'aise avec ce genre d'objet. Se crispa-t-il.

Il ne savait pas comment réagirait le roi. Il ne savait pas comment lui-même devait réagir. Comment cela se faisait qu'il avait autant pris goût à ce nom d'assassin qu'il s'était auto affublé. Comment cela se faisait qu'il n'avait qu'une envie, en apprendre tous les rudiments, alors qu'il ne voulait pratiquement plus faire de magie. Peut-être que Voldemort l'en avait complètement dégouté. Après tout, il n'avait pas arrêté de se battre contre un homme dont la puissance magique l'avait rendu fou. Il était compréhensible qu'il aspire à autre chose. Et puis, s'il devait sauver Arthur d'un quelconque danger sans magie, autant qu'il s'entraîne à faire quelque chose qui lui plaisait.

Arthur le regarda longuement avec un sourire puis il se tourna vers son serviteur et soupira, levant les yeux aux ciels. Il attrapa sa main et le tira vers lui.

- Merlin, veux-tu bien amener Harry chez Ferys, le forgeron. Je crois qu'il aura deux trois dagues bien meilleures que son petit couteau. Après quoi, vous reviendrez ici. Je suis sûr que Perceval peut te montrer quelques techniques peut-être peu conventionnelles.

- Eh ! Sir… Vous ne savez pas ce que peut l'on peut faire avec un si petit objet.

- Oui, oui. Bon allez-y.

Le blond serra la main de Merlin et celui-ci ne voulait pas croiser son regard. Il le lâcha et les deux partirent pour la forge. Arthur se retourna enfin sur le dernier et s'exclama :

- Bien, on dirait qu'il ne reste plus que toi.

- Je m'en charge, Sir ! S'exclama Lancelot avec vigueur. Vous devez savoir combien j'aime m'occuper des petits nouveaux !

- Très bien... Que l'entrainement commence.

Chacun des chevaliers trouvèrent un partenaire et Blaise s'enquit de tenir son épée de manière correcte et de suivre Lancelot. Arthur tout en combattant assidument gardé un œil sur le noir. Il ne voulait pas non plus que son nouveau petit protégé se fasse mal. Mais Lancelot s'en occupa excellemment bien, en lui apprenant tout d'abord les gardes et les postures correctes. A part quelques bleus sur les fesses et sur le dos, ainsi qu'une transpiration abondante, il ne fut pas plus blessé que ça quand ils commencèrent le vrai combat. Lancelot, lui, riait de bon cœur n'ayant pas été touché une seule fois. Mais le noir n'en démordait pas, continuant d'attaquer, de parer ou de contourner au rythme des gestes et mots du chevalier.

Harry revint quelques instants plus tard, plus qu'équipé, mais Arthur ne fut pas surpris. Son forgeron se complaisait dans la mode de la guerre plus que dans la fabrication d'outils. Il se donnait le nom du tailleur de trésor. C'est pourquoi son père possédait son propre forgeron et espérait qu'un jour, Arthur virerait cet homme. Mais ce dernier ne risquait pas de le faire sachant que non seulement c'était un excellent artisan mais en plus il exaspérait son père.

Harry et Perceval s'éloignèrent à leur tour et le roi leva la main pour stopper son combat.

- Continue à t'entraîner, je reviens.

Du coin de l'œil, il vit Merlin aller s'asseoir près d'eux, sur l'un des nombreux bancs du terrain. Un peu plus loin, Blaise prenait une pause, buvant goulument avec toujours Lancelot près de lui, le fou rire ne le quittant plus. Il se dirigea vers les différentes cibles où Ron tendait son arc, flèche encochée. Il visa, retint sa respiration et lâcha. La flèche tapa à quelques centimètres de la cible. Le roux fronça les sourcils et recommença.

- Tu n'es pas assez tendu. Je te l'ai dit, c'est tout ton corps qui doit se tendre. Un peu comme si l'arc, c'était toi. Fit calmement Yvain. Allez, reprends.

Le chevalier se plaça derrière le roux et lui fit relever le coude et baisser la main. Il appuya sur son ventre et Ron se coupa le souffle, visa, et tira. La flèche tomba sur la cible. Pas en son centre, mais c'était déjà un grand début. Cela le fit sourire et il s'exclama d'un grand « ouais ». Il encocha et recommença. Arthur le regarda faire les bras croisés pendant plusieurs minutes. Il sourit, le roux s'améliorait comme s'il avait fait cela toute sa vie.

Quand le prince revint au centre du terrain, Draco avait rejoint Merlin, et il ne put s'empêcher de remarquer, tout en discutant avec son serviteur, qu'il avait les yeux fixés sur Harry. Etait-ce le lien de haine qui régissait entre eux et les empêchait d'être bien longtemps loin l'un de l'autre ? Il aurait voulu en savoir plus. Depuis qu'il voyait tout autour de lui toute cette magie qui n'avait absolument rien avoir avec de la magie noire (au contraire, elle était bénéfique), il était avide d'apprendre. Il se dit que ce serait un bon moyen pour obliger Merlin à lui parler sans gêne. Il n'avait rien vu d'autre sur son visage que de la joie et du bonheur quand il parlait de magie.

Il voulait revoir ce visage.


6ème jour.


- Neville, vient voir ici, je crois que j'ai trouvé ce que tu cherchais. Cette plante est une Nyiphilalis. C'est une plante curative qui ressemble beaucoup aux effets de celle que tu utilisais.

Il lui tendit un pot où plusieurs fleurs avaient éclos. Elles étaient magnifiques, d'un violet pâle et ses feuilles immenses.

- Oui, c'est elle. Ses propriétés sont gigantesques. A notre époque, elle est en voie de disparition, c'est pourquoi je la cultive dans ma serre et en prends grandement soin. Mais c'est dur puisqu'une fois qu'elle pousse, seulement deux graines fertiles naissent tous les ans.

- Et bien ici, elle pousse un peu partout près des grottes. Tu pourrais aller en chercher quelques-unes, si tu le souhaites. Et voici le meilleur livre que je connaisse sur les sorts de soin, puisque tu sembles adorer cela.

Neville prit le grimoire tout souriant.

-Oh, merci ! Merci ! Vous êtes génial.

Severus le regarda, de plus en plus surpris et murmura :

- Vous possédez réellement une serre, monsieur Londubat ?

Le Griffondor le regarda puis baissa la tête comme pris en faute. Puis il sourit et posa un doigt sur ses lèvres.

- Oui, mais c'est une secret.

Puis le jeune élève se posa sur la table, prêt à potasser tout cela. Severus regarda Gaius devant son chaudron et s'avança vers lui.

- S'il vous plaît, laissez-moi faire. Je suis sûr que je peux vous apportez mon aide, cela ne doit pas être très compliqué.

Le vieil homme hésita un peu mais Neville s'empressa d'ajouter, sans même lever les yeux de son livre qu'il dévorait rapidement :

- Faîtes-lui confiance, Gaius. C'est le meilleur potionniste de notre monde, enfin, époque.

Severus se tourna vers lui alors que sa poitrine se resserra. Comment se faisait-il qu'un seul de ses compliments lui faisait autant d'effet alors que par ailleurs, il aurait juste reniflé pour dire merci. Il se mordit la lèvre et retourna près de Gaius. Il ne devait absolument pas penser ce qu'il venait de penser. C'était malsain. Non seulement parce qu'il était mineur mais en plus parce que c'était un de ses élèves. Mais le professeur ne pouvait passer outre ses images qui lui montraient au combien Neville avait bien grandi. Combien il était… vraiment surprenant, de jour en jour… Ce qu'il apprenait sur lui… Jamais il ne se serait douté une seule seconde… Il n'avait même jamais pris le temps d'y penser. Et maintenant, il se refusait de le faire.

- Bon très bien. Vous voyez ces ingrédients ? Une fois que l'eau sera chaude…

Severus se concentra et les regarda tour à tour. Oui, il les connaissait. Ils n'avaient peut-être pas la même forme dans leur époque mais il voyait tout à fait quel genre de potion, le vieux docteur semblait vouloir préparer.

- Vous faites du Véritasérum ?

- Pardon, qu'est-ce ?

- Un sérum de vérité. N'est-ce pas ?

- Oui… Vous êtes vraiment incroyable.

- Attendez, il vous manque quelque chose. Auriez-vous une racine de… Non, cela ne sert à rien que je vous le demande, cela ne s'appellerait sûrement pas comme ça. Mais je sais où en trouver. Laissez-moi faire.

Gaius éteignit le feu en attendant que le professeur revienne et s'assit au côté de Neville.

- Cet homme est vraiment très compétant, et il semble très attaché à chacun de vous… Surtout à toi.

- Hm, rougit Neville. Oui, c'est que... Ce que nous avons vécu nous a tous plus ou moins révélé tels que nous sommes réellement. Et puis, nous sommes ces élèves alors, il se doit de veiller sur nous, même si cela ne lui plaît pas.

- Quel âge avez-vous ?

- Nous avons tous dix-neuf ou vingt ans. Je crois que le plus vieux, c'est Malfoy… Je veux dire, Draco. Et pour le professeur… Je n'en sais rien… Dans la quarantaine je crois.

- Ah bon ? Je l'aurais cru plus jeune.

- Oui, murmura Neville en se raclant la gorge, de plus en plus gêné. Euh… Dans notre époque, la moyenne d'âge de mort est beaucoup plus élevée, c'est pourquoi nous paraissons plus jeunes. Enfin… Je pense.

- C'est bon, s'exclama Severus en revenant. J'ai ce qu'il faut.

Et sans plus ni moins il se mit au travail. Gaius se releva, prit son sac et ses fioles.

- Il faut que j'aille faire mon tour. Surtout, ne faîtes rien exploser en mon absence. Je vous confie mon atelier.

Severus hocha sans retourner alors que Neville lui fit un petit signe de la main. Se retrouver ici, seul avec son professeur n'était pas vraiment à son aise mais il ne fit aucun commentaire. Il regarda Ciel qui dormait à ses côtés, lové contre ses jambes avant de se remettre au travail. Il eut du mal à se concentrer au premier abord, jetant de léger coup d'œil à Severus. Il le détailla, ayant troqué sa robe et sa cape noire pour un t-shirt rouge, un bas de tissus bleu et comme chaussures, de petites sandales marrons. Il se dit que cela lui allait plutôt bien. C'était la première fois qu'il le voyait en habit aussi simple. Ses cheveux dénués de toute graisse et tirés en arrière retombaient avec légèreté sur ses yeux et il devait les passer derrière son oreille. Ce geste complètement anodin donnait quelques frissons au brun.

Quand enfin il décida de se concentrer, Neville fut absorbé par la quantité astronomique d'informations que ce livre pouvait lui apporter. Autre entre, il apprit plus de sorts de soin que Poudlard pouvait lui donner ainsi que toutes les plantes et leurs effets. Soudain, il sursauta. En levant les yeux, il remarqua que Severus s'était assis en face de lui, les bras croisés et les yeux fixant la fenêtre.

- Professeur… ?

- Appelle-moi Severus. Dit-il doucement en ne bougeant pas d'un iota. Nous ne sommes pas à Poudlard et nous ne savons combien de temps nous allons rester ici alors... Nous devons commencer à travailler ensemble. Et Merlin nous le répètes assez, nous devons nous tutoyer.

- Bien... Severus.

Le professeur se tourna enfin vers lui, puis sur son livre et sa petite feuille où il put voir diverses annotations.

- Pourquoi n'es-tu pas avec les autres ?

Neville haussa des épaules.

- Je sais que je ne suis pas un grand combattant. Je crois ne pas pouvoir servir à grand-chose, si nous devons nous battre sans magie. Alors, peut-être qu'à l'instar de tous, je serais bien mieux pour soigner leurs blessures. Et puis... J'aime ça. Et vous ? Je veux dire… Toi… Si je peux me permettre, tu es un homme formidable au combat, non ?

Severus le regarda fixement et Neville, se rendant compte de son compliment, rougit légèrement.

- J'en ai assez de la guerre, finit par dire le professeur d'un air sombre. J'ai donné tellement d'année à cette fichue guerre, autant dans le bon, que dans le mauvais côté. Je ne compte pas participer à celle-ci. Je vais rester sur la touche, cette-fois. Et je serais là pour toi et les potions dont tu auras besoin. Si ça ne te dérange pas, je resterais à tes côtés.

Neville hocha la tête. Il pouvait tout à fait le comprendre. Il avait bien plus qu'eux tous vécus dans l'horreur de la guerre. Puis il baissa les yeux en lui murmurant qu'il serait ravi de partager cette aventure avec lui. Et pour la première fois depuis nombres d'années qu'ils se connaissaient, son professeur lui sourit. Un vrai sourire. Un franc et sincère. Ils furent d'un commun accord, sans même parler plus. A partir de maintenant, ils resteraient ensembles, et ce jusqu'à la fin de cette drôle d'aventure.

Severus regarda son sablier et se leva pour aller remuer sa potion.

- Excuse-moi de te demander ça, pro… Severus. Mais, tu… n'as pas l'impression que… la chose qui nous a emmenés ici ne nous a pas choisis au hasard. Comme si c'était écrit…

La gêne commençait à partir, c'était de plus en plus facile de lui parler.

- Je pense que c'est la plus plausible des hypothèses au contraire. Le fait qu'un seul d'entre nous ait quelque chose à faire ici-bas, ne conclue pas forcément que nous autres ne devons pas être là pour l'aider à accomplir sa mission. Il est vrai que si nous savions qu'elle est cette mission, cela aurait été plus facile. Mais je ne sais pourquoi, je crois bien que c'est en rapport avec Arthur et Merlin…

- Ah bon ? Comment ça ?

- Eh bien, j'ai quelques doutes mais… Je pense bien que nous sommes là pour les protéger et aider Arthur à devenir un grand roi après son père. Déjà que notre arrivée semble avoir fait avancer les choses.

Neville sourit.

- Alors ne faillions pas. Sous aucun prétexte.

- En effet…


6ème jour.


Devant la porte, Uther Pendragon adossé et les bras croisés, avait plus ou moins entendu les dernières phrases. Il était venu pour voir Gaius mais était tombé par curiosité sur cette conversation. Et ce qu'il entendit le laissa perplexe. Alors, ces inconnus que personne ne connaissait étaient venus à Camelot uniquement dans le but de protéger son fils et son serviteur. Il resta tout de même mitigé. Après ce qu'il avait entendu, il venait à vouloir donner sa confiance à ces individus.

Mais sa nature méfiante était bien trop présente et il se promit de faire tout de même attention. Pour l'instant, il laisserait faire les choses et viendrait à voir comment cela se passerait. Sur cette note à lui-même, il s'en alla.


6ème jour.


Draco en avait eu assez de Neville et Severus. Son parrain avait sans cesse des grognements et des regards suspects sur le jeune Griffondor. Il avait pris sous son bras les trois grimoires qui lui restaient et s'était enfui. Mais arrivé dehors, il n'avait su où aller pour se poser tranquillement. Finalement, il avait vu de loin Potter et Merlin se diriger vers le terrain d'entraînement. La curiosité le piqua quand il remarqua l'accoutrement de sa Némésis. Il avait maintenant une ceinture pleine de couteau sous une veste en cuir noire.

Une de ses bottes semblait plus grosse que l'autre et il était certain d'avoir vu d'autres couteaux sous ses aisselles, attachés par différentes sangles. Mais qu'est-ce qui lui prenait ? Quelle était donc encore que cette lubie ? Il voulait réellement se faire tuer en devenant une espèce de chevalier de l'ombre, un ninja ? Il finit par suivre les deux discrètement avant de rejoindre Merlin dans les gradins.

- Que se passe-t-il ?

- Il semblerait que chacun ait trouvé ce qu'il leur plaisait le plus et où leurs qualités serait mises à profit. Ron est derrière, en train d'apprendre à manier un arc en présence d'Yvain. Blaise, comme tu le vois, s'entraîne durement à l'épée avec Lancelot et Harry est allé rejoindre Perceval. Il préférait les petites armes. Regarde, on peut les voir d'ici.

Draco regarda longuement Potter qui écoutait attentivement son mentor. Il ne put s'empêcher de détailler le chevalier. Beaucoup plus grand qui lui, des cheveux courts, une tête à faire tomber toutes les femmes du château. Et sans le vouloir vraiment, il eut une pointe de jalousie quand il le vit prendre Harry de dos et lui montrer une position. Après tout, avait-il besoin de le coller de la sorte ? Il hocha négativement la tête, s'enleva cela de ses pensées.

- Nous avons donc un archer, un épéiste et un assassin. Fit le blond en ouvrant un livre et s'installant confortablement sur le banc. Est-ce bien sage tout ça ?

- Pourquoi ?

- Que feront-ils de toutes ses choses une fois revenus dans notre monde ? C'est futile.

- Oui mais vous n'êtes pas dans votre monde. Alors pourquoi ne pas les laisser vivre comme ils le souhaitent ? Toi, par exemple, que souhaites-tu faire ?

- Moi ? Je suis né dans la magie, je mourrais dans la magie, s'exclama-t-il en montrant son livre. Et personne, même ici, ne m'empêchera de faire ce que bon me semble. J'agirais dans l'ombre bien sûr, mais toi plus que quiconque doit savoir ce que c'est.

- Oui, effet… Tant qu'Arthur ne réunifiera pas Albion, cela devra se passer ainsi.

Draco hocha et se remit tranquillement à sa lecture. Il jetait parfois un regard mauvais sur Perceval jusqu'à ce qu'il ne puisse plus et marmonna :

- Est-il obligé de le coller ainsi ? Il lui apprend à tuer, pas à danser.

Merlin sourit malicieusement.

- Ne serais-tu pas mieux à ses côtés ? Ne voudrais-tu pas prendre la place de Perceval ?

- Qu'est-ce que tu racontes ? C'est n'importe quoi, s'exclama-t-il se mordant le fond des joues. Saurais-tu où je pourrais m'entraîner sans être vu, par hasard ? Demanda-t-il pour changer de conversation.

- Oui... Veux-tu que je te montre ?

- Non, demain... Je vais juste me contenter d'apprendre aujourd'hui. Il y a tellement de choses que je ne sais pas.

Merlin regarda son livre et sourit pour l'avoir déjà lu un nombre considérable de fois.

- J'en ai un que Gaius m'a donné. Je te le passerais dès que nous serons seuls. Il est très instructif.

- Merci, fit Draco, surpris de lui-même.

Mais il n'avait plus à laisser paraître sa froideur auprès de Merlin. Il savait qu'il pouvait lui faire entièrement confiance et surtout, il se sentait tellement bien en sa présence. Sauf quand, comme en ce moment, il lui parlait d'Harry.

- Dis… pour votre lien… avec Harry, penses-tu que ce soit une bonne idée que de vouloir le détruire ?

- Bien sûr que c'est une bonne idée. Potter et moi nous nous détestons. Imagines-toi enchaîné à Arthur pour le reste de ta vie, physiquement et sentimentalement. Imagines-toi ressentir la moindre de ses douleurs et comprendre quand il va mal. Et chaque fois que tu te mettras en colère contre lui et que vous vous disputerez, vous déclencherez une telle détonation qu'elle pourrait tuer vos amis. Et puis, quand cela aura empiré, à un tel point... vous vous direz que vous ne devriez plus vous voir, vous ne pourrez plus vous approcher... Plus vous toucher...

Merlin le regarda silencieusement en se rendant compte que c'était bien de la tristesse qu'il pouvait entendre dans sa voix. Il sourit tendrement en murmurant.

- C'est vrai que de ce point de vue-là, c'est horrible... A moins que vous ne décidiez de changer.

- De changer ? Demanda Draco en redescendant de son petit nuage. Comment ?

- L'un pour l'autre. Non ? Murez cette haine qui vous tenaille, et faîtes quelque chose pour vous entendre. Apprenez à vous connaître... Afin de vous apprécier.

- C'est impossible, murmura Draco. Nous avons essayé... Mais chaque fois, la colère revient, les mots dérapent... et nous nous haïssons un peu plus.

- L'un de vous devra faire le premier pas. Un geste, un mot, une conversation, n'importe quoi tant que vous arriviez à vous tenir dans la même pièce sans que le ton ne se lève. Et quand cela sera fait, il faut que l'autre engage à son tour et ainsi de suite. Ce n'est qu'ainsi que vous deviendrez ami, je suis sûr.

Draco ouvrit la bouche mais la referma bien vite. Oui, Potter avait fait le premier pas hier et Draco ne l'avait presque pas repoussé. Peut-être devait-il faire de même. Il ne dit pas plus et Merlin comprit son silence et le respecta. Il regarda encore Arthur qui se tourna vers lui et lui sourit. Il bloqua juste à temps une épée de son bouclier et repartit à l'assaut. Merlin ne put s'empêcher de rougir. Il ne faisait que ça depuis les écuries… Arthur ne savait pas combien c'était dur de rester loin de lui. Mais il le fallait. Car si jamais cela venait à se savoir, il ne savait quelles retombées lui arriveraient sur le coin de la bouche.

Et ça il ne pouvait se le permettre. Non, il ne pouvait pas nuire à Arthur, et ce n'était pas lui rendre service que de vivre l'aventure à ses côtés. Il était certain que ce n'était qu'un hobby et qu'il finirait par lui passer, le temps qu'Uther lui trouve une énième femme à marier et que celle-ci fusse la bonne. Mais en attendant, ce serait dur de lui dire non. Mais il ne devait faillir.


6ème jour.


Harry sentit un regard lourd sur lui et il ne put s'empêcher de se retourner pour voir Draco, dans les gradins aux côtés de Merlin. Il le fixait sûrement sans en avoir conscience car il n'avait pas détourné le regard. C'était étrange mais il se sentit soudainement triste et une boule dans sa gorge se forma. Leur lien était-il en train de s'aggraver ? Et… pourquoi Malfoy était-il triste ?

- Harry… est-ce que ça va ?

- Quoi ? Oui, oui, ça va. Reprenons.

- Bien, il semblerait que tu t'y connaisses pas mal, alors nous pourrions peut-être engager le combat.

Harry écarquilla les yeux.

- Un combat ?

- Bien sûr, ne crois-tu pas que la situation se présentera un jour où l'autre ? Nous devons nous parer à toutes éventualités. Allez, je te montre la garde.

Il sortit rapidement son couteau et se pencha en avant la paume de sa main vide devant lui. La lame de la dague était tournée vers lui.

- Le couteau dans cette position afin que la lame puisse toucher n'importe quoi à n'importe quel moment. Ta main sert non seulement à contrer leurs mouvements mais aussi à faire diversion afin qu'il ne voit pas où ta dague pourrait s'avancer. Tes pieds bien écartés et tout se passera bien. Attaque-moi.

Après plusieurs prises qu'il lui montra comment contrer ou répliquer, le brun calcula bien vite un angle d'attaque. Il contra sa dague se tourna sur la gauche, attrapa son bras dont le couteau s'approchait dangereusement de son visage et plaqua le sien sur son flanc.

- Tu as perdu, fit le chevalier. Dans un vrai combat, ma force t'aurait empêché de me contrer.

Harry sourit et tapota le couteau sur la partie non protégé de son plastron.

- On dit que la force est divisée par quatre voire réduite à néant après une douleur vive.

Perceval le regarda puis ils se relâchèrent en éclatant de rire.

- Tu es peut-être petit mais tu sais y faire, dis-moi. Je n'ai jamais vu quelqu'un apprendre aussi vite. Peut-être as-tu du sang d'assassin dans tes veines. Cela ne m'étonnerait guère vu ta façon de te déplacer sur les murs et dans les arbres.

- Non, c'est juste l'entraînement. Ron et moi avions l'habitude de grimper en haut des tours quand nous avions envie d'être seuls. Au début, c'était dur mais maintenant nous sommes aussi agiles que des poissons dans l'eau.

- Je crois que j'aurais bien envie d'apprendre moi aussi.

- Nous t'emmènerons la prochaine fois si tu le désires.

- Vraiment, oui. Bien reprenons.

Après plusieurs heures, Harry se retrouva vite essoufflé et en sueur. Il avait ôté sa veste en cuir et se déplaçait de mieux en mieux. Ses gestes devinrent rapides et efficaces, mais il n'eut plus le dessus sur Perceval qui avait renforcé ses coups au fur et à mesure. A midi, Arthur sonna l'heure de la pause. Il retrouva alors Ron qui semblait avoir les épaules douloureuses. Il n'arrêtait pas de se contracter et décontracter. En plus de cela, il avait mal au ventre et était sûr d'avoir des bleus suite aux coups de plus en plus impatients d'Yvain. Blaise était dans un piteux état et Lancelot ne voulait se tarir de son rire face à sa situation. Ron s'approcha et se pencha sur lui ; il s'était affalé.

- Tu vas bien, demanda-t-il en lui tendant la main.

Blaise hocha et prit son bras. Il le tira non sans une grimace et le noir atterrit dans ses bras. Alors qu'il glissait, le roux l'enchaîna à lui d'une main forte dans le dos. Ainsi étroitement lié, il rougit légèrement et Blaise rit.

- Tu n'as pas avoir honte d'être attiré par moi, chéri.

- Je ne suis pas attiré par toi Blaise, chuchota le roux. Je te signale que nous faisons juste semblant pour pousser Harry dans les bras de Malfoy.

- Fais-toi une raison… quand tu seras dans mon lit, je doute que tu résisteras.

Le roux le relâcha en hochant négativement la tête. Il soupira et rejoint Harry.

- Allons manger, je meurs de faim.

- Quand est-ce que tu n'as pas faim, mon cher ami, s'exclama Harry en riant.

Ils se dirigèrent vers le château tranquillement.

- Quelque chose ne va pas avec Blaise ?

- Non, non… tout va bien. J'ai juste… du mal avec… tu sais mon changement soudain pour les mecs.

- Ah ça oui, rit le brun. Franchement, je n'aurais jamais cru cela de toi.

- Ce n'est pas les mecs. Je veux dire… On en a discuté hier… c'est juste Blaise.

- Oui… J'avais compris. Ne t'inquiètes pas, je crois bien être le dernier à te faire la leçon.

- Non, mais… tu aurais pu. Je veux dire… C'est Blaise Zabini quoi. Celui qui nous a pourris la vie pendant sept ans.

Harry haussa les épaules.

- Je te l'ai dit… Je suis le moins placé pour te dire quoi que ce soit.

Ron hocha la tête et sourit.

- Attendez, les arrêta Lancelot en courant vers eux. Nous allons tous manger à la table des chevaliers. Ça vous dirait de venir avec nous ?

Harry et Ron acquiescèrent. Le repas se fit dans la bonne ambiance. Blaise et Ron semblait s'être rabiboché, Lancelot taquinait le noir, Perceval faisait des éloges sur Harry et Yvain continuait de donner quelques conseils à Ron. Discrètement, Blaise posa sa main sur la jambe du Griffondor et ce dernier fronça les sourcils. Il attrapa sa main et la vira mais le noir ne fut pas de cet avis et recommença jusqu'à ce que le roux soupire et lâche l'affaire. Victorieux, Blaise se contenta de passer un pouce sur sa jambe.

Et Ron d'être troubler.

L'après-midi se passa comme le matin et quand ce fut l'heure de stopper, tout le petit monde s'enfuit pour un bain bien mérité. Harry soupira dans l'eau. Ses muscles durement mis à l'épreuve se détendirent. Il réchauffa l'eau encore une fois, comptant bien y rester encore quelques minutes mais ce fut sans Ron qui l'agita, passant une serviette sur la tête, une autre entourant sa taille.

- Allez, dépêches-toi, Harry. J'ai bien envie de tester cette petite bouteille que j'ai piquée dans les cuisines.

- Voleur, rit le brun.

Il se tourna brusquement en regardant le torse musclé de son ami.

- Tiens, t'es plutôt bien foutu. Je me demande pourquoi je ne me suis jamais intéressé à toi.

- Dis pas n'importe quoi, Harry, rit le roux en lui lançant la serviette à la figure, tu sais très bien que je suis au-dessus de tes moyens.

Le brun le suivit avant de sortir de l'eau et d'attacher la serviette autour de lui.

- Oh, j'ai promis à Perceval de l'emmener la prochaine fois que nous grimperons. Il veut apprendre.

- Ok, nous irons le chercher alors.

La porte s'ouvrit brusquement sur Blaise qui ne se priva pas de reluquer ouvertement le roux. Juste derrière, Malfoy les regardait avec cet air d'ennui mortel.

- Nous venons aussi.

- Hors de question, s'exclamèrent Harry et Draco en même temps.

Ils se fixèrent en chien de faïence et le brun ajouta :

- Tu fais ce qu'il te plaît, Blaise, mais lui ne vient pas.

- Ce n'est pas une requête, chantonna le noir en s'approchant et embrassant le roux.

Il posa ses mains sur son torse dénudé, profitant largement de ce moment avant de se retourner et de sortir.

-Dépêchez-vous, nous vous attendons dehors.

Ron haussa les yeux aux ciels et Harry prit l'air renfrogné.

- Quelle idée ai-je eu encore, murmura le roux à lui-même en se massant les tempes.

Après s'être habillé, Harry attrapa la poignée de porte mais Ron l'arrêta. Il lui montra la fenêtre avec un petit sourire malicieux.

- Mais, chuchota le brun, et Blaise ?

- Il s'en remettra ! Allez viens.

Tout sourire, Harry s'engouffra par la fenêtre à sa suite et ils descendirent furtivement l'endroit. Puis ils retournèrent au château où ils trouvèrent facilement Perceval et l'invitèrent à les suivre. Ce fut essoufflé et la peur au ventre que le chevalier arriva en haut de la tour de Camelot.

- Et… vous… faîtes ça tout le temps ?

- Oui, rit Harry. C'est comme un passe-temps. Et puis, ça forge les muscles et le caractère.

Ils s'installèrent et Ron sortit le vin. Discutant de tout et de rien, les minutes passèrent puis les heures. Et bientôt le silence se fit où ils apprécièrent juste le moment. Perceval les remercia de lui avoir fait découvrir un tout autre aspect de l'escalade mais Harry lui demanda d'attendre avant de les remercier ; il devait encore redescendre.

- Ah oui, j'avais oublié cet épisode. Se crispa-t-il en passant une main derrière la tête. Je suis tout de même heureux de vous avoir connu et je crois bien m'attrister quand vous partirez. Les heures étaient devenues longues et les murs semblaient si tristes depuis que Morgana est partie. Mais vous avez réussi à redonner sourire au château et cela en deux jours seulement.

- Qui est Morgana ? Demanda Ron.

- C'est la pupille du Roi. Enfin… C'était… Il s'est avéré qu'en vrai, elle est une sorcière et a juré de détruire la lignée de Pendragon afin que la magie prospère à nouveau dans le royaume. Elle est… le mal incarnée. Si jamais vous tombez sur elle, un jour, écoutez-moi et fuyez le plus loin possible. C'est un conseil d'une grande valeur… Ou vous ne finirez pas la minute qui suivra.

Les deux hochèrent gravement en se regardant.

- Il est vrai que le roi a tort, continua Perceval dont l'alcool déliait la langue, la magie ne devrait être punie de la sorte… Mais tout de même, en arrivé à un tel extrême. C'est stupide car elle ne fait que conforter Uther de son dégoût pour les sorciers. Ce n'était pas la meilleure solution et je crois bien qu'elle finira par en payer le prix. C'est dommage… Elle qui fut si douce autrefois.

Les deux visiteurs ne dirent rien, conscient que c'était la peine qui parlait à sa place. Perceval se rattrapa vivement et sourit un peu.

- Surtout, ne parlez pas à Arthur de cela, il ne le montre pas, mais cela lui pèse encore. Ni à Merlin. Ayez la gentillesse de préserver leur silence. Ils vous diront tout quand le moment viendra. J'en suis sûr.

Et ils promirent.


6ème jour.


Les jours qui suivirent furent à peu près semblables. Ron jouait son jeu à la perfection, Blaise ne jouait plus. Il souhaitait maintenant que cette fausse relation devienne vraie, et que Ron, dont les troubles qu'il ressentait ne lui passaient pas inaperçus, tombe sous son charme. Et surtout dans son lit. Mais c'était un véritable calvaire, sachant qu'à chaque fois qu'ils étaient seuls, il le repoussait durement. Ils prirent le temps de bien montrer qu'ils étaient ensembles pour qu'Harry et Draco ne se posent pas de question quand ils leur demanderaient de dormir ensembles.

Draco n'avait toujours pas fait le pas qui d'après Merlin les « guérirait » et chaque fois que l'occasion se présentait, l'un ou l'autre fuyait ou s'insultait copieusement. Mais bientôt, ce ne fut plus la colère qui commença à faire rage dans les pièces où ils se trouvaient mais aussi la tristesse quand ils étaient seuls. Ainsi, Harry avait fait léviter tous les meubles de sa chambre, dont Ron et son lit en pleine nuit et c'est ce dernier qui l'avait réveillé, apeuré. Draco avait fait tomber un arbre dans la forêt, ses tous nouveaux pouvoirs aggravant le phénomène. Et aucun d'entre eux n'en avait discuté et ne souhaitait le faire.

Merlin fuyait Arthur qui devenait oppressant. Il ne l'embrassait pas, mais ne pouvait s'empêcher de lui offrir des gestes qu'il n'aurait jamais faits auparavant. Lui tendre une fleur en lui disant : « pour toi ». Lui demander de manger à côté de lui tel son égal. Se déshabiller sournoisement devant lui. Et surtout, lui chuchoter à l'oreille qu'il rêverait de pouvoir l'étendre sur un lit afin de le dévorer tout entier. Merlin n'en pouvait plus et se demandait s'il n'allait pas finir par se laisser aller. Mais chaque fois qu'il le voulait, le visage d'Uther lui revint en mémoire et il se rétractait.

Non, il ne pouvait pas demander à son amour qui n'était plus trop un secret de choisir entre son père et lui.

Severus et Neville, à force de travailler ensembles, avaient commencé à nouer une complicité sans pareil. Sans qu'ils ne s'en rendent compte réellement ou qu'ils n'aient besoin de se le dire, ils commençaient toujours un travail à l'unisson et quand l'un allait quelque part, l'autre le suivait. Severus avait bien pu remarquer qu'il commençait à éprouver une certaine attirance pour son élève mais se voilait la face en se disant qu'ils exploraient juste les mêmes centres d'intérêts ce qui les rendaient aussi attaché à l'un l'autre. Neville, lui, ne se posa pas de question, comme à son habitude. Pas par naïveté, mais sachant que les choses deviendraient ce qu'elles devraient être et que cela ne servait à rien d'aller contre.

Uther semblait s'être replié mais ne voulait pas le dire face aux visiteurs. Quant aux chevaliers, ils les appréciaient de plus en plus. Que ce soit les entraînements, les parties de chasses ou bien les repas, c'était toujours dans la bonne humeur... Chacun des six visiteurs se perfectionnèrent dans la classe qu'ils avaient choisie. A un tel point et une telle rapidité qu'ils ne faisaient même plus attention à leurs nouvelles aptitudes. Comme s'il avait fait cela tout leur vie durant…


20ème jour.


Dans une chambre somptueuse et raffinée, éclairé de seulement quelques bougies, bien loin de là où se trouvaient nos chers visiteurs du futur, une jeune sorcière avec de longs cheveux noirs et des yeux d'un bleu étincelant se regardait dans son miroir. Elle était magnifique, pourtant transpirait la haine et la colère. On pouvait lire tellement de malheur sur son visage que c'en était insupportable. Elle était habillée d'une longue robe noire, couvrant un peu plus de ténèbres sa peau si blanche…

Elle plissa les yeux, pencha la tête et soudain son reflet se mit à onduler comme de l'eau avant qu'un autre visage que le sien apparut. Elle sourit hautainement à l'homme en face d'elle. Celui-ci courba la tête.

- Morgana.

- C'est l'heure. Es-tu prêt ? As-tu besoin d'autre chose ?

- Je suis prêt ma reine. Non, tout est en place.

- Bien. Il est temps pour Uther et Arthur de mourir. Va et ne me déçois pas.

- Qu'il soit fait selon vos désirs.

Quand l'image en face d'elle s'effaça, elle jubila, seule, un grand sourire aux lèvres. Cette fois-ci serait la bonne. Elle serait débarrassée des deux en même temps. Plus d'Uther, plus d'Arthur... Elle régnerait sur Albion, de force le fallait-il, et ramènerait la magie là où elle devait être.

Pris d'un grand fou rire diabolique, la jeune femme se laissa aller à ce qu'elle appelait le bonheur.