Chapitre 6 : Le poison.
34ème jour - Un mois et 4 jour.
Plus d'un mois s'était écoulé depuis l'arrivée des visiteurs du futur et les choses allaient et venaient sans qu'elles ne vaillent la peine de s'arrêter dessus. Cependant, la guerre avait été déclarée entre Harry et Draco suite aux nombreux incidents qui éclataient maintenant même quand ils n'étaient plus ensembles. La colère grondait. Draco poussait des grognements quand Harry revenait de la chasse avec plusieurs blessures et lui hurlait dessus, lui demandant de faire plus attention. Harry s'était plaint quand le blond s'était brûlé avec un de ses nouveaux sorts mal employé.
Quand la tension fut à son paroxysme, Blaise et Ron décidèrent de passer au niveau supérieur. Le soir venu, ils se présentèrent chacun devant leur meilleur ami, tous dans la chambre des Serpentard.
- Bon, je sais que ça ne va pas vous plaire, mais Blaise et moi avons décidé de dormir ensemble... Du coup…
- Attend, tu n'es pas sérieux ! Tu veux que nous fassions exploser le château ou quoi ?
- C'est pourquoi… le coupa Blaise. Il va falloir que vous discutiez et que vous vous entendiez à partir de maintenant.
- Quoi ? S'écria-t-il en même temps.
- Je refuse de dormir avec lui ! Fit Harry en se levant brusquement.
- Harry… Je t'en prie mon pote. Fais ça pour moi...
Le brun le regarda et se mordit la lèvre. Mais Draco secoua négativement la tête.
- Hors de question. Vous garderez vous ébats pour quand on sera rentré où vous allez dormir ailleurs mais je ne resterais pas une nuit entière avec Potter dans la chambre.
- Nous avons déjà eu beaucoup de chance d'avoir des chambres ici, alors s'il te plaît, Draco. Je suis ton meilleur ami et je ne t'ai jamais laissé tomber. Alors...
- J'en suis conscient, Blaise, mais tu ne sais pas ce que tu me demandes.
- Bordel, faîtes un effort, ce n'est pas la mort pourtant. Bref, dormez où il vous semblera le mieux, nous nous prenons ma chambre. Harry, je te donne un coup de main pour déménager ici.
Le brun serra la mâchoire mais hocha la tête. Il ferait n'importe quoi pour son ami, même si cela lui coûtait énormément. Le changement de chambre se fit rapidement et le brun et le blond n'osèrent piper mot. Il savait que c'était tendu. Harry se déshabilla rapidement et se mit tout de suite au lit. De l'autre côté de la pièce, Draco fit de même. Mais quoi qu'il fût ce soir-là, aucun des deux ne dormit correctement. Quand la lune fut très haute dans la nuit, Harry se retourna en même temps que Draco, et ils se regardèrent longuement.
- Tu ne dors pas ? Murmura Draco soudainement.
- Toi non plus. Fit Harry.
Le blond se mordit la lèvre. Il eut un brusque coup de chaud et son cœur s'emballa alors il dit la première chose qui lui traversa l'esprit.
-Tu es devenu un si bon assassin que j'ai peur que tu ne me tues pendant mon sommeil.
- Bien sûr... Provoquant ainsi ma propre mort. Tu gagnes en intelligence dis donc.
Draco se releva d'un coup mais ses yeux se posèrent sur la commode qui séparait leur lit. Elle s'était immédiatement mise à léviter de quelques centimètres. Il inspira profondément ne sachant pas que de son côté, Harry faisait de même, puis il se rallongea. Il pensa à Merlin et ses paroles qui ne l'avaient pas quitté un seul jour depuis. Mais de quoi pouvait-il bien parler ? Que dire pour apaiser la situation.
- Je... murmura-t-il alors qu'Harry rouvrit les yeux. J'ai fait le tour des livres de Gaius sans rien trouver, ni pour la mission, ni pour nous.
- Ah. D'accord...
- Et... Je sais que lire pour toi et difficile mais...
Il se mordit le fond de joue et ferma les yeux très forts, sa langue avait encore fourché.
- … je me demandais si tu souhaitais que demain... tu me rejoignes...
- Qu'est-ce que tu fais, Malfoy ? Fit Harry en fronçant les sourcils.
- Bordel, je t'invite à passer une partie de la journée avec moi.
- Et pourquoi ça ?
- Pour que nous apprenions à nous connaître, à nous apprécier et enfin devenir amis, bon dieu ! Sinon, nous allons finir par tout détruire. Il faut que cela cesse.
Harry se releva sur le coude, les yeux écarquillés et la bouche grande ouverte. Finalement, il réfléchit, se disant que ce n'était pas une si mauvaise idée. Sachant que de toute façon, il n'avait pas trop d'autre choix. Alors, il murmura :
- C'est d'accord. Faisons cela.
- Bien, fit froidement le blond en se retournant, coupant ainsi à toute autre discussion. Bonne nuit Potter.
- Bonne nuit... chuchota le brun en se rallongeant et faisant de même.
Mais aucun des deux ne s'endormit, appréhendant la journée du lendemain.
35ème jour - Un mois et 5 jour.
- Sir…Arthur… Il est temps de se lever…
- Encore une minute Merlin, murmura-t-il en se lovant dans ses draps.
Il eut soudain l'impression de déjà vue et se leva d'un bond pour constater l'heure qu'il était. Mais tout ce qu'il constata fut que les lèvres de Merlin étaient encore plus douces que la dernière fois qu'il y avait goûté. Son serviteur s'étant penché pour le secouer, il se cogna dessus. Aucun des deux ne fit un geste l'espace d'une milliseconde, puis Arthur profita du moment et prit le brun dans ses bras pour le coller à lui et ne lui laisser aucune chance de replis. Merlin poussa un petit cri sur ses lèvres avant de se les faire engloutir à nouveau.
Cette sensation les avait tant pourchassé qu'il fut tout deux complets l'espace d'un instant. Ils soupirèrent de bonheur en même temps, leur cœur battant à l'unisson et quand ils se détachèrent ce ne fut que pour mieux s'embrasser. Puis Merlin reprit ses esprits, repoussa Arthur une énième fois et se releva, totalement essoufflé.
- Merlin ! Si tu ne reviens pas immédiatement dans mes bras je vais commencer à m'énerver !
- Je… Je ne peux pas… Sir…
- Non ! Ça suffit.
Arthur se leva brusquement et l'attrapa par la taille. Il l'embrassa comme si sa vie en dépendait et Merlin ne put que l'accompagner, posant ses mains sur ses joues. Quand Arthur voulut faire de même il tomba sur une joue humide alors il ouvrit les yeux et se décala. Il écarquilla les yeux quand il remarqua que son serviteur pleurait.
- Je… ne peux pas vous aimer, Sir. Je mourrais si votre père venait à le découvrir et vous rejetez.
- Merlin…
Le brun l'embrassa une fois de plus avant de s'enfuir, les larmes débordantes. Arthur trouva froid le vide qu'il avait laissé dans ses bras. Puis il serra les poings et se mordit les lèvres. Si ce n'était que cela, il devrait le dire à son père. Oui, il le dirait à son père. Puis soudain l'idée le réchauffa considérablement. Merlin venait de lui dire qu'il l'aimait. C'est avec un doux sourire qu'il commença sa journée.
35ème jour - Un mois et 5 jour.
Blaise n'était pas content du tout. Ron n'avait pas voulu dormir avec lui malgré toutes ses protestations. Il lui avait pourtant clairement dit qu'à tout moment un des deux hommes auraient pu rentrer dans la chambre sans avertissements et les surprendre dans deux lits différents auraient paru suspects. Mais le roux n'avait pas cédé et personne n'était entré dans leur chambre.
Il entra dans l'atelier de Gaius où Neville et Severus discutaient tranquillement. Les deux comparses le regardèrent et Neville sourit.
- Encore une dispute ?
Blaise hocha la tête sans répondre. Il s'installa auprès d'eux, prêt à tout faire pour ne plus avoir à penser à ce fichu Griffondor qu'il commençait un peu trop à apprécier. Il était vrai que son petit jeu du : « Je me ferais un Griffondor hétéro. » avait bien mal tourné. Maintenant il était clairement sûr qu'il était lui-même tombé dans les griffes de ce satané homme. Et il ne pouvait que souffrir de l'état qu'il le laissait peu importe ce qu'il faisait. La colère, le désir… la tristesse… et bien d'autres sentiments qui le traversaient chaque fois qu'il était dans les parages.
- Comment puis-je vous aider ? Demanda-t-il précipitamment.
- Oh… C'est notre jour de pause.
Severus hocha la tête.
- Oui, Neville et moi comptions sortir et aller pique-niquer.
Blaise le regarda, les sourcils froncés parce que, sortant de la bouche de son ancien professeur, cela était extrêmement bizarre. Puis il haussa les épaules.
- Bon, très bien… Où est Draco ?
- Je ne sais pas, mais je crois bien l'avoir vu partir avec Harry il y a quelques minutes. Ils se dirigeaient vers la sortie. Et si tu veux mon avis, il ne faudrait pas les embêter.
- Pourquoi cela ?
- Parce qu'ils avaient l'air plus ou moins en bon terme, répondit Severus. Et comme ce n'est pas arrivé depuis… je dirais jamais, il faut leur laisser du temps.
- Oh, tout joue contre moi aujourd'hui. Bon, très bien, je vais aller voir Lancelot pour un entraînement défouloir.
Et c'est ainsi qu'il se retrouva devant les portes de la chambre d'Uther et Lancelot qui le regardait d'un air contrit.
- Je suis désolé, Blaise, mais je ne peux bouger de là tant que le roi n'est pas levé.
- Comment ça, il dort toujours ?
- Eh bien apparemment, fit Léon. On ne devrait pas trop lui en vouloir. De toutes mes gardes, je crois bien que c'est la première fois de sa vie qu'il fait la grâce matinée.
- Rien que pour ça, je ne rêve pas de devenir Roi ! Rit Lancelot.
- Bon, très bien… Je vais t'attendre alors.
Et le noir commença la conversation avec ces deux amis d'un bon train. Tant que cela pouvait l'empêcher de penser à Ron, c'était un double plaisir.
35ème jour - Un mois et 5 jour.
Draco posa une main sur l'arbre et fit :
- Viens voir, Harry.
Le brun se leva du sol où il s'était confortablement installé et posa le livre qu'il tenait.
- Qui a-t-il ?
- Viens simplement et tais-toi.
Harry se retint tout commentaire. Il devait faire l'effort. Depuis plus d'une heure, ils se parlaient en coupe-vent. Essayant plus ou moins d'avancer l'un vers l'autre même si c'était dur. Et chaque fois que l'envie leur prenait de retomber dans les mauvaises habitudes, ils avaient convenu de se mordre très fort la langue. C'est pourquoi, l'un comme l'autre pouvait ressentir la douleur de l'autre à la langue. S'ils avaient été amis, ils auraient pu en rire. Mais ce n'eut effet qu'un simple relèvement de sourcils pour l'un et un sourire désabusé pour l'autre.
Harry s'approcha, mais pas trop près, et le regarda faire.
- J'ai appris ça dans les livres... Je trouve ça... épatant. Viens.
Le blond se tourna vers lui et lui tendit la main. Le Griffondor hésita avant de la prendre. Draco le plaça devant lui et posa sa main sur l'arbre. En plus d'être totalement paniqué, Harry eut l'impression d'être oppressé par une force inconnue. Le torse de Draco se colla à son dos et son odeur… Elle était bien trop présente.
Et quand Draco posa sa main sur la sienne ce fut trop. Une décharge se forma autour d'eux et souleva des centaines de fleurs, rendant l'endroit encore plus magnifique mais passant inaperçu aux yeux des deux concernés.
- Fermes les yeux. Murmura le blond dans son oreille.
Il obéit sans vraiment comprendre pourquoi il le faisait puis quelque chose chauffa sa main. Et soudain il ressentit comme un bourdonnement, un bruit de tambour qui ressemblait à un battement de cœur. Cette sensation l'apaisa et il sourit, comme si un bonheur l'avait assailli brutalement, l'obligeant à se sentir… heureux.
Puis plus rien, le lien fut coupé, laissant Harry frustré, et il se rappela qu'il était toujours contre le magicien. Harry se décala et se retourna pour lui faire face. Draco avait aussi pris de la distance et regardait à terre comme pris en faute.
- J'ai pensé… que ce serait un bon commencement pour mieux nous entendre. Mais j'ai bien compris que même t'approcher de moi t'était impo…
- Non… Malfoy…
Harry inspira profondément et murmura :
- Draco… C'était bien… Étrange, cela va de soi… Mais pas… ça ne m'a pas dérangé… d'être proche de toi.
- Tu mens mal.
- Je fais un effort. Alors ferme-là.
Soudain, Draco regarda tout autour de lui et fronça les sourcils.
- C'est toi qui…
- Quoi ? Oh… Non, je… n'avais pas remarqué.
Les deux s'extasièrent devant les fleurs qui volaient tout entoure d'eux. Harry tendit la main et une fleur s'y déposa. Un grand sourire le prit et il la montra à Draco, Ce dernier écarquilla les yeux. Il l'avait déjà vu ce sourire, mais jamais pour lui… Jamais d'aussi proche. Il recula puis se retourna, pris son sac et murmura :
- Je crois que l'on a fait un grand pas en avant alors… on devrait… s'en tenir là, pour cette fois. Et rentrer, où nous manquerons le déjeuner.
- Oui… Tu as sans doute raison.
- J'ai toujours raison… Harry.
Puis le blond se mordit la langue et pour la première fois le brun rit de bon cœur.
35ème jour - Un mois et 5 jour.
Arthur faisait les cent pas dans le couloir. S'il tournait, il arriverait de la porte de la chambre de son père. On lui avait dit qu'il était toujours là-bas. Cependant, il pouvait toujours faire demi-tour. Mais ainsi, il finirait par perdre Merlin. Il ne savait pas si c'était le bon choix ou pas. Puis son cœur rappela à l'ordre sa raison et il tourna. Lancelot et Léon avait été relevé par Perceval et Yvain qui se regardaient, inquiets.
- Eh, les gars, mon père dort toujours.
- Apparemment, Sir. Nous sommes sûrs qu'il est dedans, nous avons jeté un coup d'œil pour voir. Mais il ne semble pas se réveiller. Peut-être est-il très fatigué ?
Arthur toqua à la porte du roi.
- Père, je rentre.
Quand il fut à l'intérieur, il alla directement près de son lit et posa une main sur son épaule.
- Père ? Il vous faut vous lever, père…
Le roi grogna légèrement et Arthur fronça les sourcils. Il posa sa main sur son front, le trouvant brûlant.
- Yvain, cria-t-il, va vite chercher Gaius ! Je crois que mon père est malade.
Il l'entendit partir en courant sans même lui répondre.
- Père, père, réveillez-vous je vous en prie.
- Ar… thur… chuchota le Roi, souffrant.
- Père…
Il cligna plusieurs fois des yeux avant de les ouvrir difficilement. Arthur lui sourit.
- Ne vous inquiétez pas, père. Tout va bien aller, Gaius arrive tantôt. Il vous rétablira en quelques minutes.
Le Roi hocha la tête et se rendormit. Arthur resta auprès de lui jusqu'à ce que Gaius arriva en courant avec derrière lui Neville et Severus. Il poussa légèrement Arthur et s'enquit autour de son Roi. Après plusieurs minutes, le médecin se retourna vers Severus et celui-ci vint l'accompagner. Ils émirent plusieurs hypothèses avant de dire à Arthur :
- Nous sommes désolés, nous ne savons pas de quel mal il est atteint mais… cela provient de la magie.
Arthur écarquilla les yeux et se retourna immédiatement vers le soigneur.
- S'il te plaît, Neville. Fait quelque chose. Je t'en prie.
Le brun hocha la tête et tous s'écartèrent. Il s'agenouilla devant le lit et prit la main d'Uther dans la sienne. Enfin il ferma les yeux et psalmodia une langue que seuls les sorciers présents comprirent. Merlin, Harry et Draco arrivèrent tout à coup, tout essoufflé.
- Que s'est-il passé ? Demanda Merlin en se rapprochant d'Arthur.
- Mon père est malade, murmura-t-il. Neville tente de le soigner. J'espère que cela fonctionnera !
- Cela va fonctionner, acquiesça Severus. Ayez confiance.
Arthur ne répondit pas, ne pouvant pas décaler ses yeux de la scène. Ce qui le vit alors le remplit d'effroi. Un liquide noir rampa dans les veines de son père, de la tête et des pieds jusqu'à sa main que Neville tenait puis se glissa entre eux deux pour entrer dans les veines du Griffondor.
- Non, hurla-t-il mais Severus le retint.
- Il a fait son choix.
Uther expira alors brutalement alors que Neville s'effondra à terre. Severus se pencha pour le prendre dans ses bras et passa un pouce sur sa joue pour essuyer une larme. Le liquide noir disparut, ne laissant que Neville, plus froid que jamais mais transpirant. Uther se releva brusquement, essoufflé et regarda toute la scène, les yeux grands ouverts.
- Que s'est-il passé ? Demanda-t-il en posa une main sur son front.
- Rallongez-vous, Sir… Se mêla Gaius avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit. Vous êtes encore souffrant, vous devrez rester au lit au moins tout le jour. Je vais vous faire apporter des calmants et somnifères.
Il se tourna vers Severus et d'un regard entendu, l'homme souleva Neville en faisant attention à ne lui faire aucun mal et suivit le vieil homme ainsi qu'Harry et Draco.
- Je vais rester avec eux, chuchota Merlin en quittant son prince.
- D'accord, murmura-t-il.
Le prince de nouveau seul avec son père prit une chaise et s'installa devant son lit. Il avait très peur pour Neville mais était aussi soulagé que son père n'ait rien. Il lui sourit doucement alors que le roi ne savait toujours pas ce qu'il se passait. Il jeta des regards inquiets autour de lui. Il se sentait très fatigué alors qu'il était sûr d'avoir dormi plus que de raison. Arthur lui demanda ce qu'il avait fait la veille et il s'empressa de répondre qu'il n'avait fait autre chose qu'à l'accoutumé. Cela fit réfléchir le prince.
- Nous avons donc un traire dans nos murs. Il est peut-être toujours ici, s'assurant que vous mourrez.
Le prince se leva et ordonna au garde de rechercher ladite personne qui avait attenté à la vie du roi. Enfin, il se rassit dans un soupir de lassitude. Il avait beau se retourner l'esprit, rien n'était arrivé de particulier ses derniers jours. Qui aurait pu ?
- Vas-tu me dire ce qu'il s'est passé ?
- Vous avez été atteint d'un sort ou d'un poison, nous n'en savons encore rien. A ma demande, Neville vous a guéri en prenant ce mal en lui. En ce moment il est dans l'état où vous étiez.
- C'est un sorcier ? S'exclama le roi en premier lieu.
Mais il eut très mal à la tête et se calma immédiatement. Arthur mit ses mains devant sa bouche, coudes posés sur ses jambes et fixa son père, triste. N'avait-il retenu que cela ? Comment pouvait-il condamné cet homme qui lui avait sauvé la vie juste parce qu'il avait des pouvoirs. Uther le détrompa quand quelques secondes plus tard il murmura :
- Pourquoi... Je les ai si mal traités...
- Et pourtant, il n'a pas hésité une seule seconde à vous sauver la vie, père…
- Qui… ?
Ils se regardèrent une seule seconde alors que, dans un commun accord, le nom du responsable sauta à leurs yeux. Ou plutôt de la responsable. Uther s'attrista à son tour et ferma les yeux.
- Je suis désolé, père. Tout est de ma faute… Je savais le danger qu'elle représentait pour vous mais je vous ai délaissé ces derniers temps, faisant de ma priorité ses voyageurs perdus.
Uther le regarda longuement mais avant qu'il ne puisse répondre, on frappa à la porte. Arthur lui dit d'entrer et Léon apparut, se courba et tendit les fioles au prince.
- Gaius m'envoie vous dire de prendre cette fiole tout de suite et celle-là quand le soir viendra.
- Merci Léon.
Il tendit la fiole à son père et celui-ci la pris sans hésiter. Les effets furent rapides à se sentir. Le mal se calma et la fatigue l'envahit.
- Dormez Père, murmura Arthur. Je vais veiller sur vous…
35ème jour - Un mois et 5 jour.
Severus était au chevet de Neville, sur le lit de Gaius. Tous étaient présents, le regardant se battre entre la vie et la mort. Ils avaient tout essayé pour le faire revenir mais rien ne fonctionnait. Neville était le seul qui aurait pu effectuer une telle prouesse. Ayant vu que le temps lui manquait, il avait préféré une méthode plus rapide pour sauver Uther. Et maintenant que devaient-ils faire ?
Draco avait exploré toutes les possibilités lues dans ses livres. Ne sachant pas quel était son mal, il ne pourrait pas le guérir. Puis soudain Merlin fit sursauter tout le monde en hurlant :
- Je sais ! Nous devons nous hâter, je sais de quel mal il retourne ! J'eus le même il y a plusieurs années. Lorsque Nimueh m'eut drogué ! J'avais les mêmes symptômes, rappelez-vous Gaius.
- Merlin, tu ne crois donc pas… C'est impossible.
- Bien sûr que si. Morgana savait que nous n'y penserions pas puisque cela n'a rien de magique.
- Mais si ce n'est cela, nous le tuerions.
- Il… il faut essayer ! Murmura Harry.
Severus allait se lever quand soudain la main de Neville l'attrapa par le poignet. L'ancien professeur se baissa immédiatement et plongea dans les yeux difficilement ouverts du soigneur.
- A… A… pathalosa… Apa… thalosa, Murmura-t-il avant de gémir de douleur.
- Apathalosa ? Répéta Severus plus fort pour que tout le monde entende. Qu'est-ce ?
- C'est une pierre, murmura Draco. Une pierre qui se trouve au-dessus des cavernes que forment les cascades. Mais oui, bien sûr, comment n'y ai-je pas pensé plus tôt !? Bien, Severus, reste ici et prépare un sérum de liquidité.
- Quoi ? Mais pourquoi ?
- Fais ce que je te dis, parrain, et aies confiance. Merlin, où se situe la cascade la plus proche ?
- Je vous y conduis ! S'exclama le sorcier.
- Harry, Ron… J'ai besoin de vos talents d'escaladeurs. Et Blaise, si nous venons à nous faire attaquer en chemin, tu es le bienvenu !
Les trois hochèrent et ils suivirent Merlin en courant vers les écuries. Blaise attrapa son épée et sauta sur son cheval. Ron prit son arc et fit de même. Puis ils partirent en trombe. Un peu plus haut dans le château, Arthur les regardait partir, une boule au ventre. Il aurait voulu les accompagner, qu'importe où ils se rendaient, car il était sûr que là où il allait, ils sauverait la vie de Neville. Il regarda son sorcier qui avait pris la tête du groupe et ses sourcils se froncèrent d'angoisse.
- Fais attention à toi… Merlin…
35ème jour - Un mois et 5 jour.
Le voyage prit plusieurs heures au grand galop. Le soleil allait presque se coucher quand ils arrivèrent à destination. Draco sauta de son cheval et regarda la cascade. Il courut juste en dessous d'elle, les pieds dans l'eau et posa sa main sur le mur.
- Oui ! Cria-t-il. Elles sont là ! Elles sont là.
Il fit alors demi-tour et mit les poings devant lui. Ses yeux gris prirent alors une couleur bleu flash et il tira magiquement le mur de la falaise. Il eut alors un craquement sourd comme dans un éboulement et les autres reculèrent aussi. Les pierres au-dessus de la caverne tombèrent alors, une à une et sous elle d'autres d'un violet pur apparurent. Excédé, Draco relâcha son sort et s'écria :
- C'est à vous les gars. On ne peut toucher à ses pierres avec de la magie.
Harry et Ron n'attendirent pas plus et ils sautèrent sous l'eau de la cascade. C'est trempé qu'ils commencèrent à escalader. Draco partit sous l'affluence de l'eau aussi et leur dit :
- Il en faut deux. Faîtes attention de ne pas les faire tomber.
- Pourquoi ? S'écria Harry en continuant sa montée.
- Parce que tout exploserait. Répondit Draco en mettant les mains devant sa bouche pour qu'ils puissent entendre.
- Très rassurant, murmura Ron.
Ils arrivèrent en haut et s'accroupirent dans la crevasse qu'avait laissé les pierres de la cascade. Harry sortit un couteau et le tendit à son meilleur ami. Ils creusèrent délicatement pour, tout doucement, retirer deux pierres de leur socle.
- Dépêchez-vous, entendirent-ils venant de la voix du blond.
- Facile à dire, s'énerva Harry.
Il essuya de grosses gouttes de son front et se surprit à voir qu'il s'agissait de sueur et non d'eau. Il se sentit étonnamment faible d'un coup et put voir que Ron n'était pas dans un meilleur état.
- L'Apathalosa aspire la magie. Ne restez pas là-haut plus longtemps, hurla à nouveau Draco.
- Tu aurais pu nous le dire avant, s'écria Ron en extirpant enfin la pierre de son socle. Dépêche-toi Harry.
- Redescend, dit-il en continuant sa besogne.
- Mais...
- Redescend, Ron ! Ordonna-t-il cette fois.
Le roux le regarda longuement avant d'hocher et d'obéir. Harry s'énerva sur la pierre encore plusieurs minutes, sentant ses forces s'amenuiser.
- Harry, laisse tomber et redescend, cria Draco avec plus que de l'inquiétude dans la voix.
Mais le brun continua de forcer.
- Harry je t'en prie. Murmura Draco.
A force, la pierre céda mais l'accoue provoqua le déséquilibre du brun qui glissa sur la paroi et tomba. Il se rattrapa juste à temps d'une main et expira brutalement, sentant son bras le brûler. Il releva la tête quand il entendit le tintement de la pierre qui tombait à l'endroit où il était il y a peu puis roula sur le rebord. Le brun la rattrapa juste avant qu'elle ne glisse. Il remit son couteau en place et la pierre dans sa poche.
Tout le long en bas, les autres le regardèrent, apeurés. Même quand Harry entama sa descente, ils restèrent en haleine. Et ce n'est que quand il posa les deux pieds au sol, ou plutôt qu'il s'effondra à terre, qu'ils se bougèrent. Draco prit le brun par dessous son bras alors que Blaise faisait de même pour Ron et ils regagnèrent les chevaux. Ils les firent grimper sur leurs montures. Mais avant qu'il s'en aille Draco se retourna vers la falaise.
Il utilisa le peu de force magique qu'il avait pour faire bouger les pierres. Merlin se mit à côté de lui et l'aida en soulevant avec lui. Quand ils eurent tout replacé le blond le regarda avec un sourire.
- Personne ne doit trouver ses pierres… Surtout pas des gens comme Uther…
Merlin hocha la tête, comprenant. Et enfin, ils purent repartir en priant arriver à temps.
35ème jour - Un mois et 5 jour.
Un assassin était entre les murs du château. Il marchait tranquillement dans les couloirs et personne n'aurait prévoir le but dans son périple. Ce qu'il voulait ? Uther bien sûr… Morgana lui avait dit qu'il aurait une grande récompense à son retour. Alors l'assassin n'avait pas cherché plus loin. D'autant plus qu'il haïssait Uther du plus profond de son être. Le sort n'avait pas fonctionné, cela n'était pas grave. Il le finirait de ses propres mains. Le seul problème qui n'en serait bientôt plus un était Arthur, encore au chevet de son père.
Et il ne pouvait plus reculer de toute façon… Uther ne s'y reprendrait pas deux fois. Il devait attaquer maintenant. Il arriva tranquillement aux cuisines et se chargea de prendre le plateau dédié à Arthur. Il glissa une seringue à l'intérieur de la pomme et l'empoisonna. Un simple sédatif que lui avait donné Morgana. Elle ne voulait pas qu'il meurt tout de suite… Elle voulait le voir souffrir d'abord… Que cela ne tienne, ça ne le dérangeait toujours pas. Parce qu'il n'y avait que lui qui l'intéressait. Et quand Uther serait mort… Le monde magique n'en vivra que mieux.
Personne n'avait besoin d'Uther.
35ème jour - Un mois et 5 jour.
Arthur regardait encore à la fenêtre priant pour que Merlin revienne en bonne santé. Puis il retourna s'asseoir à la table. Il regarda son plateau, toute faim l'ayant quitté. Il ne fit que prendre la pomme pour la manger et laissa le reste. Son père gémit et il se retourna pour le regarder se lever difficilement. Il avait des yeux cernés et la fatigue avait fait de son visage un vieil homme presqu'en fin de vie. Mais Arthur sourit. Non, son père vivrait… Et cela grâce à Neville.
- Il faut… que tu me promettes de me faire rappeler de remercier ce sorcier inconnu qui m'a sauvé la vie, murmura Uther comme s'il avait lu dans ses pensées. S'il survit bien sûr.
- Oh Père, ne vous inquiétez pas, c'était déjà prévu.
- J'ai… beaucoup réfléchi… Il n'a pas hésité une seconde à me sauver avec sa magie au péril de la sienne. Alors… Je me disais que… peut-être… la magie n'était pas si mauvaise que cela.
Le prince eut l'air surpris avant de sourire doucement.
- Non, elle ne l'est pas.
- Je comprends pourquoi tu ne m'as rien dit sur lui… Peut-être sur eux… J'aurais fait la plus grosse erreur de ma vie en les condamnant.
- Oui… Et vous seriez mort à l'heure qu'il est.
- Sûrement.
Le silence se fit alors qu'Uther se posait pas mal de question. Devait-il ou non redonner l'absolution à la magie. Après tout, l'une allait le tuer alors que l'autre l'avait sauvé. Que devait-il faire ?
- Père… Ce n'est peut-être pas le meilleur moment, mais… vu que vous n'êtes pas en état d'hausser le ton… Il faut que je vous dise… Père…
Arthur inspira et expira longuement, la peur lui tiraillant l'estomac. Il sentit comme une envie de dormir soudainement mais n'en prie pas conscience.
- Ne tourne pas autour du pot, mon fils. Tu sais que j'ai horreur de ça.
- J'aime Merlin, Père. Lâcha-t-il.
- Oui, je crois te l'avoir déjà entendu dire.
- Non, Père… Je veux dire… J'aime vraiment Merlin… J'aime Merlin. Comme…
Il ne put dire plus, se mordant la lèvre et attendant sa réaction. Uther ouvrit la bouche puis la referma. Il soupira et se recoucha dans le lit.
- Tu m'en demandes beaucoup, là, Arthur.
Le roi regarda son plafond pendant un long moment où il ne sut quoi dire. Il réfléchit, et réfléchit… ce qui parut des heures aux yeux d'Arthur. Puis il murmura :
- Grand bien te fasse…
Arthur prit cela comme une approbation, sûrement la seule qu'il aurait de lui alors il sourit et baissa les yeux avant de se retourner. Il pourrait être avec lui… Merlin. Il pourrait le lui dire enfin, qu'il l'aimait aussi et qu'il ne voudrait que lui à ses côtés.
Soudain, dans un grand boum, la porte s'ouvrit et un homme apparut, l'épée brandissant. Arthur se leva et sortit la sienne mais ses membres tout engourdit l'empêcha de se battre correctement.
- Père, hurla-t-il. Père ! Partez !
L'homme habile au maniement ne mit pas longtemps à le désarmer et Arthur tomba au sol. Il brandit son épée, oubliant sa quête première, prêt à en finir avec Arthur Pendragon quand une épée le para et Uther le poussa fortement. Peu rétabli, Uther vacilla, contra et attaqua. La lame s'enfonça pile poil dans son cœur, tuant l'homme sur le coup. Uther resta debout devant lui.
- Père, chuchota Arthur en le regardant vaciller encore.
Il tentant de se relever, encore sous les effets du sédatif, et regarda avec une expression figée d'horreur le roi se retourner lentement, une dague plantée dans son cœur. Ce dernier n'était pas le seul à avoir visé juste. Uther avança d'un pas avant de s'effondrer. Arthur le rattrapa avant qu'il ne touche le sol et le coucha sur ses jambes.
- Père, non… Père ! Pitié… Ne mourrez pas… J'ai encore besoin de vous… Père.
- Arthur… Ar… thur, s'étouffa le roi dans son propre sang. Ne… fais pas les… mêmes erreurs… que moi… Arthur…
Le blond sentit les larmes déborder de ses yeux. Il hurla alors que des chevaliers accourraient de toute part, mais bien trop tard. Il hurla quand le roi ferma les yeux. Il hurla quand celui-ci rendit son dernier souffle…
35ème jour - Un mois et 5 jour.
Severus regarda son chaudron. La potion était prête, Neville était prêt aussi. Où étaient ses fichus gamins. Il continuait de caresser docilement le front brûlant de son jeune élève. Les veines noires avaient lentement commencé à réapparaître. Il entendit soudainement un hurlement et regarda Gaius qui partit en courant. Lui, resta là, devant cet homme qui lui faisait tant d'effet. Il aurait voulu lui parler, lui dire ces choses qu'il trouvait malsaines. Et puis, il caressa à nouveau son visage, comment pourrait-on trouver malsain d'aimer cet homme au cœur si pur.
Il avait réussi à le toucher au plus profond de lui. A quémander son amitié, peu importe combien autrefois il lui faisait peur. Il avait réussi à voir et à faire sortir tout ce qu'il avait caché au fond de lui. Et ce dernier mois, à ces côtés, fut le plus beau de tous. Perdu dans ses réflexions, il ne vit pas les yeux de Neville s'ouvrir et le fixer avec un sourire. Il ne vit pas qu'il tenta de lui parler mais, trop faible pour cela le brun gémit de douleur. Et ce geste accentua le liquide noir dans ses veines, le faisant s'écouler plus vite.
Severus s'inquiéta quand il aperçut les traits monter jusque ses yeux. Il porta à nouveau un chiffon humide d'eau froide pour essayer de faire retomber sa température sur son front avant.
- Tiens le coup… Je t'en prie, chuchota Severus.
