Chapitre 7 : Le désespoir de Hunith.
35ème jour - Un mois et 5 jour.
Les chevaux galopaient à toute allure et même quand ils passèrent la lourde porte du château, ils ne ralentirent pas. Ils sautèrent de cheval à peine arrivé au pied du grand escalier de pierre. Draco récupéra les améthystes, conscient que cela l'affaiblissait mais il ne démordit pas. A peine arrivé dans le petit atelier de Gaius, il jeta les pierres dans la potion. Severus s'était immédiatement levé. Il regarda, surpris leur état de délabrement puis s'activa.
- Merlin ! Quelque chose est arrivée avec Arthur. Tu devrais aller voir.
L'enchanteur écarquilla les yeux puis se mordit la lèvre, hésitant.
- Vas ! L'engueula le professeur. Et ne t'inquiète pas pour Neville, il est fort. Il va s'en sortir.
Merlin hocha la tête et lui sourit légèrement. Il regarda une dernière fois l'homme allongé avant de s'éclipser en courant. Draco resta près de la potion et se mit à tourner avec la grosse louche. Harry s'approcha, légèrement inquiet. Le blond ne le vit pas, trop concentré sur ce qu'il faisait. Il regarda son profil, ses sourcils froncés, cette mèche qui durant le mois avait beaucoup poussé et qu'il n'avait coupé. Cette mèche collée de sueur qu'il replaçait souvent derrière son oreille d'un geste hypnotique. Il fixa ses yeux gris, dont la lueur du feu sous la potion rendait limpide comme du métal en fusion. Il n'arrivait plus à se décoller de son visage.
Draco finit de tourner et prit un verre. Il versa dedans le contenu.
- Severus, relève-le. Il doit boire.
- Il n'est pas conscient, fit Blaise, comment veux-tu... ?
- Laissez-moi faire. S'exclama Ron en prenant le verre des mains. Severus, ouvre sa bouche.
Ron s'assit sur le lit à côté du convalescent et prit une gorgée de la potion.
- N'avale surtout pas ! Ni ça, ni ta salive après. Lui cria Draco. Ça pourrait te tuer.
Le roux posa sa bouche sur celle de Neville et poussa le liquide à l'intérieur. De l'autre main, il lui boucha le nez pour éviter qu'il ne s'étouffe. Il recommença autant de fois qu'il dût pour vider le verre. De son côté, Draco avait préparé un verre d'eau et quand il eut terminé, il lui tendit pour qu'il se rince la bouche ce qu'il fit rapidement. Il se glissa alors au côté de Blaise et le sentit légèrement tendu. Alors il fit la chose la plus appropriée qui lui traversa. Il prit sa main dans la sienne. Le noir ne remarqua même pas son geste.
Tout le monde resta en suspend devant Neville que Severus avait reposé délicatement sur le lit. Il avait ressenti des picotements quand il avait vu Ron embrasser le jeune homme. Il savait pourtant qu'il n'avait fait que lui sauver la vie, et pourtant, il n'avait pu s'empêcher de se dire… Que cela aurait dû être lui. A quel moment ce sentiment de jalousie mordante vis à vis de Neville s'était insinué en lui de la sorte ? Il n'aurait su le dire.
- Combien de temps cela va-t-il prendre ?
Draco posa une main sur l'épaule de son parrain.
- Ça ne devrait plus tarder normalement. Aide-moi à le relever.
Il fit le tour du lit et à deux, ils l'assirent tête en avant. Ils restèrent plusieurs minutes ainsi, des minutes tellement longues que Severus crut un instant que ça n'avait pas marché. Jusqu'à ce que Neville eut un hoquet. Il se réveilla d'un coup, ouvrant grand les yeux et vomit dans le seau. Tous écarquillèrent les yeux quand ils remarquèrent que ce qu'il vomissait n'était pas de la bile mais un mélange d'eau et de liquide noir. Une à une, ses veines redevinrent normales alors qu'il continuait de vomir encore et encore. Tellement que cela commença à lui brûler entièrement la gorge et l'œsophage. Des larmes glissèrent sur ses joues, il n'en pouvait plus mais rien ne s'arrêtait. Severus passait une main sur son dos avec des paroles qui se voulaient réconfortantes.
Severus, tout en le tenant attrapa le tissu humide pour essayer de le refroidir. Finalement, les derniers jets furent tousser difficilement et bientôt ne resta que Neville, la bouche ouverte et du liquide bleu entre lui et le seau.
- Il faut qu'il reste ainsi encore un moment, mais normalement c'est terminé. Il est tiré d'affaire.
Harry soupira de soulagement alors que Blaise s'écria et sauta dans les bras de Ron. Ce dernier l'accueillit avec bonheur et le souleva de quelques centimètres du sol. Il posa alors ses lèvres sur les siennes de la façon la plus naturelle qu'il soit. Le noir fut totalement surpris mais apprécia tout de même.
Neville eut un petit sourire quand la douleur commença à passer.
- M..er…ci, dit-il tout doucement, la gorge encore faible.
Du coin de ses yeux à peine ouverts, il les regarda avec tout ce qu'il pouvait donner en remerciement.
- Tu as de la chance que j'ai lue l'histoire de l'Apothalosa la semaine dernière et qu'il y en avait sous cette falaise ! Et aussi d'avoir eu la force de nous le souffler. Parce que sinon, je n'y aurais jamais pensé ! Alors ne nous remercie pas, mais remercie-toi tout seul. Fit froidement Draco.
- Et… c'est la dernière fois que tu fais une chose pareil, gronda Severus.
Harry baissa la tête, en posant son index sur son nez.
- Ces Serpentard… Soupira-t-il.
35ème jour - Un mois et 5 jour.
Merlin courrait aussi vite qu'il le pouvait. Il n'avait pas demandé où il devait aller parce qu'il était facile de retrouver son chemin. Les gens affluaient et se dirigeaient tous vers la chambre du roi. Les murmures parlaient de mort, et Merlin avait les larmes aux yeux alors qu'une douleur à la poitrine le serra fort. Qui était mort ? Il se jeta dans la foule qu'avait formée les serviteurs et tenta tant bien que mal de se frayer un chemin.
Finalement tout le monde se poussa mais ce n'était pas du tout pour lui. Un corps recouvert d'un drap sortit de la chambre du roi. Merlin ne put retenir ses larmes plus longtemps en voyant son corps. Où était Arthur ? Pourquoi ne le voyait-il pas ? Était-ce lui sous le drap ? C'était Léon, Perceval, Lancelot et Yvain qui portaient son corps. La douleur et la tristesse pouvaient se lire sur leur visage redoublant les larmes du jeune homme.
Petit à petit qu'il passait, les serviteurs ainsi que tout le peuple présent s'agenouillèrent devant le corps et Merlin fit de même. Il baissa la tête et ferma les yeux, serrant les dents pour ne faire aucun bruit. Il n'entendit pas même une mouche voler. Quand le cortège disparut dans le couloir, emportant le peuple avec lui, l'enchanteur se tourna vers la chambre dont la porte était restée semi-ouverte. Il poussa lentement, son cœur au bord des lèvres. Il ne vit aux abords que la pagaille de la chambre et les différentes tâches de sang.
Puis ses yeux se posèrent sur les cheveux blonds d'Arthur qui était devant la fenêtre. Appuyé contre le mur, il regardait en bas comme s'il attendait quelque chose. Merlin eut le cœur au bord des lèvres et il éclata en sanglot sans pouvoir s'en empêcher. Ses jambes flanchèrent et il tomba à genoux. Arthur sursauta en l'entendant et se retourna. Quand il le vit, il se jeta sur lui, enserrant son corps dans le sien.
- Mon dieu, Merlin ! Merlin. Je me faisais tellement de soucis pour toi. Je ne te voyais pas revenir.
L'enchanteur le serra contre lui et Arthur caressa lentement ses cheveux. Le prince avait voulu paraître tel qu'il devait l'être devant son peuple mais là, avec Merlin dans ses bras, il ne put se retenir et pleura à nouveau, avec lui.
- Je suis désolé, Arthur… Tellement désolé, j'aurais dû être là. C'était mon rôle que de vous protéger. Et j'ai failli. Je suis…
Le blond l'embrassa sur le coup pour le faire taire.
- Ce n'est pas ta faute, Merlin… J'ai été drogué et mon père m'a protégé. Gaius a tout tenté mais il n'a pas pu le sauver. Mais ta magie n'aurait rien fait.
- J'aurais pu essayer ! S'écria-t-il. J'aurais dû être là.
Arthur sourit sous ses larmes. Il essaya de paraître rassurant même si c'était très dur pour lui. Son père était mort il y a un peu plus d'une heure et il eut l'impression qu'il mettrait des années à se remettre de cela.
- Tout va bien, Neville avait besoin de toi. Comment va-t-il ? Est-il sorti d'affaire ?
- Je ne sais pas, je suis parti avant. Nous avons trouvé un remède.
- Allons-y !
- Arthur, tu n'es pas obligé de…
- Merlin, je t'en prie. Allons… allons les voir… Je ne veux pas devenir une petite chose à réconforter. Mon père est mort, tuer par Morgana ! Je me vengerais… C'est tout ce que je veux. Me venger et non pleurer encore et encore.
Il dit ça avec un visage si triste que Merlin ne put le lui refuser. Il se releva légèrement et posa ses lèvres sur les siennes. Même s'il ne voulait pas qu'on le réconforte, Merlin lui fit comprendre qu'il serait là, quoiqu'il arrive et qu'il l'écouterait et le consolerait par ce simple baiser. Arthur prit ses cheveux dans sa main et entoura sa taille de son bras.
Ils se relevèrent tout en s'embrassant et eurent du mal à se lâcher. Jusqu'à ce que Merlin repousse le blond et lui prennent la main pour l'obliger à le suivre. Ils se dirigèrent vers l'atelier de Gaius et ne se lâchèrent qu'une fois arrivés devant. C'est après un regard incertain de Merlin pour son prince qu'ils pénétrèrent l'endroit. Le sourire du brun revint rapidement quand il remarqua Neville, assis sur le lit et le sourire aux lèvres.
- Neville… murmura Arthur et le calme revient dans la pièce.
Tous remarquèrent leurs yeux rouges et les traces de larmes sur les joues. Le Griffondor alité prit une expression malheureuse se doutant de ce qu'il s'était passé. Et soudain des cloches retentirent dans tout le château. Ces cloches qui se mouvaient en rythme d'une chanson que personne n'avait envie d'entendre. Tous levèrent les yeux aux plafonds et Draco regarda par la petite fenêtre. Neville vit ses larmes revenir.
- Non ! Non ! S'écria-t-il en se tourna vers Arthur. Non… ça avait fonctionné… Je te jure Arthur.
- Oui… Ne t'inquiète pas… Mon père est mort, tué par un assassin envoyé pour finir le travail. C'est de ma faute, s'il est mort, je n'ai pas su le protégé… Au contraire… C'est lui qui m'a sauvé la vie.
- Racontez-nous ce qu'il s'est passé, Arthur, murmura Severus. Et dîtes-nous qui a envoyé cet assassin.
Le prince les regarda tour à tour avant de se retourner et de fermer la porte.
42ème jour - Un mois et 12 jour.
Les murs du château, dans la salle de trône, avaient troqués ses immenses étendards rouges pour des noirs sombres. Et chacune des personnes présentes étaient appareillées de la même sorte. Le prince se tenait juste devant le cercueil de son père. Il avait le regard dur, le visage sans expression. Il regardait juste au-dessus des gens. Comme le lui avait appris son père. Ainsi tous pensaient qu'il les regardait sans que ce ne soit vrai.
Harry le regarda, le souffle coupé. Il n'avait jamais auparavant fait vraiment attention combien la prestance d'un prince pouvait être magnifique à voir même dans le deuil. A sa gauche, Ron avait le regard lointain, hésitant entre la mort du roi qu'il n'avait pas vraiment connu, peut-être croisé quelques fois sans vraiment y prêter attention et une main qu'il serrait encore dans la sienne. Il l'avait prise, comme cela… Sans qu'il ne fasse attention à ce qu'Harry ou Draco ne le voit. Il l'avait juste prise parce qu'il en avait envie. Parce qu'il en avait besoin.
Blaise était triste. Triste pour Arthur, triste pour le peuple qui perdait son roi. Et Ron ne rendait pas les choses faciles… Pourquoi avait-il fallu qu'il tombe amoureux de cet idiot. Severus tenait Neville par un bras et la taille. Il était encore fragile et se remettait doucement. Il était vrai que Severus en profitait… Même avec le cœur lourd pour le roi, il ne pouvait s'empêcher d'y penser. Neville quant à lui souffrait. Malgré ce que leur avait dit Arthur, il se sentait tellement coupable. Il avait échoué. Pour lui, il n'y avait pas d'autre explication, il avait juste échoué. Et c'était ainsi.
- Harry… murmura Draco en se penchant sur lui.
Le brun tourna la tête vers lui. Il n'osa pas lui répondre, peur de ce que sortirait de sa gorge complètement nouée.
- Nous ne pouvions faire… S'il te plaît, calme-toi.
- Je… je ne vais pas la laisser sortir… Enfin… je crois qu'il n'y aura rien. Parce que tu es juste là.
Le blond ne dit rien. Il hocha juste la tête puis se tourna de nouveau vers la cérémonie. Les chevaliers prirent le cercueil du roi et Arthur le suivit. Seuls les proches du roi et les chevaliers les suivirent. Le cortège passerait devant tout Camelot avant de se rendre dans le tombeau des Pendragon. Les visiteurs s'inclinèrent devant leur passage. Neville eut une douce prière pour eux. Et surtout pour Arthur, espérant qu'il s'en remette, lentement s'il le fallait, mais qu'il s'en remette tout de même.
La foule se dissipa silencieusement, Harry regarda derrière lui. Il vit alors Merlin qui était resté en retrait derrière de longs et lourds rideaux, le visage sombre et baissé vers le sol. Le brun s'approcha de lui.
- Merlin ? Est-ce que… ça va ?
Merlin hocha négativement la tête. Il serait fortement les rideaux dans sa main.
- Qu'est-ce que je dois faire, Harry ? Comment… Comment pourrais-je après cela…
- Qui a-t-il ? Merlin, dis-moi ?
- Je ne sais plus… ce que je dois faire…
Harry avança sa main mais soudain Merlin partit précipitamment et Harry ne sut s'il devait réellement le poursuivre ou pas. Ron le rejoignit sans comprendre.
- Que se passe-t-il ?
- Je ne sais pas. C'est Merlin… Il avait l'air perturbé.
- Oui… Et il n'est pas le seul, je crois.
- Non, Ron. Je crois que c'est plus que ça. C'est peut-être en rapport avec Arthur.
- Pourquoi ?
Harry sourit. Il lui fit un clin d'œil que Ron répondit par un « oh » surpris. Puis il soupira.
- Oui, c'est bien ce que je disais. Il n'est pas le seul.
- Comment ça ? Quelque chose ne va pas avec Blaise.
Ron soupira. Voilà plus d'un mois qu'il lui mentait. Il fallait que cela cesse.
- Harry, il faut que je te parle. Viens.
Le brun se retourna une dernière fois vers là où Merlin avait disparu avant d'hocher et de suivre son meilleur ami. Quand il fut loin de la foule, le roux se tendit légèrement.
- Harry. Blaise et moi… On a fait semblant de sortir ensemble.
- Quoi ? Mais pourquoi ?
Harry se sentit confus.
- Parce qu'avec Draco, c'était devenu insupportable. Vous étiez à la limite. On s'est dit que si vous dormiez dans la même chambre, vous commencerez peut-être par remarquer.
- Remarquer quoi, Ron ? S'exclama Harry en haussant un sourcil.
- Mais bon sang, Harry ! Que vous vous aimez ! Ce n'est pas possible d'être aussi aveugle.
- Tu dis n'importe quoi, Ron. Pourquoi vous vous êtes imaginé ça ? Vous êtes stupides ou aveugles ? Draco et moi nous nous détestons. C'est pourtant facile à voir, chaque fois que l'on s'approche l'un de l'autre c'est pour mieux vous détruire.
- Pourtant vous aviez l'air plus ou moins amis depuis…
Harry lui tourna le dos et le roux l'attrapa par le bras.
- Écoute-moi Harry !
- Non ! S'exclama-t-il en le faisant lâcher d'un geste. Je ne veux plus t'en entendre parler. De plus tu m'as menti… Alors tout ce que je t'entendais dire sur Blaise, c'était du vent aussi ?
- Oui… Murmura Ron en baissant les yeux.
Merlin réapparut dans le champ de vision d'Harry qui poussa son ami.
- Viens, s'exclama-t-il en courant vers l'enchanteur.
- Quoi ? Où ? Harry !
Mais le brun courrait déjà vers Merlin. Il l'attrapa par le bras, le surprenant.
- Viens, Merlin !
Il l'entraîna par la main sans le lâcher.
- Harry, que fais-tu ? S'écria le jeune homme.
Harry ne dit rien et ils arrivèrent rapidement en haut des escaliers. Là, Harry s'arrêta et regarda le sorcier tout essoufflé. Il ouvrit ensuite la fenêtre et sortit sur son rebord.
- Ne bouge pas.
Ron arriva derrière et le regarda faire. Harry monta la tour avec facilité. Arrivé en haut, il fit descendre une corde. Merlin regarda le roux qui lui fit un sourire.
- Vas-y, je serais juste derrière pour te rattraper si tu tombes.
- Mais qui va te rattraper toi ?
- Vas-y… Répéta le roux. Fais-nous confiance.
Merlin hocha la tête et se saisit de la corde.
- Si tu ne peux plus monter, enroule la corde autour de tes bras et de tes jambes et laisse nous faire.
Ils grimpèrent, difficilement pour Merlin n'ayant pas l'habitude de faire cela. Au sommet, il expira l'air de ces poumons comme un fumeur professionnel, tout son corps le brûlait.
- J'ai mal à des muscles dont je ne soupçonnais même pas l'existence, rit Merlin. Comment faîtes-vous ? En plus sans la corde ? Ajouta-t-il en voyant Ron arriver sans une once de douleur.
Harry lui tendit la main avec un sourire que Merlin prit. Ils s'assirent face à Camelot et de là où ils étaient, ils pouvaient voir les funérailles du roi se poursuivre au loin. Harry regarda Merlin qui avait toujours cet air désappointé. Il posa une main sur son épaule et lui sourit.
- Tu sais… dans notre vie, il y a tant de chose que l'on voit sans les comprendre. Car le temps va son chemin quels que soit nos desseins sans nous attendre. Et pourtant tu verras nous marcherons près de toi quels que soit les caprices du destin… Après tout, c'est pour cela que nous sommes là non ?
- Il faut que tu te dises que tes problèmes sont les nôtres dorénavant. Ajouta Ron en hochant la tête. Dis-nous ce qui ne va pas.
Merlin prit ses jambes dans ses bras, la position qu'il utilisait toujours quand il était embêté.
- C'est que… vous savez… en fait.
Il soupira brusquement.
- Harry tu avais raison ! J'aime Arthur. Et lui et moi… On s'est embrassé. Et pas qu'une fois… Mais… Il a perdu son père. Et j'ai peur qu'il… Il ne peut pas… Non, nous ne pouvons pas nous détourner de la route sur laquelle nous marchons. Mais je n'arrive pas… à… le sortir de ma tête.
- En quoi est-ce mal ? Demanda Ron.
- Quoi ?
- C'est vrai ? S'exclama Harry. Tu l'as dit toi-même, non ? Vous marchez déjà ensembles sur la même route. Comment pourrait-ce être mal que vous marchiez main dans la main ?
Merlin le regarda, surpris… Il n'avait pas du tout pensé à cela.
- Vos destins sont étroitement liés, n'est-ce pas ? Qui te dit qu'il n'était pas aussi écrit que vous finissiez par vous aimer.
- Je crois… que nous nous aimions déjà, Arthur et moi. Mais… Nous ne voulions pas ouvrir les yeux. Et c'est grâce à vous que nous avons compris.
- C'était peut-être ça notre mission. Faire en sorte qu'Arthur et Merlin sortent ensembles, rit Ron.
- Je crois qu'ils soient loin d'être ensembles, n'est-ce pas Merlin !? J'ai l'impression que tu nous ne dis pas tout.
Mais l'enchanteur ne voulut pas en dire plus.
- Très bien, mais n'oublies pas mes mots. Ils sont plus que sincères. Nous serons là pour toi, quoi qu'il arrive. Tu peux te confier.
Le brun hocha la tête. Oui, il le savait et il avait confiance en eux. Mais cette réponse-là qu'il attendait ne le concernait que lui et Arthur…
49ème jour - Un mois et 19 jour.
Le couronnement du nouveau roi Arthur fut la deuxième chose qu'Harry vit de plus beau dans sa vie. Les pleurs avaient cessé, place à la joie. Le noir s'était troqué contre les célèbres couleurs des Pendragon. Neville était guéri. Merlin était toujours en proie au doute, mais il se tenait là, fier et heureux pour l'homme qu'il aimait. Arthur avait pleuré en silence la mort de son père. Seul Merlin avait pu voir ses yeux rougis. Seul Merlin avait pu l'enserrait dans ses bras quand ça allait mal. Il avait promis de ne pas s'apitoyer sur son sort mais il y avait des moments où il ne pouvait plus. Ces moments où il n'y avait personne pour le faire penser à quelque chose d'autre que le cuisant échec qui avait coûtait la vie à Uther Pendragon.
Arthur se tenait là, recevant sa couronne et ne voulait en aucun cas que son peuple puisse voir le malaise dédié à l'homme qui autrefois la portait. Même quand les jours passèrent et qu'il était obligé de rester assis sur ce trône, écoutant encore et encore les demandes des villageois. De temps en temps, son regard s'égayait car Merlin se joignait à ses côtés. Il se tenait juste derrière lui, le servant convenablement. Ou discutant avec Harry ou Ron quand il n'était pas à la chasse. La chasse lui manquait… Il rêva d'ailleurs de s'enfuir discrètement loin de tout ça. Avec son serviteur.
A ce jour, Merlin et lui n'avait pas plus avancé qu'avant la mort d'Uther. Il pensait pourtant qu'il avait réussi à se rapprocher mais après l'enterrement de son père, Merlin était à nouveau redevenu distant. Et cela le préoccupa grandement. Soudain, le cri de celui qui occupait encore et toujours ses pensées s'éleva dans la pièce.
- Mère !
Il le vit dévaler la petite estrade et se leva pour le voir se jeter dans les bras d'une femme d'âge mûre et pourtant qui avait encore toute les traces de la jeunesse sur elle. Arthur reconnut de suite Hunith, il se souvint d'elle comme s'il ne l'avait quitté qu'hier et pourtant, voilà quelques années qu'il ne l'avait pas vu. Il se rendit immédiatement auprès d'elle et prit ses mains dans les siennes avec un grand sourire.
- Hunith, vous n'avait pas changé, pas pris une seule ride, mais comment faîtes-vous ? Avez-vous demandé la beauté éternelle à Merlin ?
Il lui fit un clin d'œil et la jeune femme ne put s'empêcher de rougir. Il retrouva là les mêmes pommettes que son fils. Il savait de qui tenaient ses émotions captivantes. La mère regarda son fils avec une lueur de surprise dans les yeux et Merlin lui hocha la tête.
- Arthur est au courant pour mon don, mère. Il n'y a plus à s'inquiéter.
Hunith fit la chose alors la plus improbable pour toutes les personnes présentes dans la pièce. Elle prit Arthur dans ses bras et l'enserra tel qu'elle l'aurait fait à son propre fils.
- Merci ! Merci Majesté. Vous êtes et serez à jamais un roi bon et juste.
Arthur sourit et lui rendit son étreinte. Dans le creux de son oreille, il souffla alors, empêchant ainsi Merlin d'entendre.
- Je dois vous avouer que votre fils et moi sommes à un tout autre niveau dans notre relation. Pourriez-vous le convaincre de me laisser une chance ?
Hunith se recula surprise à nouveau. Puis elle hocha la tête, heureuse comme jamais.
- Je ferais de mon mieux !
- Comment ça, mère ?
Mais aucun des deux ne lui répondit, le regardant d'un œil complice. Puis la femme se pressa rapidement, semblant redescendre de son nuage.
- Arthur ! Mon roi. Ma venue n'est malheureusement pas de toute courtoisie. Quand j'ai su que vous aviez accéder au trône, je suis venue quémander votre aide, vous qui par le passé nous l'avez offert si gratuitement.
- Que se passe-t-il ? Racontez-nous.
- Nous sommes attaqués régulièrement par des hommes, des bandits à nouveau, mais cette fois-ci leur chef n'est autre qu'Aggravain, votre oncle.
- Lui, encore !? Mais ce n'est pas possible.
- Il fait une descente dans tous les petits villages, saccage tout… S'il vous plaît Sir. Nous ne tiendrons pas l'hiver si cela continue, et il approche à grand pas.
- Il n'est point besoin de vous tourmenter plus longtemps, Hunith. Nous viendrons de ce pas et montrerons à ces bandits de quoi il en coûte de s'en prendre à ma future belle-mère.
Merlin écarquilla les yeux puis rougit en même temps que sa mère. Elle lui sourit et posa sa main sur la joue, un regard tendre dans ses yeux.
- Je sais combien par ses temps dur vous avez besoin d'amour et je serais honoré que de vous offrir ce que je peux. Après tout je n'ai eu qu'un seul fils, il m'en reste tellement à donner.
- Mère !
Arthur rit fortement à son ton quelques peu jaloux.
Les préparatifs ne durèrent pas. Arthur partit seulement avec ses chevaliers et les six visiteurs du futur. Hunith montait derrière Harry et lui racontait des anecdotes distrayantes de la vie de Merlin étant enfant. Des images qui faisaient rire tout le monde et captiva Arthur qui se jura de connaître sa vie sur le bout des doigts à partir de maintenant.
Harry se complaisait, lui qui n'avait jamais eu de mère, il se régala à l'entendre avec dans sa voix ce petit quelque chose d'amour qui lui montrait à quel point elle était fière de son fils. Soudain, une vague de tristesse le prit et il se retourna instinctivement vers Draco. Celui-ci regardait le sol tristement. Il devait sûrement penser à sa mère qui n'avait pas survécu à la guerre. Et son père qui était mort suite à son court passage dans les geôles d'Azkaban. Déjà bien ravagé par la guerre et ne survivant pas à la mort de sa femme.
Harry ne sut s'il devait réellement aller le voir. Après tout, il fut là pour lui le jour de l'enterrement d'Uther. Mais sa raison coupa net les liens de son cœur et il passa outre.
Les jours passèrent. Neville profitait des pauses pour aider Gaius à ramasser le plus de plantes possibles. Severus, aidé de Ciel trouvait des ingrédients de potions. Les autres chassaient pour se nourrir. Puis ils dormaient et repartaient aussi vite. Quand quatre jours s'écoulèrent, ils furent aux portes du village. Ce dernier s'activa quand ils reconnurent les couleurs des Pendragon et les hommes et les enfants accoururent en hurlant de joie à leur venue. Hunith avait tenu parole. Elle les avait ramenés.
Merlin fut accueilli comme un héros. Il eut une triste pensée en ne voyant pas William, son ami mort dans la bataille contre Kanen. Arthur posa une main compatissante sur son épaule et le brun lui sourit doucement. Cela faisait maintenant longtemps qu'il n'y avait plus pensé. Mais revenir ici faisait resurgir tous ses douloureux souvenirs.
Ron analysa rapidement la situation. Il vint près d'Arthur et lui murmura :
- Sir. Un très grand nombre de soldats ont foulé cette terre. Nous sommes donc en sous-effectif. Avant même de pouvoir prétendre à une bataille il faut préparer ce village. Il leur faudrait des remparts de piques et fermer toutes les issues sauf une, ou Aggravain pourrait arriver. Nous lui tendrons ainsi un piège.
- C'est une excellente idée, Ron. Je vais en parler au village. Nous nous mettrons à la tâche dès aujourd'hui.
Tout le village s'est ainsi rassemblé autour d'eux et Arthur leur exposa le plan de Ron. Il n'eut aucune objection, la plupart hochait la tête en scandant qu'ils construiraient les barrières même si pour cela il devait s'y prendre toute la nuit durant. Arthur demanda à Lancelot et Léon de prendre une poignée d'homme et de commencer la construction. Puis à Harry et Ron d'emmener les autres dans la forêt pour placer des guetteurs et des archers.
- Merlin, prend Hunith et les femmes. Vous devriez préparer un abri sûr pour vous et les enfants.
Quand tous furent éparpillés à leur tâche, Arthur prit le chemin vers la forêt pour accompagner ses chevaliers à découper le bois.
La nuit arriva trop vite au goût du prince. La fortification faîte de piques de bois n'avait atteint que cinquante pour cent de ses capacités. Harry et Ron étaient rentrés épuisés, tous autant qu'ils l'étaient. Des tentes avaient été montées par les femmes et les hommes trop âgés pour les soldats et Hunith décida d'accueillir le prince pour la nuit.
C'est autour d'un grand feu qu'ils se retrouvèrent, derrière la maison de la mère de Merlin. Le léger brouhaha des soldats emplissait le silence du coin des visiteurs. Arthur était plongé dans ses pensées. Il espérait qu'Aggravain ne veuille les attaquer tout de suite. Ils étaient loin d'être prêts. Harry était assis et jouait avec son bâton dans le feu quand Ron vint le rejoindre.
- Eh ! Neville, Draco et Severus ne sont toujours pas rentrés ?
- Ils construisent un piège, chuchota Merlin. Ils ont attendu que la nuit tombe pour le creuser. Pour être sûr que personne ne puisse les voir.
- D'accord.
Une main se posa sur l'épaule de Ron et il se retourna pour faire face à Blaise. Il lui sourit légèrement et lui demanda dans un souffle presque inaudible s'il pouvait lui parler mais le roux hocha négativement la tête et le noir baissa les yeux aux sols. Harry le regarda furtivement, triste et déçu de la conduite de son ami. Il le vit se mordre la lèvre puis s'en aller pour rejoindre Lancelot et les chevaliers. Ce n'est qu'une fois qu'il fut bien installé qu'il retrouva toute sa joie de vivre. Harry posa les yeux sur son meilleur ami qui n'avait pas lâché Blaise des yeux, les sourcils froncés.
- Pourquoi fais-tu ça ? Demanda le brun.
- Je ne suis pas gay, Harry ! Et je t'ai dit la vérité. Nous n'avons plus besoin de faire semblant.
- Oui, mais tu oublies que lui l'es, et que votre jeu stupide l'a peut-être poussé à croire que cela pouvait devenir vrai.
- Mais non ! C'est Blaise, tu sais, celui qui saute sur tout ce qui bouge.
Harry garda le silence avant de sourire doucereusement.
- Et bien j'espère parce que Lancelot a l'air assez intéressé.
Ron ne put s'empêcher un regard et remarqua que le brun avait posé une main sur l'épaule du noir et riait à gorge déployée. Il fronça les sourcils avant de se lever brusquement.
- Je vais me coucher, bonne nuit tout le monde.
Et il partit s'engouffrer dans la tente qu'il partageait avec Harry. Ce dernier souriait, satisfait.
- Harry… Murmura Arthur. Tu sais très bien que Lancelot est avec Guenièvre. Ils seront bientôt mariés en plus.
- Oui, s'exclama-t-il en se levant et s'étirant. Et Ron y aurait pensé si la jalousie n'obscurcissait pas son jugement. Ne t'inquiètes pas Arthur, je sais comment dresser le lion qui est en lui. Ron ne se rendra pas compte de ce qu'il se passe qu'il sera vite retourné dans ses bras. Sur ce, je vous dis à demain. La journée sera longue.
- Bonne nuit, Harry.
- Bonne nuit.
- Merlin ? Demanda Arthur. Nous allons faire de même ?
L'enchanteur sursauta et hocha négativement la tête.
- Je vais attendre le retour des autres. Allez-y, je vous rejoindrais, Sir.
Arthur prit une tête mécontente. Il s'approcha de lui et posa une main furtive sur son ventre.
- Saches que je ne te toucherais pas avant que tu ne sois d'accord, si c'est de cela que tu t'inquiètes.
- Je vous ai déjà dit que vous et moi, c'était impossible, dit Merlin sur le même ton en rougissant légèrement.
- Je te prouverais le contraire.
Sans rien ajouter, il retourna dans la maison de Hunith laissant Merlin seul, les flammes dansant dans ses yeux. Il resta là des minutes durant, sans pensées réelles. Puis elles s'amenèrent d'elles-mêmes, sans autorisation. Merlin était amoureux. Il aimait. Et chacune de ses caresses, chacun de ses gestes le faisait l'aimer un peu plus. Rien que d'être là, d'avoir décidé sans aucune hésitation de venir aider sa mère le faisait l'aimer un peu plus. Il voulait le crier sur tous les toits. Et par-dessus tout le lui dire mais il ne pouvait pas.
Arthur lui resterait inaccessible tant qu'il ne deviendrait pas celui qu'il devait être. Sinon, Merlin savait qu'il serait un poids pour son roi. Il préférerait se détourner de la voie qui lui était tracé pour lui… C'est ce qui empêchait Merlin de s'abandonner à lui. Ce que l'enchanteur ne comprenait pas, c'est que même en lui refusant ses sentiments, Arthur se salirait pour lui.
54ème jour - Un mois et 24 jour.
Draco leva la main vers le tas de feuille et le déposa sur le dernier piège qu'ils avaient mis en place. Severus le regarda longuement ce qui le fit tilter.
- Quoi ?
- Oh, rien… Je me disais juste que tu étais devenu plus puissant depuis que nous sommes là.
Le Serpentard sourit une microseconde pour le remercier. Ciel arriva en jappant joyeusement et le blond haussa un sourcil.
- Neville, ton loup est aussi discret que toi.
- Il est encore jeune, répliqua le jeune homme en sortant d'un fourré, la tête pleine de feuille. Il ne comprend non plus ce que nous faisons et pense à un jeu.
Le Griffondor s'épousseta un instant avant de tendre une plante à Draco. Celui-ci soupira et la prit. Il la jeta au fond du trou béant qu'il avait formé avec la magie puis murmura un sort et ses yeux virèrent au bleu ciel. La plante gonfla, quintupla de volume avant de ronronner doucement. Draco sourit. Il ne pouvait le dire, son éducation le lui interdisait, mais Neville était vraiment un génie des plantes. Et cette idée de mettre des plantes carnivores au fond des pièges était absolument… totalement Serpentard !
Il se tourna vers les deux et écarquilla les yeux. Il remercia que le noir de la nuit empêchait quiconque de pouvoir voir l'expression de totale surprise sur son visage. En face de lui, Severus ôtait une à une les feuilles dans les cheveux du Griffondor avec une patience et des gestes trop doux pour être… Severus Rogue. Aveuglé par sa magie, et Harry Potter, il n'avait pas du tout fait attention au rapprochement des deux hommes. Son parrain ne semblait aucunement perturbé par ce qu'il faisait et Neville fouillait sa sacoche sans y faire attention non plus.
Ainsi, Draco aurait juré qu'ils étaient un vieux couple d'hommes âgés… Comme s'il avait vécu cinquante ans ensembles et que ses gestes n'étaient le résultat que d'une longue pratique courante.
- Tiens, Draco. Mais celle-ci dans l'autre piège.
Le blond s'avança, toujours interloqué par les faits de son parrain. Celui-ci finissait tranquillement sa besogne puis passa une main douce dedans pour remettre ses cheveux en place.
- Merci Severus, fit le brun en lui souriant.
L'homme se tourna sans plus ni moins vers Draco qui baissa rapidement les yeux.
- Hmm… Qu'est-ce… qu'est-ce que c'est ?
- Une racine de Filet du Diable. Je l'ai trouvé prêt des grottes que nous avons traversé pour arriver jusqu'ici, j'étais sûr qu'elle nous servirait. Tu imagines que cette plante survivra jusqu'à nous ? Elle est vraiment surprenante ! Je rêvais d'en posséder une.
- Ne va-t-elle pas mourir ici ? Quand le soleil fera surfasse ?
- Non, pas si tu la mets dans le trou le plus profond. Celui-là. Et fais la pousser mais pas entièrement. Elle finira à sa taille réelle avant qu'ils n'attaquent. J'en suis sûr.
Le blond s'exécuta, Ciel sur ses talons. Le loup se pencha et jappa quand le Filet du Diable commença à pousser et se mouvoir lentement. Puis Draco fit léviter les branchages et referma le piège.
- Bien, je pense que c'est suffisant pour aujourd'hui. S'ils n'attaquent pas demain, nous en ferons d'autre de l'autre côté du village quand la nuit tombera.
- J'irai chercher de nouvelles plantes que tu pourras transformer en plantes carnivores et il me reste plusieurs racines de Filet du Diable.
Le magicien hocha la tête et emboîta leur pas alors qu'ils se dirigeaient vers le village. Un peu en retrait, il les regarda, Neville s'enthousiasmant et Severus, gardant un sourire et un regard tendre sur lui. Ciel entre eux, tournoyant joyeusement sa queue, était la seule réelle distance qu'ils avaient. Le blond ne sut vraiment s'ils avaient remarqué ou non ce qu'il se passait entre eux. Parce que, vu de lui, il n'avait en aucun cas l'air d'être un professeur et son élève. C'était à peine s'ils pouvaient paraître amis.
C'était comme si d'un commun accord, ils avaient décidés de s'aimer sans se le dire et que ses gestes d'affections n'étaient pas si étranges. Le blond baissa les yeux aux sols, légèrement triste. Comment avait-il réussi ? Comment Blaise et Ron pouvaient s'apprécier de la sorte, au point que faire semblant de s'aimer n'avait pas été si dérangeant. Car oui, Blaise avait fini par le lui dire, puisque Ron avait tout dit à Harry. Comment ses personnes qui ne sont pas appréciés pendant sept ans durant finissaient maintenant par… s'aimer ?
Il pensa à Harry. Finirait-il par l'apprécier lui aussi ? Y avait-il un seul infime espoir que face à lui, la colère se transforme, que ses mots deviennent plus doux et que son regard s'attendrisse. Exactement comme quand Severus retirait les branches des cheveux de Neville, que Blaise regardait Ron quand ils s'enlaçaient, parce que même s'ils disaient faire semblant, Draco n'avait pu le croire une seule seconde. Peut-être Ron, oui. Mais Blaise n'avait jamais su lui mentir. Son meilleur ami ne faisait pas semblant, il en était sûr…
