Chapitre 9 : Retour tortueux à Camelot.


63ème jour - Deux mois et 2 jour.


- J'ai réussi, ma reine. Je vous ai rapporté Emrys.

Morgana et Mordred écarquillèrent les yeux. Mordred savait parfaitement qui était Emrys et jusqu'à maintenant, il n'avait pas vu l'ombre de Merlin dans les parages. Il se souvint le jour où il avait rejoint Morgana suite à la mort de sa chère et tendre Kara. Ce jour-là où il lui jura allégeance, il omit toutefois de lui révéler qui était réellement le plus puissant sorcier. Il ne sut pourquoi, au fond de lui, quelque chose l'avait empêché de faire ce geste. Et il ne le regrettait pas.

Morgana se leva de son trône, une fois la surprise passée, un sourire plus que mauvais sur son visage si parfait pourtant. Aggravain eut une pointe de tristesse dans le regard. Il y avait tellement longtemps qu'il n'avait pas vu un vrai sourire de sa part. Celui qu'elle lui faisait quand il venait la border dans son lit, enfant. Un sourire doucereux quand elle exprimait son affection à son ancienne servante, Guenièvre. Un sourire joyeux quand elle riait devant le mauvais comportement d'Arthur... Maintenant, elle n'affichait que ces sourires-là. Ces sourires machiavéliques, dangereux.

- Où est-il ?

- Nous étions en train de battre en retraite quand il a dévoilé sa puissance envers un homme. Je ne peux vous dire lequel des deux est Emrys alors j'ai fait plus simple en les prenant tout deux. Ils sont actuellement dans les geôles du château. Laissez-moi quelques minutes seulement avec eux et je pourrais vous dire ce qu'il en est.

- Non. Claqua-t-elle.

Morgana descendit les quelques marches de l'estrade et s'avança avec lenteur.

- Tu as bien travaillé Aggravain. Pars te reposer. Je m'occupe du reste.

Son sourire affreux s'étala encore plus alors qu'elle se dirigea vers la porte, suivit de près par Mordred.


65ème jour - Deux mois et 4 jour.


De retour à Camelot, les victorieux de la bataille d'Ealdor avaient tous le cœur lourd. Ils avaient peut-être gagné, mais de nouvelles vies avaient été prises, et on endeuillait à nouveau le château. Ron était dans la chambre, qu'il partageait de nouveau avec Harry, à faire les cent pas. Il avait les sourcils froncés. Voilà six jours qu'ils étaient sans nouvelle de son meilleur ami et de Draco. Et peu importe combien, il se jurait de rester positif, il n'y avait pas une seule seconde où il ne s'inquiétait pas.

On frappa à sa porte et Blaise passa une tête attristée.

- Je peux ? Demanda-t-il d'une petite voix.

- Viens…

- Je… n'arrive à rien. Ils m'ont conseillé d'aller me reposer l'esprit. Mais c'est plus dur à faire qu'à dire.

- Oui, je te comprends. Je suis dans le même cas.

Ron soupira et s'assit d'un mouvement brusque sur le lit.

- Je n'aime pas ça. J'ai l'impression qu'on les a abandonnés là-bas. Je retourne le problème dans ma tête sans arriver à trouver une solution.

Blaise hocha la tête, pensant pareillement. Il s'installa contre la porte, tête baissée.

- Je suis sûr que la vague y est pour quelque chose. Continua Ron en essayant de mettre de l'ordre dans ses pensées. Harry et Draco ont dû se disputer et les choses s'accumulant, elle a sévit. Mais de là à les faire disparaître ? Non, je ne crois pas.

- Et si… Nous savons que nous n'avons pu avoir Aggravain, il a donc fui le champ de bataille, sûrement avec quelques hommes. La trace de la vague était bien loin non ? Ils auraient pu les avoir interceptés et les avoir emmenés. Parce que s'ils les avaient juste tué, pourquoi s'encombrer de cadavres ?

- Oui, murmura Ron. Ça ne peut être que ça. Tu as raison. Il y a donc une chance qu'ils soient toujours en vie. Mais pourquoi Aggravain les aurait-il enlever ?

- Ça, je ne peux te le dire. Peut-être qu'Arthur le peut. Il ne nous dit sûrement pas tout.

- Morgana… Souffla le roux.

- Quoi ?

- Suis-moi, s'exclama-t-il en se levant brusquement.

- Que se passe-t-il ?

- Il est temps d'avoir des réponses. Fit le roux en fronçant les sourcils, déterminé.


65ème jour - Deux mois et 4 jour.


Harry fut le premier des deux à se réveiller. Il ouvrit difficilement les yeux, sentant tous ces muscles endoloris se rappeler à lui dans une douleur incommensurable. Il papillonna, oscilla la tête afin de remarquer qu'il était attaché par des chaînes sur le mur. Il tenta de bouger en vain. Puis il fit le tour de la petite prison de barreau où il était. En face de lui, un garde chuchota à un autre avant que ce dernier ne disparaisse. Ils ne portaient pas de blason. Juste une armure complètement noire. Comme celles que portaient les soldats d'Aggravain.

Le brun fronça le sourcil, se remémorant ses derniers souvenirs. Il était avec Malfoy et la vague avait explosé. Puis le trou noir. Il s'était évanoui. Harry regarda à sa droite où un détail l'avait échappé. Le blond s'y trouvait, attaché de la même manière que lui. Il se demanda comment avaient-ils pu s'évanouir ? Était-ce à cause de lui ? De la vague ? Ou tout simplement des personnes qui les avaient enlevés…

Et bizarre, le Griffondor choisit la plus inexacte des réponses. Malfoy, bien sûr. Il n'y avait que lui pour lui faire un coup aussi bas. Et en plus de cela, il n'avait même pas réussi à se protéger de leur kidnappeur.

- Malfoy ! Réveille-toi. Malfoy ! Scanda-t-il, la rage au ventre.

Le blond gémit à la douleur du réveil, lui aussi étrangement lourd. Il avait l'impression d'avoir été vidé complètement de sa magie. Il fit à peu près les mêmes gestes qu'Harry avant de s'apeurer devant ses chaînes et la prison.

- Mais… Mais qu'est-ce que…

- Calme-toi, nous sommes bien enchaînés.

Le blond se tourna vers lui et plissa les yeux.

- Bordel ! C'est encore de ta faute, tout ça.

- Il serait temps que tu changes de registre mon pauvre. Soupira Harry. Tu commences à me casser les oreilles. Qu'as-tu fait encore ? Pourquoi m'avoir endormi ?

Draco voulut répondre quand l'agitation derrière leur geôle les accapara. Plusieurs gardes arrivèrent et se placèrent devant les barreaux. Puis celui qui y était depuis le début sortit un trousseau de clef et ouvrit la porte. Enfin, une jeune femme magnifique au premier abord, mais qui semblait découler d'elle une telle noirceur qu'elle refroidit les deux captifs, arriva d'un pas lent. Harry ne put s'empêcher de sourire. Quel était cet amour pour la lenteur quand on était méchant ? Il se jura de lui demander… Avant ou après s'être fait torturer, il ne savait pas encore.

Elle était suivie par un jeune garçon de leur âge. Peut-être un poil plus adulte, mais ils ne pouvaient le dire. Enfin, après les avoir dévisagé tour à tour, elle sourit.

- Bien le bonjour, messieurs. Vous avez dormi six jours de suite, nous avions peur que vous ne vous leviez plus jamais.

- C'est très gentil à vous, mais j'ai comme l'impression que cela ne vous aurez pas tant dérangé plus que ça !

- Ferme-là, Potter. Tu veux nous faire tuer plus vite que nécessaire ?

- Tu vois, c'est de ça dont je parlais, éclata le brun en se tournant, enfin, en tournant la tête vers lui. Complètement lâche, jusqu'au bout des orteils.

- Je vais te…

- Potter ? Quel drôle de prénom est-ce là ? Minauda la reine, puisqu'elle portait une de ses couronnes immenses qui n'étaient réservées qu'à elles sur la tête.

La tension colérique entre les deux hommes avait l'air de l'amuser quelque peu.

- Moi, c'est Harry, madame. Et vous ?

La surprise put clairement se lire dans ses yeux.

- Allons, vous ne savez qui je suis ?

- Non, on devrait ? Demanda Draco.

- Et bien, puisque l'un d'entre vous est Emrys, en effet, vous devriez. Mais allons donc, je vais jouer votre jeu. Je suis Morgana, votre reine. Il ne sert à rien de vous cacher, je sais que vous utilisez la magie.

Harry fronça les sourcils. Morgana… C'était donc elle. Il avait longuement hésité à aller voir Merlin pour lui en parler, mais n'avait rien fait car il avait comme eu ce sentiment que le sujet était tabou. Même Guenièvre qui était tout de même sa servante pendant des années n'avait pas donné l'impression de la connaître. Au final, tout ce qu'il savait de cette femme, était qu'elle était l'ennemie public numéro un de Camelot, dépassant de loin Cenred ou encore la reine Annis. Harry se demanda comment Arthur réussirait à réunir Albion en sachant que trois des quatre royaumes lui vouaient une haine farouche.

Et avec Morgana qui vouait un culte à sa défaite… Il n'était pas sorti de l'auberge.

- Alors… Qu'attendez-vous de nous ? Dit Draco.

La reine des ténèbres plissa les yeux et s'approcha de lui. Si près que Draco pouvait sentir son immense pouvoir. Mais il resta inexpressif comme il savait si bien le faire. Harry se dit qu'il aurait aimé, juste une fois, pouvoir faire de même.

- Vous proposer un marché. Finit par dire Morgana. Je vous laisse la vie sauve et vous vous adonner à me servir pour combattre et faire tomber Arthur. Mais juste avant, j'aimerais réellement savoir lequel de vous deux est Emrys.

- Qui ça ? Dit Harry.

- Ne jouez pas avec ma patience, sécha-t-elle, tout de suite impatiente.

Les deux se regardèrent, sans comprendre ce qu'elle disait. Puis, d'un commun accord, ils préfèrent ne rien dire. Ils lui firent face, sans un mot.

- Bien… Si c'est ainsi que vous abusez de ma gentillesse. Vous resterez ici jusqu'à demain. Et si l'un de vous ne cède pas, je vous ferais connaître la pire des douleurs et j'attendrais patiemment que la soif délie vos langues.

Elle fit demi-tour et sortit tranquillement de la cage de fer que son soldat s'empressa de refermer. Quand le silence se fit dans la pièce, Harry se tourna vers Draco en murmurant :

- Allez, dépêches-toi de nous faire sortir de là.

- Quoi ? Mais pourquoi moi, Potter ?

- Je te signale que c'est toi le magicien… tu vois une dague dans le coin ? Non ! Alors, ferme-là pour un temps et fais de la magie sans baguette.

- Tu es vraiment le dernier des imbéciles, Potter. Tu crois que je n'ai pas déjà essayé ? Je crois que tu n'as pas assez côtoyé le mal pour croire une seule seconde qu'elle est aussi stupide que de laisser deux sorciers dans une pièce sans en bannir la magie.

- Ah oui, fit le brun avec un rictus. Il est vrai que toi tu l'as pas mal visité, le côté des ténèbres.

Harry eut un coup d'œil sur le côté quand un objet qui commença à léviter. Il regarda le garde qui leur faisait dos et sourit.

- Oui, c'est ça ! Énervons-nous !

- Je suis déjà énervé, Potter !

- Ah oui, je n'avais pas remarqué. A vrai dire, je n'arrive plus bien à faire attention puisque tu as toujours cette expression d'homme constipé quand tu t'énerves. Et vu que tu es toujours en train d'hurler quand je suis présent…

- Je ne hurle pas ! Grinça Draco en le foudroyant du regard. J'étends juste ta bêtise aux yeux du monde qui semble tellement t'aduler alors qu'en vrai, tu n'es qu'un pitoyable assassin sans parents pour lui donner la fessée.

- Je préfère ne pas avoir de parents que de me coltiner Lucius et Narcissa Malfoy qui ont sûrement dû te plier sous les Doloris pour que tu atteignes un tel niveau de trisomie.

- Potter ! Hurla le blond et la vague éclata.

Elle saccagea tout. Elle détruit les chaînes et plia les barreaux. Elle repoussa le garde avec une telle intensité qu'il alla s'exploser contre le mur d'en face et s'effondra, inconscient. Harry et Draco retombèrent au sol, les réflexes du brun le fit se relever plus vite. Il courut vers les barreaux maintenant assez tordu pour les laisser passer.

- Génial, ça a marché. Viens, Mal...

En se retournant, il se prit une droite plus que douloureuse. Il grimaça, évita la seconde mais le blond leva la main et sa magie bloqua Harry contre les barreaux. Le brun n'avait pas remarqué qu'il était devenu aussi puissant. Il resta quelque peu perplexe face à son regard sombre. Aucun des deux ne parla. Ils se regardèrent longuement alors qu'autour d'eux, la vague crépitait à nouveau. Puis Draco relâcha lentement le brun alors qu'elle se calmait.

- Quand on sera en sécurité à Camelot, je ne veux plus jamais recroiser ta route… Notre trêve prendra fin là-bas.

Harry accusa le coup. Son cœur se mit à battre incroyablement vite mais il ne laissa rien paraître.

- Bien… Dit-il froidement. Sortons d'ici.

Il se glissa hors de la prison, Draco sur ces talons. Ils montèrent rapidement les marches en faisant attention à ne pas se faire repérer. Mais dans ce château qu'ils ne connaissaient pas, ils ne purent savoir où était la sortie. Quand ils voulurent tourner dans un couloir, Harry rattrapa à temps Draco. Une patrouille faisait son tour de garde. Ils reprirent l'escalier et montèrent encore. Chaque fois, ils furent bloqués, tant et si bien qu'ils arrivèrent tout en haut de la tour.

En sortant précipitamment, ils furent éblouit par la lumière du soleil. Ils se précipitèrent vers le bord et Harry regarda en bas. Il y avait assez de prise pour descendre de ce côté, et surtout personne ne pourrait les voir. Mais il se rappela à temps que Malfoy ne savait pas grimper. Il n'était pas sûr qu'il arrive jusqu'en bas en tout cas. Il fit le tour et de l'autre côté, il y avait de l'eau. Un immense lac qui pourrait les cueillir sans problème. Draco suivit son geste puis le regarda.

- Oh non, Potter ! Hors de question.

- Nous…

Soudain, des cloches sonnèrent et bizarrement, cela ne lui dit rien qui vaille. Discrètement, il regarda du côté de la cour et put voir qu'en bas tout le monde s'activait. Il put voir Aggravain donnait des ordres et en comprit le sens. « Trouvez-les ! » Hurlait-il. Il retourna alors voir le lac et inspira profondément.

- Nous n'avons pas le choix, Malfoy. A moins que ta magie ne puisse nous venir en aide ?

- Je suis peut-être magicien, mais je ne suis pas faiseur de miracle !

- On est d'accord.

- Il est hors de question que je saute ! Est-ce que tu m'as bien entendu ?

- Alors reste-là. Ça me va tout aussi bien. Meurs mais rapidement s'il te plaît, je n'ai pas envie de souffrir.

Ceci dit, il fit demi-tour et prit quelques mètres. Il se pencha en avant, inspirant expirant quand l'adrénaline de ce qu'il allait faire lui monta droit au cœur. Il avisa Malfoy qui était toujours penché sur le rebord et sourit. Après ça, il ne lui pardonnerait jamais, ça c'est sûr. Ils atteindraient le point de non-retour. Mais tant pis, si ça leur sauvait la vie. Il se mit à courir aussi vite qu'il put. Draco se retourna à temps pour le voir lui foncer dessus. Son visage se décomposa.

- Non ! Non ! Hurla-t-il quand Harry l'attrapa par la taille et sauta.

Ils tombèrent dans un silence presque mortel.


65ème jour - Deux mois et 4 jour.


- Alors, dit Ron, Morgana aurait acquis la puissance des ténèbres ?

Lui et Blaise se remettait lentement de ce qu'Arthur et Merlin leur avaient raconté sur la femme qui causait tous les maux de Camelot voire d'Albion.

- Elle est une grande prêtresse de l'Ancienne religion qui malheureusement est devenue mauvaise. Acquiesça Merlin. Elle ne sera reput que quand Arthur sera mort et qu'elle régnera sur Albion.

- Si ce que vous dîtes est vrai, Fit Arthur, pensif. Aggravain a sûrement emmené Harry et Draco auprès d'elle.

- Allons-y ! Qu'attendons-nous ? S'exclama le roux. Il faut tout de suite aller les libérer.

- Malheureusement, murmura Merlin, les yeux baissés. Nous ne savons pas où est-ce qu'elle se cache. Et croyez-nous, nous avons tout essayé pour la retrouver. En vain.

Ron ragea et se leva brusquement. Ce n'était pas croyable. Blaise tenta de le calmer mais il le rejeta. Arthur comprit son agacement, mais il ne pouvait rien faire de plus que ce qu'il faisait déjà. Il avait envoyé plusieurs groupes de ses soldats à leur recherche. Il avait refusé les demandes de leurs amis de les joindre, sachant que leurs sentiments leur feraient faire des choses stupides. Il ne pouvait que les regardait se mourir d'inquiétude pour eux. Et cela ne lui plaisait pas des masses. Merlin posa une main sur son épaule et hocha négativement la tête, ayant suivi la tracée de ces pensées. Il avait raison, il ne devait pas les laisser partir à la recherche de ses amis.

Le roux intercepta le geste et furieux, se pencha pour saluer le Roi avant de quitter les lieux. Il partit jusqu'aux écuries où il attrapa son arc et ses flèches. Puis il se dirigea jusqu'au terrain d'entraînement où il s'acharna pendant plusieurs minutes sur des cibles qui n'avaient malheureusement rien demandé. Il comprenait parfaitement les agissements du roi Arthur. Il n'arrivait juste pas à s'empêcher de penser qu'il laissait tomber son meilleur ami.

- Ron, murmura Neville derrière lui.

Le roux baissa son arc au sol. Il savait qu'il n'était pas le seul dans cet état-là.

- J'imagine que la cible à la tête d'Arthur, rit-il en remontant et tirant sa flèche.

Elle atterrit pile poil sur la tête du sac dont le sable commença à se déverser lentement. Neville vint à côté de lui et lui tendit une fleur. Le roux la prit sans comprendre. C'était une belle de nuit blanche, sûrement à peine éclose. Le botaniste sourit à son ami et lui dit :

- Je ne suis pas aussi doué que Draco peut l'être en magie mais avec les plantes, c'est autre chose.

Il passa sa main sur la plante et celle-ci s'entoura autour du poignet de Ron en plusieurs lanières desserrées tel un bracelet. Ses pétales grossirent légèrement et prirent une couleur rose pâle.

- Quand Harry ira mal, elle te le dira. Et quand il sera à nouveau parmi nous, elle s'envolera…

- Merci Neville, sourit Ron.

Le brun lui sourit en retour.

- Je suis sûr qu'il va bien. Je pense même que Draco et lui s'en sortiront. Quand ils sont tous les deux, ils accomplissent des miracles.

- Si tant est qu'ils arrivent à s'entendre !

- On ne peut qu'espérer qu'ils nous reviennent sans s'être mutuellement ôter la vie.

- J'avoue. Fit le roux en se penchant pour caresser la tête de Ciel.


66ème jour - Deux mois et 5 jour.


- Excuse-moi Malfoy, j'ai oublié d'apporter une carte en même temps que je te sauvais la vie !

- Me sauver la vie ? Me sauver la vie ! Explosa-t-il. Tu m'as brisé avec tes mots, puis jeté du haut d'une tour. Tu as faillis me noyer quand des gardes sont passés et maintenant je manque de mourir de faim dans cette fichue forêt où nous n'arrivons même pas à retrouver notre chemin ! Alors vois-tu, je ne vois pas quand est-ce que tu m'aurais sauvé la vie !

- Tu es vraiment exaspérant. Cela ne fait que deux jours que nous marchons, et je ne peux déjà plus te supporter. Ah attend… Non, toujours pas !

- Nous ne marchons pas, nous errons, Potter ! Comment es-tu sûr que Camelot soit dans cette direction ?

- Je ne sais pas, moi. L'intuition. Et si cela ne te suffit pas, regarde !

Il lui montra un immense panneau où des lettres avaient été gravées dans le bois. Ils purent facilement lire le nom de Camelot ainsi que la flèche qui montrait la bonne direction. Draco se renfrogna et croisa les bras sur son torse. Il continua son chemin, ses jambes s'étant presque aguerries ne le faisaient plus souffrir.

- Il n'empêche que j'ai faim.

Harry haussa les yeux au ciel. Il était vraiment l'homme le plus exaspérant du monde. Il regarda tout autour de lui. Sans arme, ils avaient peu de chance d'attraper quoi que ce soit. Et Draco était vraiment, vraiment nul à la chasse. Il avait ri sans retenu au lapin qui s'était enfui en le griffant au visage après que le blond l'ait attrapé avec sa magie. Harry avait alors juré qu'il n'avait rien, afin qu'il garde ses traces sur sa peau si parfaite.

Le brun scruta les différents arbres avant de trouver un poirier. Il se hissa sur la pointe des pieds pour en attraper une et Draco eut un rictus. Il arriva et prit sans mal les délicieux petits fruits.

- Tu fais vraiment pitié, Potter.

Le brun gronda et finalement sauta en attrapant la branche qu'il tira à sa taille. Il en cueillit plusieurs et chargea ses bras. Ils reprirent leur route, ne voulant pas perdre de temps. Il ne savait pas du tout combien de temps ils leur restaient à marcher. Puis Draco entendu les chutes d'eau et se précipita là-bas pour s'abreuver. Ainsi, il fit apparaître deux gourdes qu'il remplit et tendit une à Harry. Celui-ci la prit avec dégoût.

- Quoi ? S'exclama le blond. Est-ce si dur pour le grand Harry Potter d'accepter l'aide d'un simple mortel.

- Seulement de toi, Malfoy. Fit le brun en faisant demi-tour pour retourner sur la route. Seulement de toi.

Le blond ne répliqua pas et le suivit. Le silence s'installa pendant plusieurs heures. Deux jours qu'ils s'étaient évadés du château de Morgana. Ils ne savaient pas où ils étaient, ils avançaient parfois à l'aveuglette, se réjouissaient chaque fois qu'une pancarte leur assurait être sur le bon chemin et s'engueulait énormément. Chaque fois qu'ils se parlaient en fait. Draco avaient encore ses mots en travers de la gorge, et aussi le saut dans l'eau glacée. Même s'il savait qu'il lui avait sûrement sauvé la vie. Mais ça, il ne lui dirait jamais.

Il ne savait plus où ils en étaient dans les comptes. Le nombre de fois qu'ils s'étaient protégés mais ce qu'il savait parfaitement, c'est qu'il ne le faisait uniquement que pour être sûr de ne pas recevoir le même châtiment. Soudain, Harry l'attrapa par le bras et le poussa hors de la route. Cachés dans les fourrés, il regarda une calèche tirée par deux chevaux avancer tranquillement. C'était une remorque pleine de cochons et sur le banc, un homme qui sifflait une chanson. Harry sortit de l'ombre et se dirigea vers lui pour l'arrêter. L'homme le regarda longuement alors qu'il lui souriait.

- Bonjour. Excusez-moi mais nous sommes perdus. Allez-vous à Camelot ?

- Non, je n'y vais pas monsieur, mais là où je vais se trouve à une demi-journée de marche.

Il le scruta encore en remarquant ses habits d'assassins et ses muscles qui prouvaient qu'il était un guerrier. Alors il ajouta, un soupçon de peur dans la voix.

- Je n'ai que des cochons gros et gras, monsieur, et pas d'argent sur moi.

- Oh, non, non… Nous ne… Malfoy, viens ici tout de suite ! Nous ne sommes que des voyageurs perdus, je vous le promets. Nous avons marché deux jours et deux nuits de suite. Nous ne demandons que de pouvoir vous accompagner pour rejoindre Camelot au plus vite. Nous n'avons pas d'argent aussi, mais nous avons des poires et de l'eau, si cela peut vous payer. Désolé de ne pouvoir faire mieux.

- Gardez vos poires et votre eau, jeune homme, sourit finalement le paysan. Et montez, je ne suis pas contre un peu de compagnie.

- Potter, chuchota le blond. Nous n'allons pas voyager… là-dessus !

- Marche si c'est que tu souhaites. Au contraire, je n'aurais plus à voir ta sale tronche. Moi dans tous les cas, je monte !

Il joint les gestes à la parole et se posa à côté des cochons, se fichant de la boue et de la puanteur. Draco le suivit, plus que réticent. Il acheva de gronder quand un des cochons vint le pousser de son groin sur le visage, en laissant une grosse trace de bave quand il le lécha. Harry éclata de rire.

- Il te restait de la poire sans doute.

Le blond lui jeta un regard noir, le maudissant sûrement silencieusement de toutes les manières possibles. La calèche reprit sa route avec entrain.

- Alors, vous venez de Camelot ? Comment avez-vous atterri ici ?

- Oh, ça, monsieur, c'est une très longue histoire…


68ème jour - Deux mois et 7 jour.


Arthur regarda Merlin alors que ses yeux étaient rivés sur la fenêtre. Dix jours avaient passés depuis leur disparition, et toujours aucune nouvelle de Draco ou d'Harry. Merlin s'était muré dans un silence tel qu'il n'en faisait jamais. Il prit sa main dans la sienne et l'enchanteur eut un sursaut.

- Merlin, je…

- Sir. Fit Léon en entrant dans le bureau du roi.

Ce dernier lâcha immédiatement la main du brun. Merlin se poussa légèrement alors que la tristesse le prit encore. C'était ainsi qu'il voyait sa futur relation avec Arthur. Une relation cachée à tous. Arthur intercepta son regard sombre et s'en voulut énormément. Pourquoi avait-il réagi si brusquement ? Après tout, il était roi. C'était à lui de prendre les grandes décisions. Et s'il voulait qu'un jour Merlin devienne sien, il ne devrait pas avoir à s'en cacher.

- Sir, nous avons cherché partout dans les kilomètres voisins. En vain. Perceval m'a fait revenir pour vous avertir qu'ils partaient plus loin et seraient de retour dans trois jours.

- Bien, fit Arthur en soupirant.

Le chevalier se pencha et sortit de la pièce. Arthur se tourna vers Merlin dans l'intention de s'excuser mais celui-ci avait disparu. Il alla se rasseoir derrière son bureau emplis de parchemin en tout genre, de plumes et d'encres. Il se pencha en avant, la tête dans ses mains. Comment devait-il procéder ? Comment arriverait-il à réunifier Albion quand il n'arrivait même pas à avoir Merlin ? Il rejeta sa tête en arrière et ferma les yeux. Les lois, les traités, les guerres, les petites affaires de gens en difficulté, son peuple et même ceux des royaumes voisins… C'était tant de travail pour lui. Il se rendit compte à quel point tout était plus facile quand son père était encore là et cela l'attrista.

Et en plus de cela, même s'il pouvait compter sur Merlin pour l'aider comme il le pouvait, il voyait combien il le perdait de plus en plus. Il ne demandait qu'un instant, juste un moment pour qu'il puisse le voir comme lui le voyait, pour qu'il arrête de penser qu'être serviteur l'empêchait de vivre à ses côtés comme son égal. Après tout, il était Merlin !

Oui, il ne demandait qu'un instant où tous pourraient le voir ainsi, Merlin, le plus grand et puissant sorcier du monde… Et une idée émergea dans son esprit.


70ème jour - Deux mois et 9 jour.


Harry descendit de la calèche et se précipita sur l'homme pour lui serrer chaleureusement la main. Après deux jours de plus sur le chemin, il se relayait pour ne pas perdre du temps la nuit, il était enfin arrivé. Camelot, pourtant encore si loin, se voyait déjà. Les plus grandes tours du château en tout cas.

- Merci beaucoup, vous n'en avez peut-être pas conscience mais vous venez sûrement de nous sauver la vie. Si jamais vous avez besoin de quoi que ce soit, aller voir le roi Arthur Pendragon et dîtes lui bien qu'Harry Potter à une dette envers vous. Je viendrais vous aider sans concession.

Le vieil homme hocha la tête avec un grand sourire.

- Bonne chance mes petits gars.

Après un dernier au revoir, Harry, suivit de près par Draco, repartit de bon train. Ils avaient vraiment eu de la chance de tomber sur cet homme. Bon, ils allaient enfin rentrés. Prendre un bain, dormir dans un lit, mais avant tout retrouver tous leurs amis. Ce qui leur avait manqué. Parce qu'après ce périple avec Malfoy, la vague avait eu du mal à se contrôler à plusieurs reprises. D'ailleurs, ce dernier le regardait d'un air mauvais.

- Quoi ?

- Je viendrais vous aider sans concession. Imita-t-il dans une parfaite réplique d'Harry mais en version gamin de huit ans. Encore et toujours le grand Potter, l'illustre sauveur qui refait surface, à croire que tu aimes ça, qu'il t'adule, criant ton nom comme une légende. Tu ne pourrais pas faire plus mièvre. Ça me dégoûte.

Harry serra les dents mais ne dit rien. Plus qu'une demi-journée de marche et il serait à jamais débarrasser de cet horrible, écœurant, irritant Serpentard. Il continua de marcher en accélérant le pas, espérant ainsi le semer mais le blond le suivait de près. Ils ne dirent rien, plusieurs heures de suite quand, enfin, ils arrivèrent en ville. Les gens se retournaient derrière eux. Après tout, ils étaient de la tête aux pieds couverts de boue et de bleus. Harry tira sur ses manches pour que personne ne voie les marques de fer qui avait rougie sa peau. Il n'avait pas vraiment envie que quelqu'un l'arrête alors qu'ils étaient presque arrivés.

Draco l'attrapa soudainement par l'épaule et le tira vers lui. Le brun, tellement dans ses pensées n'avaient pas vu une charrette qui lui fonçait dessus. Il resta hébété quelques secondes avant de se dégager de l'étreinte un peu trop chaude du blond et le foudroya du regard avant de repartir d'un pas rageur.

- Bien sûr, fit Malfoy en le suivant. C'est bien trop dur à Harry Potter de me dire merci.

- Arrête de me toucher, hurla Harry sans s'arrêter pour autant. Arrête de me parler, et surtout arrête de me suivre.

- Je te signale que nous allons au même endroit, sombre abruti que tu es. Tu ne voudrais pas que je fasse le tour juste pour te faire plaisir ?

- Si, justement !

- Il est hors de question que je reste dans cet état, cette merde que tu nous as foutue.

Là, Harry se retourna brusquement. Ils étaient maintenant en plein milieu de la cour. Les gens les regardaient se hurler dessus avec de grands yeux ronds. Quelques gardes s'étaient approchaient au cas où, mais en reconnaissant Harry et Draco, ils ne dirent rien. Harry s'avança vers le blond et posa son index sur son torse dans un geste réprobateur.

- Dans la merde que JE nous ai foutue ? J'ai du mal comprendre Malfoy !? Qui m'a suivi dans la forêt juste pour pouvoir se moquer encore et encore ? Qui ne pouvait pas rester à sa place !?

- Je ne t'ai pas... Je t'ai suivi parce que...

- Tu m'as suivi parce que quoi, Malfoy ? A cause de toi et de ta fascination que tu as de vouloir me faire sortir de mes gonds, on s'est fait attraper, emprisonner et nous avons dormi dans un bac à cochon ! Si ce n'est cela, dis-moi pourquoi tu m'as suivi ?

La vague arriva. Comme à leur habitude, ils ne virent rien... Ils ne virent pas les objets s'envoler, ils ne virent pas les gens s'effrayer et s'enfuir, ils ne virent pas les gardes pointer leurs lances sur eux. Mais la vague n'était pas très puissante, elle ne crépitait pas, parce que cette fois-ci, il n'y avait qu'un côté du lien qui était en colère. Draco lui, le regardait avec son éternel visage qui n'exprimait aucun sentiment. Finalement, il murmura, d'un ton si lent qu'Harry n'était pas sûr d'avoir bien compris :

- Je t'ai suivi parce que je m'inquiétais pour toi.

Le brun écarquilla les yeux et toute colère disparut de son visage. Ainsi que la vague. Il ouvrit la bouche mais rien ne sortit. D'un coup, il se trouva très bête. Il vit Draco plissait des yeux. Il s'était inquiété pour lui. Il avait eu peur qu'il ne se fasse tuer… C'était donc pour ça qu'il était venu. Mais comme d'habitude, il s'était entêté. Il n'avait pas voulu voir que le grand Draco Malfoy pouvait être « gentil ». Il n'avait rien voulu savoir… Draco le dépassa mais Harry l'attrapa par le bras. Ils étaient dos à dos, Draco regardant droit devant lui, Harry le sol. Et cette main qui le retenait.

- Alors, Potter, j'ai le droit de te toucher maintenant ?

- Je… Murmura-t-il.

Mais rien ne voulait sortir. Autour d'eux, d'autres gardes étaient enfin arrivés, ainsi que Lancelot et Perceval. Les deux derniers avaient le sourire aux lèvres jusqu'au moment où ils remarquèrent que les gardes n'avaient rien de très accueillant. Au contraire, ils avaient toujours leurs épées ou lances dégainés et se rapprochaient d'un pas sûr vers les deux hommes. Ils finirent par fermer le cercle autour d'eux.

- Qu'est-ce que vous faîtes ? S'écria Lancelot mais un des gardes l'arrêta.

- Nous allons procéder à une arrestation. Dit-il avant de se pencher et chuchoter : ce sont des sorciers.

- Quoi ? S'exclama Percy.

Mais sans prévenir, les gardes se lancèrent sur les pauvres voyageurs dont, décidément, ce n'était par leurs jours. Harry sursauta et se laissa faire alors que Draco se débattit légèrement sans comprendre.

- Mais qu'est-ce que vous faîtes ?

- Au nom du roi, je vous arrête, scanda le chef des gardes. Pour possession et usage de la magie dans le royaume de Camelot !

Harry regarda autour de lui, légèrement surpris puis effrayé. Il se tourna vers Draco et lui souffla de se laisser faire, puis aperçut Lancelot et Perceval. Les deux étaient tétanisés. Harry s'attrista. Ils auraient dû leur faire confiance… Ils auraient dû leur dire. Pourquoi n'avaient-ils pas eu assez confiance en eux, après tout ce que les chevaliers avaient fait pour leur apprendre et les protéger. Ils auraient dû leur dire.

Puis les gardes les relevèrent et ils les emmenèrent. Ils les jetèrent dans une geôle sans prendre de pincettes. Draco en amont qui atterrit sur les fesses avec un petit cri de douleur, puis Harry qui lui tomba entre ses jambes. De retour à la case départ fut la pensée qui les traversa tous les deux. Ils étaient fatigués, éreintés. Leurs corps leur criaient de prendre quelques jours de vacances. Alors quand ils se retrouvèrent ainsi, l'un sur l'autre. Aucun des deux ne fit un mouvement pour se dégager.

Harry s'assit en gémissant et replia ses genoux pour mettre ses bras autour de ses jambes. Le blond soupira regarda son profil. Il eut envie de lui sortir une vanne. N'importe quoi pour effacer ce voile de tristesse qui avait enseveli son visage. Surtout depuis que Lancelot et Perceval n'avaient pas réagi. Il ne savait que penser d'eux. Les détestaient-ils maintenant ? Il hésita, leva une main et la reposa, trembla un peu, puis finalement il passa outre tout ce qu'il pouvait penser et posa sa main dans les cheveux d'Harry. Il enfouit sa tête contre son torse.

Harry se tendit, écarquilla les yeux mais ne fit rien. Il se laissa aller, il n'avait plus envie de recommencer. Il en avait assez de s'énerver. Sans le savoir du tout, c'était le geste qu'il attendait pour vraiment faire la paix. Il ferma les yeux et pensa que ce n'était peut-être pas si mal d'être ami avec Draco Malfoy. Dans tous les cas, il se sentit étrangement apaisé.

- Merci… murmura-t-il.

- Pourquoi ? Tu sais très bien que je ne fais ça que parce qu'autrement tu ferais exploser tout l'étage.

Harry ne répondit pas. Oui, c'était sans doute ça. Quoi d'autre ? Qu'est-ce qui pourrait pousser Malfoy à le prendre dans ses bras sinon ça ?

- Tu crois qu'Arthur va devoir nous tuer ? Il faut qu'il le fasse… Sinon, il perdra toute crédibilité devant son peuple. Et si nous nous évadons, ce sera pire.

- Ne sois pas stupide, Arthur va trouver une solution. Et si ce n'est lui, Merlin et les autres le feront. Ils vont… Ils vont…

Draco posa son front sur le haut du crâne du brun. Il ne dit rien de plus, parce qu'aucun des deux n'y croyaient vraiment.

- Tout ça à cause de tes sautes d'humeur, murmura le blond.

- Je n'ai pas créé la vague, je n'ai pas demandé à ce qu'elle apparaisse dans notre vie et qu'elle me lie à mon imbécile de pire ennemi. J'en ai assez de tout ça.

Draco réfléchit un petit moment avant de se relever et de prendre une grande respiration.

- Bien, Potter, écoute-moi bien parce que je ne le dirais qu'une seule fois. Peu importe que nous mourrions aujourd'hui ou demain, ou même dans dix ans. Veux-tu être mon ami ? Et pas seulement essayer de bien nous entendre, non, je dis bien mon ami, avec aucune remarque disgracieuse, finit les piques, enfin… si peut-être quelques-unes, mais pas méchantes, genre… tes cheveux sentent vraiment mauvais. Oui, tu as raison, nous sentons tous les deux mauvais donc ça compte pas mais…

Il soupira alors qu'Harry s'était redressé et le regardait comme s'il venait de la quatrième dimension. Puis ses yeux se glissèrent sur la main qu'il lui avait tendue. Cette même main qu'il y a sept ans aurait peut-être changé toute sa vie. Cette main qu'il avait hésité et qu'il hésitait à nouveau. Draco avait changé, il avait grandi, il était moins aristocratique qu'il put l'être. Il n'avait plus de balai dans le cul, les cheveux plaqués en arrière et des idées reçues pleins la tête.

Draco n'était plus le même garçon de onze ans qu'il avait refoulé la première fois. Pouvait-il alors effacer sept années de haine ? Comme ça, juste en acceptant cette fois-ci sa main. Est-ce que ça allait réellement tout changer ?

- Alors, murmura Draco en penchant la tête sur le côté. Tu le veux oui ou non ?