Chapitre 12 : Disparitions.


93ème jour - Trois mois et 2 jour.


Cinquième jour de recherche pour retrouver Ciel, cette fois-ci Neville et Severus s'étaient beaucoup plus éloignés de Camelot. Malgré le fait que le potionniste jurait à Neville que son loup rentrerait, il ne se calmait pas pour autant. Il lui fallait savoir ce qu'il devenait. Les deux hommes s'étaient posés contre un arbre, épuisés d'avoir tant marchés. Neville posa sa tête sur l'épaule du plus grand et murmura :

- Merci de m'accompagner dans mon caprice.

Il le sentit sourire plus qu'il ne le vit.

- Je n'ai rien d'autre à faire de toute façon, avec la nouvelle loi, les choses se sont bien calmées à Camelot. Je ne sais ce que fait Morgana, mais peut-être a-t-elle décidé de rejoindre la lumière.

Ils eurent un sourire crispé. C'était dur à y croire, même s'ils le voulaient de toutes leurs forces. Neville ferma les yeux un instant. Il sentait la fatigue l'envahir.

- On devrait arrêter, dit-il. Ça ne sert à rien de continuer à chercher, Ciel ne reviendra pas. J'aurais dû m'y attendre, c'est un loup. Que puis-je y faire ?

Severus ne dit rien. Il posa sa main sur la sienne et la caressa du pouce. Il n'avait pas vraiment conscience de ce qu'il faisait. Cela lui semblait tellement naturel. Quand il était avec lui, il était réellement quelqu'un d'autre. En tout cas, il se sentait libre. Il n'y avait qu'avec les autres qu'il se conduisait comme… le professeur terrifiant et sans émotion. Que devait-il faire ? Parce que quand le temps viendrait à ce qu'ils retournent dans leur monde, ils devraient se séparer pour toujours. Il savait qu'il ne pourrait pas continuer de le côtoyer comme cela. Comme un ami de toujours, comme un proche. Bien trop… proche.

Ses yeux glissèrent à travers la forêt. Il savait que Neville avait abandonné, mais sentait que cela lui faisait du mal. Et c'est comme par magie que son regard se posa sur le loup, assis près d'un arbre. Il secoua le brun doucement et celui-ci gémit, les yeux ensommeillés.

- Ciel, murmura Severus, en lui montrant le loup un peu plus loin.

Le Griffondor se réveilla tout à fait et un sourire naquit sur ses lèvres. Il se leva d'un coup et courut vers lui. Le loup fit de même. Il se jeta à son cou et l'enserra. Ciel passa un coup de langue sur son visage. Severus les rejoint tranquillement, heureux de le voir revivre.

- Et bien, tu t'es fait désirer, dit-il à l'attention du loup.

- Où étais-tu? Ne pars pas comme ça, tu m'as fait peur ! L'engueula le petit brun, sachant pertinemment qu'il ne lui répondra pas.

Alors qu'il se relevait, le loup tourna autour de son maître avant de partir en arrière. Il attendit sagement qu'ils le suivent.

- Que fait-il ? Demanda Neville.

Severus haussa les épaules et les deux hommes l'approchèrent. Le loup se releva alors et les emmena un peu plus loin.

- Je pense qu'il veut que nous le suivions. Fit le potionniste.

Neville sourit et le regarda.

- Je vais y aller, mais tu peux rentrer si tu le souhaites.

- Tu es fou, je ne vais pas te laisser devant un quelconque danger. Hors de question, je viens. Et ne discute pas !

Le brun hocha la tête, heureux qu'il vienne avec eux. Le loup avança alors, devant eux et leur montra le chemin.


93ème jour - Trois mois et 2 jour.


Harry, Merlin et Draco marchaient d'un pas lent dans les couloirs de Camelot. Merlin avait trouvé tout naturel de parler du conseil d'Anhora à ses deux amis. Il savait qu'avec leurs problèmes, ils comprendraient qu'il n'était pas serein.

- Dans votre vision, après que je me sois effondré, avez-vous vu autre chose ? Par exemple… que… que…

- Que tu te transformes en Morgana numéro deux ? Non, pas vraiment. La vision ne nous a rien appris d'autre que ce que nous vous avons dit.

- Tu t'es effondré et c'est tout, affirma Draco en hochant la tête.

- Peut-être qu'Anhora voulait juste te prévenir, pour que tu fasses attention. Continua Harry.

Draco posa une main amicale sur son épaule et sourit.

- Tant que nous serons là, nous t'empêcherons de faire du mal, Merlin. Même si je suis aussi persuadé qu'Harry, que tu ne pourras jamais passer du côté des ténèbres.

Le Griffondor hocha vivement la tête avec un sourire, tout à fait d'accord avec ces paroles. Merlin rougit et sourit.

- Merci les gars. Vous êtes vraiment des anges tombés du ciel.

- Ou plutôt du futur. Rit l'assassin.

Les trois hommes arrivèrent devant la porte de la grande salle. Le calme était revenu dans Camelot, les invités étaient partis. La fête qui avait suivi la signature du traité de paix avait été longue et éprouvante et les serviteurs avaient pris congé pour une journée. Ils croisèrent Blaise et Lancelot, les inséparables gardes de la cité au côté de Gauvain et Léon. Blaise et Lancelot, dans leur jour de congé, ne portaient que des habits simples et avaient laissé leurs épées dans les écuries. Ils riaient tous de bon cœur.

- Ah Merlin, te voilà. J'ai cru comprendre qu'Arthur te cherchait. Il a dit que si nous te voyons, il faudrait te mettre en garde.

- Pardon ? S'exclama l'enchanteur en fronçant les sourcils. Et de quoi ?

- De lui. Il a dit, et je cite : « Si jamais il t'attrape, il te fera regretter d'avoir jamais un jour croisé son chemin. ».

Merlin vira blême. Qu'avait-il encore fait ? Il n'avait rien fait, il était resté sage durant tout le séjour de l'assemblée. Il avait conseillé correctement et aidé beaucoup de personnes jusqu'à maintenant. Plus qu'il n'avait pensé d'ailleurs.

- Si j'étais toi, j'irai le voir avant qu'il ne soit encore plus en colère.

- Arthur qui n'est pas en colère ? Sourit Harry. On se demande si ça existe.

- Enfin, quand il n'est pas en train de mettre Merlin dans son lit, pouffa Draco.

Le conseiller du roi, ainsi que tout ce qui n'était pas au courant, écarquilla les yeux avant de rougir. Il frappa sans délicatesse le blond.

- N'aurais-tu pas pu garder ça pour toi ?

- Pourquoi ? C'est tellement drôle de pouvoir me vanter de savoir ce que les autres ne savent pas. Alors ? Vous saviez que Merlin et Arthur...

- Mais ferme-là, sombre abruti ! S'écria l'enchanteur en se jeta sur sa bouche de ses mains.

Il rit en dessous, suivi très vite par tout le monde.

- Allez, allez, je vais t'accompagner jusque lui avant que tu ne te défiles encore, rit Blaise.

Il prit Merlin par le bras en se fichant de son regard dépressif et partit. Tous sourirent avant que Lancelot ne s'exclame :

- Alors comme ça, notre conseiller et plus grand sorcier fétiche et Arthur, le plus grand roi de Camelot sont comme qui dirait dans une relation qui pourrait s'avérer sérieuse ?

Draco hocha la tête avec un petit sourire.

- Eh bien… Si on m'avait dit ça un jour. Murmura Léon en se passant une main fébrile dans les cheveux.

- Ne me dîtes pas que vous ne l'avez pas remarqué depuis le temps, gronda Harry. Ce n'est pas comme si ça ne se voyait pas tout de même.

- Eh ! Se plaint Gauvain. On a remarqué plein de chose ! Par exemple, Blaise est en mal d'amour pour Ron, Lancelot se laisse tiré par le nez par sa futur femme…

- N'importe quoi !

- Et toi et Draco vous vous êtes enfin réconciliés ! Et puis Severus… Bah en fait, lui il est super bizarre. On ne sait pas trop ce qu'il pense, et je crois qu'il n'a pas vraiment envie de nous le faire savoir.

- Oui, enfin quelque chose qui n'a pas changé, soupira Draco.

- Et moi ? Feint Léon, vous n'avez pas remarqué que je suis amoureux ?

Les gardes le regardèrent avec de grands yeux.

- De qui ?

- D'une femme magnifique, rêva Léon. Elle est si douce et si belle. Elle me berce toutes les nuits. Je rêve d'elle comme une déesse qui viendrait m'embrasser sur le front et me caresser de mots doux.

- Léon, charria Lancelot. Les mères, ça ne compte pas !

Ils éclatèrent de rire.

- Mais non ! Vous ne me croyez pas, c'est cela. Vous verrez bien, je vous la montrerais.

- Oui, oui, Léon. Tu nous la montreras. Dit Lancelot en passant un bras autour de son cou.

- Ah, Harry, Ferys le forgeron te cherchait. Apparemment, il aurait amélioré ta tenue d'assassin.

- Oh non, soupira le brun. Il va encore me faire essayer ses tenues. Comment peut-on être forgeron et styliste en même temps ? Ne puis-je l'éviter ?

- A part si tu souhaites qu'il te coure après un vêtement rose à la main.

- Oui, au moins quand j'y suis, je peux choisir la couleur. Tiens, du rouge, c'est pratique le rouge.

- Pourquoi ? Demanda Draco, légèrement curieux.

- Pour le sang, Draco. Le sang.

Le blond fit une grimace et regarda son récent ami en haussant un sourcil. Il n'arrivait toujours pas à se faire qu'Harry soit pleinement conscient d'être un assassin et se satisfaire de la sorte. Harry sourit et partit vers l'atelier de Ferys après un au revoir aux trois gardes. Draco l'accompagna. Il était non seulement curieux mais en plus, ils avaient décidé de passer plus de temps ensembles au cas où une vision devait se présenter à lui. Ils parcoururent en silence le long château et sortirent par derrière.

Ferys avait gagné la forge du roi. Beaucoup plus grande que son ancien atelier, il s'était approprié l'endroit avec excitation et maintenant créait de nouvelles choses tous les jours. Malheureusement pour Harry, il était son cobaye préféré. C'est ainsi qu'il l'accueillit avec un grand sourire. Le petit et fin homme brun, toujours barbouillé de suie sur le visage devait avoir entre trente et quarante ans. Il avait des bras puissant, surement dû à ses nombreux coups de marteau sur les différentes armes qu'il produisait. Il avait aussi des mains fines et habiles.

Son regard s'émerveilla en voyant pour la première fois Draco, il s'agita et accourut.

- Oh, mais Harry ! Quand est-ce que cet homme est arrivé. Tu me l'as amené expressément pour moi j'espère ?

- Bonjour Ferys. Non, non. Il m'accompagne juste.

Le blond se recula légèrement, alors que l'homme prenait déjà ses mensurations.

- Bon dieu, tu as la taille parfaite, je pourrais te construire une armure digne d'un grand prince. En plus avec ton teint et tes cheveux. Oh, oui… oui ! C'est tout à fait le style d'homme qu'il me faut pour mes nouvelles créations. Je pourrais alors mélanger utile à l'agréable. Tout comme toi, Harry. Même s'il te dépasse niveau beauté.

Harry grogna pour la forme mais il fut heureux que Ferys s'en prenne à quelqu'un d'autre que lui. Draco, lui, souriait de cet air suffisant qui lui saillait tant. Finalement, cet homme avait plutôt bon goût.

- Que dirais-tu de passer me voir un jour ? Je te promets que tu ne le regretteras pas.

- Je ne suis pas un chevalier, ni un combattant d'ailleurs, marmonna le blond.

- C'est un magicien. Ajouta Harry en le regardant.

- Oh, mais c'est encore mieux.

Il repartit vers le fond de sa boutique où son apprenti tapait du marteau sur l'enclume dans un bruit atroce.

- Oui, oui, une toge… avec quelque métal sur les épaules et sur le flanc gauche. Pour protéger le cœur. Oh, oui, cela pourrait être magnifique.

Alors que Ferys était reparti dans ses pensées, Harry fit un sourire crispé à Draco en s'excusant.

- Désolé, mais je crois bien que tu fais maintenant parti de ses premières lubies.

- Cela ne me dérangerait pas de porter autre chose que ces guenilles que nous achetons dans les boutiques laborieuses.

Harry haussa les épaules. Il regarda son pantalon de lin marron et son léger t-shirt bleu. Même en habit de moyen âge, il avait réussi à rester simple et classe. Comme faisait-il ? Il se le demandait. Le brun lui, ne quittait jamais ses habits de Ferys. D'ailleurs, il se rappela que c'était pour ça qu'il était venu et s'empressa de rejoindre le forgeron/tailleur.

- Ferys, tu avais un nouvel habit à me montrer ?

- Oh oui ! S'écria-t-il avec son habituel ton exubérant. Oui, oui, oui ! Viens voir dans l'arrière-boutique. Tu vas adorer, c'est obligé ! Viens donc.

Il ne laissa pas vraiment le choix à Harry et l'attrapa par le poignet pour le tirer derrière lui. Harry se laissa faire, habitué, devant le regard inquisiteur de Draco. Le forgeron passa une porte, puis une autre avant de le lâcher dans la pièce un peu sombre. Il ouvrit les volets de la fenêtre et Draco put voir qu'il s'agissait d'une sorte d'entrepôt. Des dizaines d'armes des couteaux, des épées, des boucliers, des massues, des haches et bien d'autres. Mais aussi des habits toujours surplombés de métal protecteur. Il pouvait voir des cotes des mailles, des plastrons…

- Place-toi là, dit-il en le prenant par les épaules pour le placer devant une grande armoire. Voilà, tu es prêt ! Elle est juste pour toi, faites à ta taille. Tu m'en diras des nouvelles. Je veux que tu l'as teste dès aujourd'hui. Me le promets-tu ?

- Seulement si ce n'est pas d'une couleur douteuse, Ferys, tu le sais très bien.

- Mais oui, mais oui !

- Bien sûr que oui, la dernière fois tu as voulu me faire porter quelque chose de jaune-orangé. Pas vraiment discret !

- Je t'ai déjà dit que c'était la faute du teinturier.

Draco rit et se posa sur l'embrasure de la porte en croisant les bras. Il avait l'impression que les deux hommes se connaissaient depuis des années alors que cela ne faisait qu'à peine trois mois qu'ils étaient ici. Mais il ne dit rien, préférant les laisser faire.

- Bon, tu es prêt ? Lui demanda-t-il, la main sur la poignée.

- Ferys, dépêches-toi s'il te plaît, je n'ai pas que ça à faire.

- Allons Harry, justement nous n'avons que ça à faire ! Se mêla Draco pour l'embêter un peu.

Il lui jeta un regard noir puis finalement le forgeron ouvrit la porte de la grande armoire et le soleil illumina la longue tenue à l'intérieur. Harry écarquilla les yeux, la bouche grande ouverte. Son regard complètement hypnotisé se posa sur la tenue noire et rouge. Sur le mannequin, il put voir une robe surplombée d'une capuche en pointe. Il portait un plastron magnifiquement dessiné de reliques anciennes dont le forgeron lui-même ne pourrait en dire la signification. Sur le moment, il avait juste trouvé les dessins d'une splendeur inégalable. Il y avait des gants et des bottes, des épaulières de la même constitution. Et une ceinture rouge de métal portant une espèce de « A », sans barre du milieu. Harry trouvait cela magnifique, il ne put s'empêcher de toucher le vêtement d'une légèreté incroyable.

- Voilà, ah, ah ! Je savais que cela te plairait. J'ai mis des jours à la fabriquer mais cela en valait la peine. Veux-tu la porter tout de suite ?

- Avec plaisir, minauda Harry, les yeux toujours rivés sur la tenue.

Il retira sa ceinture, sa veste puis son étui pendant et enfin son haut. Draco écarquilla les yeux. C'était la première fois qu'il le voyait torse nu et il ne s'attendait pas du tout à cela. Il avait des cicatrices sur son dos, petites mais visibles, signe des combats qu'il avait menés. Il était tellement musclé que le blond se demanda comment il avait réussi à le cacher. Il savait pourtant parfaitement que grimper ainsi sur les murs ne pouvaient se faire avec des bras tout fins mais pourtant, il n'avait pas pris une seule seconde pour s'arrêter et remarquer… combien Harry pouvait être beau.

Il se retourna brusquement, sans que les deux autres ne le remarquent et s'appuya contre le mur du couloir, la main sur la bouche, sous le choc. Bon, il y avait un problème. Il venait de trouver Harry, beau. Oui bon, Blaise aussi l'était, il s'en fichait. Mais là, son cœur venait de s'accélérer et surtout il avait eu un gros coup de chaud. C'était vraiment… vraiment étrange.

De son côté, Ferys habillait soigneusement Harry. Il l'avait déjà vu en caleçon, cela ne le gênait pas pour un sou. Il le revêtit d'un pantalon de soie noir et de sa chemise blanche. Puis l'aida à enfiler la veste. Harry joua quelques instants avec la capuche, il la trouvait classe comme jamais. Il souriait bêtement. Il n'aurait pu penser que Ferys aurait fait autant juste pour lui. Le forgeron l'équipa du plastron avant d'ajouter une ceinture dorsale où l'avant était composé de trois lanières pour y glisser ses couteaux.

- Là, tu es parfait !

Harry se regarda dans le miroir avec admiration.

- C'est vrai magnifique. Mais la cape ne va-t-elle pas me gêner ? Je la trouve un peu longue.

- Non, non, justement. Elle est parfaitement ajustée à ta hauteur. Tu verras quand tu l'as testera. En attendant, j'ai dans l'idée dans fabriquer d'autre et de les commercialiser. Alors tu me feras le plaisir de m'envoyer tous tes ressentis ! Ce sera la seule chose que je te demande en échange.

- Mais…

- Non, non, non, Harry. Tu fais déjà tant pour moi. Après tout, tu es mon mannequin préféré.

Harry bouda légèrement mais n'arrivait à se dépêtre de son sourire. Il était plus que ravi. Ce vêtement était une pure merveille. En plus d'être pratique, il était plus souple, plus léger et il était certain que dans le noir, il passerait inaperçu. Ferys prit une lanière pendouillant et lui montra en disant :

- Je sais que tu n'aimes pas les épées, mais si un jour tu souhaiterais en posséder une, il ne te reste qu'à rabattre ça ici, et le tour est joué.

- Merci, Ferys ! Un grand merci.

- Ah ah ! Mais de rien. Bon, à ton ami ! Où est-il d'ailleurs ?

Ils se retournèrent vers la porte mais Draco avait disparu. Ni là, ni dans le couloir.

- Je crois qu'il a fui, rit Harry. Je pense que tu fais légèrement peur, Ferys.

- Mais ! S'exclama-t-il. C'est impossible, mon génie et moi-même ne pondons que des choses de qualités et de merveilles. Quel rustre, crois-moi, je le retrouverais et il va m'entendre.

Harry secoua la tête, cet homme le désespérait autant qu'il l'appréciait. Il resta tout de même surpris. Pourquoi son ancien ennemi était parti ? Il se le demandait. Il haussa les épaules et sortit de la forge après un dernier remerciement à l'encontre du forgeron et de son apprenti. Le brun, dans son nouvel habit ne passa pas inaperçu très longtemps. Il s'amusa en rabattant la capuche sur sa tête. Il ressemblait à un véritable guerrier de l'ombre ainsi. Il partit pour la forêt, heureux de commencer à tester ses nouvelles bottes plus que confortables. Et c'est dans la bonne humeur qu'il s'amusa à grimper dans les arbres, courir et sauter.


93ème jour - Trois mois et 2 jour.


Blaise riait encore sous sa cape en voyant Merlin qui rougissait et fuyait son regard. C'est que le petit homme était timide. Arthur avait vraiment trouvé chaussure à sa botte. Après tout, il lui était complètement soumis à lui, l'homme assuré et dominant.

- Allez, merlin, réjouis-toi. Tu vois bien qu'Arthur fait tout pour te combler. Il faut bien qu'à moment où un autre tu lui rendes la pareille.

- Comment ça ? demanda-t-il, complètement innocent.

- Et bien… Tu sais bien…

Merlin écarquilla les yeux avant de les fermer fortement et secouer la tête négativement.

- Hors de question. Ce n'est pas parce que nous sommes deux hommes qu'il faille que nous nous dépravions.

- Dépraver ? Que veux-tu dire ?

- Arthur ne peut consentir à s'enterrer dans le péché.

- Tu veux dire que vous ne couchez pas avant le mariage ?

- Seuls les hommes de peu de dignité font cela.

- Oh ! Feint Blaise en se tenant le cœur d'une main. Tu viens de me poignarder.

Il rit alors que Merlin ne comprenait pas. Cependant, il n'allait pas vraiment lui faire un dessin. Il se contenta d'hausser les épaules avec un doux sourire. Ne pas coucher avant le mariage, c'était dépassé. Oui, bon, c'est vrai qu'ils étaient dans l'époque où cela était tout à fait normal. Il ne pouvait malheureusement rien y faire mais il était hors de question pour lui de suivre cette loi. Il pensa immédiatement à Ron et cela l'attrista. Il ne lui avait pas parlé depuis l'étrange combat à l'entraînement. Cette fois-là où il l'avait embrassé sur la joue comme une douce promesse, avant de s'enfuir. Ron était tellement affectif avec tout le monde… Il ne savait pas vraiment quoi penser de ce qui avait réchauffé son cœur en l'espace de quelques secondes.

Plongé encore dans ses pensées les plus tristes, il ne sentit pas arrivé plusieurs hommes derrière lui. Mais le cri de Merlin l'alerta. Il se retourna mais n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit qu'il se prit un coup puissant de crosse d'une épée. Il eut juste le temps de voir Merlin se faire recouvrir le visage d'un sac en [papier] avant qu'il ne le jette sur une épaule. Puis lui-même se fit recouvrir et transporter. Il resta assez éveillé pour entendre quelqu'un murmurer :

- C'est bon. On l'a, maintenant rentrons et vite.

- Que fait-on de l'autre ?

- Nous le prenons aussi. Nous devons avoir une longueur d'avance avant qu'il ne remarque sa disparition. Si jamais il trouve celui-ci, ou qu'il se réveille, nous perdrons cette chance de mettre de la distance entre eux et nous.

Blaise sentit du sang couler de sa tête et il s'endormit. La dernière pensée valide qu'il émit fut celle pour Ron. Il se demanda s'il serait inquiet pour lui ou pas.


94ème jour - Trois mois et 3 jour.


Le lendemain, Arthur tournait en rond dans sa chambre. Mais où se cachait donc ce fichu sorcier… Il l'avait cherché toute la journée d'hier et aujourd'hui, sans succès. Et puis Lancelot lui avait dit que Blaise l'avait accompagné pour le rejoindre. Mais ni Merlin, ni Blaise n'étaient venus à lui. Et jusqu'à maintenant, aucun des deux n'était trouvable. Arthur avait très mal dormi, si ce n'est dire peu. A peine une heure ou deux. Ron était parti à leur recherche, tout aussi inquiet. Et puis, il eut l'illumination. Il sortit en courant de sa chambre et rejoint l'atelier de Gaius. Ce dernier s'activait.

- Ah Arthur ! Je vais faire un tour dans le village. Merlin n'est toujours pas rentré. Il va avoir du travail en retard. Je vais lui tirer les oreilles.

- Gaius, où est Harry ou Draco ?

- Et bien, Harry est parti dans la forêt. Il cherche Merlin et Blaise et Draco je ne l'ai pas vu. Je crois qu'il est parti voir Severus et Neville. Eux aussi ont disparu.

- Ce n'est pas possible, mais qu'est-ce qui leur prend de disparaître comme ça sans donner suite.

Continuant de bougonner dans sa barbe inexistante, le roi s'empressa de redescendre jusqu'aux écuries. Il attrapa son cheval et son épée et sortit précipitamment. Le roi retrouva facilement Draco aux portes de Camelot.

- Tu es là.

- Arthur ? Oui, que se passe-t-il ?

- Merlin a disparu.

Draco écarquilla les yeux. Puis il sourit doucement.

- Ne serait-il pas juste en train de vous fuir, comme à son habitude ?

- Non, non tu ne comprends pas. Blaise aussi. Ils ont tous les deux disparus après que ton ami l'a accompagné dans le but de venir me voir, hier. Ne penses-tu pas que… Que cela a un rapport avec la vision que vous avez vu ? Merlin n'aurait pas disparu comme ça. Ce n'est pas son genre.

- Calmez-vous Arthur ! Attendez avant de tirer des conclusions hâtives. Ce n'est pas parce que nous avons vu que quelqu'un se faisait enlever que cela doit forcément arriver.

- Aide-moi à le retrouver s'il te plaît, tu ne connaîtrais pas un sort ou une potion qui me permettrait de savoir où il se cache ?

Le blond fit la moue. Il chercha dans sa mémoire mais n'avait jamais entendu parler d'un quelconque acte magique qui permette de ça. Et pourtant des millions de connaissances se bousculaient là-dedans.

- Désolé, mais je ne vois pas comment…

- Arthur ! S'écria Ron en courant vers lui. J'ai cherché partout, Blaise est introuvable. Ainsi que Merlin. Il est toujours avec Lancelot d'habitude, et personne ne l'a vu. Blaise n'a pas pris son service ce matin. Aucune de ses affaires n'a bougé de son lit, ni de ses placards.

- Bon, murmura Draco. C'est vrai que là, c'est plus qu'inquiétant. Il faut que j'aille voir Harry.

- Pourquoi ?

- La seule façon de vous aider et d'avoir une autre vision. Si on se concentre assez, peut-être que nous arriverons à voir quelque chose.

- Vous avez déjà tout tenté, cela n'a rien donné.

- Oui, mais nous avons quelque chose en plus, aujourd'hui.

- Quoi donc ?

- Le stresse de perdre des amis.

Arthur hocha de la tête et il monta sur son cheval. Il lui tendit la main et fit Draco monter derrière lui.

- Ron, prévient les chevaliers. Si cela ne donne rien avec Harry et Draco, nous partirons sur le champ au château de Fyrien.

- D'accord, fit le roux en faisant demi-tour et courant vers le château.

- Je ne peux me permettre de perdre Merlin. Dit le roi tout bas, plus pour lui-même que quelqu'un d'autre.

Il partit au galop pour la forêt. Retrouver Harry ne fut pas une mince affaire. Ils le trouvèrent dans un arbre, les yeux plissés, le regard concentré. Il avait l'air de savoir où regarder, car il ne cherchait pas ailleurs.

- Harry !

Le brun les regarda rapidement et sauta sur une branche plus en bas. Il attrapa la suivante d'une main et se rétablit sur le sol dans une roulade avant. Il laissa tomber sa capuche devant le regard ahuri de Draco. Il ne l'avait pas vu depuis la veille. Ni lui, ni sa nouvelle tenue. Il en ressortait tant de prestance et d'assurance que Draco se sentit soudainement plus petit que lui.

- Arthur, je crois que notre vision vient de se réaliser. Dit-il précipitamment.

- Comment peux-tu en être sûr ? Demanda le blond en descendant de cheval.

- Je n'en sais rien, au contraire, je n'ai que de vagues empreintes de chevaux. Mais cela ne peut pas être une coïncidence. Que nous ayons cette vision et quelques jours plus tard, Merlin disparaisse. Tu te souviens que Morgana voulait absolument savoir qui était Emrys. Et il l'a annoncé publiquement que c'était lui. C'était sûr qu'elle finirait par chercher à le kidnapper ou le tuer.

- Que penses-tu qu'elle va lui faire… fit Arthur le plus calmement possible même si on pouvait sentir le léger tremblement dans sa voix.

Harry haussa les épaules. Il ne savait pas du tout. Il ne comprenait pas vraiment les agissements de Morgana. Il ne savait pas ce qu'elle voulait réellement, malgré ce qui lui avait été dit sur elle. Ce n'était pas comme avec Voldemort. Il ne pouvait rien prévoir ou savoir à l'avance. Enfin, à part avec l'aide de Draco.

- Bien. Nous allons à Fyrien récupérer Blaise et Neville.

- Attendez… Les traces… Je ne suis pas sûr qu'elles aillent jusqu'à Fyrien. Mais Yvain et Ron sont de meilleurs limiers que moi. Ils vous diront.

Arthur hocha juste la tête. Il se mit ensuite à réfléchir, puis il se tourna vers Draco, toujours sur le cheval.

- Avec le nouveau traité de paix, rassembler une armée en avant pour combattre dans un quelconque royaume ferait soulever trop de questions et d'incertitudes. Préviens Ron et mes chevaliers. Nous partirons en petit nombre pour mieux nous infiltrer. Nous les attendrons ici. Toi, tu resteras au château avec le reste des chevaliers de Camelot pour y prendre soin.

- Mais, s'exclama Draco alors que ses yeux déviaient inévitablement sur Harry. Je…

- S'il te plait, Draco. J'ai grande confiance en toi. Je serais alors que Camelot est entre de bonne main et n'aurait pas besoin de penser à cela quand je serais là-bas.

- Il faut aussi que quelqu'un reste pour Neville et Severus. Ajouta le brun en souriant doucement. Tout ira bien, ne t'inquiète pas. On récupère nos deux amis, et on rentre.

Sa Némésis le regarda intensément. Il n'avait absolument pas envie de le laisser partir. Mais il hocha la tête et souffla un d'accord peu vrai. Il fit faire demi-tour au cheval et l'élança au grand galop.

- Arthur… murmura Harry. Ils ont un jour d'avance… Ne crois-tu pas que…

- Je ne laisserais pas Morgana faire du mal à Merlin. Je le retrouverais, quoiqu'il m'en coûte. Allons-y, ils nous rattraperont à chevaux.

Le brun le suivit. Il avait l'air tellement déterminé qu'il était sûr qu'il ne le ferait pas changer d'avis. Quelques minutes plus tard, alors qu'ils pensaient être perdus, le roi se précipita un peu plus loin. Il ramassa le long foulard rouge de Merlin, celui qui ne le quittait jamais. Il sourit en se disant qu'il avait sans doute fait exprès de le laisser tomber. Parce qu'il savait combien il aimait ce foulard. Cela leur remit un peu d'espoir dans leur cœur et fit presser leur pas. Harry et Arthur imprimèrent les traces de chevaux et de pieds. Ils savaient maintenant où aller sans douter.

Comme l'avait prédit Arthur, Ron et les chevaliers les rattrapèrent rapidement. Ils avaient suivi les indications de Draco pour les retrouver. Harry sauta derrière Ron alors que Lancelot tendit le cheval d'Arthur qu'il lui avait ramené. Une fois en route, Ron se retourna légèrement vers Harry et lui dit :

- Je ne sais pourquoi, mais ils sont lents.

- Ils ne pensaient peut-être pas que nous partirions immédiatement à la recherche de Merlin… Après tout, si nous n'avions eu cette vision, nous serions nous seulement inquiété ?

- C'est vrai, tu as raison. Merci Harry.

- De quoi ? S'étonna son ami.

- Si… s'il arrivait quoi que ce soit à Blaise… Je ne sais pas ce que je ferais.

Harry sourit doucement. Il savait bien que son ami finirait par comprendre. Il ne lui restait plus qu'à le dire à Blaise. Pas trop tard, ce serait le mieux.


94ème jour - Trois mois et 3 jour.


Merlin et Blaise étaient en train de marcher difficilement. Leurs poignets attachés aux cordes qui les reliaient aux chevaux, Aggravain ne leur laissait pas le temps de souffler. Ils avaient tout autour d'eux, une dizaine de soldat. Merlin avait été prévenu. Au moindre petit sort, ils avaient l'ordre de tirer leurs flèches sur eux et de les abattre sans se poser de question. Même si Blaise lui avait demandé de fuir, il n'avait pas pu se résigner à tenter l'impossible. Il pensait attendre que la nuit tombe mais quand ils s'arrêtèrent pour quelques heures de sommeil, ils furent endormi et pas de la façon la plus douce.

Ils marchaient encore et encore sans savoir où ils allaient. Merlin pensa d'abord qu'il rejoignait Fyrien mais en vrai, il n'avait toujours pas quitté Camelot. Et c'est en bordure du royaume qu'ils s'arrêtèrent. Les deux prisonniers étaient exténués de ses deux jours de marche/course intensifs. Merlin se laissa glisser au sol et soupira. Pourquoi se donner la peine de les emmener jusqu'ici au lieu de le tuer directement. Que voulait lui dire Morgana pour que ce soit si important au point de se montrer face à lui. Sachant maintenant pertinemment qui il était, à quoi cela servait de papoter ?

Cependant, il avait aussi une autre idée en tête, un espoir certes futile mais qui restait quand même grand en lui. Parce que c'est ainsi que Merlin était. Un homme plein d'espoir et de pardon. Il souhaitait de tout cœur pouvoir lui parler et atteindre la lumière en elle. Si c'était sa dernière chance, il la saisirait de toutes ses forces.

Discrètement, il traça de son doigt une flèche, il ne savait pas pourquoi il faisait ça, il ne savait si Arthur le retrouverait ou s'il était seulement parti à sa recherche, mais il pensa que c'était le mieux à faire. Si cela pouvait sauver Blaise. Il continuerait à guider les chevaliers.

- Lèves-toi, Merlin, nous repartons. Souffla Blaise en l'attrapant par le bras. Ne t'inquiètes pas, tout ira bien.

Il hocha la tête et s'aida du noir pour se remettre sur ses pieds. Il jeta un dernier coup d'œil à la flèche après que tous les hommes soient passés. Elle était encore là et bien net. Il sourit légèrement. Enfin, Aggravain les mena dans une grotte. Une immense grotte qui lui parut légèrement familière. Il avait cette sensation d'être déjà venu ici. Blaise jetait des coups d'œil partout. Cela se voyait qu'il cherchait une échappatoire ou juste savoir comment sortir de là une fois libre. Après quelques dédalles de couloir, ils arrivèrent dans une caverne plus spacieuse, encombré de chose et d'autre. Et en son centre, Morgana était là, ainsi que Mordred, juste derrière.

Quelque chose avait changé chez elle, Merlin le remarqua immédiatement. Elle avait l'air plus froide et plus dur qu'à l'accoutumé. Son éternel sourire diabolique avait disparu de son visage. Il ne restait rien d'elle, que la colère et la haine. C'est là que Merlin comprit qu'il ne pourrait rien faire. Morgana était bien trop perdue dans les ténèbres. Blaise à ses côtés, défia la jeune femme avec un regard mi-intrigué, mi-perplexe.

- Merlin… Murmura-t-elle alors même qu'il n'était pas encore assez proche. Ou devrais-je dire Emrys. C'est donc toi. Tout ce temps où je te cherchais…

- Morgana…

- Pourquoi ? Hurla-t-elle soudainement. Pourquoi m'as-tu caché ta vraie nature ? Alors même que j'avais tant besoin de toi ! Pourquoi ?

- Morgana, je suis désolé. Je ne pouvais pas… te dire… Je ne pouvais le faire à personne.

Merlin plissa soudainement les yeux et dévia sur Mordred. Il était avec elle… Il ne lui avait rien dit. Peut-être y avait-il une chance pour que lui puisse s'absoudre.

- Tu étais là, devant moi tout ce temps. Tu m'as vu dépérir. Tu m'as vu être chassée de chez moi.

- C'est toi qui t'es enfuie, Morgana.

- Comment aurais-je pu rester ? Si Uther avait su…

- Tu aurais pu rester. Si tu étais resté, si tu n'avais ne serait-ce que voulu de notre aide, je t'aurais aidé.

- Et cacher à jamais mes pouvoirs ? Jamais !

- Alors ne te plains pas de ce qui t'es arrivé. Si tu as rejoint les ténèbres, ce n'est pas de ma faute. C'est de la tienne…

Morgana écarquilla les yeux. Puis son visage se ferma. Une vague d'effluves noirs l'entoura et elle leva la main. Merlin fut projeté quelques mètres plus loin et s'écrasa contre la roche. Il se tapa la tête et se l'ouvrit, laissant un filet de sang couler sur son front. Blaise hurla et voulut le rejoindre mais Aggravain tira sur sa corde et le fit tomber à terre. Merlin s'était évanoui. Morgana avança lentement vers lui et posa un pied sur son corps pour le retourner. Elle le fixa longuement avant de murmurer :

- Si c'est ce que tu penses, je vais te montrer combien tu as tort. Tu es l'unique responsable de ce qu'il m'est arrivé… Et je vais te le faire payer. Ensuite, je m'occuperais d'Arthur, et Camelot sera à moi.

- C'est toi qui a tort, cria Blaise en se débattant pour se relever.

Morgana se retourna vers lui. Elle le dévisagea sans un mot.

- Camelot ne sera jamais à toi. Continua le noir. Quand bien même monterais-tu sur le trône… Camelot n'est pas qu'un royaume ou un château. Sans le peuple, elle n'aurait pas de nom. Sans le peuple, tu n'es reine de personne.

- Qui a dit que j'avais envie d'être reine d'un peuple naïf et craintif. Je serais reine du mien. Et une fois Camelot emplie de mes fidèles, je régnerais sur Albion tout entier. Maintenant, tais-toi. Je n'ai rien contre toi, alors si tu ne veux pas que je te fasse tuer sur le champ, tu ferais mieux de garder tes remarques pour toi.

Le Serpentard serra les dents. Il regarda Merlin dont la blessure avait cessé de couler. Heureusement, d'ailleurs. Il aurait tout de même voulu le soigner. Il fallait qu'il trouve un moyen de sortir de là. Mais il n'était pas Draco, ni Neville. Il n'avait pas appris à faire de la magie sans baguette et sans sort. Il ne pouvait que rester là et écouter.

Morgana se tourna vers Aggravain et ses hommes.

- Vous tous, allez surveiller l'entrée. Aggravain, tu peux retourner à Fyrien, je m'occupe du reste.

- Ma reine, je ne te laisserais pas ici seule.

- Mordred est avec moi. Ça ira.

- Non…

- Aggravain ! Fais ce que je te dis ! Immédiatement. Je n'aime pas savoir mon armée sans chef. Va et dépêche-toi.

L'homme serra les poings puis fit volteface dans un grand tournoiement de cape noire. Il ne resta plus à l'intérieur que Blaise qui avait pu rejoindre Merlin, ce dernier, Morgana et Mordred. Blaise déchira un pan de sa veste et l'appliqua avec soin sur la blessure de Merlin. Il posa sa tête sur ses genoux.

- Pourquoi fais-tu ça. Murmura-t-il à l'adresse de la reine des ténèbres.

Morgana invoqua une chaise et s'assit tranquillement dessus. Elle mit un moment avant de répondre.

- Camelot et les Pendragon m'ont tout pris. Un héritage, une maison, des amis… une sœur… C'est à moi maintenant de les priver de ce qu'il pourrait avoir. Et pour Merlin. Juste de la vengeance…

- Est-ce que cela te satisfait ? Arthur est en droit de t'accorder son pardon.

- Tu n'as pas compris, je crois. Je ne recherche aucun pardon.

Blaise ne dit plus rien. Il caressa la joue de Merlin en espérant qu'il se réveille vite. Il pourrait avoir l'ascendant sur Morgana. Il comptait sur lui en tout cas. Mordred s'avança et se pencha vers lui. Blaise resserra sa prise sur le corps endormi. Il savait que le jeune druide avait rejoint l'élite de Morgana après qu'Arthur est fait tuer celle qu'il aimait, mais il n'arrivait pas à déchiffrer son comportement. Finalement, le druide murmura juste :

- Je ne vous ai jamais vu, toi et tes amis auparavant. Qui êtes-vous ?


A suivre...


Oh la la ! Que de suspens ! Où Ciel emmène-t-il Sev et Nev ? Arthur arrivera-t-il à temps pour sauver Merlin. Ron se rendra-t-il compte qu'il est fou amoureux de Blaise ? Mordred serait-il peut-être gentil ? Que de questions ! ;)

A bientôt,

Personne ne l'a jamais connue.