Chapitre 16 : Les jours sombres.
102ème jour - Trois mois et 11 jour.
Arthur se réveilla en grimaçant. Au-dessus de lui, Gauvain le secouait comme un prunier. Il avait recouvert ses blessures à la main et à la tête de bandages. Il était couvert de poussière noire que la sueur avait collée sur son visage et de sang.
- Arthur ! Merlin est parti, tu dois le rattraper, il ne nous écoute pas.
- Quoi ?
Paumé, le roi tenta de se lever. Il vacilla un moment, la tête lui tournait comme jamais. Gauvain le rattrapa avant qu'il ne retombe et il prit un instant pour aller mieux.
- Pourquoi est-il parti ?
Il se tint la tête en grimaçant de douleur. Gauvain défit le nœud qu'il avait eu du mal à faire avec Arthur inconscient pour le resserrer un peu plus fort sur sa blessure.
- On ne sait pas mais Arthur… Ils étaient noir… Ses yeux étaient complètement noirs. C'était comme si… Ce n'était plus Merlin.
Le roi se tétanisa sur place.
- Il est parti où ?
- Il a suivi la trace de Morgana ! Par-là, je vais te montrer.
Les deux hommes s'élancèrent rapidement. Quand Arthur passa devant le cercle, il fut surpris de le voir complètement détruit mais il ne s'arrêta pas. Il vit ses chevaliers au loin, les blessés puis les morts et enfin se secoua brusquement.
- Lancelot… Gauvain, où…
- Mort, Arthur… Il nous a tous sauvé. Tu dois retrouver Merlin. Je suis sûr qu'il t'écoutera toi !
Son cœur se serra. Il le savait pourtant. Il ne comprenait pas pourquoi il avait fait ça, ni comment mais il suivit le chevalier en reprenant sa course. La douleur n'était plus un souci. Pourquoi Merlin avait-il soudainement sombré dans les ténèbres ? Il espéra de tout cœur pouvoir l'en sortir. Ils ne mirent pas longtemps à rattraper Merlin et ce que vit Arthur, l'effraya au plus haut point.
Ron était là, cherchant par tous les moyens de l'atteindre mais rien n'y faisait. Chaque fois, il le repoussait violemment. Devant l'enchanteur, les soldats de Morgana s'étaient mis devant elle pour la protéger. Ils attaquaient par dizaines mais ils étaient déchiquetés en mille morceaux en l'espace de quelques secondes. Plus de la moitié de son armée avait été décimée de la sorte. Aggravain prit Morgana et partit au grand galop, Mordred juste derrière eux. Cela ne semblait déranger Merlin qui continuait d'avancer vers eux dans un pas lent.
- Merlin, hurla Arthur.
Il l'attrapa par derrière et sentit une force le plaquer au sol avec violence. Il leva la tête et essuya le sang qui avait coulé de sa bouche. Ron l'attrapa par le bras et le releva.
- Cela ne sert à rien, j'ai tout essayé. Il est déterminé à tout détruire.
Arthur le repoussa. Il était hors de question qu'il le laisse ainsi. Il ne pouvait pas le perdre. Les soldats qui avaient remarqué que leur reine s'était enfuie commencèrent à faire de même. Arthur profita de l'agitation pour contourner le brun et se placer devant. Le visage de Merlin était méconnaissable. Des yeux noirs, des traits noirs qui parsemaient sa peau blanche comme lorsque Neville était empoisonné. Le roi leva les bras de part et d'autre de lui.
- Merlin, je t'en prie…
Un coup de vent le fit reculer mais il planta la pointe de ses pieds dans la terre et mit les bras pour se protéger le visage. Il avança encore.
- Merlin ! Je sais… Je sais que tu es en colère… Je sais ce que c'est. Tu as envie de te venger.
Le vent se fit plus violent, Arthur trébucha, se releva bien vite.
- Je sais… Mais… Pas comme ça.
L'enchanteur s'arrêta de marcher, hésitant. Il cligna plusieurs fois des yeux. Puis il prit sa tête entre ses mains et hurla de douleur. Arthur en profita pour franchir la distance qu'il lui restait. Il le vit s'effondrer lentement et il le rattrapa dans ses bras. Merlin pleura chaudement.
- Pas comme ça… Murmura Arthur en le serrant aussi fort qu'il put dans ses bras.
Merlin posa la tête sur son torse.
- Ar… thur…
Ses traits commencèrent à s'effacer et ses yeux redevinrent bleus ciel. Il serrait le haut du blond aussi fort qu'il pouvait. Le blond embrassa sa tempe, le berçant lentement.
- Tu es vraiment puissant, essaya-t-il de rire alors que ses larmes se tarissaient.
- Je croyais t'avoir perdu, hoqueta l'enchanteur. Je croyais que tu étais mort. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris… J'ai eu soudainement… Tant de haine en moi. Je voulais sa mort.
Merlin ouvrit un œil et s'épouvanta des corps parsemés un peu partout. Etait-ce lui qui avait fait tout ça ? Tout était embrouillé dans sa tête. Il se souvenait s'être effondré après qu'Arthur se soit rué vers le portail et puis plus rien. Des bribes de paroles incohérentes et des hurlements de terreur. Il se rappelait que Morgana était verrouillé comme une cible qu'il se devait éliminer. Arthur cacha sa tête dans ses vêtements. Il n'avait pas besoin de voir ça.
Les chevaliers arrivèrent, perplexes et Yvain aida Ron à tenir debout. Arthur se tourna vers lui, maintenant que tout était fini.
- Tu m'as tiré dans la main ! Grogna-t-il.
- A ma défense, sourit tristement Ron, je devais mourir, je me fichais des conséquences.
- Qu'est-ce qui t'es passé par la tête ?
Le roux se tourna vers les chevaux qui transportaient les corps des morts et des blessés.
- La même chose que Lancelot sûrement…
Arthur baissa les yeux. Il aurait voulu savoir comment ils avaient su que cela marcherait. Mais en vrai, il s'en fichait. Il ne pensait qu'à Lancelot et son acte héroïque. Son visage se plissa de tristesse et il le plaqua contre l'épaule de Merlin. Il ne souhaitait pas que ses chevaliers le voient ainsi et pourtant il n'était pas le seul à pleurer. Gauvain affichait ses larmes sans honte. Il pensa à Léon qui ne savait rien encore et puis son cœur manqua un battement quand le visage de Guenièvre passa devant ses paupières closes.
Où allait-il trouver le courage de lui annoncer la nouvelle ?
102ème jour - Trois mois et 11 jour.
Les soldats avaient regagné leur tente ou le château. Ils resteraient en place jusqu'à ce que leur roi rentre. Léon ne pouvait savoir par quelle magie les démons avaient disparu. Il préférait ne pas prendre de risque en enlevant l'état d'alerte. Blaise était reparti se coucher, encore tremblant de fièvre. Seuls Draco et Harry subsistaient encore dans le champ de poussière. Harry était toujours dans son arbre. Il regardait l'horizon à la recherche d'un infime indice sur le retour du roi, Merlin, Ron, ainsi que tous les chevaliers. Le blond s'était assis à terre, le dos contre l'arbre, les jambes semi-allongées et il somnolait par moment. Il ne voulait pas le quitter. Pas quand il était dans cet état-là.
- Tu as mal ? Murmura-t-il.
- Non, dit simplement Harry.
Draco soupira, il pensait qu'il avait compris. Il en doutait maintenant. Des fois, il avait l'impression que le Griffondor prenait Morgana pour un nouveau Voldemort. Alors que ce n'était pas le cas. Combien de fois devrait-il le lui rappeler ? Il n'était pas tout puissant, encore moins ici. Même s'ils avaient appris sur chacun des personnages présents ici-bas, ils ne pouvaient savoir avec exactitude quels seraient les prochains agissements de Morgana. A moins de le voir dans le futur.
- Tu avais raison, chuchota Harry. Tu avais raison depuis le début. J'ai été trop stupide pour ne pas le voir. Ou trop têtu… je crois. Comme d'habitude, je n'en ai fait qu'à ma tête. Et Arthur en a payé les conséquences.
Le blond se réveilla tout à fait et leva la tête vers lui.
- De quoi veux-tu parler ?
- Nous aurions dû nous embrasser dès que le dragon nous l'a dit. Nous aurions… Nous aurions eu cette vision beaucoup plus tôt. Et ils seraient arrivés à temps pour empêcher la porte de s'ouvrir. Tout est perdu maintenant… Nous avons échoués.
Harry resserra ses bras autour de ses jambes.
- Tu n'en sais rien, Harry. Peut-être que Merlin et Ron ont trouvé une solution alternative. Peut-être qu'ils ont réussi à fermer le portail autrement.
Harry leva la tête puis regarda en bas. Draco lui sourit. Il eut voulu qu'il soit sincère et réconfortant, mais ce n'était qu'un triste sourire. Un de ceux que l'on émettait quand tout espoir était perdu. Harry lâcha ses jambes pour venir prendre la branche sur laquelle il était assis.
- Il n'y a qu'un moyen de le savoir, murmura-t-il alors.
Il se souleva sur ses pieds, accroupi, puis se retourna et sauta. Le blond vit son corps arriver à toute allure sur le sien et il sursauta quand le brun atterrit sur lui comme s'il venait de monter un cheval. Il resta perplexe, jamais il n'eut été aussi proche l'un de l'autre. Il n'arrivait pas à faire un seul mouvement. Harry était là, le chevauchant sur les genoux, leurs torses se touchant. Il aurait rougi si son éducation ne fut pas parfaite. Mais elle l'était, aussi il resta juste totalement surpris avant de froncer les sourcils.
- Tu te crois drôle ? M'as-tu pris pour ton cheval ?
Il se félicita pour n'avoir rien laissé passer à travers sa voix. Ni le trouble ni l'excitation qui faisaient battre son cœur comme jamais auparavant.
- Excuse-moi… J'étais pressé.
A contrario, Harry se rendit compte à quel point il venait de faire une bêtise. Il n'aurait jamais pensé que Draco pouvait être aussi… confortable, bandant et surtout hypnotisant. Ils étaient trop prêt l'un de l'autre. Mais la curiosité fut trop forte pour qu'il se détache. Il voulait savoir s'ils étaient toujours en vie. Il se mordit la lèvre et posa se mains sur ses épaules.
- Je peux ?
- Tu sais que si nous avons une vision, ce sera une bonne et une mauvaise nouvelle. Cela voudra dire qu'Arthur et Merlin sont en vie, mais surtout que rien n'est terminé et que nous devrions encore faire face à de nombreux dangers pour les sauver.
Harry hocha la tête. Il le savait. Il fallait qu'il sache… Il ne pouvait plus d'attendre. Draco le sonda un moment avant de se relever et de poser ses lèvres sur les siennes. Il le prit par le dos et Harry baissa un peu plus la tête pour l'embrasser pleinement. Il sourit alors contre sa bouche. Leurs lèvres se frôlèrent, se touchèrent avec hésitation avant de se reprendre à nouveau. Finalement le brun se décala de quelques centimètres, ses yeux encore totalement blancs. Quand ils purent se voir à nouveau, Harry recula, tout à fait gêné.
- C'était…
- Magnifique… finit Harry pour lui alors que son sourire s'agrandissait.
- Je crois que l'on devrait garder cela pour nous. Après tout, il serait dommage d'altérer un si beau futur.
- Tu as raison, hocha le brun.
Il rougit encore et se leva de sur lui.
- Nous devons tout faire pour que cela arrive.
Draco se leva à son tour, le cœur encore rapide. Il plissa sa chemise du plat de sa main, la trouvant soudainement plus qu'intéressante. Harry rit en passant une main dans ses cheveux.
- Je te promets que nous ne ferons pas ça tous les jours, mais si tu peux tenir jusqu'à ce qu'Arthur soit totalement en sécurité…
- Je te signale que c'est moi qui le souhaitait au début, fronça Draco. Ça va, je vais me remettre de quelques baisers avec un homme. Pire, avec toi ! Mais n'en fais pas trop, d'accord.
- Ça ne risque pas, souffla-t-il en levant les yeux au ciel.
Le blond hocha et se retourna.
- Puisque tu vas mieux, je vais rentrer moi aussi.
- D'accord, murmura Harry. Je vais attendre encore un peu.
Le blond lui fit signe de la main sans se retourner. Enfin loin de lui, il put se laisser aller. La tristesse l'envahit. Ils étaient si proches et si loin en même temps. Ses mots étaient à l'opposé de ce qu'il pensait. Tout ce qu'il faisait d'ailleurs. Même s'il s'était promis de ne plus être celui qu'il était autrefois, il ne pouvait s'empêcher de jouer continuellement au manipulateur et au trompeur. Si Harry venait à savoir, il le détesterait à nouveau.
Sur son arbre, ce dernier ne comprit pas sa tristesse soudaine. L'avait-il contrarié ? Oui sûrement, cela ne devait pas être agréable pour un hétéro d'embrasser un homme, quoi qu'il en dise. Et comme il l'avait si bien dit, encore moins avec lui. Mais il était heureux, non seulement du fait qu'Arthur était toujours en vie mais en plus la vision qu'ils avaient eue était juste magnifique. Elle avait remis du baume au cœur du brun. Maintenant qu'il était déterminé, Draco ne devait pas le lâcher. Il devait tenir le coup. Cela faisait maintenant un peu moins d'un an qu'ils étaient liés. Un peu plus ou un peu moins…
102ème jour - Trois mois et 11 jour.
Quand l'aube pointa le bout de son nez, ils arrivèrent à Camelot. Les habitants sortirent immédiatement du château pour les accueillir et les acclamer. Les soldats applaudirent leur roi et Léon fut le premier à le prendre par l'épaule, heureux de le revoir. Neville accourut et attrapa les rênes des chevaux qui portaient les blessés. Il les emmena loin du tumulte pour les premiers soins. Severus et Gaius étaient aussi affairés que lui. Gaius pria aux quelques gardes présents de ramener certains qui auraient besoin de plus de soin dans son atelier.
Les familles commencèrent à chercher leurs proches et les acclamations se remplirent de pleurs. Arthur baissa les yeux, il savait que c'était sa responsabilité et surtout sa punition que de les entendre chaque fois qu'il rentrait de mission mais cela le touchait toujours autant. Et tant mieux. C'était la seule chose qui autrefois le différenciait de son père.
Soudain, il vit Guenièvre. Elle souriait, plus belle qu'elle ne le fut jamais, et applaudissait avec tous. Ses yeux se rougirent alors qu'il tentait de garder le plus d'assurance possible. Merlin prit sa main et il sursauta. Il se tourna vers lui et il lui sourit tristement.
- Je peux le faire… s'il te plaît ? Elle était mon amie la plus proche quand Morgana était encore parmi nous.
Arthur hocha la tête. Il était épuisé, physiquement et psychologiquement. Il ne savait pas comment Merlin tenait encore debout. Il recouvrit sa main de la sienne.
- Rejoins-moi vite, d'accord ? J'ai besoin de toi. Les prochains jours… s'annoncent sombres.
Merlin hocha la tête. Arthur posa un baiser sur sa joue, se fichant totalement des regards qui étaient posés sur eux. Puis il le lâcha et se dirigea vers le château. Merlin se mordit la lèvre et rejoint Guenièvre. Celle-ci lui sauta au cou directement, trépidante comme elle le fut toujours.
- Je suis si heureuse qu'il ne vous soit rien arrivé ! Vous êtes revenu sain et sauf, Arthur et toi, comme toujours. J'ai eu si peur.
- Gwen… Je…
Les larmes montèrent sans qu'il ne puisse rien y faire.
- Je suis désolé. Je n'ai rien pu faire.
La jeune femme se recula et le toisa, tout sourire disparu de son visage. Elle le regarda longuement, alors que ses larmes glissaient sur ses joues. Puis son visage tourna à l'horreur. Elle ouvrit de grands yeux et se mit sur la pointe des pieds pour regarder les arrivants. Elle le chercha… Encore et encore…
- Non, murmura-t-elle.
Elle poussa Merlin, tous les habitants qui se mettaient en travers d'elle et le cortège des chevaliers. Elle le chercha des yeux mais ne trouva rien du tout. Juste Léon et Blaise, effondrés. Quand il la vit, ils essayèrent de la retenir, en vain. Elle s'agenouilla devant le corps et ôta sa cape. Ses larmes débordèrent. Rien ne fut plus traumatisant pour Merlin que de l'entendre hurler sa peine. Il se dit… que cela aurait dû être lui. Lui devant Arthur… Il se dit que jamais il n'oublierait son geste. Jamais…
Harry sauta au cou de Ron. Celui-ci sourit doucement.
- Ne refais plus jamais ça !
- On va dire que nous sommes quittes maintenant.
Harry hocha la tête contre son épaule.
- Harry, avant que tu ne l'apprennes par quelqu'un d'autre, j'ai essayé de prendre sa place. A Arthur. Mais Lancelot m'en a empêché en me mettant un grand coup à la tête.
- De prendre la place d'Arthur ?
- Quand vous avez dit que seul le sang d'Arthur pouvait refermer la porte. Je me suis dit que si j'emmenais avec moi un peu de son sang, cela suffirait… Et je crois que Lancelot a eu la même idée.
- Est-ce que… Est-ce que tu as pensé une seule seconde au fait que cela ne pouvait peut-être pas marcher ?! Hurla Harry, en colère.
Le roux sourit en le prenant par les bras. Il hocha la tête.
- Je devais prendre le risque.
- Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé !?
- Harry, je te connais trop bien. Si tu l'avais su, tu y serais allé !
- Bien sûr que je…
Le brun baissa la tête. Il posa son front sur le torse du roux.
- Tu n'es qu'un imbécile de Griffondor. Toujours à foncer sans réfléchir.
- Oui… J'ai un petit peu blessé le roi, aussi. Je crois qu'il m'en veut.
Harry sourit. La fatigue montait pour tous les deux, Harry n'ayant pas dormi de la nuit pour les attendre. Ron tourna la tête vers le corps de Lancelot et repoussa légèrement son ami.
- Excuse-moi.
Le brun le vit s'approcher lentement de Blaise et poser une main sur son poignet. Le noir se retourna et son visage s'éclaira. Il lui sauta au cou. Le brun sourit un peu plus quand Ron l'embrassa avec légèreté. Ils s'étaient enfin trouvé.
- C'est pas trop tôt, soupira la voix traînante de Draco à ses côtés. Il était temps qu'ils finissent ensembles ses deux-là. Ils commençaient à devenir franchement irritants !
Harry leva la tête vers lui.
- Oui, c'est vrai… Et puis je crois que Blaise va en avoir besoin. Lancelot… va énormément lui manquer.
- Comme à tous, souffla Draco.
Il le regarda un instant, le cœur au bord des lèvres et s'exclama :
- Harry, je…
Le brun pencha la tête sur le côté et l'interrogea du regard. Il hésita longuement puis finalement secoua la tête.
- Non… Rien… Juste une pensée qui me traversait l'esprit. Ce n'est rien.
Harry haussa les épaules, sans comprendre. Merlin passa à côté d'eux et Harry se retint de l'appeler. Les explications pourraient attendre. Ils avaient tous l'air fatigué. L'enchanteur lui sourit juste, si faiblement qu'Harry eu peur de se tromper. L'enchanteur partit voir Neville qui avait fait des miracles chez certains. Il posa une main sur son épaule alors que le brun s'essuyait le visage, en sueur. Le soleil était maintenant bien haut et, malgré le début de l'automne, il réchauffait encore considérablement le pays.
- Neville, fais attention. Nous pouvons guérir normalement aussi. Ne t'use pas à la tâche s'il te plaît.
Le brun fronça les sourcils sans lui répondre. Non, il ne pouvait pas. Il était ici pour ça après tout. C'est tout ce qu'il pouvait faire de mieux. C'est tout ce qu'il pouvait offrir à Camelot. Il n'allait pas flancher maintenant que l'on avait besoin de lui. Il fit un micro sourire à Merlin, espérant le rassurer sur son état de santé puis retourna à son travail.
Quand ils furent tous soignés, sauf les plus graves cas, Neville était fatigué magiquement. Severus le rattrapa juste au moment où il comptait rejoindre Gaius, lui enserrant les poignets.
- Ça suffit ! Le gronda-t-il. Tu ne tiendras pas si tu continues. Je te signale que chaque blessure te rend plus fragile.
Le Griffondor se débattit faiblement.
- Il faut que je les aide. Severus ! Lâche-moi.
Ciel pencha la tête sur le côté sans l'aider, croyant à un jeu. Il grognait sur toutes les personnes qui s'approchaient de son maître sauf Severus. Neville vit qu'il ne pourrait rien faire contre la force du potionniste et arrêta de bouger. Il bouda un peu.
- Je vais bien. Je t'assure.
- Nous allons aller voir Gaius mais je t'interdis d'utiliser tes pouvoirs. Tu dois te reposer, d'accord ?
Le plus jeune le regarda avec des yeux larmoyants, essayant de lui faire comprendre qu'il voulait à tout prix se sentir utile. Severus garda son air sévère, avant de baisser la tête et d'embrasser chastement ses lèvres. Le Griffondor écarquilla les yeux. Ses joues rosirent alors que son ventre se mit à papillonner et son cœur émit des battements irréguliers.
- S'il te plaît, chuchota-t-il. Je n'aime pas te savoir mal.
Il hocha bêtement la tête, encore épris de ce qu'il venait de se passer. Severus sourit. Il ne savait pas pourquoi il l'avait embrassé. Son air l'avait plongé dans une volute de tendresse. A cet instant, il fut tiraillé en deux sentiments distincts. La joie et la peur. Il l'entraîna tout de même derrière lui sans lui lâcher la main. Car il ne comptait pas lui laisser le temps de s'éloigner de lui.
Ciel jappa de joie, la queue frétillante. Il aimait bien ce nouveau jeu.
102ème jour - Trois mois et 11 jour.
Arthur était sur son trône, las et fatigué. La salle était vide et le silence régnait. Merlin arriva lentement, le cœur lourd. Il avait l'air tellement mal. Il leva la tête en entendant Merlin.
- Est-ce cela que j'ai a donné à Camelot ? Des morts et des pleurs.
- Arthur… Murmura l'enchanteur. Tu n'as pas à t'en vouloir. Tout est la faute de Morgana. Mais nous avons repoussé son attaque. Sache que… quand chacun de nous aura fait son deuil. Nous irons mieux.
Arthur frémit et serra les poings. Il baissa la tête bien basse, chercha un point d'ancrage. Quelque chose qui ne le ferait pas sombrer.
- Arthur…
Merlin posa une main sur son épaule et s'accroupit en face de lui.
- Tu es le roi. J'ai confiance en toi. Je veux… revoir ton sourire et réentendre ton rire. Même si pour cela je dois repasser au pilori.
Arthur sourit lentement.
- Nous allons nous en sortir, Arthur. Je vais tout faire pour.
- Tu m'assure de ne jamais me quitter, Merlin ?
- Même si je le voulais, je ne pourrais pas. Je suis lié à toi, à la vie à la mort. Je… je t'aime… aussi.
Le blond se releva, les yeux écarquillés. Il avait complètement oublié qu'il lui avait dit, ces trois mots qui faisaient tambourinait son cœur comme jamais.
- Est-ce… la vérité ?
Merlin rougit et hocha la tête. Arthur la prit entre ses mains et l'embrassa à pleine bouche. Merlin, déstabilisé tomba sur les fesses mais le blond ne s'arrêta pas et posa ses mains de part et d'autres de lui sur le sol. Il l'embrassa encore plus fort et Merlin posa ses mains sur son torse. Il le repoussa légèrement et sourit.
- Les choses vont changer dans un avenir proche. Je te promets. Et tu seras celui qui nous guidera.
- Est-ce Harry et Draco qui te l'ont dit ?
- Non, chuchota-t-il en glissant une de ses mèches derrière son oreille. Je le sens au plus profond de moi. En attendant, il faut que tu restes fort pour ton peuple. Et pour moi.
- C'est uniquement grâce à toi que je reste aussi fort, dit-il en posant un énième baiser sur ses lèvres. Je ne flancherais pas. Ni ici ni jamais. Et certainement pas devant Morgana. Où qu'elle soit maintenant, cette défaite lui a couté cher. Il ne lui reste plus rien que sa haine.
- Nous la vaincrons. Et Albion sera tel qu'il doit être. En paix.
Arthur hocha la tête et s'enquit à le prendre dans ses bras. L'envie montait de plus en plus. Il avait envie de lui. Mais il savait parfaitement que Merlin ne s'adonnerait pas à lui ainsi. Il était trop prude, surement encore vierge. Il n'osa pas lui demander plus. Mais une autre idée germa dans son esprit. Une idée qui ne risquait pas de lui plaire. Et c'est avec un sourire qu'il continua de se laisser bercer par ses paroles aussi douces.
102ème jour - Trois mois et 11 jour.
Blaise ferma lentement la porte de la chambre. Il avait demandé à Draco de dormir avec Harry ce soir et cela n'avait pas semblait le déranger. Ron était assis sur son lit, torse nu. Il regardait l'arrière de son épaule. Le noir s'adossa à la porte. Il n'avait pas remarqué comment en quelques mois seulement il était devenu tellement musclé et beau. Il n'avait plus rien à voir avec l'adolescent qui combattait le mal auprès d'Harry. Il était l'archer de Camelot lui plus rapide et le plus précis. Des bras musclés, un corps sexy et un sourire à faire pâlir toutes les femmes et les hommes du monde.
Il avait coupé ses cheveux, plus de coupe au bol. Des cheveux courts et remonté vers le haut. En effet, il devait pouvoir voir parfaitement. C'était sa raison mais Blaise s'en fichait. Il était magnifique ainsi. Il le regarda, noyant ses yeux d'un bleu profond dans les siens. A côté de lui, ce fut la première fois que Blaise se trouva ainsi diminuer.
- Je crois que je me suis fait mal, sourit Ron.
Blaise hocha la tête et le rejoint. Il glissa une jambe derrière lui sur le lit et s'assit dessus. Il passa ses doigts longs et fins sur ses épaules. Le roux soupira de bonheur alors que le massage qui lui prodiguait lui faisait énormément de bien. Il fit rouler ses muscles sous ses caresses puis releva la tête pour la poser sur son épaule. Blaise écarta ses bras pour le prendre et colla sa joue contre la sienne, son torse contre son dos.
- Il ne reviendra plus, murmura-t-il.
Ron n'avait pas besoin de lui demander de qui il parlait, il le savait pertinemment. Il passa une main derrière lui et la posa sur son crâne pour presser sa tête un peu plus contre la sienne. Il posa ensuite un baiser sur sa joue.
- Je sais que cela va être dur. Les jours qui vont suivre… Peut-être les semaines. Je ne sais pas combien de temps nous nous mettrons à nous relever. Mais nous le feront. Nous l'avons déjà fait, n'est-ce pas ? Pendant la guerre… Toutes ses personnes que nous avons perdues. Et regarde-nous aujourd'hui. Nous avons un tout autre rêve. Et nous sommes plus réunis que jamais.
Le noir releva la tête et son œil croisa la sien. Il sourit faiblement et lui tourna la tête d'un doigt. Il prit ses lèvres avec tendresse.
- Ron… Je crois que… Ces jours sombres… Et ceux d'après aussi. Tous ceux d'après… Je veux les passer avec toi.
- Oh. Est-ce moi ou tu me demanderais de devenir ton petit ami attitré ?
- Ron…
- Non, parce que si c'est ça…
Il se retourna rapidement et plaqua l'homme sur le lit. Blaise se mordit la lèvre. Ron prit un temps fou pour retirer un à un les boutons de sa chemise puis il embrassa son cou.
- Ron… Frissonna-t-il.
Il le regarda et sourit.
- Pour moi, tu n'appartenais déjà qu'à moi. Et je ne t'appartenais déjà qu'à toi. Est-ce que tu pourras te contenter d'un seul et unique homme jusqu'à la fin de ta vie ?
Blaise sourit et hocha la tête. Il l'embrassa à nouveau et Ron y répondit avec joie. Il termina d'ôter sa chemise et frotta son torse contre le tien.
- Je n'aurais jamais cru, murmura-t-il contre son oreille lui procurant des sensations exquises. Qu'un homme pouvait être aussi bandant.
Il frotta sa verge déjà bien dur contre sa jambe pour lui prouver qu'il était totalement excité.
- Je suis heureux d'être ta première expérience. Souffla Blaise.
Le roux le ramena complètement sur lit et le noir échangea leur place tout en l'embrassant. Il se glissa sur son corps et baissa d'un doigt son pantalon et son boxer. Il sortit son pénis qui grandit encore sous sa main experte. Blaise sourit et se mordit la lèvre avant de passer sa langue dessus. Ron frissonna et ferma un œil. Il n'avait jamais ressenti ça avec aucune femme avec qu'il avait couché. Son cœur partit dans une course folle.
- Si tu n'aimes pas, dis le moi tout de suite, murmura Blaise avant de le prendre complètement en bouche.
Ron ne dit rien et commença à respirer de plus en plus fort. Il le regarda faire avec une telle assurance. Il espéra être aussi fort que lui plus tard. Pour l'instant, il se laissa complaire en rejetant sa tête sur l'oreiller. Blaise lui mordilla légèrement le gland, il gémit. Le roux passa une main tremblante dans ses cheveux et appuya un peu plus, enfonçant son pénis jusqu'à la garde. Il grogna de frustration quand, au bout de quelques coups de langue, le noir se releva. Ron le reprit avec rapidité par les lèvres et l'embrassa férocement. Il s'assit et lui ôta difficilement le pantalon.
- Attend… Murmura Blaise alors qu'il effectuait quelque va-et-vient sur sa rampe bien bandée. Tu n'es pas obligé… ça viendra avec le temps. Je veux que tu te sentes bien.
Le roux, hypnotisé, le laissa faire alors qu'il montait de nouveau sur lui. Il écarta bien les fesses et s'enfonça sur lui. Il s'accoutuma facilement, le visage crispé avant d'effectuer de long haut et bas sur lui.
- Tu as mal ? Lui demanda Ron, inquiet en l'enserrant contre lui.
- Ça fait longtemps, rit Blaise. Et je dois dire que tu en as une plutôt grosse.
Il continua de se mouvoir contre lui et bientôt le plaisir remplaça la douleur. Il trembla de tous ses membres, s'appuyant contre ses épaules pour s'enfoncer encore plus profondément. Bientôt, il ne put plus, le plaisir trop haut pour pouvoir bouger correctement. Ron n'arrivait plus à réfléchir, ses lèvres tremblantes caressaient sa peau avec délectation. Finalement, le noir se retira, se leva et se retourna. Il se mit à quatre pattes et le regarda, le regard lubrique.
- Prends-moi… Je t'en prie.
Le roux écarquilla les yeux. Il n'avait jamais rien vu d'aussi sexy. Il se releva sur les genoux et plaça son pénis devant son entrée. Il le pénétra d'un coup, le faisant gémir de bonheur. Blaise trembla et ses bras le lâchèrent. Il posa sa tête sur le lit, mordant le drap pour ne pas faire trop de bruit. Ron continua de l'assainir de coup de butoir jusqu'à atteindre le point culminant. Il frotta d'abord sa prostate puis, réagissant à ses cris, la frappa avec brutalité. Blaise hurla de plaisir, des étoiles et des larmes pleins les yeux.
- R-Ron… Mon dieu… Ron.
Le roux sentit la pression monter. Des gouttes glissèrent dans ses yeux. Il les ferma, appréciant ce moment de totale noyade dans un paradis de sensations inconnues jusqu'à présent. Blaise éjacula sans crier gare, son liquide se répandant sur le drap et sur son torse. La compression de son anus sur lui n'aida pas Ron à garder le contrôle plus longtemps. Il se demanda l'espace d'un instant ce qu'il devait faire. Il n'avait même pas mis de capote. Mais sa raison craqua et il éjacula à l'intérieur de lui. Il retomba sur son dos, transpirant et tremblant. Sa chaleur l'apaisa lentement.
Il ne savait pas ce qu'il devait faire. Il n'y connaissait rien. Et s'en voulut énormément, pensant qu'il n'avait vraiment pas été à la hauteur. Blaise se retourna et releva une jambe qu'il passa sur ses fesses. Ron se redressa sur les coudes et embrassa encore ses lèvres avec douceur. Blaise rit sous lui, heureux comme jamais.
- C'était fantastique, murmura-t-il.
- Tu parles. Je suis désolé, je ne…
- Ne t'inquiètes pas… ça viendra… Tant que tu continues à m'embrasser comme tu le fais. Là.
Ron sourit et caressa son front du pouce.
- Tu as intérêt d'être un bon professeur. J'ai beaucoup à apprendre. Il me faudra énormément de leçon.
- Oui, beaucoup, sourit le noir.
- Au moins deux par jours.
- Pourquoi pas quatre ?
- Prétentieux, murmura le roux.
- Un authentique Serpentard. Répliqua-t-il en baisant sa joue.
Il lui mordilla le lobe d'oreille et le roux frissonna.
174ème jour - Cinq mois et 21 jour.
- Fils et Fille de Camelot, veuillez accueillir votre roi, Arthur Pendragon.
Le peuple se pencha alors qu'Arthur entrait dans la salle du trône. Il avait revêtu sa tenue de parade, sa longue cape traînant au sol, sa haute couronne sur la tête. Il s'avança avec élégance vers son siège où Merlin l'attendait avec un doux sourire qu'il lui rendit. Puis il redevint sérieux en se tournant vers son peuple. Harry l'encouragea avec un grand sourire. Draco le regarda en fronçant les sourcils. Qu'est-ce que ces deux-là mijotaient encore ?
Le blond regarda Merlin d'un air suspect. Il n'avait jamais vu le conseiller aussi bien habillé. Il avait laissé tomber son habituelle tenue pour des apparats de plus grandes qualités. Une chemise blanche, un pantalon de soie rouge, au couleur de Camelot et des Pendragon, des mocassins noirs… Il voulut savoir ce qu'il se passait mais il eut peur de déranger en demandant à Harry. Il tourna la tête vers Ron qui tenait Blaise par la taille. Ils souriaient doucement mais sans être plus ou moins affectés. Ils ne semblaient pas plus au courant que lui. Et pour Neville et Severus, c'était la même chose.
Alors le magicien se reconcentra sur Arthur qui n'avait pas bougé de devant son siège. Il s'avança d'un pas et s'exclama :
- Peuple de Camelot. Je vous ai réuni ici en ce jour pour vous annoncer que j'ai trouvé la personne qui m'accompagnera, je l'espère, jusqu'à la fin de ma vie.
Tous écarquillèrent les yeux, sauf Harry qui applaudissait et riait silencieusement. Merlin resta tétanisé, sans comprendre. Arthur se tourna alors vers ce dernier en levant la main. Il lui fit des non de la tête précipités, essayant de sourire. Mais le regard du roi se fit pressant alors l'enchanteur baissa les yeux au sol, le rouge engloutissant ses joues et s'avança vers lui. Il glissa sa main dans la sienne. Il eut des onomatopées choquées, quelques regards incertains et beaucoup de murmures.
- Merlin, murmura le roi.
Le brun n'arrivait même pas à le regarder tant il était gêné. Il tourna rapidement les yeux vers lui mais les rebaissa très vite. Arthur sourit avant de se mettre un genou au sol. Les femmes de Camelot se mirent alors à piailler d'excitation tant à la beauté de la scène. Tout comme Harry d'ailleurs, que Draco n'arrivait pas à calmer.
Merlin plaça une main devant sa bouche, s'il n'était pas devant des centaines de personnes, il se serait sûrement moqué de lui, l'aurait frappé derrière la tête en le traitant d'abrutit. Mais là, il ne pouvait que concevoir qu'il était tout à fait sérieux et surtout… La gêne l'empêchait de faire quoique ce soit. Arthur sourit et posa son autre main sur la sienne.
- La vie sans toi me serait sûrement moins dangereuse, peut-être un peu moins folle mais je pense que je serais l'homme le plus triste au monde. Chaque jour passé à tes côtés est une bénédiction. Et je veux que le reste de ma vie soit ainsi. Alors, acceptes-tu de m'épouser ?
La vision.
Ils étaient sur une plaine verdoyante. Un magnifique soleil lissait le vent, éclairait les fleurs et les arbres. Tout était magnifique. Jusqu'au lac un peu plus loin. Encore une fois, il n'avait aucun contrôle sur ce qu'il pouvait voir. Seulement suivre le mouvement panoramique que la vague leur montrait. Au premier abord, il n'y avait rien. Juste cet endroit splendide. Et puis passa dans leur champ de vision, une chose rapide qui volait. Quelques secondes plus tard, cela repassa plus lentement et ils virent un dragon blanc et bleu. Il avait l'air tout ce qu'il y a de plus menaçant mais aussi hypnotisant.
- Attends-moi ! Saphir ! Attends !
- Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler ainsi, rit alors brusquement le dragon.
Il se posa au sol et replia ses ailes contre lui. Un enfant apparut alors, tout essoufflé. Il était blond aux grands yeux bleus. Ils lui donnaient dix ans, tout au plus. Des traits simples et beaux. Il était mignon à souhait.
- Tu es trop faible, Edwan. Le sais-tu ?
- Très drôle, frérot. Bon aide-moi, je dois fuir Blaise. Il veut encore me donner des cours. J'ai mal partout à chaque fois avec lui.
- C'est bien ce que j'ai dit. Mais tu as de la chance, le vieux Kilgharrah me cherche aussi. Fuyons petit frère.
Il lui offrit son genou et le petit blond grimpa dessus avant de monter sur son dos avec facilité, comme s'il avait toujours fait ça dans sa vie.
- Ils sont là, s'écria le blond en montrant droit devant eux. Vite.
Le dragon fit demi-tour et ils s'envolèrent rapidement disparaissant de leurs vues. Ils furent bien vite remplacés par Blaise et Ron qui devaient avoir dix ans de plus. Le roux passa une main agacée dans ses cheveux.
- Bon dieu, celui-là va nous causer des problèmes.
- Edwan, hurla Blaise, ses mains en coupe contre sa bouche. Elenwë. Revenez immédiatement !
- Cela ne sert à rien, chéri, je ne suis pas sûr qu'il t'entende… Ou veuillent seulement t'écouter. C'est qu'ils sont rapides ces gamins.
- Quand je les recroise, je leur tire les oreilles.
Ils firent demi-tour alors que le roux riait de bon cœur.
- Tu comptes faire comment avec un dragon qui fait trois fois ta taille ? Et qui en fera bientôt dix dans quelques années ?
- Eh bien, je profite qu'il soit encore enfant !
- N'empêche quand on va dire à Arthur qu'on a encore perdu son fils…
- Moi, ce n'est pas Arthur que je crains. Mais plutôt son autre père.
Leurs rires s'essoufflèrent dans le vent ne laissant que l'image du début comme si rien ne s'était passé.
