Chapitre 17 : Le mariage.
180ème jour - Six mois et 7 jour.
- Poussez-vous ! S'écria Harry en courant dans les couloirs.
Ciel jappa à ses pieds. Il courrait rapidement. Il sauta sur une servante et la poussa légèrement. Celle-ci s'exclama d'un « oh » surpris avant d'éclater de rire. Harry laissa glisser une banderole qu'il rattrapa d'un geste vif. Il n'y avait pas que lui qui était en effervescence. Tout le château s'évertuait à la tâche plus que difficile de satisfaire les grandeurs de Draco Malfoy. Harry sauta sur une caisse et poursuivit sa route, Ciel toujours en éclaireur. Il arriva enfin dans la salle de trône et dérapa juste avant de s'écraser sur Draco. Le blond le toisa alors qu'il lui tendait les tissus qu'il avait plein les bras.
- Tiens, je les ai ramenés.
Draco prit un pan de tissus puis le jeta. Il fit la même jusqu'à ce qu'il trouve une banderole blanche dorée.
- Parfaite ! Nous allons mettre cela. Harry, tu veux bien aller chercher juste celles-ci.
Le brun grogna et jeta le reste de tissus à terre.
- Eh ! Je ne suis pas ton jouet. Alors si tu veux tes tissus, vas les chercher toi-même.
Draco soupira et leva les yeux aux ciels. Il tendit le linge à une femme avec un sourire.
- Faîtes-moi autant de banderole que vous pourrez avec ça, nous allons chercher le reste.
- C'est comme si c'était fait, s'exclama-t-elle.
- Tu peux au moins m'accompagner ? Demanda-t-il à Harry.
Il hocha la tête. Il se tourna vers Ciel et lui gratouilla la tête.
- Merci pour ton aide, tu peux retourner auprès de Neville maintenant.
Le loup sortit la langue et lui léchouilla la main avant de faire demi-tour et de s'enfuir tranquillement. Harry rejoint ensuite Draco qui était déjà parti. Ils n'osaient plus se regarder. Leur relation était devenue plus qu'étrange. Ils s'embrassaient de temps en temps mais en vain, pas de nouvelle vision depuis celle du futur qu'ils avaient eu. Au bout d'un moment, ils s'étaient dit qu'en réalité, c'étaient peut-être terminé, alors ils avaient arrêté. Mais ils restés perpétuellement gênés.
Soudain, Harry eut un bredouillement dans sa tête. Il vint obscurcir ses pensées et il se mit à marcher plus mécaniquement. Il prit s'en le vouloir la main de Draco et l'entraîna hors du chemin. Le blond ne comprit pas mais la main crispée du brun l'empêcha de le faire lâcher.
- Harry ! Mais qu'est-ce que tu fais, ce n'est pas par là.
- Viens… Murmura la voix sombre du brun.
Draco le regarda en penchant la tête en avant. Ses yeux étaient limpides comme de l'encre. Comme s'il… était sous Impérium. Il le fit monter plusieurs escaliers rapidement avant de s'arrêter devant une porte. Enfin Harry se réveilla d'un coup et cligna plusieurs fois les yeux. Il regarda autour de lui sans comprendre comment il était arrivé là avant de croiser le regard orageux de sa Némésis.
- Qu'est-ce qu'on fait ici ? Murmura-t-il.
- Je ne sais pas, c'est toi qui nous a emmené !
- Comment… Comment ça se fait ? J'ai eu une espèce de trou noir. J'ai un peu mal à la tête aussi.
Draco fronça les sourcils et regarda la porte à laquelle ils s'étaient arrêtés. Il n'avait rien de sensationnelle, pareille à toutes celles qu'ils pouvaient croiser. Il posa une main sur sa poignée et l'ouvrit. Elle ne lui résista pas, et ils écarquillèrent les yeux. La porte leur offrit un spectacle des plus étonnants. A l'intérieur se trouvait un jardin. Harry ouvrit la bouche dans un « o » parfait. Il posa un pied à l'intérieur avant que Draco ne puisse le retenir. Il n'y avait rien d'autre qu'un jardin et un grand arbre entouré des quatre murs de la pièce. Mais elle semblait immense. Un peu comme la Salle sur Demande à Poudlard.
- Harry, qu'est-ce que tu fais, chuchota Draco comme s'il avait peur de réveiller une bête.
- Allez, rit le brun. Ne fais pas ta chochotte, tu ne trouves pas cela magnifique. Je n'aurais jamais cru qu'il y avait un jardin dans Camelot !
Draco finit par le rejoindre mais beaucoup plus lentement. Derrière eux, la porte se referma dans un grincement et le blond se retourna vivement. Il recula quand il vit une femme, magnifique et humide. Comme le fantôme d'une noyée. En tout cas, c'est ce que pensa Harry en la voyant à son tour. Instinctivement, il se plaça devant Draco la main sur une dague à l'intérieur de son pan de veste.
- Pour répondre à votre question, il est normal que vous ne soyez jamais venu ici. Car cet ici, n'existe que pour vous, aujourd'hui, à cet unique instant.
Harry fronça les sourcils et Draco fit de même sans comprendre.
- Et pour répondre à votre prochaine question. Je suis moi-même ici pour vous guider vers la derrière vous, ce grand arbre piégé dans ce jardin. Si vous le touchez, il vous ramènera directement dans votre monde. Mais c'est éphémère. Si vous ne prenez pas le portail aujourd'hui, tout espoir sera perdu. Vous ne rentrerez plus. Chacun d'entre vous aura la chance de repartir. Une seule et unique fois. Vos amis vous rejoindront bientôt. Au revoir, jeunes hommes.
Puis elle passa devant eux sans les regarder plus que cela et glissa derrière l'arbre où elle disparut. Harry et Draco se regardèrent un instant, perturbés.
- On ne peut pas partir, Arthur a encore besoin de nous pour voir son avenir. S'exclama Harry.
- Et j'ai un mariage à terminer ! Je ne peux pas jeter un mois de dur labeur à la poubelle.
- Moi, je reste. Mais Draco, si tu veux partir, je comprendrais. Même si sans toi, je ne sers plus à rien.
Le blond eut un brusque coup de chaud. Il bégaya un peu avant de pouvoir faire une phrase correcte.
- Oui, mais… Non, je ne veux pas partir. Ça fait déjà six mois que nous sommes ici, un peu plus ou un peu moins, ce n'est pas vraiment grave…
Harry se tourna vers l'arbre. Il n'avait pas besoin de réfléchir plus. Rien ne l'attendait de l'autre côté si ces amis n'étaient pas là, avec lui. Combien de temps s'écouleraient-ils avant qu'ils ne le rejoignent, la femme étrange ne l'avait pas précisé. Combien de temps passerait-il tout seul ? Draco était au même point. Sauf que lui se demandait si Harry continuerait de lui parler quand ils seraient dans leur époque. Non… Pourquoi le ferait-il ?
- Je n'ai pas envie de te quitter, murmura-t-il sans réfléchir. Je veux dire… Se rattrapa Draco en écarquillant les yeux. Je n'ai pas envie de partir ! De quitter Camelot. Et si nous n'avions pas fini notre quête ?
Harry se mordit la lèvre et hocha la tête avec un sourire. Il se tourna vers la porte et l'ouvrit. Derrière, le couloir était encore vide. Harry et Draco sortirent mais il ne ferma pas la porte. Ils regardèrent encore l'arbre et le brun se tourna vers le blond.
- Dernière chance de rentrer chez toi, Draco…
Le blond sourit et posa sa main sur la sienne. Il tira la porte avec lui et la ferma. Quand il la rouvrit, ils ne tombèrent que sur un placard à balai, empli de choses utiles au nettoyage. Harry soupira puis haussa les épaules et s'en alla lentement. Draco le suivit.
- Nous devrions garder ça pour nous, tu vois… Dit le Serpentard. On ne devrait pas leur dire qu'on a préféré rester ici plutôt que de rentrer. Ça pourrait influencer les autres à rester aussi alors que peut-être ils souhaitent rentrer.
- Tu as raison, hocha Harry. Même si mon instinct me dit qu'aucun d'entre nous n'a réellement envie de rentrer.
- C'est vrai ! Je suis mieux ici, moi aussi. Bon, ce n'est pas tout mais j'ai un mariage à organiser, moi !
- Ah oui, c'est vrai, soupira Harry en levant les yeux ciels. Mais tu sais, tu pourrais être moins exigent.
- Moins exigent ? J'espère que tu plaisante. Nous parlons d'un mariage de roi ! Tu aurais préféré confier cette tâche à qui ? Ron ? Toi ? Nous savons tous que question mode, vous n'êtes pas très forts.
- Je suis sûr que Ferys aurait fait mieux. Répliqua Harry en le toisant. Regarde, toi-même a succombé à ses toges.
- Bien sûr, et Merlin se serait retrouvé affublé un magnifique costume de métal avant-gardiste. Et la salle de trône… Je ne te raconte pas les dégâts. Cesse donc de lui mettre toutes ses idées dans la tête, s'il te plaît. Nous n'avons pas le droit de mettre tant de chose de notre époque dans celle-ci !
- Mais… Se plaint le brun en boudant un peu. Ces lames rétractable son juste un gain de temps. Regarde !
Il lui montra ses poignets où des lames avaient été forgées ainsi qu'un mécanisme qui lui permettait d'une poussée à les faire sortir. Au lieu de s'extasier, Draco s'offusqua.
- Et en plus tu les portes sur toi tout le temps ! Et tu comptes tuer quoi ? Des lapins ?! En hiver !?
Harry le poussa légèrement, amusé.
- Un jour, je te sauverais la vie avec mes lames et tu seras obligé de les vénérer. Tu en demanderas même une paire pour toi.
- Non merci, s'écria-t-il. Je préfère ma magie, bien plus rapide que tes petits couteaux. Toi, tout ce que tu peux faire t'obligerais à être trop proche de l'ennemi et donc de te faire toucher. Au final, j'aurais mal et je t'en voudrais.
Harry l'arrêta brusquement et se plaça devant lui, les bras croisés. Il approcha son visage du sien et sourit malicieusement.
- Pourras-tu seulement m'en vouloir après tout ce temps ?
Draco se recula légèrement et détourna la tête, les sourcils froncés. Harry rit et entra dans la salle du tailleur. Le visage du blond s'emplit de tristesse. Non, il ne pourrait plus lui en vouloir. Il ne pouvait que s'inquiéter quand il était en mission sans lui et s'attristait de le voir aussi proche et aussi loin de lui. Ça faisait maintenant plus de trois mois qu'il avait pris conscience de ses sentiments. Et le temps ne lui avait jamais paru si long. Chaque jour était une épreuve qu'il arrivait de moins en moins à tolérer.
Cela pourrait être tellement facile. Après tout, Harry était un gay ouvertement libéré. Mais ce qui l'empêchait… de pouvoir lui dire était tout simplement le fait qu'il l'eut détesté sept ans durant. Et même si maintenant il s'appréciait comme de vieux amis… Et que cet endroit, cet époque et leur lien leur permettaient d'y faire abstraction (il n'en avait d'ailleurs plus jamais reparlé), il ne pouvait savoir ce qu'Harry pensait. A moins de lire dans sa tête.
Et l'espace d'un instant, il y avait déjà songé. Mais avait tellement peur de se faire surprendre qu'il avait laissé tomber.
Comment devait-il lui dire ? Ah au fait, Harry. Tu sais quoi, j'ai des sentiments pour toi mais pas du style : « Eh ! Tu veux être mon ami ? » Mais plutôt du style : « Je voudrais que tu m'apprennes comment on fait l'amour avec un homme ! Et si au passage, tu voulais bien m'aimer un petit peu aussi, ça m'arrange. ». Draco sourit doucement. Chaque fois qu'il était à deux doigts de lui dire, il se rétractait. De plus, Harry n'arrangeait rien puisqu'il préférait fuir à chacun de leurs baisers.
Comme s'il avait peur de le voir être dégoûter. Alors qu'il n'y avait absolument rien de dégoûtant à embrasser Harry Potter. Non… Au contraire… C'était l'extase.
- Draco ?
- Oui ? Sursauta le blond en se réveillant.
- Tes fichues banderoles ne vont pas atterrir toutes seules dans la salle ! S'exclama le brun, un paquet de tissus pleins les bras.
Draco s'activa et récupéra ce dont ils avaient besoin avant de rejoindre Harry. Celui-ci fronçait les sourcils avant de lui demander :
- Tu regrettes déjà de ne pas être parti ?
Le blond souffla, excédé. « Je regrette de ne pas pouvoir te dire que si je reste c'est uniquement pour toi », se retint-il de dire.
- Si tu veux te débarrasser de moi tout de suite, dit le moi ?
- Il est vrai que je préférerais être avec Ron et Arthur dans le royaume de Mercie à régler d'éternel problème de brigands, de créatures sauvages et magiques ou que sais-je… Peut-être Morgana qui refait son apparition.
- Eh bien… merci pour moi, S'indigna-t-il avant de reprendre son sérieux. Penses-tu réellement qu'elle va revenir… ?
- Voldemort est revenu onze ans après alors… Tant qu'Arthur ne veut pas faire une descente dans le royaume de Fyrien… Et comme nos visions nous ont lâchés aussi, nous n'en saurons rien.
- Embrasse-moi, murmura-t-il soudainement.
- Quoi ? S'exclama Harry en regardant tout autour de lui. Ici ? Maintenant, devant tout le monde ?
- Harry ! Le roi se marie avec son conseiller, un homme sorcier. Tu ne penses franchement pas que son peuple va s'offusquer d'un tout petit baiser de rien du tout.
- Oui, mais le roi n'embrasse pas Merlin devant tout le monde.
- Très bien ! Dire que c'est toi l'homosexuel de notre couple étrange, je ne te pensais pas…
- Attend, l'interrompit-il brusquement en l'attrapant par la manche.
Il fit tomber quelques draps sans s'en soucier et prit le menton du blond entre ses doigts. Il l'embrassa lentement et longuement. Draco sourit sous ses lèvres. Quand ils se séparèrent, le brun fronça les sourcils.
- Pourquoi souris-tu, tu as vu quelque chose ?
- Aucunement, scanda Draco en ramassant les linges et reprenant sa route. Mais j'aime quand tu fais ton Griffondor.
- Pourquoi ? Demanda le brun sans comprendre.
- Tu m'obéis au doigt et à l'œil.
L'assasin grogna de mécontentement. Incapable de trouver une bonne phrase à répliquer, il bouda tout le reste du trajet, provoquant un sourire satisfait sur les lèvres du blond.
- Serpentard, souffla Harry au bout d'un moment.
- Fier de l'être, répondit-il avec toujours ce sourire malicieux au coin de la bouche.
180ème jour - Six mois et 7 jour.
- Il n'est toujours pas rentrer, s'écria Merlin en tournant sur lui-même.
Le tailleur grogna, tenta de le récupérer avant d'hurler de rage.
- Severus, je vous en prie, donnez-lui une potion qui le calmera parce que je n'arrive à rien !
Le potionniste rit dans sa main. Sa tête était tranquillement posée dessus, coude sur la table, les jambes pliées l'une sur l'autre. Il contemplait de son œil calme et tranquille Merlin qui faisait les cent pas et le tailleur qui lui courrait après pour lui prendre ses mesures.
- Il a peut-être fui ! Marmonnait le brun. Après tout, tout le monde sait qu'Arthur n'est pas très fort en engagement. Il regrette son choix. Pourquoi ai-je dit oui, moi alors ? Je le savais que c'était une mauvaise idée ! Je n'aurais jamais dû dire oui ! Je le hais, bon sang, je le hais !
- Merlin, calme-toi, murmura Severus de son éternelle force tranquille. Le mariage n'est prévu que demain, il a largement le temps de rentrer.
Neville entra dans la salle, Ciel sur ses talons, et rit à la scène. Il arriva près de Severus et décroisa ses jambes pour s'asseoir sur lui, sans gêne. Severus posa un doux baiser sur sa joue et entoura son torse de ses bras.
- Tu n'as pas de soucis à te faire, Merlin. Arthur et toi vous êtes ensembles depuis pratiquement cinq ans. Il ne serait pas du genre à fuir. Il va rentrer.
- Pourquoi est-il parti ? Hein ? Pourquoi n'a-t-il pas envoyé Blaise et Ron seuls ? Notre mariage était-il si peu important qu'il faille qu'il parte à deux semaines de la date définitive ?
- Arthur est roi, Merlin. Et quand tu le seras toi aussi tu comprendras que les priorités…
- Non ! Sa priorité, c'est moi. Il me l'a dit maintes et maintes fois mais aujourd'hui, il n'est pas là ! Au moment crucial où j'ai besoin de lui, il n'est pas là ! C'est… horrible de me faire ça. Cela ne prendra que quelques jours ! Mais bien sûr… Je suis stupide.
- Votre majesté ! S'exclama le tailleur, agacé de tourner autour de lui.
- Non ! Remballez tout, il n'y aura pas de mariage. Je ne me marierais pas à un rustre et un menteur.
- Rustre et menteur… Hm… J'espère que l'on ne parle pas de moi.
La douce voix d'Arthur fit soupirer les deux amis de soulagement alors que Merlin écarquilla les yeux. Il quitta une nouvelle fois le tailleur qui s'effondra de colère et se jeta dans les bras d'Arthur. Avant de se rétracter, les bras croisés.
- Tu n'aurais pas dû partir, tu es un idiot !
- Tu ne veux plus te marier ?
- Je te déteste. Tu m'as laissé tout gérer. Heureusement que Draco était là pour m'aider.
- Tu comprendras quand tu seras roi, ce qui ne serait plus tarder.
- Je ne veux pas de ce mariage, s'écria-t-il. Je veux que tout redeviennes comme avant ! Quand je pouvais t'accompagner dans tes quêtes sans que tu prennes peur que je meure comme une princesse ! Je ne suis pas une fille, Arthur ! Je ne te laisserais plus quitter le château sans moi !
- Je suis si rustre et menteur ? Eluda le blond en se tournant vers Neville et Severus. Où est-ce seulement les mots d'un homme rongé par la peur d'avant mariage ?
Neville éclata de rire, emplissant la pièce de son rire cristallin. Severus ne fit que sourire légèrement.
- Tu me trouves rustre et menteur ?
- Tu l'es ! S'exclama Merlin. Un idiot, abruti, un rustre qui me quitte aux portes de notre mariage, un menteur qui ne tient pas ses promesses !
- Nom de… Mais c'est vrai ! Nous allons nous marier. Feint le roi en s'avançant.
Il attrapa le bras de Merlin qui se débattit avant de le coller à lui enserrant ses poignets dans son dos.
- Mon futur roi, murmura-t-il. Me feriez-vous l'honneur de m'accompagner devant l'autel et de vous offrir à moi, jusqu'à la fin de votre vie ?
- Je t'ai déjà dit oui, que veux-tu de plus… ?
- Rien, après tout mon seul souhait…
Il baissa d'un ton, chuchotant contre son oreille.
- … je l'aurais dévoré après-demain soir.
Merlin rougit brusquement avant que le blond ne le relâche et s'en aille avec lenteur.
- A demain, mon amour. Le salua-t-il en sortant de la pièce.
Merlin ne dit rien, ses grandes oreilles toutes rouges de honte et de colère. Puis il s'enragea et s'écria :
- Cet idiot ! Je vous jure qu'après le mariage, je lui fais vivre un enfer !
- Donc, finalement, tu participes au mariage. Demanda sournoisement Severus en caressant avec douceur les cheveux de Neville.
- Bien sûr, grogna l'enchanteur.
- Alors laisse-le t'habiller ou sinon il va nous faire une dépression.
Il désigna le tailleur toujours à terre, qui frappait du poing le sol comme un condamné. Merlin rougit et posa une main sur son épaule lui promettant de ne plus bouger. Le tailleur put enfin finir son travail avec dextérité. Il sortit une chemise à sa taille.
- Je voudrais quelque chose de simple s'il te plaît, pas de froufrous en tout genre et encore moins l'immense et futile tenue d'Arthur.
- Ne vous inquiétez pas, Sir. J'ai ce qu'il vous faut.
- Arrête de m'appeler Sir. Pourquoi m'ont-ils tous nommé ainsi.
- Merlin… Tu es leur futur roi. Comment souhaite-t-il qu'il t'appelle ?
- Mais vous, vous n'avez pas changé !?
Les visiteurs se regardèrent en haussant un sourcil avant que Neville sourisse et se lève d'un coup. Il se pencha dans une parade comique et s'exclame :
- Excusez-nous, votre majesté. Si nous avons offusqué… Ne nous jetez pas au pilori !
Merlin lui jeta un regard noir alors qu'il éclatait de rire. Il ôta son foulard rouge et sa veste marron habituel pour revêtir la chemise que lui tendait le tailleur.
- Elle est trop serrée, se plaint-il.
- Mais non, votre majesté, c'est ainsi que ça se porte. Vous êtes tout chétif en plus. Elle vous saillera à merveille.
Il attrapa une cape blanche et l'entoura sur ses épaules puis agrafa le sceau des Pendragon pour la retenir sur l'épaule droite. Il fronça les sourcils puis murmura :
- Je vais coudre quelques glyphes dorés sur la cape. Elle sera prête demain, ne vous inquiétez pas. Qu'en dîtes-vous ?
Merlin se retourna vers le miroir et écarquilla les yeux. Jamais il n'avait porté d'habits aussi magnifique. Il ne put s'empêcher de rougir en pensant à tout ce qui allait se passer. Le mariage, les festivités… La vie avec Arthur. Serait-elle si différente d'avant ? Après tout, ils étaient déjà coller ensembles depuis cinq ans. Qu'est-ce qui changerait ? A part le fait que le soir venu, c'est dans le même lit qu'il dormirait. Et que ce n'est plus une amitié sans nom qui les lierait mais un amour infini.
En fait, rien ne changera vraiment. Il eut un doux sourire.
- C'est parfait. Chuchota-t-il.
Severus et Neville se regardèrent, heureux.
180ème jour - Six mois et 7 jour.
Ron arriva dans la salle de trône qui était maintenant drapée de toutes les banderoles de Draco. Il s'extasia un temps devant la beauté de l'endroit avant de s'avancer vers ses deux compagnons de voyage, encore et toujours en train de se chamailler.
- Non ! Hors de question de les draper d'un arc-en-ciel. Je te signale que de un, personne n'en connaîtrait la signification et de deux, ce serait complètement décaler et très vilain.
- Allez, pouffa le brun dans sa main.
Ron sourit et posa ses mains sur ses épaules.
- Pourquoi un arc-en-ciel ? demanda-t-il.
Draco balaya de la main devant son visage alors qu'Harry se retourna pour serrer amicalement la main de son ami.
- Tu es rentré ! C'est génial. Etait-ce ardu ?
- Pas vraiment, il était complètement inutile d'aller là-bas. Les quelques brigands qui semaient la pagaille aurait pu être balayé d'une pichenette des forces de Mercie.
- Alors pourquoi avoir fait appel à Camelot ? Fronça Harry.
- Le roi de Mercie voulait uniquement voir si nous nous déplacerions. Le plus pénible fut le voyage. Et je dois dire qu'Arthur n'était vraiment content du tout. Il a pesté tout le retour.
- Je peux le comprendre, murmura Draco qui écoutait d'une oreille, absorbé par un nouveau tissu.
- Vous, vous n'avez pas chômé, par contre.
- Oui, enfin surtout Draco qui a décidé de métamorphoser cette pièce. Et je dois avouer… Qu'il a un talent fou. Je crois bien que tu devrais faire de cela ton métier une fois…
Le blond se retourna vers lui, ayant compris ce qu'il n'avait pas dit. Le visage d'Harry s'était assombri et il n'osait plus le regarder. Il posa les yeux aux sols avant de lui offrir un micro-sourire.
- Oui, je pense aussi. Je n'ai pas ressenti d'autant d'engouement pour autre chose autre que la magie depuis bien longtemps. J'ai maintenant deux choix de carrière quand nous rentrerons. C'est super.
Le brun le remercia silencieusement. Ils ne pourraient sûrement plus jamais rentrer mais il devait jouer la comédie. Si Ron devait faire son choix, il ne devrait penser qu'à lui et pas eux. Celui-ci justement, tourna la tête un peu partout avant de demander :
- Vous n'avez pas vu Blaise par hasard ?
- Non, désolé, s'excusa Harry en hochant négativement la tête. Pas vu depuis ce matin, au petit-déjeuner.
- Il est… Murmura Draco. Avec Lancelot.
Ron s'attrista et hocha puis fit demi-tour. Il marcha tranquillement en remerciant les passants qui lui souhaitaient bon retour. Il sortit ensuite du château. Lancelot avait eu, lui ainsi que les autres chevaliers morts au combat, une crémation magnifique puis leurs cendres furent dispersées à différent endroit, par leur famille. Guenièvre l'avait emmené près d'une clairière, là où Lancelot l'emmenait souvent. Et c'est bien là qu'il retrouva Blaise, assis par terre, le dos contre un arbre, les bras croisés. Il regardait l'horizon avec ses yeux noisette brillant comme le soleil.
Ron avança lentement, de peur de le brusquer, vu qu'il semblait plongé en stase mémorielle. Il prit son temps pour le rejoindre et eut un doux sourire en pensant à tous les bons moments passés avec Lancelot. Le temps des pleurs avaient cessé, il espéra de tout cœur que Blaise finirait par s'en remettre. Guenièvre et lui étaient les derniers à éprouver beaucoup de douleur juste en prononçant son nom.
Finalement, Ron se baissa et posa une main sur son épaule.
- Eh…
Blaise sursauta et se retourna d'un mouvement sec. En voyant son petit ami, son regard s'illumina et il sourit grandement. Il attrapa sa main et le tira vers lui. Ron étouffa un cri de surprise alors qu'il tombait en avant. Il avait l'impression que Blaise gagnait en force de jour en jour. Il le vit le retourner et s'installer sur lui, l'enserrant dans ses bras. Ron éclata de rire.
- Tu es là. C'est merveilleux.
Il l'embrassa goulument et le roux ne se fit pas prier. Quand il eut sa dose, et encore, il se jura que cela n'en fut pas assez, il se décala et caressa son front avec tendresse.
- Je crois que Merlin commençait à croire qu'Arthur avait changé d'avis et se cachait quelque part en attendant la date fatidique.
Ron sourit. Il tourna légèrement la tête vers la clairière et le noir suivit son regard en se mordant la lèvre.
- Je suis désolé, je n'ai pas tenu ma promesse.
Le roux soupira. Il l'embrassa à nouveau, calmement, rassurant.
- Ce n'est pas grave, je suis là maintenant. Il faut que tu gardes à l'esprit tout ce que Lancelot et toi avaient partagé.
- Je sais… Je sais tout cela mais… Je n'arrive pas… à…
Blaise posa sa tête sur le torse de son amant et ferma les yeux, ne voulant absolument pas pleurer devant lui. Il devait se montrer fort. Plus de deux mois s'était écoulé depuis sa mort et il n'avait toujours pas fait son deuil. Et pour Guenièvre, s'était pire. Il allait la voir souvent. Même Ethan n'arrivait pas à la consoler.
Heureusement, lui avait Ron.
- Viens, rentrons. Je rêve d'un bain et d'une bonne nuit de sommeil auprès de toi…
Il hocha la tête. En s'en allant, Blaise ressentit ce poids quitter son cœur, comme à chaque fois que Ron était là. Il sourit alors et murmura au creux de son oreille, avec une voix chaude.
- Seulement si tu me fais subir toutes sortes de choses peu recommandé.
- En manque ?
- Deux semaines, c'est long !
L'archer sourit et hocha la tête, totalement d'accord.
182ème jour - Six mois et 9 jour.
Hunith tapa lentement sur la lourde porte et attendit qu'il l'autorise à entrer ce qui ne fut pas long. Elle passa la tête et le regarda se faire draper de son magnifique costume de cérémonie. Elle se mordit la lèvre et il tourna la tête pour voir qui était entré.
- Mère. S'exclama-t-il. Vous me le permettez, j'espère ?
- Bien sûr, Sir. Avec joie.
Arthur sourit et hocha la tête. Hunith s'avança et se mit face à lui, en faisant attention de ne gêner personne. Elle se contenta de sourire gaiement avant de murmurer :
- Vous êtes superbe, votre majesté.
- Et vous de même. Mais je ne doute pas que mon futur mari l'est beaucoup plus.
- Il l'est. Rit-elle.
Elle ne pouvait pas lui mentir, et après tout, c'était son fils. Elle le trouvait donc plus beau. Elle baissa les yeux au sol et le blond fronça les sourcils. Il arrêta d'un geste les mouvements des serviteurs et leur demanda poliment de sortir. Il s'avança vers elle.
- Qu'il y a-t-il, Hunith ? Ne me dîtes pas que vous avez changé d'avis me concernant. Je vous jure de…
- Non, non, s'exclama-t-elle. Je suis certaine que vous ferez un parfait époux pour mon fils, votre majesté. Je tenais à vous dire…
Elle prit une bonne respiration et sourit tristement.
- Il y a cinq ans quand j'ai envoyé mon fils à Camelot, chaque jour qui en suivit fut pour moi un calvaire. Je me demandais si je n'avais pas fait une erreur. L'envoyer si près du danger qu'était le royaume de Camelot, autrefois dirigé par votre père. Il était sorcier, vous les brûliez. Il me fut longtemps tenté de venir le chercher et de le ramener auprès de moi. Et quand j'ai appris qu'il était votre serviteur attitré… chaque jour… j'ai prié votre mort plutôt que la sienne.
- Hunith, sourit doucement Arthur. Vous êtes sa mère… C'est tout à fait compréhensible.
- Arthur… Vous ne comprenez pas. Vous êtes désormais mon fils, dans mon cœur et dans mon âme. La peur qui autrefois s'attachait à Merlin s'est étendue à vous deux. Vous êtes roi et guerrier. Vous n'arriveriez à me promettre de rester en vie tous les deux, sachant ce que vous êtes capable de faire pour l'amour de Camelot et de mon fils…
Arthur, les yeux écarquillés de surprise, fut stupéfait et touché par tant de sentiment à son égard. Jamais il n'aurait pensé trouver en une autre femme, l'amour d'une mère que porte à son enfant. Il ouvrit la bouche mais il ne put rien dire pendant un moment. Finalement, il sourit et l'embrassa sur la joue. La faisant sursauter.
- Merci. Je ne peux vous promettre d'avoir une vie longue, mais sachez qu'auprès de Merlin, elle sera radieuse. Vous permettez.
Il lui tendit son bras et elle s'attacha à lui, heureuse à nouveau. Il sortit de la salle avec elle et se rendit d'un pas tranquille à la salle de trône, les chevaliers juste derrière lui.
- Quand bien même nous nous risquons nos vies chaque fois qu'il le faut, sachez que je garde un œil sur Merlin et le présagerait de tout danger.
- Oui, je le sais. D'ailleurs, il n'aime pas ça du tout.
Arthur sourit. Ils arrivèrent devant la salle et le roi la lâcha pour prendre ses deux mains dans les siennes et l'embrasser à nouveau sur la joue.
- Je vais épouser l'homme le plus fabuleux de la Terre. Et sachant que c'est vous qui l'avait mis au monde, j'en conclue que vous êtes la femme la plus fabuleuse au monde.
Hunith rit et Arthur se félicita d'avoir réussi à remettre des couleurs sur ses joues.
- Ne pensez plus à tout ça. Vivez l'instant présent. Moi en tout cas, j'en profite chaque moment.
Elle hocha la tête, convaincue, et le laissa s'en aller de son pas majestueux. Un à un, les visiteurs du futur la dépassa en lui offrant un sourire et un salut. Elle ne savait pas qui était ces jeunes gens, ni même d'où ils venaient mais elle avait l'intime conviction qu'il n'avait apporté que le bien et le bonheur dans ce royaume. Gaius s'arrêta auprès d'elle.
- Ah, soupira-t-il. Aurais-tu jamais pensé qu'un jour cela devait arriver ?
- Que mon fils aime et se marie au roi, devienne roi et dirige Camelot ?! Absolument pas ! Le fit-elle rire. Cependant, j'avais ma petite idée qu'en à ses penchants, déjà très jeune.
Elle lui fit un clin d'œil et Gaius s'étonna.
- Ah bon ?
- Je suis sa mère. Ces choses-là se remarquent. Surtout quand il était avec William. Mais… j'ai comme l'impression qu'ils ne sont pas pour rien, dans tout ce qu'il s'en suivit.
Elle montra d'un mouvement de tête la petite bande qui souriait grandement avant de regarder Gaius et son petit sourire en coin.
- Qui sont-ils réellement, de quel royaume viennent-ils ?
- Oh… Murmura Gaius. Ce sont… de simples voyageurs. Mais je pense que le jour où ils devront repartir, ce jour-là… cela affectera beaucoup de personne, moi y compris.
Il lui sourit puis se dirigea dans la salle, auprès d'eux. Hunith le vit saluer Draco et s'en incommensurable don pour la décoration. Elle attendit quelques minutes de plus avant de commencer à s'inquiéter. Le silence était maintenant présent et tous attendaient patiemment… Mais aucune trace de Merlin. Hunith fit demi-tour, prête à courir s'il le fallait avant de voir une petite touffe brune au détour du couloir. Elle s'avança et murmura, comme ce moment où vous souhaitez attraper un animal pour le caresser :
- Merlin ? Mon chéri, que fais-tu ?
Elle le trouva adossé au mur, les bras croisés, les yeux froncés d'inquiétude scrutant le sol. Vêtu de son ravissant costume blanc et doré, il était à couper le souffle. Sa cape sur l'épaule gauche arrivait à ras du sol. Elle posa une main sur sa joue et l'obligea à la regarder.
- Merlin… Qui a-t-il ?
- J'ai… Maman… J'ai…
- Peur, dit-elle dans un souffle doucereux. Et c'est normal. Merlin, tu dois suivre ton cœur et s'il te dit que ce n'est pas le moment, je doute qu'Arthur ne t'en tienne rigueur. Cependant, si c'est autre chose qui te fait peur… Comme le regard des gens ou autre… Sache que ce n'est qu'illusion. Tu as été jusqu'à maintenant un conseiller hors pair. Le peuple t'aime et t'admire plus que jamais je ne l'aurais espéré. Tu seras un roi comme nul autre.
Merlin prit la main de sa mère pour la presser sur sa joue un peu plus. Quelques gouttes d'eau perlèrent et firent briller un peu plus ses yeux. Il sourit et lui répondit.
- J'aime Arthur. Ces cinq années, presque six, passées auprès de lui, m'ont fait comprendre que je ne pourrais plus jamais vivre sans lui. Merci, maman.
Elle lui tendit son bras qu'il prit avidement. L'excitation commença lentement à l'envahir et il la pressa de ses doigts crispés. Quand tous purent les voir, la musique s'éleva et Hunith l'accompagna devant Arthur avant de le lâcher.
- Je suis si fière de toi, lui murmura-t-elle à l'oreille avant de reculer près de Gaius.
Hunith avait fait le tour de la question. Son fils préférait les hommes aux femmes. Soit… Il ne lui donnerait pas de petit-fils. Son fils aimait Arthur. Soit… Il ne se marierait jamais. Mais finalement, son fils allait se marier avec l'homme qu'il aimait et qui l'aime en retour. Quelle mère sensée d'esprit ne pouvait être plus heureuse ? Aucune, elle en était certaine. C'est là, qu'elle intercepta Ron qui murmurait à Blaise, alors que tous applaudissait avec vivacité :
- Ma mère va me tuer. Le jour où nous rentrerons et que je lui annoncerais. Elle n'est… pas de ce style-là. Elle a déjà eu beaucoup de mal avec Harry qui n'est pas son fils. Alors moi… J'espère que tu es heureux d'être la cause de ma perte ?
Elle fronça un sourcil en voyant Blaise sourire. Se serait-elle trompée ?
Elle se concentra à nouveau sur le mariage. Merlin prononçait ses vœux sans bégayer et recevait sa couronne. A nouveau tout le monde applaudit. Enfin, Arthur prit sa main et l'annonça devant tous. Ce fut l'espace d'une minute une cacophonie de cris joyeux avant que le calme ne revienne. Camelot avait un nouveau roi. Hunith applaudissait à sans faire mal aux mains. Dans tous les cas, aucunes mères ne pouvaient être plus comblées qu'elle. Camelot gagnait peut-être un roi, mais elle, elle gagnait un fils. Cependant, l'espace d'un instant, elle trouva qu'Arthur avait du souci à se faire. Son fils allait vite l'égaler voire sûrement le dépasser. Cela ne fit que traverser son esprit mais comment lui en vouloir ? Après tout, elle n'était qu'une mère.
182ème jour - Six mois et 9 jour.
La soirée battait son plein. Ron riait aux éclats avec Harry, bras dessus bras dessous, sûrement tous les deux légèrement soûles. Draco essayait d'avoir une conversation sérieuse avec Severus mais celui-ci n'arrêtait pas de jeter des coups d'œil mauvais à la jeune demoiselle qui dansait avec Neville. Blaise avait apporté secrètement des coupes de vin aux gardes dehors et discutait avec eux. Quand à Merlin et Arthur… Ils discutaient tous les deux réciproquement avec Gaius et Hunith, mais leurs mains n'arrivaient déjà plus à se lâcher, cachées sous la table. Et leurs tremblements n'étaient dû ni à la fatigue de cette longue journée de festivité, ni à l'alcool qui en avait coulé à flot. Seulement à tant de retenue, et cette envie fébrile qui avait monté en chacun d'eux toute la journée. Arthur s'était félicité pour ces habits amples car il n'avait su retenir le gonflement de son anatomie.
Le blond déplaça sa main sur sa jambe et caressa du pouce de plus en plus haut. Il remarqua du coin de l'œil les frissons qu'il provoquait sur son corps. Il ne put s'empêcher de sourire légèrement. Il attendit sagement que Hunith arrête de parler pour se pencher sur lui.
- Nous pouvons nous éclipser...
Merlin sourit et se retourna vers lui.
- Nous avons toute la nuit, Arthur. Lui répondit-il sur le même ton. Ne me dit pas que tu es si impatient que ça.
Le roi grogna légèrement et se redressa. Lui, n'avait pas du tout envie d'attendre. Il le voulait, et maintenant. Il se fichait des convives et célébrations car à l'instant, il ne voyait plus que Merlin, son mari, et cette envie folle de le déshabiller sur la table. Ce serait-ce bon ? Meilleur qu'avec une femme ? Cela devait l'être pour que son cœur batte aussi vite. Il accentua la pression de sa main sur le haut de sa cuisse avant de remonter encore. Merlin le regarda à nouveau, le rouge aux joues. Il se mordit la lèvre accentuant le désir chez le blond.
Arthur regarda Ron et Harry qui avait commencé à chanter, de plus en plus fort, entraînant la moitié de la salle. Il regarda Harry avec un sourire. Si tout se passait bien, ce serait uniquement grâce à lui. Après des heures de discussion sommes toutes mal à l'aise, si tout se passait bien, il ne pourrait que le remercier.
Il se leva et tendit la main à Merlin. Celui-ci la prit et se leva à son tour. Tous firent de même et les saluèrent pendant qu'ils partaient. Une fois dans le couloir, Merlin prit le bras de son tout juste mari et rit.
- Pour la discrétion, on passera.
Arthur s'arrêta un instant et le prit par le menton pour l'embrasser tendrement.
- Dîtes-moi, Roi de Camelot, ne vous sentez-vous pas inconfortable avec tous ses vêtements ?
- Je vous dirais ça, quand nous serons dans notre chambre, Roi de Camelot.
Arthur sourit bêtement. Il avait dit "notre" chambre. C'était la première fois qu'il parlait d'eux. Il espéra que ce ne serait pas la dernière. Ils arrivèrent enfin dans leur chambre et à peine la porte fermée, Arthur le poussa dessus pour reprendre ses lèvres. Lentement, il ôta sa cape et ses boutons de chemise. Merlin fit de même, plus fébrilement, succombant sous ses baisers dans son cou et sur ses épaules maintenant nues. Le blond l'attrapa par la taille et le colla un peu plus à lui. S'il pouvait le consumer entièrement, il le ferait. Il se contenta de glisser sa main dans son pantalon de toile et de malaxer ses fesses. La chaleur augmenta, son corps était en feu. Il sentit Merlin se tendre. Il lui arracha un dernier baiser avant de le regarder profondément dans les yeux, posant son front contre le sien.
- Tu me fais confiance ?
Le brun sourit légèrement.
- Pourquoi me serais-je marier à toi dans le cas contraire ?
Arthur sourit à son tour et reprit ses baisers sur sa nuque.
- Pour l'argent… Ou le pouvoir ?
Il joua avec ses fesses et s'extasia qu'elles soient aussi douces et fermes. Exactement comme il avait pu l'imaginer. Merlin reprit sa bouche, cachant à demi les gémissements qu'il émettait. Il releva sa jambe et la cala sur sa hanche bloquant son corps du sien contre la porte. Ils n'étaient qu'à quelques mètres de leur lit mais il avait l'impression que s'arracher à lui plus d'une seconde allait le tuer. Il colla son érection contre la sienne et se frotta langoureusement contre lui. Ils n'étaient plus que lambeaux de vêtements qu'ils n'étaient plus assez lucides pour jeter à terre et soubresauts de plaisir.
- Ar… thur… Attends… On pourrait…
Le blond baisa avec lenteur son cou et son épaule, il dégagea enfin sa chemise et se plia pour embrasser son torse. Merlin glissa ses mains dans sa chevelure. Même le froid de la porte n'arrivait plus à ralentir le battement de son cœur, à désenflammer la chaleur de son corps et encore moins désengorger son érection devenue légèrement douloureuse. Il se cambra pour l'entourer, soufflant de plaisir. Il hoqueta quand Arthur le prit en bouche avec tant d'assurance, sans hésiter une seule seconde. Il s'arrêta juste un instant et murmura :
- Elle est plus grosse que ce que je pensais.
Le brun mit ses deux mains devant sa bouche alors que le rouge emplit son visage. Il oscillait entre l'embarras et le plaisir qu'il lui procurait. Un coup de langue bien placé le fit se relever et se tendre contre la porte. Il ne vit pas le regard lubrique du blond, satisfait de son exploit. Arthur le suça encore, jusqu'à ce que Merlin soit au bord de l'explosion, ce qui n'avait pas tardé. Puis il le relâcha, non sans qu'il grogne de frustration, pour l'entourer de ses bras et le soulever à nouveau. Merlin s'accrocha à lui, maintenant dénudé. Il posa des baisers sur son cou, puis repris sa bouche avec ferveur. Arthur eut assez de mal à les guider jusqu'au lit et regretta de ne pas l'avoir pris comme cela sur la porte. Mais il se rappela à temps des paroles d'Harry.
« Vous êtes mariés. Alors votre première fois doit se passer dans un lit, avec douceur et légèreté. Surtout que pour lui comme pour toi, se sera la première fois. Tu risques de lui faire mal. Tu le prendras comme une bête une autre fois. » Arthur avouait, il avait rougi à ces mots. Et frapper Harry qui était mort de rire.
Du coup, il se retint comme il se devait et atteint enfin le lit où il déposa son tout juste mari dedans. Il s'allongea à demi sur lui et pressa son érection contre sa jambe, lui prouvant qu'il avait tout aussi envie de lui. Et puis, l'espace d'une seconde… une seconde qui lui parut des heures, ils se regardèrent, les yeux ancrés l'un dans l'autre. Arthur vit tellement d'amour dans ses yeux, tellement de désir, de joie mal contenue, d'espoir et de gratitude. Il eut l'impression de pouvoir lire dans sa tête sans connaître un seul sort de magie. Ce qu'il ne savait pas c'est qu'il dégageait exactement le même effet sur Merlin.
Il prit sa bouche, délicatement, comme un secret ou quelque chose de bien trop fragile, qui a tout moment pourrait se briser. Le désir était toujours là, mais l'air ambiant de la pièce s'était épaissi, presque palpable. Merlin posa une main sur sa joue et appuya un peu plus, lui prouvant que non, il n'était pas en porcelaine. Il retira immédiatement cette pensée quand il sentit l'intrusion d'un doigt dans son trou de chair. Il se crispa. Arthur prit son temps, il fit des vas et viens jusqu'à ce qu'il se détende. Avant de mettre un deuxième puis troisième doigt.
- Je veux être en toi, murmura-t-il tout contre sa lobe d'oreille.
- Vas-y… Murmura Merlin fébrilement.
Quoiqu'il se dise, le brun ne put s'empêcher de voir la peur l'envahir. Peur que ça fasse mal. Arthur se releva entre ses jambes et présenta sa verge. Lentement, il le pénétra. Merlin s'accrocha au draps et releva la tête, se cambrant totalement. Des larmes perlèrent dans ses yeux. C'était pire que ce qu'il imaginait. Vraiment très douloureux. Et pourtant, Arthur ne l'avait pas complètement mise. Le blond se mordit la lèvre. Il était très inquiet pour Merlin, mais en même temps, le désir de six mois d'attente, et surtout l'image que Merlin lui laissait, en ce moment même, le faisait durcir encore plus. Il le pénétra, encore et encore, entrant de plus en plus profondément, et bientôt, Merlin arrêta d'avoir mal pour ne faire que gémir.
Quand enfin il toucha la garde, il commença à y aller plus vite, plus fort. En rythme avec les halètements de Merlin. Il le vit se cambrer un peu plus, mais plus de douleur, uniquement de délice. Il l'entendait murmurer son prénom, il voyait son pénis qui retombait sur son ventre musclé se tendre, du liquide commençant à en sortir. Cela lui donna plus d'assurance, plus d'envie. Il continua à le prendre plus fort, le caressant en même temps pour le faire venir plus vite. Il l'attrapa par les hanches et le plaqua contre son bassin, la transpiration gouttait sur son visage. Il faisait tout pour garder son regard bien trop lubrique sur le corps de son amant.
- Arthur, je vais… trembla le brun.
Mais il n'eut le temps de finir sa phrase qu'il explosait son sperme sur son torse. Le blond sentit alors son anus se compressait autour de lui, il grogna tant la sensation était plus forte encore. L'endroit encore plus étroit, il se vida à son tour en râlant comme un animal. C'était si bon. Il ne savait pas si c'était bon uniquement parce qu'il s'agissait de Merlin, où si avec un autre homme cela aurait été pareil, il ne voulait pas le savoir. C'était merveilleusement bon et il ne voulait personne d'autre. Après plusieurs minutes à essayer de reprendre une respiration calme, il se dégagea du brun et s'allongea à côté de lui, dépliant ses jambes qu'il trouvait douloureuse. Il avait sa réponse, jamais il n'avait été aussi peu maître de lui-même avec une autre femme. Jamais il n'avait éprouvé autant de sentiments en si peu de temps.
Il le dévorait du regard, il n'avait pas sa dose, il voulait le prendre encore. Il attendit juste que Merlin daigne se tourner vers lui. Fatigue ou timidité ? Il ne le savait pas mais penchait pour le deuxième. Il posa ses doigts sur son menton et ramena son visage pour l'embrasser doucement. Enfin, Merlin ouvrit les yeux. Il sourit en se mordant la lèvre. Il avait raison. Le brun roula sur le côté et monta sur son torse, l'embrassant de plus belle.
Le deuxième round ne tarda pas à venir.
