Bonjour ou bonsoir. Oui, je sais, ne me jetez pas de pierre, j'ai un petit beaucoup trop laissé traîner cette fiction. Mais j'ai des circonstances atténuantes. Entre autre, mon travail. Merci de continuer à me lire.


Bonne lecture.


Chapitre 19 : Incertitudes.


211ème jour - Six mois et 18 jour.


Ron retrouva Blaise dans une des cours en hauteur du château. Il regardait en bas avec cette tête complètement fermée. Quelque chose entre la jalousie, la colère et la peine. Tout ce que le roux n'aimait pas voir sur son visage. Il soupira. Pourquoi fallait-il qu'il réagisse toujours comme ça. Il sentait la dispute avant même qu'elle ne commence. Devait-il vraiment y aller ? Ou tout simplement le laisser se calmer. Malheureusement, il ne le connaissait qu'un peu trop bien et il savait qu'il ne ferait rien pour arranger les choses. Il fallait qu'il crève l'abcès avant qu'il ne grossisse trop et lui explose dessus. L'archer se rapprocha du chevalier et posa une main sur son épaule. Un point pour lui, il ne l'avait pas rejeté.

- Alors, tu as fini de te rincer l'œil avec toutes les greluches qui passent devant toi ?

Ou pas. Ron se mordit la lèvre puis il soupira et s'assit sur le rebord, face à lui, en le regardant bien dans les yeux.

- Oui, j'ai fini. Et toi ? Tu as fini de faire la gueule pour rien ?

Il maudit son caractère têtu et trop orgueilleux. Mais en même temps, il trouvait son comportement tellement exagéré, il ne se considérait pas en faute. Bien sûr, Blaise fronça les sourcils alors que la colère ne se fit que plus ressentir. Ron sourit légèrement. Il trouvait cela agaçant, c'était vrai, mais il ne pouvait s'empêcher de le trouver charmant et mignon. Sa jalousie mordante était bien sûr typiquement Serpentard. Elle prouvait en tout cas qu'il tenait énormément à lui.

- Qu'est-ce que tu fiche ici, alors ? Retourne-les voir, si elles sont bien plus intéressantes que moi.

- Je n'ai jamais dit ça. Tu te fais des films là, Blaise. Ce n'est pas parce que je les regarde qu'elles vont absolument me faire de l'effet. Tu ne peux pas m'empêcher de penser qu'un tableau est beau uniquement parce que la personne dessus n'est pas toi. Et bien pour moi elles sont comme ça, des tableaux. Quelque chose de beau qui pourtant ne m'attire pas du tout.

Il se félicita quand il vit son visage s'éclairait légèrement, mais ce fut trop beau pour être vrai et il ajouta :

- Ah oui ? Et tu vas me dire que si je te quittais tu n'irais pas voir tous ses beaux tableaux pour te les faire un par un.

Ron se frotta le front, comme à chaque fois qu'il était passablement contrarié. Mais au lieu d'hausser le ton, il préféra se lever et poser ses lèvres sur sa joue. A quelques centimètres de son visage, il murmura :

- De un, tu ne me quitteras pas. De deux, oui j'irai les voir parce qu'à part toi, je n'ai été et ne serai jamais attiré par un homme. Et de trois, quand tu auras fini ta crise de paranoïa, tu viendras me voir. En attendant, je vais aller là où du monde à besoin de moi

Le roux commença à partir de son pas lent quand le noir se retourna vers lui et l'arrêta. Il fit demi-tour et le regarda en haussant un sourcil.

- Je crois que… ça fait longtemps que l'on n'a pas fait un combat toi et moi. Il va falloir remédier à cela, parce que tu oublies facilement à qui tu parles.

Le roux lui offrit un grand sourire.

- Moi, tout ce que je me souviens, c'est que les trois dernières fois, le gagnant c'était moi.

- Mais ça c'était il y a au moins deux mois.

- Très bien. Quand tu le souhaites, je…

- Maintenant. Claqua le brun.

Le roux pencha la tête. Il n'était pas armé, Ron si. Il regarda tout autour de lui mais la cour était vide. Il haussa les épaules et retira son arc et son carquois qu'il posa parterre. Puis il leva les mains au ciel avant de scander :

- Je t'attends.

Blaise marcha tranquillement jusqu'à lui et sans crier gare, lui assena un coup de poing. Le roux recula sous l'impact et se redressa juste à temps pour parer un autre coup. Il le repoussa sur le côté avant de reculer à nouveau. Le roux toucha en dessous de son nez où il trouva un peu de sang. Il rit légèrement. Bon, d'accord. Il fallait l'avouer, il l'avait peut-être un peu énervé. Le noir, sans se presser, avança à nouveau. Ron se baissa, évita son genoux et tapa dans les côtes. Etait-ce une raison pour se frapper de la sorte ? C'était normal dans les relations d'homme à homme ? Ça, c'était une bonne question à poser à Harry.

Le noir attaqua de nouveau, il l'évita une fois mais pas deux. Chancelant, le roux se vit jeter parterre sans ménagement. Il rit et tapa le sol comme dans un combat de catch. Blaise s'assit sur lui et rapprocha son visage du sien. Le roux s'arrêta net de rire. Il se retrouva complètement hypnotisé par ses beaux yeux brun, presque dorés par la colère, son visage si lisse, ses traits tendus. Cela n'avait rien à voir avec une femme, cela n'était pas doux. Et pourtant, il continuait à le trouver magnifique. Son cœur s'embardait, comme à chaque fois… Cette aventure-là, il ne l'avait jamais rêvé, il ne l'avait jamais demandé, et pourtant, il priait quelle continue. Cette adrénaline était plus forte que grimper une tour de Poudlard sans protection. C'était le pied total que de vivre à ses côtés. Et chaque jour était différent.

Blaise posa alors ses lèvres sur sa joue et murmura :

- De un, en effet, je ne te quitterais jamais. De deux, si jamais tu retouches une femme à nouveau, je te tue. Et de trois, c'est parce que je sais qu'en dehors de moi, tu aimes les femmes que je te fais ces crises. Alors si tu les prends à la légère, c'est peut-être que tu ne tiens pas assez à moi.

Ron fronça les sourcils.

- Ce que tu dis est stupide. Quel hétérosexuel irait coucher avec un homme juste pour s'amuser !?

- Un putain de Griffondor bête comme ses pieds. Ah, et j'ai gagné. Tu peux réessayer demain si tu veux.

Il se leva d'un coup et le snoba avant de partir. Ron se releva sur les avant-bras et le regarda s'en aller, la boule au ventre. Il allait tuer cet homme. Alors qu'il pensait que tout allait bien, ce dernier avait encore des doutes envers lui. Il fallait vraiment être tordu pour penser de la sorte. Il fallait vraiment qu'il demande des cours de relations sentimentales homosexuels avec Harry. Il rit tout seul en se rappelant les dernières « relations » d'Harry et leurs échecs monumentales. D'accord, vraiment une très, très mauvaise idée. Il n'était même pas capable de remarquer qu'il était autant épris de Draco que lui de Blaise…

Ron se releva, et regarda par-dessus la balustrade de pierre quand une voix le fit sursauter. Il mit sa main sur son cœur, attendant que l'adrénaline redescende. C'était Arthur qui l'avait appelé. Il se retourna vers le roi. Il ne lui avait pas reparlé depuis qu'il l'avait légèrement insulté.

- Désolé de te déranger, s'excusa-t-il.

Le roux fronça les sourcils. Le roi ne s'excusait vraiment, vraiment jamais… A part à Merlin. Surtout pour une chose aussi bête que de le déranger. Il y avait quelque chose qui n'allait pas. Ou alors il s'excusait pour autre chose. Ron plissa les yeux.

- Tu ne me dérange pas, Arthur.

- Je viens de croiser, Blaise. Un problème ?

- Non, non… Une petite dispute de rien du tout. Je crois qu'il n'a pas encore compris à quel point je tiens à lui.

- Tu le lui as dit ?

Ron se mordit la lèvre. Non… Pas encore. Il n'avait pas le cran de le faire. Et pourtant, il ruinait toute sa théorie de l'hétéro qui n'aimait pas un homme pour s'amuser juste avec ça. C'est vrai, pourquoi ne lui avait-il pas encore dit… C'était encore plus dur qu'avec n'importe qui d'autre.

- C'est dur, n'est-ce pas ? Sourit le blond comme s'il avait lu dans ses pensées. J'étais dans le même cas. C'est vrai que le fait que j'allais peut-être mourir m'a poussé plus vite que je ne l'aurais voulu mais… Une fois qu'on l'a dit… on se sent comme… libéré. Et après c'est plus facile. Même s'il y a toujours ce petit pincement dans le cœur quand on le dit.

Ron hocha la tête. Lui, son cœur avait décidé de se taper un parc d'attraction à chaque fois qu'il avait tenté de lui dire qu'il l'aimait. Alors il avait un peu laissé tomber.

- Pour l'instant, je sais que ce n'est pas ça qui va régler les choses. Il faut qu'il arrête de faire sa tête de mule aussi.

- Ça viendra. Murmura Arthur.

Enfin, le roi s'approcha de lui et lui tendit une lettre. Ron fronça les sourcils et la lui prit.

- Qu'est-ce ?

- Tu as raison. Dis-toi qu'il a fallu que Merlin et moi discutions énormément et surtout beaucoup de courage pour venir te dire que tu avais raison.

Ron sourit légèrement. Il vit que la lettre était cachetée, adressée au roi de Mercie.

- Tu connais la route et tu es rapide. Très rapide. J'ai demandé au roi de Mercie et quelques hommes de son armée de venir à Camelot pour la signature du traité de paix de Cenred. J'en ai fait de même pour le royaume de Nemeth. Perceval est déjà parti. Tu penses pouvoir y arriver ?

Le roux sourit et hocha la tête.

- Si votre lettre ne suffit pas, je saurais le convaincre. En attendant… Promettez-moi de ne pas laisser Cenred entrer dans le château.

Arthur posa sa main sur son épaule et sourit.

- Tu as ma parole. Un roi n'est rien sans ses amis. Et moi, je te compte parmi les miens. Te perdre serait un désastre. Toi et ton esprit stratégique.

- Je m'excuse, les mots ont dépassé ma pensée. Je suis fier de vous considérer comme mon roi et mon ami, Arthur.

Ron le salua et ramassa son arc et son carquois qu'il mit sur son épaule. Il laissa là le roi et rejoint rapidement les écuries. Il scella son cheval. Avant de dépasser le portail du château, il regarda un moment derrière lui. Il pouvait le voir de là où il était. Assis sur les marches. Il le vit se lever, froncer les sourcils. Ron sourit. Il eut envie de faire demi-tour et d'aller le voir, de lui dire au revoir… Mais s'il le rejetait encore, se serait dur de le porter durant la route qu'il allait faire. Alors il se contenta de lui sourire et d'hocher la tête. Puis il partit.


211ème jour - Six mois et 18 jour.


Le soir venu, Neville eut du mal à passer la porte de sa chambre. Il savait que Severus l'attendait à l'intérieur, sûrement en train de lire un vieux livre ou écrire de prochaines potions. Il se mordit la lèvre alors qu'il tenait toujours la poignée dans sa main, se maudissant d'être si faible. Son cœur battait à tout rompre quand il pensa à ce qu'il allait faire. Seulement si son homme était d'accord malheureusement. Mais il ne savait pas s'il le serait… Avec Severus, il fallait prendre des pincettes.

Il ouvrit enfin la porte et le trouva exactement là où il pensait qu'il serait. Sur le fauteuil près de la cheminée en train de lire. Il leva les yeux vers lui et lui sourit doucement.

- Ça va ? Je ne t'ai pas vu, aujourd'hui.

- Oui, j'ai… aidé Gaius à cueillir quelques plantes.

- En plein hiver ? Dit le potionniste en haussant un sourcil.

- Oui, des… des plantes d'hiver. Balbutia le Griffondor.

Severus fronça les sourcils et referma son livre pour le poser sur la petite table à côté de lui. Il tendit sa main vers lui et le plus petit la prit. Il se glissa comme un nuage dans ses bras, se délectant de lui son odeur, sa douceur, ses bras forts et puissants qui lui donnaient l'impression de pouvoir le protéger de tout. Il posa sa tête sur son torse et replia ses jambes. Severus joua avec ses cheveux, avant de le prendre par le menton et de l'embrasser délicatement sur les lèvres.

- Tu es calmé ? Demanda-t-il enfin.

Neville écarquilla les yeux sans comprendre. Pourtant, il avait totalement raison, il se sentait de nouveau apaisé, sans aucune crainte. Puis il repensa à ce qu'il voulait lui dire et il rougit, essayant de cacher sa gêne dans ses habits.

- Dis-moi ce qui ne va pas, Neville ? Tu sais que je ferais n'importe quoi pour toi.

Le brun se mordit la lèvre.

- Vraiment ? Tout ce que je veux ? Minauda-t-il.

- Bien sûr, quelle question. Absolument tout.

- J'aienviedetoi, dit-il rapidement et dans un murmure si bas qu'il n'était même pas sûr de s'être entendu lui-même.

Mais Severus l'avait entendu. Oui, car il le sentit, à l'instant même où les mots avaient dépassé ses lèvres, son corps se tendre. Il n'osa pas regarder son visage, il n'avait pas envie d'être déçu. Mais il l'était quand même. Harry avait eu tort. Lui dire de but en blanc n'était pas la meilleure solution. Severus était différent. Il fallait toujours prendre des pincettes avec lui. Il n'aurait jamais dû faire cela. Son cœur allait exploser. C'est alors qu'il sentit quelque chose qui aussi était à deux doigts d'exploser et il écarquilla à nouveau les yeux, stupéfait.

Harry avait raison. Harry avait raison !

Il osa enfin lever les yeux vers son visage et eut la surprise de le voir d'une expression qui lui était totalement inconnue jusqu'à ce jour. Ce que Neville ne savait pas, c'était que cette expression, Severus l'avait souvent, en cachette, derrière son dos. Comme s'il avait peur qu'un jour, il la voit. C'était un mélange de désir frustré, d'une envie inassouvie et d'un empêchement trop fort. Ses yeux brillaient la luxure et la tristesse en même temps. Il se retenait d'avoir tant envie. Neville ne comprenait pas. Pourquoi ?

Il se mordit à nouveau la lèvre et sourit. Il se tortilla avec lenteur, ses fesses poussant sa grosseur, provoquant la sienne.

- Pourquoi ne me l'as-tu pas dit avant ? Demanda le guérisseur en se redressant à califourchon sur lui et entourant de ses bras la nuque de son amour.

- J'avais peur… Je sais que tu es encore vierge.

Neville embrassa le coin de sa bouche, suçotant sa lèvre. Il était pressé, mais il n'avait pas envie de le faire fuir. Avec Severus, il fallait prendre des pincettes. Il le savait. Il sentit ses mains glisser sous son haut, caressant son dos, brûlant toutes les parties pas encore chauffées par le feu de la pièce, à commencer par son cœur.

- J'avais peur… Murmura-t-il de sa voix rauque. De ne pas être la bonne personne pour être ta première fois.

Neville s'arrêta et enfonça ses yeux dans les siens, s'assurant qu'il le regarde bien alors qu'il lui murmura :

- Tu n'es pas la bonne personne. Tu es l'unique personne avec qui je veux le faire pour la première fois et pour le reste de ma vie.

Il aperçut le micro-sourire qu'il laissa échapper avant qu'il ne lui ravage sa bouche, un peu plus sauvagement. Il n'avait jamais connu ça. Ni avec une femme, ni avec un homme. Il ne pouvait pas savoir si c'était différent, si c'était meilleur ou plus mauvais. Et franchement, il ne souhaitait pas le savoir. Il s'en fichait. Car à cet instant même, les millions de sentiments qui tailladaient son pauvre cœur lui faisait l'impression d'être au paradis. Car si le paradis existait vraiment, il était certain qu'il ressemblait à cela.

C'était incroyable. C'était comme d'habitude. Il n'avait pas besoin de plus se parler, comme s'il savait déjà exactement ce qu'il voulait. Neville avait compris que Severus voulait qu'il enlève son haut avant même qu'il ne lui demande et il le fit. Severus continua de le toucher exactement où il le voulait, sentant ses parties fragiles le faire s'agiter et tendre plus fortement. Il pouvait déjà sentir son érection contre son ventre alors que la sienne caressait la commissure d'entre ses fesses à travers le fin pantalon de lin. Mille fois trop gênant à cet instant.

Ils s'embrassaient comme si demain n'était plus. Neville n'avait pas peur. Harry l'avait prévenu que ce serait vraiment douloureux. Et qu'il devrait rester allongé plus longtemps que prévu. Il lui avait dit qu'il aurait mal et pourtant, il n'avait pas peur. Il aurait même voulu que Severus le prenne ainsi, sans attendre, sans préparation. Il avait tellement envie de lui que c'était indescriptible. Il releva légèrement les jambes pour sortir son pénis de son pantalon. Il l'avait déjà vu. Il l'avais vu dans le bain, ou quand il s'habillait. Il l'avait déjà sentit aussi. Mais c'était la première fois qu'il le voyait en érection. Severus avait une maîtrise de son corps absolument parfaite.

Il ne savait pas combien d'effort cela lui prenait…

A contrario, Neville avait déjà la tête qu'il lui tournait. Et quand il sentit sa main sur son propre muscle brûlant de désir, il échappa un soupir et posa sa tête sur son épaule. Severus en profita pour dévorer son cou, sa nuque et lécher tout ce qu'il avait à porter. Le guérisseur lui fit lâcher son sexe, de peur de venir à l'instant même. Il regretta de n'avoir jamais fait cela avant. Car maintenant, il savait qu'il ne tiendrait pas longtemps.

Severus dût le sentir car il baissa son pantalon pour venir malaxer ses fesses avant de le pénétrer d'un doigt. Cela faisait mal, oui. Mais Neville ne le sentit pas du tout. Il était rouge de plaisir, il n'avait qu'une hâte. Au bout de quelques minutes qui furent une torture, Severus se redressa, l'attrapa par les hanches et le planta sur lui comme une épée rengainée dans son fourreau. Le plaisir vint tout seul et Neville éjacula. Le liquide se répandit entre eux, tâchant leurs vêtements.

- D-déso-lé, bredouilla Neville sans force.

Le potionniste sourit. Il reprit doucement ses lèvres tremblotantes. Neville ne savait ce qu'il trouvait mieux, ses doux baisers ou sa verge encore en lui, tellement dure qu'elle le remplissait entièrement. Il n'eut pas à faire ce choix bien longtemps. Tout en le comprimant de sa bouche, Severus serra son corps et le fit monter et descendre sur lui avec lenteur. Neville commença à voir des étoiles, les sensations se bousculaient, comprimant son cœur. Il aimait ça. Il adorait tellement. Sans savoir comment il en eut la force, il s'accrocha de nouveau à la tête de son amant, plongeant le nez dans sa chevelure et effectua les mouvements à sa place. Severus en profita pour s'accrocher au fauteuil et donner à son tour des coups de butoir. Il était tellement léger, c'était si facile.

Severus accéléra la cadence, les mains crispées sur les accoudoirs, le souffle de plus en plus rauque.

- Sev', chuchota fébrilement son amant.

Son corps recommença à se tendre, et malgré l'effort fourni pour se retenir, il se mit à crier de plaisir quand il toucha sa prostate, la fracassant de coups bien placés. Severus rejeta sa tête en arrière et Neville étouffa son cri de plaisir dans sa bouche, la mangeant sauvagement. Il n'eut pas à attendre pour venir une deuxième fois. Il n'avait aucun contrôle, il savait que Severus lui apprendrait, il n'était pas inquiet.

Enfin, dans un dernier et long mouvement, le potionniste vint à l'intérieur de lui. Et Neville connut le deuxième plus beau plaisir de sa vie. Sentir ce jet puissant l'envahir, le remplir, c'était chaud, c'était bon. C'était comme s'il arrivait à le laver complètement de toutes ses blessures, juste avec cela. Pour un guérisseur, c'était magique.

Les deux hommes, haletants, tremblants, suants ne bougèrent plus du tout. Enserrés l'un dans l'autre, ils essayèrent de se remettre difficilement. Severus entoura son corps de ses bras et posa sa tête sur son torse, entendant son cœur battre à l'unisson avec le sien. Neville avait remis sa tête dans ses cheveux, se fichant de ne pouvoir respirer autre chose que leur odeur. Enfin, après quelques secondes, ils se relevèrent pour se regarder à nouveau. Neville déposa des baisers papillons sur sa bouche et sa mâchoire puissante.

- Quand on aura repris, cela durera plus longtemps, tu verras.

- Qui t'a dit qu'on avait fini ? Murmura malicieusement Neville.

Severus sourit, les yeux pétillants et reprit ses baisers. Oui, Neville était timide et Severus était à prendre avec des pincettes. Mais pas quand ils faisaient l'amour.


213ème jour - Six mois et 20 jour.


Blaise et Harry étaient dans la cour. L'un comme l'autre ne supportait pas le fait que Ron soit parti ainsi, sans rien leur dire. Arthur leur avait assuré qu'il ne lui arriverait rien, mais ce n'était pas suffisant pour son meilleur et petit ami. Ron avait tendance à tout vouloir prendre sur soi. Comme s'il avait quelque chose à se faire pardonner. Et cela, Harry fut heureux de voir qu'il n'était pas le seul à l'avoir remarqué. Blaise aussi faisait des pieds et des mains pour comprendre le caractère téméraire, voire parfois suicidaire du roux.

- J'ai l'impression que sept années de combat avec Voldemort ne lui ont pas suffi, fronça Harry en s'asseyant sur le banc.

- Oui. C'est affreux, je ne sais pas du tout ce qu'il se passe dans sa tête… Harry… Pourquoi fait-il ça ? Que s'est-il passé pour qu'il change autant ?

- Je ne peux vraiment pas te dire, haussa le brun. Il a changé du jour au lendemain. Pendant tout le temps où nous étions pourchassés par les mangemorts, Ron est parti. Il nous a laissé tomber, Hermione et moi… Et quand il est revenu… C'est comme si des ailes lui avaient poussé dans le dos.

Blaise sourit à l'image.

- Oui mais il y a courage et bêtise. Pourquoi est-il parti seul… ? Je ne veux pas qu'il lui arrive quoi que ce soit alors que nous nous sommes quittés en mauvais termes.

- Je peux te comprendre, murmura le brun.

Le noir soupira et s'étendit sur le banc. Il regarda la porte du château, les yeux à moitié fermés. Il ne pouvait pas s'empêcher de penser à lui. Il voulait savoir ce qu'il faisait, et surtout s'il allait bien. Malheureusement, les seules réponses qu'il avait étaient des suppositions. Il se promit d'enfermer Ron plusieurs jours de suite dans leur chambre après le coup bas qu'il venait de lui faire subir. Encore !

- Cenred prend son temps apparemment. Que prépare-t-il à ton avis ?

- Pour moi ? Rien de bon, avoua l'assassin. Il va venir, oui, mais pas pour signer le traité de paix. J'ai bien étudié les différends qu'Uther Pendragon avait avec lui… Et puis pourquoi maintenant ? Ron a raison quand il dit que c'est juste un ignoble piège. Et je n'ai pas besoin de Draco pour le savoir.

- De Draco ?

- Je veux dire… Des visions… avec Draco.

Le brun rougit un peu. Blaise se mit à sourire. Il le vit alors il lui donna un gentil coup de poing sur l'épaule avant de rabattre sa capuche. Blaise s'avança pour voir son visage.

- Allez Harry, tu peux tout me dire, tu le sais.

- Oh ! Oui, c'est pour ça que je ne vais absolument rien te dire !

- Ce n'est pas grave. De toute façon, Draco m'a déjà tout raconté.

- Quoi ? S'exclama Harry. Il t'a raconté quoi ? Encore des mensonges, je suis sûr.

- Vu dans l'état où il était, je doute que ce soit des mensonges.

Harry resta un moment silencieux alors que son visage s'attristait.

- Et… dans quel état il était ?

- Eh bien… Tu connais Draco. Impassible, froid, dur… Je crois bien qu'il était en colère. Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas vu comme ça.

- Il ne l'était pas.

- Pardon ? S'étonna Blaise alors qu'il essayait à nouveau, en vain, de capter son regard.

- On… n'arrive presque plus à se détacher depuis… Enfin… Avant j'y arrivais mais plus là.

- Je ne comprends pas, Harry. Explique-moi.

Le brun n'avait malheureusement pas envie d'en dire plus. Blaise attrapa sa capuche et l'enleva lentement. Il était livide.

- Dis-moi, où je vais aller chercher la réponse chez Draco ! Et tu sais qu'il ne me cache rien.

- Je le sens tout le temps. Dit-il précipitamment. Avant ce n'était qu'un petit bourdonnement à l'oreille, sans pour autant être désagréable. Maintenant je sais qu'il n'était pas en colère. Il était triste… Pire même… Et c'est de ma faute. Je sais qu'il va mal mais j'ai peur d'aller le voir.

- Pourquoi ? demanda Blaise en penchant la tête.

Harry se mordit la lèvre. S'il l'annonçait ainsi à voix haute, ce serait fini. Plus moyen de faire marche arrière. Toutes ses pensées qu'il avait amassées deviendront réelles. Et il devrait à jamais s'avouer…

- Cette tristesse qu'il ressent… me fait devenir triste. J'en ai mal au cœur. Alors… quand il a l'air d'éprouver du désir à mon égard, j'ai juste l'impression que c'est le mien qui se reflète. Et je me dis que quand il devra revenir à la raison, quand nous ne posséderons plus de lien entre lui et moi, que me restera-t-il ?

Blaise sourit. Heureux qu'il l'ait enfin dit.

- Tu penses que c'est le lien qui pousse Draco vers toi ?

Harry hocha la tête. Puis le dégoût remplit son visage. Un dégoût pour soi-même. Il avait pris goût à ses baisers, à son sourire. Il avait pris goût à leur semi dispute. Et petit à petit, il s'était laissé longuement envahir par ce besoin d'être sien. Un désir flamboyant. D'un égoïsme pur.

- C'est vrai que de ton point de vue, rit le noir, coucher avec lui pourrait être assimilé à un viol.

Il se satisfait en voyant son visage s'éclairait d'un sourire.

- Cependant, depuis quand éprouves-tu ce désir envers lui ?

Harry écarquilla les yeux.

- Je ne sais pas… Peut-être un mois ou deux… Je ne l'ai que réellement remarqué au mariage de Merlin. C'était comme si rentrer chez nous m'était impossible. Par peur de le perdre.

Blaise fronça les sourcils sans comprendre. Harry se rendit compte qu'il avait gaffé mais ne le montra pas.

- Rentrez chez nous ?

- Oui… Tu sais bien qu'un jour… quand tout ça sera terminé, il faudra bien rentrer chez nous. Ron, Neville et moi en avons beaucoup discuté. Et nous avons peu hâte de devoir rentrer, même si un jour nous savons tous qu'il le faudra bien. A savoir quand…

Harry souffla alors que Blaise se contentait de ça. Il le vit juste hausser les épaules.

- Je ne veux pas rentrer non plus. Je suis bien ici. Je suis un chevalier. Mon petit ami est un vertueux archer. J'ai la confiance d'un roi et tous ceux qui me sont chers sont à mes côtés. Que demander de plus ?

Le noir s'attendait à une réponse mais Harry ne l'écoutait plus. Il suivit son regard jusqu'à l'immense portail du château. Draco était là, accompagné d'une jeune femme. La colère pouvait se lire dans les yeux de son ami, et Blaise comprit que ce n'était pas du tout une bonne nouvelle. Parce qu'il ne connaissait que trop bien le regard qu'il lançait. Il avait lui-même fait cette expérience avant, avec Ron. C'était de la jalousie. Pure et dure. Harry détourna enfin le regard pour le sol. Le chevalier sourit tristement avant de murmurer :

- Je sais que je me mêle de ce qui ne me regarde pas mais ça me fait mal de te voir dans cet état alors il faut que je te dise que cette envie que Draco à l'air de ressentir pour toi, ne vient pas de toi. Pour lui, elle dure depuis la première fois où vous vous êtes serrés la main pour faire la paix, si ce n'est avant.

Harry releva brusquement la tête, coi. Il fit le poisson quelques secondes, incapable d'émettre un son.

- Ne fais pas la même erreur que Ron et moi et dis-lui ce que tu ressens avant qu'il ne soit trop tard, tu veux bien ?

Blaise se leva et s'étira. Entre temps, il avait vu Draco approcher, seul. Il lui fit un sourire et s'en alla lentement, il devait bientôt prendre son tour de garde de toute façon. Le brun resta sur le banc et Draco s'assit à ses côtés. Tous les deux ne savaient que dire ou que faire… Ils savaient qu'ils devaient se parler. Mais absolument rien ne voulait sortir. Alors ils restèrent là, assis sur le même banc, ne se touchant même pas du regard, amorphe. Seules leurs pensées vivaient à cent à l'heure.

- Je suis désolé, éclata enfin Harry.

Draco écarquilla les yeux sans comprendre.

- Je sais que cela ne doit pas être facile pour toi… mais tu es un homme. Un très bel homme, je peux le dire. Ne gonfle pas des chevilles, s'il te plaît. Et j'aime les hommes alors je pensais qu'au début ça n'arriverait pas, mais ça arrive. Je suis désolé et je dois sûrement te dégoûter. Mais j'aime… Je ne peux m'empêcher d'aimer ça.

Il savait qu'il n'avait pas formulé de phrase correcte mais il s'en fichait. Il avait réussi à le dire. Maintenant Draco pouvait le repousser ou pas, il aurait une réponse claire.

- C'est pour ça que tu me fuis ? Finit-il par dire.

- Oui, chuchota sa Némésis. Je ne voulais pas que tu me détestes à nouveau. Parce que… Si pour toi ce ne sont que des baisers sans valeurs. Pour moi… ils provoquent de plus en plus de… fourmillement. Enfin, je ne vais pas te faire un dessin, je sais que tu t'y connais bien.

- Non.

- Pardon ?

Harry osa le regarder pour la première fois. Il avait les yeux rivés sur ses mains qu'il triturait avec gêne. Draco avait changé, il n'était plus apathique. Il avait de nouvelles expressions et de nouvelles figure chaque jour qui passait. Et les découvrir une par une était un jeu amusant qu'Harry exerçait quand il n'avait rien à faire d'autre. Il détaillait chaque petite parcelle de sa peau qui avait changé de forme… Et trouvait cela magnifique. Le froid rendait ses joues rouges, les plis sur son front avaient commencé à marquer. En l'espace de quelques mois, il avait pris deux ans. Finie la peau de bébé, place à celle d'un homme… D'un vrai.

Et sans qu'il le veuille, cela recommença. Harry eut ce geste habituel quand la gêne s'emparait de lui. Il rabattait sa capuche. Le désir le rongeait à nouveau.

- Je ne m'y connais pas totalement, continua Draco qui n'avait pas remarqué le changement du brun. Ses sensations-là sont celles d'un laisser-aller total. Et je ne m'autorisais pas cela avant.

- Des fourmillements retenus… Tu dois être vraiment fort alors…

Harry se mordit la lèvre. Pourquoi ne pouvait-il pas se taire ! Il était en plein angoisse maintenant. Des images qu'ils voudraient voir en photo juste pour le plaisir de les brûler emplissaient sa tête. Il fallait qu'il fuie… Il ne pourrait pas se retenir plus longtemps. Et en un coup de vague, ces sentiments lui parviendraient. Il ne pourrait plus jamais le regarder en face.

- Harry… Il faut que je te dise que tu n'es pas le seul. Je… Je pense que… j'éprouve des sentiments pour toi. Depuis très longtemps.

Draco attendit la réponse, mais rien ne vint. Il devait sûrement être plus que choqué. Alors il s'autorisa à lâcher sa main pour le regarder dans les yeux. Sauf qu'il n'y avait plus personne à ses côtés. Il avait encore fui…


213ème jour - Six mois et 20 jour.


Cela faisait déjà deux jours que Ron était sur les routes. Il galopait aussi vite que son cheval le lui permettait. Il voulait arriver en Mercie au plus vite. Il avait appris la carte et le chemin par cœur pour ne pas à avoir à s'arrêter. Il était certain qu'un oiseau aurait fait plus vite que lui, mais il comprenait le choix d'Arthur. Il ne pouvait pas reposer le sort de Camelot sur une bête qui pourrait être abattu en plein vol par de vulgaire chasseur.

Il repensa à Blaise et se laissa envahir par la tristesse. Il n'avait même pas eu l'audace de lui dire au revoir. Il avait encore laissé son égo surdimensionné et sa témérité le séparer de l'homme qu'il aimait. Il fallait vraiment qu'il prenne des cours pour s'excuser. Il n'y avait pas à dire, il savait quand mettre le bordel mais pas quand le ranger.

Il mit le doigt sur le mot qu'il fallait : il était con.

Ron sourit légèrement, les images de son amant défilant dans sa tête. D'accord, quand il reviendra, il s'excuserait auprès de lui. Il se le promit.

Quelques minutes plus tard, son cheval marqua des signes de faiblesses, l'obligeant à s'arrêter. Il repéra un lac et remplit sa gourde qu'il but goulument. Il caressa son cheval, le félicitant. Il n'était plus qu'à quelques lieues de la Mercie. Et bien loin de Camelot. Il resta là un instant, le regard plongé dans le lac, les pensées ailleurs. Le soleil se levait à peine, la vue était magnifique. Cela lui rappela le lac de Poudlard. Mais ici tout était beau. Il respirait l'air pur et se sentait plus libre que jamais. Déjà presque sept mois qu'il était ici. Ils s'étaient tous plus ou moins laissés aller à cette vie, différente, bouleversante.

Qui pourrait lui en vouloir de n'avoir pas envie de retourner dans le présent ? Que retrouverait-il là-bas ? Des gens qui leur poseraient trop de question sur leur disparition, sur leur changement, sur leurs amours. Ron sourit en pensant à la tête que ferait sa mère en le revoyant. Et en même temps, il pensa à la tête qu'elle devait avoir maintenant. Pleurait-elle ? Se demandait-elle où son fils chéri était ? Le doute et la tristesse le prit.

Sa réaction était purement égoïste. Il se rendait compte qu'il était l'un des rares de la troupe qui avait une famille qui l'attendait de l'autre côté. Comment Blaise le regarderait s'il lui disait que cela ne le dérangerait pas de ne plus jamais les revoir. Il le traiterait de monstre. C'est pourquoi il avait sciemment décidé de ne rien lui dire. Mais viendrait le jour où il finirait par en discuter. Que devait-il dire…

Ron ramassa un galet à terre et le balança dans le lac. Blaise, Blaise, Blaise… Tout tourner toujours autour de lui. Comment n'avait-il pas pu voir combien cet homme le rendait fou ? Il se le demandait.

- Excusez-moi ?

Ron sursauta et se retourna. Il ne l'avait pas vu approcher. Une charmante jeune femme se présenta à lui, hésitante. Elle était bien habillée, d'un robe élégante, presque princière, abimée seulement vers le bas par de la boue. Des cheveux blonds soignés, tirés en arrière, le visage légèrement pâle, prouvant qu'elle avait passé beaucoup trop de temps dehors dans le froid. Ron fronça les sourcils.

- Bonjour, que puis-je faire pour vous ?

- Je suis perdue, pouvez-vous m'aider ? Minauda-t-elle. Je cherche le château de Mercie.

- Que faîtes-vous seule, si loin de tout ? Demanda prudemment le roux en s'avançant vers.

- Je n'étais point seule. Mon cousin et ma cour m'accompagnez quand nous nous sommes fait attaquer. Mon cousin m'a dit de m'enfuir. Pouvez-vous m'aider ?

Ron soupira, elle allait le ralentir. Mais ces principes l'interdisaient de la laisser ainsi. Il s'avança encore et lui tendit la main.

- Venez, je vais vous ramener en Mercie.

La jeune femme sourit faiblement. Elle le rejoint près du cheval et le roux se pencha pour l'aider à monter. Il ne fit rien cependant. Quand il releva la tête, ce fut pour voir la jeune femme brandir une grosse pierre et l'assommer proprement.

216ème jour - Six mois et 23 jour.

Arthur et Merlin se tenaient là, bien droit, sur les remparts de la ville de Camelot. Le froid les faisait porter de grandes capes à fourrure blanche et donnait du rouge à leurs joues et leur nez. L'hiver maintenant bien entamé avait parsemé de blanc tout le royaume. C'était à la fois magnifique et terrifiant. Le froid avançait à grand pas.

Cenred arriva sur son cheval, derrière lui, une bonne vingtaine de sujets, plus particulièrement des gardes lourdement armés. Le roi de Camelot plissa les yeux. Cenred était dans la politique de toujours attaquer par derrière. Il avait sûrement laissé son armée quelque part cachée dans la forêt, attendant le moment propice. D'après la vision d'Harry, il serait plus d'une centaine. C'était peu certes, mais si elle attaque par surprise, suffisante pour prendre le dessus. Il regretta un instant le stratège Ron, toujours pas revenu de la Mercie. Que faisait-il ? Cela faisait déjà bien trop longtemps qu'il était parti.

Cenred fit braquer son cheval et fit des vas-et-viens devant la porte, le regard lourd posé sur Arthur.

- Chers Rois de Camelot ! C'est donc ainsi que vous accueillez vos invités ? Surtout ceux qui vous viennent en aide ?

Arthur regarda derrière lui. Plusieurs chevaux tiraient des carrioles, censés être remplies de nourriture. Il fit la moue.

- Bonjour, Cenred. Excuse-moi de te paraitre si discourtois. Ton passé avec mon père et puis ce si long silence envers le traité de paix ne peuvent que me laisser perplexe face à ce revirement. J'aimerais avoir un tant soit peu de confiance, pouvoir t'ouvrir ma porte et t'embrasser comme si de rien était, mais tu comprendras que je ne le peux pas.

- Allons, mon enfant. Il est vrai que ton père et moi avions eu des travers. J'aspire cependant à te prouver ma bonne volonté en signant ton bout de papier. Si ce traité de paix oblige les autres rois à ne jamais attaquer mon royaume, je veux bien m'y résoudre.

- Il en viendra de même pour toi, Roi Cenred.

- Bien sûr ! Alors que faisons-nous ? Nous avons fait longue route, j'espère que tu ne vas pas me laisser à la porte !? J'ai cru comprendre qu'il y avait eu une grande fête ?

- La porte était grande ouverte ce jour-ci, Cenred. Tu aurais pu venir accompagner de n'importe qui et faire la fête comme bon te semblait ce jour-ci.

Arthur réfléchit. Il ne pouvait pas passer à côté d'une entente avec le roi de Cenred, combien même pensait-il qu'il n'aurait que le contraire. Mais s'il y avait juste une petite chance.

- Très bien, murmura-t-il.

Il sentit la main de Merlin serrer son pantalon, crispé, ainsi que le regard de ses chevaliers, abasourdis, sur lui.

- Je te permets de prendre part au dîner de ce soir, de t'amuser et boire chez moi. Demain tu signeras le traité de paix et tu repartiras.

- Voilà ! Se réjouit Cenred en souriant de bon cœur. C'est tout ce que je voulais !

- Mais, il y a une condition.

Le roi se refreinât directement. Il s'appuya à l'avant de son cheval, et pencha la tête sur le côté.

- Dis-moi, j'obéirai, roi de Camelot.

- A l'intérieur, tu seras servi et traité comme ton rang l'exige. Aucun des hommes et femmes de Camelot aura le droit de te toucher sous peine de mourir dans l'heure. Je ne peux destituer un roi de sa garde. Mais tu n'en pas besoin d'autant. Quatre hommes te seront amplement suffisants.

Le roi rit amèrement. Il regarda derrière lui, ses hommes. Enfin il secoua la tête et dit :

- Et que fais-je d'eux ?

- Renvoies-les ou demandes-leur d'attendre, cela m'est égal.

Arthur se tourna vers l'intérieur et dit froidement :

- Ouvrez-lui la porte.

Il regarda ensuite Merlin qui le dévisageait. La colère pouvait se lire dans chacun de ses traits. Il espéra qu'il lui pardonnerait plus tard. Et le remercia grandement de ne pas l'avoir contredit devant le roi et son peuple. Ce n'était pas l'endroit idéal pour une dispute de couple. Arthur avança la main vers lui mais le roi se détourna et partit dans une grande envolée de sa cape blanche à fourrure. D'accord, il lui pardonnerait bien plus tard !

Arthur descendit du rempart pour rejoindre Cenred. Celui-ci fut accueilli par des mâchoires fermées et des regards colériques. Harry, Draco et Blaise, présents, ne savaient exactement comment se présenter face à lui. Il n'avait pour l'instant que des faits du passé d'Arthur à son égard. Malgré leur vision, se pourrait-il que Cenred ait dit la vérité ? Ils ne pouvaient malheureusement que croiser les doigts et espérer.

- Voici donc les favoris d'Arthur. Argua le roi en descendant de son cheval. Je n'ai entendu que du bien de vous.

- Roi Cenred, se pencha légèrement Harry.

Draco et Blaise firent de même. Arthur ne dit rien, il remarqua cependant, un long regard de son rival face au magicien avant qu'il ne le rapporte sur lui.

- Et où se trouve donc ton mari ? Merlin, n'est-ce pas ? Autrefois ton serviteur. Il n'y a pas à dire, tu es complètement différent de ton père.

Arthur accusa son ton moqueur et son sourire désabusé sans broncher. Il fallait bien si attendre d'un homme aussi vil que lui. Il le laissa s'approcher de lui et se pencher pour lui faire une confidence.

- Ne crois pas que je te juge, jeune homme. Moi aussi dans mon jeune âge, j'eus bien des penchants. Autant pour les serviteurs que pour les hommes. Après tous, pour moi le plaisir n'a pas de limite. Et de toi à moi, si j'avais su ton penchant, je t'aurais bien courtisé plutôt que de faire la guerre à ton père. Peut-être serions-nous dans une tout autre position aujourd'hui.

Il remercia le ciel que Merlin ne soit pas là, il l'aurait sûrement réduis en cendre.

- Allons-nous mettre au chaud, céda Arthur sans relever une nouvelle fois.

- Quelle merveilleuse idée. Chantonna le roi.

Arthur se satisfait de son self-control. Il n'y avait pas à dire, cet homme était rebutant. Il semblait tellement sûr de lui. Comme si rien ne lui faisait peur. Il n'avait pas tort. Les cartes étaient dans ses mains. Et c'était à lui de jouer. Malheureusement, Camelot ne pouvait qu'attendre.

Alors qu'il marchait vers le château, la tension monta d'un cran encore quand Cenred fit une mauvaise vanne sur les habitants en piteuse état dû au froid et au manque de nourriture, se présentant comme le messie arrivé sur son grand cheval blanc. Les visiteurs comprirent alors l'état de colère silencieuse des gardes. Cet homme était abject.

Arrivé à l'intérieur, Arthur se pressa d'appeler des serviteurs et s'exclama :

- Ils vont t'emmener à ta chambre. Le diner est à dix-neuf heures. Je serais dans la salle du trône si tu me cherches. Installe-toi et rafraîchis-toi. J'aurais bien dis : « fais comme chez toi » mais il semblerait que tu es déjà pris les devants.

- Je n'oserais jamais, murmura le roi sans même le regarder.

Encore une fois, Arthur put voir qu'il était complètement hypnotisé par Draco. Ce dernier avait déjà fait demi-tour.

- Le traité de paix se trouve dans la salle de table ronde si tu souhaites le lire avant de le signer demain. Réfléchis bien à ce que tu vas faire.

Arthur avait à peine desserré les dents. Cela eut le don d'accaparer l'attention de Cenred. Il plissa les yeux et le blond sut qu'il avait bien compris le double sens de sa phrase. Sur cette dernière information, il le quitta pour rejoindre son trône. Il s'assit dessus, énervé et désappointé. Le menton sur le poing, il se laissa prendre par le doute. Avait-il fait le bon choix ? Il avait pourtant promis à Ron de ne jamais le laisser entrer.

Il remarqua du coin de l'œil, Merlin. Il se tenait entre les lourds rideaux de la salle. Comme avant, quand il était serviteur. Et le blond eut un pincement au cœur. Souhaitait-il lui faire passer un message ou n'avait-il pas fait attention, par pur reflexe… ?

- Tu aurais dû m'en parler avant, murmura Merlin.

Son ton était à la fois très doux, à la fois passablement triste. Arthur comprit combien il l'avait vexé.

- Je n'ai pas eu le temps… J'ai réagi en désespoir de cause. Ron et Perceval ne sont toujours pas arrivés. Je devais gagner du temps. Si je l'avais renvoyé…

Il se tut. Merlin avait tourné la tête. Il n'avait pas envie d'entendre cela.

- Tu penses qu'il le signera ? Demanda-t-il.

- Non, répondit le blond.

- Alors pourquoi ?

- Je… J'aimerais… je rêverais qu'il le signe. Nous sortons à peine d'une grande bataille. Je n'ai pas envie de perdre quelqu'un de plus. Pas dans une guerre qui pourrait être si facilement évitée. Il a juste à signer ce maudit bout de papier et rentrer chez lui.

Merlin s'avança, sortant de l'ombre. Il vint jusqu'à lui et s'accroupit, posant les mains sur ses genoux. Cela lui rappela une scène après la bataille contre Morgana et la mort de Lancelot, encore encrée dans sa tête.

- Qu'il le signe…


216ème jour - Six mois et 23 jour.


A peine les portes du château passé, Harry avait laissé les autres pour se diriger vers les cuisines. S'il pouvait donner un coup de main avec les bêtes qu'avaient rapportées Cenred, c'était avec joie. Il en avait assez des chasses infortunes où il revenait bredouille.

Il continua de penser que laisser entrer Cenred n'était pas une bonne idée mais malheureusement, il n'avait pas son mot à dire. Il sut juste qu'il resterait aux aguets tout le long de cette nuit. Après tout, il avait eu une vision de son arrivée avec bien plus qu'une vingtaine d'homme. Il ne se laisserait pas avoir.

Il entra dans la pièce et salua d'abord toutes les cuisinières. Elles le lui rendirent avec de grands sourires, ayant maintenant l'habitude de le voir débarquer pour les aider. Il échangea sa longue cape blanche pour un tablier déjà bien usé et laissa une des servantes l'attacher. Dépecer la viande, la préparer pour qu'elle survive le plus longtemps à l'hiver, il en avait l'habitude. Il sourit en pensant qu'il n'aurait jamais cru faire cela un jour dans sa vie de Poudlardien modèle.

Les heures passèrent, rapides et sans qu'il ne remarque. Ses pensées avaient fait le tour, des événements douteux qui s'apprêtaient à se produire jusqu'à Ron qui restait sans nouvelle. En passant, encore et toujours à Draco qui lui manquait de plus en plus. Malheureusement, la distance qu'il avait mise entre eux l'affectait horriblement. Il rêvait de pouvoir l'embrasser de nouveau et ce désir… il avait tellement honte de le sentir en lui. Mais il ne pouvait rien y faire.

Harry lâcha le dernier morceau de viande dans le coffre et sourit à la jeune femme qui l'emporta.

- Nous avons fini, Harry. Merci pour ton aide.

- Y a pas de quoi, bailla le brun, légèrement épuisé.

Il se lava les mains, lava ses outils et se rhabilla. Il avait raté le dîner avec Cenred. Il s'en fichait. Il n'avait pas envie de le croiser de toute façon. Ni Draco, d'ailleurs… C'était encore trop tôt. Ce désir était encore trop présent.

Soudain, une douleur lancinante le prit au ventre. Il se plia en deux, le souffle coupé. Un froid mordant commença à le saisir. Il ne put faire un pas de plus, ses jambes le lâchèrent et il tomba à terre. C'est ainsi que le retrouvèrent les cuisinières. Allongé en position fœtal, le teint pâle, les lèvres bleues et cherchant ardemment de la chaleur, comme s'il avait passé bien trop longtemps dans un lac gelé.


A suivre...


Mais que de suspens... Pour ne pas vous faire languir plus, je vous ajouterais que cette fiction est enfin terminée. Elle contiendra 25 chapitres + 1 épilogue + 1 Mention honorable (où je vous avouerais chaque film/livres/jeux vidéos où j'ai piqué certaines répliques ou scènes. Les aurez-vous trouvé toutes ? J'en doute. Mouhahaha...)

Personne ne l'a jamais connue.