RAR : GUEST : Je suis heureuse de te compter parmi mes fans. ( Un petit nom peut-être ?) Ne t'inquiète pas, dès que j'aurais terminé de rererecorriger complètement cette fiction, je recommencerai à poster "Un triton au balcon". Bien avant la fin de post de celle-ci, c'est promis. Merci à toi !
Bonne lecture
Chapitre 20 : Cenred contre Camelot.
216ème jour - Six mois et 23 jour.
Draco avait vu partir Harry avec un petit pincement au cœur. Il savait pertinemment qu'il le fuyait encore. Ce qu'il ne savait pas par contre, c'était comment pouvoir l'approcher. Devait-il l'enfermer dans une pièce pour qu'il puisse avoir une conversation sérieuse. Non, il était certain qu'il réussirait à s'enfuir, même s'il l'ensorcelait de millier de sorts. Quoique… Harry n'avait pas sa puissance magique. C'était en fait une bonne idée. Il suffirait de mettre une personne dans le coup. Et il savait très bien qui. Il lui enverrait Harry et il pourrait discuter. Oui… Très bonne idée. Il fallait juste qu'il attende le moment propice. C'est-à-dire, tout sauf maintenant. Pas tant que Cenred sera un danger pour Camelot. Il fallait d'abord qu'il s'en débarrasse. De quelque moyen qu'il soit.
Il fit demi-tour, commençant aussi à en avoir marre de ses regards lourds de sens. Il avait bien remarqué que le roi n'avait cessé de le fixer depuis qu'il était rentré. C'était lassant. Il ne savait ce qu'il se tramait dans sa tête, mais il se mettait le doigt dans l'œil s'il imaginait qu'il pourrait se passer quoique ce soit avec ce rustre. Il rentra dans sa chambre, ne sachant pas trop quoi faire et s'attrista. Harry ne dormait plus avec lui depuis bel lurette. Il avait sa propre chambre tout en haut d'une des tours du château. Il préférait les hauteurs avait-il dit.
Draco passa devait son miroir à pied et fit la moue. Il n'avait pas remarqué à quel point il faisait efféminer dans ce lourd manteau blanc. Il lui saillait à merveille, presque trop. Il devrait lever le pied sur les vêtements que lui proposait Ferys. Il était vrai qu'il commençait à en devenir accroc. Cet homme était un génie.
Le blond passa le reste de la journée dans sa chambre, un coup broyant du noir, un autre continuant d'échafauder un plan pour coincer sa paire. Enfin quand le soir vint, il s'habilla et rejoint la salle des fêtes. Il n'était pas question qu'il laisse Cenred faire du mal à Arthur où Merlin. Il se devait de vérifier leurs coupes pour prévenir d'un poison ou autre de la part de Cenred. Cependant, arrivé devant, il se fit arrêter par ledit roi, dont les yeux pétillèrent en le voyant.
- Tiens, tiens. Voilà donc le deuxième excellent magicien du roi Arthur, après Merlin.
- Vous en savez beaucoup de chose sur nous, murmura doucement le blond.
Il le fixait sans expression. Lui prouvant qu'il n'avait ni peur ni envie de lui. Le roi pourtant ne se débarrassa pas de son sourire, à la fois cruel et excité. Comment faisait-il pour être si sûr de lui ? Surtout en territoire ennemi. Draco se le demandait bien.
- Oui, je vous connais bien. Je sais aussi que toi et moi sommes un peu pareils. La soif de pouvoir, l'envie de montrer combien on peut être puissant et écraser n'importe quel individu qui se dresserait contre nous, l'assurance… C'est un fils tel que toi que j'aurais voulu avoir. Même si… tu pratiques la magie.
Il avait craché le dernier mot comme s'il s'agissait de la pire des vermines. Draco arqua un sourcil et un petit sourire vint se poser sur sa commissure.
- J'ai trahi mon père pour sauver mon… royaume. Souffla-t-il avec hargne. Si j'avais été votre fils, plus que de vous trahir, je vous aurais tué dans votre sommeil. Et sans même lever le petit doigt, juste en usant de « magie ».
Il se délecta de la tête de son adversaire. Il lui avait fait perdre son sourire, pour lui c'était une totale victoire. Cependant le roi n'en resta pas là. Il haussa les épaules et gloussa :
- Heureusement que tu n'es pas mon fils, alors.
Draco ne comprenait plus le comportement de Cenred. Il le vit regarder derrière son épaule et le blond en fit autant. Arthur s'approchait déjà, toujours drapé de son long manteau royal. D'accord, il lui avait fait perdre du temps pour l'empêcher d'ensorceler les coupes. C'était finement jouer. Mais Draco n'en resterait pas là.
- Excuse Merlin, Cenred. Il ne se sentait pas bien. Il s'est couché. Tu le verras demain.
- Il faudra que tu donnes des cours de noblesse à ton serviteur, un jour, Arthur.
- Il est roi, de même que toi. Je te demanderais de lui exprimer tout le respect que tu lui dois, grimaça Arthur.
- Comme le respect qu'il me fait preuve en ce moment ?
Arthur s'avança mais le blond s'interposa. Il l'attrapa par le bras et le tira vers la salle.
- Venez, Majesté. Je dois vous parler de quelque chose d'important. Passons à table.
Les deux firent le tour de la grande table et le roi s'assit sans cérémonie. Les nobles firent de même. Draco se pencha et posa sa main sur la table.
- Je le tuerai un jour, souffla le jeune roi, ses yeux n'ayant pas fini de terrasser du regard Cenred. Que se passe-t-il ?
- Rien du tout, je fais semblant de vous parler tout en posant un sort antipoison sur votre verre et votre nourriture. Désolé du dérangement.
Arthur sourit.
- Cenred est peut-être un homme tout ce qu'il y a de plus désagréable, mais il n'est pas stupide au point de m'empoisonner quand il ne possède que quatre de ses chevaliers.
- Vaux mieux prévenir que guérir. Haussa Draco.
Il se releva et se pencha devant Arthur avant de regagner sa place. Le blond ne participa pas plus à la fête. Il se sentit soudainement incroyablement seul. Pas d'Harry, Blaise gardait la porte principale. Neville, Severus et Gaius étaient afférés ailleurs. Même Ron lui manquait. Pour dire. Il regarda la joute verbale entre Arthur et Cenred d'un œil distrait, se demandant pourquoi Merlin n'avait daigné se présenter. Etait-il en colère contre son mari ? Où n'avait-il pas du tout l'envie de croiser cet homme. Après tout, il était le roi qui opprimait sa mère. Il avait peut-être peur de lui faire du mal. Surtout après la démonstration de sa colère qu'il avait pu montrer lors de la dernière grande bataille.
Quand le calvaire fut fini, il eut le soulagement de pouvoir se retirer. Arthur était parti en bonne santé. Il avait accompli sa mission de protection, il pouvait retourner s'enterrer dans sa chambre.
C'est au détour d'un couloir vide que la douleur apparut. Cela commença par des hauts le cœur, une douleur au ventre puis un sifflement strident emplit sa tête, lui donnant l'impression qu'elle allait exploser. Il se courba, retenant du mieux qu'il put ses cris. Il se mordit la lèvre jusqu'à ce qu'elle saigne. A travers ses yeux embrumés, Cenred sortit de l'ombre, le même sourire victorieux sur son vieux visage immonde. Draco n'avait pas pensé une seule seconde que la cible pouvait être lui.
- Ah, soupira Cenred, les mains derrière le dos, regardant son méfait avec délectation. Mon cher petit magicien. Tu me croyais réellement stupide au point de m'en prendre à Arthur directement. Tu ne saurais donc pas ce qu'est la stratégie ? D'abord, on fait tomber les pièces maîtresses et les plus dangereuses de son ennemi. Et il semblerait que tu sois l'une de celles-ci. Je n'ai pas eu Merlin, ce n'est pas un problème. Saches juste qu'avant minuit, Arthur sera mort, ce château flambera. Pauvre ignare que tu es…
Il s'accroupit devant lui et sourit.
- Et sais-tu ce qu'il y a de mieux ? C'est que tu seras là pour tout voir, incapable de faire quoique ce soit, figé par la douleur. Car ce poison à l'extrême vilenie d'agir très, très lentement pour faire mourir une personne. Et tu vivras, et endurera celle-ci, aussi longtemps que tu souhaiteras survivre. Quand tu en auras assez de souffrir, si tu n'es pas devenu complètement fou, tu n'auras… qu'à lâcher prise…
Il se releva et se tourna vers ses gardes.
- Jetez-le dehors. Que personne ne le retrouve.
Draco ferma les yeux, la douleur avait diminué mais toujours présente. Il ne pouvait rien faire. Ni se débattre, ni utiliser sa magie, ni appeler Harry au secours.
- Oh… n'oubliez pas de lui retirer son manteau. Entendit-il une dernière fois. Là où il va, il n'en aura pas besoin…
216ème jour - Six mois et 23 jour.
Arthur n'avait pas encore atteint la porte de sa chambre quand il vit arriver en courant une de ses cuisinières. Il fronça les sourcils, regarda Yvain et Léon qui ne le lâchaient plus d'une semelle. La jeune femme, paniquée, ne prit même pas la peine de reprendre son souffle. Elle hurla, erratique :
- Majesté ! Harry ! Harry… Il… va mourir !
Le sang royal ne fit qu'un bond à l'intérieur de lui. Merlin qui avait tout entendu, sortit de la chambre vêtu de ses habits d'autrefois. Ils coururent derrière la servante sans plus attendre. Elles avaient réussi à traîner l'assassin malade jusqu'à l'infirmerie de Gaius et celui-ci était déjà autour de lui.
- Comment va-t-il ? Que s'est-il passé ? S'exclama directement Merlin, paniqué.
- Je ne sais pas ce qu'il a. On… on dirait qu'il se refroidit à vue d'œil. Mais il n'est touché par aucun sort, c'est à n'y rien comprendre.
Soudain, Harry se réveilla en un sursaut, il regarda tout autour de lui, comme pour se resituer. Puis il attrapa avec toute la force qu'il pouvait avoir, c'est-à-dire encore beaucoup vu la grimace de Gaius, le bras du vieil homme.
- Dra… co… Dehors… Froid et malade.
Il se rendormit, ne pouvant pas lutter plus. Arthur comprit immédiatement. Il ne fut pas le seul. Lui et ses deux chevaliers partirent en trombe, dévalant le plus vite possible les escaliers. Blaise fut mis au courant, et bientôt tout le château sortit, torche en main pour retrouver le magicien. Alors que les minutes passaient bien trop rapidement, Merlin passa à côté d'Arthur mais celui-ci le retint par la main.
- Arthur ! Sursauta l'enchanteur. Vous l'avez retrouvé ?
- La tempête de neige dehors nous empêche de bien voir, secoua négativement la tête du roi, atterré. On va le retrouver, ne t'inquiètes pas.
- Même si j'apprécie énormément Draco, il y a autre chose qui me préoccupe. Nous avons déjà vécu ça. Occupé par autre chose, nous avons oublié de nous protéger et le pire est arrivé. Arthur, laisse-moi chercher avec Neville et Severus et renforce la garde sur les points stratégiques où l'armée de Cenred pourrait attaquer.
Le blond écarquilla les yeux. Il avait très bien compris l'allusion à la mort de son père et il se rendit compte qu'il était tout à fait dans le vrai. Il sourit doucement, posa une main sur sa joue et murmura :
- C'est pour cela que je t'ai épousé.
Il l'embrassa délicatement, Merlin répondant à son acte de tendresse comme si cela faisait longtemps que ce n'était pas arrivé. Puis il le repoussa gentiment et s'exclama en s'en allant :
- Arrête de l'oublier alors.
Arthur souffrit de le voir partir ainsi. Il voulait tant le protéger de quiconque. Mais il avait raison, il avait un hôte qui n'avait pas respecté sa part du marché. Il n'avait aucune preuve sans Draco, mais cela ne pouvait pas être d'un pur hasard. Et tant qu'il n'avait pas la certitude que Cenred n'y était pour rien, il moisirait dans les geôles.
Malheureusement, retrouver le roi fut un échec total. Les chevaliers revinrent bredouilles. Draco non plus ne refaisait pas surface et la santé d'Harry continuait de se détériorer. Son corps chutait dans les degrés et ils avaient beau le recouvrir de couverture, cela ne changeait rien. Cela prouvait juste que le magicien devait se trouver sous la neige.
Comme pour prouver à Arthur que cela pouvait être pire un garde arriva, l'air paniqué en criant :
- Ils sont là ! L'armée de Cenred est à la porte de Camelot !
216ème jour - Six mois et 23 jour.
La cacophonie régnait tout autour de lui. Il les entendait mais n'arrivait pas à faire le moindre geste. Chaque fois qu'il bougeait le petit doigt, qu'il respirait trop fort ou qu'il tentait de parler, la douleur l'assénait comme de puissants coups de poings. Le froid n'était rien à côté de cela. Son nom était hurlé un peu partout. Il avait envie d'hurler qu'il était juste là, à quelques mètres d'eux, sous la couche de neige que la tempête avait déposée sur lui. Il inspira difficilement, essayant par tous les miracles de rester éveillé.
Il attendait le bon moment, il ne vint guère longtemps. Il entendit la voix de Blaise, si proche qu'il eut l'impression qu'il lui marchait dessus. C'était maintenant ou jamais. Il ouvrit la main et jeta le sort. Un minuscule, tout petit feu d'artifice fondit la neige et s'envola à un mètre de lui. Il sentit du liquide chaud, brûlant dans tout ce froid, remonter dans sa gorge, glisser entres ses lèvres bleues.
Il n'aura jamais été plus statue de glace qu'à ce moment. C'eut le don de le réchauffer, et il aurait souri s'il le pouvait. Il se contenta de s'endormir.
217me jour - Six mois et 24 jour.
C'est du coin de l'œil que Blaise vit le petit jet de lumière transpercer la brume de la neige. Il remercia le ciel, les dieux, Merlin, tous ceux qui produisent des miracles avant d'appeler les autres à l'aide. Il courut aussi vite qu'il le put jusqu'à lui et commença et retirer la neige de sur Draco. Il enleva sa cape chaude et le recouvrit avec avant de le prendre. Il le posa sur son épaule, reprit sa torche et brava une dernière fois la tempête pour retrouver l'entrée du château. Il eut du mal à passer. Les villageois s'amassaient à l'intérieur comme à chaque fois que le royaume se faisait attaquer. Il ne put même pas prévenir les autres qu'il l'avait retrouvé.
Il se hâta de rejoindre l'infirmerie et le posa dans un des lits.
- Que se passe-t-il ? Pressa-t-il à Gaius.
- Pousse-toi, s'écria l'homme en commençant à s'occuper du malade. Cenred attaque Camelot. Ils ont passé la porte grâce à l'aide de soldats embusqués dans le château.
- Merde, grinça Blaise. Prends soin de lui, d'accord.
Il se rua vers l'extérieur. Il n'était pas question qu'il rate encore une bonne bataille. Il arriva devant la grande porte et analysa la scène l'espace d'une seconde, l'épée déjà à la main. Les soldats embusqués avaient été tués. Une dizaine de soldats de Camelot poussaient l'immense porte du château pour tenter de la refermer alors que ceux de Cenred rentraient, accueillis par les chevaliers et Arthur.
Sur les remparts, c'était la même bataille. Les corps commençaient à s'entasser. Le blanc de la neige avait viré rouge et marron, taché par le sang et la boue. Blaise repéra Arthur, il ne laissait aucun homme passer. Il le rejoint aux côtés des autres chevaliers. Le roi eut un sourire à travers son masque de sueur, de neige et de sang.
- Content que tu te joignes enfin à nous !
- J'ai retrouvé Draco. Il est sauf, chez Gaius.
Il jeta le corps d'un ennemi par terre et le planta avant d'hurler :
- C'est quoi le plan ?
Arthur défit deux autres soldats avant de donner un coup de tête derrière lui. Blaise jeta un rapide coup d'œil et remarqua la marée de soldats qui semblait protéger quelque chose. Derrière, il y avait Neville et Merlin qui se tenaient par la main.
- Que font-ils ?
- Ils ferment cette fichue porte !
Un homme brisa la garde de Blaise qui l'espace d'une seconde vit sa fin venir. Une flèche se planta dans son œil droit, le laissant coincé en plein mouvement. Blaise tomba à la renverse et prit le temps de se retourner pour voir Severus, avec les archers. Il lui hocha la tête, geste rendu, avant de reprendre la bataille plus violement.
Il eut l'impression que cela durait des heures avant de voir les gardes tomber quand la porte se referma d'un coup sec et d'un bruit horrible. Il entendit des hurlements de douleur, comprenant que des hommes étaient restés coincés, broyés en mille morceaux entre les deux portes. Derrière lui, il vit Merlin et ses yeux de nouveau jaunes orangés, la main dirigée vers la porte, et Neville crispé, les yeux fermés de toutes ses forces, du sang coulant de son nez.
- Ce n'est pas fini ! Scanda Arthur en tuant le dernier homme présent en bas.
Blaise le suivit, à deux pas derrière lui, alors qu'il montait tout en se battant les marches vers les remparts. A peine eurent-ils posés les pieds en haut qu'un lourd clairon sonna. Le chevalier vit les hommes redescendre des échafauds de guerre sans comprendre. Il battait en retraite ? Arthur le regarda avec un grand sourire. Il avait gagné ? Comment… Pourquoi ?
Les archers se chargèrent de faire un peu le ménage des hommes qui trainaient encore en bas et ceux qui prenaient la fuite. Arthur hurla de joie, très vite suivi de tout Camelot. Léon prit le roi dans ses bras, puis Blaise. Ils venaient d'échapper de très peu à la catastrophe.
Le blond regarda brièvement à l'extérieur avant de se stopper net, interdit. Il plissa les yeux, essayant de voir mieux à travers la tempête. Il ne rêvait pas… C'était bien des centaines d'hommes qu'il pouvait voir au dehors et qui se dirigeaient vers lui.
Le silence se fit, pesant presque douloureux. La peur ne put s'empêcher de tiraillait le ventre des soldats. Ils étaient au moins deux fois plus nombreux qu'eux. Même si la porte avait était fermée, elle ne tiendrait pas une deuxième attaque. La foule au dehors, se rassembla autour de la porte, trop loin pour distinguer. Et cinq hommes à cheval se dégagèrent du lot pour venir tout près.
- Alors, Arthur ! On fait la fête sans nous !?
- C'est bien dommage, nous t'avions pourtant apporté un cadeau !
Arthur sentit toute la pression s'envoler alors qu'il éclatait de rire. Il put voir le roi Bayard de Mercie et le roi Rodor de Nemeth, tirant le corps de Cenred toujours en vie, apparemment. Blaise vit Perceval et son cœur eut une embardée quand il vit Ron, un pansement entourant sa tête. Ils étaient tous les deux biens amochés, prouvant qu'il s'était bien battu. Mais le pansement de Ron semblait bien plus vieux. Que s'était-il passé pendant ses cinq jours de voyage ?
Il se pressa de redescendre du rempart. Severus tenait un Neville faible dans ses bras. Yvain faisait de même avec Merlin. Pourtant les deux magiciens souriaient, heureux que cela soit fini. Blaise s'approcha pour leur demander si tout allait bien. Ils lui répondirent juste qu'elle était sacrément lourde cette fichue porte, ce qui lui fit rire. Il regarda partout les soldats ramassaient les corps des blessés. L'après-guerre… C'est ce qu'il y avait de plus triste et désolant. Et il avait l'impression qu'il ne voyait que cela de sa vie. Est-ce qu'un jour cela cessera ?
Comme pour lui répondre, Ron apparut juste devant lui, le sourire aux lèvres.
- Tu croyais pouvoir m'échapper ?
Blaise avait le cœur au bord des lèvres. Il avait cette envie de le prendre dans ses bras, de l'embrasser, de lui demander si tout allait bien… Et en même temps, cette colère sourde qui lui vrillait les oreilles. Malheureusement pour eux, elle prit le dessus sur ses sentiments.
- Tu es encore parti. Lui hurla-t-il. Pour la deuxième fois ! Risquer ta vie on ne sait où ! Et tu reviens comme ça ! Qu'est-ce que tu cherches à la fin !? Tu veux vraiment mourir !?
- Blaise, murmura Ron, choqué.
- Va te faire voir !
Ron resta planté là, sans comprendre. Il hocha négativement la tête avant de repartir vers les chevaliers. Arthur serrait chaudement Merlin dans ses bras tout en remerciant infiniment leur arrivée plus que ponctuel.
- Allons, je pense que nous avons tous besoin de douche et d'un lit bien chaud. Mettons-nous à l'intérieur.
La nuit était déjà bien entamée. Ron resta dehors un moment, à aider les soldats à ramasser les corps quand il eut vent d'Harry et Draco, toujours alités. Il se précipita dans l'infirmerie, maintenant bondée de gens. Il repéra d'abord Draco, enveloppé, blanc comme un linge. Enfin plus que d'habitude. Maintenant, il transpirait, grelottait et gémissait de douleur, toujours plongé dans son sommeil. Un peu plus loin, Harry se trouvait dans le même piteux état. Gaius avait remarqué le poison dans le sang de Draco, mais il ne savait toujours pas ce que le brun avait par contre.
Ron s'assit devant le lit de ce dernier et prit sa main dans la sienne.
- Je ne peux réellement pas te laisser seul cinq minutes sans que tu fasses une connerie qui te mette en danger de mort.
- Tu… peux… parler… lui répondit-il difficilement.
Ron écarquilla les yeux et sourit. Harry ouvrit les yeux, des cernes noirs se voyant plus que bien sur son visage blafard.
- Dra… ? Souffla-t-il.
- Il est là, juste à côté. Il dort. On dirait qu'il est stabilisé mais… Gaius n'est sûr de rien. Harry, sais-tu quel poison vous a touché ?
- Lui… Articula-t-il.
Il agita quelques fois sa bouche pâteuse. Ron fronça les sourcils, sans comprendre.
- Touché… lui. Moi… vague…
- C'est la vague qui te fait ça ? S'agita Ron. Bordel Harry, on doit retirer la vague ! Sinon, tu vas mourir avec lui. Dis-moi comment faire ? Tu m'as dit que le dragon avait une solution. Dis-moi.
Harry referma les yeux, son visage se tordant de douleur et de tristesse.
- Harry, on ne sait pas si nous arriverons à le guérir. S'il meurt… Perdre Draco nous plongera dans la tristesse mais si nous vous perdons tous les deux… Harry, dis-moi… Tu n'es pas obligé de mourir avec…
Des larmes perlèrent sur ses commissures. Elles glissèrent lentement sur ses joues. Son visage se tordit un peu plus et il se mordit la lèvre. Puis il murmura presque comme le dernier souffle que pousse quelqu'un près à sombrer dans la mort, ce qui n'était pas loin de la vérité.
- Non…
Ron écarquilla les yeux.
- Harry… Je t'en prie. Je ne veux pas vous perdre tous les deux. Je ne veux pas te perdre… Si… Je pouvais au moins sauver…
Le brun rouvrit les yeux et Ron put lire sa supplique. Il sourit alors que ses propres larmes débordaient de ses yeux.
- Bien sûr, rit-il sans joie. Il faut que vous soyez sur le point de mourir tous les deux pour que tu remarques à quel point tu l'aimes.
Harry sourit lentement.
- Tu peux…
Et il s'endormit à bout de force.
- … parler, finit le roux en serrant un peu plus sa main. Ouais… Je sais. On n'est pas bien différent toi et moi.
L'archer embrassa son front et se leva. Sachant qu'il ne pouvait rien faire pour Harry, il se glissa près du lit de Draco et passa une main sur sa joue. Il était à la fois brûlant et complètement gelé. C'était incroyable comme sensation.
- Tu n'as pas intérêt de mourir, toi. Tiens le coup, on va vous sortir de là.
Dans une dernière caresse, il partit. Il fallait qu'il trouve Neville et Severus. Il trouverait tout ce dont ils avaient besoin pour un antidote. Cela lui permettait aussi de ne pas penser à Blaise. Il était si proche et si loin de lui en même temps. C'était frustrant. Il ne comprenait toujours pas pourquoi il lui en voulait autant. Il était juste allait chercher de l'aide. Qui sait ce qui se serait passé s'il n'était pas arrivé à temps !
L'atelier de Merlin était encore plus en désordre que jamais. Les oiseaux faisaient un bruit du tonnerre dans la volière. Neville était assis sur une des banquettes, une grosse couverture autour de lui. Une boisson chaude dans ses mains. Severus le regardait avec inquiétude. Il était livide.
- Que s'est-il passé ? demanda le roux.
- Merlin n'arrivait pas à utiliser sa magie, je lui aie prêté la mienne.
- Comme cela se fait qu'il n'y ait pas parvenu ?
Neville haussa les épaules.
- Celle de Draco est deux fois plus puissante, je pense que c'est pour ça que Cenred l'a écarté en premier.
- Où est-il d'ailleurs ?
- En prison, répondit froidement le potionniste. Et toi ? Que t'est-il arrivé ?
Il regardait son pansement avec insistance. Ron se gratta la tête, là où il avait été blessé.
- Oh… Une égratignure et un petit contretemps. Rien de bien grave. Pour Harry et Draco…
- On attend… Fit Severus en regardant la marmite qui bouillonnait à côté de lui. Mais… Je crois que… Pour cette fois… Je sèche totalement. Je ne sais pas ce qu'il lui a injecté. Ce n'est pas une potion que je connais.
- Il ne vient ni de la flore ni de la faune, rajouta Neville.
- Le seul qui aurait été capable de n'en avoir une petite idée, c'est mon filleul.
Severus leur tourna le dos et Neville et Ron se sourirent tristement. Malgré tout ce temps, il n'avait pas changé de ce côté-là. Il ne voulait pas que ces anciens élèves voient sa blessure. Pourquoi n'aurait-il pas le droit de pleurer ? Son filleul allait mourir.
- On peut sauver Harry. Murmura difficilement Ron.
- Comment ? S'exclama Neville alors qu'un éclair d'espoir brilla dans ses yeux.
- Il… C'est Draco qui l'affecte par le biais de la vague. Mais Harry m'a dit un jour que le dragon pouvait la retirer. Il faudrait qu'on l'appelle et qu'on lui demande de nous dire comment le faire. Je sais… que… J'ai envie de les sauver tous les deux, mais si nous échouons… nous pouvons sauver au moins Harry.
Neville hocha douloureusement la tête. Severus ne fit pas un geste. Ron sut qu'il le payerait cher… Mais il préférait voir son ami le haïr que de le perdre.
- Je vais chercher Merlin.
Ron sortit de la pièce, le cœur lourd. Il n'aimait pas mentir à ses amis. Bon, il n'avait pas vraiment menti mais omettre certaines choses n'était-ce pas comme mentir ? Il voulait prendre seul la responsabilité de cet échec. Il se promit d'attendre le dernier moment. Quand il n'y aura réellement plus d'espoir pour Draco même s'il cela voulait dire continuer à regarder Harry souffrir…
218ème jour - Six mois et 25 jour.
Encore une fois, Camelot brilla sous un soleil rouge. Les morts furent brûlés ou enterrés, les blessés remis sur pied et renvoyés chez eux. Ce jour-là compta un mort de plus. Après une longue tirade d'Arthur sur la traîtrise de Cenred, devant les rois de Mercie et de Nemeth, ce dernier fut décapité sous l'acclamation de toute la foule.
Une grande décision fut prise autour de la table ronde. Le royaume de Cenred ne pouvait se retrouver sans roi. Etant donné que les deux rois avaient aidés Camelot, ils avaient aussi droit de véto. Arthur et Merlin s'étaient mis d'accord, il ne souhaitait pas agrandir plus leur royaume. Le royaume de Nemeth était le plus éloigné, Rodor assura à Arthur qu'il ne souhaitait qu'il soit mal à l'aise. Avec deux parties de son royaume l'entourant, il pourrait se sentir menacer. Merlin le remercia de tout cœur. Quant à la Mercie, le vieil homme proposa tout simplement de placer un homme de confiance sur le trône qui ferait sien le royaume, prêtant allégeance aux trois royaumes et signant le traité de paix.
- J'ai de tels hommes, avait proposé Arthur, ils ne viennent pas de Camelot, ne sont pas nés ici et n'ont d'allégeance qu'aux royaumes de bien et d'honneur. Mais ils ne sont pas nobles. Encore moins de sang royal.
Après que la bombe fut lâchée, le silence régna. Puis Rodor haussa les épaules et scanda :
- Le premier de la lignée des rois devait bien venir de gens de la ferme, non ?
Arthur avait souri. Tout le monde fut d'accord. Après une longue discussion entre eux, comprenant les intentions d'Arthur d'amener un quatrième royaume dans la bataille contre Morgana, Blaise avait refusé, Ron ne pouvait tout simplement pas le quitter et Neville était trop timide pour dire oui. Severus avait juste murmuré un :
- Je le ferais. A une condition.
Et il avait regardé Neville. Il n'avait pas besoin de parler. Il savait qu'il ne partirait pas sans lui, non plus. Le petit homme avait hoché de la tête.
C'est ainsi que le soir même, le royaume eut un nouveau roi. Severus s'empressa de rebaptiser son royaume. Avec un rictus, il l'appela Serpentard et les trois autres éclatèrent de rire, surprenant tout le monde. Il signa le traité de paix, jura allégeance à Camelot, Nemeth et Mercie. Et tout le monde prit congé de Camelot.
Ron et Blaise regardèrent Severus et Neville sur leurs chevaux s'éloigner, presque les larmes aux yeux.
- On dirait bien, murmura Ron, qu'ils ont déjà choisi.
- Choisi quoi ? fit le noir sur le même ton en continuant de fixer le dos de Severus.
- Partir… ou rester…
Le noir se mordit la lèvre.
- Et toi ?
- Je… Je ne sais pas encore... Murmura Ron en touchant son bandage.
Il glissa lentement sa main dans celle de son amant et sourit en ne le sentant pas le repousser. Au contraire, il écarta les doigts pour les entremêler et les deux se comblèrent tant cela leur avait manqué.
- Que t'as dit Severus ? Demanda le roux.
- De dire à Draco de passer le voir quand il sera guéri.
Ron serra la mâchoire.
Le dragon n'avait pas voulu les aider. Il avait su ce que Ron cachait, qu'Harry lui avait dit non. Il leur avait dit que la potion ne marcherait de toute façon que si les deux hommes étaient d'accord. Ron avait très peu apprécié.
- Il s'en va alors que son filleul est sur son lit de mort.
- Il a dit qu'Harry Potter avait la très fâcheuse manie de toujours s'en sortir. Sourit Blaise. Alors il partait l'esprit serein. Son filleul ne mourrait pas tant que le lien qui les unit sera.
Il haussa les épaules. Les deux hommes firent demi-tour quand ils ne purent plus voir leurs amis et se dirigèrent vers le château.
- Je crois qu'il n'y a que Neville pour comprendre cet homme. Que dis-je ce roi maintenant…
- Si on m'avait dit un jour…
- J'ai banni ces mots de mon vocabulaire, rit Ron.
Son homme fit autant. Réentendre cela réchauffa considérablement le roux. Il l'arrêta brusquement et le tourna vers lui.
- Blaise. Je t'aime. Souffla-t-il essayant de contrôler ces émotions. Aucunes… greluches… aucunes guerres, de gestes inconsidérés ou trop téméraires ne pourront changer cela. Je sais ce que je fais. Je sais ce que je veux. Ce que je veux, c'est toi. Et si pour cela tu dois me mettre une laisse, tant pis je l'accepte. Parce que je t'aime.
Le noir éclata de rire. Il hocha la tête, il était tellement heureux et gêné en même temps qu'il n'arrivait pas à le regarder plus de quelques secondes. Ron pencha la tête pour capter son regard.
- Je t'aime, répéta le roux.
Blaise l'embrassa doucement, posant des baisers papillons sur ses lèvres. Ron eut le ventre tiraillé comme jamais.
- Arrête de me torturer, souffla-t-il sur sa bouche.
- Tu aimes les laisses, alors ? Ça peut se faire…
Ron gémit d'indignation obligeant le noir à ajouter :
- Je t'aime aussi, mon lionceau des bois.
Le roux l'entoura de ses bras, heureux comme jamais. Il comprenait maintenant ce qu'Arthur lui avait dit. Cela faisait du bien comme jamais. De le dire comme de l'entendre.
- Comme Robin des bois, c'est ça ? J'ai compris l'allusion.
- Que t'es bête, soupira le noir, la tête posée sous son menton.
219ème jour - Six mois et 26 jour.
- Tu es prêt ? Demanda Gaius.
Ron ne lui répondit pas. A vrai dire, il était concentré sur les deux corps restant de l'infirmerie. Ils mangeaient à peine, respiraient de plus en plus mal. Gaius avait tout essayé, en vain. Draco ne répondait à aucun antidote, aucun sort…
- Ron, murmura Merlin en posant une main sur son épaule.
Elle se voulait rassurante. Malheureusement, il n'y avait absolument rien qui pouvait le rassurer. Blaise n'était pas en meilleur forme. Il tenait l'avant-bras de Draco, le priant de guérir, de faire quelque chose avec sa magie, en vain. Il avait des cernes sous les yeux, preuve qu'il l'avait veillé toute la nuit.
- Ron, répéta un peu plus fortement Gaius en le faisant redescendre sur terre.
- Oui ? Quoi ?
- Tu es prêt ?
- Je ne sais pas… Chéri, tu es prêt à voir l'horreur ? Tu m'aimeras toujours après ça ?
Blaise sourit et hocha la tête.
- Toujours.
- Bon, alors allons-y.
Gaius enleva le bandage. La blessure était complètement guérie. Il ne restait qu'une horrible cicatrice qui zébrait sa tempe. Blaise, choqué, se leva et le rejoint. Elle était profonde, partait du milieu de son crâne sur le côté gauche jusqu'à son sourcil. Blaise passa un doigt dessus, la frôlant juste, ne sachant pas si elle lui faisait encore mal ou pas.
- C'est moche ?
- Affreux, sourit faiblement le noir.
Ron rit. Il attrapa sa main.
- Ron, répond-nous franchement, que s'est-il passé là-bas ? Que t'est-il arrivé ? Elle est plus vielle que notre dernière bataille.
- J'ai croisé de vilain bandit sur le chemin, soupira Ron. Rien de bien méchant, ils m'ont assommé, je me suis enfui, j'ai rejoint la Mercie, ils m'ont soigné, je suis rentré. Fin de l'histoire.
Blaise hocha la tête. Le roux se leva et serra un peu plus sa main.
- Je suis fatigué. Toi, tu l'es encore plus. Allons dormir d'accord ?
- D'accord, soupira le noir.
Ils sortirent de la pièce et Merlin vint s'asseoir au côté de Gaius. Ils se regardèrent un moment avant que le docteur du château murmure :
- Je suis trop vieux pour ses conneries.
Merlin sourit puis se mordit la lèvre. C'était rare de la voir jurer, encore plus de le voir parler de lui en tant que vieil homme. Le magicien regarda à nouveau le bandage et fit la moue.
- Tu penses qu'il a menti ? Demanda-t-il à son mentor.
- Non… Mais je suis persuadé qu'il nous cache quelque chose. Ron n'est jamais bien mystérieux. C'est une tête brûlée, téméraire et incroyablement loyale… Mais, pauvre de lui ou merci pour nous, il ne sait absolument pas comment cacher la vérité.
- Pourquoi nous ne dirait-il pas tout ?
- Bien souvent, c'est à cause de la honte… Par quelque chose que l'on a fait, ou quelque chose que l'on aurait dû faire, et que nous n'avons pas fait. Ne t'inquiète pas… le jour viendra où il se livrera. Laisse le ruminer ce qu'il considère comme une défaite et quand il sera en paix avec lui-même… Ce sera le bon moment.
Merlin hocha la tête. Gaius se leva et prit son sac.
- Sans Severus et Neville, les jours vont redevenir bien chargés. Voudrais-tu bien m'aider à préparer une nouvelle potion pour Draco et Harry. Je n'en ai pas parlé devant les deux autres par peur de leur mettre encore de faux espoirs.
- Oui, allons-y tout de suite.
Ils quittèrent eux aussi la pièce et cette dernière redevint silencieuse. Dans son coin, toujours alité, Harry ouvrit les yeux à demi. Le peu de lumière de la pièce les lui brûlait quand il essayait de les ouvrir complètement. Il tourna la tête pour voir, bien trop loin de lui, la tête blonde de sa Némésis dépasser du drap. Il respirait difficilement.
- Draco… Murmura-t-il. S'il te plaît réveille-toi.
Il était bien trop loin. Dans un effort qui lui coûta des dizaines de millions de petites aiguilles qui lui fracassait le corps, il se dégagea des draps, s'assit sur le lit puis tomba au sol. Il rampa, lentement, trop lentement, jusqu'au lit du blond et se hissa difficilement dessus. Il prit la main du blond. Un souffle s'insuffla immédiatement sur son corps et le magicien grimaça, serra fortement ses paupières avant de les ouvrir.
- Enfin… Chuchota le brun.
- Tu me fais mal, abruti.
Harry se releva encore et monta sur le lit, juste à côté de lui. Il s'allongea par-dessus le drap, se fichant du froid qu'il ressentait. Son corps avait froid, mais depuis qu'il était là, son cœur se réchauffa.
- Qu'est-ce que… Tu fais quoi ? Pourquoi j'ai si mal ?
- Parce que tu t'es laissé abusé, débile de magicien à la mords moi le nœud. Tu n'es même pas fichu de te protéger toi-même. C'est incroyable.
- Arrête de parler autant, tu me fais mal, ragea le blond. Je sais très bien ce qui s'est passé. Pourquoi avoir bougé !
Harry sourit et ferma les yeux. Il respira profondément, essayant de calmer les douleurs.
- On va mourir, chuchota-t-il.
Draco ne répondit rien, le regard dans le vague.
- Ça fait des jours, ils ne trouvent aucun remède. Continua le brun en prenant son silence pour de la peur.
- Il n'y en a pas. Le détrompa-t-il sans tremblement dans la voix.
- Quoi ?
- Cenred, il m'a dit que la seule façon pour que j'arrête de souffrir est de lâcher prise. Si j'arrête de lutter, je pourrais partir.
- Alors lâche prise.
- Harry… Je ne peux pas.
- Pourquoi ?
- Parce que sinon, tu vas mourir aussi. Je ne peux pas laisser faire ça. Ron a-t-il vu le dragon ? Pour nous enlever la vague.
- Tu entendais aussi ?
- Absolument tout. C'était une sorte… de coma éveillé. Je pouvais tout entendre.
Le cœur du brun fit une embardée. Il avait tout entendu… Il savait peut-être tout. Quelque part au fond de lui se rassura. Il savait tout. Peut-être pouvait-il maintenant se laisser aller ?
- Pourquoi tu lui as dit non ? Il faut qu'il nous enlève la vague. Je lâcherais prise après.
- J'en ai marre d'avoir mal. S'il te plaît arrête ça.
Il détournait la conversation. Le lit était petit, un mouvement de plus le fit plonger son visage dans sa nuque. Ils étaient maintenant si proches. Plus qu'ils ne l'avaient jamais été.
- Tu es complètement fou. Je ne t'emmènerais pas avec moi.
- Je croyais que tu voulais que j'arrête de fuir ?
Le blond ne dit rien. Oui, c'était peut-être le moment de se laisser aller. Le moment de tout lui avouer. Il avait tellement mal qu'il ne se sentait presque plus gêné. Il pourrait peut-être lui dire la vérité. Il pourrait… espérer entendre… ce qu'il voulait entendre. Mais que souhaitait-il réellement entendre ? Il se cacha un peu plus, et ce n'est qu'une toute petite voix étouffée que Draco reconnut dans le creux de son oreille.
- Je suis gay, Draco. J'aime les hommes.
- Je crois bien être au courant.
- Tu es beau, j'aime te voir… Enfin, tu comprends. Alors…
- Moi aussi.
- Justement, c'est pour ça que j'ai peur que tu…
- Je sais. Harry, j'aime te voir depuis des années.
Le brun ouvrit les yeux, accusa le coup espérant ne pas avoir mal comprit. Soudain, il entendit son rire cristallin et son cœur se serra. Il lui avait tellement manqué ce rire. Il le trouva soudainement plus magnifique que jamais. Surement la douleur qui le faisait divaguer. Il referma lentement les yeux, sentant son cœur battre encore contre ses oreilles. Avait-il juste raconté une blague ?
- Tu sais ce que j'avais prévu. T'enfermer dans une salle pour pouvoir te parler et être sûr que tu ne partes pas. Et finalement, nous sommes enfermés dans notre propre corps. Si ce n'est pas magique.
- Dit le magicien. Railla le brun.
Du sang coula d'entre les lèvres du blond et le brun fronça les sourcils. Il n'avait pas besoin de le voir, il l'avait senti, ça et la douleur qui le parsema l'espace d'un instant.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- J'ai essayé de nous soigner. Apparemment, ça m'a juste détruit deux trois veines.
- Tu es complètement fou. L'accusa-t-il à son tour.
- C'est de ta faute…
Le silence pesant revient. Harry finit par se décaler. Il voulait le voir. Le sang coulait bien sur le coin de sa bouche, mais il était trop faible pour l'essuyer. Draco tourna la tête vers lui et sourit lentement. Ils se regardaient, leurs yeux ne se quittaient pas. Comme s'ils avaient envie que la dernière image qu'ils aient du monde des vivants soit l'un et l'autre.
- On va en parler ou tu voulais juste qu'on meure l'un à côté de l'autre ? Murmura le blond.
- Je ne sais pas… Je t'ai déjà dit ce que je pensais.
- En effet, parce que chaque fois que j'ai voulu parler tu as fui.
- J'avais peur.
- Je sais. Et tu ressens quoi là ?
- Moi ? J'ai mal… Et je me dis que si je meure avec toi, ce n'est pas bien grave. Ce sera toujours mieux que de te voir mourir seul.
- D'accord, hocha Draco. Alors la vague doit être concentrée à te faire ressentir au maximum ma douleur parce que ce n'est pas du tout ce que je ressens. Moi, j'essaye de me rassurer en me disant que si je meurs, tu ne me suivras pas. Parce que je n'ai pas envie qu'il t'arrive quoi que se soit.
- C'est bien la première fois qu'on ne ressent pas la même chose.
- Et pourtant… C'est un peu pareil. On n'a envie tous les deux de protéger l'autre. Mais j'ai un plus…
- Lequel ?
- Tu étais jaloux. D'Érine.
- Ferme-là…
- Je le sais que tu l'étais. Ce qui m'a plu, en vrai. Énormément. Cela voulait dire que tu t'intéressais enfin à moi.
Draco prit une grande inspiration. Une respiration douloureuse. Mais ce qu'il avait à dire le serait d'autant plus alors tant pis. Harry resta accroché à ses lèvres, il attendait… Il ne savait pas quoi encore, mais il attendait…
- Harry, depuis que nous sommes arrivés ici, bien des choses ont changé. Moi, quand j'ai enfin ouvert les yeux, j'ai remarqué combien m'énerver après toi était la seule façon de te garder auprès de moi. De me démarquer des autres. Je ne pouvais être ton meilleur ami, je serais ton meilleur ennemi. C'est sûrement ce à quoi j'ai pensé quand j'étais plus jeune. Et finalement cette vraie raison fut perdue dans le temps, remplacée par « nous sommes ennemis, parce que c'est comme ça ». Et puis ce voyage… tout a changé. Nous sommes devenus amis. Ce fut long, chaotique, cela nous a pris des mois. Et tu me diras que cela aurait pu être à cause de la vague. Mais je ne le crois pas vraiment. La vague nous avait déjà trahis. J'ai choisi d'être ton ami…
- Je suis désolé de ne pas avoir répondu plus tôt. Mais… J'ai aussi choisi…
Le blond sourit, vraiment heureux. Harry attendait encore. Il ne savait toujours pas quoi, mais quelque chose dans sa tête lui dit qu'il s'en rapprochait. Alors il attendait.
- Et j'ai aussi choisi de t'aimer, Harry. Tu n'as rien fait qui aurait pu me pousser à cela. Je ne veux pas partir…Sans que tu le saches…
Les informations allaient et venaient, les pensées d'Harry se bousculaient dans sa tête. Oui, il sentait qu'il n'avait bientôt plus besoin d'attendre.
- Qu'on parte… Murmura finalement le brun. J'espère de tout cœur que là où nous irons, Avalon, le paradis ou qu'importe le nom qu'on lui donne, on se retrouvera.
- On se retrouvera… Acquiesça le blond. Je ne fais aucun doute là-dessus.
Harry lui sourit enfin. Il était si triste de connaître ce bonheur aux portes de la mort, mais il s'en fichait. Il supprima les quelques centimètres de trop qui les séparaient pour poser ses lèvres sur les siennes. Il n'avait plus besoin d'attendre, c'était certain. Il avait trouvé ce qu'il cherchait. Quelque chose au goût métallique, délicieux et tendre. Draco posa une main sur sa joue. Il l'embrassait, oubliant l'espace d'un instant la douleur. Ils s'embrassèrent comme si c'était la dernière fois.
Et Draco lâcha prise…
A suivre...
Camelot a gagné certes, mais il vous faudra patienter le chapitre suivant pour connaître le sort de nos deux héros préférés. En attendant, j'espère que ce petit moment tout calme, entre eux vous aura plu. Auriez-vous parié sur Rogue et Neville comme rois de Cenred ? Hihi. Alors, à votre avis, qu'est-il arrivé à Ron alors qu'il se dirigeait vers la Mercie ?
Personne ne l'a jamais connue.
