Rars : AmazonePotter : Bonsoir. D'abord merci pour tes encouragements, ça me fait super plaisir de savoir que tu apprécies ma fiction. Pour Severus, j'ai essayé d'expliquer sans trop m'épancher au début de la fiction qu'il décide de s'"effacer" tout simplement parce que de tous, c'est celui qui a le plus vécu la guerre contre Voldemort. N'ayant pas l'envie de recommencer, il a préféré suivre le côté timide de Neville afin de pouvoir être plus au calme jusqu'à ce qu'il en tombe amoureux. Pour Arthur et Merlin, je pense que tu seras ravie car ce chapitre est entièrement consacrer à eux. Ce qui est difficile d'avoir 4 couples principaux différents dans une même fiction, c'est justement d'arriver à trouver une place à tout le monde sans que la fiction ne dure 100 chapitres. J'ai fait au mieux, désolée. Après, je pense sûrement la reprendre (j'ai déjà commencé d'ailleurs) et l'améliorer. Mais bon, le re-post ne sera sûrement pas pour tout de suite. En effet, le temps ne passe pas quand ils sont ici, cependant, et sûrement que tu as du le remarquer, plus ils passent de temps dans ce monde, plus leurs souvenirs commencent à s'effacer, lentement mais sûrement. Tu en sauras plus dans l'épilogue. ;) Pour ce qui est d'Elyan, oui, j'ai remarqué ma faute en me relisant. Je ne sais pas pourquoi mais mon cerveau disait Elyan, mes doigts écrivaient Ethan parfois. Je suis en train de corriger cela. Merci encore pour tes reviews, j'espère que la suite et fin va te plaire tout autant. A bientôt.


Bonne lecture.


Chapitre 24 : La face cachée du dragonnier.


304ème jour - Dix mois et 1 jour.


Les cliquetis des armures de métal étaient couverts par les cris de la foule. Les épées tintinnabulaient, les boucliers s'entrechoquaient et le fort son de clairon activait les troupes, résonnant quand le match était fini, suivi vite d'un autre. Ron sourit quand il vit Blaise lever le poing, victorieux de son combat. Puis il éclata de rire devant sa face déconfite à la défaite du troisième round. Il l'applaudit tout de même, se jurant de le féliciter comme il se doit pour ce tournoi.

Il fallait dire que Severus et Neville avait su trouver de très bon adversaire. Ce tournoi amical entre les chevaliers de Serpentard et ceux de Camelot était un pur plaisir des yeux. Les hommes étaient fairplays, combattifs, défendant chacun leur royaume comme s'il s'agissait de leur vie. Ici, pas de mise mort ni même de blessure trop grave. Si aucun des deux hommes ne jetaient son épée avant la fin du temps imparti, le point revenait à celui qui avait placé le plus de coup sur l'armure de l'autre.

Cela avait grandement rassuré Ron. Il n'avait pas envie de retrouver un petit ami en petit morceau à la fin de ce tournoi. Bien qu'il en ait déjà participé à d'autres, il avait toujours cette petite sonnette qui s'activait quand il le voyait à terre où se prenant un coup puissant. L'envie de décocher une flèche et de la planter pile poil dans l'œil du chevalier qui l'attaquait à travers son heaume l'avait pris plus d'une fois. Bien sûr, sans jamais que cela n'arrive.

Ron gratta sa petite barbe rouquine. Il ne la rasait plus depuis que Blaise lui avait avoué lui trouver un air diablement sexy avec. Il évitait seulement qu'elle ne devienne une touffe. Il avait de la chance, n'étant pas réellement un soldat de l'armée de Camelot, il en avait tout à fait le droit. Il regarda Severus qui lui aussi avait enfin décidé d'assumer son vieil âge et ne s'était plus rasé depuis qu'il était Roi de Serpentard. Bizarrement, il eut l'impression qu'il avait fait cela toute sa vie. Quand à Neville, à contrario, il ressemblait plus à une princesse obligé par son père. Cela se voyait clairement qu'il n'aimait pas être là, pensant sûrement qu'il perdait son temps.

Tout comme Merlin d'ailleurs, avec qui il entretenait la discussion, se fichant complètement de ce qui se passait dans l'arène. Arthur, quant à lui encourageait ses hommes, criait à la justice, brandissait du poing, bref, vivait le tournoi comme Severus à ses côtés.

- Ah non, je regrette ! Il y a faute, là, beugla Severus envers l'arbitre.

Un sourire pondit sur le visage de Ron. De mauvaise foi en plus. Mais le roi n'eut pas à se plaindre, le combat fut remporter par un chevalier de Serpentard qui combattait en face de Gauvain. Mais Ron savait qu'il aurait pu le battre. Arthur avait juste décidé de laisser ses jeux à Severus, le sachant bougon après une défaite.

Alors que l'arène se vidait petit à petit, Ron retrouva Harry et Draco, discutant avec Hunith. La mère de Merlin avait encore pris de l'âge et pourtant elle ne semblait que plus belle. Il fallait vraiment qu'il lui explique comment. De plus, ses beaux habits de courtisane lui saillaient à merveille.

- Et du coup, disait Draco, c'est là qu'Harry à la bonne idée de tomber de la cime d'un arbre. Et son bras s'est cassé en deux, bien sûr. Par la même occasion, le mien aussi.

- Pauvre chéri, gémit Hunith en posa sa main sur son bras comme si la blessure était encore là. Je comprends tout à fait. Il est dur d'être lié magiquement à un homme aussi turbulent.

- Surtout faites comme si je n'étais pas là, grommela Harry en se curant les ongles avec sa lame d'assassin.

Il leva les yeux pour voir Ron et soupira, levant les mains au ciel et se dirigea vers lui.

- Merci ! Tu ne sais pas comment tu me sauves la vie. Je n'en pouvais plus de ses deux-là ! Toujours à se plaindre. Est-ce que j'en parle, moi, de la fois où il s'est gelé par mégarde les jambes avec l'un de ses sorts stupides ? Qui avait un rhume pendant quatre jours après ?

Ron éclata de rire. Incorruptible. Ils partirent vers le château de Serpentard, marchant l'un à côté de l'autre tranquillement.

- Blaise a fini huitième, alors ? A-t-il bien combattu ?

- Comme un dieu. Mais je ne pense pas que pour lui, huit était la place qu'il visait. Il va m'en reparler des heures durant ce soir.

- Si le souhaites, on peut sécher ce banquet, voler quelques bouteilles de vins, se trouver un coin pour nous soûler comme tout homme qui se respecte ?

L'archer le regarda et hocha négativement la tête.

- L'idée est plus qu'alléchante, Harry. Mais tu sais bien que s'il n'en parle pas ce soir, il m'en parlera demain. Et surtout de façon plus violente puisque je lui aurais posé un lapin.

- Tu as raison, rit le brun. De toute façon, moi je serais privé de dessert si jamais je faisais la même à Draco.

Ron haussa un sourcil puis visualisant son regard lubrique et son sourire en coin, il comprit et rit avec lui. Vraiment incorruptible. Soudain, des jappements attirèrent leur attention et ils virent Ciel qui arrivait, la queue frétillante, un énorme bout de corde tressée dans la gueule. Harry s'accroupit et caressa la bête. Elle avait au moins doublé de volume depuis la première fois où elle était arrivée dans leur vie. Immense, son pelage était plus beau que jamais mélange de noir et de gris.

- Eh, mon gros !

Il attrapa son jouet et tira dessus mais impossible de lui ôter, ses crocs gigantesques et acérés le faisant prisonnier.

- J'ai l'impression qu'il prend deux tailles à chaque fois. Bientôt, il sera de taille similaire à celle d'un dragon !

- Harry ! S'écria alors une voix.

Le brun se leva immédiatement, regarda autour de lui avant de voir Gaius courir vers lui transpirant et essoufflé. Il avait couru cinquante mètres. Le brun haussa un sourcil sans comprendre avant que Ron sourit et lui tape dans le dos.

- Il a la fiole de Merlin, Harry ! Cette fois-ci, c'est ton tour !

Harry leva les yeux aux ciels. Il allait greffer une corde autour de Merlin et Gaius ! Harry courut vers lui puis fit demi-tour. Ron se pencha vers Ciel et lui frotta les flancs puis il lui arracha son jouet sans efforts. Le loup jappa de déception, essaya de le récupérer sans succès.

- Trouve Merlin pour Harry et je te le rends, d'accord ?

Ciel ne se le fit pas dire deux fois. Il partit immédiatement vers le château. Harry ne s'arrêta pas quand il passa devant Ron qui lui montra le jouet avec un air de pure moquerie.

- Connard, cria le brun avant d'accélérer pour rattraper le loup.

Celui-ci monta les escaliers de pierres. Harry mit la fiole dans sa bouche et posa un pied sur le mur, se projeta vers le haut, attrapa le muret et fit un passage en barrage avec un facilité déconcertante. Il arriva en même temps que Ciel et reprit sa course effrénée. Le gros loup le conduisit dans le château, lui fit descendre des escaliers et arriver dans les étages des serviteurs. A cet instant, il sut exactement où l'enchanteur se trouvait. Il s'excusa auprès des dames présentes, réussit à les éviter quand une table roulante lui barra le passage. Il posa son pied sur le côté et se laissa glisser sur les fesses en dessous, puis se releva sans s'arrêter dans une roulade avant. Enfin, Ciel s'arrêta devant une porte et s'assit. Harry l'ouvrit et comme il le pensait, il trouva l'enchanteur assis autour de la table, papotant avec les cuisinières et surtout, mangeant !

- Tu peux y aller, dit le brun au loup. Récupère ton jouet.

Le loup qui n'avait pas le droit d'entrer dans la cuisine, à cause d'un petit incident qu'il préférait ne pas qu'on lui rappelle, jappa de joie et partit. Harry soupira. Lorsque Merlin n'était pas dans sa chambre, c'est ici qu'il le trouvait. Le brun était jaloux, comme le trois quart des personnes au courant de son petit… problème de boulimie en ce moment. Il mangeait à longueur de journée, sans prendre un seul gramme. Arthur avait trouvé cela très suspect aux abords puis juste effrayant et enfin très énervant !

Malheureusement s'il n'y avait que cela, ce ne serait pas dérangeant. Mais le contrecoup était là, d'immenses crises, le soir venu, lui labouraient le ventre de l'intérieur, comme si il venait d'avaler cinquante lames. C'était plus qu'inquiétant. Merlin avait vu les meilleurs docteurs, magiciens, même Anhora et son disciple, Mordred, n'avait pu lui dire ce qu'il se passait.

La potion qu'Harry posa juste devant lui, était un antidouleur, doublé d'une potion de sommeil qu'il devait prendre tous les jours, exactement à la même heure.

- Merci Harry, je l'avais oublié !

- Oui, je sais, sourit le brun.

Il se posa devant lui et piocha un morceau de viande dans son assiette. Les serviteurs présents murmurèrent, ne sachant pas les liens qu'ils y avaient entre eux, lui permettant de toucher à l'assiette d'un roi mais aucun des deux ne s'en soucia.

- Comment cela a été, hier ?

- Bien ! Vraiment bien, j'ai dormi… Longtemps d'après Arthur. Tellement longtemps qu'il s'est inquiété que cette espèce de maladie étrange ne m'est touché plus.

- Deux semaines déjà ? Toujours rien ?

- Malheureusement…

Harry fit la moue avant d'écarquiller les yeux.

- Tu as demandé à Kilgharrah ?

- Non… Je voulais le faire mais je ne suis pas sûr qu'il puisse nous aider. Après tout, il m'a souvent répété ne pas tout connaître.

- Cela ne coûte rien d'essayer, non ? De plus,nous fêtons le retour du printemps, il a fini d'hiberner. Tu ne l'embêteras pas en l'éveillant pour rien.

Merlin hocha la tête.

- Oui… Tu as raison. Pour l'instant la potion de Gaius semble faire effet, du coup j'attendrais d'être de retour à Camelot et je lui poserai la question.

Harry hocha puis se leva.

- Après tout… Il y a peut-être un petit dragon qui sommeille en toi, rit le brun. Tu es un dragonnier sans dragon et vu comment tu manges comme eux. Si jamais tu te transformes, essaye de ne pas le faire dans le château d'accord ?

La blague malheureusement ne fit pas rire du tout le roi. Il regarda Harry quitter la pièce puis son assiette et la peur le tirailla. Il serait en train de se transformer en dragon ? Non, c'était impossible. Il ne pouvait y croire. Cette phrase le marqua et fit travailler son cerveau. Il repoussa son assiette, le dégoût l'empêchant de manger et posa sa tête sur la table.

- Roi Merlin, s'inquiéta une cuisinière.

- Je vais bien, chuchota-t-il. J'ai juste… plus faim.

- Me permettez-vous de vous desservir ?

- Oui, oui, fait.

Mais alors que sa main allait toucher le plat, il se releva et le récupéra.

- Non, attend. Je dois y aller !

- Mais, Sir…

C'est sous les regards curieux de tous qu'il s'en alla des cuisines avec son plat, le mangeant en marchant. Un dragon… Il n'avait jamais pensé à cette possibilité. Après toutes ces années il se rendait compte qu'il en connaissait tellement peu de son pouvoir de dragonnier. Il parlait au dragon, pouvait leur ordonner de faire ce qu'il voulait. Appeler ou renvoyer Kilgharrah était un jeu d'enfant… Mais, entre autre… Lorsque l'on fait usage de magie, il y a toujours des contreparties. Que ce soit une perte d'énergie, échanger une vie contre une vie, etc… il n'avait jamais pensé que l'usage de ses dons pourrait un jour se retourner contre lui. Etait-ce réellement ce qui lui arrivait ?

Se questionnant sans se donner de réponses, il traversa le château, finissant l'assiette qui se perdit quelque part sur une étagère. Il finit par trouver Arthur, au dehors, accompagné de Severus. Le roi quand il le vit sourit et tendit la main que Merlin prit. Il le colla à lui, le blond entourant la taille du brun de son bras. Merlin posa ses deux mains sur son épaule puis sa tête dessus.

- Ça ne va pas ? S'inquiéta Severus. La potion fait-elle toujours effet ? Nous pouvons augmenter le dosage si tu le souhaites.

- Si vous augmentez encore, fronça Arthur, il ne se réveillera plus jamais. Quinze heures de sommeil, hier. J'étais au bord de l'hystérie. Et impossible de le réveiller, pourtant je le secouais tellement fort.

- Arrêtez, je vais bien, sourit Merlin. Je vais bien.

Ils hochèrent même s'il ne le croyait pas une seule seconde. Severus regarda l'arène. Les combattants sortaient enfin, après s'être douchés et soignés. Ils souriaient et riaient de bon cœur entre adversaire. Se jurant se battre à nouveau en nombre de bières qu'ils boiraient ce soir. Le soleil était déjà bien bas, pourtant la chaleur ne voulait pas quitter l'endroit. Les massifs étaient en fleur, rendant l'endroit lourd de sentiments nostalgiques.

- Quand nous sommes arrivés la première fois, fit d'ailleurs Severus. La neige avait rendu les murs froids, le vent avait privé les arbres de leurs feuilles et le soleil n'échauffait aucune eau. Mais vous savez ce qui nous a le plus choqué ?

Les deux rois firent non de la tête.

- C'est le peuple… Alors que Camelot était envahi par la famine, et se rationnait pour survivre, il n'en restait pas moins forts, joyeux, festifs… Peut-être un peu trop orgueilleux.

Les trois rois rirent ensembles.

- Ici, les gens mangeaient à leur faim, ils n'y avaient plus de problèmes de bandits, ni des créatures qui attaquaient… Et pourtant, ce peuple était aussi froid que l'hiver. Malade, exténué moralement. Je suis heureux de pouvoir dire que nous avons rapporté la joie de Camelot. En ce doux premier jour de printemps. Je vais voir mon peuple danser avec les bourgeons, chanter avec les fées, manger avec nos alliés. Avec toi, Arthur, réunificateur d'Albion, et toi Merlin, Emrys, puissant enchanteur, sorcier émérite, je ne sais quel surnom présomptueux on te donne encore.

Arthur rit. Il savait très bien qu'il ne faisait que plaisanter. Mais Merlin resta encore une fois coincé dans ses pensées…

- Dragonnier… Chuchota-t-il.

- En plus. Ajouta Severus sans voir la détresse dans les yeux du sorcier. Bien, je dois aller voir où mon mari s'est encore enfui. Je vous laisse et vous dit à tout à l'heure.

Il les laissa là, toujours dans les bras l'un de l'autre et retourna dans le château. Malheureusement retrouvé Neville fut presque impossible. Il était certain qu'il devait être dans la forêt, cueillant les premières plantes du printemps, celles aux capacités magiques les plus fortes. A peine arrivé dans le château, Neville avait repéré un endroit reculé et en avait fait son petit jardin secret. Même Severus ne se risquait pas à y aller. Neville, là-bas, aimait être seul, ou du moins toujours accompagné de Ciel, se retrouver, discuter avec ses plantes, ou faire il ne savait quelle autre chose.

Et avec Ciel, impossible de le suivre en douce.

Finalement, il tomba sur Blaise et Gauvain déjà attablé, une choppe à la main.

- Severus ! Scanda le noir. As-tu apprécié mon combat ?

- Bien sûr, tout autant que le tien Gauvain. J'ai oublié de dire à Arthur qu'il faut qu'il arrête de laisser gagner mes chevaliers. Je ne suis pas si mauvais joueur que cela.

Blaise pouffa dans son verre, tentant de se cacher. Gauvain rougit jusqu'aux oreilles. Il pensait pourtant avoir simulé correctement cette fois-ci.

- Ne vous inquiétez pas, majesté. La revanche se passera à Camelot. Et il n'est pas question de perdre dans notre royaume.

- Peut-être, espérons que mes hommes auront bien évolué d'ici là. Il faut bien dire que les hommes de Cenred étaient des brutes sanguinaires, mais au moins, elle vous donnait du fil à retordre.

- Oh oui !

- Mon royaume est jeune, je ne me fais pas de soucis quant à la bonne évolution de celui-ci. Ah, Neville, bigre ! Excusez-moi, messieurs.

Gauvain et Blaise rirent alors que le roi pressait le pas vers son mari.

- Il a tellement changé depuis la première fois où nous nous sommes rencontrés, sourit Gauvain. Il est plus à l'aise, moins renfermé. J'avoue l'aimer bien mieux ainsi.

- Moi je trouve que c'est Neville qui a changé ! Fit Blaise. J'ai l'impression qu'il a laissé à Camelot sa timidité embarrassante et ses mimiques enfantines.

- En même temps, il est roi. Timidité et royauté sont antinomiques.

- Je le préfère ainsi. Buta quand même le noir.

- Ça parle d'un autre homme que moi ? Demanda Ron en s'asseyant à côté de son petit ami.

- Je parlais de Neville. Soupira Blaise.

Ron écarquilla les yeux.

- C'est la barbe, c'est ça ? Elle ne te plaît plus. Vraiment, je ne sais plus quoi faire pour te combler.

Gauvain éclata de rire alors que l'autre lui jetait un regard noir. Ron lui offrit un sourire immense. Harry arriva soudainement, sortant de nulle part et s'assit à côté de Gauvain. Il sourit à l'assemblée et félicita les deux chevaliers pour leurs combats.

- Comment va Merlin ? Demanda immédiatement le roux.

- Bien, je crois. C'est ce qu'il n'arrête pas de répéter inlassablement en tout cas.

- J'ai beau chercher, je ne trouve aucune solution possible à son mal, soupira Draco alors en s'asseyant à son tour.

- Je lui ai soumis l'hypothèse de demander carrément à Kilgharrah. Après tout, ce dragon est plein de ressources.

Ils hochèrent puis la conversation se détourna sur autre chose. Comme Ron l'avait prédit, Blaise se plaint d'être arrivé huitième, faisant rire Harry. Autour d'eux, les gens remplissaient la pièce. Ils se levèrent pour le discours des rois, les remerciements et la célébration du printemps. Un printemps longuement attendu…


305ème jour - Dix mois et 2 jour.


Merlin se réveilla en plein milieu de la nuit, et se releva d'un bond. D'abord il chercha un point de repère, ses pensées floues l'empêchaient de se rappeler qu'ils étaient à Serpentard. Il regarda Arthur qui ronflait lourdement, le vin l'ayant achevé. Lui n'avait pas pu boire une goutte. Rien que l'odeur l'avait dégoûté. Enfin, il cligna plusieurs fois des yeux et grimaça. Il se tint le ventre et retint un hurlement de douleur. C'était horrible. La potion ne faisait pas du tout effet.

Il se leva mais ses jambes le trahirent et il tomba à genoux. Il posa son front sur le sol. Il était brûlant. Quand la crise passa, il se leva à nouveau. Il fallait qu'il sorte… Il avança jusque la porte mais tomba brusquement sur son reflet. Ses yeux avaient virés comme lorsqu'il jetait des sorts. Etait-ce possible ? Etait-il réellement en train de se transformer en dragon ? Il actionna la poignée et sortit. Alors qu'il se sentit encore tomber, les gardes à l'entrée le rattrapèrent.

- Majesté !?

- Tout va bien… Il faut… Il faut que je prenne l'air…

Son visage rouge et sa respiration erratique prouvait le contraire. Mais il ne devait pas se transformer à l'intérieur. Il risquait de tout détruire, et de tuer par la même occasion. De plus, il ne savait s'il serait toujours conscient ! Il pourrait manger Arthur ! Il fallait qu'il sorte. Il inspira un bon coup, puisa dans ses ressources pour évincer la douleur et repoussa les gardes.

- Je vais bien, je dois juste prendre l'air. Répéta-t-il plus assurément.

- Majesté ! Permettez-moi de vous accompagner.

- Non ! Cria-t-il.

Il arriva à s'en aller. Malheureusement, son cri avait alerté les portes à côté et Harry et Draco furent les premiers à sortir. Il vit le pauvre Merlin, crevant de douleur, et le blond se jeta presque sur lui pour tenter de le soigner, en vain.

- Je dois sortir, supplia Merlin en regardant Harry.

Le brun écarquilla les yeux et comprit tout de suite ce qu'il voulait dire.

- D'accord.

Il attrapa le brun dans ses bras et se tourna vers le blond.

- Réveille Arthur. Ordonna-t-il.

Puis il se tourna et se dépêcha de mettre l'enchanteur dehors. Il prit la sortie la plus proche et avança loin du château avant de le poser parterre. Merlin se releva, cambré. Il se maintenait le ventre avec ses deux bras mais cela ne l'aidait pas plus.

- Eh, Merlin. Tu ne vas pas te transformer, n'est-ce pas ? C'était une blague… ce que j'ai dit…

Mais le roi n'entendait plus rien. Ses yeux brillaient encore plus, soudain il leva la tête et appela le dragon Kilgharrah. Le cri retentit comme un appel à l'aide dans sa langue et sûrement que le dragon eut senti sa détresse car il mit bien moins longtemps à venir que d'habitude. Entre temps, Arthur avait déboulé et avait pris Merlin dans ses bras. Tous les visiteurs étaient là aussi. Severus avait ordonné aux chevaliers de rester à l'intérieur de peur que la menace ne vienne de Merlin et que quelqu'un d'autre qu'eux puisse le voir.

Le dragon se posa comme à son habitude, puis avança son immense gueule vers l'enchanteur. Il le renifla d'abord un coup avant de souffler lentement sur Arthur et lui. Merlin se calma presqu'automatiquement. Ses yeux redevinrent bleus et la douleur passa. Il respira un grand coup, avant de se relever lentement. Arthur resta aux aguets. Attendant la prochaine crise. Mais heureusement rien ne vient. Merlin se tourna vers le dragon qui le regardait étrangement, entre l'inquiétude, le soulagement et la fierté.

- Kilgharrah, murmura l'enchanteur. Je t'en prie, dis-moi ce qui m'arrive… Est-ce que je me transforme en dragon ?

- En dragon ? Répéta-t-il. Non, bien sûr que non.

Il se mit à rire et Harry fut à la fois soulagé et honteux de lui avoir mis cette idée dans la tête. Mais un autre sentiment les prirent tous. Si ce n'était pas ça, qu'est-ce que cela pouvait être d'autre.

- Mais qu'est-ce que j'ai alors, le supplia Merlin. Il faut que ça s'arrête… J'en ai assez…

- Ne t'inquiète pas Merlin, ce sera bientôt fini. Mais vous devriez rentrer tout de suite à Camelot.

- Pourquoi ? Se mêla Arthur.

Le dragon prit une longue inspiration avant de tous les regarder. Il s'assit alors dans l'herbe, comme lorsqu'il s'apprête à raconter une longue histoire, jouant un peu avec l'impatience de l'homme blessé.

- Comme vous le savez, j'ai la connaissance de ce qui est… Pas de ce qui va arriver. Tout comme j'avais la connaissance de la prophétie qui réunirait Merlin à Arthur, mais que je n'aurais jamais cru qu'il se marierait ! Sache que je sais aussi que jeune enfant, tu as tenté un sort que ton père t'avait appris mais que, par deux fois maintenant, tu as échoué. En vrai ce n'est pas totalement un échec. Ce que tu as lancé est un tout autre sort. C'est de créer quelque chose qui exhausserait un souhait. Un seul, unique souhait. Et pas n'importe lequel. Un souhait que l'arbre daignerait être assez important pour être exhausser.

- Quel rapport avec ce que j'ai, excéda Merlin en se tenant à nouveau le ventre.

- Laisse-moi finir, s'il te plaît. Le coupa le dragon. Bien des gens ont passé et repassé devant cet arbre en formulant des souhaits à la vite sans savoir qu'à tout moment l'arbre aurait pu les réaliser mais il n'en fit rien. Jusqu'à ce jour, il y a un peu moins de deux ans maintenant, où ton père t'as revu, en compagnie d'Arthur et a appris la nature de ta mission. Lui qui prenait grand soin de l'arbre avant sa mort, a formulé le souhait, sous la tristesse, que quelqu'un te viennent en aide. Et l'arbre l'a réalisé.

- Y a deux ans, murmura Draco. Quand la vague est apparue.

- Et la prophétie dans le livre. Hocha Severus.

- Une fois le vœu accompli, l'arbre est redevenu ce qu'il était, un arbre tout simple. Et il y a trois mois, tu as tenté de recréer cet arbre, et tu y es parvenu. Un arbre qui exhausserait un seul et unique souhait, s'il pense que cela serait utile.

- J'avais souhaité pouvoir sauver Camelot de la famine, s'écria Merlin, pas d'avoir faim tout le temps !

- L'arbre n'a pas cru que Camelot était assez en danger et d'ailleurs il avait raison puisque vous avez survécu à l'hiver sans aucune perte. Il savait que vous n'aurez pas besoin de lui pour cela. Cependant, quelqu'un avait un autre souhait en tête, quelque chose qu'il n'a jamais osé demander… Et ce jour-là, l'arbre savait qu'il serait le plus important, alors il l'a réalisé…

En disant cela, il regarda Arthur et ce dernier tourna la tête trois fois en remarquant que tout le monde le regardait sans comprendre.

- Je n'ai… Je n'ai jamais fait de vœux devant l'arbre.

- Cela ne fonctionne pas comme cela, ce n'est pas une prière que l'on fait, ce n'est pas une requête qu'on lui adresse. Il sonde votre esprit et voit au plus profond de vous ce que voulez vraiment. Et ce que tu voulais, Arthur Pendragon, était ce qui avait de plus important pour l'arbre.

Merlin plissa les yeux alors que des larmes étaient sur le point de sortir de ses yeux.

- C'est… toi qui m'as fait ça ? Geint-il alors qu'il se sentait trahi. Qu'est-ce que tu voulais ?

- Merlin, s'effraya le blond. Je te promets n'avoir rien voulu qui te fasse aussi mal ! Je n'ai pas fait de souhait devant ce maudit arbre !

- Qu'est-ce que tu voulais !? Hurla l'enchanteur.

- Souviens-toi, Arthur… Aida le dragon. A ce moment où l'arbre a été créé… Du livre où le sort a été créé.

Arthur allait répliquer quand soudain il écarquilla de nouveau les yeux et sa bouche s'ouvrit en grand.

- C'est… c'est impossible…

- Arthur… Supplia le brun. Je veux que ça s'arrête…

- Un enfant. Dit-il de but en blanc.

Le silence se fit, lent, pesant, Merlin n'arriva qu'à faire le poisson rouge.

- J-je… Je voulais qu'on adopte un enfant, Merlin. Bégaya-t-il. Mais… mais je pensais que tu refuserais, sachant qu'il était trop tôt. Je voulais te le demander plus tard. Tu étais si doux avec Junior, je trouvais que tu ferais un père parfait et… et… l'idée à germer dans mon esprit… Je te promets que si j'avais su…

Harry se tourna vers Draco et murmura assez bas pour ne pas interrompre la petite scène qui se déroulait devant eux :

- Les sorciers peuvent avoir des enfants ?

- Oui, Harry, souffla sur le même ton son petit-ami en levant les yeux aux ciels. Tu n'y connais vraiment rien à rien du monde sorcier !

Merlin trop choqué pour répondre quoique ce soit, s'effondra sur les fesses. Il regarda son ventre, sans comprendre.

- Je… J'ai…

- Non, pas précisément. Décida enfin le dragon de les aider. Tu ne dois pas lui en vouloir, Arthur n'aurait jamais pu savoir. Parce que ce que la pomme vous a permis de faire et tout simplement de pouvoir donner naissance à un enfant. Chose impossible pour toi Merlin, puisque tu es un homme et toi, Arthur, puisque tu es né de la magie, tu es donc stérile. Mais ce que tu ne sais pas, Merlin, c'est que les dragonnières ne fécondent pas des enfants, mais des œufs. Et tu es sur le point de pondre.

- D'accord, alors ça, non, ce n'est pas possible, ricana Draco à Harry en aparté.

C'en était trop pour Merlin. Il se replia sur lui-même. C'était impossible ! Son ventre était plat comme une limande. Il ne pouvait avoir un œuf en lui.

- Encore une chose, l'œuf que tu vas pondre contient des jumeaux, un enfant et un dragon. Vos enfants, seront les premiers dragonniers à naître après toi.

- Je suis né dans un œuf ? S'écria Merlin.

- Non Merlin, rit Kilgharrah, car ta mère n'est pas une dragonnière mais une humaine. Tu es né comme un humain. Tu as tous les pouvoirs d'un dragonnier mais pas de frère jumeau dragon.

- D'accord, donc l'arbre fait tomber une pomme que bêtement je mange, Arthur aussi et pouf, un bébé. Mais que dis-je non, pas un bébé, un œuf. Oui, un œuf de dragon ! Un bébé et un dragon. Dans mon ventre. Et pourquoi ? Parce que mon père m'a créé dragonnier, que je suis tombé amoureux d'un homme qui voulait absolument qu'on est un enfant, au moment où il ne fallait absolument pas le souhaiter !

Harry pouffa dans sa main alors que la voix de Merlin partait dans l'hystérie. Maintenant qu'il savait que Merlin n'allait pas mourir, la tension était redescendue d'un coup. Ron avait été le premier à craquer. Caché derrière Blaise, il riait comme un fou, Severus et Neville riait aussi avec retenu. Draco souriait juste. Arthur… Arthur était ailleurs, coincé entre son monde et la réalité.

- Y a-t-il un livre ou quelque chose qui puisse nous renseigner sur comment se renseigner sur… un œuf de dragonnière ? Demanda sagement Draco.

Ils entendirent Ron pleurer de rire alors que Blaise tentait de se calmer aussi.

- Il en existe oui. Demandez à Anhora, il vous le trouvera. Mais sachez juste que vous devriez vite rentrer à Camelot, il vaut mieux le mettre en sécurité. Une fois dehors de toi, je ne conseille pas de voyager avec ton œuf. Il lui faut un endroit calme et sûr. Il sera très fragile. Prenez-en soin surtout. Je viendrais souhaiter la bienvenue à notre nouveau dragonnier et prendrais à ma charge l'éducation du dragon si vous le souhaitez bien sûr.

Harry se tourna vers Draco de nouveau. Une autre de leur vision qui se réalisait.

- Il ne l'avait pas adopté alors. Chuchota-t-il.

- C'était lui.

Ils se sourirent.

- Une dernière chose Kilgharrah, dit Ron en se raclant la gorge, essuyant ses larmes, tu as dit que c'était le père de Merlin qui nous a amené ici, c'est bien ça.

- C'était son vœu en effet. Hocha le dragon.

- Alors pourquoi la dame du lac voulait que nous rentrions ?

Blaise lui donna un coup de coude. Il s'était promis de ne jamais le dire aux autres. Severus et Neville se regardèrent perplexe et Harry et Draco fit la même chose.

- Alors, vous l'avez vu aussi ? Demanda prudemment Draco.

- Vous aussi ? Sursauta Neville.

- Quand ? Questionna Blaise.

- Avant le mariage d'Arthur et Merlin. Répondit Harry.

- Et nous quand nous étions à peine arrivés.

- Eh bien… Si nous sommes tous là, j'imagine que personne n'a accepté.

Ils secouèrent tous la tête et se sourirent. Puis Ron se tourna à nouveau vers le dragon pour attendre sa réponse.

- La dame du lac a remarqué une anomalie. Elle a tentait de la réparer. Mais, elle ne force personne, elle ne le peut de par sa nature bonne et douce. Elle vous a proposé quand le moment était opportun.

- Mais il ne l'était pas, pour aucun de nous.

- Il y a forcément un de vous qui a dû hésiter. Il l'était. Si cela ne vous ennuie pas, je vais rentrer et n'oubliez pas, faites en de même, car il n'attend plus.

Il montra d'un coup de tête le ventre de Merlin.

- J'ai calmé ta douleur pour aujourd'hui mais demain, elle reviendra, de plus en plus forte et tu sauras exactement quand il faudra que tu le sortes.

Il ne dit pas plus et s'envola. Merlin écarquilla les yeux et murmura :

- Par où !?

Ce fut la goutte d'eau, tout le monde éclata de rire. Et c'est à ce moment-là qu'Arthur choisit pour se réveiller. Il papillonna des yeux et son cerveau se remit en marche comme s'il venait de dormir. Dans sa tête, les bébés, qui bizarrement avaient des ailes, et bébés dragons qui dansaient se retirèrent en s'envolant. Il se leva d'un bond et fit stopper la cacophonie.

- Severus et Neville, vous nous pardonnerez notre départ précipité. Vous, ajouta-t-il en s'adressant au quatre autres, allez réveiller tout le monde, chevaliers, soldats, nobles et serviteurs, nous partons dès que possibles.

Les quatre s'enfuirent rapidement. Neville et Severus les suivit d'un pas plus tranquilles.

- Quant à toi, garde cet œuf autant que possible, d'accord ?

Merlin se leva lui aussi, le visage rouge.

- Garde cet œuf ? GARDE CET ŒUF ? Mais tu t'entends !?

Il abattit un faible poing sur sa poitrine.

- Tu trouves cela normal peut-être ? J'ai un œuf dans le ventre et toi… Toi…

Arthur esquiva l'autre coup, bien qu'il n'avait pas la force de lui faire mal. Il attrapa son poignet et l'approcha. Il le plaqua en l'entourant par la taille.

- Merlin, calme-toi… Calme-toi…

Il le berça jusqu'à ce que la panique passe. La fatigue reprit le dessus, il finit par ne plus se débattre.

- Merlin… J'étais résolu à ne jamais avoir d'enfants. Ni avec toi ni avec personne ! Tu ne comprends pas. Cet enfant… ces enfants sont les nôtres ! Ils seront de notre chaire et de notre sang. Merlin… Je me fiche de savoir comment ils vont naitre, dans un œuf ou pas… Je veux juste qu'ils naissent… Je le veux…

Merlin le regarda alors que ses larmes coulèrent. Il posa sa tête sur son épaule, ne pouvant soutenir son regard suppliant et aimant. Arthur lâcha son poignet pour plonger sa main dans ses cheveux, le serrant un peu plus.

- Dis-moi que tu le veux aussi. Supplia-t-il. Je t'en prie… Dis-le-moi.

Merlin eut un soubresaut.

- Je n'ai jamais connu pareille douleur, chuchota-t-il. Mais je le veux aussi.

Arthur sourit, embrassa son crâne. Le bonheur l'envahit. D'accord, il avait dit un an. Mais après tout, il ne pouvait pas tout prévoir ! C'était merveilleux.


308ème jour - Dix mois et 5 jour.


Arthur s'approcha de la tente érigée en plein milieu du campement. La nuit était tombée et il avait fait une halte pour dormir. Il entra à l'intérieur. Gaius était agenouillé devant Merlin. Il glissa une serviette imbibée d'eau sur son front. Le pauvre était brûlant et tremblait de la tête au pied.

- Comment va-t-il.

- Mal… Les potions antidouleur les plus fortes ne lui font plus aucun effet. La fièvre le fait divaguer. Parfois il parle tout seul. C'est étrange que cela n'arrive que la nuit.

- Il survivra ?

- J'ai réfléchi et je pense que l'arbre vous a offert ce cadeau. Vous vouliez que Merlin et vous aient un enfant ? Je doute que ce soit en vous enlevant Merlin que cela exhausserez votre souhait. En conclusion, le dragon a bien dit que l'arbre réalisait les souhaits si c'était possible et si vous en aviez besoin. Donc il survivra !

Arthur sourit et passa un doigt sur la joue de son mari.

- Merci Gaius.

- Ne me remerciez pas si vite, Majesté ! Vous oubliez que je ne formule que des hypothèses. Je vais vivre ma première naissance de dragonnier. C'est aussi nouveau pour vous que pour moi !

Arthur hocha la tête. Il sortit ensuite de la tente. Il avait décidé de veiller sur lui toute la nuit, il laissa donc la place à Hunith, qui les avait suivis. Hors de question qu'elle manque cela. C'était ses petits-fils qui allaient naître tout même. Elle resterait à Camelot autant de temps qu'il leur faudra pour sortir de leur coquille.

Le roi s'assit autour du feu avec ses chevaliers.

- On est encore à une demi-journée de cheval de Camelot, mais à cette allure cela nous prendra quelques heures de plus.

- Alors allons-y, Majesté. Fit soudainement Léon.

- Quoi ? Non, Merlin a besoin de repos.

- Vous l'attachez solidement à vous et nous galopons jusqu'à Camelot. Certains d'entre nous resterons avec le peuple pour le guider sauf jusqu'au château. Demain aux aurores Merlin sera au chaud et en sécurité. Vos enfants aussi.

L'idée était tentante. Il se mordit la lèvre et accepta. Quelques minutes plus tard, Merlin était devant Arthur, attaché pour être sûr qu'il ne tombe pas. C'était risqué. Il avait peur que le choc d'une chute ne puisse blesser l'œuf. Gaius, Léon, Harry et Ron le suivirent. Draco vint immédiatement sur le cheval d'Harry et lui dit :

- N'oublies pas de m'envoyer un message quand vous êtes bien arrivés, que je rassure tout le monde.

Harry se pencha et l'embrassa.

- Promis, princesse.

- Tu oublies qui était la princesse hier.

Le brun rit.

- Tu oublies qui porte des robes !

- Une toge ! Scanda-t-il.

Il partit au galop, rattrapant les autres sous les indignations du blond. Il sentit ensuite son inquiétude et le rassura de bonheur. Les heures passèrent, alternant entre grand galop sur les lignes dégagés et trot pour les passages plus à risques. Alors que les chevaux marchaient, Harry se sentit brusquement à l'étroit dans son pantalon. Il soupira, chose qui ne passa pas inaperçu auprès de Ron.

- Qui a-t-il ?

- Draco est encore en train d'avoir un rêve érotique où j'espère être le héros.

- Comme tu sais ? Fit Ron en écarquillant les yeux.

- Je bande, fit-il sans pudeur. Et crois-moi cela n'a absolument rien à voir avec la selle qui m'explose le coccyx.

L'archer rit silencieusement. Il n'y avait que lui pour dire de pareille bêtise.

Le soleil pointa le bout de son nez, tout autant que les tours du château. Ils mirent pieds à terre qu'une fois à l'intérieur. Comme promis, Harry envoya une douce caresse à Draco pour le prévenir qu'ils étaient bien arrivé. Merlin se réveilla d'ailleurs à ce moment-là. Il était tout autant cassé et fatigué que les autres. Il avait dû lutter toute la nuit contre la douleur. Arthur lui caressa les joues et murmura :

- On va aller se coucher, d'accord ?

Merlin hocha la tête et la reposa sur lui.

- Donnez-le-moi, Majesté. Dit Léon en tendant les bras.

Il prit le brun et l'emmena immédiatement dans la chambre du roi. Arthur souffla, excédé et s'installa près de lui. Au moins, maintenant il n'avait plus mal. Il sentit la fatigue le gagner quand soudain il entendit :

- J'ai faim.


309ème jour - Dix mois et 6 jour.


C'est dans la nuit suivante que Merlin sentit le moment venir. Alors que tout le monde s'était regroupé autour de lui, il leur demanda d'une manière très peu correcte de sortir. Il ne voulait ni sage-femme, ni même Arthur. Il ne sut pourquoi, mais il avait cette sensation qu'il y arriverait tout seul. En plus, il avait peur de ce qui allait se passer et de l'image qu'il pourrait ensuite laisser à son mari. Quand la porte se referma, il se laissa aller. A nouveau son corps commença à le brûler de l'intérieur. Ses yeux virèrent, la magie prit possession de son corps. Il se tortilla de douleur.

Et puis dans sa tête, ce fut comme un déclic, il se traina dans le lit, rampa jusqu'au bord et se laissa tomber. Il marcha à quatre pattes, comme un vrai animal, glissa, trébucha, se tira jusque le coin de bain. Il attrapa le rebord de la baignoire et la remplit magiquement d'eau. D'un mouvement de main elle se réchauffa d'eau. Il hurla une première fois alors que la partie supérieure de son torse s'allongeait. Quelque chose compressait son cœur, l'écrasait presque. Et cette même chose remonta dans sa gorge. Il sentit son cou s'allonger magiquement et sa bouche s'ouvrir comme la gueule d'un dragon.

Etouffé par l'œuf il fit de trois soubresauts puis émit des bruits de vomissement avant de réellement le vomir dans la baignoire. Merlin prit une grande bouffée avant de vomir à nouveau le reste de son repas de la journée. Prostré sur le rebord de la baignoire, il attendait calmement que son corps et ses organes se remettent en place. Enfin, sa magie arrêta de scintiller et il respira plus lentement. Ses yeux de nouveau bleus n'avait pas quitté un instant la forme enveloppée dans une sorte de tissus de chaire grosse comme un ballon. Il ne pouvait pas croire qu'il avait ça en lui.

Lentement, il essuya les larmes qui gâchaient sa vue et plongea les mains dans l'eau, se fichant du mélange visqueux qu'elle formait maintenant. Il prit l'eau propre en dessous pour le nettoyer et plissa des yeux quand il remarqua que la chair pouvait s'enlever. Lentement, il l'ôta et s'émerveilla devant l'améthyste de l'œuf. La coquille semblait aussi dure que du roc, que fragile comme la glace. Une fois qu'il ne restait plus aucun morceau de chair ou liquide visqueux, il vida la baignoire et l'emplit à nouveau d'eau propre et chaude. Il replongea l'œuf à l'intérieur et appela faiblement Arthur.

Celui-ci entra directement, signe qu'il devait écouter de l'autre côté. Il vit l'état de la pièce avec inquiétude. Merlin n'avait pas eu la force d'ôter le liquide visqueux qui était sorti de sa bouche en même temps partout. Arthur s'en ficha et le rejoint immédiatement près de la baignoire. Le blond s'agenouilla devant elle, regarda l'œuf avec amour et émerveillement. Il posa une main sur le visage de Merlin. Il était collant de la tête au pied mais il s'en fichait. Il se releva, prit une serviette commença à l'essuyer. Il l'aurait bien mis dans la baignoire mais pour l'instant, elle était occupée.

Merlin commença à sombrer dans le néant. Il eut juste le temps de murmurer avant de tomber de fatigue :

- De l'eau chaude… Toujours chaude…

- D'accord, le berça Arthur.

Son mari le prit dans ses bras et le ramena dans le lit. Loin de son œuf, Merlin se recroquevilla, inconscient, il se sentait tout de même plus vide que jamais…


315me jour - Dix mois et 12 jour.


Allongé sur le ventre, sur son lit, Merlin en peignoir, les cheveux encore humides, feuilletait le livre des Dragonniers qu'Anhora leur avait donné. Arthur attrapa une serviette et monta sur le brun, s'asseyant sur ses fesses. Il commença à frictionner ses cheveux avec.

- Continues. Dit-il.

- Dix à douze semaines de gestation à l'intérieur du corps.

- Dix à douze… Réfléchit Arthur. C'est bien ça, nous l'avons conçu juste après avoir mangé la pomme. Oh, mais oui bien sûr… Quand je n'arrivais plus à t'arrêter !

- Oui, oui, bon… Rougit Merlin, ne voulant pas se rappeler ce moment gênant où il avait envie de sauter sur le blond chaque fois qu'il posait les yeux sur lui. Oh non…

- Qui a-t-il ? s'inquiéta le roi.

- Ils ont fait un dessin… Tu sais exactement où était l'œuf ?

- Eh bien, techniquement, si tu l'as vomi je dirais dans ton estomac ?

- Exact !

Merlin releva l'énorme bouquin pour lui montrer. Arthur grimaça. Ce n'était pas joli. L'œuf créait une deuxième poche dans l'estomac, et se greffe là, avant de grossir lentement.

- Du coup, on pourrait dire que c'est quand tu m'as su…

- Mais tais-toi ! S'écria Merlin.

Le blond fit la moue. Déjà qu'il n'avait plus le droit de le toucher, il ne devait pas non plus en parler. Mais Arthur avait plus d'un tour dans son sac, il allait le faire craquer. Il commença par poser la serviette et débuta un message sur ses épaules. Depuis que l'œuf était sorti, Merlin était à fleur de peau. Le plus drôle avait été d'entendre un grognement, presqu'animal sortir de sa gorge quand les visiteurs avaient voulu s'approcher de ses enfants. Du coup, Arthur était au petit soin avec lui.

- Ah c'est bon, j'ai trouvé, quatre semaines après être sorti de la mère, l'œuf se brise. Il est crucial de ne surtout pas sortir l'humain et le dragon de son élément tant que ce dernier n'a pas ouvert les yeux et n'a pas mangé le cordon. Son élément ?

Il tourna la page et écarquilla les yeux. Il y avait d'autres dessins, sept exactement. Un œuf vert posé dans une marmite, un œuf rouge dans du feu, un œuf violet dans de l'eau chaude, un œuf bleu dans de l'eau froide, un blanc dans des glaçons et enfin un noir dans une boite fermée. Arthur lut par-dessus son épaule.

- Comment as-tu su que le notre serait dans de l'eau chaude ?

- Je ne sais pas… J'ai eu… comme un instinct de survie. Et je savais immédiatement ce qu'il fallait faire.

- Que dise-t-il de plus sur l'améthyste ?

- Alors « blablabla… La couleur des écailles du dragon ou des caractéristiques physiques de son frère humain ne dépendent pas de celles de l'œuf. Elle ne donne que les principaux éléments du dragon. » Ah voilà. « Si l'œuf est violet, il doit être ensevelie d'eau toujours chaude. Le dragon obtiendra les éléments suivant : Type eau : Faculté de respirer sous l'eau, queue en pointes, dépliable pour sa vélocité dans l'eau,pattes avant palmées. Type feu : Faculté de respirer sur terre, cracha de feu, griffes recourbées, crocs droits, pas de griffes sur les ailes. Généralités : Le dragon peut vivre aisément dans l'eau comme sur terre. Son corps et ses ailes sont plus longilignes que les autres. Sa taille varie.

Arthur assimila les informations. Il descendit de sur Merlin pour s'allonger à côté de lui. Ce dernier tourna encore quelques pages sans grand intérêt. Il referma le livre puis regarda son mari.

- J'ai comme l'impression qu'ils vont nous en faire baver ses diables-là… rit Merlin.

Arthur sourit et s'avança pour l'embrasser. Il avait tellement envie de lui, qu'il sentait déjà son érection frottait sa cuisse.

- Chéri, se plaint le brun. Pas devant les enfants !

- Mais Merlin, chuchota-t-il. Ils n'ont même pas encore de cerveau… S'il te plaît. Ton corps me manque…

- Comment sais-tu qu'ils n'ont pas de cerveau ?

Arthur releva la tête et regarda l'aquarium de verre posé juste derrière eux. L'œuf était là, reposant dans le fond, sans bouger d'un poil. Le roi haussa un sourcil et Merlin éclata de rire. Il se suréleva et glissa son corps nu sur Arthur les recouvrant tout les deux du peignoir.

- D'accord, dit-il en brassant le coin de sa bouche. Mais on fait vite…

Arthur sourit malicieusement. Oh non, ça, ça ne risquerait pas d'arriver !


A suivre...


Voilà, voilà... Alors là franchement, si vous ne voyez pas l'ENORME clin d'œil (en plus de tous les petits autres), je ne sais plus quoi faire pour vous émoustiller !

Ah... Si peut-être en vous rappelant que le prochain chapitre sera le dernier ! + un épilogue.

A bientôt,

Personne ne l'a jamais connue.