Chapitre 25 : Maléfiquement.


338ème jour - Onze mois et 4 jour.


C'est avec beaucoup de persuasion qu'Arthur arriva à faire entrer les visiteurs et Hunith dans leur chambre pour assister à l'éclosion de l'œuf. Il l'avait entendu craqueler toute la nuit mais ce n'est qu'au petit matin qu'ils purent voir un de ses pattes. La première information était que le dragon était tout blanc. Il était vraiment tout petit. Bientôt, ils virent la gueule casser un autre morceau de coquille. Il sortit la tête et Arthur fondit. Il était vraiment magnifique. Il possédait de petites ailettes sur le côté qui se mouvaient d'avant en arrière. Malheureusement, ils ne virent pas la couleur de ses yeux, car il les maintenait fermé. Enfin, dans un dernier petit effort, l'œuf s'ouvrit complètement et ils purent l'apercevoir en entier.

Il le vit bouger la tête de droite à gauche comme s'il cherchait quelque chose, puis il reposa sa tête sur le ventre de l'humain. Merlin s'approcha et posa sa main sur la paroi de vitre, immédiatement, le dragon releva la tête. Il déplia lentement ses ailes et avec le mouvement de vague se souleva de quelques centimètres. Tout le monde put enfin voir le tout petit bébé l'espace de quelques secondes, ainsi que le cordon qui les relier.

- C'est des garçons, murmura Arthur.

Merlin pencha la tête sur le côté. Le dragon reposa ses ailes et se laissa redescendre pour de nouveau se lover contre le bébé. La seule chose qui rassura tout le monde c'est que l'enfant bougeait ses pieds.

- C'est tellement étrange, murmura Harry.

Merlin retira sa main et se retourna vers Arthur.

- On est papas ! Se réjouit-il en le prenant dans ses bras.

- Oui, chuchota l'autre roi en essayant de cacher ses larmes de joies. Et ils sont en parfaite santé. C'est juste magique…

- Vous avez décidé pour les prénoms alors ? Demanda Hunith qui ne quittait pas les enfants des yeux.

Ces derniers s'étaient rendormis.

- Edwan pour l'humain et Elenwë pour le dragon. Comme ça pas de jaloux !

- Comment ça ? Se renseigna Blaise.

- Je ne voulais que des prénoms druides et Arthur des prénoms humains. Nous avons choisis chacun un et voilà, pas de jaloux.

- Oui, Emrys !

Merlin fit grincer ses dents puis congédia tout le monde. Ne resta plus qu'Arthur et lui.

- Il faudra veiller nuit et jour, maintenant. Pour les sortir de l'eau quand le dragon sera décidé.

- Tu crois que c'est le cordon qui maintient Edwan en vie sous l'eau ?

- Sûrement…

Ils se regardèrent à nouveau, heureux.


341ème jour - Onze mois et 7 jour.


Il fallut attendre encore trois jours avant que le dragon n'ouvre les yeux. Merlin s'était installé dans un grand fauteuil et lisait tranquillement. Il se précipita au dehors et chargea un garde de retrouver Arthur dans les plus brefs délais. Ensuite il revint se positionner devant l'aquarium et pour la première fois, le dragon le regarda. Il le vit ouvrir sa bouche mais sans qu'aucun son n'en sorte. Elenwë rampa alors vers lui. Merlin posa sa main à nouveau sur la vitre. Il se mordit la lèvre. Le reconnaissait-il ? Savait-il qui il était pour lui ? Après plusieurs minutes, il le vit retourner auprès d'Edwan et ce n'est qu'à cet instant que Merlin remarqua que le bébé avait lui aussi les yeux ouverts. Plissés, mais bien ouverts. Il se tortilla plusieurs fois, sans comprendre.

Merlin avait tellement peur, était-il bien ? Avait-il mal ? Pourquoi n'ouvrait-il pas la bouche ? Il ne pleurait pas non plus. Arthur pénétra rapidement la pièce, complètement essoufflé. Il s'émerveilla comme son mari.

- Ils ont tous les deux les yeux bleus.

Merlin hocha. Enfin Elenwë déplia de nouveau ses ailes, chose qu'il faisait de plus en plus facilement et se posa sur ses pattes. Il marcha jusqu'au bébé et le poussa de la gueule.

- N'embête pas ton frère, grogna Arthur.

Il le poussa encore, dans le ventre cette fois puis lui lécha le contour du cordon.

- Qu'est-ce qu'il fait ? S'inquiéta Merlin.

- Je crois qu'il se prépare à manger le cordon.

Arthur réagit très vite. Il attrapa la serviette suspendue au moment même où la gueule complètement dépourvu de crocs du bébé dragon se referma sur le cordon. Etrangement, celui-ci se coupa quand même. Merlin plongea les mains dans l'eau chaude et sortit Edwan. Il le posa dans la serviette d'Arthur qui lui déboucha immédiatement le nez. Et pour la première fois, l'enfant ouvrit la bouche et poussa son premier cri.

Le dragon toujours dans l'eau arrêta de mâchouiller le cordon pour le regarder. Il déplia ses ailes et en deux battements se retrouva hors de l'eau, sur le rebord. Merlin eut tout juste le temps de le rattraper avant qu'il ne glisse sur ses pattes flémardes et peu habituées à la gravité. Et bien sûr, les poumons du dragon se mirent aussi en marche, et à son tour il poussa des petits cris, semblables à des miaulements de loup qui vient de naître.

Les deux bébés pleuraient presque en même temps. Les deux rois se regardèrent, les yeux ébahis. Avant que le blond sourît.

- On les remet dans l'eau ?

Merlin éclata de rire. Il emporta son bébé et se rassit sur le lit. Il le couvrit d'une autre serviette, et posa ses doigts sur sa gueule. Presque automatiquement, Elenwë se calma et attrapa de ses longs doigts encore dépourvu de griffes sa main. Il la mit dans sa bouche et mâchouilla sans le mordre ni lui faire mal. Il poussa des gloussements, un mélange de caquètement et roucoulement.

Dans les bras d'Arthur, Edwan se calma aussi. Et bien sûr ils se rendormirent presqu'en même temps. Arthur soupira de contentement et s'assit près du brun.

- On risque d'en baver tu sais ça, murmura Arthur.

- Je te rappellerais à qui est la faute ?


354ème jour - Onze mois et 20 jour.


Le matin se levait à peine, ce jour qui marqua un tournant important dans la fin des aventures des visiteurs du futur. Harry et Draco étaient allongés dans le lit, se serrant l'un contre l'autre. Ils étaient bien réveillés mais profitaient du moment. C'était bien le seul où ils avaient du temps pour eux. Ils passaient la journée à courir de droite à gauche avec les autres aux ordres des rois, visiblement plus impressionnés par les progrès phénoménaux de leurs fils que par la bonne continuité des partenariats inter-royaumes. Pouvaient-ils réellement leur en vouloir ? Ils venaient tout juste d'être pères.

Harry caressait avec douceur le bras de son petit-ami, entrelaçant leurs doigts de temps en temps, tout en rêvant légèrement. Il n'avait aucune idée de ce que l'avenir leur réservait et pourtant, pour la première fois, il n'était pas soucieux. Il savait qu'il le passerait avec lui. Il eut un petit sourire en pensant à ses nombreuses années qu'il avait eu à le détester et à fermer les yeux sur ce qu'il ressentait vraiment. Il se trouva bien bête de ne pas avoir compris si vite. Ils avaient gâchés tant de temps pour rien. Et il en était complètement responsable. Draco tourna la tête sur le côté pour le dévisager.

- A quoi tu penses ? Murmura-t-il, même s'il en avait déjà une petite idée.

- A toi, bien sûr… A qui d'autre veux-tu que je pense… A moins que tu ne sois pas jaloux, et me permettes de…

Draco grogna, l'empêchant de finir sa phrase, et le brun rit. Il savait bien qu'il ne le laisserait pas penser à autre chose. Mais il n'en avait pas envie de toute façon. Il se contenta de se tourner vers lui, aussi, et de se pencher pour l'embrasser doucement. Les deux hommes se figèrent brusquement alors qu'ils étaient plongés dans une sensation qu'il y avait longtemps qu'ils avaient oubliés. La vague les emporta, pas aussi loin qu'ils ne l'auraient souhaité. Ils restèrent un moment paralysé, combien même la vision s'arrêta. Enfin, Harry se redressa lentement, le visage transformé par l'inquiétude.

- Qui c'était celui-là encore ? Combien d'hommes de Morgana devront nous faire face… ?

- Calme-toi Harry… On va trouver une solution. Commençons par en faire part aux rois.

Le brun hocha la tête et se leva du lit pour aller s'habiller. Il était perturbé parce qu'il venait de voir. Il en avait réellement assez, quand est-ce que tout cela s'arrêterait. Voilà des mois qu'elle ne se manifestait pas, et maintenant… Et surtout pourquoi ? Harry n'arrivait pas à se calmer. Il était en colère, apeuré, triste… S'en prendre à des bébés… Qui peut faire ça ? Il ouvrit son armoire et enfila son pantalon puis ses bottes où il rangea deux trois lames bien cachées. Il enfila ensuite une chemise blanche qu'il ceintura d'un tissu rouge. Il prit ses gants où ses lames rétractables étaient installées et les enfila. Quand il se retourna, Draco était déjà prêt, habillé d'un simple pantalon et chemise de soie. Il lui sourit faiblement.

- Il n'arrivera rien à Elenwe et Edwan. Je te le promets…

Harry hocha la tête mais le blond n'était pas dupe. Il pouvait sentir qu'il était toujours dans cette spirale de sentiments négatifs. Si Harry était ainsi, il n'imaginait même pas l'état de nerfs que serait Arthur. Cette fois-ci, Morgana avait, où plutôt allait faire le pas de trop. Draco prit la veste du brun et la lui tendit. Harry passa un bras puis l'autre et le blond la lissa du plat de la main avant de le faire pivoter à nouveau pour qu'ils se fassent face. Il boutonna un à un, avec douceur sa longue veste, prit sa capuche pour la rabattre sur ses oreilles. Il se pencha et se baissa pour l'embrasser à nouveau.

- Il ne leur arriva rien, appuya-t-il avec ferveur.

- Je… Je ne sais pas… je ne sais plus pourquoi ça me touche autant qu'on puisse essayer de tuer des enfants… Fit le brun alors qu'il fronçait les sourcils.

Tout était flou dans sa tête, mais il ce qu'il savait réellement, c'est qu'il n'aimait pas ça. Draco prit le même air perplexe. Lui aussi avait l'impression… D'avoir oublié quelque chose… Finalement, ils détachèrent pour sortir. Ils allaient réveiller le roi et son dragon mari avec la plus mauvaise nouvelle qu'ils pouvaient leur annoncer… Ce n'était pas chose facile.


354ème jour - Onze mois et 20 jour.


Merlin ne savait pas par quoi il était le plus énervé. L'annonce que cette… femme… qui autrefois lui offrait tant de bon sentiments osait s'en prendre à ses enfants, le fait qu'il n'avait pas dormit de la nuit à cause d'Elenwë ou cet horrible bruit qui lui martelait le crâne, les doigts d'Arthur tapotant son fauteuil alors qu'il était plongé dans ses pensées. Il avait envie de lui hurler d'arrêter, mais il se reprit à temps, sachant que c'était la fatigue et la contrariété qui l'angoissait. Il se contenta de se lever pour poser Edwan dans les bras de sa nourrice, avec bien sûr un pincement dans le cœur. Il n'aimait pas du tout que ses enfants soient tenus par quelqu'un d'autre, encore moins depuis que Draco et Harry les avaient réveillé avec cet atroce vision comme bonjour.

Arthur souffla comme un buffle, et toute la colère pouvait se lire sur son visage. Même Elenwë, perché sur son épaule et mordillant son oreille, n'arrivait pas à le calmer. Il avait grossit de plusieurs centimètres en seulement quelques jours et pourtant, il arrivait toujours à tenir sur son père. Merlin le regarda faire et bizarrement, cela le détendit quelque peu. Que cette sorcière essaye donc de s'approcher, elle se trouvera face à un dragon peu commode. Il balaya la salle de ses yeux. La table ronde était silencieuse. Presque gênée. Ils attendaient sagement les ordres des rois tout en concoctant de leur côté la meilleure façon de mettre un terme à cette menace.

- Hélios… La description que vous en faites, je ne vois que lui. Il est donc toujours en vie. Stupide homme. Il pense franchement qu'il pourra arriver à…

Le roi blond se tut et ferma le poing très fort. Il n'avait pas envie de perdre son sang-froid.

- Nous allons leur tendre un piège, proposa calmement Léon.

Arthur plissa les yeux, signe qu'il acceptait toutes informations ou plans.

- Oui, Léon a raison, murmura Ron. Nous ne savons pas quand est-ce qu'il compte attaquer mais nous n'avons qu'à les leurrer. Il suffit d'utiliser des appâts, tendre un piège à Hélios.

- Nous n'avons pas le temps de fabriquer du véritasérum et nous avons épuisé le stock lors de la dernière mission. S'en mêla Draco. Cependant, on peut faire venir Junior. Il nous dira tout ce qu'il a dans sa tête sans forcer.

- Tu ne peux le faire toi ? Demanda Arthur.

- Je suis occlument, pas légiliment. Je ne sais que cacher mes pensées. Mordred les lira plus facilement.

Arthur hocha la tête.

- On sera où se trouve exactement Morgana, continua Ron. Et cette fois-ci… Assurons-nous de mettre fin à cette g…

- Ce que veut dire, mon très cher Ron, l'interrompit Blaise. C'est qu'il… faudrait arrêter d'attendre… Passons à l'attaque maintenant.

- Nous avons consolidé des alliances, murmura Harry. Rassembler tous les royaumes à une cause juste et grande… Et reformer une unité paisible avec les sorciers… Il est temps de parler au nom d'Albion. Nous sommes prêts.

- Plus que jamais, hocha Gauvain.

Les autres chevaliers en firent de même. Arthur les regarda, un par un. Merlin ne pouvait s'empêcher de sourire. Il était le premier à avoir cru en Arthur. Il était si heureux de maintenant compter si grand nombre d'entre eux à le voir tel qu'il le voyait. Il se tourna vers lui, lui souriant. Espérant qu'il accepte cette idée, somme toute complètement folle, mais faisable. Arthur se leva et inspira profondément avant de commencer

- Mes amis, vous avez longtemps été ma voix et mon bras armés, aujourd'hui vous êtes mon esprit. Et vous voir tous ensembles réfléchir et vous accorder à une stratégie me rappelle à quel point les choses ont évoluées, en bien. Merci de ce que vous faites pour Camelot, et de ce que vous faites pour nous. Cependant, je tiens à mettre un point d'honneur quant à ce plan. Faisons ce que vous avez dit, mais quand nous serons face à elle, je lui demanderais de se battre en duel, juste elle et moi. Personne d'autre ne doit souffrir dans cette dernière bataille.

Merlin se tendit au plus haut possible. Il n'en croyait pas ses oreilles. Il se fit violence pour ne pas intervenir. Il regretta un instant l'éthique et les apparats d'un roi. S'il avait toujours été serviteur, pour sûr qu'il lui aurait hurlé dessus de sa bêtise. Tout le monde acquiesça, en rangeant tout autant leurs remarques dans un coin de leur tête.

- Il est temps, murmura Merlin après que le lourd silence avait condamné son cœur. Plusieurs années déjà nous séparent entre la descente de Morgana dans les ténèbres et ce qu'elle va faire. J'ai tout essayé afin de la relativiser. J'ai tout fait pour à nouveau nous la ramener près du monde réel. Mais cette fois-ci… je ne peux laisser faire pareil affront à mes enfants.

Arthur le regarda longuement. Il savait que de tous, c'était celui qui était le plus touché par le comportement irrationnel de la jeune femme. Il se disait toujours que si il lui avait fait confiance, s'il lui avait dit autrefois qu'il était lui aussi sorcier, peut-être que les choses auraient été autrement. Et qu'importe ce que disait le blond, rien n'y changeait.

- Bien, Draco et Harry, vous vous occupez de contacter Anhora et Mordred Junior. Ron et Yvain, prévenez les archers, Blaise et Gauvain les soldats, quand à vous autres, assurez-vous que le peuple ne craint rien du tout. Tout doit se faire dans la discrétion la plus plausible. Si Hélios se doute de quoi que ce soit, il ne fautera pas. Je ne le connais que trop bien. La séance est levée.

Tous saluèrent les rois et commencèrent à s'activer. Arthur se rassit lentement et grogna quand son dragon de fils planta ses griffes dans son épaule pour ne pas tomber.

- Elenwë, tu me fais mal !

Le dragon pencha la tête sur le côté avant de la frotter contre sa joue. Arthur sourit quand ses écailles rappa sa barbe de quelques jours.

- Va voir ton autre père un peu.

Le dragon souleva ses ailes, réussit à faire deux brassées avant de s'écraser lamentablement sur la table. Arthur rit alors qu'il se relevait rapidement et secouait sa tête. Il continua de marcher tranquillement vers Merlin qui le reçut dans ses bras. Le dragon se lova en poussant un soupir de bien-être. Arthur haussa un sourcil en se massant son épaule douloureuse.

- Pourquoi s'entête-t-il à faire l'adulte avec moi et l'enfant dans tes bras ?

- Techniquement, je suis leur mère, sourit Merlin.

- Quelle horrible femme fais-tu, alors.

- Si je le pouvais, je te frapperais. Maugréa l'enchanteur.

Le roi fut heureux qu'il ne le puisse pas. Il fit un signe à la jeune femme et il reprit son fils humain dans ses bras. Il dormait à poing fermé. Après avoir hurlé toute la nuit, il le fallait bien. Il était sûr et certain qu'Elenwë faisait exprès de réveiller son frère, par ennui sûrement. Malheureusement, Merlin avait interdit à Arthur de ne serait-ce que penser à séparer les jumeaux. La passion passa un moment, jusqu'à ce que la tristesse emplie de nouveau le cœur du sorcier. Arthur se pencha et prit sa main dans la sienne.

- Ne t'inquiète pas. Il ne leur arrivera rien du tout, sois en certain.

- Je ne m'inquiète pas pour eux… je m'inquiète pour toi. Je n'ai pas envie que les enfants ne connaissent pas leur père.

- Voilà donc où tu portes ta confiance en moi ? Rit Arthur.

- Non, ce n'est pas… Je… J'ai juste peur… C'est une sorcière extrêmement puissante et… Un duel n'est pas la meilleure des options. Abandonnes l'idée et laisses…

- Quelqu'un d'autre mourir ? Encore… ? Lancelot n'aura donc pas suffit ?

- Non ! S'indigna Merlin. Comment peux-tu dire cela ?

- Merlin, tu sais, ce qui est bien d'être marier à un sorcier, c'est que j'apprends beaucoup plus que tu ne peux le croire. Et je sais que je peux y arriver. Alors crois en moi… C'est tout ce dont j'ai besoin.

L'enchanteur hocha la tête, par dépit, ne sachant quoi dire d'autre pour l'empêcher de faire une telle ânerie.

- Et d'une sieste aussi, murmura Arthur en se levant et en rendant l'enfant à la nourrice après un dernier baiser sur son front. Un peu de sommeil ne me ferait pas de mal. Je te laisse les monstres.

- Quoi ? Mais ! Arthur ! C'était ton idée, espèce de traître ! S'indigna-t-il.

Mais le blond était déjà loin, partit en direction d'un semblant de lit, qu'importe où, tant qu'il pouvait fermer les yeux pendant quelques heures.


357ème jour - Onze mois et 23 jour.


Ce n'est que trois jours plus tard qu'il se passa quelque chose. Comme le plan l'indiquait, chacun leur tour, les chevaliers et les visiteurs gardaient un berceau fictif en haut d'une des tours de Camelot. Le leurre n'était pas parfait, mais ils pensèrent qu'il était suffisant. Harry et Draco se jurèrent qu'ils ne seraient pas spectateur de la vision cette fois-ci. Elle ne se déroulerait pas comme il l'avait vu. Il était enfin temps de changer le futur. N'était-ce pas pour cela qu'ils étaient là ? Blaise et Gauvain étaient de garde devant la petite pièce et discutaient tranquillement quand ils entendirent du bruit.

Le noir posa un doigt sur sa bouche et lui montra l'escalier et Gauvain hocha la tête. La main déjà au fourreau, ils étaient prêts. Malheureusement, les gardes d'Hélios les attrapèrent par derrière et plaquèrent un tissu pour les empêcher d'appeler à l'aide. Au moment où ils pointèrent leurs lames sous leurs gorges, une grosse voix arrêta les intrus. Il s'avança, sortant de l'ombre, et il sourit méchamment.

- Si les enfants ne sont pas là, ils nous guideront vers eux.

Blaise haussa un sourcil en se demandant s'il était vraiment stupide ou pas. Comme s'ils allaient les aider à quoique ce soit. Hélios montra la porte du doigt et deux autres gardes s'approchèrent pour l'ouvrir. Celle-ci se mit soudainement à briller et un sort les plongea dans une paralysie temporaire. Le noir fut heureux que le plan eut marché, mais maintenant, il sentait la poigne de l'homme commençait à lui faire mal. La sonnette d'alarme retendit et il n'eut à attendre que quelques minutes avant qu'Harry fut le premier sur place. Il sourit devant la tête de son meilleur ami et Gauvain. Puis son regard croisa celui d'Hélios, qui était à la fois perdu et perplexe, et il ne put s'en empêcher. Il vira rouge et lui colla son poing en pleine poire. L'homme s'effondra, toujours prisonnier de son corps. Si Draco n'avait été là pour l'arrêter, sûrement que le brun l'aurait roué de coups.

Draco d'un geste sortit les deux hommes de la paralysie et Gauvain siffla de contentement.

- Franchement… Je n'aurais pas cru que c'était si facile.

- Il ne savait pas non plus que nous aurions anticipé leurs mouvements.

- Combien de temps dure le sort, Draco ? Demanda sagement Ron en arrivant à peine.

- Une à deux heures, assez pour les mettre rapidement dans une geôle et prévenir Mordred.

Harry qui n'avait toujours pas décolérer attrapa l'armure de l'assassin pour le relever.

- Comment peut-on être aussi cruel pour s'en prendre à un enfant ! Lui cracha-t-il à la figure. Tu mériterais que je te tue, ici et maintenant…

Tous furent surpris par son comportement. Le brun avait changé, peut-être mais quelque chose semblait l'avoir marqué… Quelque chose que les visiteurs avaient peu à peu oublié. Aidés des autres chevaliers, ils emmenèrent les cinq hommes en prison et s'assurèrent de les déposséder de tout ce qu'ils avaient.

- Et maintenant ? Demanda Harry.

- Nous sommes là.

La vieille voix fatiguée du gardien de la licorne retentit dans la prison et Mordred les salua avec un grand sourire. Il avait poussé, il avait l'air beaucoup plus épanoui et plus chaleureux.

- Junior, s'écria Blaise en lui secouant les cheveux avec ferveur. C'est que tu grandis vite ma parole.

Mordred sourit, puis il se stoppa net en écarquillant les yeux.

- Non…

- Qui a-t-il ? S'inquiéta Harry.

L'enfant s'avança vers la grille et posa ses deux mains dessus. Il plissa les yeux, et afficha un visage frustré. Il regarda un autre garde puis Hélios. Et enfin il se tourna vers tous qui attendaient sagement qu'il leur dise.

- Morgana a prévu un autre plan. Elle va venir dans le royaume.

- Quoi ? Elle est folle.

- Non… Très puissante. Elle sait que ni vous ni même Merlin ne pourra l'empêcher de repartir. Elle viendra narguer les rois d'avoir ses enfants, ou, si le plan d'Hélios échoue, et visiblement c'est ce qu'il s'est passé, elle viendra pour les menacer.

- Bien, s'exclama Ron. On a une chance maintenant de pouvoir arrêter la bataille avant même qu'elle ne commence. Pour la première fois, on a l'avantage ! Il n'y aura pas de kidnapping ou d'attaque. Il suffit juste de trouver le moyen de la retenir…

- J'en ai un… Murmura soudainement Anhora. Mais ce ne sera pas facile. Et je pense qu'il ne plaira pas au roi Arthur… Il vaudrait peut-être mieux… qu'il ne sache pas. Ni Merlin par la même occasion. Il s'est autant gardé des secrets que d'arriver à tenir plus de cinq minutes éveillés en ce moment.

Malgré les enjeux, tous sourirent. Ils décidèrent de ne pas parler de la trouvaille devant les geôles et se retrouvèrent en petit nombre dans la grande salle. Anhora leur exposa son plan et ils hochèrent. C'était risqué, et contrairement à ce qu'il pensait, c'est Harry qui n'était pas du tout d'accord, mais finalement, après une engueulade musclée et le brun qui quitta la pièce, très affecté, ils finirent par convenir que c'était la meilleure solution. Et surtout la seule qu'il possédait.


357ème jour - Onze mois et 23 jours.


Harry et Draco était couchés sur le côté dans leur lit, se faisant face. Le brun avait les sourcils froncés par la colère. Ce plan, pour lui, c'était de la folie. S'il n'avait pas assez de puissance, Draco y laisserait sa vie. Le blond ne savait pas quoi dire pour le calmer. Il ouvrit finalement la bouche et leva une main et écarta les doigts.

- Je vais te montrer… Murmura-t-il.

Le brun ne comprit pas mais il lui fit confiance et posa sa paume sur la sienne puis entremêla leurs doigts. Draco sourit et ferma les yeux. Harry le suivit dans son mouvement. Il se concentra et soudain des images apparurent. Des images qu'il n'aurait jamais voulu voir. Des images tristes et terrifiantes. Un enfant battu par son père, insulté par sa mère. Un enfant qui pleurait dans le noir, recroquevillé dans un coin de sa chambre. Un enfant à qui on apprenait à faire du mal. Un enfant conditionné à n'avoir jamais de sentiment. C'est toute sa jeunesse qui passa dans la tête d'Harry. Draco déchira comme une feuille de papier la barrière qu'il s'était instauré.

Quand Harry rouvrit les yeux, il tomba sur des yeux gris nuancés dans leur brillance lui donna un coup de chaud. Une larme coula sur sa joue et Harry eut de suite l'envie de la supprimer, elle comme toute sa souffrance.

- Pourquoi m'as-tu montré cela ?

- Pour oublier, souffla Draco.

Harry sourit étrangement et se rapprocha un peu plus pour le serrer dans ses bras. Il lui ferait oublier. Il n'avait plus jamais besoin de sa barrière maintenant dans sa tête. Tout contre lui, Draco serra son t-shirt, enfouissant son visage dans son torse. Il pleurait… Harry se jura que c'était la première et dernière fois qu'il pleurerait devant lui. Il ferait tout pour. Draco était peut-être un enfant maudit, tout comme ceux qu'ils avaient sauvés… Mais maintenant, il était libre.

- Je t'aime… Chuchota Harry. Depuis toujours, pour encore bien longtemps… Une, deux ou trois vies…

Il sentit le sourire de son petit-ami contre lui.

- Je vais y arriver. Ne t'inquiète pas pour moi. J'y arriverais et quand tout sera fini, tu m'admiras !

- Chassé le naturel, il revient au galop, rit le brun.

Il poussa sa tête pour embrasser ses lèvres, souriant tous les deux.

- Je t'aime aussi, Harry…

Le brun fut un peu plus serein. Il avait confiance en lui mais la peur de le perdre était encore et toujours présente. Il ne le pouvait pas. Il ne le pouvait plus. Plus maintenant…


366ème jour - 1 an, 1 jour.


Camelot était en fête. Partout, la bonne humeur pouvait se lire sur le visage de chacun. Aujourd'hui on fêtait les un mois des enfants miraculeux des rois. Des contes et des légendes s'inscrivaient déjà sur leurs arrivées fantastiques. Certains disaient que, pareil à son père, Arthur avait demandé à des sorciers de les aider. D'autres pensaient que c'était le dragon qui leur avait octroyé cette chance. Après tout, le deuxième enfant étant lui-même un dragon, ce n'était pas la moins plausible des hypothèses. Enfin, les derniers étaient persuadés que les changements avaient entraîné des naissances de dragons un peu partout, à commencer par les rois. Sauf qu'à part eux, aucun autre dragon n'était né. Ils n'en démordaient pas moins.

Quand le choc fut passé de voir un bébé dragon sautiller partout autour des rois, l'autre enfant dans leur bras, les acclamations les avaient emportés… Et surtout réveillés le petit garçon qui n'avait cessé de pleurer après. Arthur et Merlin commençait déjà à avoir des cernes se combler. Le blond avait découvert la capacité de s'évaporer dans la nature au grand damne de Merlin qui continuait d'hurler que c'était de sa faute. La chasse étant devenue soudainement son activité favorite. Il ne put que remercier le ciel que l'été était revenu en force, lui permettant de reprendre.

Le dragon avait continué de se poser sur son épaule et de ne plus bouger ou bien de se lover contre son frère jumeau dans ses bras quand il ne faisait pas les quatre cent coups, mordillant les meubles, déchirant les rideaux ou tentant de passer par la fenêtre. Le brun avait développé des capacités phénoménales de rapidité pour le rattraper, au grand rire de tous. Ferys s'était fait un plaisir de construire un berceau en métal forgé afin d'éviter qu'il ne brûle sous le feu ou qu'il ne cède sous ses petites crocs déjà bien aiguisé.

Le bébé quant à lui, poussait déjà une belle petite touffe blonde sur sa tête. Malheureusement pour Merlin il avait pris les principales caractéristiques de son autre père. Déjà si petit, il avait tout d'Arthur. Mais le brun se réconfortait en se disant que c'était lui qui l'avait porté et c'était lui en ce moment qui ressentait ce comportement bestiale, draconien envers ses enfants. Et la menace de Morgana ne le renforçait qu'un peu plus. Même si Hélios était maintenant hors course. Arthur et lui étaient les seuls à ne pas être au courant de ce qu'il se préparait.

Les visiteurs du futur et les chevaliers étaient sur le qui-vive.

Posé dans son landau, l'enfant avait les yeux grands ouverts alors que les invités passaient les uns après les autres pour le voir et lui souhaiter tout le bonheur du monde. La salle du trône était bondée, et pourtant, il restait très calme dans le brouhaha ambiant, à la différence du dragon qui s'était posté devant lui et grognait fortement, essayant de mordre quiconque s'approchant d'un peu trop près. Arthur et Merlin laissaient faire, assis sur leurs trônes.

C'est alors qu'une forme noire passa la porte, arrêtant tout murmure pour la regarder. Elle avait l'image d'une femme, mais était aussi fluide qu'un fantôme. Elle avança jusqu'au trône sans que personne ne l'arrête. Et Arthur mit un temps avant de reconnaître la douce froideur du visage de Morgana. Il se leva immédiatement et les gardes l'entourant, brandirent leurs épées. La femme sourit de cette puissance qu'elle révélait encore. Merlin se leva à son tour, plus doucement, sachant qu'il ne pourrait malheureusement rien contre elle.

- Eh bien, eh bien… Murmura-t-elle.

- Morgana, dit le roi. Comment oses-tu te présenter devant nous ?

- On m'eut vent d'une petite fête pour ses délicieux enfants miraculés…

En disant cela, elle s'avança vers eux sans qu'on puisse l'arrêter. En effet, elle n'eut qu'à passer à travers les gardes comme si elle n'était faite que de fumée. Elle se pencha, scruta l'enfant qui la regardait avec tant d'innocence. Le dragon se mit immédiatement en position de défense, grondant, crachant quelques flammèches qui n'atteint même pas le dessus. Elle sourit et tourna la tête vers les rois. Merlin serrait les points, coléreux de ne pouvoir rien faire.

- Quels adorables bébés… Sourit-elle. C'est incroyable, un dragon… Je n'en attendais pas moins de toi, Merlin. Et pourtant, il faudra bien que vous vous en sépariez.

Arthur avança d'un pas.

- Oui, car, je gage qu'avant le début de l'hiver, ces touts petits êtres de magie seront à moi. Ce que vous m'avez pris, je vous le reprends.

- Morgana ! Hurla Arthur. Tu ne peux faire cela. Je ne te laisserais pas faire.

- Oh si, tu me laisseras faire, Arthur. Car tu es faible… Et tu le sais très bien.

Draco s'avança brusquement devant elle et elle haussa un sourcil.

- Que me veux-tu, indigne sorcier. Tu penses réellement que ta magie pourrait être supérieure à la mienne ?

- Non, murmura le blond.

Il se tourna vers Merlin et lui tendit la main. Celui-ci se leva immédiatement et le rejoint pour lui prendre sa main. Harry fit de même de l'autre côté, puis Ron, Blaise. Severus et Neville se placèrent à droite de Merlin. La jeune femme fronça les sourcils, sentant le piège arriver. Elle tenta de disparaître sans succès et comprit que quelque chose l'empêchait de rejoindre son corps. Et ce quelque chose n'était autre qu'Anhora, caché dans la foule. Ce dernier s'avança, un peu plus penché sur son bâton que d'habitude, la fatigue pouvant se lire sur son visage.

- Ma très chère enfant, lui dit-il alors qu'elle se retournait d'un coup sec vers lui. Tu ne nous laisse pas le choix…

Merlin regarda tous ses amis sans comprendre ce qu'il voulait faire. Mais Draco ne lui dit rien et ferma les yeux. Il se mit à conter dans sa langue une formule qu'il ne connaissait pas du tout. Une formule que le blond avait mis seulement une semaine pour apprendre par cœur, prouvant encore une fois à quel point il était devenu puissant. Malheureusement, il n'avait pas la puissance de Merlin et il se mit à transpirer de grosses gouttes. Harry serra fort sa main moite, serrant les dents. L'enchanteur le regarda et comprit qu'il n'y arriverait pas sans aide.

- Qu'est-ce… que vous faites ? Trembla la jeune sorcière des ténèbres.

Merlin ferma à son tour ses yeux et commença à réciter la formule, murmurant en même temps que le blond. Les visiteurs firent de même et se concentrèrent. Soudainement, une magie blanche les entourèrent et se répandit en chacun d'eux avant de rejoindre le milieu, c'est-à-dire Draco. Morgana ouvrit la bouche, les yeux écarquillés, choquée. Elle regarda ses mains qui commencèrent à se reformer. Sans qu'elle ne sache ni comment ni pourquoi, son corps était en train de la rejoindre. Elle tenta, par tous les moyens, de résister à cette étrange magie qui l'accablait sans conséquence. Puis vint la douleur et elle hoqueta, se plia en deux et commença petit à petit à se recroqueviller sur elle-même.

- Arrêtez ! Hurla-t-elle. Je vous en supplie, arrêtez !

L'assemblée toute entière resta impressionnée face à un tel dégagement de pouvoir. Arthur avait pris ses bébés pour l'éloigner le plus possible. Ne sachant pas à quoi sans tenir. Quand ils rouvrirent les yeux, ils le firent tous les sept en même temps, ceux-ci étant complètement blancs. Et c'est d'une seule et même voix qu'ils s'exclamèrent :

- Morgana, deux choix s'offrent à toi. Expies tes fautes, pardonnes la magie que tu as bafoué et tu auras la vie sauve. Cependant tu n'auras plus jamais aucun pouvoir.

- Non ! Cria-t-elle. Non, pas cela !

- Sinon, tu mourras…

Anhora fronça les sourcils de tristesse. Pourquoi n'acceptait-elle pas ? La magie lui avait fait tout perdre. D'abord sa famille, ses amis. Puis la raison, les proches qui croyaient encore en elle…

- Que choisis-tu ? La vie ou la mort ? Demanda l'étrange voix qu'était le mélange des sept.

Alors que la douleur déformée les jolies traits du visage de Morgana, celle-ci bégaya avec beaucoup de difficulté :

- La vie…

- Qu'il en soit ainsi…

La lumière autour de Draco s'intensifia et se mit à aspirer la fumée noire autour de Morgana. Elle hurla un peu plus, ne pouvant plus du tout bouger. La fumée sortait de sa bouche, de ses oreilles et de son nez. Les gens autour d'elle s'écartèrent encore un peu, rasant les murs. C'était à la fois effrayant et hypnotisant. Elle ne pouvait plus bouger et bientôt ne put plus hurler. Quand la fumée aspira entièrement la fumée, elle formait une boule noire flottant au-dessus du sol. Arthur était choqué, c'était cela… la magie noire. Il pouvait voir que des têtes et des mains voulaient comme en sortir. Et puis elle explosa subitement et Morgana s'effondra, inconsciente et dépourvue de tous pouvoir.

Les visiteurs et Merlin reprirent un à un conscience. Tous, sauf Draco qui papillonna des yeux un instant avant de s'évanouir dans les bras de Harry qui le retint. Le brun fronça des sourcils et caressa le visage du blond. Il aurait dû s'évanouir aussi normalement… A moins que… Il ne ressentait pas du tout la douleur de Draco… La vague était partie…

Ils étaient tous essoufflés par tant de dégagement de pouvoir. Ils étaient comme vidés. Soudain la porte s'ouvrit brusquement et Arthur posa Edwan dans les bras de Merlin et se plaça devant lui, l'épée à la main. Mais ne rentra qu'Aggravain qui courut vers Morgana et s'agenouilla pour la prendre dans ses bras. Il tapota son visage, apeuré et se rassura de la voir toujours en vie.

- Mon enfant… Pleura-t-il légèrement.

Malgré tout ce qui avait pu se passer, ses gémissements firent craquer le cœur de Merlin bien trop plein de bonté. Morgana n'était plus un danger maintenant. Elle n'était qu'une pauvre femme sans défense. Ses ambitions venaient d'être détruits, un par un, tout comme les personnes à qui elle tenait. Il ne lui restait plus que l'homme qui la considérait comme sa fille.

- Arthur, chuchota Merlin en lui prenant le bras.

Le blond le regarda furtivement et vit son air blessé et triste. Il comprit et soupira puis rengaina son arme.

- Allez-vous-en… Chuchota-t-il à Aggravain.

Celui-ci le regarda, la tristesse se lisant dans ses iris. Il ouvrit grand la bouche, ne comprenant pas le geste du roi.

- Ne retournez pas à Fyrien, je revendique avec légitimité cette terre. Si jamais… Nos routes se croisent à nouveau… Je vous tuerai… sans sommation. Est-ce clair ?

Aggravain posa la tête de la jeune femme sur son torse et hocha vivement la tête, les joues encore humides. Blaise serra les poings, incapable de désobéir à son roi. Il avait envie de se jeter sur eux et de les tuer maintenant. Par vengeance tout bonnement. Ron le sentit et se tourna vers lui pour le prendre dans ses bras. Il réussit à le calmer. Il lui demanda de ne pas les regarder alors qu'ils quittaient la salle puis Camelot.

Arthur demanda à tous de faire de même, il n'y avait plus lieu à la fête. Puis il se tourna vers Merlin et fronça les sourcils, très en colère de son choix.

- Comment savons-nous que cela est définitivement terminé ? S'énerva-t-il en parlant plus fort qu'il ne le voudrait. Comment pouvons-nous être sûrs qu'elle ne trouvera pas un autre moyen de nous toucher ?! Pourquoi ne m'as-tu pas laissé en finir avec elle !?

Merlin se mordit la lèvre. Il ne savait pas pourquoi…

- Rappelle-toi qu'un jour elle fut notre amie…

- C'était il y a longtemps, Merlin ! Après tout ce qui s'est passé… Toi-même avait dit que…

- Tu ne le voulais pas non plus ! Se défendit le brun. Sinon, tu n'aurais pas suivi mon choix.

- Je l'ai fait parce que je t'aime, et non parce que j'en avais envie !

Merlin baissa les yeux, vers son enfant et l'embrassa sur le front, les larmes aux bords des yeux.

- Range ta rengaine, Arthur ! S'exclama Harry calmement. C'est fini… Elle ne reviendra plus, ta famille et toi n'êtes plus en danger.

Il se releva, Draco endormi dans ses bras, et Arthur le dévisagea. Il était tellement rare de le voir si solennel ces derniers temps qu'il surprit tout le monde.

- Comment peux-tu en être sûr ?

- Car le dragon a dit que nous perdrions la vague le jour où tu ne serais plus en danger. Et comme tu peux le voir. Je ne suis ni évanoui, ni mal en point alors que cet abruti s'est complètement déchargé pour ce sort. Nous l'avons perdu. La vague…

Il se retourna ensuite et partit en compagnie de Gaius. Ron le suivit alors que Blaise rejoignait la garde pour finir le ménage de tous ces évènements. Arthur baissa les yeux aux sols, confus et honteux. Il osa regarder Merlin qui avait les yeux rouges.

- Je… Pardon… Murmura-t-il.

L'enchanteur hocha négativement la tête et posa Edwan dans ses bras. Il s'enfuit ensuite en courant et Arthur soupira. Neville s'avança et tendit les bras.

- Dépêches-toi de le rattraper !

Arthur sourit et posa fragilement l'enfant dans ses bras.

- Merci. Chuchota-t-il.

Et il partit en courant suivre son mari. Neville sourit et gratouilla le nez du bébé.

- C'est qu'il est très sage celui-là, minauda-t-il en souriant.

Severus leva les yeux aux ciels.

- Attend qu'il sache parler et marcher. Tu verras l'horreur ce que ça devient, ces trucs-là.

Neville hocha négativement la tête mais sourit quand même.

- Ce que tu peux être bête.

Mais Severus vint tout de même près de lui pour les couver d'un regard énamouré et gratouiller la tête de l'enfant. Elenwë vint subitement se poser sur son épaule, le faisant sursauter. Il regarda son frère jumeau puis Neville et enfin le roi et il poussa un petit cri, battant des ailes avec joie. Il caressa de sa tête le roi qui rougit légèrement.

- Je crois qu'il t'aime bien, ricana son mari.

- Mais qu'ai-je fait pour mériter cela ? Soupira le potionniste.


366ème jour - 1 an, 1 jour.


Arthur courut aussi vite qu'il le pouvait. Il n'eut qu'à suivre les vêtements royaux que Merlin avait fait échouer à terre. Et le retrouva penché sur le ponton de pierre qui lui rappela de bons comme de mauvais souvenirs. Il se rappelait sa colère d'apprendre Merlin lui avait menti pendant cinq ans… il lui rappela l'amour qu'il avait éprouvé pour la première fois pour lui. Et la culpabilité le rongea. Il s'approcha et posa une main sur son épaule.

- Merlin… Chuchota-t-il. Je te prie de me pardonner… Je n'aurais pas dû…

Contre toute attente, le brun ne pleurait pas. Il regardait seulement Camelot avec des yeux tristes et des lèvres tremblantes.

- Je n'arrive pas à imaginer que nous l'avons finalement fait… Dit-il sur le même ton.

Arthur le lâcha et se posa à ses côtés. Il déglutit alors qu'un soulagement immense et une boule au ventre arrivèrent en même temps. Oui… Ils y étaient arrivés. Albion… maintenant uni pour le meilleur et pour le pire. Mais ses pensées rejoignirent à nouveau le brun.

- Je te promets… de ne plus jamais m'énerver contre toi de la sorte.

- Non, tu ne le peux, rit soudainement l'enchanteur. Tu es ainsi, Arthur. Tu peux être tellement doux et très énervant à la fois. Mais… C'est comme cela que je t'aime. Alors ne change pas…

Arthur sourit et prit ses mains dans les siennes. Il hocha la tête et se pencha pour l'embrasser.

- Quand nous aurons pris Fyrien, nous pourrons peut-être nous accorder quelques festivités en dehors de tout cela ? A Serpentard ou en Mercie. Paraîtrait-il que les sirènes ont enchanté leur forêt et qu'elle est devenue magnifique à visiter.

Merlin sourit.

- Avec plaisir…


390ème jour - 1 an, 24 jours.


Harry et Draco marchaient côte à côte dans les jardins de Camelot, se tenant par la main. Ils s'arrêtèrent devant la balustrade de pierre qui surplombait tout le château.

- Alors ? Tu penses que c'était moi, cette personne qui devait aider Arthur ?

- Eh bien… Je pense que nous étions tous un peu là pour cela. Sachant que nous l'avons tous aidé à notre manière, un jour. Tu sais ce que je me suis dit ? C'est que la prophétie disait « un », seulement pour nous obliger à rester tous à Camelot quand ils nous étaient demandés de rester.

- Mais nous sommes restés parce que nous le voulions aussi.

- Oui, c'est vrai. Comment tu te sens ?

- Je vais bien mieux. Ne t'inquiète pas. Je suis heureux, j'ai l'impression de mieux te comprendre. Malgré que nous n'ayons plus la vague, j'arrive toujours à cerner tes sentiments…

Harry se tourna et sourit.

- Nous n'avons plus de secrets l'un pour l'autre. Cela ne te fait pas peur ?

- Après ce que nous avons vécu cette année ? Non… Pas du tout. Et même si le futur reste incertain, il ne m'en reste pas moins excitant. Surtout à tes côtés.

Le brun sourit à nouveau et se pencha pour l'embrasser.

- Je ferais tout pour te combler…

- Eh les amoureux, on peut se joindre à vous ?

Ron et Blaise les saluèrent avant que le roux ne s'asseye sur le rebord à côté d'Harry et que Blaise prenne Draco par l'épaule. Neville et Severus suivaient, dans les bras l'un de l'autre et se postèrent à droite alors que Merlin et Arthur se mettaient à gauche. Dans les bras du brun, Edwan dormait à poing fermé alors qu'Elewnë courrait comme un dérangé autour d'eux. Arthur sourit lentement, regardant les gens qui vivaient en bas.

- J'ai l'impression que quelque chose à changer.

Les visiteurs se regardèrent et sourirent. Beaucoup de choses avaient changé. A commencer par eux. Mais rien n'était fini, ce n'était que le début d'une tout autre histoire.


FIN


C'est avec un petit pincement au cœur que je termine cette fiction. Je n'avais vraiment pas envie, mais bon. Il faut bien mettre une fin quelque part. Parce que si je m'écoutais j'aurais pu la continuer encore longtemps ! Enfin bref, quelque petit point avant que vous ne criiez au scandale :

1. Oui, Camelot a chassé d'un gros coup de pied au cul les soldats de Morgana de Fyrien pour prendre possession du territoire grâce à l'aide de la Mercie, de Nemeth et de Serpentard.

2. Non, Morgana ne retrouvera jamais ses pouvoirs, elle finira sa vie dans une petite hutte en compagnie de Aggravain jusqu'à sa mort, cachée et loin de tout.

3. Il y aura un épilogue... Qui je pense vous plaira et qui mettra un point final à cette fiction.

4. Je posterais après l'épilogue un chapitre de plus appelé "Mentions Honorables" qui regroupera tous les clins d'œil utilisés dans la fiction et que vous n'avez pas trouvé. Je pense que certains vous feront sourire.

A bientôt,

Personne ne l'a jamais connue.