For May : Sorry. I'll not translate this fic.
Disclaimer : Les personnages de MFB ne m'appartiennent pas.
Chapitre 15: Disparition
Le trajet me sembla plus long qu'à l'ordinaire sûrement parce que, pour la première fois, j'avais hâte d'arriver au laboratoire. L'impatience me consumait même si je faisais de mon mieux pour le cacher. Je ne devais en aucun cas alerter Jonathan qui ne se trouvait qu'à quelques centimètres de moi.
Je me penchai et appuyai mon front contre la vitre. Il n'y avait rien d'intéressant à observer – en plus, je connaissais le paysage par cœur – mais il valait mieux que je me concentre sur quelque chose de concret plutôt que je laisse mon esprit divaguer. Je ne pouvais pas ressasser mon projet indéfiniment. Cela serait complètement inutile: mon plan était parfait, je n'avais rien à y ajouter. En plus, cela ne ferait qu'augmenter la hâte que j'avais d'en finir avec les scientifiques et le laboratoire. Toute agitation risquait de faire échouer mon projet.
D'autres voitures avançaient sur notre parcelle d'autoroute. Elles n'étaient pas très nombreuses – sûrement parce que c'était le milieu de la matinée, un jour de semaine. Au-delà du ruban goudronné, derrière la barrière de sécurité, s'étendaient des espaces verts et des champs. Ceux-ci se succédaient inlassablement, laissant de rares fois leur place à des poignées d'arbres. De temps en temps, des voitures nous quittaient ou nous rejoignaient aux embranchements.
Le paysage se modifia lentement. De hauts murs apparurent et cachèrent ce qui se trouvait au-delà de la route. Cela signifiait que nous approchions du laboratoire.
Je me redressai et regardai droit devant moi. Nous ne tardâmes pas à prendre une sortie d'autoroute et entrâmes dans la ville qui abritait le laboratoire. Jonathan tourna dans plusieurs rues avant de finalement se garer devant le bâtiment. Nous sortîmes de la voiture sans que personne ne fasse attention à nous. Pendant que j'observais les alentours, Jonathan resta debout près de moi, me faisant comprendre qu'il ne me laisserait pas une seule seconde sans surveillance. Ne voyant pas l'intérêt de repousser davantage l'exécution de mon plan, j'entrai dans l'immeuble. À première vue, j'eus l'impression qu'il y avait moins de personnes qu'à l'ordinaire. Des hommes et des femmes s'affairaient, discutaient ou s'occupaient simplement de leurs affaires. Je n'avais jamais réussi à savoir s'ils étaient juste là pour donner l'illusion d'un bâtiment publique au laboratoire ou s'ils n'avaient rien à voir avec cette histoire.
Ma confiance en moi vacilla. Je ne savais que très peu de choses sur le fonctionnement du laboratoire. Je n'avais même pas une idée du nombre de ses effectifs. Comment pourrais-je les vaincre sans avoir ces connaissances de base?
J'écartai cette pensée. Ce n'était plus le temps des hésitations.
Jonathan remit ses clés à un homme qui s'empressa de rejoindre la sortie pour faire bouger la voiture. Nous continuâmes notre chemin jusqu'à l'ascenseur et descendîmes dans le laboratoire. Dès que les portes s'ouvrirent, le dédale de couloirs blancs s'offrit à mes yeux. Malgré leurs similitudes, je savais exactement où je me trouvais. Tous le laboratoire était gravé dans mon esprit. Je pouvais m'y orienter sans aide. Nous nous trouvions à l'étage qui abritait les salles d'entraînement et de contrôle principales ainsi que ma chambre. C'était celui où j'avais passé le plus de temps.
Jonathan me conduisit jusqu'à ma chambre sans une hésitation. Il en ouvrit la porte et m'invita à entrer. Je me postai à l'intérieur, en face de lui, tandis qu'il demeurait sur le seuil.
-Le Professeur ne va pas tarder. Tu vas attendre son aarrivée ici.
Quelque chose le préoccupait. Cela se voyait sur son visage. Il me fixa trois secondes supplémentaires avant d'oser finalement appuyer sur le bouton qui actionnait le verrouillage e la porte. Celle-ci se referma, effaçant progressivement son image de mon champ de vision. Dès qu'il eut disparu, je me concentrai sur mon ouïe. Jonathan demeurait de l'autre côté du battant. Malgré tous mes efforts, j'avais éveillé sa méfiance. Sûrement parce que je n'avais pas tenté de repousser mon retour au laboratoire. Ou parce que je ne lui avais pas posé de questions sur le Professeur et sur la suite du projet H.A. En tout cas, quelque chose lui avait fait comprendre que je comptais agir. Il ne me restait plus qu'à espérer qu'il ne s'accrocherait à ses doutes jusqu'à la venue du Professeur. Il me fallait du temps, même une poignée de minutes, pour réussir.
J'attendis. De l'autre côté du battant, Jonathan faisait de même. Près de cinq minutes s'écoulèrent avant qu'il n'abandonne finalement. J'entendis ses pas s'éloigner dans le couloir. J'avais envie de me précipiter dehors pour mettre mon plan à exécution mais je me forçai à patienter. Ce serait stupide de tout gâcher à cause de l'impatience, alors que j'avais mis si longtemps à tout préparer. Ça pouvait tout aussi bien être un piège de Jonathan. Il ne voulait à aucun prix gâcher son cher projet mais il se méfiait tant... Je commençais à croire qu'il considérerait ma désactivation comme un dommage négligeable, même si ça décevait le Professeur.
Dix minutes passèrent et je n'entendais toujours rien de suspect. Je posai ma main sur la porte et l'ouvris tout doucement. Le couloir était désert. Je sortis et refermai derrière moi. Je devais retrouver le laboratoire dans lequel les scientifiques m'avaient assemblé. Je suivis l'itinéraire gravé dans mon esprit, tout en faisant attention à ce qui m'entourait. Ce serait dommage de tout faire échouer maintenant.
Les couloirs blancs et les portes blanches se succédaient inlassablement. Je me figeai en entendant un bruit. Une porte qui s'ouvrait et se refermait. Des pas. J'actionnai la porte la plus proche de moi et me cachai dans une petite salle. J'intimai à la lumière de rester éteinte tandis que je refermai derrière moi. Je me blottis dans un coin, aux aguets. La personne ne fit que traverser le couloir: les pas s'approchèrent et s'éloignèrent à une allure régulière quoiqu'assez vive. J'attendis qu'il n'y ait plus aucun bruit pour pouvoir sortir. Je continuai ma route jusqu'à ma destination. Une fois devant la salle, je vérifiai qu'il n'y avait personne avant d'entrer. Cette fois-ci, j'allumai la lumière. Je me dirigeai lentement vers le bureau qu'occupait Jonathan la première fois que je l'avais vu. Au lieu de détruire directement toutes leurs données, j'ouvris leurs dossiers et les consultai pour assouvir ma curiosité. Je fis défiler des dizaines, des centaines de pages. La plus grande partie des dossiers contenait seulement des ensembles de calculs et du jargon scientifique. Au moment où je pensais ne rien trouver d'intéressant, je vis plusieurs dossiers étiquetés sous les numéros 301 et 302. Je commençais par consulter le mien. Tout ce que les scientifiques avaient consigné à mon sujet y était ainsi que la plupart de mes agissements hors du laboratoire. Même certaines discussions que j'avais eu avec Ginga ou Nile. Un frisson me parcourut l'échine. Ils avaient vraiment envoyé des leurs me surveiller. Heureusement que je n'avais pas pris l'avertissement de Jonathan pour une menace en l'air, sinon je me serai trahi. Apparemment, ils ne m'avaient pas gardé sous surveillance cent pour cent du temps. J'avais eu de la chance sur ce point. Certaines discussions, certaines actions, m'auraient valu de me faire désactiver.
Il y avait d'autres rapports. Il s'agissait de ceux que Jonathan envoyait au Professeur. Je les lis plus attentivement que le reste mais ils ne racontaient rien de spécial. J'y voyais surtout les changements que Jonathan avait éprouvé à mon sujet: de la fierté d'avoir réussi son projet, de la méfiance face à mon comportement puis des mensonges pour ne pas perdre sa place.
Ayant terminé avec mes dossiers, je passai ensuite à ceux de 302. Il y avait moins de documents à son sujet. Ceux de son assemblage semblaient être des copiés-collés des miens. Je fis défiler les pages jusqu'à la dernière qui avait été enregistrée. 302 avait cessé de fonctionner. Apparemment sans raison.
Je me figeai puis relu ses dossiers sans découvrir une seule explication. Les scientifiques ne savaient pas ce qui lui était arrivé. Ils commençaient la construction d'un nouvel H.A. en espérant que cela ne se reproduirait pas.
Je reculai et écartai ces pensées de mon esprit. Je n'avais plus de temps à perdre avec des recherches, ni avec des inquiétudes inutiles. S'il m'arrivait la même chose qu'à 302, tant pis. Du moment où je serai libre, ça n'aura aucune importance.
J'apposai mes mains sur l'ordinateur central et lui ordonnai d'effacer tout son contenu. Il obéit immédiatement. La première étape de mon plan s'était déroulée sans accrocs.
Gardant mes mains en contact avec la machine, j'essayai d'interagir avec le réseau du laboratoire. En dehors de la pièce, je ne ressentais qu'un vide. Les scientifiques avaient dû l'isoler des autres à cause de son importance. J'avais bien fait de commencer par là. Même s'il existait sans aucun doute des copies de ces données, il fallait impérativement que je détruise l'endroit où tout avait commencé. Pour ce faire, je ne pouvais pas me contenter d'effacer des données. Je devais réellement le détruire.
Je me levai et arpentai la pièce, observant chaque détail puis me postai à mon point de départ. Il n'y avait que des machines ici, comme dans le reste du laboratoire. Ça m'offrait un avantage certain. Même si cette salle était coupée des autres, à l'intérieur, tous les appareils électriques étaient reliés entre eux.
Je reculai de trois pas et mon dos se retrouva plaqué contre la porte. Je créai un court-circuit dans l'ordinateur le plus proche de moi. Il détruisit l'intérieur de la machine, sans causer de dommages extérieurs, puis se propagea dans toute la pièce, allant même jusqu'à détruire l'électricité. Je sortis. Dès que je franchis le seuil, le système d'ouverture de la salle se disloqua, bloquant le laboratoire principal à jamais.
J'hésitai sur la destination à suivre maintenant. Il valait mieux que j'assène le coup fatal tant que j'en avais la possibilité. Seulement, je ne savais pas où aller pour y parvenir. Je devais trouver le centre de contrôle, là où était concentrée toute l'énergie du laboratoire.
Je tournai à droite et marchai avec hésitation, tiré par une énergie invisible. Mon allure devint de plus en plus rapide et s'assura. Je ne savais pas où j'allais mais j'étais certain que c'était la bonne destination, comme lorsque j'avais trouvé 302.
Mon chemin me guida jusqu'à l'ascenseur. J'y entrai. Alors que j'approchais ma main du boîtier de commande, ma main se figea et mes doigts se replièrent. Je pouvais partir dès maintenant. Je pouvais sortir et être libre pour la toute première fois. Les scientifiques ne se rendraient pas compte de mon absence avant un moment.
L'image de Jonathan s'imposa à mon esprit. Tout ce que lui et ses subalternes m'avaient demandé, toutes les fois où ils m'avaient menacé me revinrent en mémoire. Cela me décida. J'appuyai sur le bouton pour me rendre aux étages inférieurs. Normalement, j'aurais dû avoir besoin d'une carte électronique et d'une puce d'identification pour me déplacer mais ma nouvelle capacité suffisait. L'ascenseur s'ébranla puis glissa lentement vers le bas. Un vrombissement léger résonnait autour de moi. Il se tut et s'immobilisa. Les portes s'ouvrirent, me laissant voir une pièce dans un désordre étonnant. Les murs étaient gris et le sol recouvert de carreaux noirs. Des lumières clignotantes l'éclairaient faiblement. Tout contrastait avec le reste du laboratoire.
Je fis un pas hésitant dans la salle puis j'enjambai des fils et des câbles plus épais que mon bras. L'énergie vibrait dans l'air. Je la ressentais pleinement et n'avais même pas besoin de me concentrer pour en absorber une partie et me recharger. Il n'y avait aucun doute. J'avais bel et bien trouvé le cœur du laboratoire.
Je m'approchai des ordinateurs de commande et, à travers eux, je pus contrôler tout le laboratoire. Je le désactivai, pièce après pièce, étage après étage. Chaque donnée se retrouva effacée, chaque machine hors d'état de fonctionnement. Je scellai toutes les salles du laboratoire, les unes après les autres et me raccrochai à une seule pensée: tout serait bientôt fini.
Je n'avais aucune idée du temps que je restai ici. Des heures sans doute. C'était un bâtiment immense et je devais m'assurer que tout serait effacé. Mais ce ne serait pas suffisant. Fermer un lieu n'était pas définitif. Quelqu'un finirait par le rouvrir, un jour. Alors, pour être certain de laisser cette histoire derrière moi, je causai des courts-circuits plus puissants les uns que les autres. Suffisamment pour déclencher des incendies dans chaque pièce. Le laboratoire ne serait peut-être pas plongé dans l'oubli, mais il disparaîtrait. Cette victoire serait suffisante pour moi. Il y avait sûrement encore quelques scientifiques dans le sous-sol. À vrai dire, je m'en fichais. Je n'éprouvais aucune compassion pour eux, surtout après tout ce qu'ils m'avaient fait.
J'aurais peut-être dû attendre l'arrivée du Professeur finalement. J'aurais fait disparaître un problème de plus. Il risquait de se lancer à ma poursuite...
Cette inquiétude disparut dès que je me souvins des dossiers. Ils avaient créé un autre HA après 302, sans l'en informer. Il croirait que c'était moi. Je serai tranquille.
Une flamme s'éleva devant moi. Je la regardai danser devant mes yeux. Des traces jaunes et rouges s'y mélangeaient. La fumée envahissait petit à petit la pièce. Les flammes se propageaient autour de moi. Un sourire étira mes lèvres.
J'avais enfin gagné.
Fin du chapitre 15
