«Il nous a coupé la tête… Il nous a coupé la tête… Il nous a coupé la tête…»
Chris était devenu blanc comme un linge. Il avait posé sa main contre sa nuque et regardait dans le vide, horrifié. L'annonce de Kamimaro l'avait pétrifié sur place, forçant Yukio à le porter une fois de plus afin de l'emmener dans une cachette sûre. Akimoto et Kyoko l'avaient suivi dans une minuscule maison tandis qu'Okuma, Junko et Kabu avaient prit des directions différentes. La porte d'entrée n'était pas verrouillée et toutes les pièces étaient décorées, comme dans une maison normale. Kyoko était assise sur l'unique lit de la chambre et observait l'extérieur par la fenêtre. Akimoto s'était installée sur le sol et tournait lentement la tête de gauche à droite afin de voir si sa nouvelle condition physique la limitait dans ses mouvements- ce qui n'était pas le cas.
«Il nous a- AH!»
Chris sursauta en sentant un liquide froid couler sur sa tête et le long de sa nuque. Il vit Yukio debout à coté de lui tenant un verre vide au dessus de sa tête et soupira longuement.
«- Ça va mieux? T'as arrêté de psychoter?, questionna celui-ci.
-Oui, oui… Merci…, répondit Chris avec fatigue.
-… Et ton bras? Tu supporteras?
-J'veux pas en parler… Pas maintenant…»
Chris vivait encore très mal la perte de son bras gauche. Il se sentait monstrueux, difforme… Il n'avait même plus l'impression que ce corps lui appartenait. La souffrance qui venait l'assaillir chaque fois que le tissu frottait contre ses nerfs à vifs l'horrifiait encore plus.
«-Il ne reste plus qu'une minute avant que les rouges ne partent à notre recherche, les informa Kyoko en tirant nerveusement sur l'une de ses mèches.
-A propos de cette équipe rouge… On ne sait toujours pas qui la compose, pas vrai?, demanda Yukio.
-Non… Mais à mon avis ça va sûrement être des Casse-Noisettes comme dans les autres épreuves, proposa la jeune fille, Pourquoi tu demandes ça?
-J'en sais rien… J'ai comme un très mauvais pressentiment…
-De toutes façons Kamimaro enchaîne coups fourrés sur coups fourrés alors on commence à avoir l'habitude…» soupira Akimoto.
Un mouvement suspect attira l'attention des jeunes gens sur l'extérieur. Une ombre se déplaçait lentement entre les buissons tout en se rapprochant de leur cachette.
«Ça commence…» souffla Kyoko.
Un jeune homme à la musculature développée sortit des fourrés. Il était de grande taille et sa barbe ainsi que ses cheveux courts en bataille étaient noirs. Il portait un débardeur noir, un short blanc et un foulard rouge. Ses mains étaient ornées d'une paire de poings américains.
Akimoto et Yukio l'observèrent un instant effarés puis se tournèrent vers Chris. Ce dernier avait la gorge serrée et les yeux brillants de larmes. Il connaissait bien cet homme; trop bien, même, pour ne pas être submergé par une vague d'émotions contradictoires en le voyant. Sa voix se brisa légèrement lorsqu'il prononça son nom.
«E-Eiji… C'est… C'est lui… C'est Eiji…»
Chris resta figé pendant de longues secondes face à ce qui ressemblait presque à une apparition divine. Eiji Oku; son meilleur et seul ami au lycée se tenait à l'extérieur alors qu'il était mort il y a trois mois, dans le palais de Ryugu-jo. Il l'avait vu se faire tuer. Il était allé à ses funérailles. Et pourtant Eiji était bien là, devant lui.
«-C'est impossible… Il est mort… C'est un faux… C'est un faux-Eiji; c'est un faux; c'est-!
-Chris?! Qu'est ce que tu fais? Tu avais promit de m'aider pour les devoirs d'anglais!»
C'était peut-être un faux-Eiji, mais sa voix était exactement la même que celle qui avait tant de fois encouragée et sermonnée Chris par le passé. Le jeune homme se couvrit les oreilles comme il pouvait et se recroquevilla sur lui-même en se répétant que tout cela était impossible. Kyoko donna un léger coup de coude à Akimoto et lui désigna Eiji du menton.
«-Qui c'est?
-Un ami de Chris… Mais normalement il est censé être mort dans l'épreuve de chance.
- Alors Kamimaro est capable de ramener les gens à la vie… Ou de créer des illusions parfaites.»
Comme pour appuyer les dires de Kyoko, trois autres joueurs vinrent rejoindre Eiji. Le premier était grand, mince et athlétique. Il avait de longs cheveux noirs qui lui tombaient en haut du dos et portait un débardeur, un short noir et un foulard rouge. Il transportait une lourde batte de baseball en bois ornée de deux kanjis noirs avec lui. Derrière lui se tenait une jeune fille un peu plus petite aux longs cheveux soyeux et au visage en amande. Elle tenait une sorte de petit pieu en bois dans sa main et portait un t-shirt blanc et un mini-short noir. Le troisième pour finir était un garçon de taille moyenne dont les cheveux en bataille étaient noirs et courts. Il portait un short et un t-shirt blanc et tenait dans sa main un couteau à cran d'arrêt.
«Ichika; viens jouer !»
Akimoto serra les dents et se crispa en fixant le faux-Shun debout à l'extérieur. Il ressemblait tellement à l'originale… Sa voix; son apparence; l'illusion était parfaite. Yukio quand à lui observait la batte de baseball de son frère en silence, le regard soudainement vide.
«-Shoko…, souffla Kyoko en regardant sa sœur, Elle lui ressemble comme deux gouttes d'eau…
-Kamimaro essaie de nous faire craquer, murmura Chris en se relevant péniblement, Il veut nous imposer de faire un sacrifice… Il veut-»
Un bruit sec le coupa dans sa phrase. Il se retourna pour voir Yukio à genoux sur le sol, le visage dans les mains.
«Ah… Hota-Ah… Aah… WAAAAAAAAAAAAAH!»
Kyoko sursauta et se précipita à son chevet. Yukio avait explosé en sanglots et hurlait à en perdre la voix.
«J'SUIS DESOLE! PARDONNE-MOI! JE TE JURE QUE JE VOULAIS LA RENDRE!»
Il avait l'air terrifié. Kyoko tenta de le secouer pour le ramener à lui mais rien n'y fit, il pleurait toujours en hurlant de plus belle.
«J'SUIS DESOLE HOTARU! J'SUIS DESOLE! J'VOULAIS TE LA RENDRE!»
Hotaru Sanade et Yukio Sanada étaient jumeaux. Ils étaient nés avec seulement quelques minutes d'écarts, pourtant l'ainé s'était attiré tout les avantages. Hotaru était le fils préféré: plus grand; de meilleurs notes à l'école; plus mature; plus ouvert aux autres; plus populaire; plus sage; plus amical; un avenir prometteur comme batteur de baseball; plus calme et plus serviable. Yukio avait grandit avec le sentiment de n'être que 'le second'. On lui avait toujours répété ''Tu devrais prendre exemple sur ton frère''; ''Regarde Hotaru, il y arrive lui''; ''Soit sage et écoute ton frère''… Il était jaloux, mais Hotaru était le fils que leurs parents chérissaient. Yukio n'avait put que se faire justice lui-même en dérobant le bien le plus précieux de son frère; une batte de baseball en bois où il avait peint les kanjis correspondant à son nom.
Il le détestait, et il n'avait pas versé une seule larme lors de son enterrement.
Mais c'était son frère.
Il l'aimait, et il avait attendu d'être seul dans sa chambre pour ça.
Hotaru s'était occupé de lui pendant toute leur jeunesse. Il l'avait protégé des enfants plus âgés. Il lui avait apporté l'affection qu'il ne recevait pas de leurs parents. Il lui avait offert sa première paire de gants de boxe. Il lui avait apprit à nager et à ne plus avoir peur du noir. Il lui avait montré comment être fort face à la cruauté du monde.
Il avait poursuivie les kokeshis dans l'hôpital et jouer avec eux à maintes reprises, jusqu'à pouvoir enfin retransformer son frère en humain.
Yukio avait volé la batte de baseball d'Hotaru il y a près de 7 ans alors qu'il était âgé de 11 ans. Il en avait maintenant 18 et regrettait amèrement son acte depuis. Il avait toujours voulu la lui rendre mais n'avait jamais osé, de peur de devoir affronter la colère noire de son frère. Jour après jour il s'était dit 'je la rendrais demain'.
Maintenant, c'était trop tard. Hotaru était mort et sa batte de baseball allait restée dans la chambre de Yukio, ensevelit sous une pile de t-shirts.
…
Kabu retint son souffle en écoutant craquer les marches de l'escalier en bois. Une voix d'outre tombe, grinçante et éraillée s'éleva lentement depuis le hall d'entrée, figeant le jeune homme sur place.
«Kaaaa… Buuuu… Raaaa…Giiii…»
Kabu s'empressa de fermer la porte à clé. Merde! Merde! Il connaissait cette voix! Merde… Pas lui!
«La fraise est un légume… N'est ce pas?... Oui… Un légume… Hihi…»
Tout mais pas lui… Comment pouvait-il être encore vivant?! Il s'était fait dévorer la tête par un Casse-Noisette; bon sang!
«On va voir qui est le 'parasite'… On va voir… Oui… ON VA VOIR!»
La lame d'une hache de bûcheron traversa brutalement la porte, décrochant un morceau de bois et laissant une large fente. Kabu recula avec un cri de surprise et se réfugia de l'autre coté de la pièce. Il aperçut avec horreur une main squelettique se glisser à travers la fente, tourner lentement la clé puis se rétracter à l'extérieur. Un cliquetis métallique se fit entendre. La porte s'ouvrit en grinçant, laissant apparaître une silhouette maigre, légèrement voutée et tenant une lourde hache grise et rouge dans ses mains fragiles.
«-Tu es rapide… Hein, Kabu? … Rapide… Et tu m'as trahi… Kabu… Non?
-L-Laisse moi tranquille Michio! Barres toi!, s'écria Kabu en reculant.
-Je veux ton foulard… Tu comprends? Ton foulard…»
Kabu baissa les yeux et constata avec horreur que Michio portait un tissu rouge autour du cou orné du numéro 76; son numéro.
«Aller…Tu ferais bien ça pour un pauvre type handicapé et sans avenir…»
Michio souleva sa hache et posa la lame par-dessus son épaule. Ses yeux grands ouverts et son sourire aliéné terrifiaient Kabu au plus haut point. Le jeune sportif saisit la lampe de chevais à coté de lui d'une main tremblante et arracha le câble du mur. Il fallait faire vite. Kabu réfléchit un bref instant. Michio était handicapé de la jambe gauche; il était lent à la course; il n'avait aucune force physique; il portait une hache ce qui réduisait considérablement ses mouvements et il se tenait à près de six mètres de lui. S'il l'attaquait par la droite en se servant de l'effet de surprise, il ne pourrait pas s'appuyer sur sa jambe gauche pour l'éviter. Dans le meilleur des cas il allait sûrement tomber en arrière sous l'assaut et à partir de là, lui dérober le tissu rouge serait un jeu d'enfant.
Kabu s'élança à toute vitesse. Il vit Michio lever son arme et se pencha sur le coté. Il fallait faire vite. Vite. Kabu le contourna par la gauche et tendit le bras. Michio dut se tourner sur le coté. C'était le moment. Kabu se jeta sur lui et tenta immédiatement de lui arracher son foulard. Il y était…
…Presque.
Michio prit un solide appuie sur sa jambe gauche et frappa brutalement Kabu au ventre du pied droit avec une telle force que le jeune homme traversa littéralement la porte en bois de la salle de bain juste à coté. Il se releva lentement et tituba en reculant. Michio tenta de lui porter un autre coup à la hache ce qui le fit trébucher en arrière. Sa tête heurta violemment le bord de la baignoire dans laquelle il venait de s'effondrer et lui arracha un cri de douleur. Michio s'approcha en arborant un large sourire.
«-J'ai changé… Je ne suis plus handicapé… Je vais mieux… Regarde comme je vais mieux!
-Tu-?! AAAAAH!»
Kabu poussa un hurlement de souffrance et d'horreur lorsqu'une lame de hache vint se figer brutalement dans son genou gauche. Le tissu et la chaire se déchirèrent avec un bruit spongieux; les veines et les artères éclatèrent en aspergeant de rouge le carrelage blanc et l'os se brisa avec un craquement horrifiant. Kabu tenta de se relever en criant paniqué; effrayé; terrifié dans une succession de gestes désordonnés mais ne fit que se soulever de quelques centimètres avant de glisser sur son propre sang et de retomber dans la baignoire.
«-Chut, chut, chut… Chut… Plus de bruit… Tu me donnes mal au crâne…
-MA JAMBE! MA JAMBE!
-SILENCE!»
Michio lui saisit la cheville d'une main et porta un nouveau de hache de l'autre. Puis un second. Et un troisième, jusqu'à ce qu'il se relève en tenant une moitié de jambe ensanglantée sous les cris horrifiés de Kabu. Il sourit.
«Là… Tu iras moins vite comme ça… Tu ne me trahiras plus…»
Kabu se tordait dans les affres de la douleur; baignant dans son propre sang et poussant des cris stridents. Il tenta de se relever en s'appuyer sur le bord de la baignoire avant que Michio ne l'en empêche en portant un violent coup de pied à son poignet. Kabu s'écroula en cognant une nouvelle fois sa tête. Son poignet s'était brisé et commençait déjà à devenir violacé. Le jeune homme se recroquevilla sur lui-même en sanglotant et en respirant bruyamment.
«-Je veux pa-Ah… Je veux pas… Pardonne-moi… Je veux pas… Mourir… Je veux pas… Laisse-moi…
-Moi non plus, je ne voulais pas mourir…, répondit Michio en changeant brusquement de ton, J'avais une famille, une petite amie, des amis… Avant tout ça, j'avais une vie… J'étais heureux… Je voulais terminer les épreuves et tout reprendre comme avant…
-J-Je-
-… Mais toi…Toi tu m'as tout pris! Tu as brisé tout ce que j'avais; tout ce qui comptaient pour moi! Tu as anéantit la vie de tout mes proches qui comptaient sur moi!
-Tu… TU MENS! TU MENS! T'AVAIS PAS D'AMIS! T'ETAIS MALADE; T'ALLAIS MANQUER A PERSONNE! T'ALLAIS BIENTÔT CREVER DE TOUTES FACONS! J'AI RIEN A REGRETTER!»
Kabu se bouchait les oreilles en hurlant pour tenter de couvrir la voix de Michio. Il avait l'impression de devenir fou. La souffrance; intenable; insupportable; la peur qui le paralysait; son sang qui lui échappait; le froid; l'horreur; et cette voix qui le torturait inlassablement en le conduisant aux portes de la folie; c'en était bien trop pour un seul homme.
«C'est mon foulard que tu veux?! C'est ça?!»
Ses agrippèrent fébrilement le tissu bleu autour de son cou.
«Tiens! Prend-le! Bute-moi! Prend-le ce putain de foulard!»
Il tira un coup sec.
«Tiens! Prend l- le- le... Eh…»
Le tissu lui était resté dans la main, révélant sur son cou une fine ligne rouge. Un filet de sang s'écoula lentement de ses lèvres, le long de son menton et tomba goutte à goutte sur son sweatshirt. Michio sourit, posant une main sur l'épaule de Kabu. Il le poussa en arrière, faisant vaciller puis tomber sa tête qui vint se loger contre le bord de la baignoire et sa jambe avant de prendre le foulard de sa main.
«Merci.»
…
Un autre coup de poing plus violent encore lui vide l'air des poumons. Junko tomba genoux à terre en portant une main à son abdomen. Elle aperçut Okuma du coin de l'œil en train de se débattre face à Kageura; rouge et essoufflé; protégeant son foulard comme il pouvait des mains de son agresseur.
«'Fait pas ta tête de mule Junko; file moi ton foulard et on en parle plus.» soupira un jeune homme.
Musashi Kosaka était du même lycée que Junko et à dire vrai tout les deux s'étaient toujours très bien entendu. Malheureusement, il était mort face au Maneki-Neko en tentant de protéger Kaya; sa petite amie que les kokeshis avaient tués à l'épreuve suivante. Il était grand et large d'épaule, brun aux cheveux mi-longs et aux yeux verts et vêtu d'une chemise rayée noire et verte et d'un pantalon en toile grise ainsi que des chaussures montantes noires. Ses mains étaient ornées d'une paire de poings américains en métal chromé.
«Tu peux toujours courir…» grogna Junko en se relevant et en essuyant le sang qu'elle avait au coin de la bouche.
Elle et Okuma s'étaient retranchés dans l'amas de rochers à l'Est du cube lorsque Musashi et Kageura les avaient attaqués et s'étaient retrouvés coincés entre leurs agresseurs et des crevasses de plusieurs mètres de profondeur.
«Donne le moi!»
Musashi saisit Junko par l'arrière du crâne et lui porta un coup de genou au visage. La jeune fille laissa échapper un grognement de douleur tout en reculant, le nez en sang. Elle s'essuya le visage, serra le poing et porta un violent coup à la mâchoire de son adversaire. Musashi répliqua en lui saisissant le poignet et la jeta violemment au sol.
«Junko!» s'écria Okuma en esquivant un autre coup de machette donné par Kageura.
En un seul et bref instant il vit sa camarade se relever d'un mouvement souple; se jeter sur Musashi et le pousser vers une crevasse derrière lui. Elle le saisit par la taille et d'un bond plongea avec lui dans le vide, sous les yeux horrifiés d'Okuma.
«Non-! AH-!»
Kageura empoigna son t-shirt à pleine main, tira fermement et le fit basculer en arrière. Il saisit sa machette, la leva au dessus de sa tête et fit un mouvement circulaire rapide. Okuma vit l'arme passée à seulement quelques centimètres de son front. Il recula comme il pouvait en fixant avec terreur l'arme qui le menaçait.
«-Fait pas ça Kageura; je t'en supplie!
-Ahahaha!»
Okuma évita de justesse un nouveau coup de machette.
«-O-On est amis; tu te souviens?! Toi, moi, Michio et Kabu; on est amis!, s'écria le jeune homme.
-J't'en foutrais de l'amitié moi!» gronda son agresseur.
Kageura porta un violent coup de pied au visage d'Okuma, décrochant par la même occasion une dent de sa mâchoire. Il donna un nouveau coup de machette et parvint cette fois-ci à entailler profondément la joue de sa victime sur toute sa longueur. Okuma recula encore jusqu'à se retrouver dos à un rocher. Il se couvrit le visage de ses mains en sanglotant, la bouche et la joue en sang.
«T'en fais pas Oku', je ferais ça vite.» l'informa Kageura en levant une nouvelle fois l'arme au dessus de sa tête.
La lame brillante et menaçante n'eu pourtant jamais l'occasion de s'abattre sur le crâne d'Okuma. Une ombre souple et rapide avait surgit de nulle part pour frapper Kageura à la tête. Elle le plaqua au sol et entreprit de lui enfoncer brutalement le crâne à coup de pierre. Du sang gicla sur le sol, les mains et les vêtements. Kageura leva faiblement la main avant de se voir arracher son foulard. Sa tête roula lentement sur le côté avant de tomber dans les profondeurs d'une crevasse.
Junko se releva, lâcha sa pierre et épousseta son pantalon. Elle s'approcha d'Okuma qui la fixait à moitié terrifié et lui tendit doucement le tissu rouge.
«-Tiens, prend-le.
-Mais tu-? Comment tu-? Pourquoi-?
-Il faut se serrer les coudes pour s'en sortir et tant qu'à faire rester le plus nombreux possible, répondit Junko avec un léger sourire.
-Oh… Ah, merci…»
Okuma saisit le tissu rouge et le fourra dans sa poche tout en se relevant.
«-J'ai cru que tu t'étais faite tuée… Comment tu t'en es sortie?
-J'ai gardée Musashi en dessous de moi pour qu'il amortisse le choc. C'est lui qui à tout prit, du coup je n'ai eu qu'à prendre son foulard et remonter le plus vite possible.»
Okuma se contenta d'un hochement de tête pour réponse et suivit Junko qui se dirigeait vers les gradins d'un pas assuré.
Elle avait survécu.
