Note de l'auteur : Peu de nouveaux personnages pour ce chapitre mais un personnage qui a une importance toute particulière. N'hésitez pas à laisser votre avis, que je sache si je fais quelque chose de bien ou non !

Récapitulatif des nouveaux personnages :

- Tylsha : Gijinka de Tiplouf

- Ickor : Gijinka de Majaspic

- Zola : Gijinka de Brutapode


Reshia déambulait tranquillement dans le palais de Glacia. Elle aimait bien ces moments de solitude qu'on lui octroyait de temps à autre et elle en profitait pour découvrir son nouveau domaine. Son fiancé s'occupait autant que le roi des affaires de son peuple et s'absentait régulièrement. La princesse ne pouvait pas dire qu'il ne s'occupait pas d'elle puisqu'il revenait la voir dès qu'il en avait l'occasion, passant avec elle le plus de temps possible. Reshia avait appris à connaître cet homme qui lui racontait toutes les histoires du Nord et écoutait les siennes. Il voulait tout savoir d'elle, s'intéressait à ses moindres passions. Taïshi avait tout d'un homme juste, compréhensif, jamais elle n'aurait put rêver meilleur époux. Il serait un grand roi et elle aurait du être fière d'être la future reine à ses côtés.

" Tout cela aurait été possible si seulement je n'avais pas connu Aram."

Le chevalier la hantait encore. Dans ses rêves, elle revoyait son beau visage, sa longue chevelure, son sourire à nul autre pareil, ses bras forts, tout dans son être la faisait chavirer. Quand elle se réveillait, la demoiselle se trouvait seule dans le noir et pleurait. Jamais elle ne pourrait aimer un autre que lui, même si elle l'avait voulu. Il avait pris son âme, son coeur, tout ce qu'elle était. Pensait-il encore à elle ? C'était peu probable après tout. Des princesses, il avait du en voir de nombreuses avec son rang de chevalier et elle n'était sans doute pas différente des autres à ses yeux. C'est du moins ce qu'elle croyait et ce qui l'attristait. Un coin de sa tête se permettait de rêver à un amour réciproque. Un coin seulement.

" Aram, j'aimerais tellement te revoir " soufflait-elle, marchant dans un couloir qu'elle n'avait jamais emprunté, menant dans la plus haute tour du château.

Ce chemin inhabituel la mena tout droit dans une petite pièce sans fenêtre. Elle tenta de voir ce que ce lieu avait de spécial, mais il n'y avait aucun mobilier particulier. Pourtant, les chandelles étaient allumées, la pièce ne devait donc pas être dénuée d'importance. Le seul objet de réelle valeur était un tableau de la famille royale, plutôt récent. Reshia l'observa attentivement, détaillant chacun de ses membres. Elle reconnut aisément le prince, le roi, la reine, même Shan était montré sur le tableau, signe qu'il devait être très proche du prince. Seulement, il y avait quelqu'un qu'elle ne connaissait pas. Peinte vers le centre, au pied du roi, une petite demoiselle toute mignonne qui retint l'attention de la princesse. Elle avait les cheveux bleus assez longs, bouclés en leur bout, foncés sauf la mèche de devant en pique, plus claire. Ses yeux d'un bleu profond rappelaient la profondeur de l'océan. Elle portait un châle assorti à ses iris et une robe à crinoline dans les tons bleus, avec des froufrous blancs sur le devant. Même en cherchant dans sa mémoire, la fille de Cobalt du reconnaître sa défaite : elle ignorait de qui il s'agissait.

"- Le prince aurait-il une soeur que je n'aurai pas eu l'honneur de rencontrer ?

- Tout juste ! " s'exclama une petite voix derrière elle.

Sursautant violemment, Reshia se retourna pour découvrir la demoiselle du tableau, en chaire et en os. Elle était vraiment mignonne et de taille assez modeste, une enfant. Souriante, la nouvelle venue s'avança vers la princesse qui se posait mille questions. Qui était-elle ? Pourquoi on ne lui avait pas présentée cette personne avant ? Par politesse, elle s'inclina et la personne en face fit de même.

"- Je suis enchanté de vous rencontrer, Reshia de la Loria du Sud !

- Moi de même mais je n'ai pas l'honneur de vous connaître. A qui ai-je l'honneur ?

- Je suis Tylsha, princesse de la Loria du Nord et soeur de Taïshi.

- Vraiment ? Je suis heureuse de vous voir alors mais pourquoi ne m'a-t-on pas présenté à vous plus tôt ? Votre frère ne m'a pas parlé de vous.

- Cela ne m'étonne guère et c'est plutôt normal, déclara Tylsha. Il ne veut pas parler de ce qui le rend triste.

- Le rend triste ? s'étonna son interlocutrice, sans comprendre.

- Princesse Reshia, c'est vous ? demanda un serviteur, en entrant dans la pièce.

- Ah oui, ce n'est que moi, assura la jeune femme. Je suis avec la princesse Tylsha.

- Tylsha ? manqua de s'étrangler le servant en entrant. Ah vous voulez dire son portait ! souffla-t-il, sans prêter attention à la soeur de Taïshi.

- Euh oui mais elle est là, fit Reshia en désignant sa future belle-soeur.

- Oui, je la vois bien sur le tableau, affirma le serviteur. Avez-vous besoin de quelque chose ?

- Euh, non pas vraiment, je vous remercie.

- Très bien. Le prince vous demande simplement de venir le retrouver dans la grande salle dans une heure pour le repas, je tenais à vous en informer.

- C'est très aimable à vous, merci. "

Sans ajouter un mot de plus, l'homme s'inclina et repartit, sans le moindre geste de politesse pour la princesse du Nord, ce qui choqua Reshia. Pourquoi ne l'avait-il pas vu ? Ne comprenant rien, elle se tourna vers Tylsha, en quête de réponse. Cette dernière avait le regard empli de nostalgie et lui sourit mais avec tristesse puis se tourna vers le grand tableau.

"- Ceci est normal, princesse Reshia.

- Mais pourquoi ? Si vous êtes bien la soeur de Taïshi, il aurait du vous saluer...

- Il aurait du oui, mais il faut l'excuser. Il ne peut pas me voir.

- Quoi ? s'étrangla la gijinka Reshiram.

- Personne ne peut me voir dans ce château. Je ne suis qu'un fantôme, un ectoplasme, l'âme de la princesse Tylsha morte il y a peu de temps et qui n'a pas pu trouver le repos.

- C'est impossible...

- Pourtant si. Je vous assure, ma vie n'est pas très plaisante.

- Mais dans ce cas, pourquoi est ce que je vous vois, moi ?

- Parce que vous êtes liée à lui, murmura-t-elle.

- Liée à qui ? Je ne comprends plus rien, princesse.

- Vous êtes liée à mon assassin. D'une manière ou d'une autre, alors vous pouvez me voir.

- Mais qui ? Qui vous a tué ? Allez-vous me punir ?

- Les fantômes ne sont pas mauvais, je ne vous veux aucun mal. Vous savez, cela fait tellement longtemps que je n'ai pu parler à quelqu'un, je suis si heureuse, souffla-t-elle et des larmes coulèrent de ses yeux. Mais je ne peux révéler qui m'a tué, non.

- Je peux faire quelque chose pour vous ? demanda Reshia, déstabilisée. Pour vous aider à trouver le repos, je veux dire.

- Rien, j'en ai peur. Mais revenez me parler de temps en temps, s'il vous plaît. Il vous suffira de prononcer mon nom et je viendrais. Je voudrais tellement que nous soyons amies. "

Devant l'air attendrit de la demoiselle, la fille de Cobalt ne put refuser. Elle voulut prendre Tylsha dans ses bras mais constata qu'elle passait à travers. Ce n'était donc pas un mensonge. Cette rencontre la perturba complètement. Ainsi, son fiancé avait perdu une soeur. Il faudrait qu'elle lui en parle discrètement, peut être aurait-il plus d'explication à fournir de son côté. Une autre question demeurait : qui était le meurtrier ? Rien que de savoir qu'il était lié à elle et qu'elle le connaissait surement, cela la faisait frissonner. Il faudrait qu'elle en apprenne plus de son côté aussi. Décidément, la Loria du nord était pleine de mystères et elle venait de plonger tout droit dans un des plus grands d'entre eux.

~ Zoro réparait le trou qui s'était fait dans sa cape au niveau de l'épaule. En plus de ses talents de cuisinier, il possédait également de bonnes bases en couture. Aucun membre de sa guilde ne s'était jamais moqué de lui pour cela et il trouvait cela assez drôle. Voir un maître voleur respecté avec une aiguille et un fil, raccommodant comme une femme au foyer, cela avait quelque chose de comique. Tout était calme ce jour là, à Oardia, surement parce que tout le monde était parti en mission. Enfin, tout le monde sauf le chef et également Britz qui redonnait du tranchant à une épée.

"- La guilde est bien calme, nota l'homme basané.

- C'est vrai que c'est reposant, mais je l'aime tout autant agitée, notre maison.

- Tu l'as accepté bien vite, la petite Mirage d'ailleurs !

- Oh, je l'avais déjà vu avant. Une fille simple, rêvant de nous rejoindre. Je l'ai aidé et je sais qu'il n'y a aucun risque avec elle. Elle ne nous trahira pas.

- Quelque chose te gène non ?

- Oui. Eren est un peu proche d'elle et... Enfin, je suppose que je réagis comme un papa poule.

- Pourtant, Eren n'est pas ton vrai fils. Je dis ça mais tu nous considères tous comme tes enfants. Même moi, alors que j'ai presque ton âge.

- Je ne peux pas m'en empêcher, c'est plus fort que moi. Mon instinct paternel doit être plutôt développé, c'est ainsi. Je vous aime tellement.

- J'ai une autre théorie, Zoro.

- Oh, vraiment ? Tu réfléchis à ce genre de chose, mon cher ?

- Parfaitement, maître, ironisa Britz, redevenant sérieux après. Je pense que si tu nous maternes autant, c'est uniquement parce que tu ne peux pas t'occuper de ton seul et unique enfant. "

Un silence s'installa dans la pièce et le gijinka Zéblitz sut qu'il avait visé juste. Zoro arrêta le mouvement de son aiguille. Il oubliait parfois que son bras droit connaissait la vérité et se la rappeler ne l'aidait pas. Sa main reprit l'ouvrage, mais son esprit était ailleurs.

"- Alors, j'ai visé juste ? s'enquit à nouveau Britz, incertain.

- Tu connais très bien la réponse. Vous êtes tous mes enfants, Eren un peu plus comme je l'ai adopté officiellement et le reste n'a pas d'importance.

- Chef, je sais très bien que cet enfant te manque, même si tu n'as jamais voulu me dire qui c'est.

- Je ne le ferais jamais, à quoi cela vous servirait-il ?

- Si tu veux m'en parler un peu, je sais que ça te ferais du bien."

Le gijinka Zoroark hésita un moment. Après tout, libérer quelques mots, sans trop en dire, il le pouvait certainement, surtout avec cet homme qui avait toujours eu toute sa confiance, plus que quiconque car il le considérait comme un frère. Voyant les épaules de son maître se décontracter, l'homme basané s'apprêta à en apprendre plus que le peu qu'il savait. Et peu, c'était beaucoup dire.

"- Comme tu le sais, Britz, j'ai eu un enfant un jour, dans ma jeunesse, avant de fonder la guilde et d'adopter Eren comme mon fils légitime.

- Voilà tout ce que je sais, oui.

- La femme avec qui j'ai eu cet enfant était intouchable, une beauté comme on en croise rarement. J'en suis tombée amoureux au premier regard et elle m'a aimé tout autant. Deux véritables âme-sœurs mais elle était noble, moi pas, ce qui régla le problème. Elle se maria à un roi même...

- Tu veux dire que tu as conçu un bâtard ?

- Oui, c'est ce qu'on dirait si on savait. Sauf que le roi en question a reconnu cet enfant comme le sien et taira à jamais l'infidélité de sa femme. Nous nous sommes aimés et nous nous aimons encore mais moi, jamais je ne pourrais serrer mon enfant dans mes bras. Jamais.

- Cet enfant sait que tu es son père ?

- Non, elle l'ignore, personne ne lui a jamais dit.

- C'est une princesse ? De quel royaume ?

- Je n'en dirais pas plus, cela ne te regarde plus. Est ce que je te demande des nouvelles de ta femme ?

- Elle va très bien, merci ! rigola Britz. Je suppose qu'elle doit être avec un autre homme actuellement.

- Quelle idée d'épouser une fille de joie aussi ! sourit son chef.

- On ne choisit pas l'amour, tu es bien placé pour le savoir."

Zoro se sentit mieux de plaisanter avec son second et ce dernier savait qu'il avait libéré un peu l'âme de celui qui était comme un frère et un père pour lui. Cependant, rien ne ferait oublier au chef d'Oardia sa véritable fille. Cette dernière devait surement se trouver dans un grand palais en ce moment, ne manquant de rien. Allait-elle vraiment bien ? Certaines des absences du bandit étaient tournées vers cet unique but. Il allait parfois la regarder de loin, la voir grandir sans pouvoir la chérir. C'était une torture mais il se faisait un devoir de le faire, de se tenir au courant de son existence. Elle était si belle, ne lui ressemblant en rien sauf les yeux peut être. Parfois, il observait sa mère aussi. L'aimait-elle toujours ? Bien sûr, il le lisait dans ses yeux fiers. Elle l'aimait autant qu'il l'aimait et jamais leurs sentiments ne cesseraient.

~ Zeko se trouvait sur la terrasse de son palais en compagnie de sa femme et de son fils. Sa mère s'occupait de Lyra sa fille et sa soeur devait surement s'être enfermée dans sa chambre, comme à son habitude. Il lui avait bien proposé une ballade à cheval dans la mâtiné mais elle avait tout bonnement refusé. Hana se montrait vraiment incompréhensible parfois mais il respectait son besoin d'isolement. Pour l'instant, il profitait du soleil de la journée, pendant que Sarah vérifiait que leur fils connaissait bien l'histoire de la Loria de l'Ouest. A défaut d'être le meilleur à l'épée, son fils était un érudit et c'était un atout non négligeable pour le pays.

" Un homme qui ne sait pas penser ne peut pas gouverner ! " lui avait dit son propre père.

Ce roi se nommait Ciel et était mort d'une maladie comme un moins que rien. Zeko n'aimait pas parler de son paternel, cela ne lui rappelait pas de bons souvenirs. Il revint plutôt à l'instant présent où il devait recevoir deux mercenaires et leur confier une mission de patrouilles vers le Nord. Certaines rumeurs commençaient à l'inquiéter sérieusement et il avait besoin de mettre les choses au clair.

"- Mon cher, devons-nous attendre encore longtemps ? s'impatienta son épouse.

- Normalement, non. Sir Ickor et dame Zola ne devraient pas tarder.

- Ce sont les gardes attitrés de la Loria de l'Ouest ? questionna Shiro.

- Tout à fait mon fils. Ce sont de vaillants guerriers et... Tiens, les voilà qui arrivent. Un serviteur les fera conduire jusqu'à nous, nous n'aurons plus à rester trop longtemps ici.

- Le soleil commence à taper un peu, avoua Sarah.

- Je sais que tu y es sensible ma chérie. Courage, nous irons bientôt, nous reposer, promit-il en l'embrassant sur le front avec tendresse.

- Seulement si je vous le permet ! "

Un nuage commença à voiler le soleil et les trois personnages royaux se retournèrent rapidement. Dans la partie ombrageuse de la terrasse se trouvait un homme borgne aux longs cheveux blancs, tenant une épée à la main. Il émanait de lui une rage peu commune. Zeko se plaça devant sa femme et son fils, prêt à se battre contre le nouveau venu mais se comportant de manière calme, comme un souverain devait le faire en situation de crise. Son stress était pour sa plus grande partie interne.

"- Sarah, Shiro, rentrez à l'intérieur tout de suite et n'envoyez quelqu'un que si j'appelle...

- Mais Papa, on ignore qui est ce type ! trembla son fils.

- Je me débrouillerai, emmène ta mère à l'intérieur.

- Mon amour, je ne peux pas te laisser, supplia Sarah.

- Tout de suite ! "

Les mots étaient tombés avec tant de force que les deux s'exécutèrent en vitesse. Le nouveau venu n'eut pas un regard pour eux, à se demander s'il avait même remarqué leur présence. Tout ce qui l'intéressait était le roi et ce dernier semblait deviner l'identité du visiteur. De nombreuses informations traversèrent l'esprit du combattant et il se tint prêt à toute éventualité. Les deux hommes se fixèrent encore quelques secondes.

"- Déclinez votre identité, tonna le souverain, se redressant de toute sa hauteur.

- Roi Crom, vous n'avez tout de même pas oublié mon visage !

- Je ne suis pas le roi Crom, pensa Zeko mais il décida de ne rien dire. Dites-le !

- Pauvre idiot, je suis le Nightmare et je viens prendre ta vie ! Vous allez payer, toi et cette garce !

- Tu as des choses à m'expliquer, il semblerait. Et moi aussi... "

Pendant ce temps, Sarah ne savait que faire. Dans le couloir qui menait à la terrasse, elle attendait, impuissante. Son mari allait-il bien ? Il était un héros mais que voulait cet étranger ? Elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter à son sujet. Son fils revint alors avec les gardes. Ickor était de grande taille, longiligne, avec un nez pointu. Il avait des cheveux verts dont une longue mèche pendait le long de son dos, se mariant avec les deux autres teintes de cette couleur de son manteau de chevalier, où on trouvait du jaune dans le dos et sur le long col qui montait haut sur les côtés et l'arrière, comme des feuilles. Sous son habit, on devinait une armure de plate dont on voyait les gantelets et les jambières, terminées par des solerets du même métal. Un insigne gris s'affichait sur sa poitrine et il tenait à la main une fière épée.

Sa compagne Zola était d'un autre genre avec sa peau foncée. Ses cheveux noirs longs portaient un casque en forme de cornes violettes et rose, couleur reprise par son armure. Le torse de cette dernière se révélait noir, contrairement à l'arrière ainsi qu'au châle supposé protéger le dos et aux épaulettes. Les jambières et les cuissardes abordaient les couleurs vives du casque, de même que la traîne ne touchant pas le sol. En guise de chaussure, elle portait des socques noirs, allant avec son katana sombre. Une ceinture voyante tenait son bas noir, qui permettait de cacher le bas de son corps, suggérant beaucoup tout de même. Sarah se précipita vers son fils et eux, espérant qu'ils sauraient quoi faire. Voilà déjà plusieurs longues minutes que son mari se trouvait seul avec l'inconnu, sans donner de nouvelles.

"- Oh que devons-nous faire ? s'inquiéta-t-elle.

- Ne craignez rien mère, tout va bien se passer. Père est un héros après tout.

- Mais cet homme représentait un réel menace ! insista-t-elle.

- Ne craignez rien, noble reine ! Nous allons aider le roi ! " assura Ickor.

Les deux gardes préparèrent leur lame et s'avancèrent vers la porte menant à la terrasse. La tension était palpable et peu de bruits venaient de l'extérieur. Des minutes passèrent dans une attente insoutenable puis Ickor et Zola s'élancèrent, ouvrant la porte toute grande, suivit par Sarah et Shiro, trop inquiets pour le roi. Ils virent tous Zeko parfaitement calme les regarder tandis qu'une ombre s'enfuyait, suivant la zone d'ombre bordant le palais. Le ciel était nuageux et tout semblait calme.

"- Mon chéri, tu n'as rien ? s'inquiéta la reine.

- Tout va bien, je l'ai mis en fuite, assura l'homme d'un sourire bienveillant. Je n'ai pas encore perdu la main ! Ah, je m'excuse d'avoir retardé notre entretien, nobles gardes.

- Non, c'est nous qui craignions pour votre vie, s'inclina Zola.

- Nous allons pouvoir discuter mais allons à l'intérieur, le temps se couvre. "

Ils rentrèrent tous dans le palais, rassurés que rien ne soit arrivé au maître de la Loria de l'Ouest. Ce dernier n'ayant pas sorti d'arme, ils se demandaient comment le visiteur avait pu être effrayé. L'ombre qui aurait pu leur apporter la réponse était déjà loin, bien loin, se hâtant de trouver une ombre plus salvatrice, là où le soleil n'aurait aucune emprise sur elle. Le maudit s'abrita finalement sous l'aile d'un féroce dracaufeu noir comme la nuit. C'était sa monture, son seul ami qui avait survécu à son sommeil car les dragons vivent vieux. Ou peut-être était-ce un descendant de son dragon ? Aucune importance. Ensemble, ils commençaient un long voyage, vers un but défini désormais.