Note de l'auteur : C'est reparti pour un autre chapitre ! J'espère que l'histoire vous plait, même si elle se développe lentement. N'hésitez pas à me donner votre avis, il sera plus que bienvenue ! Très bonne lecture de ce chapitre pas très long mais riche en informations !
Récapitulatif des personnages :
- Gardia : Gijinka de Gardevoir
- Shin : Gijinka de Luxray
~ Ickor et Zola s'étaient installés pour la nuit dans une chambre d'auberge non loin du château de Zeko. Le roi leur avait donné des directives très claires : se rendre dans le nord du royaume et enquêter sur une rumeur de paysans, l'histoire d'un homme revenu d'entre les morts. Le souverain avait précisé que ce n'était pas très important et qu'il s'agissait non seulement de rassurer la population mais aussi de découvrir si ce n'était pas une farce de petits plaisantins ou la présence d'un quelconque criminel. Ce n'était pas un travail difficile pour des mercenaires. Gracieusement, Zeko leur avait offert une chambre pour la nuit, hors du palais afin qu'ils reprennent la route le plus tôt possible le lendemain. Une seule chambre avait été réservée, dans la mesure où les deux guerriers étaient en couple. Ickor observa attentivement sa compagne tandis qu'ils allaient se coucher. Zola avait ôté son armure pour ne revêtir qu'une simple robe noire plutôt moulante, laissant largement entrevoir ses formes. Lui ne portait qu'un simple bas blanc et se trouvait allongé sur le lit, le regard dans le vague. La guerrière se coucha à ses côtés et s'accrocha à son bras.
"- Tu m'as l'air songeur, Ickor, souligna-t-elle d'une voix suave.
- Je pensais à plein de choses en même temps, c'est tout.
- N'essaie pas de me mentir, ronronna la guerrière. Tu pensais à ton ancienne femme ?
- Pas du tout ! se rebiffa-t-il, un peu trop violemment pour que ce soit crédible.
- Je te connais assez bien quand même pour savoir ce qui te passe par la tête.
- Un peu trop même, mais je ne peux rien te cacher, ma douce.
- Tu l'aimais plus que moi, cette autre guerrière ?
- Non, je n'aime personne plus que toi, Zola. "
Le goût du mensonge était amer mais il n'avait pas le choix. Comment lui avouer qu'il n'avait jamais cessé d'aimer cette femme, cette autre guerrière comme l'appelait sa compagne ? Ickor se souvenait encore de tous ses traits, de la blancheur de sa peau et de son sourire pur. Il se rappelait aussi de ce nom qu'il aimait prononcer, Gardia et qui lui faisait l'effet d'une douceur sur ses lèvres. Il avait aimé cette femme plus qu'aucune autre mais elle l'avait trahi. La trahison avait un goût amer.
"- Et te voilà perdu, à penser à l'autre guerrière !
- Ce n'était pas tout à fait à elle que je pensais, mentit-il.
- Dans ce cas, tu repensais à ton fils, peut être ?
- Ce n'est pas mon fils ! jeta-t-il violemment. C'est juste un bâtard !
- Ne t'énerve pas mon amour, je te demandais simplement, c'est tout. Je sais que cette femme t'a fait du mal en te trompant avec quelqu'un... Qui d'ailleurs ?
- Je ne sais pas, elle n'a jamais voulu me dire. Gardia est juste arrivée un jour avec son ventre rond, en me disant qu'elle m'avait trompé et qu'elle attendait un enfant qui n'était pas le mien.
- C'est étrange qu'elle n'ait pas voulu te dire. Tu aurais pu te venger.
- J'aurais pu aussi bien me venger sur elle, grommela-t-il. Et sur son fils. Mais je n'ai pas pu.
- C'est parce que tu ne t'en prends jamais aux faibles.
- Gardia n'est pas faible, ça se voit que tu ne l'as jamais combattu. J'ai seulement vu son fils quand il est né et il avait l'air innocent. Si pur. Ce n'en est pas moins un bâtard mais je n'ai pas pu le haïr.
- C'est pour cela que je t'aime, Ickor. Parce que tu es juste et tu as raison. Un enfant n'est pas responsable des crimes de ses parents, en aucune façon. Même moi, je sais cela. Ce qui ne m'empêche aucunement d'être jalouse de l'autre guerrière. Tu penses plus à elle qu'à moi.
- C'est faux ma chérie, tu es la seule qui occupe mes pensée. Changeons de sujet, sinon nous allons nous disputer et je ne le veux pas.
- Dans ce cas, parlons de notre mission, soupira Zola. Quelle rumeur concerne-t-elle ?
- Il me semble qu'il s'agit de la légende du Nightmare. Un conte de bonne femme !
- Tu as une bonne femme en face de toi, monsieur le guerrier !
- Pardon, c'est une expression. Je voulais dire, ce n'est qu'une histoire sans fondement.
- Toute légende a une once de vérité, mon cher. Peut être s'agit-il de l'histoire d'un chevalier enjolivé, mais je ne pense pas que tout soit faux. Cela se pourrait qu'un petit plaisantin en profite !
- Le roi pensait pareil et vous avez probablement raison. Ce ne sera pas une mission trop compliqué pour nous, sourit Ickor. Encore que l'ombre venu chez sa majesté Zeko m'intrigue.
- Le roi nous aurait dit s'il s'agissait d'une menace je pense. Détend toi.
- Tu as raison. Je me fais du souci pour rien. Heureusement que tu es là. "
Elle se pencha vers lui et l'embrassa. Ickor se laissa faire, fermant les yeux. Mais dans son imagination, ce n'était plus avec Zola qu'il était mais avec Gardia. Comme il l'avait aimé, cette femme et comme il l'aimait encore ! Pourquoi l'avait-elle trompé ? Avait-il commis lui-même une erreur ? Ickor aurait souhaité resté à ses côtés, avoir un enfant d'elle mais un autre homme lui avait pris sa place. Gardia. Une beauté qui cachait une escrimeuse hors pair, comme une rose et ses épines. Le guerrier se laissa aller avec sa nouvelle femme. Certes, il aimait Zola qui tentait vraiment de le rendre heureux, mais jamais elle ne pourrait lui faire éprouver les mêmes sentiments que pour son véritable amour. Son coeur appartenait à Gardia, peu importe les tromperies et les mensonges. Cela, il le connaissait bien aussi.
~ Mirage se demanda si le malheur ne la poursuivait pas désormais. Elle effectuait une nouvelle mission près de la Loria de l'est et elle se trouvait encore en compagnie de Crystal. A croire que Zoro s'amusait à toujours à les mettre ensemble ! La brune semblait aussi ravie qu'elle visiblement et ne lui adressait pas même un regard. Heureusement, pour l'ambiance, il y avait Viri. L'assassine avait une plus forte domination qu'Eren sur Crystal en terme d'autorité, la jeune femme ne passait pas son temps à discuter ces ordres et cela plaisait à la gijinka de métamorph. Un jour, elles arriveraient peut être à bien s'entendre, mais ce n'était pas prêt d'arriver vu le froid qu'il y avait entre elles.
"- Bon, les filles, vous êtes prêtes ? demanda l'aînée.
- Oui, mais on doit faire quoi ? demanda la brune. Tuer un noble ?
- Nous allons croiser un carrosse, expliqua Viri. Voler les trésors que vous pouvez y trouver, moi je m'occupe de tuer, si nécessaire. Si jamais le noble est protégé, repli, compris ?
- On ne peut pas se battre contre les protecteurs ? s'étonna Mirage.
- Ce genre de noble s'entoure souvent de hauts guerriers, des mercenaires très forts et nous n'allons pas risquer nos vies dans cette mission sans grande importance. C'est tout.
- Dommage, soupira Crystal, qui aimait bien se battre.
- Je ne tolèrerais aucun écart, je vous préviens.
- Compris chef ! déclarèrent les deux autres, Mirage sur un ton énergique et plein de bonne volonté, sa collègue d'un air ironique et traînant, déçue.
- Bien, nous n'avons plus qu'à attendre que le carrosse passe ! "
Les trois femmes se cachèrent dans les bosquets le long de cette route qui reliait Yon la capitale de la Loria du Centre à Aby, capitale de la Loria de l'Est. Les nobles empruntaient souvent cette route, réputée comme sûre, sauf en ce qui concernait un petit tronçon, non loin de la frontière côté centre, où le chemin n'était pas très large. L'endroit parfait pour une embuscade, tout le monde le savait mais l'habitude continuait tout de même. Elles attendirent à peine vingt minutes dans une brume glacée qu'un attelage arriva. Tiré par quatre ponitas, le carrosse était rutilant d'argent et de dorures. Bizarrement, aucune garde n'était détectée, il y avait seulement un garde au côté du cocher et probablement un autre avec les nobles à l'intérieur. C'était étrange.
" Vas y, Crystal ! " ordonna Viri.
Elle ne se le fit pas dire deux fois. Agile comme un chat, elle bondit sur le toit sans émettre le moindre son. Il fallait bien lui concéder ce talent, la discrétion. D'un geste souple de son poignard, Crystal trancha la gorge du garde à côté du cocher, sans que celui-ci émette le moindre son. Il n'avait pas vu sa mort arriver au moins et Viri eut un petit sourire de satisfaction en se précipitant avec Mirage vers le carrosse. Le cocher poussa un cri de terreur et stoppa aussitôt les chevaux par réflexe.
"- Par pitié, ne me tuez pas ! supplia l'homme d'âge mûr.
- Tais-toi, tu ne nous intéresses pas ! " lui lança Crystal, ce qui le fit taire aussitôt.
Comme prévu, deux gardes, surgirent de l'habitacle. Viri en fit son affaire en un rien de temps, Crystal n'ayant même pas besoin de l'aider. C'était impressionnant de voir à quel point l'assassine exécutait bien son travail, sans effusion de sang inutile, vive comme une ombre. Mirage eut encore plus de respect pour elle qu'elle n'en avait jusque là. Les trois femmes firent face à la porte ouverte du carrosse. A l'intérieur, un noble, un gijinka thyplosion, les regardait mais il n'était pas terrifié le moins du monde.
"- Comment avez-vous osé tuer mes gardes ? gronda-t-il.
- Donnez-nous votre argent et nous vous laisserons en vie, ordonna Viri.
- Pour ça, vous pouvez toujours courir ! " s'exclama le noble.
A ces mots, il secoua une petite clochette qui émit un son strident qui força les demoiselles à se boucher les oreilles un moment. Quand le son cessa, il fut remplacé par un bruit de sabots galopant. Les trois femmes reculèrent et aperçurent au loin deux cavaliers qui s'approchaient. Les guerriers qu'ils redoutaient tant ! Avec sa vision perçante, Crystal prit le temps de les détailler avant qu'ils ne soient trop près. Le premier était en réalité une femme aux cheveux verts lui tombant sur les épaules, portant de chaque côté de la tête une fleur blanche. Son teint était pâle, éclairci encore par la robe blanche et verte claire qu'elle portait, ces gants étant de ces dernières couleurs. Un foulard rouge autour de son cou noué comme une cravate ressortait aussi. Ses yeux rouges luisaient malgré la distance tout comme la lame de sa rapière. La robe était celle d'une escrimeuse, courte devant mais formant une longue traîne derrière. Ses bottes blanches avaient des talons hauts qui ne l'empêchaient pas de bien monter. Elle chevauchait un Galopa tandis que son acolyte chevauchait un girafarig.
Le deuxième paraissait beaucoup plus jeune, sans que l'autre soit vieille pour autant. Il devait avoir l'âge de Crystal probablement, avec ses yeux de même couleur que la femme mais avait des cheveux noirs d'où dépassaient deux oreilles bleus et jaunes. Ses cheveux étaient d'ailleurs assez longs, se finissant par une étoile accrochée au bout d'une mèche. Il portait un haut bleu, un col noir ainsi qu'un manteau noir au col de fourrure noire, comportant des bandes jaunes sur les bras et des mitaines. Ses doigts étaient couverts par des mitaines, ses jambes par un pantalon bleu et noir, ces pieds par des bottes bleus. Ils ne semblaient pas vraiment des guerriers vu comme cela.
"- Tirons nous ! ordonna Viri, gardant son sang-froid.
- Mais pourquoi ? Ce ne sont pas des guerriers ! protesta Crystal.
- Oh si, ils en sont, au moins pour une, je ne connais pas l'autre. Mais cette femme n'est autre Gardia, la pourfendeuse, l'escrimeuse sanguinaire. Fuyons !
- Très bien, approuva Mirage, peu désireuse de combattre, n'ayant que peu d'entraînement.
- Et toi aussi, Crystal ! " gronda l'assassine.
Les trois femmes filèrent dans les buissons et disparurent furtivement, utilisant leurs capacités, avant que les guerriers n'arrivent. La brune se cacha néanmoins dans un arbre, pour observer les guerriers de plus près. Elle ne savait pas pourquoi mais sa curiosité était piquée au vif. Depuis son enfance, les mercenaires l'avaient toujours fasciné et elle se rappelait des contes sur Gardia. L'autre en revanche ne lui disait rien, peut être apprendrait-elle son prénom en écoutant un peu. Viri ne pourrait rien dire, elle était cachée.
"- Vous êtes hors de danger, messire, s'inclina Gardia face au noble.
- Votre plan était un vrai désastre, commenta son patron. J'ai perdu trois hommes.
- J'en suis navrée, je pensais vraiment que nous pourrions être plus efficaces en surgissant de l'arrière si quelqu'un vous attaquait.
- Il semblerait que vous étiez trop loin, grimaça-t-il. Cela sera décompté sur votre salaire.
- Sans nous, vous seriez mort ! objecta le garçon.
- Shin, ça suffit ! ordonna la guerrière, un trémolo dans le voix. Excusez mon fils.
- Cela passe pour cette fois. Mais qu'aucun autre accident ne m'arrive jusqu'à Aby !
- Vos désirs sont des ordres ! " assura Gardia.
Pendant que le noble se réinstallait, la mère lança au garçon un regard triste, puis alla se placer avec sa monture en tête du carrosse. Crystal observa le jeune homme. Ainsi son prénom était Shin. Un frisson la parcourut quand elle le regarda. Pourtant ce prénom lui était totalement inconnu, il n'était dans aucune histoire, aucune légende. Par hasard, le garçon leva les yeux et son regard croisa celui de la jeune femme, cachée par les branchages. La voyait-il ? Pendant une seconde, une étrange sensation envahit Crystal, son coeur se mit à battre plus vite et elle eut peur. Oui, il l'avait vu. Mais pourquoi ne disait-il rien alors ? Subitement, un cri de noarfang imité par Viri se fit entendre et Crystal s'enfuit en direction des membres de sa guilde. Il l'avait vu mais il ne tenta pas de la rattraper. Pourquoi ? La brune n'aimait pas ce qu'elle éprouvait mais elle n'en avoua pas un mot aux deux autres.
" Nous ne pouvons pas y retourner, aucun moyen d'éviter un affrontement ! " déclara-t-elle simplement, pour justifier son geste.
Et dans un sens, ne pas y retourner la soulageait grandement. Ce Shin était étrange, avec le frisson qu'il déclenchait sur sa peau. Etait-il magicien ? Probablement non. Mais pourquoi ne l'avait-il pas suivi pour la tuer ? Cette question ne cessa de la hanter pendant un long moment.
~ Reshia revêtit une robe blanche parsemé de saphirs qui faisaient ressortir ses yeux bleus. Le prince Taïshi l'avait convié dans la grande salle pour une raison inconnue, aussi s'était-elle bien préparée. Dans le doute, mieux valait toujours paraître à son avantage, son père le lui avait bien appris. Quand elle se rendit dans la grande salle, elle ne trouva personne d'autre que le prince. Ni le roi, ni la reine, pas même des gardes, uniquement lui. Elle repéra aussi Tylsha dans un coin qui lui fit un signe de la main mais elle ne put lui rendre. Son fiancé ne pouvait pas la voir après tout. Elle sourit néanmoins, aussi bien pour Taïshi que pour la petite princesse qui en fut toute contente.
"- Vous me vouliez quelque chose, mon prince ? demanda-t-elle.
- En effet, je tenais à vous annoncer quelque chose qui vous concerne uniquement et obtenir votre accord.
- De quoi s'agit-il ? Reshia n'était pas rassurée.
- J'ai décidé qu'il valait mieux que vous ayez un protecteur tant que nous ne sommes pas mariés, ni même officiellement fiancés, expliqua Taïshi.
- Un protecteur ? Mais la Loria du Nord n'est-elle pas un endroit sûr ?
- Aucun endroit n'est complètement sûr et il y a des rumeurs de la Loria de l'Ouest qui ne me plaise pas trop. Je souhaite votre sécurité plus que tout.
- Votre intention est honorable. Mais pourquoi avez-vous besoin de mon avis ?
- J'ai besoin de savoir si mon choix vous convient ou non, car il s'agit de quelqu'un qui vous suivra beaucoup, quelqu'un que vous devez donc apprécier un minimum, princesse.
- C'est aimable de votre part. Beaucoup d'autres ne m'auraient pas laissé le choix. Mais où est donc ce fameux gardien ? Ou bien cette gardienne ?
- Gardien. Je le fais entrer de suite, mademoiselle. "
Le prince claqua des doigts et la porte s'ouvrit alors, laissant entrer le fameux gardien. Reshia se maîtrisa parfaitement pour n'exprimer aucune émotion mais son coeur bondit dans sa poitrine. C'était lui qu'il avait choisi, lui et personne d'autre. Aram se présenta devant eux et s'inclina comme tout bon chevalier devait le faire. La fille de Cobalt sourit, sans trop en faire. Elle remarqua que Tylsha s'était éclipsée discrètement, une chance. Le fantôme n'aurait pas manqué de remarquer quelque chose, la fille de Pingol étant plutôt perspicace pour une demoiselle de son âge. Taïshi fit signe à Aram de se relever et se tourna vers sa promise. Cette dernière ne sut comment réagir sans éveiller de soupçons.
"- J'ai décidé de nommer le chevalier Aram votre protecteur. Il a accompli un bon travail en vous ramenant jusqu'à la Loria du Nord sans blessure et je pensais que vous vous entendiez déjà plutôt bien avec lui.
- En effet, le chevalier Aram est d'une grande bonté.
- C'est trop d'honneur, princesse ! sourit le guerrier.
- Dois-je comprendre que mon choix vous convient ?
- En effet, prince Taïshi. Je vous en suis extrêmement reconnaissante, vous êtes si bon avec moi.
- Tout le plaisir est pour moi, mademoiselle. Veuillez m'excuser à présent, les affaires du royaume m'appellent et je dois vous quitter prestement. Je vous laisse avec messire Aram. "
Avec délicatesse, il fit un baise-main à sa promise qui répondit par une révérence comme toute personne de son rang doit le faire. Puis son fiancé quitta la pièce, non sans un salut cordial pour le nouveau protecteur. Cela ne les laissa plus que tous les deux, Aram et Reshia. Pendant un moment, ils se fixèrent sans oser rien dire et quelque chose se passa entre eux.
"- Je suis très heureuse de vous revoir, déclara poliment la jeune femme.
- Moi de même, princesse. J'ai l'audace de dire que vous m'avez beaucoup manqué.
- Je me suis languis de vous chevalier, sourit-elle à son tour.
- Non, vous m'avez plus manqué ! insista-t-il, rigolant.
- Je n'en crois pas un mot, Aram. "
Ils se regardèrent à nouveau et ils comprirent. C'était tellement simple, tellement évident mais surtout tellement interdit. Reshia songeait que son futur avait bien tort de lui accorder sa confiance cette fois. Prudente, elle s'approcha du chevalier qui ne bougea pas. Tendrement, leurs mains se rejoignirent et la princesse sentit une chaleur agréable sur sa paume. Ses sentiments étaient on ne peut plus clairs.
"- Princesse, je vous pris de m'excuser, commença Aram.
- C'est aussi ma faute. Je n'ai pas su dire non à mon coeur.
- Comment allons-nous faire ? Enfin, si vous voulez que nous... Vous m'avez compris.
- Nous serons discrets. Tant que personne ne le sait, il n'y a aucun mal. Et je vous aime.
- Je vous aime aussi, ma princesse. Dès l'instant où j'ai posé les yeux sur vous. "
Il se pencha vers elle et l'embrassa doucement. Reshia ne résista pas, se laissant faire. C'était la première fois que quelqu'un l'embrassait et elle avait de la chance, c'était quelqu'un qu'elle aimait. Pouvait-elle vraiment dire qu'il n'y avait là aucun mal ? Non, évidemment. C'était une trahison pure et simple, Taïshi aurait le droit de la répudier. Seulement s'il l'apprenait. La fille de Cobalt savait que l'espionnage n'avait pas cour dans le Nord comme dans d'autres lieux et se cacher ici paraissait tellement plus simple. Tant que le secret serait gardé, elle ne risquerait rien et son chevalier non plus. Si le secret demeurait.
