Note de l'auteur : Et voilà un autre chapitre pour 2017, hop hop hop, on les corrige ! Vous trouverez dedans pas mal d'indices sur la suite de l'intrigue et également quelques petits événements et révélations ! En plus, il me permet d'introduire le dernier personnage ayant de l'importance, Shiki, une gijinka Shikijika. Bon courage pour deviner la suite de l'intrigue à présent !
~ Les flocons tombaient plus calmement depuis quelques heures, depuis que le blizzard avait cessé en fait. Reshia n'avait pas dormi de la nuit, mais ce n'était pas la tempête qui l'avait dérangé. A présent, cela faisait une journée complète qu'Aram était parti seul dans le vent et la glace combattre le monstre. La princesse était morte d'inquiétude, priant le grand Arceus pour que l'homme qu'elle aimait lui soi-rendu. La jeune femme tentait de ne pas trop le montrer, afin que Taïshi ne comprenne pas la nature de l'attachement qui la liait à son garde du corps. Le prince remarqua tout de même son trouble.
" Ne vous en faite pas, Aram est fort, il reviendra. "
Comme elle aurait voulu le croire ! En attendant, elle restait assise à sa fenêtre, scrutant l'horizon blanc. Le fantôme de Tylsha demeurait derrière elle, impuissante à apaiser ses peurs. Seule une chose le pouvait et cette chose ne se montrait pas. Reshia avait pensé demander au fantôme de s'aventurer dans les montagnes mais la petite demoiselle ne pouvait quitter le château. Alors, il ne restait que l'attente, longue et silencieuse, accompagnée de l'espoir qui allait en s'amenuisant. N'y tenant plus, la fille de Cobalt quitta sa chambre et se dirigea vers la salle du trône. Marcher l'aida un peu à se calmer mais pas beaucoup. Finalement, elle demeura dans le hall, n'ayant pas envie de subir une discussion avec le roi ou le prince. Par chance, le grand hall était vide, pas un seul serviteur de présent, ce qui n'avait rien de rare puis qu'il n'y avait pas grand chose à y faire, dans la mesure où il n'avait de grand que le nom. Pour le reste, il servait simplement de lien entre la porte principale et le couloir menant à la salle du trône. Au dessus de ce passage, on trouvait une intéressante statue du dieu suprême et c'était justement ce que Reshia cherchait.
"- Grand Arceus, noble roi des cieux, bâtisseur du monde, récita-t-elle pieusement. Je vous en conjure, permettez au chevalier Aram de nous revenir vivant.
- Je crois qu'il t'a entendu. "
Le coeur de Reshia manqua un battement et elle se retourna précipitamment, manquant même de se prendre les pieds dans sa robe. Il était là, entrant par la porte ouverte, boitant légèrement mais toujours avec le même grand sourire. Il saignait un peu à la jambe et son visage était un peu abîmé mais il était vivant. Bien vivant. Aram était heureux de revoir sa princesse, car il avait cru que ce ne serait jamais possible. Le combat avait été long, terrible et froid, si froid mais il avait vaincu. Sa lance avait transpercé la poitrine de l'immonde créature et désormais, Kyurem reposait sur la glace d'un sommeil éternel. Pour preuve, le chevalier avait arraché un bout de glace inaltérable du dragon. Le retour avait été long. Sans son Keldeo, il n'y serait jamais parvenu mais désormais, il ne craignait plus le froid, ainsi que la légende le disait. Voir sa princesse sur le point de pleurer l'émut beaucoup.
"- Tu... Aram, murmura-t-elle, perdue.
- Aram le seigneur de l'hiver, blagua-t-il. Je suis un lord maintenant ! "
Rire lui fit un peu mal aux côtes mais il s'en moquait pour l'instant. Tout ce qu'il voulait, c'était la serrer contre lui mais il ne fallait pas, il y avait trop de risque qu'on les voit ici, malgré l'absence de serviteurs, dans la cours ou dans le hall. Reshia oublia tout de son côté, la joie de le retrouver prit le pas sur toute forme de raisonnement. Dans un élan d'amour, elle se jeta dans ses bras et l'embrassa. Il voulut la repousser mais la passion était trop forte et il l'embrassa tendrement, la faisant tournoyer. En cet instant, il n'y avait plus qu'eux, rien qu'eux au monde. Puis dans l'embrasure du couloir menant au coeur du château, quelqu'un apparut et brisa le moment.
" Aram ? Reshia ? "
Le chevalier n'aurait jamais cru pouvoir clore un baiser si rapidement mais il repoussa son amante qui comprit aussitôt ce qui se passait et se retourna, les yeux emplis de terreur. L'angoisse prenait la place de la joie car devant eux se tenait Taïshi. Le prince les regardait, choqué parce qu'il venait de voir. Personne n'aurait du les surprendre, personne mais pourtant c'était chose faite et par la pire personne qui soit. Il avait beau être seul, maintenant, tout était fichu pour les deux amoureux. Maintenant, il leur fallait affronter la réalité, un jeune homme ayant du pouvoir et qui allait surement leur faire payer l'affront, bien qu'il soit quelqu'un de très doux et compréhensif. Sa gentillesse ne pouvait aller jusqu'à pardonner ça.
"- Prince Taïshi, murmura Aram.
- Tu es de retour, souffla le noble. Et qu'est ce que je vois ?
- Mon prince, c'est... Nous pouvons expliquer, commença la jeune femme.
- J'attends de voir comment vous allez m'expliquer cette trahison. "
Reshia ne l'avait jamais vu autant en colère et malgré sa petite taille, il paraissait terriblement grand. Ses yeux jaunes lançaient littéralement des éclairs et il avait vraiment l'air d'un prince. La terreur s'était emparée de la jeune femme, songeant à tout ce qui pouvait découler de ce moment d'inattention. Le déshonneur, la fin de l'alliance et pire encore, la mort. De son côté, le chevalier ne savait quoi faire pour défendre sa belle, son rang et son statut nouveau de vainqueur de Kyurem ne lui permettait rien. Il avait pêché, Arceus le savait, pêché par amour et maintenant, il fallait payer.
"- Alors ? Vous avez une explication !? lança sèchement le prince, qu'on sentait pourtant très choqué, perturbé par cette révélation qui venait ternir son existence bien rangée.
- Majesté, je..., tenta Aram, ne sachant pas quoi dire.
- C'est de ma faute, s'exclama soudain Reshia en se jetant à genoux devant son promis.
- De votre faute ? répéta-t-il, avec un air hébété.
- C'est moi qui l'ai aimé la première. Aram ne voulait pas, il vous est loyal mais je... Je l'aime. Je suis désolée mais je l'aime. Je vous en prie, ne lui faite pas de mal, Aram est fidèle et il vous admire. Vous avez le droit de me renier, c'est normal, de sauver votre honneur mais ne lui faites pas de mal. S'il vous plaît, je ferais ce que vous voudrez. Mon seul crime est de l'aimer.
- Reshia " parvint à articuler Aram.
Il fut profondément touché par ce que venait de dire la jeune femme mais encore plus surprit par l'expression qui s'affichait sur le visage du prince. Taïshi paraissait touché parce qu'elle venait de dire et son regard allait de l'un à l'autre, s'arrêtant parfois dans le vide. Cela lui rappelait surement quelque chose de personnel mais il ignorait à quoi cela se référait exactement. Le fils de Pingol cherchait surement une punition à la hauteur de la trahison. Toujours personne, pas même Shan, le meilleur ami du prince. C'était peut être une chance après tout que les choses soient ainsi.
" Relevez vous, princesse Reshia. "
La voix était autoritaire, neutre quoique légèrement tremblante et la gijinka de Reshiram s'exécuta aussitôt. Elle le fixa avec la volonté de celle qui assumera son destin dans le regard. Taïshi fixa les deux et son choix semblait être fait par le regard qu'il leur lança. Aram et sa princesse n'avaient plus qu'à attendre le verdict, la sentence qui ne manquerait pas de tomber.
"- Comme vous le savez princesse Reshia, nos fiançailles doivent avoir lieu sous peu, votre famille et d'autres personnes importantes ont été invitées.
- Vous comptez annuler cela, devina Reshia.
- Non, cela aura bien lieu. Vous êtes toujours ma promise.
- Comment ? Mais vous... Vous ne me punissez pas ? s'étonna-t-elle.
- Vous obligez à m'épouser est déjà une punition assez grande, je trouve. Ainsi, je veux que vous fassiez semblant d'être mon épouse et que personne d'autre que moi ne découvre cet amour que vous éprouvez pour le chevalier Aram. Est ce compris ? Si quelqu'un d'autre l'apprenait, je ne pourrais pas être aussi clément avec vous.
- Nous l'avons compris Majesté, assura le chevalier. Mais pourquoi permettez-vous cela ? Nous vous avons trompé et...
- Désires-tu vraiment être puni, Aram ?
- Simplement connaître la raison de votre bonté, répondit à sa place Reshia.
- Moi aussi, ce mariage ne m'arrange pas vraiment.
- Vous voulez dire que...
- J'aime quelqu'un d'autre. A la différence de vous, cette personne l'ignore et cela sera toujours ainsi. Je vous permets au moins de ne pas connaître la même peine que moi. Je ne suis peut être qu'un idiot, qu'un imbécile trop gentil mais je suis mes propres choix.
- Qui est cette fameuse personne ? s'enquit Reshia.
- C'est un secret, princesse.
- Si vous gardez le notre, nous pourrons facilement faire de même avec le votre, osa Aram.
- Très bien, soupira-t-il, abandonnant la résistance. Elle s'appelle Hana, de la Loria de l'Ouest. Mais maintenant, venez vous faire fêter en tant qu'héros, seigneur de l'hiver et ne reparlons pas de cela. "
Reshia et Aram se lancèrent un regard ému mais n'osèrent pas pousser les choses plus loin. Le prince avait déjà été assez clément comme cela, impossible de lui en demander plus. Cela étonna la fille de Cobalt de voir son promis ainsi, elle ne l'aurait jamais deviné mais sans doute en était-il de même pour lui. Jamais il n'aurait pu soupçonner sa trahison sans cette preuve. Au moins, elle était claire avec Tylsha, Taïshi le savait désormais. Pour l'heure, elle arrêta de penser à cette fameuse Hana, probablement la soeur de Zeko de ce que savait la demoiselle, pour se concentrer sur le bonheur d'avoir retrouver l'homme qu'elle aimait et qu'elle pourrait chérir encore.
~ " Allez Mirage, fais pas ta timide !"
Les mots de Britz étaient encourageants mais la demoiselle n'en demeurait pas moins impressionnée. Elle s'assit auprès du gijinka de Zeblitz, entre lui et Viri, sous le regard de tout le monde. C'était la fin de la journée, tout le monde était rentré de ses occupations et toute la guilde était réunie comme cela arrivait assez rarement finalement, assis autour d'un feu de cheminée, pas vraiment pour la chaleur mais plutôt pour la lumière qu'il produisait. C'était une soirée spéciale, Mirage le savait bien car dans toute la Loria, on célébrait les temps anciens. Son propre village n'avait aucune fête liée à cette coutume mais à Oardia, c'était le cas. Ainsi, chaque année, chacun devait raconter son histoire, du moins une partie, déclamer l'identité qu'il avait avant de devenir voleur pour se rappeler qui il était.
"- C'est toi qui va commencer, Mirage ! déclara le chef de guilde en souriant. Mais chacun y passera quand même, ne vous y trompez pas !
- Zut, grommela Crystal, mais personne ne l'entendit.
- Alors, je suis Mirage, commença la gijinka de métamorph, pas très sûre d'elle. Et je vivais avec mes parents avant de devenir voleuse, ils étaient paysans. Ma vie n'a rien de vraiment palpitant et je ne vois pas vraiment quoi vous dire de plus.
- Tes parents sont toujours vivants ? questionna Zoro.
- Oui mais ils sont surement mieux sans moi et ils ne me manquent pas. Pas vraiment.
- Ah, sourit Britz. Tu vois, ce n'était pas si compliqué et on n'en demande pas plus. Choisi le prochain qui évoquera ses souvenirs maintenant.
- Hum, je dirais Crystal ! déclara la demoiselle, par petite vengeance encore.
- Je suis vraiment obligée ? Tout le monde connait mon histoire !
- Sauf Mirage, précisa le chef. C'est une tradition, il n'y a pas d'échappatoire.
- Bon très bien. Autrefois, je vivais avec mes parents dans un village au Sud d'ici mais un jour, des gens sont arrivés et ont massacré tout le monde. Je ne m'en suis sortie que par chance pour arriver ici et j'espère bien revoir ces enfoirés un jour même si je ne me rappelle pas d'eux. Voilà, heureux ?
- C'est bien, approuva Zoro, un regard compatissant. Ne sois pas si désinvolte, ton passé doit forcément te tenir à coeur. Enfin, à qui le tour ?
- Eren tiens ! décréta-t-elle.
- Tout ça parce que j'ai souris quand on t'a choisi !
- Il fallait bien que je désigne quelqu'un, fit-elle innocemment, ce qui fit rire Viri, Aurona et Britz, surtout ce dernier d'ailleurs qui constituait un grand frère pour la brune.
- Bon. Je ne suis qu'un enfant abandonné, je ne sais rien de ma vie d'avant mais j'ai trouvé un super papa qui s'appelle Zoro et une maison qui me plait.
- C'était court, fit remarquer Crystal.
- Ce n'est pas la quantité qui compte, fit remarquer Eren. Et je te choisis toi, Papa !
- J'aurais du le voir venir, soupira Zoro. Je suis donc le fils d'un marchand de la Loria du Centre, qui a eut le privilège de recevoir des cours d'escrime mais qui s'est fait chasser de chez lui car il courtisait un peu trop de femmes pour être honnête.
- Vraiment ? pensa Mirage, étonnée.
- Dommage d'ailleurs, car je me suis calmé peu après en fondant la guilde !
- Petit menteur, tu es parti de chez toi car tu en avais marre de la bourgeoisie, nota Britz. Pour les femmes, tu es plutôt fidèle vu que tu n'en as aimé qu'une.
- Oui, mais elle était mariée hélas ! Je ne suis même pas sûre qu'elle m'aimait de toute façon et c'est de l'histoire ancienne. Mais, plutôt que de me contredire, parle-nous de toi, mon cher Britz.
- Quelle basse vengeance ! Je suis Britz, fils d'un vendeur de ponitas qui fut tué dans un incendie. C'est vieux mais je me retrouvais à la rue, sans un sou. C'est là que j'ai rencontré Zoro avec qui je suis parti fonder cette petite guilde et aussi ma chère Diana, déjà dans son emploi.
- Comment as-tu pu aimer une prostituée ? se demanda Eren à voix basse.
- Tu comprendras quand tu tomberas amoureux, si ce n'est déjà fait, le taquina le basané, faisant rougir le plus jeune. A toi, Aurona !
- Héhé ! Je viens d'une famille de la Loria de l'Ouest où j'ai travaillé comme mercenaire pendant un temps mais je n'en pouvais plus. J'ai même travaillé pour le roi Zeko mais ce n'était que de la sale besogne et je crois que ce n'était même pas le roi qui nous donnait le boulot mais plutôt des lieutenants peu scrupuleux. J'ai donc voyagé en quête d'un endroit meilleur pour arriver ici.
- Et tu es restée, lui sourit Zoro.
- Oui, je suis encore là et je ne le regrette pas, reprit-elle, heureuse. Bien, on dirait qu'on va finir par toi, ma chère Viri ! Le meilleur pour la fin !
- Si tu le dis, soupira la gijinka de Virindium.
- Ecoute bien, Mirage, ça va être intéressant ! lui souffla le gijinka de Zeblitz.
- Je t'ai entendu, le prisonnier ! Et c'est juste parce que je suis exotique d'origine que ça vous plait ! Le sensationnelle, c'est juste ça qui vous passionne !
- Allez, raconte le nous encore une fois ! sourit Eren.
- S'il le faut ! Je viens de la Loria de l'Est, un endroit où à part s'amuser, il n'y a que peu de choses à faire à mon sens, ce qui reflète bien les souverains. J'avais un frère là-bas, qui est toujours vivant d'ailleurs et qui aime deux choses : la boisson et les femmes. C'est surement pour cela que je suis allée chercher de l'air frais ailleurs et que de fil en aiguille, je suis devenue une assassine de renom.
- On ne devient pas assassine par hasard ! songea Mirage, gardant la réflexion pour elle.
- Quant à mon frère, ma petite Mirage, il s'appelle Celeb si ce nom te dit quelque chose.
- Celeb... Comme le roi de la Loria de l'Est ?
- Tout juste, Auguste ! Je suis de sang royale, je devrais être votre reine avec un telle pedigree, vous ne croyez pas, braves gens ? " déclara-t-elle avec hauteur, mimant les manières d'une grande dame.
Ils se mirent tous à rigoler et Mirage était vraiment surprise, surtout que ça changeait sa vision des rois, le portrait fait par Viri. Peut être était-ce une exagération ou une blague ? Elle n'osa pas demander. Quoi qu'il en soit, cette fête du passé lui avait vraiment appris à mieux connaître la guilde et elle s'y sentait bien intégrée désormais, c'était sa famille, la seule et l'unique. Comme c'était un grand moment, chacun eut le droit à un verre de rhum et ils trinquèrent à la santé d'Oardia. C'était alors que quelques coups timides furent frappés à la porte, faisant sursauter même le maître des lieux.
"- Britz, Diana devait revenir te voir ? demanda Zoro.
- Pas que je sache non. Sa dernière visite était trop proche, ça m'étonnerait.
- Nous allons voir. Entrez ! " cria finalement le gijinka de Zoroark.
La porte s'ouvrit alors timidement et le coeur de Crystal s'arrêta quelques instants quand elle constata que c'était Shin. Mais qu'est ce qu'il fichait là ce guerrier à la manque ? Le garçon avait vraiment eu du mal à arriver jusqu'à Oardia, cela avait pris bien des jours mais il avait persévérer encore et encore, mu par instinct étrange qu'il n'expliquait pas lui-même. Pourquoi il était là exactement, c'était une question bien difficile même pour lui mais il avait voulu être là, peu importe le reste. Un besoin plus qu'une envie.
"- Qui es-tu ? demanda gentiment Zoro, voyant que le garçon n'avait pas l'air agressif.
- C'est Shin, un guerrier de la Loria du Centre, qui a du me suivre, avoua la brune, avec un air très contrariée. Je ne sais pas comment il a fait, ça fait des jours que je l'ai croisé.
- Que veux-tu alors ? demanda l'homme à la chevelure rouge. Parle librement, aucun mal ne te sera fait, ajouta-t-il, sachant que cela dépendrait d'autres facteurs et de ce que le jeune révèlerait.
- S'il vous plait... Laissez-moi-vous rejoindre ! " supplia alors le garçon, avec une bouille adorable qui fit craquer tous les bandits d'Oardia.
A ce moment là, Crystal se demanda encore ce qui l'avait empêché de faire un malaise ou un arrêt cardiaque au vu de la surprise voir du choc qu'elle éprouva.
~ Hollow marchait tranquillement dans les bois, profitant de cette journée sans soleil, où de nombreux nuages obscurcissaient de manière significative le ciel. L'atmosphère en était presque oppressante mais le Nightmare s'en moquait bien. Tant que cela lui permettait d'avancer vers son objectif, il se fichait du temps qu'il pouvait faire, même si les rayons du chaud soleil lui manquaient bien, de même que la clarté de la pleine lune. Pour cette dernière, c'était une haine-amour qu'il éprouvait, sentiment bien étrange. Beaucoup aurait pu penser qu'avec un dracaufeu en compagnon, son voyage aurait pu être bien plus rapide mais les chemins semblaient tellement modifiés qu'il préférait ne pas aller trop vite. Prendre son temps était parfois préférable, même s'il exécrait cela. Du moment qu'il avait sa vengeance, le reste ne comptait pas.
"- Draaa ! fit soudain sa monture en redressant la tête.
- Il y a quelqu'un là-bas ? Hum, je vais peut être savoir enfin si je suis dans la bonne direction. "
Cela l'embêtait vraiment de ne pas savoir où il allait. Avec les indications de son amie, il avait pris vers le Sud, quittant les étendues glacées mais n'avait-il pas viré à l'est ou à l'ouest ? Il n'allait pas tardé à le savoir, si le marcheur se montrait coopératif. Laissant sa monture en arrière pour ne pas faire peur dans un premier temps, il s'avança vivement vers le chemin et découvrit le voyageur qui était une femme, aux cheveux blancs, habillée de violet et de noir, portant des voiles. Le Nightmare sentit une énergie mystique se dégager d'elle et cela l'intéressa. Elle aussi possédait de la magie ? Voilà qui promettait d'être divertissant. Sortant du sous-bois, il marcha à sa rencontre.
"- Bonjour, voyageuse, déclara-t-il poliment, souriant.
- Ah, vous m'avez fait peur, j'ai cru que c'était quelqu'un d'autre.
- Il y a quelqu'un qui vous suit ?
- Oui, mais ce n'est pas grave. Vous désirez quelque chose ?
- Votre nom, ainsi que l'endroit où nous sommes. Je crains d'être perdu.
- Vous ne venez pas pour une consultation alors. Je suis Chandia, diseuse de bonne aventure et nous sommes dans la forêt du Trèfle, à la frontière entre la Loria du Nord et celle du centre, plus vers l'est.
- Je vous remercie, Chandia. Est ce que vous pouvez me révéler mon avenir dans ce cas ? Je serais intéressé de savoir ce que le grand Arceus me réserve.
- Si vous le souhaitez, c'est mon devoir, soupira-t-elle. Quel est votre nom ?
- Je suis Hollow. Mais on m'appelle le Nightmare. "
Un léger vent tourbillonna à ce moment et Chandia comprit à qui elle faisait face. Était-ce de lui dont parlait Tim ? Rien n'était moins sur, le fou parlait toujours dans un langage intelligible de lui seul, et encore. Des visions lui traversèrent l'esprit, des visions de haine, de désastre et de douleur. Instinctivement, elle recula de quelques pas, terrifiée par l'homme qui se tenait devant elle, dont la pupille turquoise brillait intensément. Un frisson la parcourut même. Jamais de sa vie la peur n'avait été aussi présente en elle, presque palpable. Les visions se succédaient, comme jamais encore, la terrifiant d'autant plus.
"- Nightmare, le dernier cauchemar, murmura-t-elle.
- Arceus a eu la bonté de vous envoyer quelque chose ?
- Comment pouvez vous parler du dieu alors que vous lui avez volé des pouvoirs ?
- J'aurais fait cela ? C'est regrettable, jeta-t-il en s'avançant vers elle.
- La légende le dit, articula Chandia en reculant. Vous avez pris une pierre de puissance du grand Arceus, contre sa volonté et vous n'êtes même plus humain.
- Dans ce cas, vous non plus, noble dame, ricana-t-il.
- Qu'en savez-vous ? se défendit-elle, tremblante.
- Je connais la source du pouvoir des véritables devins, dont vous faites partie. Ma connaissance n'est pas limitée, comme vous le croyez. Qu'avez vous donné en échange ?
- Partez ! Disparaissez, implora-t-elle.
- Moi, je ne peux plus voir la pleine lune et la lumière du jour, mais j'ai toujours ces immenses pouvoirs. Alors, qu'est ce qu'Arceus vous a pris pour avoir déjoué les lois de la vie ?
- Non, s'il vous plaît, je...
- Qu'est ce qu'il t'a pris ? répéta plus fermement Hollow en la saisissant par le bras.
- Lâchez-moi ! hurla-t-elle, en proie à une panique causée par sa présence.
- Répond à ma question et j'accèderais peut être à ta demande.
- Non, non... Laissez-moi partir...
- Je suis curieux, alors dis moi tout de suite et peut être auras tu une mort rapide. Ma patience s'amenuise, douce Chandia. Alors ?
- Il m'a pris mes rêves, murmura-t-elle. Laissez-moi partir, par pitié.
- Il n'y a jamais eu de pitié pour moi, répondit-il sombrement. Et tes rêves, cela ne veut rien dire, diseuse de bonne aventure, mais tu ne m'amuses plus. Je crois qu'on va devoir se dire au revoir.
- Pourquoi ? Pourquoi tuer par plaisir ?
- Peut être que la lune te répondra quand elle t'aura rejoint ? "
Sa main s'éleva et une boule d'énergie de la même couleur que sa pupille se forma. C'était la vraie magie, une force que très peu de gens au monde maîtrisaient. Pour lui laisser un espoir, il lui lâcha le bras alors qu'elle tentait de se libérer mais cela la fit basculer en arrière, pour atterrir durement sur le sol. Son destin semblait être de périr de la main d'Hollow et ce dernier déploya sa magie sans plus de cérémonie.
" Je ne le permettrais pas ! "
L'attaque magique fut bloquée par une forme noire et le Nightmare fut impressionné pour la première fois depuis longtemps. Même Chandia, toujours à terre, semblait ne plus trouver ses mots. La personne qui l'avait protégé, elle la connaissait sans jamais l'avoir vu. C'était son rêve, c'était l'ombre qui la suivait partout. Des larmes perlèrent le long de ses joues et son adversaire ne comprenait toujours pas, détaillant la nouvelle venue, car c'était une femme. Une femme de petite taille, entourée d'une aura sombre, aux longs cheveux gris et aux yeux de même couleur. Elle portait deux grandes oreilles de la même couleur que ses cheveux mais jaune à l'intérieur, comme la fleur qui ornait sa tête. Son vêtement était une robe simple, de couleur grise et écrue, avec quelques touches de jaunes et le reste de sa tenue était constitué de chaussures noires ainsi que de gants aussi sombres. Hollow vit son air déterminé et se demanda qui elle était. Un être puissant pour pouvoir s'opposer à lui en tout cas.
"- Qui es tu ? questionna Hollow.
- Draa, gronda le dracaufeu en surgissant des fourrés, visiblement effrayé par l'apparition.
- Loki, cette chose te fait peur ? Tu ne dois pas être humaine non plus. Comme c'est comique, un groupe de personnes non humaines réunies !
- Shika, pleura Chandia. Est ce que c'est toi ?
- Oui, répondit avec douceur la demoiselle avant de se retourner vers son adversaire. Je ne suis pas humaine non, puisque je ne suis qu'un rêve, un fantôme.
- Un rêve ? Comment peux tu n'être qu'un rêve ?
- Parce que je n'existe pas. Je ne suis qu'un amas d'émotions, un concentré de regrets. Je ne devrais pas exister mais certains pouvoirs m'ont faire naître. Sans enveloppe charnelle réelle.
- Tu n'es que magie alors ? Voilà pourquoi tu peux me résister aussi facilement.
- Je pourrais même vous tuer si vous menacer encore cette personne.
- Shika, murmura encore Chandia.
- Qui es-tu exactement ? Pourquoi t'appelle-t-elle Shika ?
- Parce que je suis son rêve.
- Son rêve ? fit le Nightmare, intrigué.
- J'ai toujours rêvé d'avoir une fille, une jolie demoiselle que j'appellerais Shika, expliqua d'une voix faible la voyante. C'est à cela que j'ai du renoncer quand j'ai eu mes pouvoirs. Jamais je ne pourrais avoir une fille, jamais un enfant que je pourrais serrer dans mes bras.
- Je suis l'ombre de ses regrets, reprit la demoiselle. Je l'ai suivi, sans jamais me montrer, comme un rêve inaccessible, car c'était ce que je devais faire. Tu as fini par comprendre, n'est ce pas maman ?
- Si j'avais su, jamais je n'aurais obtenu ce misérable pouvoir ! "
Chandia pleura de plus belle, se montrant sous un jour faible sous lequel même Tim ne l'avait jamais vu. Le fantôme Shika demeurait devant sa créatrice, prêt à la défendre contre son agresseur. Hollow regarda la scène et une pointe de compassion passa dans son coeur. Ses pouvoirs eux-même n'avaient-ils pas conduit à sa ruine ? De toute façon, contre un esprit de magie pur, le combat sera bien trop compliqué pour qu'il le fasse simplement pour s'amuser et il avait encore quelque chose à accomplir.
" Vous ne m'amusez plus, mais je vous laisse en vie. Viens, Loki ! "
Accompagné de son fidèle dracaufeu, il continua alors sa route et ses pensés tournèrent vers quelque chose auquel il n'avait jamais songé. Et s'il avait eu un enfant avec elle, cette femme qu'il avait tant aimée ? Non, c'était impossible, jamais il n'aurait pu avoir de descendance et encore moins avec elle, surtout quand il y repensait maintenant. Serrer un fils dans ses bras le rendait pourtant amère, lui qui n'avait jamais vraiment aimé les enfants. Quand sa vengeance serait accomplie, tout irait probablement mieux. Oui, certainement !
