Note de l'auteur : Yop, un petit chapitre pour la semaine avec quelques révélations, dont la confession d'un crime en lien avec le chapitre précédent ! J'essaie d'avancer la correction de cette fanfic au plus vite ! Bonne semaine à tous !


~ Oardia était calme ce soir-là. La journée avait été dure, la plupart des membres revenaient de missions qui se trouvaient dans d'autres royaumes que la Loria du Centre et ils étaient donc partis se coucher tôt, pour mieux attaquer la journée demain. Mirage pourtant n'arrivait pas à dormir, même si elle avait accompagné Crystal en mission, ce qui était en soi plutôt épuisant, tant physiquement que mentalement. Pourtant, quelque chose l'empêchait de trouver le sommeil, quelque chose en elle qui refusait de la laisser en paix. Discrètement, elle descendit du dortoir, à pas de velours dans les escaliers qui grinçaient légèrement. Quelle ne fut pas sa surprise de trouver en bas Blitz, qui n'arrivait pas à trouver le sommeil non plus à priori. Le gijinka de Zeblitz essuyait une choppe, sifflotant légèrement un air ancien et mélancolique.

"- On dit que siffler dans la nuit fait venir les voleurs, murmura-t-elle avec malice.

- Et ça marche, la preuve, tu es venue, ma belle.

- Alors, tu m'avais entendu ? s'étonna-t-elle.

- Le silence est trop profond ici, j'entends tout. Toi non plus tu n'arrives pas à dormir ?

- Non, je ne sais pas pourquoi, mais je vois que je ne suis pas la seule.

- Je pensais à ma femme, vois-tu. Elle me manque, j'aimerais l'avoir toujours à mes côtés mais elle a un travail et doit gagner sa vie, elle aussi le sait. Enfin, soupira-t-il, je l'aime et ça m'aide à attendre. Et toi, qu'est ce qui t'amène à cette heure de la nuit ?

- Euh, à vrai dire, je n'en sais strictement rien.

- Hum, tu es la deuxième alors. Peut être devrais-tu aller voir l'autre qui n'arrive pas à dormir et qui est dehors ? Je suis sûr que vous trouverez un moyen de retrouver le calme à deux.

- Euh, de qui s'agit-il ?

- Je suis persuadé que tu le sais, Mirage. "

Il sourit et se remit à siffloter, un air plus doux désormais. La gijinka de métamorph rougit mais il ne la vit pas etelle lui obéit en sortant immédiatement dehors. Elle savait bien ce qu'il avait voulu dire, ce n'était pas trop compliqué à deviner mais cela la dérangeait. Toute la guilde avait deviné ce qu'elle ressentait, Crystal l'avait affirmé, mais lui, le savait-il ? Et si oui, qu'en pensait-il ? Quand elle sortit du bâtiment, Mirage comprit à quel point Blitz avait vu juste car c'était effectivement Eren qui se trouvait là. Le jeune homme avait l'air pensif, sa marque jaune et ronde brillant sur ses cheveux. Les yeux rouges du gijinka de noctali luisaient avec intensité dans la pénombre et Mirage le trouva encore plus beau que d'habitude. Il y avait quelque chose de sauvage en lui qui le rapprochait de Zoro, bien qu'il ne soit qu'un fils adoptif.

"- Eren, je ne te dérange pas ? demanda-t-elle, regrettant aussitôt d'avoir parlé en premier et de n'avoir pas joué la carte de la discrétion.

- Ah, Mirage, ce n'est que toi...

- Oui, ce n'est que moi, souffla-t-elle, déçue.

- Tu peux rester, de toute façon, les nuits de pleine lune, je suis toujours insomniaque.

- Hum Eren... Ce n'est pas la pleine lune...

- Vraiment ? Je croyais pourtant. Bon dans ce cas, je ne sais pas pourquoi je n'ai pas trouvé le sommeil. C'est bête hein ?

- Non, je ne trouve pas, pensa-t-elle, gênée.

- Et toi, qu'est ce qui t'amène à l'air de la nuit ? Insomnie ?

- Réflexion, plutôt. Je n'arrête pas de penser, de me retourner dans mon lit et le sommeil ne venait pas alors j'ai préféré me lever, Arceus sait pourquoi.

- Je vois ce que tu veux dire. Et tu pensais à quoi ? "

C'était le moment ou jamais de lui avouer. Si Mirage le trouvait mignon, adorait sa façon d'être et tout ce qu'il était, si Mirage était du genre à avoir du caractère quand elle était motivée, elle perdait ses moyens devant le jeune homme. Ce dernier la fixait, dans l'attente d'une réponse qui tardait à venir. Il fallait qu'elle dise quelque chose, la vérité ou un mensonge mais quelque chose. Le courage vint alors en elle, un courage en partie motivée par les petites moqueries de Crystal. C'est bête comme raison mais il n'en restait pas moins que ça aidait. La gijinka de métamorph se tint un peu plus droite.

"- Tu promets que tu ne te moqueras pas de moi ?

- Pourquoi je me moquerais ? Tu peux penser ce que tu veux ! sourit-il.

- Parce que ce que je pensais concerne... quelqu'un dans la guilde...

- Tu as un problème avec Crystal ? Ne t'en fais pas, je suis sûr que...

- Non ! s'exclama-t-elle. Cela te concerne toi !

- Moi ? fit-il, interloqué, l'observant avec un regard neuf de ses grands yeux rubis, comme s'il venait de découvrir un trésor caché là depuis longtemps.

- Je... Je n'ai jamais ressenti ça pour quelqu'un et c'est perturbant parce que je devine ce que c'est, fit-elle, avec une colère dirigée contre le vide. Je crois que... Je t'aime...

- Mirage, souffla-t-il avec surprise.

- C'est peut être bête et idiot de dire ça comme ça, alors que ça ne fait pas très longtemps que je suis avec vous d'un point de vue objectif mais... C'est ce que je pense. Vas-y, rigole si tu veux, tu aurais le droit. Une voleuse comme moi, c'est la honte n'est ce pas ?

- Quelqu'un te l'a dit ? Ce que tu viens de dire...

- Non, jamais. C'est ma tête mais... C'est vrai non ?

- Tu es vraiment bizarre, Mirage ! rigola finalement Eren.

- Ah, tu penses ça alors, murmura-t-elle, profondément déçue pour la deuxième fois de la soirée.

- Cela dit, je ne suis pas mal dans mon genre. Eren, le voleur pas à l'aise avec les femmes qu'il ne connait pas, bien loin de celui supposé être son père qui charmerait la moindre demoiselle.

- Tu voulais être comme lui ?

- Avant, j'aurais tout donné, oui. Mais plus maintenant, car j'ai trouvé ce que je cherchais et j'ai eu la confirmation, pas plus tard que maintenant. "

Le gijinka de Noctali sembla alors devenir plus matûre et il se rapprocha d'elle d'une démarche assurée, la prenant dans ses bras pour la serrer contre lui. Il avait l'assurance de Zoro mais Mirage s'en moquait. Il n'y avait plus que lui et elle, seuls dans la nuit. Deux adolescents mais presque des adultes. Les yeux turquoise rencontrèrent les rubis et peu à peu, les visages se rapprochèrent. Les gestes étaient maladroits mais c'était une découverte pour eux, les novices en amour. Leurs lèvres se rencontrèrent et le calme fut encore plus profond dans la nuit.

Eren et Mirage venaient ainsi de s'avouer quelque chose qui avait commencé bien plus tôt. Discrètement, depuis le bâtiment tout proche, Zoro les observait par la fenêtre entrebâillée, heureux pour ses deux petits protégés, un peu nostalgique de les voir grandir si vite. Même la demoiselle était comme une fille pour lui, il s'attachait très vite aux gens. Un sourire illumina son visage et il oublia quelques secondes pourquoi il ne dormait pas à cette heure.

"- Si tu me dis que tu t'es levé juste pour voir ça, je ne te croirais pas, même si Eren est plus ton fils que n'importe qui dans cette guilde, déclara Britz sans se retourner. Alors ?

- Non en effet. Mais je suis heureux pour eux.

- Heureux d'oublier quelque chose qui te tracasse aussi, je me trompe ?

- Est ce qu'un jour, je pourrais te cacher mes pensés mon cher Britz ?

- Tu le fais tout le temps. Je vois juste que tu as les traits tirés et que tu sembles pensif, je ne peux pas lire plus dans ta tête. Un problème ?

- Pas vraiment. Simplement, un mauvais pressentiment.

- Tu as une bonne intuition généralement. Pour qui ?

- Ma fille. J'ai rêvé que qu'une ombre noire lui voulait du mal et ça m'obsède.

- Tu comptes aller voir si elle va bien ?

- Oui, je partirais demain à l'aube. Confie une mission aux quatre jeunes, comme ça, vous pourrez vous reposer quelques jours avec Viri et Aurona.

- C'est vrai qu'on a pas mal trimé ces derniers jours. J'inviterais peut être ma femme...

- Fais toi plaisir, mon vieux ! Et tu as l'air d'avoir une idée sur la mission.

- Je pense qu'il serait bien que Shin dise à sa mère où il est. Ne me mens pas, j'ai fouiné un peu et je sais qu'il est le fils de Gardia, la terrible combattante.

- Cela risque d'être dangereux si elle veut le reprendre, je le conçois.

- C'est pour ça que j'envoie tous les autres avec le petit. Ce sera un bon test pour lui, pour savoir si c'est vraiment un membre de la guilde ou si tout ceci n'est qu'un mensonge de sa part.

- Je ne crois pas qu'il nous mentirait. Il est pur.

- Moi aussi je ne crois pas sinon, il se serait fait jeté par Crystal mais de quoi peut-on être sûr de nos jours ? Je te le demande patron !

- On peut se fier à Oardia. Cela je le sais.

- Ah Zoro, je me demande ce que j'aurais fait de ma vie si je ne t'avais pas rencontré !

- Prêtre comme ton frère je suppose.

- Surement. J'aime bien Arceus mais pas au point de lui consacrer ma vie. Peut être qu'il n'en a strictement rien à faire en plus de toute cette fausse politesse.

- On pourrait refaire le monde avec de si. Peut être que je n'aurais jamais fondé Oardia et que j'aurais épousé la femme que j'aime. On aurait vécu au bord d'une petite rivière et...

- Et vous seriez devenu un couple de voleurs avec une petite fille adorable. Désolé mais je ne t'imagine absolument pas autrement qu'en faisant le métier que tu fais actuellement.

- Voleur un jour, voleur toujours, rigola le gijinka de Zoroark. Bon, je crois que je vais essayer de retourner me coucher. Tu ne vas pas au lit ?

- Je reste encore un peu à penser à ma femme. Le sommeil finira par venir je le sais.

- On ne se verra probablement pas demain matin alors si je pars tôt !

- Non mon vieux, c'est plus que probable que tu sois partis avant que je n'ouvre les yeux.

- Veille bien sur la guilde en mon absence, je vais aller vérifier des coins de la Loria du Centre pour me rassurer et me dire que ce n'était qu'un rêve. Je serais revenu dans quelques jours, pas énormément. Prends soin de toi quand je ne serais pas là !

- Toi aussi prends soin de toi, Zoro ! "

Les deux hommes se serrèrent la main, se souriant comme deux vieux amis puis le borgne retourna vers sa chambre tandis que le gijinka de Zeblitz restait à chantonner. Le lendemain, Zoro enfourcha son galopa shiny avant l'aube et partit en trombe à travers la forêt qui entourait Oardia. Peu après, ce fut au tour des quatre jeunes de la guilde de partir après que Britz leur ait dit ce qu'il attendait d'eux. Cela leur ferait du bien. Les trois qui restaient à la guilde étaient parés pour se reposer mais finalement, ils travaillèrent quand même. Aurona partit chasser, Viri s'occupa d'affûter le stock de lames d'Oardia et Britz entreprit des réparations sur le toit. Tout cela, c'était le quotidien de la guilde. Un moment normal.

~ Men ne comprenait pas, cela n'avait pas de sens. Pourquoi Reshia semblait-elle l'éviter depuis qu'il était arrivé à Glacia, capitale de la Loria du Nord ? La route avait été longue pour venir jusqu'ici et le prince n'était accompagné que par quelques serviteurs et gardiens. Ses parents auraient du venir mais pour une raison quelconque, le roi Pingol et le prince Taïshi avaient souhaité repoussé l'officialisation des fiançailles. Le souverain de la Loria du Nord avait cependant insisté sur le fait que la future épouse serait très heureuse d'accueillir son frère, aussi le gijinka de Mentali ne s'était-il pas fait prier, espérant qu'elle allait bien. En arrivant au château, toute la famille royale lui avait souhaité la bienvenue, sa soeur étant présente, belle dans sa robe couleur givre. Avec la conversation, il avait deviné qu'elle n'était pas au courant que les fiançailles étaient repoussées.

" Je me demande si cela lui plait ou non. "

Avec l'expression parfaitement neutre de la jeune femme, difficile à dire. Cependant, quand Men s'était approché de sa soeur pour la serrer dans ses bras, elle avait certes sourit poliment mais il avait vu dans ses yeux une étincelle de colère, un soupçon de dégoût qu'il n'avait pas compris. Était-ce vraiment adressé à lui ? Au début, il s'imagina que c'était la fatigue, qu'il se faisait des illusions mais ce n'était pas le cas. Malgré son très bon jeu d'acteur, Reshia demeurait froide, juste polie et son regard l'accusait. Déjà que Men n'était pas très heureux d'être à Glacia, voilà quelque chose auquel il ne s'attendait pas. La soirée se passa tout de même, un très bon repas avec un prince Taïshi des plus amicales qui mit le prince du Sud en confiance. Quand ce fut l'heure de se retirer pour dormir, Men tenta de parler à Reshia.

" Soeurette, je crois que nous devons..."

Elle ne lui laissa jamais finir et prit la fuite, sans courir mais d'un pas rapide. Pourquoi lui tourner le dos de façon aussi radicale, sans adresser un mot ? Elle ne lui laissait aucune chance de comprendre aussi la poursuivit-il dans un dédale de couloirs que la jeune femme semblait bien connaître. Certains rappelaient des souvenirs à Men et il se sentit oppressé tandis qu'un passé qu'il voulait mort revenait. Malgré sa robe, la princesse était rapide, légère et il peinait à la suivre, à cause des journées de chevauchés qu'il avait dans les jambes. Son corps endolori et la mémoire qui fonctionnait, voilà ce qui permettait à Reshia de garder son avance face à lui sans courir. Pour finir, elle emprunta un escalier et Men s'arrêta en bas. Il le connaissait, il en était persuadé, il le connaissait et un blocage l'empêchait de continuer

" Tu reconnais ton crime ?"

La petite voix le fit sursauter et pour la vaincre, il bondit en avant, courant littéralement jusqu'en haut, aussi vite qu'il le pouvait. Arrivé au bout, il mit un petit moment à reprendre son souffle, le coeur battant puis poursuivit sa progression, pas très longtemps. Reshia l'attendait dans une petite pièce, l'ancienne chambre de la princesse Tylsha, Men le savait. La gijinka de Reshiram lui tournait le dos et ses épaules tremblaient légèrement. Si l'atmosphère avait put être palpable, nulle doute qu'elle aurait été complètement gelée. Men tenta de s'avancer.

"- Reshia, pourquoi est ce que tu me fuis ?

- Comment oses-tu me demander ça aussi simplement ? s'exclama-t-elle en se retournant, les yeux rouges et emplis de haine.

- Mais enfin, qu'est ce qui t'arrive ?

- Comment peux-tu rester de marbre après ce que tu as fait ?

- Reshia, de quoi parles...

- Ne me mens pas ! Je le sais ! C'est toi le responsable ! C'est toi qui l'a tué ! "

Ce fut comme si une partie immatérielle de son corps se brisait en lui, comme du verre qui se brise sous la pression. Pourtant, ce n'était pas les paroles de Reshia qui avait conduit ce phénomène. Pas totalement du moins. Derrière sa soeur, une forme venait d'apparaître, comme ayant traversé le mur. C'était une forme humaine, légèrement transparente mais dont les traits lui rappelaient bien des souvenirs. Uniquement des mauvais bien sûr. Ces yeux qui l'accusaient et lui posaient inlassablement la même accusation, froide et sanglante. Tylsha se tenait face à lui, comme dans un rêve mais il était persuadé que c'était la réalité et qu'il ne dormait pas.

" Un meurtrier revient toujours sur les lieux de son crime ! "

Les paroles de la fillette sonnèrent à ses oreilles comme une bise glacée et il sentit son coeur se serrer car c'était vrai. Des larmes vinrent envahir les yeux du gijinka de Mentali et il tomba au sol, brisé mentalement. Tout ce qu'il avait toujours cherché à oublier, tout ce qu'il avait cherché à fuir, cette faute qu'il avait commise dans ce qui semblait être une autre vie, voilà que cela revenait le hanter. Il pleurait, ne sachant plus quoi faire d'autre, et tenta de parler mais les mots se transformaient en gémissement dans sa gorge. Tylsha ne bougea pas mais la colère quitta subitement Reshia quand elle vit son frère à ce point désemparé. Jamais il ne lui avait montré tant de faiblesse et la compassion la prit au coeur. La gijinka de Reshiram se pencha alors vers lui, prête à essayer de comprendre son frère.

"- Men, appela-t-elle. Men, nous devons parler.

- C'est de ma faute, murmura-t-il, entre deux sanglots.

- Men ! Grand frère, il faut que nous parlions, tu avais raison.

- On se retrouve, cher meurtrier, souffla glacialement Tylsha. Cela faisait un moment que j'attendais une explication de ta part. Alors ?

- Je n'ai jamais... Jamais voulu te tuer ! articula-t-il en se redressant.

- Pas voulu ? Il n'empêche que tu l'as fait ! s'exclama le fantôme.

- Je n'avais pas le choix. Si je ne le faisais pas... Quelqu'un d'autre mourrait...

- Qui ? demanda Reshia. Qui, Men ?

- Je... C'était..., tenta-t-il avec difficulté. Toi. "

Reshia resta abasourdie, de même que Tylsha qui reprit son air de gamine que la princesse lui connaissait. Men venait de dire qu'il avait tué la nordienne pour sauver sa soeur ? Cela n'avait pas vraiment de sens aux yeux des deux femmes et il leur fallait plus d'explications. Le gijinka de Mentali s'était visiblement calmé, demeurant toujours à genoux avec sa soeur accroupie à ses côtés. Il évitait du regard sa victime mais cette dernière le fixait avec intensité, espérant qu'il parle rapidement.

"- Nous avons besoin d'explication, appuya la soeur de Taïshi.

- J'ai du te tuer, toi, si jeune parce que... Parce que quelqu'un m'avait ordonné de le faire. Même menacé de le faire en fait.

- Mais pourquoi ? demanda l'amante d'Aram. Pourquoi ?

- Je suppose que cela servait ses plans... D'une façon ou d'une autre... Et si je ne le faisais pas, il allait tuer des personnes qui m'étaient chères... Dont toi, Reshia. Je n'avais pas le choix...

- Tu as tué Tylsha pour me sauver la vie ?

- Oui, pleura-t-il de nouveau, osant enfin croiser le regard du fantôme. Je n'ai jamais voulu cela, je le jure. J'aurais préféré que tu vives, jolie demoiselle. J'aurais préféré ne pas souiller mes mains de ton sang mais je... Je n'ai pas eu le choix. Je ne voulais pas perdre les gens que j'aime. Mes excuses n'ont pas de sens pour toi mais... Je ne voulais pas voir mourir des personnes auxquels je tenais, que ce soit ma famille ou même des... des amis. Pardonne-moi d'avoir gâché ta vie, si je pouvais revenir en arrière, je...

- Tu ne changerais rien, murmura Tylsha. Tu sauverais encore la peau des gens qui comptent pour toi plutôt que celle d'une gosse inconnue. Cependant, savoir que tu ne l'as pas fait par plaisir, cela me soulage l'âme si j'ose dire. Je crois que cela m'a libéré un peu.

- Je ne sais pas quoi faire pour expier ma faute.

- Dis nous qui t'a ordonné de me tuer. C'est cette personne le véritable meurtrier, cette personne qui doit payer pour que mon âme puisse trouver le repos sur les terres du grands Arceus.

- Le véritable meurtrier, répéta Men.

- Oui, grand frère ! Ainsi, il nous sera plus facile d'aider Tylsha.

- Non. "

Le mot était tombé avec lenteur, empli d'une terreur profonde. Les yeux du gijinka de Mentali s'étaient dilatés et ses oreilles avaient pris instinctivement une position basse. Men semblait réellement terrifié. Les deux femmes ne comprenaient pas ce qui lui arrivait ni pourquoi il refusait de dire le nom. Reshia tenta de parler mais les yeux de son frère se remirent à pleurer. La princesse se sentait mal, de le voir aussi faible, lui si fort avec un caractère, si affirmé en temps normal. Même la pauvre Tylsha ressentait à présent de la compassion pour lui, car elle lisait en son âme qu'il avait dit la vérité sur ses regrets.

"- Pourquoi non ? demanda quand même le fantôme.

- Je ne peux pas. C'est impossible.

- Men, c'est un nom, bien sûr que tu peux le dire ! l'encouragea Reshia.

- Non, non, je ne peux pas. Si je le fais, ce sera la fin pour nous. Si je le fais, cette personne nous tuera et ce sera la fin de la Loria. Je ne peux pas le dire.

- Allons Men, ne raconte pas n'importe quoi ! Cela ne peut pas être si terrible !

- Tu ne comprends pas, Reshia ! Il m'a fait juré de n'en parler à personne sinon, il mettra sa menace à exécution et... Je ne peux pas te protéger de lui. Je ne veux pas te perdre parce que j'aurais parlé. Personne ne peut rien faire contre lui.

- Quelqu'un de si puissant voulait ma mort, réfléchit Tylsha.

- Est ce que tu en as parlé au héros Zeko ? C'est ton ami non ?

- Oui, il le sait mais il ne peut rien non plus, murmura Men, tremblant.

- Grand frère, s'il te plaît ! insista-t-elle à nouveau. Il faut que...

- N'insiste pas, Reshia, l'arrêta la princesse du Nord. Cela ne sert à rien, Men ne parlera pas. Je le sens, la terreur a fermé son âme et la menace est réelle. Je ne peux lire les pensés mais les fantômes ressentent les émotions mieux que quiconque. Nous le dire ne servira à rien. Je croyais mais non.

- Tylsha... Les fantômes peuvent lire l'avenir ? demanda son amie.

- Non, je ne peux pas lire l'avenir mais je peux sentir certaines choses, vaguement. Le destin est en route. Quelque chose bouge dans la Loria et nous devons attendre. Si je dois être vengée, alors il faut laisser les choses se faire seules. C'était une erreur de ma part de vouloir accélérer les événements puisque tout vient déjà de commencer. Je dois attendre. "

La petite fille semblait devenue adulte. Sur ces mots, elle disparut dans un tourbillon qui provoqua un léger vent, laissant le frère et la soeur tous les deux. Reshia caressa les cheveux de son ainé et ce dernier se jeta dans ses bras, murmurant des excuses. Elle se blottit à son tour contre lui, répétant que tout irait bien. Cela lui faisait bizarre d'inverses les rôles, d'être celle qui console et non pas celle qui se fait consoler, comme bien des années plus tôt. Ils restèrent ainsi un long moment l'un contre l'autre et la princesse pensa à son chevalier servant. Aram aurait-il lui aussi un rôle à jouer dans cette histoire ? Pourrait-elle continuer de l'aimer encore longtemps ? Rien n'était moins sûr.

~ Pendant ce temps, dans la Loria, les choses bougeaient en effet, exactement comme l'avait prédit Tylsha. Les choses bougeaient à deux endroits précisément. Deux lieux sur lesquels une ombre passait, prête à fondre sous peu et à détruire tout sur son passage telle un ouragan. Peu importe les efforts pour éviter la tempête, il était trop tard et ces lieux étaient terriblement proche. Le premier était le château de la Loria duCcentre, calme en apparence, beaucoup trop calme. Quelque chose allait venir perturber sa vie, c'était indéniable. L'autre endroit était Oardia, la guilde des voleurs où quelque chose semblait sur le point de se produire. Quelque chose d'énorme et de gigantesque, d'inattendu, complètement. Deux ombres pour deux endroits ; et quelque part dans le lointain, perdu au milieu de nulle part, une petite voix s'élevait, pas inconnue, mais à la joie difficilement interprétable.

" Hihihihi ! Enfin, ça y est, ça va commencer ! "