Note de l'auteur : Hello, je reviens pour un nouveau chapitre ! Et comme c'est mon anniversaire, je vous envoie un chapitre bien triste ! Ne cherchez pas la logique, elle est partie depuis longtemps ! Mais normalement, vous devriez trouver un peu d'émotions dans ce chapitre !


~ "- Tu vas vraiment partir alors ?

- Oui, je te l'ai expliqué, je dois aller... je dois aller vérifier certaines choses ! "

Reshia regarda Aram avec un immense soupir. Son chevalier allait partir et cela la rendait triste. Pourquoi ne pouvait-il pas rester avec elle, pour l'escorter au voyage de courtoisie qu'elle devait faire à la Loria du Centre sous peu ? Pourquoi devait-il partir ? Elle sentait qu'il ne voulait pas lui dire la vérité et cela la troublait. Lui qui ne cachait rien, voilà qu'il changeait d'attitude. Avait-elle fait quelque chose pour lui déplaire ? De nombreuses questions trottaient dans sa tête et son visage affichait une mine triste. Profitant d'être seul avec elle, le gijinka d'Artikodin la serra contre lui avec tendresse et un sourire triste. Il se demandait s'il devait lui dire ce qu'il allait réellement faire. Peut être était-ce mieux après tout.

"- Dans un premier temps, je vais aller voir ma soeur Dracana, cela fait longtemps que je ne l'ai pas vu, commença-t-il. Elle me manque.

- Oui, je comprends. J'ai été heureuse de revoir mon frère aussi. J'aimerais bien avoir le plaisir de la rencontrer un jour, surtout qu'elle n'est pas loin.

- Je t'y emmènerais, je te le promets Reshia !

- Et ensuite, tu as prévu de faire autre chose ?

- Oui, répondit-il simplement. Comme je te le disais, je...

- Sois franc s'il te plaît. Ne me cache pas la vérité, je suis forte non ? "

Elle pencha la tête en lui souriant et il eut un pincement au coeur. Oui, elle était forte, mais elle voudrait surement l'empêcher de faire ce qu'il voulait faire. Comment le dire sans risquer de la voir mal réagir ? Il réfléchissait à la question intensément. Elle était forte mais dans le fond, elle était aussi faible, sinon pourquoi se baladerait-elle sans arrêt avec un couteau caché sous sa robe ? Il prit une profonde inspiration et décida d'être franc avec celle qu'il aimait, tout en étant résolu. Il ne fallait pas qu'un simple sourire voir même regard le détourne de son objectif.

"- J'ai l'intention d'aller me promener un peu vers la Loria du Sud, avoua-t-il.

- Pourquoi ? Il y a quelque chose là-bas ?

- C'est juste que... Je veux essayer de savoir...

- Arrête de te torturer pour trouver les mots et dis moi simplement.

- Je pars pour la Loria du Sud pour enquêter, annonça-t-il alors.

- Enquêter... Non, tu ne veux pas dire que...

- Si. Je retrouverais celui qui t'a fait du mal, princesse et je te vengerais. Un tel crime ne peut pas rester impuni, surtout pas quand cela te fait souffrir.

- Mais même des armées entières n'ont jamais réussi à le retrouver !

- Tu parles au maître du froid, le vainqueur de Kyurem !

- Tu n'en restes pas moins humain ! Je t'en prie, ne fais pas une telle chose. J'ai peur que si tu te lances dans une telle quête, je ne te revois jamais.

- Mais je suis toujours revenu ! Et cette fois encore, je le ferais !

- Tu me le promets ? fit-elle en se blottissant contre lui.

- Je te le jure, ma belle princesse. Par le grand Arceus, je reviendrais jusqu'à toi par tous les moyens. Je suis fort, fais moi confiance.

- Mais j'ai peur parce que je t'aime ! Tu es mon unique amour, Aram aux ailes bleues et je ne pourrais jamais aimer que toi. Tu comprends ?

- Je comprends ma beauté aux ailes blanches. Moi aussi je t'aime et je n'aimerais jamais que toi. "

Ils s'embrassèrent une dernière fois à l'abri des regards puis le guerrier se sépara d'elle à regret. Il sauta sur le dos de sa monture et se retourna une dernière fois vers elle. Ils ne parlèrent pas mais leurs regards échangeaient des paroles muettes. Enfin, Aram fit un signe de la main avec un grand sourire et lança Keldeo au grand galop sur la route royale où les flocons recommençaient à tomber. La neige et le nord étaient pour toujours indissociables. Reshia lui fit un signe aussi, quand il ne regardait pas, et resta là jusqu'à ce qu'il ait disparu à l'horizon. Les mots de Chandia venaient résonner à ses oreilles, alors que le vent glacé qui se levait, sans qu'il y ait une raison particulière.

" Tu tomberas amoureuse du vent du nord et jamais personne d'autre n'aura ton coeur. "

~ Le temps était particulièrement beau sur Oardia en cet fin d'après-midi, alors que partout ailleurs sur la Loria du centre, notamment la capitale Yon, ce n'était qu'un troupeau de nuages sombres et annonciateurs de pluies. La guilde des voleurs jouissait d'un temps absolument splendide, si bien qu'Aurona était partie ramasser du bois pour les réserves. Britz était assis au comptoir, prenant une pause bien mérité après avoir travaillé à diverses réparations. L'absence de Zoro ne le dispensait pas de ce genre de tâche. Viri quant à elle avait aiguisé ses lames qu'elle portait à la taille et préparait des boissons avec soin. Ce n'était pas si souvent qu'elle s'occupait de la cuisine mais elle s'appliquait à sa tâche en tout cas. Le vice chef de la guilde l'observait avec un sourire bienveillant.

"- Qu'est ce que tu nous fais de bon, Viri ? demanda-t-il.

- Un cocktail à l'orange et au jus de baies diverses. Il y a un peu d'alcool aussi, un petit vin d'été que j'ai récupéré dans une des dernières missions.

- Oh oh, serait-ce une nouvelle version du rafraichissement version assassine ?

- Tout juste, Britz ! On pourra le boire sur la terrasse avec Aurona, comme ça ! Ce sera agréable de se détendre tous les trois ensembles.

- Tu as raison. Il n'empêche que ça fait vide sans les autres.

- Pourquoi tu n'as pas invité ta chère Diana ?

- J'ai envoyé une lettre mais elle n'a pas encore répondu. Du travail sans doute. Et puis, c'est aussi agréable de rester avec vous deux.

- Tu es gentil, Britz, sourit-elle, finissant sa préparation.

- Je vais voir si Aurona s'en sort avec le bois, apporte nous les cocktails sur la terrasse d'accord ?

- Oui, chef ! " jeta-t-elle, faisant mine d'être exaspéré.

Il rigola avec franchise et Viri eut un petit sourire discret en le regardant. Il était si beau. En réalité, elle ne l'avait jamais dit à personne et personne ne l'avait jamais deviné mais elle était tombée amoureuse au premier regard de cet homme. Oui, c'était une des raisons pour lesquelles elle avait rejoint les voleurs, peut être même la raison principale. Zoro lui-même ne s'en était jamais rendu compte, ce qui prouvait sa discrétion mais ses sentiments avaient toujours été sincères. Britz était fort, serviable, drôle, généreux, adorable, l'homme parfait mais il avait déjà une petite amie, une femme qui ne le méritait pas. La soeur de Celeb était extrêmement jalouse de Diana mais ne l'avait jamais montré. Elle n'aurait pas Britz alors à quoi bon ? Mais peut être faudrait-il quand même qu'elle lui avoue ? Le gijinka de Zeblitz commençait à sortir pour aller donner un coup de main à Aurona. C'était peut être le moment.

"- Britz, commença-t-elle, d'une petite voix qui ne lui ressemblait pas.

- Oui, qu'est ce qu'il y a, Viri ?

- Non, rien, se ravisa-t-elle finalement. Je vous apporterais les cocktails dans cinq minutes voir moins, alors tenez vous prêt !

- D'accord... Tu vas bien ?

- Oui, pourquoi ? J'ai l'air malade peut être ?

- Non, c'est juste que j'avais l'impression que tu voulais me dire autre chose.

- Mauvaise impression alors, monsieur le sous-chef.

- Si tu le dis. Bon, je vais me dépêcher de l'aider, je veux goûter à ton cocktail ! "

Il franchit la porte d'entrée d'un pas léger pour sa carrure et Viri se retrouva seule dans la pièce. Encore une fois, elle n'avait pas osé. Qu'est ce que cela lui coûtait pourtant ? Peut être l'amitié de Britz et cela, elle ne voulait pas risquer de le perdre. Elle ne voulait pas non plus l'embarrasser alors qu'il avait une petite amie. Son roi de frère ne se serait certainement pas gêné mais il était bien différent d'elle. Tranquillement, elle termina la décoration des trois verres, songeant qu'elle trouverait bien un autre moment pour lui avouer. Un jour, elle oserait bien. Une fois les verres apprêtés, elle les plaça soigneusement sur un petit plateau, ajouta quelques galettes à grignoter en guise d'apéritif et s'apprêta à sortir rejoindre ses deux amis. L'air plus frais de la fin d'après-midi lui ferait du bien.

" AAAAH ! "

Le cri lui fit lâcher le plateau qui tomba dans un violent fracas et les verres se brisèrent en mille morceaux, rependant le contenu si durement préparé par terre. Elle ne s'en soucia pas, tous les sens en alerte. Britz venait de crier, un cri absolument terrible qu'elle n'avait jamais entendu. Le sang se glaça dans ses veines et le temps d'une fraction de seconde, elle se demanda ce qui avait pu se passer. Quelqu'un attaquait la guilde ? En tout cas, il arrivait quelque chose à Britz. Son Britz. Ignorant les débris de verre, la gijinka de Viridium courut jusqu'à la porte et sortit dehors. Elle n'alla pas bien loin, s'arrêtant net en état de choc suite au spectacle qui se déroulait sous ses yeux. C'était un cauchemar.

" Viri... "

La faible voix de Britz la transperça comme une lame glacée. L'homme se tenait à une dizaine de mètres, debout face à elle, un poignard enfoncé au niveau du coeur que le sous-chef de la guilde tenait fébrilement d'une main, comme s'il hésitait à le retirer. Ses jambes tremblaient et du sang lui coulait sur le torse ainsi que par la bouche. Viri ne pouvait plus bouger, tétanisée. Qu'est ce qui se passait ? Qu'est ce qui se passait bordel ? Le gijinka de Zeblitz tenta de parler mais ce ne fut qu'un flot de sang qui se déversa. Un frisson, même une convulsion, traversa son corps et il s'effondra au sol dans un gémissement pitoyable. Aurona se tenait à ses côtés, de dos par rapport à son amie, comme statufiée et incapable de se mouvoir, mais la sœur de Celeb n'avait d'yeux que pour l'homme en cet instant. C'était un mauvais rêve, c'était impossible. Britz ne pouvait pas être en train de mourir sous ses yeux. Elle allait se réveiller d'un moment à l'autre et entendre de nouveau son rire, voir son sourire radieux. Ou alors, c'était la réalité.

" Britz !"

Elle courut sans se soucier du reste et arriva à ses côtés. Sa respiration diminuait à grande vitesse et sa peau devenait froide, tandis que le chaud sang s'échappait. Viri l'assassine impassible perdit complètement son sang-froid tandis que des larmes inondaient ses yeux. C'était un cauchemar, ce n'était pas possible. Personne ne pouvait vouloir tuer un homme aussi gentil que Britz, c'était impensable. Elle le tint dans ses bras tandis qu'il la fixait avec intensité, essayant de communiquer. Plus rien ne comptait que ses yeux qui se vidaient de leur éclat et ses lèvres qui s'entrouvraient faiblement.

"- Viri, murmura-t-il, d'une voix qu'elle ne reconnut pas.

- Tout va bien se passer, promit-elle les yeux plein de larmes. On va te soigner et ensuite, on te vengera d'accord. Je ne sais pas qui t'as fait ça mais avec Aurona, on lui fera payer. Accroche-toi, Britz s'il te plaît, tout va bien se passer. On va te soigner.

- Viri... C'est fini... Viri...

- Non, ce n'est pas fini ! Tu vas vivre bordel, Britz ! Tu m'entends ? Tu vas vivre ! Que ferait la guilde sans toi ? Qu'est ce que je ferais sans toi ? Je t'aime, Britz ! Tu n'as pas le droit de me laisser !

- ... Fuis. "

Ce fut son dernier mot puis sa tête partit en arrière, incapable de maintenir sa position sans l'action des muscles. Ce fut comme si une explosion venait d'avoir lieu quelque part à l'intérieur de Viri, probablement dans la région de son coeur. Le dernier mot n'était pas resté imprimé dans son esprit, tout ce qu'elle voyait, c'était le corps de l'homme qu'elle aimait en sang et dont l'âme était en train de retourner auprès du grand Arceus. Ce qu'elle voyait, c'était la mort. Ses mains se mirent à trembler de façon incontrôlable et des larmes revinrent, encore plus fortes.

"- Non, accroche toi, Britz, on va te sauver ! Je t'en prie, accroche toi ! Aurona, aide-moi, il faut qu'on le sauve ! Vite, Aurona ! s'écria-t-elle, cédant à la panique.

- C'est inutile, murmura une voix froide, pourtant celle de la gijinka d'Arcanin. Il est trop tard pour lui, le mieux, c'est que tu le rejoignes.

- Aurona ? " souffla Viri en se relevant, prête à se retourner vers son amie.

La morsure de l'acier transperça Viri entre les omoplates mais son cri se bloqua dans la gorge. La douleur était atroce, si forte qu'elle tomba complètement à genoux. Du sang coulait dans son dos, chaud sur sa peau alors que le froid s'emparait d'elle. Qu'est ce qui se passait ? En glissant sur le côté dans un gémissement aigu, elle fit face à la gijinka d'Arcanin. Cette dernière la regardait de haut, un poignard tâché de sang à la main. Les pensés de Viri ne purent trouver qu'une conclusion : elle avait tué Britz. Mais cela n'avait pas de sens, cela défiait toutes les lois de la raison. Aurona était leur amie, un membre de la famille d'Oardia, jamais elle n'aurait fait cela. Pourtant, c'était la réalité qui s'affichait. Aurona les avait trahi pour une quelconque raison. Elle était leur amie et elle les avait trahi.

"- Pourquoi ? murmura simplement Viri.

- Je n'ai jamais été un membre de votre minable petite bande. Un vrai membre, je veux dire. J'ai simplement gagné votre confiance, surtout celle de Zoro mais c'était plus facile que prévu. L'objectif qu'on m'a donné était clair de toute façon : je devais vous détruire.

- Mais les bons moments passés... Tout ça, ça n'avait pas de sens pour toi ?

- Bien sûr que non, j'étais simplement là pour faire disparaître Oardia. C'était vraiment du gâteau, je pensais que les meilleurs voleurs de la Loria me résisteraient un peu plus mais après tout, vous n'êtes que des minables. Je n'ai jamais été une des vôtres.

- Tu mens. Je sais que tu mens.

- Alors regarde donc ce qui va arriver à notre joli bâtiment de guilde ! "

Viri tourna péniblement la tête et vit alors toute la guilde s'embraser. Le beau bâtiment qu'ils avaient mis des années à construire, cet endroit où ils avait vécu une bonne partie de leur vie et des moments inoubliables, cet endroit qui symbolisait leur union, il partait en fumée. Le feu s'élevait, haut et crépitant, attisé par une légère brise. Il faisait toujours beau. La gijinka de Viridium continuait de pleurer sans s'arrêter. Non, ce n'était pas possible, c'était même pire qu'un cauchemar, c'était tout son monde qui s'écroulait. Pourtant, il y avait un mensonge dans la voix d'Aurona, il fallait qu'elle découvre quoi. Pour l'instant, sa blessure restait gérable et son instinct d'assassine revint en elle. Gérant sa respiration avec maîtrise, elle toisa l'autre voleuse d'un regard froid, humide mais terrible. Aurona eut du mal à le soutenir.

"- Aurona, pourquoi fais-tu cela ? Tu nous détestais tant ?

- Silence ! s'écria la gijinka d'Arcanin en plantant son poignard dans l'épaule de son ancienne amie qui ne broncha même pas malgré le sang, ce qui la fit reculer.

- Réponds moi, ordonna Viri. J'ai le droit d'avoir une réponse.

- Je l'ai fait pour lui, avoua alors l'autre femme, les traits de son visage affichant un sourire tendre. Pour l'homme que j'aime. Il souhaitait vous écraser et je l'ai aidé à le faire. Il m'aimera après ça, c'est sûr. Je vais pouvoir obtenir ses faveurs.

- Tu as fait ça pour l'amour d'un homme ?

- Oui. Il va arriver sous peu et il me récompensera. Ah que je l'aime, pour lui, je tuerais n'importe qui, même des amis, même ma famille. Je l'aime trop.

- Tu es vraiment conne, ma pauvre, cracha Viri.

- Ferme la, enfoirée ! " cria Aurona, en envoyant un coup de pied dans le torse de la blessée qui se retrouva allongée au sol et ne put plus bouger du tout, rendue trop faible par l'hémorragie.

La gijinka d'Arcanin n'oublia pas d'enlever les armes de l'assassine au cas où, il ne fallait pas prendre de risque. Elle jubilait, songeant à ce qu'elle pourrait obtenir de cet homme qu'elle aimait tant et guettait son arrivé. Pendant ce temps, Viri perdait progressivement le sens de la vision qui se troublait. La fumée et les flammes ne la gênaient même pas, c'était uniquement les blessures reçues qui l'affaiblissaient. Près de sa tête, elle sentait la présence du corps de Britz. Il fallait qu'elle tienne bon mais tout espoir semblait perdu. Y avait-il seulement une chance de s'en sortir ? C'est alors qu'un autre personnage apparu, de haute taille mais Viri ne distinguait pas bien ses traits à cause du sang et des larmes. Il ressemblait juste à une ombre noire mais Aurona alla tout de suite l'accueillir.

"- Maître, vous voilà ! J'ai accompli ma mission, du moins la partie que vous m'aviez confiée !

- C'est très bien, ma belle, répondit une voix grave. Ce sont là tous les membres de la guilde ?

- Il reste un groupe de débutants mais je n'en ferais qu'une bouchée, promit-elle. Et le chef n'est pas là mais c'est ce que vous vouliez.

- Zoro tombera dans mon piège, je ne me fais pas de soucis. Tu as bien travaillé.

- Je vous remercie, maître. Je donnerais ma vie pour vous.

- Je crois que je peux te donner une récompense.

- Une récompense ? J'en ai été digne ?

- Oui, parfaitement. Approche un peu, ma douce. "

Viri vit Aurona se rapprocher de l'homme qu'elle aimait et ce dernier la prendre dans ses bras avec tendresse. Elle devait être aux anges. Les mains de l'inconnu caressèrent légèrement ses épaules, s'aventurant même un peu dans le dos, avec sensualité et la gijinka d'Arcanin émit un petit gémissement de plaisir. Les doigts revinrent sur les épaules puis explorèrent le cou de la jeune femme qui se laissait faire. Le visage de l'homme se rapprochait, il allait probablement l'embrasser et Aurona s'y attendait aussi visiblement. Mais les doigts se resserrèrent soudain comme un étau autour de la gorge de la demoiselle qui émit un hoquet de surprise tout en commençant à perdre de l'air.

"- Que..., tenta-t-elle avant de perdre l'usage de la parole, tandis que les mains comprimaient ses voies respiratoires ainsi que ses artères.

- Tu vois, Aurona, tu m'as été utile mais désormais, je vais m'en sortir tout seul, sans toi. Tu comprends, j'ai déjà une femme, ce ne serait pas correct que je fasse ce genre de choses, surtout une fille d'aussi basse extraction que toi. Tu m'as servi mais je n'ai plus besoin de toi. Et comme j'ai dit que je ferais la peau de tous les voleurs d'Oardia, tu en es une à mes yeux !"

Il rigola de façon tout à fait horrible et serra le cour d'Aurona, comme s'il s'amusait avec un jouet. Viri eut profondément pitié de son amie et croisa son regard. Aurona lui transmit un panel important d'émotions en un seconde. Ses yeux semblaient dire "Je regrette, j'ai passé des bons moments avec vous mais tu avais raison, j'étais idiote." La gijinka d'Arcanin se débattit mais c'était peine perdu. L'inconnu avait trop de force. Il appuya tellement sur cette pauvre gorge que les artères éclatèrent sous la pression. Aurona retomba au sol, le visage devenu une bouillie indescriptible. Viri s'était remise à pleurer mais cela ne servait plus à rien. Sa main attrapa celle de Britz alors que le froid s'emparait d'elle et que ses yeux se fermaient. Elle entendit le feu qui ravageait la guilde, sentit la chaleur sur sa peau mais surtout, il y avait ce rire terrifiant qui résonnait dans l'atmosphère. Ce rire qu'elle n'oublierait jamais, même revenu auprès du grand dieu. Sa conscience lutta encore un moment puis décrocha pour sombrer dans le néant.

~ La pluie n'était toujours pas tombée sur Yon mais les nuages demeuraient. Sally était accoudée au balcon du premier étage du palais, tandis que ses parents, son frère et sa soeur se trouvaient dans le petit salon derrière, en train de boire à la réussite des fiançailles avec la Loria de l'Est et de la signature de nouveaux accords commerciaux. La dernière de la famille était restée un peu avec eux, souriant faussement puis elle avait prétexté avoir besoin d'air. Elle ne supportait absolument plus son père, qui faisait tout pour la rabaisser sans cesse et elle savait pourquoi depuis quelques jours. Elle n'était pas sa vraie fille. Sa mère avait eu une relation avec un autre homme. La noble Stella, la reine pieuse s'était déshonorée ainsi et il lui avait sauvé la face mais en privé, il lui avait fait comprendre qu'elle n'aurait jamais rien de lui. Gal garderait le secret mais cela s'arrêtait là. Le fait qu'il ne l'ait jamais aimé devenait plus compréhensible d'un seul coup. Tout lui semblait devenu triste, même ce jardin où elle aimait passer du temps avec sa mère. Elle se sentait terriblement triste et mal depuis qu'elle savait.

" Alors je n'ai pas de papa. "

Ses yeux se plongèrent dans la contemplation du lac un long moment. Rien ne se passait, Yon était toujours aussi désespérément calme. Un événement, même un petit, serait plus que bienvenue. Au moment où elle le pensait, un vacarme retentit sur sa droite, près de la porte. Elle se retourna et vit alors qu'un inconnu s'était présenté à la porte tandis que les gardes tentaient de l'empêcher d'entrer. Son regard ne put se détacher de cette forme cachée dans un grand manteau qui masquait son identité. Voilà qui éveilla l'intérêt de Sally, sans qu'elle sache bien pourquoi.

" Ce doit être un voyageur " décida-t-elle, suivant la suite des événements.

Les gardes tentèrent de faire reculer l'intrus qui ne bougeait pas. Pourquoi résistait-il ? C'est alors que l'inconnu enleva son manteau, révélant un homme aux longs cheveux gris, tout de noir vêtu. Il lança comme une décharge aux gardes en enlevant son vêtement et les deux guerriers tombèrent au sol. Sally mit quelques secondes à comprendre que les soldats étaient morts et son sang se glaça. L'agresseur éclata d'un rire monstrueux tandis que d'autres gardes accouraient vers lui. De ses mains, il créa des flammes qu'il envoya valser sur les pauvres qui brûlèrent rapidement. La cours fut bientôt ravagée par le feu tandis que l'homme avançait au milieu de ce carnage sans rien craindre. Un magicien. La blonde n'en avait jamais vu mais c'était véritablement impressionnant. Il s'avançait dans la cours quand soudain, son regard se posa sur elle. Malgré la distance, elle vit son unique pupille bleue la fixer avec une haine insoutenable. Elle ignorait tout de cet homme mais il la regardait comme si elle était une proie intéressant.

" On se retrouve enfin ! " s'exclama-t-il.

Utilisant une magie aérienne, il se propulsa sur le balcon avec une facilité déconcertante. A ce moment, le reste de la famille royale sortait sur le balcon. En bonne princesse, Xia rentra immédiatement en voyant le danger tandis que le prince se précipitait sur Hollow. Ce dernier, d'un mouvement du bras, l'envoya mordre la poussière et se tourna vers Sally. Cette dernière implora ses parents du regard mais son père adoptif ne bougea pas, en protection pour ses vrais enfants et son épouse. Un jet de magie frôla la demoiselle qui se pencha à temps. La peur était sur elle.

"- Sally ! cria la mère, tentant de la rejoindre, mais étant retenue par son mari.

- Laisse-la. "

Les mots du roi firent mal, très mal à la princesse et des larmes coulèrent sur ses joues. Hollow se rapprochait encore, prêt à lancer une nouvelle décharge. Dans un élan de courage, Sally se retourna et sauta par dessus la balustrade, se laissant tomber au sol. La puissance magique frôla son dos, lui donnant une impression de chaleur. Elle tomba du premier étage dans de l'herbe qui adoucit sa chute. Heureusement que ce n'était pas trop haut et que malgré son corps fin, il y avait une sportive en elle sinon, ses jambes n'auraient probablement pas tenu le choc.

" Je t'aurais, princesse ! "cria la voix inconnu du haut du balcon.

La demoiselle n'attendit pas qu'il atterrisse à ses côtés et partit en courant par le chemin qu'elle connaissait bien puisqu'elle s'y promenait tous les jours. Les arbres la cachaient et c'était sans doute mieux, ainsi pouvait-elle espérer voir les tirs magiques rater. Hollow prenait son temps pour la poursuivre, lançant de temps à autre une nuée de flammèches vers l'avant, pour être sûr de couper toute retraite à la garce. Sélénée semblait plus jeune que dans son souvenir mais c'était bien elle, le doute n'était pas permis. La demoiselle courut sans s'arrêter, sachant qu'elle risquait de mourir et que personne ne lui viendrait en aide. Les larmes coulaient toujours de ses yeux mais elle s'efforçait de rester courageuse. Seulement, le chemin se terminait au niveau du lac et il n'y avait aucun moyen de le contourner par la route qu'elle avait prise. Son arrêt fut si brutal qu'elle tomba au sol. Elle était coincée. Toujours à terre, elle se redressa et se retourna. L'inconnu venait juste de la rejoindre, un sourire sadique aux lèvres. Sally tremblait de tout son corps. Que lui voulait-il ? Qui était-il surtout ?

"- On se retrouve enfin, ma douce Sélénée ! s'exclama-t-il.

- Je ne suis pas Sélénée, souffla Sally. Je ne vous connais pas, messire.

- Allons, allons. Ne fais pas semblant. Ta vie est bien à la Loria du centre alors ? Tu t'y plais ? Tu as tout ce que tu voulais : richesse et gloire non ?

- Non, pas du tout, je... Qui êtes-vous ?

- Ne rigole pas avec moi. Tu ne reconnais pas ton cher Hollow ? Le chevalier servant qui aurait donné sa vie pour toi ? C'est revenu enfin ?

- Hollow... Mais vous n'avez qu'un oeil et vous utilisez la magie... Vous êtes Le Nightmare ! "

La légende revint à Sally, même si cela semblait improbable. Elle eut la certitude qu'il s'agissait du retour à la vie du terrifiant Nightmare. Sa mère lui avait dit qu'elle ressemblait beaucoup à la princesse de la lune alors... Cela n'avait peut être pas de sens mais il fallait qu'elle continue sur cette histoire qu'il semblait croire, son instinct le lui commandait. Cela paraissait ridicule de se fier à une vieille légende mais c'était la seule chose en laquelle elle pouvait croire en cet instant.

"- Messire Nightmare, je crois qu'il y a méprise...

- Non, il n'y a pas de méprise, ma chère. C'est l'heure de la vengeance.

- Expliquez moi au moins, j'ai le droit de savoir !

- Tu ne crois pas que j'ai entendu les mensonges que tu as raconté sur moi à la Loria ?

- Les mensonges... La légende ment ?

- Parfaitement ! J'ai entendu des villageois la raconter et ce n'est que du vent, une histoire écrite simplement pour me rendre coupable !

- Quels sont les mensonges alors ? Que racontent-ils ?

- Je n'ai jamais demandé à avoir des pouvoirs magiques. J'avais des prédispositions mais je n'ai jamais volé cet orbe ! Jamais je n'ai transgressé la loi d'Arceus, on m'a donné l'orbe de pouvoir, quelqu'un d'autre l'avait volé pour moi à l'époque et me l'a donné. Je n'ai jamais demandé d'avoir une puissance qui me rend fou, je voulais être fort mais pas à ce point ! Maintenant, à cause de ce crime, je ne peux ni voir le soleil ni même la pleine lune qui brillait comme toi, jeta-t-il avec rage.

- Tu aimais vraiment Sélénée alors ? murmura-t-elle, ne comprenant pas comment elle pouvait trouver logique une telle histoire.

- Bien sûr que je t'aimais ! Bien sûr ! Tu n'as donc jamais compris ? Entre ton père qui m'a envoyé à la guerre sans ménagement alors que je n'étais qu'un pauvre paysan et toi qui m'a laissé pour accomplir ton devoir, j'avais de quoi être triste, rugit-il. Mais le pire mensonge dans l'histoire que j'ai entendu est autre et il me dégoût encore plus de toi, Sélénée.

- Tu as tenté de tuer Sélénée dans la Loria du Nord en la voyant !

- Mensonge ! cria-t-il, ne se rendant pas compte du fait que Sally ne se donnait pas l'identité de Sélénée comme il aurait été normal que la vrai Sélénée le fasse. C'était un piège. Traîtresse.

- Un piège ? Je ne comprends pas.

- Sélénée avait été enlevée par la Loria du Nord ! C'était les rumeurs qui se rependaient autour de moi mais c'était faux, complètement faux. Ce n'était rien qu'un piège pour m'avoir. Ils ont fait croire qu'ils allaient exécuter Sélénée alors je suis allée la sauver, raconta-t-il, comme s'il parlait à une personne invisible, semblant même perdu à l'évocation des souvenirs. Mais quand j'ai réussi à la délivrer de la place où elle était attachée, elle m'a... Sélénée m'a planté un poignard dans le corps. "

Son oeil perdit son éclat, il semblait prêt à pleurer. Une pluie fine commença d'ailleurs à tomber. Sally ne comprenait pas exactement pourquoi mais elle le croyait. Elle savait qu'il disait la vérité, sans comprendre comment. Stella lui avait dit un jour qu'elle était sensible à la magie, peut être y avait-il un rapport. L'espoir lui vint qu'elle pourrait peut être l'apaiser, d'une manière ou d'une autre. Lui aussi avait une vie dure, bien plus dure que la sienne d'ailleurs.

"- Messire Nightmare, je crois que...

- Je ne sais plus, Sélénée. La Loria a changé, je ne comprends pas pourquoi. Je suis perdu et la magie en moi me brûle, presque autant que le soleil parfois. Je ne sais pas comment me sortir de ce cauchemar alors il faut que je te tue.

- Quoi ? Non, par pitié, je ne suis pas Sélénée !

- Ne me mens pas. Je ne te croirais plus, fit-il, retrouvant sa détermination. Tu ne pouvais pas me tuer car je suis le Nightmare et il est temps pour toi de payer ! "

Sa pupille irradia d'un turquoise irréel. La magie tournait autour de lui, provoquant un vent violent et concentré, laissant échapper quelques petites étincelles. Une force magique se concentrait dans sa main, Sally ressentait sa puissance de là où elle était. Elle aurait du se relever, courir, tenter de fuir mais elle ne pouvait pas bouger. Personne ne viendrait l'aider, elle était seule, désespérément seule. Quelqu'un l'avait-il aimé un jour, mis à part sa mère ? Rien n'était moins sûr. Hollow ayant fini de concentrer sa magie, il éleva sa main et s'apprêta à la laisser retomber sur la jeune demoiselle.

Au loin passait un éclair bleu.