Note de l'auteur : Nouvelle semaine, donc nouveau chapitre ! Je me suis fais un planning pour m'y tenir ! Cette fois, un chapitre de transition, il ne se passe rien d'extraordinaire dedans mais les événements futurs sont en préparation !


~ Aram avait bien du mal à supporter le sud et sa chaleur, alors que pourtant, le climat pouvait être considéré comme doux de manière objective. Heureusement, il était prévu que le temps se rafraîchisse de manière importante. Une très bonne nouvelle pour cet homme du Nord, capable d'endurer les blizzards. Son Keldeo semblait heureux de trouver un climat plus clément en revanche et cela faisait sourire le chevalier. Il semblait bizarre qu'une monture aussi différente du chevalier soit en sa possession, mais il n'avait jamais choisi un tel destrier. Ce dernier s'était présenté à lui un beau jour, dans une forêt de la Loria du Nord et leur destin avait été lié depuis ce moment là.

"Comme s'il y avait un peu de magie ! " sourit l'homme aux cheveux bleus.

Il se re-concentra à nouveau sur son objectif. Le plus rapidement qu'il avait pu, il avait quitté la Loria du Nord puis traversé celle du centre pour se retrouver là où il voulait, dans le Sud. Il avait alors enquêté sur le groupe qui avait attaqué le palais royal il y a quelques années, assez discrètement tout de même. Il ne fallait pas qu'on le prenne pour un bandit à la recherche de sa bande ! La plupart des gens étaient ignorant sur ce sujet, ne connaissant le fait que vaguement. En se rapprochant de la capitale Slen, Aram parvint à obtenir des informations nouvelles. Les tavernes se révélèrent riches en personnes connaissant le sujet, pour peu qu'on sache bien s'y prendre pour le demander. L'histoire ne changeait pas de ce qu'avait dit Reshia : un groupe de voleurs qui n'était pas Oardia avait envahi le palais, tué une princesse et blessé l'autre ainsi que la reine. Un grand incendie s'était déclaré en même temps.

"- Mais que sont devenus les voleurs ? insista le gijinka d'Artikodin.

- Des terroristes plutôt ! s'exclama un vieillard, avec des idées bien précises. Heureusement, le héros Zeko venait en visite et a aidé à les arrêter, de même que le roi et le prince revenus en catastrophes.

- Et les bandits ont tous été tués alors j'espère ?

- Oui, ce fut un beau massacre ! Mais ils n'ont pas tous été tués.

- Quelques uns ont réussi à s'échapper ?

- Pas quelques uns. Un seul. Le chef, celui qui a fait le plus de mal.

- Donc il a réussi à s'enfuir ? Et personne n'a pu le rattraper ?

- Le roi Cobalt et le roi Zeko ont essayé mais sans succès. On a appris que l'organisation s'appelait "Les Turquoisins" et venait d'un autre pays au Sud, un pays désertique mais leur chef est demeuré introuvable. On l'a cherché mais nulle trace de lui.

- Il doit bien y avoir un moyen de le capturer !

- Écoute petit, des gens forts et doués ont essayé sans y parvenir. C'est comme essayer d'attraper de la fumée et c'est pourquoi on l'appelle l'ombre entre nous. Un conseil, reste en dehors de ça. Des rumeurs courent que ce criminel serait encore dans le coin et qu'ils auraient tué des imprudents ayant tenté de le retrouver pour passer le temps. Reste loin de ça ! "

Aram ne dit rien de plus et remercia le vieil homme. Ainsi, il ne restait qu'une personne à tuer pour venger la Loria du Sud et Reshia. Cependant, cela risquait de se révéler difficile. En écoutant d'autres histoires, il arriva à la conclusion qu'effectivement, seul le chef était encore en vie. Le gijinka d'Artikodin partit donc quelques jours dans les forêts du Sud, poussant même vers la Loria de l'Ouest mais il ne trouva rien. Cela commençait à devenir étrange. Personne n'avait la moindre idée de l'identité de ce tueur. Existait-il seulement ? C'était la question qui revenait le plus souvent. Il continua cependant à chercher encore et encore, peu importe le temps qu'il y passait ou les périls qu'il risquait.

" Je le trouverais Reshia ! Je le trouverais. "

Mais pour l'instant, aucun nouvel indice ne venait l'éclairer sur le chemin à prendre, aucune personne ne semblait connaître l'identité de ce mystérieux bandit. Il continuait, mais ne s'était-il pas lancé dans une quête désespéré ? Seul son amour le faisait avancer.

~ Une pluie forte avait commencé à s'abattre sur Oardia depuis deux jours. De l'eau froide et glacée tombait du ciel, avec un débit absolument exceptionnel. Cela n'allait pas durer et bientôt, la neige viendrait remplacer le phénomène. C'était quand même assez rare de voir de telles averses. Eren, Mirage, Shin et Crystal dormaient tranquillement sous un abri de fortune mais qui isolait bien de l'humidité. Avant le retour de leur chef, ils n'avaient pratiquement pas dormi et se rattrapaient, épuisés aussi bien physiquement que mentalement. Zoro veillait sur ses enfants adoptifs, à l'abri également. Une blessure du combat contre Hollow le lançait à l'épaule et le gênait dans ses mouvements mais sinon, il était parfaitement en forme. La pluie continuait, sa blessure le lançait un peu plus.

" Tout va bien aller maintenant ! " se disait-il.

Il pensait à Sally qui avait envie de le revoir, il pensait à Stella qu'il avait entrevue de loin et à son sourire discret, il pensait à ses quatre jeunes sur lesquels il devait veiller. Il pensait aussi à ce mystérieux Hollow, qu'il avait un peu aidé à mettre sur le droit chemin, même si ce fou de Tim avait fait la majeure partie du travail. Il pensa à toutes ces choses positives et à d'autres, comme la reconnaissance des pauvres quand Oardia leur donnait de l'argent. Oui, les choses n'étaient pas si terribles.

" Mais non. Rien ne va plus. "

Depuis le peu de jours qu'il était rentré à la guilde, son coeur était en proie à une sombre agonie. Trois membres avaient perdu la vie pendant son absence, des compagnons de la première heure, des personnes en qui placer sa confiance n'avait jamais été un problème. Il avait sauvé sa fille, la belle affaire. Cela ne les ramènerait pas eux. Britz, Viri et Aurona. Les noms repassaient dans sa tête, lui causant une douleur atroce dans la poitrine. Il avait beau essayer de penser à autre chose, d'être positif et fort pour ses protégés mais à l'intérieur, il était vide. Parfois, la douleur était insupportable comme elle le devenait à cet instant. Comme si on lui brûlait l'intérieur complètement.

" Arrêtez ! "

Il courut dehors sous la pluie qui le trempa jusqu'aux os. C'était froid mais cela lui fit énormément de bien. Il resta un long moment, à sentir l'eau couler sur lui, à se vider l'esprit. Petit à petit, ses pensés revinrent et se concentrèrent sur le drame qui avait eu lieu. Qui avait fait cela ? Les jeunes l'ignoraient. Zoro avait réfléchi, avait observé les corps. Il n'aimait pas se rappeler, il avait du s'oublier lui-même pour le faire. Atroce scène. Visiblement, Viri et Britz n'avaient pas livré de combat, ce qui était le plus surprenant. Comment des personnes aussi fortes qu'eux avaient-elles pu mourir sans se défendre ? Aurona en revanche avait été étranglée, par quelqu'un possédant une immense force physique. Quelqu'un d'autre était venu à la guilde et y avait mis le feu. Mais qui ? Les traces de pas révélaient la présence d'une seule personne en plus mais elle devait avoir eu un contact interne. Il réfléchissait à l'identité du coupable mais ne voyait pas de solutions, car d'autres éléments entraient en jeu.

" S'il y a eu une trahison, ce ne peut être qu'Aurona. "

Elle était celle en qui il avait le moins confiance, on pouvait le dire. La gijinka d'Arcanin avait toujours eu ce côté mystérieux, cette marque dans son passé qui rendait quelque chose de louche chez elle. Zoro n'avait jamais rien dit car elle était volontaire et attachée à la guilde. Cela, ce n'était pas un mensonge. Mais alors avait-elle tuer les deux autres, comme le suggérait le sang sur ses mains ? Dans ce cas, la personne pour qui elle travaillait l'avait tué. Le gijinka de Zoroark eut une pensée émue pour elle. Dans le fond, elle n'avait probablement été qu'un pion sur l'échiquier car son maître devait être fort, abominablement fort pour la pousser à faire cela. Il revit la chevelure, le sourire riant de la jeune femme, ses yeux espiègles et le cadavre froid aux traits terrifiés revint alors.

" J'aurais du t'aider, Aurona. J'avais deviné que quelque chose t'embêtait et j'aurais du t'aider mais je ne l'ai pas fait. Repose en paix. "

Il eut l'impression que faire ses adieux calmement l'aidait à aller mieux alors il décida de passer aux deux autres. Il fallait qu'il se porte mieux, pour le bien d'Oardia, ou de ce qu'il en restait. Il pensa ensuite à Viri. La pauvre avait reçu plusieurs coups de poignards et avait du souffrir avant de mourir en tenant la main de Britz. L'avait-elle aimé ? Probablement, au moins comme un frère. Le reste, il n'en serait jamais plus. Zoro se rappelait très bien la première fois qu'il l'avait rencontré. C'était une déjà une guerrière en devenir mais surtout une noble qui ne savait pas se débrouiller dans la rue.

" Qu'est ce que tu me veux, toi ?"

Agressive, elle s'était vite calmée en entrant dans la guilde. Elle ne ressemblait en aucun cas à son frère le roi, si ce n'était pas leur couleur de cheveux. Non, vraiment, rien à dire, elle était la nuit et il était le jour. L'assassine qu'elle était devenue avait encore plus creusée l'écart déjà immense. Petit à petit, les voleurs avaient su briser les barrières que la jeune femme avait élevées et ouvrirent son coeur. A ce moment, Viri était devenue agréable et souriante, seulement avec eux. Elle avait toujours été comme une mère pour Crystal et semblait comprendre la demoiselle mieux que personne. Toujours prête à donner un coup de main ou lancer une petite pique rigolote, ainsi était-elle.

" Tout va bien, chef ! J'assure ! "

Zoro n'avait jamais éprouvé d'attirance malgré sa beauté, simplement une amitié profonde. Cela ne lui était jamais arrivé de ressentir cela pour une femme mais il l'admirait. Des larmes perlèrent sur ses joues, masquées par la pluie. La pauvre Viri avait du tant souffrir, de recevoir des coups de poignards impitoyablement donnés, elle qui savait tuer un être vivant en une fraction de seconde, avant qu'il ne s'en rende compte. Désormais, elle était loin de tout cela et son âme pouvait jouir d'une nouvelle liberté auprès d'Arceus. Elle n'avait jamais été très pieuse mais n'ayant pas fait de mal sciemment, la divinité ne pouvait pas la refuser. Pas une telle personne, jamais.

" Tu me manqueras, Viri ma belle. Ton sourire, ta voix, ta façon de faire danser tes poignards, ton aide si précieuse. Merci de m'avoir soutenu, j'espère que tu as été heureuse auprès de nous. "

Une autre âme apaisée. Restait la dernière et la pire surement pour Zoro. Britz. Zoro se souvenait avec douleur quand il avait du écrire à sa femme Diana et à son frère Aquila. Les deux devaient être informés, ils le connaissaient et la mort ne pouvait pas être cachée. Levant encore plus la tête vers le ciel, l'eau lui coulant toujours à flot sur le visage, il imagina la réaction en la lecture des lettres. Avait-il trouvé les mots justes ? Réagiraient-ils comme lui ? Il ne le savait pas.

Quelque part, au loin, une femme s'effondrait en apprenant que son mari ne la serrerait plus dans ses bras. Sa petite soeur tentait de la soutenir et de l'apaiser mais rien ne pourrait lui permettre d'aller mieux. Elle se rendait compte à quel point elle tenait à lui, trop tard hélas.

Quelque part, un homme apprenait qu'il ne verrait plus jamais son petit frère et pleurait sur l'épaule de sa femme. Pourquoi le plus jeune partait-il en premier, alors qu'il faisait le bien ? Non, il avait beau être prêtre, pour lui ce jour-là, Arceus avait été simplement cruel et sans coeur.

Zoro réussit enfin à se concentrer sur les souvenirs qu'il avait avec Britz. Cet homme, il le connaissait depuis toujours, en réalité depuis qu'il avait été mis à la porte de chez lui. A ce moment là, le gijinka de Zoroark traînait dans la rue, en quête d'un but et il l'avait rencontré. Pas mieux que lui, Britz était aussi un évadé qui pensait que le monde était injuste. Ensemble, ils avaient fondé Oardia. Ensemble, ils avaient créé une famille dont Zoro était le père protecteur et Britz le grand frère. Il n'y avait que rarement eut des secrets entre eux, ils se disaient tout sinon. Même quand le père de Sally avait voulu tout arrêter une fois, dans un moment difficile après sa relation avec Stella, le basané avait été là pour le soutenir.

" Ne pars pas ! Sans toi, moi, je deviens quoi ? "

Britz savait faire comprendre à Zoro quand il avait besoin de lui et inversement, il devinait toujours quand son chef avait besoin d'aide. Ses multiples talents en faisaient un très bon élément pour la guilde des voleurs. Que de bons moments passés ! Que de rires partagés ! Que de combats menés l'un à côté de l'autre, sans jamais faiblir ! Un sourire se dessina sur les lèvres de Zoro. Il avait passé du bon temps avec Britz. Et maintenant, ce dernier était enterré, vide de toute émotion et froid. Il avait du souffrir, un rictus de douleur demeurait encore après sa mort. Comment avait-on pu tuer cet homme ? Une phrase revint alors, qu'il avait dite du temps de sa jeunesse, une phrase qui alors n'avait aucune importance et avait été prononcé sur le ton de la plaisanterie.

" De toute façon, personne ne me regrettera si je ne suis plus là. "

Le coeur de Zoro se tordit alors et la douleur devint insupportable. Des larmes jaillirent de ses yeux, comme jamais il n'avait pleuré de toute sa vie. Brits, Britz son meilleur ami, l'homme qui avait été un soutien pour lui, toujours de bons conseils, voilà qu'il n'était plus, une flamme éteinte qui allait sombrer dans l'oubli. Il tomba au sol, hurlant presque de douleur, les mains sur sa tête. Au loin, son galopa bleu hennit avec inquiétude mais il n'entendait que le bruit de la pluie en cet instant.

" Britz ! Britz ! A moi, tu me manqueras et... Je ne peux pas... Je ne ne peux pas... Je ne peux pas te dire au revoir ! T'avais pas le droit de me laisser Britz ! "

Il avait l'impression d'être redevenu un enfant sans défense, cherchant désespérément un parent auquel se raccrocher, pour se faire rassurer. Mais il était seul et ils avaient des gens à protéger. Qui avait osé le séparer de trois membres de sa famille de coeur ? La question revenait avec force. C'est alors que ses yeux se posèrent sur un objet au sol. Un petit bout de tissu sombre. Un habit qui n'appartenait à aucune autre personne dans la guilde. Ses talents de traqueur revinrent alors et il se rendit compte que malgré le temps passé, une piste se dessinait, claire comme de l'eau de roche. Une piste. Une piste vers le tueur. Une piste vers la vengeance. Il n'en fallait pas plus.

" Tu vas payer ! Enfoiré, qui que tu sois, je te tuerais ! "

Il n'en fallut pas plus pour que sa rage ne se concentre vers ce but. Il prévint donc les quatre jeunes et leur donna des conseils pour se protéger si le tueur revenait ou si quelque chose leur arrivait, des chemins dans les bois connus de lui-seul. Il les sentait inquiet mais cela ne serrait pas long, il le savait. Zoro était fort après tout, même contre un adversaire coriace, il pouvait vaincre. De toute façon, l'ennemi ne serait pas du niveau d'Hollow, l'être le plus fort de la Loria après Arceus. Enfourchant sa monture, il partit en trombe dans les bois, suivant la piste que la pluie commençait à effacer. A croire que l'agresseur avait voulu être suivi. En tout cas, s'il croyait vaincre facilement, il allait avoir une surprise. La blessure à l'épaule lançait le gijinka de Zoroark mais il tâchait de ne pas y penser. Pas maintenant, plus tard. Pour le moment, il avait une vengeance à effectuer et il ne comptait pas attendre. Autour de lui, la pluie continuait, un peu moins forte et on aurait dit que la forêt toute entière pleurait.

~ La Loria connaissait une période de calme alors, très passagère. Les événements étaient en mouvement. De nombreuses choses allaient être brisées par la suite et des conflits allaient se déclencher. Après ce moment de calmes où certains pleurèrent les disparus, de nombreux bouleversements allaient survenir. Des faits qui resteront dans les mémoires comme voulu par le grand Arceus en personne. Après la résolution de l'histoire d'Hollow, il est temps de se porter sur la résolution des autres mystères et de partir à la découverte de la vérité. Une vérité qui parfois blessera, fera mal, ouvrira des blessures mais qui n'est que ce que l'histoire des gijinkas à fait d'elle. Cruelle et si réelle.