Note de l'auteur : Je profite d'avoir du temps pour vous offrir un autre chapitre ! Et celui-là est très particulier à mes yeux, je l'aime beaucoup mais j'ai eu du mal à l'écrire, notamment à cause d'une scène de combat qui a lieu dedans. J'espère que vous l'aimerez !


~ La pluie avait cessé, laissant tout de même un crachin, rendant simplement l'air un peu humide. Un orage pouvait survenir à tout instant car l'air était électrique. Zoro s'en moquait. Cela faisait quelques jours qu'il galopait vers le sud-ouest, en s'arrêtant très peu, uniquement pour vérifier la piste et permettre à son galopa de se reposer. L'animal avait beau être endurant, c'était dur de tenir aussi longtemps. Finalement, les traces semblaient mener vers la Loria de l'Ouest ou la Loria du Sud, il ne savait pas encore exactement. Tout ce qui comptait, c'était que le meurtrier n'était pas loin. Le gijinka de Zoroark sentait se rage grandir de jour en jour, face à cet ennemi au visage inconnu.

" Je te tuerai. Qui que tu sois, je te tuerai ! "

Il continuait sa route, chevauchant sans relâche nuit et jour, jour et nuit. Il n'aurait pas de repos tant qu'il n'aurait pas puni l'assassin de ses trois compagnons. Aurona, Viri, Britz. Les noms repassaient en boucle dans sa tête, comme une litanie. Les corps morts, les visages en pleurs de ces petits protégés, tout cela l'avait rendu complètement fou. Lui si calme d'ordinaire, le voilà telle une furie et mieux valait ne pas croiser sa route en cet instant. Ces seules pensées positives allaient pour Stella et Sally. Après tout cela, pourrait-il être plus en contact avec sa fille, et indirectement avec la femme qu'il aimait ? Surement pas mais l'espoir faisait vivre comme on disait. Le borgne continuait toujours sa route, son galopa semblant partager sa rage. Le terrain se transformait petit à petit en plaine après les espaces boisés.

" C'est là !" s'exclama-t-il soudainement.

Il ne savait pas exactement comment il le savait mais il eut la certitude que le meurtrier était là, dans ce petit village qui venait d'apparaître devant lui. Un lieu paisible sous la bruine mais qui ne le resterait plus très longtemps après son passage. Il fit une pause, tentant de se concentrer sur le combat à venir. Ses doigts se resserraient autour de la garde de son épée et ses yeux parcouraient la lame, sans aucune imperfection. Bientôt, elle serait probablement tachée de sang. Il respira encore une fois, inspira longuement, puis quand il jugea que sa monture était fraîche et qu'il était en état de se battre, il galopa jusqu'au village. Son épaule lui faisait toujours atrocement mal quand il bougeait mais la rage avait enlevé la douleur.

" Hollow, tu ne me portes pas chance !" gronda-t-il entre ses dents.

Il galopa tout de même de plus bel, oubliant toute discrétion pour une fois. Quand il entra en trombe, sa monture flamboyante fit peur aux passants qui s'écartaient. La rumeur du chef des bandits d'Oardia était déjà présente ici depuis un bon moment et tout le monde murmurait que c'était lui en personne qui était venu les voir mais comme il ne faisait que traverser le village en galopant furieusement, on se demanda si ce n'était pas un noble plutôt. Toujours est-il que ce jour-là était un jour particulier pour ce petit village du nom d'Adeiln, nom assez imprononçable, même pour les habitants. C'était le jour de la visite du roi Zeko, qui avait mené une bataille à cet endroit pour mettre fin au règne de terreur d'un dragon. Les habitants lui rendaient hommage et le héros venait régulièrement les voir. Que Zoro se trouve dans la même ville que lui ce jour-là, sous un léger crachin qui pouvait donner suite à un orage, c'était le destin.

" Et c'est... Le village des parents de Crystal..."

Zoro s'en rappela juste quand sa piste se terminait. Il regarda alors et vit Zeko. Le roi se promenait seul, comme cela lui arrivait souvent, armé néanmoins et sur le dos de sa légendaire monture Enteï. Peut être pensait-il à sa soeur en cet instant ? Nul ne pouvait lire ses pensés mais il regarda le gijinka de Zoroark avec surprise, se demandant qui c'était et pourquoi il le dévisageait avec tant de haine. Le chef des voleurs hésita quelques secondes. C'était vraiment lui le tueur ? Lui, le héros de toute la Loria ? Après tout, cela n'était pas impossible qu'un tel personnage veuille se débarrasser de voleurs. Les deux hommes se dévisagèrent tandis que la pluie s'intensifiait et que les habitants rentraient chez eux. Sur la place centrale, quasiment plus rien ne bougeait et certains épiaient la scène de chez eux.

"- Bonjour, vous êtes un habitant d'Adeiln ? salua le roi.

- Non. Mais je suis sûr que tu me connais, fais un effort, grand roi.

- Hum, vous ressemblez à la description du fameux Zoro. Le chef des bandits d'Oardia, serait-ce possible ?

- En effet, c'est possible. Honoré de voir que je suis populaire !

- Et que me voulez-vous dans ce cas ?

- Je pense que vous le savez très bien, gronda Zoro, à deux doigts d'exploser.

- Je crains que non. Si vous pouviez être plus précis...

- Arrête de jouer à ce petit jeu là, enfoiré ! Tu crois que je ne sais pas que c'est toi qui a tué trois de mes compagnons de guilde ?! Je vais te tuer !

- Je vais devoir me battre alors, déclara le roi.

- Oh oui, et ce sera un combat à mort ! "

Zoro voyait pourtant clairement qu'il n'était pas avantagé. Il devait affronter un guerrier aguerri mais la différence était surtout au niveau des montures. Que pouvait son galopa, même s'il était bleu, contre le fauve immense et taillé contre le combat qu'était Enteï ? Rien, strictement rien. Pourtant, il fallait essayer. Sa rage partit un peu devant la taille du défi revint à la charge. Il leva son épée bien haut et poussa un cri de guerre tandis que son destrier se cabrait. Posture d'intimidation, cela ne servait pas à grand chose mais il voulait se montrer sûr. Zeko dégaina plus lentement une magnifique épée à la lame noire et sa monture rugit profondément. Le galopa demeura brave cependant. Quelques guerriers de la ville vinrent auprès du roi de la Loria de l'Ouest.

"- Seigneur, voulez-vous qu'on s'occupe de lui ? Ce n'est pas digne de...

- Il vous taillera en pièce si je vous laisse faire. Non, cet homme semble avoir un différend avec moi alors nous devons le régler tous les deux.

- Mais s'il vous arrivait malheur...

- Je sais me battre, fit-il plus froidement mais avec le sourire. Je vais défendre votre ville encore une fois contre un criminel, cela me rappellera des souvenirs.

- Fort bien, seigneur ! Merci ! " firent les paysans, fuyant sans demander leur reste.

Les deux hommes étaient seuls avec leurs montures sous la pluie de plus en plus forte. Les pavés devenaient glissants, cela promettait de rendre le combat encore plus compliqué. Après un moment où rien ne bougea, les deux combattants s'élancèrent l'un vers l'autre, d'un cri de rage de Zoro. Zeko lui, comme à son habitude, demeurait absolument paisible dans un affrontement, cherchant rarement à impressionner son adversaire. Enteï suffisait généralement. Une courte source puis la rencontre. Les larmes s'entrechoquèrent violemment et les montures tournaient l'une autour de l'autre tandis que leurs cavaliers échangeaient des coups d'épées violents. Le galopa devait particulièrement faire attention, car un seul faux pas et les crocs d'Enteï ne feraient qu'une bouchée de lui. Zoro tenta de nombreuses choses mais rien à faire, il ne pouvait se battre équitablement avec une telle différence de monture. En prenant du recul, revenant à la charge, aucun moyen ne lui permettait de prendre l'avantage sur le roi calme. Il fallait se débarrasser du destrier légendaire mais comment ?

" Merde, il doit bien y avoir une solution !" grogna-t-il entre ses dents, son épaule le lançant toujours.

En attendant, il s'épuisait et son ennemi restait en pleine forme. Le fauve donna un coup de griffes en effectuant un bond en avant, touchant en plein flanc le galopa qui hennit de douleur. Zoro eut peur en voyant le sang et se dit qu'il devait continuer à pied. Sa fidèle monture n'avait pas mérité un tel traitement. Mais le petit galopa se tenait bravement debout, ses flammes bleus brûlant de plus bel, comme si son maître lui avait transmis sa rage de vaincre. C'était vraiment une bête courageuse. Zoro sut qu'il pourrait lui demander n'importe quoi, l'étalon le ferait sans hésitation. Alors, il tenta le tout pour le tout.

" Allons-y ! "

La galopa charge sans prévenir le flan gauche d'Enteï qui fut surpris et manqua de désarçonner son cavalier en se tournant pour esquiver. Sauf qu'il n'esquiva pas et que la corne de son adversaire se planta en lui, provoquant un rugissement de douleur. De rage, il mordit un jarret du galopa qui ne parvenait plus à se dégager. Zoro tenta de taillader une patte de la créature mais cette dernière esquiva et envoya voler monture et cavalier d'un coup dans le ventre. Le gijinka de Zoroark tomba au sol et son épaule heurta violemment le pavé, l'obligeant à se mordre la lèvre jusqu'au sang pour ne pas hurler. D'un bond, le borgne se releva et s'apprêtait à aller retrouver sa monture. C'est alors qu'il comprit, tandis que le bruit des fers crissant résonnait encore dans sa tête.

" Galopa. "

Les flammes bleus brûlaient toujours sous la pluie mais diminuaient progressivement leur intensité. Le cheval sans nom se trouvait allongé sur le bas côté, les entrailles ouvertes par les terribles griffes. Zoro le savait, l'étalon ne survivrait pas. Lui, l'ami de toujours qui avait aidé à échapper à maints dangers, lui qui avait fait parti intégrante de la légende du chef d'Oardia. C'était un autre proche qui partait et Zoro se sentit vidé de toute énergie. Il s'approcha du galopa lentement et posa une main sur son encolure. Froide. Des larmes noyèrent ses yeux. Enteï grognait de douleur mais Zeko demeurait parfaitement calme, n'ayant que peu participé au combat.

" Peut être que cela peut s'arrêter là ?" déclara le roi.

Zoro le fixa alors avec une haine non dissimulée et même le fauve recula un peu. La rage s'empara de Zoro comme jamais auparavant et il perdit complètement le contrôle, se jetant vers Enteï. Il vaincrait, pour tous ceux qui étaient tombés, même si Zeko n'avait pas avoué son crime et ne semblait pas comprendre la situation. C'était forcément lui. Vif comme l'éclair, l'épée du voleur trancha et une large entaille se fit dans un membre avant du destrier. Ce dernier feula de rage et tenta d'écraser Zoro mais ce dernier esquiva les griffes et avec une agilité monstrueuse, il planta son épée dans la gorge du destrier légendaire. Un flot de sang jaillit de la bouche pleine de crocs et le voleur continua son œuvre en enfonçant ensuite sa lame dans le torse de la bête puis en lui taillant la gorge une nouvelle fois. Rapidité, précision, rage, cette attaque était simplement parfaite.

" Enteï ! " s'exclama Zeko, une pointe de panique dans la voix.

Le roi sauta au sol tandis que sa monture s'écroulait et finissait ses jours dans d'atroces souffrances. Zoro sentit sa rage diminuer un peu. Vraiment un peu. Maintenant, il avait une vraie chance et les deux étaient à égalité, même si le souverain était moins fatigué que lui. L'espoir pouvait renaître. Cependant, le calme brun avait changé et son visage affichait à présent une colère impitoyable. Autour de lui, c'était presque une aura électrique qui s'était formé. Ses yeux paraissaient même lancer des éclairs au voleur qui affrontaient leur regard sans sourciller.

"- Bravo, chef d'Oardia. Tuer une monture légendaire ce n'est pas à la porter du premier venu, déclara le roi, d'un ton crispé. Mais...

- Mais quoi ? Je ne compte pas m'arrêter là !

- Tuer un héros du peuple, ce sera beaucoup moins simple ! "

Zeko commença alors à se battre vraiment et si Zoro n'avait pas eu la rage au ventre, il aurait été tué en un instant. Cela se voyait que le roi était un habitué du combat, sa façon de tenir l'épée en disait long. La lame n'était que le prolongement de son bras et il la maniait à sa guise, visant de façon redoutablement précise, frappant extrêmement fort. Sa musculature caché par ses vêtements n'était pas une fausse. Le voleur résistait mais c'était extrêmement difficile. Il lui sembla que même Hollow offrait moins de résistance. Le borgne tint bon, sa vision réduite n'ayant jamais été un désavantage car il y était habitué. C'était d'ailleurs dans sa première mission avec Britz qu'il avait perdu son oeil. Britz. Sa rage se vit décuplée et il devint beaucoup plus dangereux, augmentant sa vitesse. Cela n'empêchait pas Zeko de continuer à parer mais le bandit jurait le voir faiblir. Il fallait continuer. L'échange dura encore et sur la place du village, on entendait seulement le bruit de la pluie et le choc des lames.

"- Belle maîtrise de l'épée, avoua alors le monarque.

- Je vous rends votre compliment, cracha Zoro.

- Je me rappelle d'un combat moins difficile que j'avais mené ici contre deux bandits du coin. Ils ne vous valaient pas mais ils m'ont donné du fil à retordre. Je crois qu'ils ont un enfant encore vivant, je suis étonnée qu'il n'ait pas essayé de me tuer.

- Les parents de Crystal, songea Zoro. Je les vengerai ! s'exclama-t-il.

- Vraiment ? Si vous souhaitez les venger, il faudra me vaincre, maître voleur.

- Vous pensez que c'est impossible ? Je suis un héros aussi pour le peuple.

- Mais en combat, vous n'avez pas vécu autant de batailles que moi !"

Comme pour prouver ses dires, il révéla alors ses véritables capacités de combat. Zoro n'avait jamais vu quelqu'un se battre de cette façon, c'était vraiment l'homme le plus fort de la Loria et son titre de héros n'était pas surfait. Il avait bien du mal à encaisser les coups, parant de plus en plus difficilement. Même sa colère ne l'aidait plus. Il avait compris que depuis le début, Zeko menait la danse. Le roi l'avait à sa merci, pouvait combattre comme bon lui semblait, Zoro n'était même pas un adversaire à sa hauteur dans son état. Sa blessure à l'épaule l'affaiblissait énormément, n'ayant pas réellement guéri depuis le combat contre Hollow. N'y avait-il aucun moyen de venger les siens ? Le borgne résista encore vaillamment parce que c'était la seule chose qu'il savait faire. Se battre pour ce qu'il croyait juste.

"- Zeko ! hurla-t-il, comme si cela pouvait lui donner un avantage.

- Je me suis bien amusé à te combattre, tu es très fort, chef des bandits d'Oardia. Mais maintenant, il est temps de mettre un terme à cela. Je dois venger Enteï après tout !"

Le roi des voleurs vit toute sa vie défilée au ralenti quand Zeko leva sa longue épée bien haut. Tout se passa si vite et si lentement. Il vit la lame fondre vers lui tandis que dans sa tête, il revoyait tous les gens qui comptaient. Aurona, Viri, Britz, son galopa, ses compagnons qu'il ne vengerait jamais. Crystal, Eren, Shin et Mirage, ses protégés qu'il ne pourrait plus défendre. Stella, sa belle Stella qui rayonnait de mille feux et qu'il n'avait pas revue depuis ce jour lointain où ils avaient eu Sally. Sally, sa fille, le fruit de sa chair, dont il n'avait jamais pu s'occuper comme un vrai père. Alors, il sentit la lame ennemie déchirer son torse. La douleur était insupportable, mais il n'entendit pas son propre hurlement. Seulement la pluie et la voix de Zeko mais il ne comprenait pas ce qu'il disait. Les pavés vinrent à sa rencontre, tandis qu'il tombait dans une flaque d'eau. Tout était si froid et humide.

"- Rejoins tes sbires, murmura une voix glacée et Zoro sut qu'il avait eu raison, que c'était bien ce roi calme le coupable mais c'était trop tard.

- Je t'en prie Arceus... Veille sur les vivants et... Protège les de cet homme ! "

C'était la dernière chose qu'il pouvait souhaiter tandis que sa vie s'envolait vers les étoiles, dans la demeure du grand dieu. C'est ainsi que se termina la légende du grand roi des voleurs Zoro le borgne. Dans une flaque d'eau, sous la pluie, dans un petit village qui lui était étranger au possible, loin des gens qu'ils aimaient, dans la solitude la plus totale.

~ Sa soeur Dracana avait peut être raison mais Aram était du genre fier et buté. Il voulait être un vrai chevalier, un vrai héros alors il irait jusqu'au bout de son idée. De temps à autre, quelqu'un le reconnaissait comme le maître de l'hiver, le vainqueur de Kyurem et on lui faisait la fête mais cela ne lui faisait même pas plaisir. La seule reconnaissance qu'il voulait était celle de la femme qu'il aimait. Le voilà donc en train d'errer sur un chemin sortant d'un bois pour entrer sur une lande plutôt déserte et couverte de rochers. Le temps se rafraichissait vraiment à son grand soulagement. Parfois même, un flocon de neiges tombait du ciel, chatouillant les naseaux de Keldo. Aram arrête sa monture et attrapa une petite particule blanche tombant des cieux dans sa main. Cela le fit sourire.

"- Si petit et si fragile mais si beau. Comme Reshia...

- Que voilà un chevalier romantique hihihihi ! "

Aram fit faire une volte à Keldeo pour faire face à son interlocuteur, l'épée au poing mais il se calma. Ce n'était que Tim le célèbre fou de la Loria, pas quelqu'un à craindre. Du moins, le chevalier n'avait jamais eu de problème avec lui, chaque fois qu'il l'avait croisé. En revanche, un curieux personnage accompagnait Tim, tout de noir vêtu, portant de longs cheveux gris et une seule pupille d'un bleu turquoise envoutant. Il n'avait pas l'air spécialement agressif donc Aram ne s'en formalisa pas et rangea même son arme. Un peu de compagnie, aussi étrange soit-elle, n'était pas mal venue.

"- Bonjour Tim, le fou ! salua poliment le gijinka d'Artikodin. Et nous n'avons pas été présentés ! Je suis Aram, connu sous le nom de vent du nord.

- Hollow suffira, murmura l'autre, braquant son unique oeil sur le chevalier. Dis moi Tim, ce ne serait pas plutôt lui mon descendant ? Il a une bonne allure et parait plus digne que ce que je sais de l'autre.

- Navré, Seigneur mais c'est bien Gal ! Hihihi !

- De quoi parlez-vous ? demanda le chevalier.

- Rien, hihi, rien ! Mais vous chevalier, vous cherchez quelque chose ?

- En effet, j'ai une quête importante à accomplir.

- Cela ne concernerait-il pas la belle Reshia hihihi ?

- En effet. Comment le sais-tu, Tim ? se troubla-t-il.

- Tim sait beaucoup de choses, Tim voit beaucoup et loin. Vous cherchez quelqu'un.

- Oui, je cherche la personne qui a mené les bandits à brûler le palais de la Loria du Sud quelques années plus tôt si cela vous parle.

- Vous cherchez le chef de l'organisation hihi ?

- C'est cela. Vous savez quelque chose ?

- Tim sait. Tim a fait le chemin avec le seigneur Nightmare pour en parler avec le chevalier de l'hiver. Tim va tout lui dire car le destin le veut, hihihihihihihihi !"

~ Taïshi faisait les cent pas dans le hall d'entrée. Il n'avait même plus son ami Shan pour discuter et encore moins la princesse Reshia. En effet, depuis quelques temps, un voyage jusqu'à la Loria du centre était prévu, où plusieurs royautés devaient se rendre. Le roi Pingol venait donc de partir, emmenant la princesse Reshia et Shan en tant que protecteur étant donné qu'Aram n'était pas disponible. Le prince était resté en arrière car il avait encore quelques affaires à régler au royaume. Sa mère ne comptait pas descendre plus au Sud et aidait les habitants pour la comptabilité. Sune avait toujours été ainsi, malgré son mutisme. Taïshi admirait beaucoup cette femme douce mais adaptée à la vie du Nord.

" Tu devrais travailler mais tu ne fais que te morfondre !" se morigéna-t-il.

Il n'avait pas encore digéré la mort d'Hana. La lettre était si froide, si impersonnelle. Zeko venait-il vraiment de perdre son unique soeur ? Difficile de le croire. Enfin, un souverain de son rang ne pouvait pas non plus se montrer trop sentimental. Le prince du Nord avait peu connu la gijinka d'Ho-oh mais il en était tombé amoureux au premier regard. Ils avaient pu discuter mais le gijinka de prinplouf avait à chaque fois été charmé par son interlocutrice. Si frêle, si timide mais si vive d'esprit et douce. Un tel être disparaissant, c'était une terrible perte pour la Loria. Alors, il ne cessait d'y penser, de la revoir dans ses pensés. Elle avait dansé une fois sur l'ordre de son ainé et le spectacle avait été sublime. Et elle mourrait en tombant bêtement dans un ravin lors d'une balade. Inconcevable. Taïshi entendit soudain quelqu'un taper la porte.

"- Entrez ! lança-t-il, surprise d'avoir de la visite.

- Je... Je n'arrive pas à ouvrir la porte ! S'il vous plait... "

La voix était frêle et fatiguée, peut être même terrifiée. Où Taïshi l'avait-il déjà entendu ? Il ne réfléchit directement et poussa le lourd battant vers l'intérieur. Dehors, la neige tombait pour ne pas changer les habitudes mais le spectacle qui l'attendait était indescriptible et il resta choqué un long moment. Une femme était là, aux cheveux noirs constellés de flocons et aux yeux rouges si profonds. Ses vêtements de rouge, de vert et de blanc semblaient si fins pour affronter le froid. Le prince crut qu'il était dans un rêve mais sa vision était ben réelle. C'était bien une personne en chair et en os, transie de froid, non pas un fantôme qui se tenait là, devant ses yeux. Son coeur fit un bond.

" Princesse Hana ?"