Deux jours s'étaient écoulés depuis l'attaque des détraqueurs, et tout était rentré dans l'ordre. James avait retrouvé son sens de l'humour, mais ni lui, ni Lily n'avaient reparlé de cette attaque . Les parents de la jeune femme n'étaient d'ailleurs même pas au courant, et elle souhaitait que cela reste ainsi. C'était encore une chance que Pétunia soit partie un peu plus tôt. Lily avait raconté à James ce qu'il s'était passé avec elle, et cela l'avait tant énervé qu'il avait failli faire éclater toutes les vitres de la maison.

« Papa et maman vont dîner chez Vernon, l'ami de Pétunia, tu veux y aller ? Lui demanda-t-elle.
_ Je préférerais encore me faire percuter par un bus, répondit-il sur un ton neutre. »

Elle pouffa et lui ébouriffa les cheveux d'un geste rapide.

« Si tu me le permets, je vais trouver une excuse un peu plus nuancée.
_ Tu veux y aller toi ?
_ Oh Merlin non. Ce mec est un vrai con.
_ Tu veux dire pire que moi ?
_ Oh non, faut pas pousser quand même ! Se moqua-t-elle.
_ Fais attention à ce que tu dis Evans...
_ Ou quoi ?
_ Ou je pourrais bien profiter que tes parents soient absents pour m'occuper de ton cas.
_ Ah oui ? J'aimerais bien voir ça ! Répliqua-t-elle sur un ton de défi. »

Elle sortit de sa chambre pour rejoindre ses parents dans le salon. Ils avaient déjà enfilé leur manteau, prêts à partir.

« Je suis désolée, mais je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée que James, Pétunia, Vernon et moi nous retrouvions dans la même pièce... Je préfère rester ici, vous passerez une bien meilleure soirée de cette façon.
_ Tu es sûre ? J'aurais tellement aimé que Pétunia et toi enterriez la hache de guerre une bonne fois pour toute...
_ Je sais maman, mais j'ai essayé et elle n'est pas prête. Alors en attendant, profitez de votre dîner. »

Elle les serra l'un après l'autre dans ses bras, et attendit qu'ils aient fermé la porte pour remonter les escaliers quatre à quatre. James était à la fenêtre en train de leur faire un signe de main.

« Arrête de draguer ma mère, tu crois que je n'ai pas vu ton petit numéro ?! S'exclama-t-elle en souriant malicieusement.
_ J'y peux rien si ta mère m'adore !
_ Oh non, bien sûr. Les petits clins d'œil, les sourires et les coups de coude complices à table, c'est à moi que tu les fais peut-être ?!
_ Toi tu as tout le reste, dit-il en désignant son corps d'un geste de la main. »

Elle se mordit la lèvre, fit un pas vers lui, et le poussa de façon à le faire tomber à la renverse sur son lit. Elle retira ses chaussures qu'elle balança dans un coin de la pièce, et grimpa sur le matelas jusqu'à se retrouver à quatre pattes au dessus de lui.

« Nous sommes seuls... Lui fit-elle remarquer en laissant ses cheveux roux chatouiller son visage.
_ C'est un fait, répondit-il, imperturbable.
_ Et j'ai envie...
_ De ?
_ Toi, termina-t-elle en souriant. »

Son sang ne fit qu'un tour, et il ramena son visage vers le sien pour l'embrasser. Elle se précipita à l'assaut de son T-shirt qu'elle retira à toute vitesse pour pouvoir retrouver sa bouche, et elle le laissa déboutonner son chemisier. Lentement. Très lentement. Trop lentement. Elle décolla doucement son visage du sien pour le regarder. Il faisait exprès de faire durer le plaisir, cela la rendait folle. Il se perdit dans son cou, et elle sentit ses lèvres dévier de plus en plus bas, elle gémit. Elle n'en pouvait plus. Cela faisait des semaines et des semaines qu'il ne l'avait pas touché de cette manière, qu'elle n'avait pas sentit son corps hurler de désir pour lui, le supplier même, et maintenant, c'était comme s'il voulait rattraper tout le retard qu'ils avaient accumulé. Combustion. Elle ne pensait même plus à toutes les horreurs qu'elle avait vécu, elle n'avait pas à y penser, James la faisait revivre.

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« Merde, je me souvenais que tu étais le coup du siècle, mais là, c'était carrément...
_ Dément, termina James en passant la main dans ses cheveux noirs. »

Elle balaya la pièce du regard. Leurs vêtements étaient éparpillés partout, y compris sur la cage vide de son hibou, et James était allongé à côté d'elle, appuyé sur son coude, il la contemplait simplement. Sa main parcourut le corps de Lily pour s'arrêter sur la cicatrice dans l'intérieur de sa cuisse. Elle sentit son cœur s'accélérer à nouveau dans sa poitrine quand il planta ses yeux noirs criant de douleur dans les siens. Putain qu'est-ce qu'il est beau ! Crise cardiaque.

« Tu me fais oublier ça. Je me sens bien avec toi, le rassura-t-elle en prenant sa main et en déposant un baiser dessus. »

Il glissa sa main sous son oreiller et rapprocha un peu plus son visage du sien, jusqu'à ce que leur cheveux se confondent.

« Tu sais ce que ton père m'a dit dans son bureau vendredi soir ?
_ Non, je voulais te demander, et j'ai complètement oublié avec ce qu'il s'est passé avec Pétunia et les détraqueurs !
_ Il m'a posé des questions. Tout un tas. Je m'en souviens maintenant parce la situation m'y fait penser.
_ Oh non, merde. Ne me dis pas qu'il t'a demandé si on avait déjà...
_ Exactement, la coupa-t-il.
_ Oh bordel la honte ! S'exclama-t-elle en se prenant la tête dans les mains. »

Il éclata de rire en essayant de retirer les mains du visage de Lily qui était complètement rouge.

« Qu'est ce que tu lui as dit ? L'interrogea-t-elle, mortifiée.
_ Qu'on l'a déjà fait dans toutes les pièces du château, répondit-il d'un ton dégagé. »

Elle s'étrangla et se redressa hâtivement alors que les rires de James redoublaient, et elle lui lança son oreiller à la figure.

« Tu te doutes bien que je lui ai dit non. Le truc drôle, c'est quand il m'a dit qu'il ne comprenait pas que tu me ramènes ici alors que tu faisais que de lui raconter que « James Potter était un triple abruti », et qu'il m'a demandé comment je t'avais fait changé d'avis. Il était vraiment méfiant. J'ai hésité un instant entre « J'ai vu que mon comportement l'énervait alors j'ai tout fait pour devenir quelqu'un de meilleur », et « Je lui ai viré toutes ses fringues dès que j'en ai eu l'occasion pour lui montrer à quel point on allait bien ensemble.
_ Et comme tu es encore en un seul morceau, j'imagine que tu as opté pour la première proposition, pouffa-t-elle.
_ Oui. Résultat, j'ai menti allègrement à ton père pour me faire passer pour le gendre parfait, et j'y croyais presque jusqu'à ce que tu me sautes dessus !
_ Bah voyons ! Tu ne t'es pas fait prier Potter !
_ Tu me connais, je suis trop timide pour dire non. »

Elle se mit à rire, leva les yeux au ciel, et lui balança ses vêtements.

« Allez rhabilles toi, on va faire un tour.
_ Oui, il vaut mieux. Sinon tu risquerais de ne pas pouvoir te maîtriser et de me refaire des propositions déplacées, la taquina-t-il avec un sourire en coin en enfilant son Tshirt.
_ Ne me tente pas... »

Elle remonta son jean puis ferma les boutons de son chemisier un par un, et elle se rendit compte qu'il ne la quittait pas des yeux. Combustion.

« Quoi ?
_ Rien. C'est juste que... Là, tout de suite, ça me paraît simple.
_ De me mettre dans ton lit ? Ironisa-t-elle en souriant.
_ A vrai dire, là, c'est moi qui suit dans le tien. Mais je parlais plutôt du fait d'être en... Couple...
_ Ben tant mieux. J'ose espérer que tu m'en aurais parlé si tu le vivais mal, lui dit-elle en fronçant les sourcils.
_ Oui bien sûr, mais ce n'est pas ce que je voulais dire. Je ne suis pas comme toi. Tout ça, c'est nouveau pour moi et il y a des choses dans ma vie qui font que je ne pensais pas pouvoir laisser quelqu'un m'atteindre. Je ne le voulais pas, en fait. »

Un sourire se figea sur le visage de Lily, et elle s'assit à côté de lui sur le bord de son lit. Elle lui avait fait endurer tant de choses qu'elle avait du mal à croire qu'il soit toujours là. Il l'avait soutenu après son enlèvement, il l'avait défendu face aux détraqueurs, et il l'avait laissé entrer dans sa vie, mais elle avait fait très peu pour lui.

« Tu ne le regretteras pas, affirma Lily en lui tendant la main. »

Elle l'emmena à l'extérieur de la maison et ils se promenèrent silencieusement pendant de longues minutes. Elle posa ses yeux sur lui. Il avait l'air paisible et préoccupé à la fois. Plusieurs fois, elle se rendit compte qu'il se concentrait sur le moindre son, le moindre mouvement dans la rue.

« Il y a un truc bizarre... Dit-il en s'arrêtant brusquement. »

Lily fit de même et jeta un coup d'oeil aux alentours. Ils étaient près d'un parc et les arbres dansaient sous la caresse du vent. Les feuilles qui étaient tombées virevoltaient autour d'eux, et il y avait deux voitures garées devant les grilles vertes foncées qui entouraient le jardin public. Lily entendit une porte claquer. Elle se retourna en sursautant vers l'une des maisons du lotissement qui longeaient le parc. Elles étaient toutes identiques, mais celle qui était la plus proche d'eux avait une porte sur le côté qui était entrebâillée, et qui claquait sans jamais se fermer à chaque fois que le vent soufflait un peu plus fort. James eût l'air rassuré, et il se remit à marcher, mais lorsque Lily voulu faire de même, elle se retrouva clouée au sol.

« James ! L'appela-t-elle. »

Il eût à peine le temps de se retourner qu'un homme lui fit une clé de bras pour l'empêcher de prendre sa baguette, puis il lui pointa la sienne sur le cou.

« Severus, doucement, lui intima une femme d'âge mûr qui maintenait Lily.
_ Bordel mais qu'est-ce que tu me veux ?! S'emporta James.
_ Je t'avais dis que je reviendrai pour t'emmener. Ça fait deux jours que je me cache chez des amis qui habitent le quartier en attendant que tu sortes de chez ta Sang-de-bourbe. »

Elle vit James bouillonner littéralement lorsque la femme prononça le dernier mot. Il se libéra de l'étreinte de son assaillant en lui administrant un coup de coude dans les côtes, et lui arracha sa propre baguette des mains avant de la briser en deux comme s'il s'agissait d'une simple brindille.

« Qu'est-ce qu'il fout là ? Demanda-t-il en faisant un signe de tête vers Rogue.
_ C'est lui qui m'a hébergé. Il se trouve qu'il en pince pour la fille, répondit la femme d'un air dégoûté.

James inspira bruyamment comme pour se calmer, mais le poing de Severus s'abattit sur son visage sans qu'il ne fasse un mouvement de recul. Perdant tout son calme, il le propulsa en l'air d'un coup de baguette et fit en sorte que sa robe de sorcier reste coincée en haut d'un réverbère pour qu'il ne puisse pas se libérer.

« Tu es devenu fort, James, lui fit remarquer la femme en s'avançant vers lui. »

Elle posa sa main sur sa joue, et il la laissa faire. Lily pouvait enfin voir à quoi ressemblait cette personne. Elle était de taille moyenne, et elle avait une démarche assurée. Son visage était joli, mais ses traits étaient durs. Ses cheveux étaient bruns, et ses yeux, noirs. Si profondément noirs que cela frappa Lily.

« Je suis venue pour m'assurer qu'il ne te ferait pas de mal, et il est venu pour s'assurer que je ne lui ferais pas de mal, mais maintenant qu'il est là haut, je suppose que je peux tout faire, dit-elle en pointant sa baguette vers Lily. »

D'un geste similaire, James retourna sa baguette contre la femme qui s'attendait visiblement à tout sauf à cela. Lily avait du mal à comprendre la scène qui se déroulait devant elle, mais elle en avait vu assez pour se rendre compte qu'elle venait de rencontrer sa belle-mère.