« Par pitié, James, ne me dit pas que tu t'es amourachée d'une sang de bourbe ! Grinça sa mère en lui faisant signe de baisser sa baguette.
_ Si tu redis encore une fois ce mot je te jure que...
_ Que quoi ? J'ose espérer que tu ne ferais pas de mal à ta mère !
_ Je n'ai plus de mère depuis mes neufs ans. »

Elle détourna son regard de Lily pour observer son fils. Elle avait l'air complètement folle, presque possédée. La jeune femme essaya de se relever, mais d'un simple geste de la main, la mère de James l'envoya dans les grilles du parc, et ce dernier se précipita vers elle.

« Lily, ça va ? Il s'était agenouillé à ses côtés.
_ C'est elle ou moi, James. Ta mère qui t'aime, ou une sang-de-bourbe. Si tu viens avec moi, je la laisse ici, et je ne dirais à personne que tu fréquentais cette fille. Si tu ne viens pas, je te laisse juste avec son corps, dit-elle en s'avançant à grand pas vers eux. »

Lily croisa le regard sombre de James et son sang se glaça. Elle n'avait aucune idée de ce qu'il pensait, il portait son masque, et il osait à peine poser les yeux sur elle. Elle ne voulait pas qu'il parte, elle ne voulait pas... Plutôt crever. Comme elle lui avait dit le soir du bal de Noël, c'était tout ou rien, mais le rien n'était même plus envisageable maintenant qu'elle était tombée amoureuse de lui. Elle préférait encore agoniser pendant l'éternité, mourir, s'effacer à tout jamais plutôt que de le regarder partir pour l'épargner.

« Tu me fais confiance ? Lui glissa-t-il d'une voix si basse qu'elle l'entendit à peine.
_ Déraisonnablement, répondit-elle sans même y réfléchir. »

Il lui sourit discrètement, serra brièvement sa main dans la sienne et se releva pour s'interposer entre sa mère et Lily. La préfète se demanda un instant si elle n'était pas devenue folle. Elle n'était jamais sûre des sentiments que James éprouvait pour elle, et voilà qu'elle s'imaginait qu'il allait la choisir alors que sa mère se tenait devant lui, baguette à la main.

« Alors je viens, dit-il finalement la mine sombre. »

Elle eût l'impression qu'on lui martelait le cœur, et elle s'entendit à peine le supplier de rester. C'était comme si elle était dans une autre dimension, comme si le monde bougeait au ralenti devant elle, et quand cette femme terrifiante transplana en attrapant le bras de James, Lily se tordit de douleur. Elle ne comprenait pas pourquoi il avait fait cela. A genou, elle se replia sur elle même en pleurant toutes les larmes de son corps. Il fallait qu'elle se lève pour aller chercher de l'aide, mais c'était comme si elle ne pouvait plus bouger. Il y avait un grand vide qui s'ouvrait devant elle et elle n'avait pas envie d'y mettre les pieds.

« Lily ! L'appela Severus toujours suspendu. »

Elle le bâillonna d'un coup de baguette qui sembla lui coûter toute sa force, et ce sans même lever la tête vers lui. Elle ravala sa salive pour regarder la rue déserte. Elle était seule. Complètement seule, et elle sentait son coeur exploser dans sa poitrine, menacer de lui ressortir par la bouche. Elle eût envie de le vomir, et de vomir tout son être avec. Elle avait envie de vomir toute la médiocrité de son voulait vomir cet idiot de Rogue et ses copains mangemorts qui lui avaient tout arraché. Elle voulait vomir James qui l'avait laissé là, comme une conne. Elle voulait vomir l'Humanité toute entière. Elle serrait ses poings si fort que ses ongles s'enfonçaient dans sa paume ensanglantée, mais elle s'en foutait. James était parti. James était parti. Il était parti. Elle sentit quelque chose glisser de ses mains quand elle les ramena instinctivement à son cœur. Ses yeux se posèrent sur un gallion, LE gallion. Elle renifla bruyamment et ravala ses larmes. Elle retourna la pièce dans tous les sens, essuya ses yeux verts d'un geste rapide, se leva non sans mal, et se mit à courir jusqu'à sa maison. Elle griffonna quelques mots sur un parchemin qu'elle accrocha à la patte de son hibou et elle le regarda s'envoler au loin. Les minutes qui suivirent furent les plus longues de sa vie. Elle était aux aguets, à l'affût du moindre bruit, la moindre ombre au coin de sa maison, et lorsqu'elle entendit un crac sonore, elle sursauta et ouvrit la porte à la volée. Il n'y avait pas d'ambiguïté, la personne qui était face à elle était le portrait craché de James. Impressionnant et sûr de lui, il imposait le respect, son père.

« Que s'est-il passé ? L'interrogea-t-il, complètement paniqué alors qu'une brigade d'aurors se tenait derrière lui.
_ Votre femme. Elle est venue et elle l'a emmené. Severus Rogue est encore accroché à un réverbère, là bas. Il est complice. »

Il fit un signe de main aux aurors qui se dispatchèrent dans chaque coin de rue, puis il attrapa Lily par les épaules et l'obligea à s'asseoir sur le canapé. Il s'assit devant elle et la regarda droit dans les yeux. Il était ébranlé.

« Raconte moi tout, en détail, s'il te plaît. »

Elle essuya les larmes qui coulaient une nouvelle fois sur son visage et lui raconta ce qu'elle venait de vivre, puis elle lui montra le gallion qu'elle faisait rouler entre ses doigts.

« Il a dû me glisser ça dans la main avant de transplaner... On avait chacun le nôtre, avant, et on le serrait quand on voulait se voir, expliqua-t-elle en omettant volontairement les détails.
_ Tu as essayé ?
_ Oui. Sans succès. Je ne comprends pas ce que je dois en faire, dit-elle en le lui remettant. »

Son père agita sa baguette au dessus pendant un moment, puis il s'arrêta, songeur. Il posa les yeux sur Lily qui se demandait à présent dans quoi elle s'était embarquée avec James. Depuis qu'elle avait accepté sa proposition au début de l'année scolaire, sa vie avait été retournée dans tous les sens, elle avait fait les montagnes russes. Ce n'était de la faute de personne, mais c'était comme s'ils ne s'apportaient mutuellement rien de bon et pourtant... C'était lui ou rien.

« Tu as essayé de l'ouvrir, Lily ? »

Elle secoua la tête de gauche à droite. Ouvrir un gallion ? Non, elle n'avait pas essayé, effectivement. Elle prit la pièce qu'il lui tendait, et elle la fit pivoter dans sa main jusqu'à trouver une petite brèche sur le côté. Elle y glissa son ongle, et un fil tressé aussi doré que le gallion s'en échappa pour venir s'enrouler autour de ses doigts. Lily remarqua une petite attache. Elle l'enleva pour faire passer le fil derrière sa nuque et le boucler à nouveau, et lorsqu'elle se redressa et que le pendentif en forme de gallion rencontra la fraîcheur de sa peau, elle eût l'impression que son cœur s'arrêtait de battre. Elle se raidit. Elle voyait tout ce qu'il voyait. Elle était ses yeux. Elle voyait sa mère s'agiter autour de lui, mais elle ne l'entendait pas. Elle n'entendait rien. Elle reprit ses esprits et essaya de se concentrer sur l'endroit. Ils étaient à l'intérieur d'une maison. Il y avait des toiles d'araignées, des tonnes de bocaux contenant toutes sortes de choses horribles, et une malle que la mère de James remplissait. James écarta le rideau de la fenêtre, et Lily put apercevoir plusieurs enseignes de magasins dans lesquels elle n'avait jamais été, mais dont elle avait lu les noms dans un guide du Chemin de Traverse.

« L'allée des embrumes, ils sont dans l'allée des embrumes, souffla-t-elle en retirant le collier.
_ Tu es sûre ?
_ A cent pour cent, confirma-t-elle en serrant le pendentif dans ses mains toujours ensanglantées. »

Il bondit, couru dehors et transplana. Elle essaya de faire de même mais deux aurors se plantèrent devant elle et la retinrent.

« Nous allons vous escorter au manoir Potter, mademoiselle Evans.
_ Mais...
_ Monsieur Potter est avec une équipe d'aurors très qualifiés, et il ne veut pas qu'il vous arrive quoi que ce soit. Le fait que le manoir soit entouré de puissants sortilèges en fait l'endroit le plus sûr. Ce sont les ordres.
_ Laissez moi juste écrire une lettre à mes parents.
_ Faites vite. »

Elle griffonna quelques mots sur un parchemin, expliquant juste qu'elle avait décidé de terminer ses vacances chez James en prétextant que ses disputes avec Pétunia étaient trop pesantes, et lorsqu'elle estima que la lettre était assez convaincante, elle la déposa sur la table de la cuisine, puis laissa les aurors l'emmener jusqu'au manoir. Elle atterrit devant un immense portail bleu foncé derrière lequel se dressait une encore plus immense demeure. L'un des aurors décrivit plusieurs gestes en l'air avec sa baguette, et les grilles s'ouvrirent devant eux. Lily écarquilla les yeux. Des centaines et des centaines de petites lumières blanches flottaient dans l'air le long d'un chemin qui menait droit à la porte de la maison. Elle ne voyait pas le reste du jardin dans la pénombre, mais vu le silence environnant, elle se doutait qu'il devait être gigantesque. Elle tenait à peine sur ses jambes lorsqu'on la fit pénétrer dans le hall d'entrée. Un elfe de maison referma la porte derrière elle et la mena jusqu'au salon le plus spacieux qu'elle ai vu de sa vie. Elle se laissa tomber sur le canapé alors que l'elfe de maison déposait un plaid près d'elle. Elle avait envie de le remercier, mais les mots ne sortaient pas de sa bouche. Elle était paniquée, effrayée. Elle avait peur de remettre le pendentif et de voir ce qu'il se passait à ce moment même dans l'allée des embrumes. Elle avait aussi peur pour ses parents, même si elle avait entendu les aurors parler des mesures destinées à protéger sa maison. Elle était tétanisée et elle tremblait en serrant toujours le pendentif dans sa main, les yeux perdus dans le vide. Tout était clair à présent. Elle comprenait pourquoi James était si méfiant, pourquoi il ne s'engageait pas avec les femmes, et pourquoi il s'était si longtemps complut dans son rôle de briseur de cœur. Parce que la première femme de sa vie avait brisé le sien, et que c'était le seul moyen qu'il ait trouvé pour combattre sa peine, ou du moins y faire face. James, derrière ses grands airs de prétentieux dur à cuir et arrogant, n'était en fait qu'un enfant abandonné. Elle se sentit subitement minable. Elle n'avait pas été là pour lui de la bonne façon. Elle n'avait pas su comprendre qu'il était hanté par un passé dont elle ne pouvait pas saisir la complexité. Elle avait envie de se taper la tête contre les murs. Elle avait aussi envie de le frapper pour l'avoir laissé, elle était tellement en colère contre lui, elle avait tellement mal qu'elle pensait que jamais cette douleur ne pourrait la quitter. C'est à ce moment là qu'elle réalisa que s'il revenait, elle voudrait passer sa vie avec lui. Elle était amoureuse de lui. Profondément et douloureusement. Elle ferma les yeux une minute, et elle se sentit tomber doucement sur le canapé. Elle était épuisée. Elle essaya de toutes ses forces de combattre la fatigue, mais sa tête finit inexorablement par basculer et elle s'endormit.

« Lily... »

Elle se réveilla doucement et constata que James était accroupi face à elle, en un seul morceau. Emportée par un tourbillon de colère, elle le gifla. Il ne bougea pas d'un pouce, et planta ses yeux noirs dans les siens. Combustion. Elle se jeta sur lui et l'embrassa avec toute la passion dont elle était capable. Ses mains vagabondèrent sur tout son corps pour terminer leur course dans ses cheveux alors qu'ils roulaient sur le parquet ciré du salon. Elle avait l'impression que le moindre centimètre de sa peau hurlait son nom. Sa langue déversait ses sentiments dans sa bouche, et ses doigts diffusaient toute la tendresse qu'elle n'avait plus la force de retenir sur son corps. Elle était à lui. Corps et âme. Elle avait fait sauter ses propres barrières, dépassée les limites du vraisemblable pour accéder à l'extraordinaire, elle avait franchi le commun pour atteindre le merveilleux. Elle déchira chaque vêtement qui séparait sa peau de la sienne et qui l'empêchait de se fondre dans son corps pour qu'ils n'en forment plus qu'un. Le sang de la paume de sa main se mélangea à celui d'une légère entaille dans le cou de James quand elle l'effleura malencontreusement. Elle déposa un baiser dessus et se perdit contre lui pour la deuxième fois de la journée.

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D'un coup de baguette, il alluma un feu dans la cheminée du salon dont Lily n'avait même pas remarqué l'existence avant ce moment même. Allongée sur le ventre, la tête posée sur ses mains, elle le contempla un instant. Assis en tailleur devant l'âtre, il avait l'air complètement paumé. Elle eût un frisson malgré le fait de s'être rhabillée avec les quelques vêtements qui avaient échappé à sa folie meurtrière. James retira son sweat et le lui tendit en silence. Elle esquissa un sourire et l'enfila. Il était bien trop grand pour elle, mais il sentait lui. C'était délicieux. Elle reporta son regard sur lui. Elle n'avait aucune idée de ce qu'il s'était passé dans l'allée des embrumes, mais il était chamboulé. Elle ne savait pas trop quoi lui dire. Elle voulait juste prendre sa peine. Elle se faufila derrière lui, noua ses bras autour de son cou et posa sa joue contre la sienne. Il frotta sa tête contre elle et se laissa bercer un instant.

« Laisse moi prendre soin de toi maintenant, d'accord ?
_ Pourquoi voudrais-tu faire ça maintenant que tu sais de quoi je suis fait ? Répliqua-t-il sur un ton froid qui ne trompait pas Lily. »

Il était dévasté. C'était comme si toute la façade qu'il avait mis presque dix ans à construire s'était effondrée à ses pieds à l'instant même où sa mère avait fait irruption devant eux. Lily pouvait sentir la peur qu'il éprouvait à l'idée d'être comme sa mère rien qu'en le touchant. Il était dégoûté de lui même alors qu'il n'avait rien à se reprocher, et cela brisait le cœur de la jeune femme. Elle le contourna pour venir s'asseoir en tailleur devant lui, et elle souleva son menton avec son index pour l'obliger à la regarder.

« Parce que je ne connais pas de plus belle personne au monde que toi. Et aussi parce que je suis tombée amoureuse de toi.
_ Non Lily, s'il te plaît, ne dis pas ça.
_ Si. Je suis amoureuse de toi et je n'ai plus peur de l'avouer maintenant parce que je sais qui tu es.
_ Comment tu peux dire une chose pareille ? Ma mère... Elle est partie quand j'étais petit, et depuis ce jour là je me suis vengé sur chaque fille que j'ai rencontré. Comme si ça allait l'atteindre. Et toi tu as toujours été mon plus bel objectif parce que tu avais ce foutu répondant. Quand tu t'es interposé entre Rogue et moi en cinquième année, comme je te l'ai dit il y a peu, tu m'as rendu fou. Je me suis juré que je me vengerai pour ce regard que tu m'avais lancé qui m'a littéralement brûlé vif. Tout ce que j'ai fait à partir de ce moment là, c'était pour te faire du mal. Je ne pensais qu'à ça. Quand je t'ai proposé notre marché, je savais que tu finirais par avoir des sentiments parce que ça fini toujours comme ça. Je t'ai débité toutes les plus grosses conneries du monde pour t'amener jusqu'à ce point là sans chercher à savoir ce que je ressentais. Je savais ce que je faisais quand j'ai rompu avec toi, je voulais juste te voir souffrir. Comme pour venger mon père de tout ce que ma mère lui a fait, parce qu'elle aussi, elle avait du répondant. C'est finalement le seul point commun qu'il y a entre vous. »

Elle fronça les sourcils et retira ses doigts de son visage. Elle savait qu'il était compliqué, mais là, il avait emmené le problème à un tout autre level.

« Je t'en veux d'être cette fille qui n'a pas pu se contenter d'être belle en silence. Il a fallu que tu me touches au plus profond de moi-même, et je déteste ça. Je te déteste pour m'avoir fait ça. »

Elle rencontra ses yeux noirs, et pour la première fois, ils étaient brûlants de haine. Il essayait de la repousser. Il la testait. Elle n'en avait rien à faire. Elle n'avait plus aucun instinct de survie de toutes façons.

« Je m'en fous. Je suis amoureuse de toi.
_ Arrête de répéter ça.
_ Je suis amoureuse de toi, que tu le veuilles ou non.
_ Bordel Lily mais tu ne comprends pas ?!
_ Si. Tu étais un sale con incapable de se défaire de son Œdipe qui en tenait une sacrée couche et qui a voulu me blesser, mais qui s'est retrouvé pris au piège. Je ne suis pas sotte, James. Il y a des choses sur lesquelles tu peux mentir, et d'autres sur lesquelles tu ne peux pas. Tu savais ce que tu faisais quand tu as rompu avec moi, mais tu savais aussi ce que tu faisais quand tu as accepté de revenir. Je fais d'avantage confiance à ce que je ressens qu'à ce que j'entends alors je me fous de tout ce que tu pourras essayer de me dire pour me faire changer d'avis. Tu as juste peur que je parte comme ta mère est partie alors tu m'exposes tous les recoins les plus sombres de ton âme pour me tester, mais tu sais, je suis amoureuse de toi. Je le suis entièrement. Il n'y a rien que tu puisses y faire, et il n'y a rien que je puisse y faire. C'est comme ça. Je le répéterais tous les jours de la semaine pour que tu l'acceptes s'il le faut.
_ Tu sais que je le suis, moi aussi ?
_ James, je l'ai compris au moment même où tu as dit que tu me détestais.
_ Des fois j'ai l'impression que tu me comprends plus que je ne me comprends moi même.
_ C'est sûrement parce que je suis plus toi que tu ne l'es, et que tu es plus moi que je ne le suis, dit-elle en souriant légèrement. »

Il lui rendit son sourire et ouvrit ses bras pour qu'elle vienne s'y caler. Elle n'avait plus froid maintenant.

« Je suis désolé pour ce que je t'ai fait et ce que je t'ai dit, glissa-t-il à son oreille.
_ Je suis désolée que tu sois tombé amoureux de moi.
_ Il faut pas.
_ Je sais que ça fait peur James. Je ne partirai jamais. Maintenant que je sais tout, c'est comme si nous étions la même personne, et aussi vrai qu'une personne ne peut pas se couper en deux, je ne peux pas partir. »

Il soupira de soulagement, se leva, et d'un geste habile il la souleva pour la balancer sur ses épaules comme un vulgaire sac à patates. Elle éclata de rire et lui intima de la lâcher en battant des pieds et des mains.

« Où est-ce que tu m'emmènes ?
_ Dans ma chambre ! Puisque tu sais tout maintenant, tu as gagné le droit d'y entrer. »

Il la reposa à terre lorsqu'il se retrouva devant la porte, et il l'ouvrit devant elle. Elle sautilla à l'intérieur en tournoyant pour regarder tout autour d'elle, excitée comme une enfant au milieu d'un parc d'attractions. Les murs de sa chambre étaient chocolats et il y avait des photos des maraudeurs partout. Des magasines de quidditch étaient étalés sur son bureau, alors que quelques uns de ses livres de cours jonchaient le sol, cela amusa Lily.

« Tu es la première fille à rentrer ici, expliqua-t-il sans la quitter des yeux. »

Elle lui jeta un sourire enjôleur avant de continuer son inspection. Elle avait envie de tout voir de lui. Elle s'approcha de sa fenêtre pour jeter un coup d'oeil à la vue, mais son regard tomba sur le cadre qui était posé sur la table de chevet. Elle s'en empara et le brandit devant elle.

« Aaaaah mais c'est quoi ça ?!
_ Ca, c'est ce que je me suis amusé à faire la première fois qu'on a dormi ensemble, admit-il en étouffant un rire. »

Sur la photo en mouvement, James profitait du fait que Lily dorme pour lui faire faire des grimaces horribles à l'aide de sa baguette.

« Et on peut savoir ce que ça fiche ici ? Monsieur Je-veux-te-voir-souffrir-mais-j'ai-quand-même-une-photo-de-toi-sur-ma-table-de-chevet ? Le taquina-t-elle.
_ Je me suis rendu compte que je dormais mieux quand tu étais là, c'est tout, madame-je-suis-amoureuse-de-toi-mais-je-suis-quand-même-super-chiante. »

Elle reposa le cadre sur sa table de chevet, et lui administra une petite tape sur les fesses avant de reprendre son inspection.

« Je rêve où tu viens de me foutre la fessée ?
_ Et tu l'as bien mérité, sale petit arrogant.
_ Je croyais que tu étais amoureuse de moi « entièrement », la cita-t-il en la défiant du regard.
_ Et moi je croyais que tu ne voulais pas l'entendre. »

Il eût un petit rire ironique et il l'invita à s'asseoir à côté de lui sur son lit.

« Au fait, est-ce que je peux garder ça ? Demanda t-elle en tirant le médaillon en forme de gallion de sa poche.
_ Evidemment. Je ne l'ai pas fait pour la voisine, se moqua t-il.
_ Ne te méprends pas, ça n'a aucune valeur sentimentale pour moi. C'est juste pour que je puisse surveiller mon petit-ami au cas où son sale con intérieur déciderait d'aller draguer des filles pendant que je ne suis pas là.
_ Oh oui, bien sûr. C'est d'ailleurs pour l'exacte même raison que ton sale con de petit-ami te l'a donné, et non parce qu'il avait peur que sa mère s'attaque à toi ou que ton ex refasse surface un de ces quatre pour te faire du mal.
_ Mon petit-ami doit quand même être sacrément accro pour faire un truc pareil.
_ On dirait bien. Quoi qu'il en soit, il aimerait te présenter à son père en bonne et due forme, un de ces quatre.
_ J'en serais ravie, répondit-elle en souriant. »

Elle gigota jusqu'à se retrouver en tailleur sur son lit, et, sans trop savoir si c'était une bonne idée ou non d'aborder le sujet, elle se lança.

« Que s'est-il passé dans l'allée des embrûmes ? »

Une ombre passa sur son visage. Il était peiné, et désolé à la fois.

« Mon père est les autres aurors ont arrêté Kate, ma mère. Elle sera jugée au ministère et ils l'enverront sûrement à Azkaban. Elle voulait m'emmener faire ma marque.
_ Je suis désolée.
_ Si ça peut te rassurer, je suis soulagé. C'est une sorcière extrêmement expérimentée, c'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai choisi de partir avec elle quand elle a menacé de te tuer. Je n'aurais rien pu faire pour te défendre. Quand elle s'est enfuie du manoir il y a presque 10 ans, mon père était ébranlé mais il a tout fait pour ne rien laisser paraître. Il m'a protégé et s'est occupé de moi seul. Il ne l'a jamais dénigré devant moi au cas où elle déciderait de revenir parce qu'il voyait toujours le bon en elle alors qu'il n'y en a plus depuis très longtemps. Maintenant elle ne peut plus faire de mal à personne là où elle est.
_ C'est... Dur. »

Il haussa les épaules. Pour lui, c'était presque normal. C'était tout ce qu'il avait connu. D'autant plus qu'autour de lui, Sirius s'était fait rejeté par sa famille de mangemorts, et les parents de Rémus étaient terrifiés par la lycanthropie de leur enfant.

« c'est beaucoup plus simple avec toi à mes côtés, admit-il. »

Elle leva ses yeux émeraudes vers les siens. Comment était-il possible que deux personnes si différentes soient autant en harmonie ? Comment pouvaient-ils se perdre si profondément l'un dans l'esprit de l'autre qu'ils n'en étaient plus capable de se différencier ? Ce n'était pas juste à cause des impulsions électriques qui traversaient son corps, ce n'était pas parce que sa pression artérielle montait en flèche, ce n'était pas non plus juste parce que ses artères se contractaient ou que la température de son corps augmentait quand ils étaient tous les deux, c'était parce que c'était lui. Lui et ses foutus yeux plus noirs qu'une nuit sans étoile. Combustion spontanée.