Titre : Roma Love Story

Pairing : Yamamoto TYL X Gokudera TYL (8059 Ten Years Later)

Rating : M

Genre(s) : UA, POV, romance, drama …

Warning : Violence - verbale ou physique - et des trucs cochons tout au long de la fiction, attention :)

Disclaimer : Les personnages sus-mentionnés dans cette fiction appartiennent à Akira Amano ; l'histoire est à moi, enfin elle est inspirée d'un magnifique film BL thaïlandais qui se nomme Bangkok Love Story et dont j'ai choisi de reprendre la trame en l'associant aux personnages de l'univers de Reborn, notamment Yamamoto et Gokudera TYL soit lorsqu'ils sont adultes et ont vingt-quatre ans – et un sex-appeal de malade oui xD.

Note : Coucou !

C'est la forme ? ( Autant qu'une semaine de bac puisse l'être ? Courage aux concerné(e)s, faîtes de votre mieux ! ). Je suis contente, visiblement ce petit prologue vous a mis l'eau à la bouche. Merci ! Il ne tient qu'à moi d'essayer de gérer la suite … ;) l'histoire se met en place doucement mais rapidement à la fois, vous verrez.. J'espère que ce premier chapitre vous plaira ! Il faut que vous sachiez, si vous êtes habitué au Gokudera des WTF, qu'ici j'ai choisi de mettre en scène un Gokudera un peu plus mature autant dans ses propos que ses actes... Et quoi de plus normal, vu le boulot et l'ambiance générale de son univers. Vous vous ferez une petite idée en lisant ce qui suit.

Continuez à me donner vos avis/impressions, ça me fait très plaisir :)

Makubex : Mention spéciale à ta review, j'ai rigolé mais rigolé... On sent la frustration, le bout du rouleau... Je le prends bien, merci ! XD

MarryA : Merci beaucoup, c'est vraiment très gentil... ;) j'espère que cette suite te plaira. Ton soutien me fait très plaisir ! A bientôt !

Les autres, vous qui avez un compte, je vous répondrez quand les choses se seront mis en place plus amplement... ^^

Merci encore à tous, et à très vite !

-x-x-

Le coup était parti et il ne fallut pas plus d'une seconde pour que le corps s'échoue au sol, inerte, répandant un bruit sourd et fugace. Une large tache rougeâtre prit forme sur la poitrine de l'homme qui gisait désormais contre le macadam. Là, au milieu de la rue, en pleine journée, parmi les voitures garées en double file et les passants qui affluaient de l'autre côté de la rue venait de se produire un meurtre. Encore. C'était monnaie courante, ici ; Des assassinats étaient perpétrés tous les jours, mais personne n'était au courant. C'était la seule règle à respecter dans le métier hormis le contrat à remplir : la discrétion. Tuer des gens, personne ne veut faire pareille besogne, personne ne doit faire pareille besogne mais pourtant... Les tueurs à gages et assassins sont là, parmi la foule et il opère juste sous ses yeux. Ceux qui savent ou on vu quelque chose ne sauront pas et n'auront rien vu. Quand on est payé pour tuer quelqu'un, on est payé pour entretenir le secret ; On est payé pour influer sur le cours naturel des choses ; on est payé pour n'être personne ; on est payé pour amener la mort. On est la Mort.

« Le contrat est rempli. »

Ma voix se perd en un murmure indistinct avant de disparaître, laissant de nouveau place au silence ambiant. Je rabaisse ma casquette sur mon visage et range mon arme dans ma poche avant d'y mettre mes mains et de disparaître dans la première ruelle adjacente qui se présente à moi, d'un pas rapide et assuré. Les habitations défilent et je m'écarte prudemment des quelques gens remontant la rue en contre-sens. Sous mes doigts, la photo de l'homme gisant désormais au sol quelques rues plus en hauteur, se froisse et je me poste contre le mur, dans la pénombre de la ruelle redevenue déserte et silencieuse. Je m'y adosse et sort mon zippo ainsi que le cliché que je porte contre la flamme qui danse au fil de la légère brise et de mon souffle qui malgré tout reste régulier et étrangement calme. Le papier se désagrège aussitôt, le faciès du mafieux s'enflamme rapidement pour finir au sol en un infime tas de cendre mêlant nuance de gris et de blanc. Je l'observe un moment et l'éparpille d'un mouvement de pied avant de reprendre ma route et de me mêler à la foule qui se presse sur l'avenue bordant le Colisée.

C'est mon quotidien. Ce qui vient de se dérouler rythme ma vie. Je m'appelle Hayato Gokudera et j'ai ce qu'on peut appeler un travail. Je fais ce que personne ne veut faire... Je tue des gens. Je fauche la vie depuis que je suis adolescent. C'est la seule chose que je sais faire, c'est l'unique chose pour laquelle je suis doué ; j'ai toujours tué des gens ; c'est ancré en moi, ça fait partie de moi. Le seul élément auquel j'accorde un minimum d'importance réside dans le choix de mes cibles. Je ne choisis pas de tuer n'importe qui... Je ne choisis pas les contrats au hasard. Il y a des Hommes en ce bas monde qui mérite la mort. Il y en beaucoup. Plus que vous ne pouvez l'imaginer. Le type que je viens d'abattre, sans aucun remords, était un émissaire de la mafia opérant à Naples, impliqué dans de nombreuses affaires de prostitution et de trafics d'armes, en déplacement dans la capitale. Manque de chance pour lui, c'était le déplacement de trop.

Je vous assure qu'ici le mal est partout, dissimulé, caché aux yeux de tous. Dans la pénombre, et même parfois au grand jour, des horreurs sans nom n'ont de cesse de se dérouler. Ce pays est corrompu jusqu'à l'os, pourri jusqu'à la moelle... Ce pays est ma raison de vivre.

L'après midi touche à sa fin et je continue ma route, me mêlant à la masse ambiante ; des touristes, beaucoup de touristes affluent dans la capitale durant cette période ; C'est le moment idéal pour remplir les contrats. Si personne ne doit savoir ce qu'il se passe, la foule représente néanmoins un des meilleurs écrans qui soit, une des meilleurs cachettes qui existe ; parmi eux, je n'existe plus, je ne suis rien, je ne suis personne, je me faufile vers la suite, je m'échappe tout doucement, je glisse hors de la zone de preuves. C'est essentiel. Un dernier écart et je me dirige vers une autre rue dont les habitations sont délabrées et seuls quelques chats errants y ont élus domicile, chassant les rats qui s'échappent vers les égouts en des petits cris apeurés. Un dernier regard derrière moi, alentours, m'informe que je suis définitivement seul. Personne ne me suit ; C'est essentiel de vérifier que vous n'êtes pas suivis. C'est vital même.

J'entre doucement dans un des locaux délabrés et extirpe un petit trousseau de clé de ma poche tout en montant l'escalier en ruine, menant à mon logement. Le vieux bois craque sous mon poids en un bruit sinistre. Une fois en haut, je me dirige vers le fond du couloir et ouvre la porte avant de pénétrer dans la pièce plongée dans les ténèbres et de refermer aussitôt derrière moi, ajoutant à la sécurité de la clé, les verrous et autres barillets prenant place sur la porte, de l'intérieur. Sécurité et prudence, deux choses qui vont de paires également dans ce milieu. Je me dois de ne pas exister et de ne donner à personne – ou presque – l'opportunité de savoir que j'existe. Bref.

Je me dirige d'un pas assuré, dans le noir complet, vers la table prenant place dans le fond de la pièce et allume la petite lampe à pétrole qui trône sur la surface jonchée de documents, allumant mon ordinateur portable au passage. Les volets sont étroitement fermés et ils le resteront jusqu'au bout. La pièce s'éclaire doucement, laissant apparaître les murs affichés d'articles de presse, de photocopies, de photos d'hommes et de femmes – certains sont barrés d'une large croix rouge – ainsi que de brouillons et croquis en tous genres. J'enlève ma casquette et la lance sur le lit à droite avant de faire craquer mes cervicales et de porter une main contre mes cheveux que je me mets à fourrager avec fatigue. Il fait chaud, mes vêtements me collent à la peau ; j'ai besoin d'une douche. Je me dirige vers la petite salle de bain attenante et laisse choir veste, t-shirt, boxer, pantalon et chaussures au sol avant d'entrer dans la cabine de douche et de me laisser envahir par la quiétude de l'eau chaude qui cascade sur mon corps. Ça fait du bien. J'ai l'impression, dans le même temps, de me laver de tous ces mafieux véreux et de leurs atrocités. Ces individus me dégoutent.

Je travaille bien souvent pour des gens que j'exècre au plus haut point. Ça aussi, je m'y suis fait. C'est dans l'ordre des choses.

Quelques instants plus tard, je sors, me sèche rapidement, me rhabille avant et de me regarder rapidement dans le miroir ; j'arrange mes cheveux argentés en quelques coups de peigne efficaces et m'avance vers mon ordinateur, m'informant de la situation dans le pays, en Europe, outre-Atlantique, dans le monde. Le monde va mal ; Les ressources s'épuisent, les minorités souffrent et meurent lentement sous l'œil des plus aisés, les individus hauts placés ainsi que les dirigeants continuent d'entretenir la peur et l'angoisse au sein des populations... Le fruit appelé Terre continue doucement de pourrir à vue d'œil grâce à l'être humain … Le monde va mal donc tout va bien pour moi, ha ha.

J'esquisse un sourire désabusé et écœuré puis met l'ordinateur en veille avant de venir prendre ma veste, d'en tirer mon pistolet et de le poser délicatement sur la table basse. J'allume une cigarette et m'empare d'un chiffon avant de me laisser tomber sur le canapé de fortune et de commence à nettoyer précautionneusement mon arme. C'est grâce à elle que je peux effectuer ce pour quoi je donne tant d'ardeur ; c'est par elle que je peux opérer mon travail de nettoyage. C'est grâce à elle que je tente de purifier – un peu. A mon échelle - ce monde. C'est elle qui effectue la justice. Mon arme est un semi-automatique, un Beretta 92, 9 millimètres et elle a fauché plus de vie que vous ne pouvez l'imaginer.

Je continue de manipuler mon pistolet un moment puis le repose et me laisse couler contre le canapé avant de fermer doucement les yeux et de me laisser emporter par le sommeil. J'en profite, je n'ai pas de temps à consacrer au sommeil en général. L'opportunité est la bienvenue. Je sais pertinemment que ma prochaine cible sera désignée prochainement... Probablement cette nuit, ou au petit matin.

Quelques heures se sont écoulées quand mon téléphone vibre et me sort de mon sommeil. Bingo. Le message caractéristique de contrat vient de me parvenir. A présent, je dois aller chercher l'enveloppe qui renferme les informations dont j'ai besoin : le visage et le nom de ma future victime. Le reste, je m'en occupe. J'accepte ou je refuse. Je n'ai pas encore eu à refuser un contrat dans toute l'histoire de mes assassinats. Toutes les personnes ayant été désignées par mes « employeurs » étaient de belles pourritures. Je me relève, range mon pistolet dans la poche intérieure de ma veste, replace ma casquette, vissant la visière au plus bas, cachant partiellement mon visage et éteint la vieille lampe à pétrole avant de sortir à nouveau, m'enfonçant dans la nuit de la capitale italienne.

Un rapide repas à l'appui, je quitte l'étal de restauration rapide et me dirige vers les bords du Tibre, plus précisément vers cette vieille cabine téléphonique perdue dans un cul de sac donnant sur le célèbre fleuve. L'endroit importe peu, il n'est jamais le même. L'enveloppe est là, coincée scrupuleusement entre le combiné et la vitre craquelée et crasseuse. Je regarde encore une fois derrière et autour de moi et m'empare de celle-ci que je fourre dans ma poche avant de rebrousser chemin pour regagner mon point de chute. Ne jamais ouvrir une enveloppe sur place, c'est une autre règle. J'aviserai son contenu une fois rentré.

Lorsque je parviens de nouveau chez moi, je ferme à double-tour derrière moi et allume la lumière avant de me dévêtir et de sortir l'enveloppe d'un blanc douteux. Je me pose devant mon ordinateur et commence à arracher le papier pour en sortir la photo caractéristique ainsi que le nom associé. Mes sourcils se froncent.

J'observe scrupuleusement le visage se présentant devant moi ; la photo est floue et assez lointaine mais le faciès de l'individu s'imprime pourtant dans ma tête. L'individu en question est d'origine asiatique, probablement japonaise vu le nom, a des cheveux noirs en bataille, une peau légèrement bronzée et surtout une mince cicatrice sur le menton ; un élément important qui permettra de le reconnaître plus facilement une fois sur le terrain. Il s'appelle Takeshi Yamamoto et il mourra probablement ce soir. Un détail autre que son physique me chiffonne pourtant : il sourit. Un léger sourire se dessine sur son visage donnant cette impression de bonheur dégoulinant et de niaiserie manifeste. J'esquisse un sourire moi aussi ; C'est la première fois qu'on m'assigne une cible de cet acabit – physique s'entend. On est loin des vieux pourris dont les activités illicites et malsaines se lisent sur leur visages/physique. Le type qui se présente sur la photo que je tiens toujours entre mes doigts aspire a une sorte de joie et d'apaisement étranges puis... Il est probablement dans la même tranche d'âge que la mienne. C'est déroutant. A cet instant précis, je me suis mis à douter quant à la culpabilité de ce gars. Sincèrement. Il fallait que je fasse des recherches sur lui pour découvrir pourquoi il avait été mis sur liste noire, pourquoi sa tête était mise à prix, pourquoi je devais le tuer. Je rallume mon ordinateur.

Je fais toujours des recherches sur mes futures cibles ; C'est ma police d'assurance. Je veux être sûr que ces gens sont des ordures, des monstres notoires qui méritent de payer de leur vie pour ce qu'ils ont fait. Or ce type en question – je baisse de nouveau les yeux sur la photo – ne m'inspire aucune horreur ou activités criminelles de quelconque ordre. Un autre sourire vient fleurir sur mes lèvres ; S'il y a bien une chose que j'ai appris dans ce métier c'est de ne pas se fier aux apparences. Une gueule d'ange peut très bien habiter le diable. Ce type est probablement une ordure de premier ordre pour qui la nature a été généreuse. Manque de chance pour lui... Si je découvre quoi que ce soit de négatif le concernant, je le tuerai sans ménagement. Le monde n'a pas de temps à perdre avec des individus de cette espèce.

Je cale la photo contre l'écran de mon ordinateur et commence alors mes recherches.

-x-x-

Quelques heures plus tard, je dois me rendre à l'évidence : d'un point de vue judiciaire, Takeshi Yamamoto est clean. Blanc comme neige. Pas une tâche sur le tableau de son existence. Son casier est vierge et il n'a aucun antécédent témoignant d'une mauvaise conduite ou d'événements louches. Ce gars est une personne lambda ! Plus ordinaire, tu meurs. Je soupire et enlève mes lunettes avant de venir me pincer l'arrête du nez. Qui est ce type ? Pourquoi est-ce que je dois le tuer ? Qu'est-ce qu'il a fait ? Je jette un autre regard à la photo et finit par prendre mon paquet de cigarettes et d'en allumer une d'un geste salvateur. Je tire sur le cylindre de tabac en continuant de fixer le visage face à moi. Je l'ai tellement observé depuis que j'ai cette photo que le faciès de ce type commence à devenir flou autant devant mes yeux que dans ma tête. De mémoire, je pense que c'est la première fois que je me pose autant de question sur une future cible. Si ça ne tenait qu'à moi, je dirais que ce type n'a strictement rien fait qui induise de lui ôter la vie... Malheureusement, ça ne tient pas qu'à moi. Mais cette option, je la garde en dernier recours ; pour le moment, je vais aller sur le terrain et observer Takeshi Yamamoto plus amplement pour voir de quoi il en retourne plus en détails. J'ai ses coordonnées, internet – pirater les bases de données de l'état, notamment - me les a gentiment donné donc, comme d'habitude, ça ne devrait pas être compliqué de le trouver. Visiblement, sa famille tient un restaurant de sushis dans le centre-ville et il travaillerait a leurs côtés. Encore une fois, la situation me paraît beaucoup trop étrange. Ce gars a le boulot le plus banal qui soit... Une couverture, peut-être ?

Un regard vers l'heure m'indique qu'il est désormais 7h du matin. J'écrase mon mégot dans un cendrier de fortune et détache mes cheveux avant de m'étirer puis de me lever, prenant soin d'éteindre l'ordinateur au passage. J'attrape la photo que je vais coller au mur débordant déjà de visages en tous genres et jette un dernier regard dessus afin de m'approprier le faciès une dernière fois. Encore une fois, le sourire de ce gars me déroute et je pense à un piège en me disant que forcément ce type doit être dangereux d'une quelconque manière que ce soit. Il faut que j'en sache plus avant d'agir car plus que tout... Il est impensable que j'enlève la vie d'un innocent. Ce n'est pas dans mes projets et ça ne le sera jamais. Or c'est peut-être dans les projets de mon « employeur » et ça... Ce n'est pas dans mes intentions de cautionner. Bref. Je visse de nouveau ma casquette sur ma tête, enfile ma veste en vérifiant que mon pistolet est toujours à sa place, prend mes cigarettes et mes clés et quitte l'habitation en direction du centre-ville.

Le temps s'écoule et je le passe minutieusement ; Je choisis de patienter et de me mêler à la foule qui se presse au restaurant dans les environs de midi. Je ne rentre pas et me poste au devant, observant avec précaution le bâtiment et les allers et venues que je distingue à l'intérieur. Takeshi Yamamoto est là, identique à la photo. Il est grand, vif dans son boulot et souriant – un peu trop d'ailleurs – et jusqu'à présent, absolument rien ne m'intime à penser que c'est une mauvaise personne.

Pourquoi fait-il l'objet d'un contrat d'assassinat ? !

J'observe encore un moment le type en question puis dans l'après-midi, il sort enfin du commerce. Il salue l'intérieur et fourre ses mains dans ses poches avant de s'avancer dans la rue. Je me redresse légèrement sur mon banc, abaissant à nouveau ma casquette, prêt à le filer. Il porte une simple chemise blanche et un pantalon noir. Même son style est banal à souhait. Je vais devoir avoir l'oeil pour ne pas le perdre de vue parmi les passants. Une heure plus tard, il rejoint une fille dans le quartier commerçant. Une brune avec une queue de cheval ; Cette dernière sautille partout comme une pintade et se pend aussitôt à son bras avec un gigantesque sourire ; sa copine sans aucun doute. Ce gars est bel et bien un type normal, plutôt beau gosse, qui a une vie normale : un boulot, une copine... Pas une seconde je ne m'attends à ce qu'il dégaine.. Je sais pas, un cigare hors de prix, un couteau, un fusil à pompe ou même un bilboquet. Sérieusement...

J'ai pratiquement passé la journée à le filer, l'observer et vraiment, je cherche toujours l'entourloupe. C'est peut-être ça le point fort du type, brouiller l'opinion. Autant l'avouer, si c'est le cas, il est passé maître dans l'art de la couverture. Cependant, j'ai appris dans ce boulot à me méfier en toutes circonstances donc je me donne jusqu'à ce soir pour amener mon verdict le concernant.

Concrètement, ils sont allés mangé dans un établissement de restauration rapide, souriant et rigolant à tous va. Le parfait couple. Un peu mielleux sur les bords... Enfin pour ce que j'en ai à fiche. C'est ce que ce gars pourrait faire d'illégal qui m'intéresse, le reste... Il pourrait être fana de sport ou autres, je n'en aurais strictement rien à secouer. Le fait étant qu'il faut absolument que je découvre un truc louche et pas réglo sur lui... Le cas échéant, il faudra que je passe à l'étape supérieure.

Quand ils se sont levés pour sortir du restaurant, j'en ai fait de même et alors un serveur m'a bousculé, s'excusant aussitôt d'une voix - trop - forte. Merde. Le couple s'est retourné vers nous et l'espace d'une demi-seconde, j'ai croisé le regard du beau gosse. Merde ! C'était vraiment pas prévu et aussitôt j'ai détourné la tête et suis parti sous les vagues d'excuses du serveur qui continuait à brailler comme un imbécile. C'était moins une que j'apostrophe ce gars, il venait de ruiner ma filature en bonne et due forme ! Ça aussi, c'était une première...

Je me suis éloigné un moment pour me refaire une discrétion en conséquence puis j'ai retrouvé le japonais, toujours en compagnie de sa copine, aux abords d'un cinéma. Ils ont prévu de se faire une toile ; parfait. La salle obscure représente un écran non négligeable, aussi je décide de les suivre à nouveau, adoptant une distance de sécurité adéquat. Le seul bémol étant leur choix de film... A ma distance, je ne peux pas savoir mais avec un peu de bon sens, j'imagine que c'est le blockbuster américain qui vient de sortir. Bingo. Ils ont pris leur place, j'ai fait de même. Ils se sont placé au centre de la salle et moi sur l'extrême gauche, à une distance toujours favorable à l'obtention d'informations notamment visuelles ; je les aient toujours dans mon champ de vision.

L'obscurité se met en place et le film commence. Et là, à ce moment, j'ai décidé de passer à la vitesse supérieure ; Et l'opportunité s'est présenté a plus de la moitié du film. Takeshi Yamamoto s'est levé, se dirigeant vers la sortie. C'est pile ce que j'attendais. Pas question de rater une occasion pareille. Je me lève à mon tour et me dirige moi aussi vers la sortie de la salle, gardant une distance de sécurité suffisante. Je le vois pénétrer dans les toilettes pour hommes ; J'observe alentour, le couloir est désert, les séances battent leur plein et il y a peu de chances que quelqu'un débarque. Enfin, ça c'est l'hypothèse favorable. Dans tous les cas, je vais devoir faire vite. Je pénètre moi aussi dans les toilettes et le remarque aussitôt qui termine sa petite affaire et va se poster devant le lavabo. Je me rapproche de lui, en silence, et sort mon pistolet que je braque dans son dos. Il pousse un cri de surprise et relève la tête avant de me lancer un regard interrogateur à travers le miroir. Je ne distinguait pas sur la photo mais ses yeux sont marrons clairs et il me scanne silencieusement en restant immobile. Je le fixe moi aussi à travers mes mèches et le peu que ma casquette dévoile de mes yeux :

« Takeshi Yamamoto, tu vas venir avec moi. »

Il fronce les sourcils et soudain son regard s'illumine, sans se départir de son air surpris :

« Tu... Tu es le type de tout à l'heure ! »

Merde, il s'en rappelle. J'ai vraiment foiré sur ce coup. Connard de serveur. J'élude et presse à nouveau mon arme contre lui, le faisant tressaillir légèrement.

« On va sortir d'ici en silence. Tu vas faire comme si de rien n'était. À la moindre incartade ou tentative de fuite, je te descends, on s'est compris ?

- ... Qu'est-ce que tu me veux ?

Le ton de sa voix est devenu soudainement bas, prudent et teinté d'appréhension. Il a tourné légèrement la tête, à demi, les mains toujours prostrées contre le lavabo.

- C'est moi qui pose les questions, je fais en collant à nouveau brutalement le canon de mon pistolet contre son dos, le faisant tressaillir. On s'est compris, oui ou non ?

Ma voix se fait plus dure et autoritaire. Il agite doucement la tête de haut en bas.

- Mais je... Ma..

- Laisse tomber ta copine, c'est mieux que tu ne l'implique pas là-dedans. »

Il redresse la tête et déglutit avec lenteur. Ses yeux se posent à nouveau face à lui et on se fixe encore un moment à travers le miroir puis il finit par baisser le regard et acquiescer une nouvelle fois avec abandon.

« Bien, alors écoute : tu vas rester à côté de moi jusqu'à ce qu'on foute le camp d'ici. Une fois dehors, on va prendre à gauche jusqu'à la troisième rue en contrebas. Si tu t'enfuis ou tentes le moindre truc, je te retrouve et je te plombe. »

Un nouveau silence pesant s'installe et il accepte finalement. Je baisse mon arme avant de me reculer sans le quitter des yeux. Il se retourne prudemment et me fait face, dardant son regard dans le mien en attente de la suite. Je désigne la porte d'un simple coup de menton et il soupire, résigné, avant de se diriger vers la sortie.

A suivre...