Titre : Roma Love Story

Pairing : Yamamoto TYL X Gokudera TYL (8059 Ten Years Later)

Rating : M

Genre(s) : UA, POV, romance, drama …

Warning : Violence - verbale ou physique - et des trucs cochons tout au long de la fiction, attention :)

Disclaimer : Les personnages sus-mentionnés dans cette fiction appartiennent à Akira Amano ; l'histoire est à moi, enfin elle est inspirée d'un magnifique film BL thaïlandais qui se nomme Bangkok Love Story et dont j'ai choisi de reprendre la trame en l'associant aux personnages de l'univers de Reborn, notamment Yamamoto et Gokudera TYL soit lorsqu'ils sont adultes et ont vingt-quatre ans – et un sex-appeal de malade oui xD.

Note : Hey,

Pardonnez-moi pour le temps d'attente ! ... Outch. J'espère que je vais vous retrouver quand même et que vous ne m'avez pas oublié, lol. Je voulais remercier les revieuweuses sur les chapitres précédents, vos mots m'ont fait très plaisir et je suis ravie que voir que tout ceci vous plait : MarryA, Aho-Ushi-Lambo, Makubex, shimizuu, Dauphine18x27, Wellingtom M, LN-Jeliel, MadLu-chan, toky-chan.

L'histoire avance doucement et ce chapitre présente le début des aventures réelles de nos deux éphèbes, graouh. Amusez vous bien pendant la lecture et aussi, il est fort probable que je m'éloigne du scénario originel et vais vaquer sur des terres plus vastes que ce que le film veut bien nous présenter because, j'ai de nouvelles idées florissantes et croustillantes dans la tête les concernant :D Et comme vous le savez... L'écriture nous dirige et non l'inverse... lol Dans tous les cas, j'espère que cela continuera à vous plaire, n'hésitez pas à m'en faire part... ça prend pas longtemps, en principe! merci.

A bientôt,

-x-x-

La douleur.

J'ouvre difficilement les yeux et tente de me relever quelque peu, en vain. Ma vision est trouble et mon corps engourdi de toutes parts. Je suis allongé et un vague coup d'oeil face à moi m'indique que je suis torse nu et qu'un large bandage taché de rouge entoure mon bras gauche. Les souvenirs affluent et je me relève lourdement, m'appuyant sur mes bras et provoquant alors un pic de douleur insoutenable. Un cri m'échappe. Je parviens à m'assoir et la faible lueur qui parvient à mes yeux m'indique que je suis chez moi. La lumière c'est celle de la vieille et unique lampe à pétrole qui trône chez moi. Merde, comment j'ai atterri ici ? Dans mon souvenir, on se faisait plomber avec l'autre con de japonais...

… Putain...

Le canapé attire alors mon attention ou plutôt le corps allongé dessus. J'écarquille les yeux. Il est là. Ce con de japonais pour qui j'ai failli crever est là, paisiblement endormi, sur le dos, les bras repliés derrière contre sa nuque ! Ce gars est chez moi. Ce gars aurait pu se barrer, aurait du se barrer ! … Merde... la douleur et l'horreur de la chose se battent de concert dans mon corps et mon esprit. Un violent haut-le-corps me traverse et je me dirige, gauche au possible, manquant de buter mon bras bandé dans le mur, vers la salle de bain. Et là, je vomis dans la cuvette des toilettes, sans autres formes de cérémonie. Une bile âcre remonte le long de mon œsophage et me lacère les entrailles. La douleur dans mon estomac couplée à celle de mon bras me font pousser un cri d'agonie. Je jure en tenant mon bras à l'aide de l'autre, valide. Je suis en sueur et j'ai qu'une envie, en finir pour stopper toute cette vaste connerie. Je me traine contre la baignoire et me laisse couler contre le carrelage froid et délabré, ramenant un temps soit peu un genou contre mon buste. Impossible d'amener les deux, la douleur est trop infâme.

Quelques minutes passent, j'ouvre à nouveau les yeux vers l'entrée de la salle de bain et devant moi, je distingue le beau gosse qui s'approche prudemment. Quand il parvient à une distance trop proche avec dans le but de m'aider à me relever, je me redresse et lui balance mon poing dans la gueule, avec la force du désespoir. Sa faute. Toute cette merde est sa putain de faute !

« Me touche pas, putain ! »

Je me laisse à nouveau tomber au sol et le japonais porte une main contre sa joue devenue rouge et gonflée ; j'y suis pas allé de main morte. Qu'il aille se faire foutre !

« C'est normal que tu ais mal, les anti-douleurs ne font plus effet... » Qu'il murmure en désignant mon épaule d'un mouvement de menton, toujours ce calme étrange et déroutant à l'appui.

Contrairement à moi, il semble pas affecté outre mesure. Pourquoi ? C'est quoi son problème à la fin ? J'ancre à nouveau mon regard vers lui, interrogateur et agressif. Mélange des deux. J'ai plein de trucs à lui dire, des tas de choses à lui demander mais plus que tout, j'ai envie de le tabasser. Mon corps m'en empêche, je parviens même pas à lever ma putain de carcasse. Ha ha. Fais chier. Le beau gosse m'observe toujours puis finit par passer une main dans ses cheveux puis de s'adosser contre le mur. La fatigue se lit aussi sur son visage... Qu'il aille au diable, j'en ai rien à foutre de son état ! A défaut de pouvoir le passer à tabac, j'ai qu'une envie : qu'il se barre !

« Tu te rappelles ce qui s'est passé ? »

Il veut causer de ça, sérieusement ? J'acquiesce après un court moment de flottement. Je me rappelle oui mais comment on s'en est sorti, non. Il étire un mince sourire contrit avant de continuer et de désigner ma blessure.

« On a réussi à s'en tirer mais tu t'es pris une balle dans l'épaule... Je me suis douté que tu ne voudrais pas aller dans un hôpital ou une clinique donc j'ai fait comme j'ai pu.. Je l'ai enlevé moi-même et j'ai trouvé des médicaments dans la boite à pharmacie, qu'il fait en désignant le dessus du lavabo. J'ai dû faire rapidement sinon ça allait s'infecter. »

Je le regarde, interloqué. Il ment, n'est-ce pas ? Comment ce con a pu faire ce genre de choses ? La véritable question étant : pourquoi l'a t-il fait ? Aux dernières nouvelles, j'étais censé le butter. Enfin...

« Tch. Pourquoi tu t'es pas barré ? »

Je devrais le remercier, ouais. Mais j'en ai pas la force. J'ai besoin d'explications et ce con a intérêt à me les fournir.

« Parce que je te dois la vie. »

Je me relève avec difficulté, m'appuyant contre le rebord de la baignoire, un sourire faux prenant place sur mon visage.

« T'es con ou quoi ? Mon but c'était de te tuer !

- ... Oui et tu ne l'a pas fait donc...

- Donc rien du tout, tu te casses. »

Premier avertissement.

Je passe à côté de lui pour retourner dans la pièce principale, manquant pas de lui lancer le regard le plus venimeux que j'ai en réserve. Evidemment, il me rejoint et bouge pas d'un pouce, continuant de me fixer avec ses putains d'yeux brillants. Ce gars me saoule, putain de merde ! Si c'était pas mon but avant, désormais j'ai envie de le réduire en pièces ! Je pousse un juron, aperçoit ma veste et miracle, mon flingue est là. Je vérifie le chargeur et met aussitôt ce con en joue. Il recule, levant doucement ses mains devant lui en me lançant un regard prudent.

« Dégage. » Je fais en me rapprochant jusqu'à le pousser avec le bout du canon vers la porte.

Deuxième avertissement.

La rage me prenait aux tripes; s'il se cassait pas, j'étais capable de lui foutre une balle là maintenant et visiblement il l'a compris puisqu'il a acquiecsé silencieusement, m'intimant toujours de me calmer avec ses yeux et ses gestes à la fois lents et précis. Son regard était braqué sur mon bras et un rapide coup d'oeil m'a affectivement montré que je pissait de nouveau le sang.

« Tu devrais pas faire d'efforts sinon...

- Tu fermes ta gueule ! »

La sueur macule ma peau. J'ai chaud. J'ai mal. Je dois avoir une gueule de chiotte. Je m'etonne de parvenir encore à me tenir debout. Je suis au bout du rouleau... j'ai l'impression que je vais sombrer à n'importe quel moment. Ma vision est trouble et ma respiration devient de plus en plus chaotique. J'ai du mal à respirer... Je vais vraiment finir par crever, là, comme une merde. Putain.

« Je... Veux.. Je veux que t-tu te... Barres. Casses-toi. » Je fais en un effort qui me semble surhumain alors que le canon de mon flingue est même plus dirigé vers l'autre con mais contre le sol ; je parviens plus à garder mon bras valide droit.

Takeshi Yamamoto a sensiblement baissé les mains mais garde cette distance de sécurité manifeste. Il hoche lentement la tête et ses yeux s'ancrent sur le sang qui commence à couler le long de mon bras blessé. Je sens le liquide chaud dévaler ma peau, s'échappant de la compresse imbibée au maximum et de fait devenue gênante. J'ai l'impression d'avoir un poids mort contre l'épaule, c'est écœurant. Pendant ce temps, le japonais a tenté un pas dans ma direction et je le met aussitôt de nouveau en joue, dardant mon regard venimeux dans sa direction. Il se stoppe et soupire doucement.

« Je vais partir, je te le jure mais avant ça... Laisse-moi, au moins, changer ton bandage.

- Va te faire foutre... »

Un rire désabusé m'échappe et mon corps tangue dangereusement. La main tenant mon flingue se balance gauchement au rythme des soubresauts entrepris par mon corps. Je deviens cinglé.

« Je ne suis pas armé. Je ne ferai rien... Il tente à nouveau, chuchotant en continuant de me fixer avec prudence.

- T'es un con. J'aurais du te buter, putain ha ha ! »

Il fronce les sourcils et se mord rapidement la lèvre en me... Suppliant du regard ? Ce gars cherche même pas à se tirer, il veut panser ma putain de blessure. C'est pas moi le fou, c'est ce mec. J'ai deviné son secret : c'est un suicidaire. Il est taré. Je vois pas d'autres possibilités.

Je connais ce type ; je connais sa petite vie par coeur. Mais en même temps, c'est un inconnu. Et il me fait peur. Sa gentillesse outrancière, je sais pas comment appeler le fait qu'il se comporte ainsi avec moi, me fait flipper. Et je crois qu'il l'a compris. C'est même sûr. J'ai l'impression d'être un animal blessé et acculé face à lui. Qu'est-ce qu'il cherche à obtenir, à la fin ?

« Je sais que tu réfléchis beaucoup mais, il reprend toujours son calme déroutant, je veux juste te rendre la pareille pour m'avoir sauvé la mise. C'est tout. Après je m'en irai, c'est promis. »

Je lui lance un nouveau regard mauvais. C'est tout ce que j'arrive à faire à ce stade... J'entends mon flingue qui vient de s'écraser au sol en un bruit sourd et la brume caractéristique qui s'installe à nouveau devant mes yeux et dans ma tête. Un juron m'échappe alors que mon corps bascule pour finir sa course, non pas sur le sol, mais contre une chaleur inconnue et interdite ; enfin inconnue... Je suis encore à demi-conscient et je sais que c'est le con qui vient de me rattraper mais j'ai plus la force de répliquer outre mesure. Je suis une vulgaire poupée de chiffon et ce gars peut bien me tuer ici et maintenant, je pourrais rien faire et ce serait même dans l'ordre naturel des choses. Depuis le départ, j'ai laissé à ce type d'innombrables occasions pour me descendre et il a jamais rien fait. Je comprend pas. Je le comprend pas. Je sens qu'il me pose sur ce qui semble être le canapé et un court moment de flottement s'installe avant que je sente un linge humide s'échouer contre mon front ; ça fait du bien... Takeshi Yamamoto joue les petites infirmières avec le gars qui avait pour mission de le descendre ; c'en est risible tant c'est improbable. Ce mec est improbable et je le suis surement autant que lui à ce stade... Putain...

« Ça va surement faire un peu mal... » Il prévient alors que je sens une de ses mains qui se pose délicatement sur le haut de mon bras flingué.

Trop d'amabilité chez ce con. Je réponds pas, la tête toujours basculée vers l'arrière ; le linge à glissé et me cache partiellement les yeux. Un profond soupir s'échappe de mes lèvres alors qu'il commence à enlever le bandage puis bientôt la compresse. J'esquisse une grimace quand la blessure se retrouve à l'air libre, le froid semblant s'engouffrer sous ma peau, piquant la chair à vif.

Quelques – longues – secondes passent et je retrouve peu à peu mes esprits... Je bascule la tête en avant, le linge humide s'écrase contre mon bassin et je me risque à ouvrir un oeil vers mon infirmière personnelle. Blague. Il est sérieux. Takeshi Yamamoto a le visage aussi concentré sur sa tâche que s'il passait un entretien d'embauche ou un examen de premier ordre. Blague, deuxième acte.

Aie.

Il tourne son visage vers moi et m'adresse un léger sourire désolé alors qu'il a commencé à désinfecter la plaie. Me prévenir était en option, ducon ? Je fronce les sourcils et continue de fixer le mince sourire qui s'évertue à rester sur son visage. Je rêve, il kiffe quand je douille. Je sais pas ce qui me retient de le tabasser là, tout de suite. Me défouler sur lui est devenu, en l'espace d'à peine une heure, un nouveau but dans ma chienne de vie.

« Les fils tiennent bien, c'est une bonne nouvelle... » Il commente, l'air de rien, brisant de nouveau le silence ambiant.

Je fais claquer ma langue contre mon palais face à son attitude de commentateur sportif notoire.

« J'ai pas besoin de tes commentaires, fais ce que tu as à faire et basta. »

Il m'adresse un nouveau regard auquel je lui répond en le fusillant une nouvelle fois du mien et continue sagement sa tache, sans rien ajouter.

Puis le silence reprend ses droits et je me remet à cogiter façon travail à la chaîne.

J'apprends qu'il m'a recousu carrément donc. Ce gars est donc moins manche qu'il n'y paraît. Si je résume ce que j'ai appris sur lui, je peux dire qu'il se démerde avec un flingue, qu'il sait braquer des caisses et qu'il sait soigner les plaies ouvertes. Comment est-ce qu'un simple vendeur de sushis peut réussir à faire ce genre de trucs sans déconner ? Il y a forcément une couille quelque part. Il est pas ce qu'il prétend être, c'est obligé. Et si c'est le cas, je me rend compte que tout ce que je sais sur lui, c'est du flanc. Je pivote à nouveau mes yeux sur lui et me met à le fixer effrontément comme si, par un simple regard, j'allais percer son secret. C'est profondément inutile. Je le sais mais... A ce stade, c'est plus lui le paumé. La tendance s'est inversée. Le paumé désormais, c'est moi.

Je cache pas mes gestes ni mon intention et mes yeux scrutent intensément chaque détails de son visage. Il a une belle gueule, ouais. De prime abord, ça m'avait dérouté et de fait, peut-être, mené sur une mauvaise piste. Je l'imagine toujours pas oeuvrer pour la Mafia ni même jeter un papier par terre dans la rue. Ce mec, c'est typiquement le genre de type dont on peut voir la gueule sur les panneaux publicitaires des grandes maisons de couture, de cosmétique, de parfum ou que sais-je encore ? A l'exception près que...

« C'est quoi cette cicatrice ? »

Il sursaute même pas et se contente d'étirer un léger sourire en continuant sa tâche. Il a posé une compresse neuve et s'occupe désormais à découper des bandes de gaze. Je sais qu'il sait que je le fixait sans ménagement depuis de longues secondes mais il a rien dit, étrangement.

« Je croyais que tu ne voulais pas parler...

- J'ai changé d'avis. Réponds. »

Le mince sourire qui fleurit sur ses lèvres prend un cran supplémentaire et nos yeux s'ancrent à nouveau l'un dans l'autre alors qu'il reprend doucement mon bras entre ses mains.

« Je suis tombé en jouant au base-ball quand j'étais plus jeune. »

Ça, messieurs dames, c'était le plus gros mensonge de l'univers. Je manque de me bidonner, c'est nerveux. Ceci dit, avec ce ton de voix assuré et réconfortant, ça aurait pu passer mais manque de bol, il oublie à qui il a à faire.

« Tu mens. Ça ressemble pas à une vulgaire chute mais à une agression à l'arme blanche. »

Il lâche un mince soupir amusé. Visiblement, la situation l'amuse. Toute cette vaste connerie l'amuse. Pire, je l'amuse. Putain, mon envie de meurtre à son égard, si elle semblait moindre avant, l'est désormais au plus haut point. Takeshi Yamamoto est définitivement ce genre de gars imbécile heureux qu'on a envie de cogner parce qu'il est trop con, parce que la – dure - réalité semble lui échapper, glissant sur lui sans l'atteindre.

« T'es qui, bordel ? » Je réitère, mordant ma lèvre et luttant plus que tout pour pas m'énerver plus que nécessaire.

Il faut que je me calme. Je suis à la ramasse et batailler pour me retenir de lui foutre ma main dans la gueule me pompe mon énergie restante et devenue quasi inexistante à ce stade.

« Il faut que tu te reposes... Dans une semaine ou plus, la plaie sera complètement refermée. » il dit.

De mon autre main, je l'attrape violemment par le col et l'agresse une nouvelle fois du regard.

« Dis-moi qui tu es, connard ! »

Il suspend son geste et lâche un profond soupir en dardant de nouveau ses yeux dans les miens.

« Je suis ni plus ni moins que ce que tu sais déjà... Tu connais visiblement tout de moi, il explique à nouveau en tournant son visage vers l'ensemble de la pièce et plus précisément vers sa photo qui trône encore contre le mur. Cette photo même et unique que j'ai eu à l'origine le concernant.

- Je sais rien de toi. Tout ce que je sais, c'est des conneries ! T'étais au courant de tout ça, hein ?

- Je t'assure que non ! Il s'insurge.

- Va te faire foutre ! »

Je le repousse avec la même violence et entreprend de finir moi-même son bandage à la con avant de m'écarter et d'aller ramasser mon flingue encore au sol. Je le dirige vers lui et désigne la porte d'un rapide mouvement de menton. Il me regarde, mélange d'interrogation et de ce quelque chose d'autre que je parviens pas à identifier. Il veut quoi, que je le remercie ? Il peut aller se faire mettre.

« Barres-toi. Tu reprends ta vie, tu oublies mon existence et l'existence de cette piaule et tu disparais. Un conseil, mon pote, quitte ton job, quitte le pays et change d'identité car je sais pas ce que Timoteo a contre toi mais si t'es dans le collimateur des Vongola, ils vont te traquer comme un animal et tu finiras avec une balle entre les deux yeux. Crois-moi, on retrouvera rien de toi, ils vont balancer ton corps dans la flotte ou le brûler et ton existence même sera rayée des fichiers. Pour la société, tu n'auras même pas existé et c'est fort possible que ta famille restante en paye le prix également. Donc, en guise de remerciements, je te dis ceci : Tires-toi loin d'ici. »

Je distingue de nouveau ce mélange de peur et d'appréhension dans ses yeux et je dois avouer que c'est à mon tour d'être amusé. Il flippe de nouveau et c'est une bonne chose. J'ai pas menti, tout ce que j'ai dit, c'est la stricte vérité : Il est visiblement dans le collimateur de la plus grosse famille mafieuse du pays donc, dorénavant, sa vie va être un enfer. Ceci dit, sa putain de vie m'a foutu moi aussi dans la merde, donc … Mon objectif premier est de rayer son existence de la mienne et selon la tendance, dans un futur plus ou moins proche, de me tirer également. Faut être réaliste aussi me concernant : J'ai été engagé pour le butter. J'ai foiré. Je suis moi aussi, dès à présent, sur la liste noire des Vongola.

L'Enfer n'était pas déjà installé. Du moins pas totalement... L'Enfer commençait ici et maintenant. Et dans ce milieu, faut pas se leurrer, c'est chacun pour sa gueule. Les illusions de la moralité, une quelconque entraide, la solidarité, ces choses futiles et incongrues, elles n'avaient pas de place dans cette pièce macabre.

On dit que l'être humain est un être sociable par nature. Ce qu'on nous dit pas c'est que l'être humain est un assassin par nature et que pour arriver à ses fins et parvenir à combler ses intérêts, l'être humain va devenir la pire des merdes possibles. Buter ses congénères est devenu aussi simple que d'acheter du pain, je vous assure.

« Je veux pas mettre ma famille en danger.

- Trop tard, chéri. » Je réplique, sarcastique.

A ce stade, je me suis rendu compte que je ne savais rien finalement. Et l'inconnu a encore pris un cran au dessus, me plongeant dans les abimes de mon existence devenue aussi merdique et chaotique que la compréhension de l'univers dans sa globalité quand, sans prévenir, Takeshi Yamamoto s'est approché de moi jusqu'à venir coller son torse contre le canon de mon pistolet. Je l'ai regardé avec horreur alors que le métal s'enfonçait dans les plis de sa chemise sale et que son regard déterminé s'échouait sur mon visage, le brûlant au passage tant il était puissant. Je pensais que j'en avais fini avec lui mais manque de bol, moins de cinq secondes plus tard, ce sont ses dires qui m'ont achevé tandis qu'une goutte de sueur insidieuse glissait le long de ma tempe et m'intimait à penser que, peut-être, faire sa rencontre était en réalité le pire des scénarios possibles.

« Laisse-moi rester avec toi. »

A suivre...