Bonjour/bonsoir !
Comment allez-vous ? Moi j'ai eu une loooooongue journée mais sinon je vais plutôt bien, je suis certaine que ça vous intéresse beaucoup... enfin bref.
Je me suis rendue compte que ça faisait longtemps que je n'avais pas publié un chapitre (pardon d'ailleurs mais je promets que je fais ce que je peux).
Merci pour les commentaires et j'en veux pleiiiiiiiiiiiiiiiiiiin d'autres :D s'il vous plaît ^^
En attendant, bonne lecture
L'étrange inconnue
La porte de la cellule de la prison de Gil'ead qui enfermait l'étrange fille aux yeux bleus se referma dans avec un grincement sonore.
- Et maintenant ? Qu'est-ce qu'on fait ? Demanda Ryujinsco à son maître.
- Je ne sais pas. Je vais demander à Eragon. Je dois avouer que je n'ai jamais entendu parler de quelque chose comme ça.
- Nous ne devrions pas la laisser vivante, nous ne savons pas ce qu'elle veut ni…
- Justement, nous ne pouvons pas la châtier alors qu'on ne sait rien… et je te signale qu'elle n'a rien fait. Pour le moment, elle n'est pas une menace, nous ne pouvons pas la condamner sans raison.
- Vous pensez qu'elle est vraiment tombée du ciel maître ?
Le nain fit signe au soldat de fermer la cellule à clef et s'éloigna en compagnie de son élève dragonnier.
- Je ne sais pas. Mais trop de choses coïncident. La boule de feu, le cratère et elle pas loin avec des choses étranges sur elle. Ce ne peut pas être un hasard.
- Vous pensez que c'est un Dieu ?
- Si elle était un dieu, ne penses-tu pas, jeune Kull, qu'elle serait déjà sortie ?
- Et bien… pas forcément… peut-être vient-elle nous éprouver.
- Mmh… en tout cas, nous avons au moins établi le contact.
- Ce n'est pas bizarre qu'elle n'ait pas eu peur de la magie ?
- Peut-être est-elle magicienne… Je trouve étrange qu'elle n'ait pas eu plus de blessures internes. De toute façon, elle a bu l'eau, elle ne pourra utiliser l'ancien langage.
- Elle ne semblait pas le parler… sinon…
- Ecoute, je ne sais pas. Pour le moment, voyons avec Eragon. Peut-être saura-t-il…
OoO
La connexion par le miroir enchanté effectué, les deux Dragonniers se retrouvèrent en face de leur légendaire chef : Eragon le Tueur de Roi.
- Toujours à Gil'ead ? Leur demanda-t-il.
Un visage moins humain qu'elfique, le chef des dragonniers affichait le même visage que lorsqu'il avait tué Galbatorix plus de cent cinquante ans auparavant. Seul son regard et ses gestes permettaient de lui donner son âge.
- Oui Eragon. La fille se prénomme Alix, nous n'avons rien réussi à lui faire dire d'autre. Nous ne nous comprenons pas. Elle parle plusieurs dizaines de langages différents, elle les a tous testés mais aucun ne se rapproche d'une langue que nous connaissons.
- Pas même un dialecte Urgal ?
Ryujinsco secoua la tête :
- Non Maître.
- Pensez-vous qu'elle est dangereuse ? Ajouta Eragon.
- Oui Eragon. Je pense qu'elle pourrait être dangereuse. Par bonheur, elle semble pour le moment plus perplexe et curieuse qu'autre chose, répondit le nain Asward.
- Qu'en pense Rolf ?
- Il ne comprend pas. Il aimerait la sentir lui-même.
Le dragon marron d'Asward avait été le premier à éclore pour un nain. Ronchon et susceptible, il n'en était pas moins un bon compagnon pour Asward. Les deux faisaient la paire.
Il y a eu un silence, un silence grave et plein de réflexion.
- As-tu déjà entendu parler d'une telle chose ? S'enquit Asward.
- Non, jamais. Ni les dragons.
Asward savait que leur chef avait questionné les Eldunarís mais il n'en fit sciemment pas référence devant Ryujinsco qui était encore un apprenti. Il était encore trop jeune, ainsi que son dragon. L'existence des cœurs des cœurs des dragons n'était révélée aux dragonniers que lorsqu'ils revêtaient à leur tour le costume de maître, pas avant.
- Je vais contacter Elva et lui demander si elle peut passer. En attendant, restez sur place et tentez d'établir le contact avec elle, qu'elle apprenne notre langue si possible…
Ryujinsco frissonna malgré lui. Elva était – d'après ce que la légende disait – une femme sorcière baptisé par Eragon pendant le siècle noir. Ainsi se nommaient les années de dictature de Galbatorix. Cette femme vivait depuis plus de cent cinquante ans mais elle avait l'apparence d'une femme d'une trentaine d'années. Sur son front brillait une marque de dragonnier faite par Saphira, semblable à la gedwëy ignasia. Bref, elle voyait dans le cœur des gens et pouvait connaître leur blessure, leur douleur et leur part sombre. Mais elle était surtout encore en vie. Les chefs des dragonniers avaient dû leur donner plus de magie de que prévu… Front-brillant comme on la surnommait souvent. Enfant, elle avait décidé de grandir plus vite pour gérer ses douleurs et maintenant, elle avait décidé d'arrêter de vieillir. Pour lui, ce n'était pas normal. Il n'avait jamais rencontré Elva mais le Kull n'en avait pas spécialement envie.
- Et pour les affaires qu'elle transporte ? Poursuivit Asward.
- Laissez-les dans une salle et que personne n'y touche. Si elle vient bien du ciel qui sait à quoi cela peut-il servir. Soyez prudents et faites-moi un rapport tous les deux jours. Je vais contacter Arya et Murtagh aussi, ils auront peut-être une idée.
Asward se fit la réflexion que si lui avec la connaissance de tous les dragons n'avait pas d'idée, ce n'était pas son frère ni la reine des elfes qui allaient en avoir. Néanmoins il s'inclina et mit fin au sort le miroir ne fut de nouveau plus qu'un miroir.
OoO
Tous les deux entrèrent de nouveau dans la cellule d'Alix le lendemain. Ils avaient guéri ses blessures la veille mais ils l'empoissonnaient – par mesure de prudence –, l'inconnue ne devrait donc pas être parfaitement lucide.
Lorsqu'ils entrèrent, ils virent qu'elle était debout. Elle les fusillait du regard. Semblant n'éprouver aucune peur, elle plongea son regard courroucé dans celui du nain en lui montrant quelque chose sur le sol. Ils se tournèrent vers le plateau repas de la prisonnière et virent qu'elle n'avait rien mangé et à peine bu.
Avait-elle senti la fleur de Kélir ?
Et lorsqu'elle vociféra contre eux dans son étrange langue, ils comprirent qu'elle n'était pas contente.
- Qu'est-ce qu'on fait ? Murmura Ryujinsco.
- On ne bouge pas le temps qu'elle se calme. S'il le faut nous utiliserons la magie mais je sens que ce serait une mauvaise idée.
- Pourquoi ne pas chercher dans son esprit ses intentions ?
- Et si son esprit est vraiment différent du nôtre ? Regarde ce qu'il se passe quand un humain fouille dans l'esprit d'un elfe ! Ce pourrait être le cas ici… tant que nous ne savons rien, personne ne bouge.
- Elle me fait peur.
Asward la détailla. La jeune fille qui leur faisait face était plutôt grande, même pour une humaine. D'ailleurs, elle n'était pas tout à fait humaine, sans être une elfe non plus. Elle avait les traits parfaitement symétriques, son corps finement moulé, toutes les courbes semblaient en harmonie avec son être. La combinaison noire qu'elle portait ne laissait dépasser que sa tête et ses mains. La veille elle avait des gants, sans doute les avait-elle retirés. Il aurait été incapable de dire dans quelle matière elle était cousue. Au niveau des coudes, de la poitrine, des épaules, des genoux et de l'entrejambe, la combinaison n'était pas tout à faire aussi lisse qu'ailleurs, comme si les protections étaient renforcées à ces endroits.
Sa peau était blanche et pure comme du marbre vivant ce qui contrastait non seulement avec son vêtement mais aussi ses longs cheveux ondulés aussi sombre que des ailes de corbeaux qui tombaient telle une cascade dans son dos fin. Des lèvres roses bien dessinés soulignés par deux fossettes lorsqu'elle souriait et une gouttière prononcée, un petit nez fin et droit, de grands yeux bleus comme des saphirs agrandis en plus par ses longs cils et ses délicats sourcils noirs, la jeune fille d'une petite vingtaine d'années était magnifique. Plus parfaite qu'une humaine, plus harmonieuse encore qu'une elfe – ce qu'il n'aurait pas cru possible – et plus doté d'un caractère plus vif encore qu'une naine. Comment une telle chose était-elle possible ? Comment une telle créature pouvait exister ?
Finalement, elle se calma et leur fit face. Elle leur parla mais ils ne comprenaient pas. Ils comprirent aussi que cette situation l'agaçait prodigieusement. Au bout d'un moment, elle poussa un cri d'exaspération et elle s'assit à même le sol sous la fenêtre, les genoux contre sa poitrine, les coudes appuyés dessus et la tête dans les mains.
- Ne bouge pas, sauf si elle veut me tuer, murmura Asward sans quitter la prisonnière des yeux.
Sans attendre sa réponse, il alla s'installer aux côtés de la jeune fille. Et il attendit. Le Kull se demanda pourquoi son maître faisait preuve de patience. Son sang chaud l'obligeait à l'action et rester là, dans l'incertitude, le rongeait. Mais il n'avait pas le choix.
« Calme-toi un peu Ryu », le gourmanda soudain Long, son dragon gris, « j'ai les écailles qui frémissent ! »
« Ce n'est pas de ma faute, je n'ai pas confiance ».
« Mais ne t'inquiète pas tant, Asward et Rolf n'ont pas l'air inquiet alors calme-toi un peu ! ».
Ravalant son agacement, le Kull coupa le contact mental avec son dragon. Etant tous deux de race assez orgueilleuse et impulsive, leur relation était chaotique… ce qui amusait beaucoup les nains particulièrement. Leur chef, Eragon, riait beaucoup moins. D'ailleurs, en y réfléchissant, il riait peu… que lorsqu'il était avec Arya ou Murtagh… ce qui était rare.
A ce moment-là, la prisonnière montra du doigt son plateau et dit quelque chose à Asward.
- Ryujinsco, va lui chercher de l'eau.
- Normal ?
- Oui.
Soupirant bruyamment, il s'en fut.
Lorsqu'il donna la cruche à la jeune fille, celle-ci le regarda, soupçonneuse, puis elle se servit de l'eau. Elle but prudemment. Un large sourire illumina son visage et elle leur dit un mot, sans doute pour les remercier.
- Merci, lui indiqua Asward.
La jeune fille haussa un sourcil et Asward répéta. Alix se figea puis répéta « merci » au milieu d'autres sons incompréhensibles.
- ça va être plus compliqué que prévu.
OoO
Le lendemain, Asward envoya son élève seul après de la prisonnière. Il devait lui apprendre les bases de leur langage. Mécontent d'être de corvées d'autant plus que son maître allait voir le cratère où des villageois l'avaient retrouvée, il trouva la jeune fille assise au même endroit que la veille, sur le sol sous la fenêtre. Les yeux fermés, elle semblait concentrée. Il se racla bruyamment la gorge pour lui signaler sa présence même si ses pas et la porte avaient fait bien plus de bruits mais, sans relever la tête, elle lui montra son doigt, pour lui signifier d'attendre. Agacé, il dégaina son épée et serra fortement le pommeau.
« Ryu ! » Hurla Long. « Ne fais pas ça ! »
« Laisse-moi tranquille ! Elle me provoque ! »
A cet instant, Alix releva la tête et haussa un sourcil quand elle le vit arme au poing.
« Elle n'a pas peur ! » S'étonna-t-il.
« Parle-lui comme notre maître t'a demandé ! »
« Je n'en ai pas envie »
« La question n'est pas là ! Tu dois obéir aux ordres ! »
Respirant profondément, il montra la lame de son épée à la fille qui s'était levée et légèrement placée en garde. Discrètement. Maligne la demoiselle.
- Epée, fit-il.
Elle le regardait, sourcils froncés, il poursuivit donc :
- Fourreau. Porte. Fenêtre… Pierre.
Une étincelle de compréhension traversa le regard de l'étrangère. Elle s'approcha doucement, les mains bien en évidence pour qu'il ne la prenne pas pour une menace. D'un mouvement délicat de la main, elle montra les différentes choses qu'il avait nommées et répéta avec un accent chantant :
- Epée, fourreau, fenêtre… ?
Il sourit. Lorsqu'elle parlait, il avait l'impression que la voix était un mirage. Elle était la douceur même. Ruyjinsco répéta avec un semblant de sourire :
- Pierre.
- Pierre ! Puis elle lui lança un sourire espiègle : Merci Ryujinsco.
Il en resta bouche bée.
OoO
Le reste de la journée passa ainsi. Le Kull fut stupéfait par la vitesse à laquelle Alix apprenait. Il lui apprit une centaine de mot et pas un fois lorsqu'il lui reposait des questions elle n'avait fait d'erreur. Jamais il ne lui avait été donné de voir une mémoire pareille. Lorsque les dernières lueurs du jour disparurent, il se leva :
- Je vais devoir partir… mais je reviendrai demain avec mon maître Asward, probablement.
Alix fronça les sourcils et secoua lentement la tête.
- Je sais que tu ne comprends pas mais ça va te familiariser avec les sons de notre langue… c'est ce que nos maîtres nous répétaient pour apprendre l'ancien langage et ça a marché. Bonne soirée Alix, au revoir.
- Au revoir, répéta-t-elle.
Un Kull sensible à une femme… pff.
Mais il n'empêche qu'elle était incroyable.
« Tu vois qu'elle n'est pas si terrible que ça », lui fit remarque Long alors qu'ils rejoignaient leurs maîtres.
« Ouais. »
« Elle est bizarre quand même ».
« Tu crois qu'elle aura tout retenu demain ? »
Long avait suivi les progrès de l'étrangère grâce à son dragonnier.
« Je ne sais pas, si c'est le cas, elle arrive presque à la cheville des dragons ! ».
Ricanant de la prétention des dragons, il n'ajouta rien et profita du vent sur son visage.
- Alors ?
Son maître nain était assis sur la patte avant de Rolf tout en fumant sa pipe. Le Kull ne savait pas que les nains fumaient mais il avait appris qu'il y avait surtout un clan qui fumait, celui d'où venait justement Asward.
- Elle apprend très vite. C'est fou. Je lui dis une seule fois un mot, elle le retient. Je ne sais pas combien je lui en ai donné mais beaucoup. A cette vitesse, elle parlera couramment la langue commune des humains dans dix jours.
- Hum…
« Peut-être pas, Shurtu'gal, n'oublie pas la grammaire », intervint Rolf de sa voix profonde.
« Non Ebrithil, Alix est… particulière. »
« Tu verras demain si elle a retenu ».
« Maître ? » Fit Long.
« Oui Long ? » Répondit l'autre dragon.
« Pouvons-nous savoir ce qu'il y a au cratère ? »
Il y eut quelques minutes de silence durant lesquelles Long et Ryujinsco comprirent que leurs maîtres discutaient entre eux. Ce fut Asward qui répondit :
- Le cratère est énorme, sans doute quand le… la chose est tombée, l'impact a fait des dégâts sans parler de l'explosion. Nous n'avons pas trouvé de résidu de magie, aucune. Mais il y a de nombreux débris de métal et d'autres choses que nous ne connaissons pas. Lorsqu'elle parlera, il faudra qu'elle nous explique tout ça… pour le moment, nous ne sommes pas plus avancés mais j'ai de plus en plus la certitude qu'elle vient vraiment des étoiles. Demain, tu viendras rassembler tous les débris pour les ramener à la Citadelle. Je ne veux pas que des petits curieux viennent prendre ça. Nous ne savons pas ce que c'est, par précaution, il faut nous en garder.
Bien, alors qu'en pensez-vous ? La situation commence à s'éclaircir pour tout le monde non ?
Dans le prochain chapitre, Murtagh arrive ! Enfin ! Des idées ? Suggestions ? Attentes ? Craintes ?
A votre tour d'écrire, je veux vos impressions,
A vos claviers :D
