Et voici un nouveau chapitre ! Je suis vraiment désolée de ne pas publier plus souvent mais je n'ai vraiment vraiment pas le temps. Paradoxalement, j'ai moins de temps l'été que pendant l'année scolaire. Enfin bref voici un nouveau chapitre ^^
Bonne lecture
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Lorsqu'ils revinrent dans la cellule, Alix offrait son visage serein au soleil alors que les deux Dragonniers présents la menaçaient de loin avec leur épée.
- Tu penses vraiment que c'est nécessaire ?
- Elva ne la sent pas, elle est dangereuse, rétorqua Murtagh.
- Je sais que je n'ai pas d'ordre à te donner mais rengaine s'il te plaît. Nous allons l'interroger maintenant qu'elle parle notre langue. Ryujinsco, range ton arme.
Les sourcils froncés, l'élève obéit. Murtagh hésita et finalement se décida lorsque Solembum s'approcha tranquillement de la prisonnière pour s'asseoir devant elle. Il commença alors à se lécher la patte.
« Murtagh a très envie de te tuer », fit-il simplement remarquer à la jeune fille par la pensée.
Alix leva un sourcil inquisiteur et posa son regard sur le chat-garou.
« J'ai très envie de sortir d'ici, ce n'est pas pour ça que je vais le faire… on ne fait pas toujours ce que l'on veut ».
« Certes. »
« Merci toutefois pour la mise en garde, sache qu'elle est appréciée. »
Le chat sembla légèrement incliner la tête, comme acceptant avec humilité le compliment. Délaissant sa patte, il retourna tranquillement près d'Angela.
- Bien, fit Asward après un profond silence interloqué par l'attitude de Solembum. Alix, Elva n'a pas pu lire ton cœur, tes souffrances. Elle…
- Elle ne le peut pas parce que mon esprit est protégé. Mon peuple a réussi à séparer le cœur et l'esprit. Ainsi les deux peuvent-ils s'apprivoiser. Mon cœur protége mon esprit lorsque je dois réfléchir et inversement. Bref, je ne suis jamais vulnérable, c'est dans ma nature : mes… sentiments ne sont pas une faiblesse parce que je les maîtrise.
- Donc, je ne pourrais pas envahir ton esprit là maintenant si je le désirais ? Fit, narquois, Murtagh.
Alix posa son regard sur lui. Elle n'avait pas répondu que le Dragonnier l'attaquait.
- Non.
Et il s'écrasa violemment contre la barrière mentale d'Alix qui ne broncha même pas. Murtagh vacilla quant à lui.
- J'avais prévenu.
- Alix, intervint Asward, il faut que vous répondiez à nos questions, sinon nous serons obligés d'aller les trouver dans votre tête et nous devrons dans le meilleur des cas vous laisser ici et dans le pire vous exécuter.
- Et pourquoi donc ?
- Parce que nous ne pouvons vous laissez nous menacer.
- Puis-je vous rappeler que depuis notre rencontre vous avez montré beaucoup plus de preuves d'hostilité que moi ?
Sa réponse jeta un froid.
- De toute façon, se leva-t-elle négligemment en décroisant ses longues jambes, je ne me laisserai pas assassiner sans réagir, vous vous en doutez bien.
- C'est une menace ? Grinça des dents Murtagh, toujours à l'attaque de son esprit ce qui ne semblait même pas déranger Alix qui n'y portait aucune attention.
- Du tout, en aucun cas. Je vous préviens simplement que je n'ai pas du tout envie de mourir.
- Accepteriez-vous de répondre à nos questions dans ce cas ? Proposa Angela.
Alix tourna son attention vers elle :
- Vous-même n'y répondriez pas à ma place, pourquoi le ferais-je ? Je ne peux pas vous dire grand-chose d'abord parce que mes secrets m'appartiennent ensuite vous n'en comprendriez pas le tiers du quart. Comme je ne comprends rien à la magie. Nos mondes sont trop différents… puis elle se tourna vers Murtagh : mais vous allez cesser de me harceler, c'est pénible à la fin !
Repoussant violemment le Dragonnier pour qu'il la laissât tranquille, l'impulsion le fit tomber à la renverse. Tout le monde se tourna vivement vers la jeune fille, inquiet et stupéfait.
Ce n'était pas POSSIBLE ! Les attaques mentales ne pouvaient pas être assez puissantes pour se répercuter sur le monde… Sans vraiment s'en rendre compte, ils s'étaient tous mis en position de combat. Alix les regardait comme on regarde un enfant qui vient de faire une bêtise : avec une indulgente gronderie et un petit sourire tendre.
- Vous ne savez rien… vous en êtes encore à l'aube de votre évolution. C'est mignon quelque part. Ho attention, je ne dis pas que vous n'êtes pas dangereux, je serais incapable d'utiliser vos épées là ni même votre magie… mais j'ai tellement plus ! Bien, maintenant délibérez et choisissez ce que vous allez faire moi.
- Ce n'est pas à toi de décider.
- Autant pour moi ! Leva-t-elle les mains en signe de reddition. Alors que faisons-nous ?
Murtagh s'approcha et dégaina lentement son épée. Alix ne bougea pas et demeura parfaitement calme, son regard plongé dans le sien. Elle ne manifesta aucune émotion, aucun trouble lorsqu'il approcha lentement la lame de son cou.
- Il serait si simple d'en terminer ici, maintenant…
- Murtagh !
- Tu veux savoir Dragonnier, murmura Alix en se rapprochant davantage de lui.
Un mince filet de sang commença à couler de sa gorge, là où l'arme glaçait sa peau insensible, imprégnant sa combinaison noire.
- … alors montre-moi tes souvenirs et je partagerai les miens.
- Hors de question !
Alix recula d'un pas sans rompre le contact visuel.
- Alors ne me demande pas de te donner ce que tu n'es pas capable d'offrir.
La jeune femme posa sa main sur son cou qui saignait et ferma les yeux. Une douce lueur blanche sortit de ses longs doigts fins et, quelques secondes plus tard, il ne demeurait nulle trace de sa blessure autre que le sang qui restait sur sa main. Avec un calme déconcertant, la jeune femme se tourna vers Asward :
- J'en ai assez d'être enfermée Asward. Je veux sortir. Je veux tenter de trouver une solution pour rentrer chez moi.
- Et où est-ce chez vous ?
Alix les regarda tous tour à tour, pesant sa réponse. Elle estima qu'elle ne pouvait pas y couper et répondit posément :
- Vous voyez les étoiles dans le ciel ? Et bien j'habite encore plus loin.
Voyant leur air dubitatif, la jeune fille haussa les épaules.
- C'est très compliqué à expliquer à des personnes qui peinent à admettre que leur terre est ronde. Mais je viens d'une autre planète, tellement loin d'ici… Dragonnier, imaginez que vous puissiez voler jusqu'à la Lune… dites-vous que cette distance ne représente même pas un pas de la distance qu'il me faut pour rentrer chez moi… sachant que j'ai perdu mes ailes.
Sa voix s'étrangla. Tous comprirent qu'elle était prisonnière de l'Alagaësia plus certainement qu'elle était enfermée à Gil'ead.
Au milieu de la nuit, Alix en eut assez. Elle avait compris qu'elle ne pourrait jamais rentrer chez elle. Elle savait que cette planète serait sa dernière demeure… et du coup, elle devait bouger, sortir, sentir le vent dans ses cheveux. S'approchant de la porte, elle l'étudia dans l'obscurité éclaircit par les étoiles quelques minutes avant de frapper quatre coups avant son pied dans la porte en bois à des points stratégiques. Lors du dernier coup, la porte céda et s'ouvrit.
- Pardon porte, s'excusa-t-elle en sortant.
Alix mit sa combinaison en mode furtif et anti-infrarouge. Une fois dehors, elle vérifia que ses lentilles rétiniennes fonctionnaient correctement avant de se diriger vers l'arche. Il n'y avait personne l'endroit était désert. Activant une de ses lentilles, la jeune fille put faire un plan des lieux en trois dimensions qui s'affichaient sur commande devant ses yeux. Ainsi ne se perdit-elle pas. Alix songea qu'elle n'avait aucune idée de la durée de vie des lentilles de contrôle rétinienne ni même de toute la technologie dont son organisme était pourvu. Il lui faudrait se les retirer seule… oulala, elle sentait que la vie ici allait être compliquée. Avec un soupir, elle poursuivit sa route, profitant en attendant des atouts qu'elle possédait : à savoir, la technologie.
L'Azthia ne savait pas trop où elle allait mais elle ne se perdait pas, c'était déjà ça. Elle avait une puce géolocalisatrice et son corps servait de référencement. Bref, elle parvenait à savoir où elle se trouvait dans le plan qu'elle dessinait en avançant. Elle rencontra quelques soldats qui ne la virent même pas. Après ce qui lui sembla des heures, elle trouva la salle où était gardée ses affaires. Bien sagement, comme n'attendant qu'elle, son sac et ses armes étaient au centre d'une pièce.
- Seigneur merci !
Laissant la porte un peu ouverte pour laisser filtrer un peu de lumière, Alix vira la lentille de son œil droit en appuyant sur la deuxième phalange de son index puis la première de son majeur avec son pouce droit. La jeune fille se précipita silencieusement ensuite et passa sa ceinture autour de la taille où elle vérifia les sangles de deux pistolets et du couteau. La jeune pilote synchronisa ensuite la ceinture à la combinaison et une voix s'éleva, calme et mortellement froide.
- J'avais raison.
Les lumières s'allumaient alors qu'Alix sursautait et dégainait son arme dans la direction de la voix. Et là, à quelques pas d'elle, se tenait Murtagh, les bras croisés, appuyés contre une table.
Alix ne croyait pas en la magie. Elle croyait en la science, les technologies, elle savait même que certaines choses étaient hors de son champ de compréhension. Mais elle était jusqu'alors certaine que la magie ne pouvait pas exister. Pourtant, les personnes de cette planète faisaient des choses qui défiaient toutes les lois de la physique. C'en était presque exaspérant.
Comme allumer du feu par la pensée comme venait de le faire Murtagh.
Malgré tout, son esprit cartésien se refusait à l'évidence.
Théoriquement, elle pouvait le concevoir, ce n'était en réalité que la friction d'atomes, si seulement ces autochtones y comprenaient quelque chose… mais non, ils maîtrisaient des choses sans les comprendre et pourtant… c'était elle qui ne comprenait plus rien.
- Je suppose que tu ne vas pas juste me laisser partir ?
- Effectivement.
Il se redressa et s'approcha lentement d'elle, pas le moins du monde inquiet par l'arme qu'elle pointait sur lui. En même temps comment aurait-il pu, il ignorait les dégâts que cela pouvait causer.
- Tu ne m'aimes pas beaucoup hein ?
- Je n'ai pas confiance, c'est différent.
- C'est marrant mais j'ai les mêmes appréhensions te concernant.
- Tu es peut-être aussi maligne qu'il y paraît finalement.
Baissant son arme, Alix suivit sa silhouette alors qu'il commençait à lui tourner autour.
- Bien et maintenant ?
- Tu vas me laisser te ramener gentiment en cellule.
- Je vais me rééchapper, à un moment ou à un autre.
- Non ! S'arrêta-t-il brusquement. Je te veillerai personnellement s'il le faut.
- Je ne veux pas être prisonnière, j'ai été gentille, j'ai fait tout ce que l'on m'a dit, j'ai même appris votre langue et votre histoire… maintenant je veux essayer de rentrer chez moi. Je ne veux plus rester enfermée à attendre je ne sais quoi sans rien pouvoir faire.
- Non, pour le moment, tu ne peux pas.
- Je ne vous veux aucun mal en théorie. En pratique, si vous ne me laissez pas partir, je vais devoir intervenir.
- Tu ne me fais pas peur.
- Je le sais bien.
- Alors pourquoi ces menaces ?
- ça n'en sont pas. Je te préviens juste de mes intentions.
- Aimable intention, se gaussa-t-il.
Jetant son sac sur son épaule droite, Alix reprit son arme et caressa le canon.
- Sais-tu ce qu'est ceci ? Lui demanda-t-elle.
- Une arme ?
- Oui, bien deviné. Regarde, il me suffit d'appuyer ici pour que je te tire dessus. Le coup partira très vite et tu n'auras pas le temps de l'arrêter avec la magie ou quoi que ce soit… d'après ce que j'ai compris, vous avez besoin de parler pour utiliser la magie. Les armes ont le défaut d'être plus rapides que les paroles, parfois plus rapides que les pensées mêmes.
- J'ai des protections magiques autour de moi, rassure-toi, ton projectile ne m'atteindra pas.
Au regard empli de douleur qu'elle lui jeta, il comprit qu'elle n'y croyait pas. Il saisit aussi qu'elle n'avait aucune intention de le blesser mais qu'elle le ferait si cela pouvait lui offrir la liberté. Quelque part, il comprenait cela. Et son empathie l'agaça.
- Je t'en prie, laisse-moi sortir cette nuit, je te promets que je reviens demain.
- Pourquoi partir si c'est pour revenir ?
- Je… je voudrais voir l'endroit où j'ai atterri… voir ce que je peux récupérer…
- Des voyageurs t'ont trouvée dans la plaine à trois heures de marches d'ici.
La jeune fille fit une grimace.
- How.
- Et de toute façon, tous les restes ne sont plus sur place, tout a été ramené ici.
Alix leva un regard plein d'espoir sur lui.
- Où cela ?
Murtagh la détailla longuement. Elle ne paraissait pas avoir de mauvaises intentions, l'étrangère était sans nul doute dangereuse et puissante oui, mais définitivement pas méchante. Belle aussi elle l'était, et parfaite, quoi que ni humaine ni elfe ni rien de ce qu'il avait toujours connu… mais tellement plus… non vraiment, il n'avait jamais vu une personne qui lui arrivât à la cheville. Qu'est-ce qui lui prenait de la valoriser de la sorte ? Après tout, il s'agissait de la vérité, elle était magnifique physiquement parlant, il ne pouvait le nier. Même Nyujinsco, un Kull, l'avait remarqué. A son langage corporel, il sentait que malgré son assurance, il demeurait un fond de peur et d'incertitude. Pourtant chacun de ses gestes transpiraient la grâce et la confiance. Elle savait ce qu'elle faisait et où elle allait. L'étrangère lui paraissait tout même vulnérable par moment. Plus d'une fois, il avait eu le sentiment qu'il devait la protéger. Il avait eu envie de la prendre dans ses bras et de l'emmener loin pour la cacher et la rassurer.
Puis l'instant suivant, il reprenait ses esprits et Alix redevenait l'étrange fille tombée du ciel aux certitudes bien encrées et aux expressions mystérieuses.
- Si je t'y emmène, promets-moi de répondre sincèrement et complètement à une question.
Il vit qu'elle allait refuser. Elle ouvrit la bouche mais la referma précipitamment. Les sourcils froncés, il aurait pu entendre les rouages de son esprit tandis qu'elle réfléchissait à sa proposition. Finalement, elle rangea son arme dans sa ceinture fixée sur ses hanches, posa son sac sur la table et croisa les bras.
- Je t'écoute.
Et voilàààààààààààà !
Et maintenant, laissez-moi vos impressions:D
A bientôt
