« La vie est un jeu avec ses propres règles
ses propres limites
des gagnants
des perdants
Mais la vie est le seul jeu avec lequel
on ne peut pas jouer »


Quand j'entendis la porte se verrouiller, j'étais comme paralysée. Je n'osais plus bouger. J'avais peur qu'il se passe quelque chose d'encore plus horrible si je faisais quoique se soit. Je commençais à avoir un peu froid, ne portant que mes sous vêtements aussi, et comme mes habits étaient réduit à l'état de lambeau, je ne pouvais rien faire pour me réchauffer. Je bougeai chacun de mes membres avec douceur et frotta mes mains contre mes bras pour essayer d'avoir plus chaud, mais sans succès. Cette salle ne m'aidait pas, elle faisait peur. Je n'avais pas vu les taches au sol à mon arrivée, était-ce du sang ? Je ne me sentais pas bien du tout, me disant que de toute manière ils allaient voir les bosses et que je resterai un petit moment dans la salle. Je m'écroulai par terre ma tête dans mes genoux et pleurai, j'avais encore du mal à assimiler que j'avais été enlevé, pourquoi moi ? En générale ce genre de choses arrive aux filles qui ont une vie « parfaite » et l'enlèvement vient tout briser, alors pourquoi moi ? Je suis déjà brisée depuis longtemps mais alors ça, ça va m'achever de la pire des manières, comme si tout ce que j'avais vécu n'était pas assez. Je n'ai que dix-sept ans et une grande partie de ma vie n'a été que malheur sur malheur. Aucun son ne sort de ma bouche pendant que toutes ces pensées défilent dans ma tête. Il y a juste d'innocentes larmes qui coulent le long de mes joues, des larmes que j'avais retenues peut-être trop longtemps au cours de toutes ces années. Alors c'est comme ça que ma vie va finir ? Non je ne veux pas que ça se finisse comme ça. J'ai surmonté tout ces malheurs, même si il reste certaines cicatrices, et je ne les ai pas surmontés pour rien. Je veux vivre ce à quoi j'ai le droit, et je ferrais tout pour ça. Je relève ma tête tout en gardant les yeux fermés et prenant une grande inspiration pour essayer de me calmer. J'essuie les dernières larmes qui coulent, et commence à fixer la porte. Je la fixai longuement en attendant que quelqu'un l'ouvre. J'attendis encore et encore. Mes yeux avaient surement dégonflé et retrouvé une couleur normale. Je ne bougeais pas, de peur de sentir plus fortement le froid qui régnait dans cette pièce, ou de casser mes membres, comme mes doigts, tellement j'avais froid. Un son de porte qu'on déverrouille se fit entendre. Je ne bougeai pas pour autant restant pétrifiée au sort qu'ils allaient me faire subir. Mais je ferrai tout mon possible pour pouvoir m'en sortir. Ça je le jure. Je vis cette fois-ci juste Lysandre et Castiel revenir avec un nouveau, encore un mec. On aurait dit un militaire avec son pantalon, ses yeux étaient d'un vert brillant et intense. Ses cheveux marron mal coiffés lui allaient plutôt bien...Pourquoi je lui fais des compliments ? Bonne question, c'était peut-être lui qui était chargé de me tuer, enfin je l'espère pas.

- Alors c'est elle ?
- Oui répondit l'homme aux cheveux gris

Je n'avais pas vu qu'en rentrant Lysandre avait quelque chose dans ses mains, je crois que ce sont des vêtements, et je ne pense pas qu'il prendrait la peine d'habiller une fille qu'ils ont l'intention de tuer, c'est bon signe non ? Il me lança cette boule de vêtements.

- Habille-toi et vite !

Je fis exactement ce qu'il dit, pourquoi se méfier d'une fille qui obéit aux ordres sans discuter ? Il faut que je la joue fine si je veux sortir de là.

- Kentin, à toi de jouer, dit le garçon aux cheveux de sang

Donc c'est comme ça qu'il s'appelle, attends, ça veut dire quoi à toi de jouer ? Ai-je mal interprété ? A-t-il l'intention de me tuer, le doute s'installa quand il sortit un couteau de sa poche et se dirigea vers moi.

- Tu fais quoique se soit de suspect, je t'enfonce le couteau au premier endroit que je trouve.

Pourquoi lui répondre ? Je pouvais dire quoi « ok c'est cool ». Comme si j'allais le contredire. Pourquoi contredire un mec qui porte un couteau déjà ? Moi je ne vois pas, à part si on l'intention de mourir ou de souffrir au choix je préfère me taire et ne rien faire. Il me prend donc par le bras et m'emmène avec lui. Je vois enfin ce qu'il y à derrière la porte, un couloir avec d'autres portes. Au bout d'un moment il décide d'en passer une qui est déjà ouverte et qui est assez grande comparer aux autres. On entre dans une salle ou il y a une espèce de prison, non je ne rigole pas on dirait vraiment une prison. Je vois tout d'abord trois matelas qui sont posés à terre avec quelques couvertures. Sous l'une des couvertures, je vois une touffe rousse, ce qui ne me rassure pas vraiment, voire pas du tout principalement quand je vois une autre personne adossée au mur qui semble perdue dans ses pensée, une jeune fille qui doit avoir le même âge que moi, les cheveux châtain et les yeux verts comme l'autre garçon, Kentin je crois, celui qui est en train de me diriger droit vers celle-ci. À peine a-t-il ouvert la grille qu'il me jette dedans comme un sac à patate. Je m'écrase littéralement au sol ce qui semble réveiller la jeune fille aux yeux verts. Je me relève avec difficulté et la regarde un peu plus attentivement. Elle semble perturbée et me regarde très tristement, peut-être trop, car elle se met à pleurer soudainement, et je ne sais pas quoi faire. Je me rapproche d'elle doucement, et pose ma main sur son genou. Aucune réaction. Je m'assois donc à côté d'elle et essaye de lui parler.

- Bonjour je m'appelle Marine, et toi ?

Elle parait surprise par ma question mais y répond.

-Capucine.
- Pourquoi pleures-tu Capucine ?
- Tu porte les vêtements d'Ambre...

Elle se remet à pleurer encore plus, et là je me sens horrifiée par ce qu'elle vient de dire.

- Ambre...comment ça ?
- Elle est morte...

Ce que je pensais s'est avéré vrai. Je portais les vêtements d'une morte, celle qui était avant moi, elle s'appelait Ambre. Je suis en quelques sortes sa remplaçante. Comment et pourquoi est-elle morte, voilà la question que je me pose.

- Je suis désolée, pourquoi elle est morte ?
- Un client qui a payé très chère pour la faire souffrir, et la tuer...

C'est là qu'elle se jette dans mes bras et pleure encore plus sur mes malheureuses épaules. J'essaye donc de la réconforter du mieux que je peux, mais je n'arrive pas moi-même à me rassurer. Ce qu'elle vient de dire me terrifie, c'est donc à ça qu'on sert ? Je comprends mieux le terme « marchandises » qu'ils ont dit tout à l'heure. On est vraiment des produits qui se vendent, mais à quel prix ? Je n'en crois pas mes oreilles. C'est encore pire que ce que j'avais imaginé. Me faire tuer d'une balle dans la tête me fait moins peur tout à coup, comparer à ce que cette Ambre a dut subir. Je me surprends à même me demander ce à quoi elle ressemblait, Capucine s'était enfin calmé et s'était dégagé de mes bras.

- Désolée...et merci Marine...
- De rien Capucine.

J'avais presque répondu automatiquement. Elle se remit dans la pose dans laquelle je l'avais trouvé, à fixer quelque chose sur le mur. Je n'avais pas vu mais à son cou il y avait comme des traits rouges. Pas très voyant mais cela me faisait penser à des doigts... Ne me dîtes pas qu'elle s'est faite étranglé. Remarque vue son état physique cela faisait un bon moment qu'elle devait être là. J'essayai de ne pas penser au faite que je portais les vêtements de quelqu'un qui était mort. Et regarda la pièce avec attention, il y avait quelques chaises et un bureau ou était posé un ordinateur, plein de papier trainaient autour, il y avait aussi des cannettes et toute sorte de fouillis. Assis sur une chaise, Kentin nous observait. Je ne détournai pas mon regard du siens.

- On a le droit de te parler au moins ?

Pour toute réponse il ne répondit pas. Je remarquai quelques instants après qu'il y avait une porte dans notre prison. Je l'ouvris avec appréhension. J'avais peur de découvrir ce qu'il y avait derrières, un corps inertes ? Des rats ? Du sang ? Quelqu'un de déchiqueter ? Pourquoi il mettrait ça là, c'est complètement débile. Finalement ce que cette porte cachait n'était autre que des toilettes. Quelle découverte magnifique. Au moins on pouvait aller aux toilettes mais ça, c'était un plan de moins pour une évasion. Le coup des toilettes ne marcherait pas. Quel dommage. Il y avait rien d'autre, la jeune fille aux cheveux roux semblait dormir. Je n'osai pas la réveiller, car je me demandais comment elle avait pu dormir dans ces conditions, peut-être qu'elle n'en pouvait-elle plus ? C'est pour ça qu'elle s'était endormie, par contre la dénommée Capucine semblait captivée par le mur, c'est comme si elle n'était plus là, comme si elle était dans un autre monde. Je décidai donc de m'asseoir sur un matelas en évitant de penser que une autre fille avant moi et qui maintenant était morte dormait sur ce matelas. J'attendis que quelques choses se passent mais rien ne semblait bouger, comme si le temps s'était figé. Je pensais à mère, elle avait surement dû appeler la police en remarquant que je n'étais pas rentrée, mais qui s'occuperait d'elle aussi ? Qui allait lui ouvrir les médicaments pour qu'elle puisse les prendre, vu que la chimio l'affaiblissait et que sa paralysie des jambes l'empêchait d'aller partout, peut-être l'aide soignante resterait-elle à temps plein ? je l'espère, car sinon je voyais vraiment pas comment elle allait s'en sortir, surtout pour préparer à manger le soir, assis c'est assez durs d'atteindre la cuisinières, et la maison n'est pas très pratique pour les chaises roulantes, maman, tu me manque déjà, tiens le coup s'il te plait. Je promets que je reviendrais vite pour prendre soin de toi et pour que tu puisses te battre contre cette saloperie et rester avec moi, sans vraiment le remarquer une larme coula le long de ma joue mais je l'enlevai assez rapidement, heureusement personne n'avait vu. C'est là que je vus la tignasse rousse bouger péniblement, je la regardai attentivement, elle s'assit sur le matelas et s'étira avec difficulté, puis regarda autour d'elle sûrement pour voir si quelques chose avait changé. Elle écarquilla les yeux en me voyant, ne voyant aucune autre réaction je lui souris dans le genre « et oui je suis là malgré moi », avant de venir s'asseoir prêt de moi elle jeta un regard noir à Kentin.

-Je suis vraiment désolée pour toi...
- Je m'appelle Marine et toi ?
- Iris, je m'appelle Iris.