« Les grandes âmes
sont celles qui ont connues de grandes peines
mais qui ont refusée d'abandonner »
Soudain elle remarqua les vêtements, enfin je suppose, car elle avait la même réaction que Capucine à ce moment là, sauf qu'elle ne pleura pas, elle semblait juste choquée.
- Tu as les habits d'Ambre...
- Je sais... Capucine me l'a dit...
- Comment ça, Capucine t'a parlé ?
- Heu oui...
- impossible, ça fait plusieurs jours qu'elle est dans cet état là, depuis qu'Ambre...
- Oui je sais...
Un silence pesant s'installa entre nous, car on avait bien compris toutes les deux qu'on subirait sûrement le même sort. Peut-être pas tout de suite mais prochainement. Si j'avais bien compris la pluparts des filles ne ressortaient pas vivantes de ce business, et oui tout ceci était pour le business, nous ne sommes que des objets qui rapportent beaucoup d'argent. Je me demande combien ils payent ces monstres pour faire subir ça à des jeunes filles comme moi. Et ensuite pour effacer toutes les traces, sûrement une bonne somme. Ils doivent être très intelligents les bosses pour que ce complots fonctionne et pour ne s'être pas fait encore arrêtés. Ils n'ont pas l'air d'être des amateurs, je me demande même à quoi ils ressemblent, ce qu'ils ont vécu pour en arriver là. Je regarde encore une fois le garçon au pantalon militaire. Ce n'est pas un jeune homme moche, il est potable et a l'air jeune, peut-être fait-il ça parce qu'il a besoin d'argent. Je vois celui qu'on dénomme Castiel arriver et parler à voix basse à Kentin, celui-ci hoche la tête puis me regarde. Je fuis immédiatement son regard, qu'a-t-il bien pu dire sur moi ? J'espère juste que mon sort dans les prochaines heures ne sera pas funeste. Quand le garçon aux cheveux rouges partit, il se passa un long moment avant qu'il ne se passe quelque chose. Je sentis juste Iris se poser sur mon épaule. Sûrement pour nous réconforter l'une à l'autre, elle ne semblait pas être trop abimée et était sûrement là depuis peu, pendant que Kentin regardait sa montre toutes les minutes, à un certain moment il sembla réagir à l'heure qui s'affichait sur la montre, il partit de la pièce à peine quelques secondes pour revenir avec Castiel. Cette fois les deux me regardaient avec indifférence. Ils s'approchèrent de notre cellule, couteau à la main, pour y rentrer en faisant bien attention à nous toutes, ils se méfiaient sûrement, ne connaissant pas vraiment mes réactions.
- Toi la blonde, debout.
Je me levai réticente, mais le couteau suffisait à me convaincre. Il me prit par le bras et me fit sortir de cette cage. Quand la porte fut passée, il relâcha son étreinte et mit le couteau dans mon dos. Je n'osais pas vraiment le regarder déjà parce que il m'avait vu en sous-vêtements, ce qui me gênait un temps soit peu, et il n'avait pas l'air d'un gentil garçon, je dirais même le contraire d'un gentil petit garçon, non je ne juge pas selon les apparences, enfin si peut-être un petit peu, mais le ton sur lesquelles il me parlait en disait long. Il ouvrit une porte et on entra dedans, elle était différente des autres, je voyais des couleurs, du vert, du jaune, du bleu, du rose...
Je remarquai que l'homme aux yeux vairon était là, accompagné d'un jeune homme aux cheveux bleus, celui-ci semblait différant. Il avait un vrai sourire, le genre de sourire qui vous redonne envie de sourire, et je me rappelai pourquoi je ne souriais pas, ce qui me plongea dans une tristesse absolue.
- La voilà, à tout à l'heure dit l'homme aux yeux gris
Puis il partit sans rien rajouter de plus, en refermant soigneusement la porte à clé, les deux jeunes gens me dévisageaient de la tête aux pieds. Ce fut l'homme aux cheveux bleus qui s'avança vers moi.
- Alors c'est toi la privilégié ? Je m'appelle Alexy et toi ma belle?
Je fus surprise par sa question, aucun d'entre eux ne savaient vraiment comment je m'appelais, à part mes colocataires si je puisse dire...
- Ma...Marine...
- Enchanté Marine, dis-moi tu sais que tu as eu de la chance ?
- Alexy arrête tout de suite répondit au tac au tac l'homme aux yeux vairons
Il avait dit ça d'un ton ferme et sec, Alexy retourna à ses occupations mais avant il me mesura de la tête aux pieds, et moi je me laissais faire, je voyais le revolver que Lysandre portait, à vrai dire mon regard ne décrocha pas de cette arme, j'y restais scotchée, pour me rappeler pourquoi je ne devais rien faire pour tenter quoique se soit de stupide, les yeux vairon se rapprochèrent de moi avec méfiance.
- Tu sais danser ?
Je le regardais, encore et encore, sans répondre à sa question, j'avais même du mal à la comprendre, je crois que je n'arrive plus à suivre ce qui m'arrive, comme si tout ça n'était pas vraiment réel, mais il reposa la question de la même façon que la première fois.
- Je... je sais pas.
Bah quoi c'est vrai, personne ne m'avait jamais dit si oui ou non je dansais bien, et je suis pas le genre à me surestimer, plus du genre à me sous-estimer, donc je ne préférais rien dire qui me contredirait, car je dansais juste en soirée, et encore, il me regarda avec une certaine lassitude.
- Bon on va voir ça d'un peu plus prés alors.
- Je mets de la musique ?
- Oui.
- Quel genre ?
- N'importe
J'entendis la musique se mettre en marche, puis les deux jeunes garçons me regardèrent, je baissai les yeux, j'avais compris ce qu'ils attendaient de moi mais je n'osais pas vraiment y aller, ce fut le ton employé par Lysandre qui me fit passer à l'acte, je commençai à danser timidement en me laissant aller.
- Si tu veux vivre, t'as intérêt à danser mieux que ça.
Cette phrase eu l'effet d'un couteau dans mon cœur, je m'arrêtai brusquement, paralysée. Il m'avait gardé donc pour ça ? Pour que je danse ? Mais devant qui ? Comment je devais danser ? Et est-ce qu'il se conterait que de ça ? Je vis Alexy venir vers moi et me murmurer très calmement.
- Essaye de me suivre, bouge plus ton bassin, faut que les gens te désirent en te voyant.
Si je voulais vivre, il fallait que je fasse désirer les gens ? Que je leur donne envie ? Et je voulais vivre, principalement pour essayer de m'enfuir, j'obtempérai donc, en mettant plus de volonté dans mes gestes, plus d'assurance, car en vérité qui désirait les filles qui dansaient façon « coincée » ? Je bougeais mes hanches d'une façon que je n'aurais jamais soupçonnée, le garçon aux cheveux bleus m'encouragea.
- C'est bien ma belle, continue comme ça, Lysandre, lance-moi une chaise !
Il la lança, Alexy la rattrapa et la mit devant mon nez, je l'interrogeais du regard mais compris bien assez vite ce que je devais faire avec, ce qui me mit mal à l'aise, mais j'essayais de cacher cette émotion. J'enfourchai donc la chaise et fis des choses assez sexy avec celle-ci, l'instinct de vivre était là, et il serait là jusqu'au bout, je le sais tout au fond de moi, je n'abandonnerais pas avant d'avoir joué toutes les cartes que j'ai en main. Je pensais au triste sort d'Ambre, qui était si belle et si parfaite (enfin j'imagine) moi j'ai un défaut, et une marchandise qui a un défaut n'est jamais donnée aux clients, donc si je voulais avoir une chance, il fallait que je fasse tout pour les impressionner, pour leurs donner envie de me garder le plus longtemps possible, et je le faisais en ce moment même, quand la musique s'arrêta j'avais chaud d'avoir gesticulé dans tout les sens, je respirais fortement et lançais un regard de défis à Lysandre « Alors déçu ? » , celui-ci semblait perturbé.
- C'était super ! Les boss vont adorer, tu as eu une bonne idée Lysandre !
Il ne répondit pas vraiment, mais ses yeux restaient rivés sur moi ce qui me gênait un peu.
- Vas chercher un costume, et rappelle toi ce que je t'ai dit !
- D'accord, t'inquiète je me rappelle.
En disant cela, il regarda l'endroit exact de ce que j'essayais tout le temps de cacher sous mes vêtements, je crus comprendre ce qu'il voulait dire, un costume qui dissimulera le défaut que j'ai depuis si longtemps. Une de mes mains vint se poser sur mon ventre instinctivement, et à chaque fois que je faisais cela, je me souvenais, je me souvenais de cette douleur atroce et persistante qui me faisait pleurer à chaque fois, même si maintenant la douleur était partie physiquement, elle demeurait intacte dans mon cœur, et je savais au fond de moi-même qu'elle serait toujours présente, là, à me rappeler ce que j'avais enduré.
- Viens marines crée Alexy
J'avançai d'un pas mal assuré vers lui, il me donna un vêtement et me demanda de le porter, je fis exactement ce qu'il dit, une tenue on va dire assez dénudée et sexy, mais qui cachait très discrètement ce que personne ne devait voir, ensuite il m'assit sur une chaise et commença à me regarder, ne s'intéressant pas vraiment à moi, plus à autres choses comme mes cheveux, il les regarda d'une manière assez perplexe, ma natte est habituelle, je la fais tout le temps, c'est un rituel, une habitude, une des choses que ma mère m'a appris à faire, c'est peut-être pour ça que je me coiffe toujours ainsi, c'est ma façon à moi de lui dire « je t'aime », mais en pensant à elle, je me demandai comment elle va, si quelqu'un s'occupe d'elle comme il le faut, si je vais la revoir un jour ?
Je sens l'élastique s'enlever, et mes cheveux se détacher, il me regarde à travers le miroir sûrement pour voir si je suis mieux ainsi ou pas. Mais il décide de refaire la natte, ce qui me soulage dans un sens, il la fait en mieux, sans cheveux qui dépasse, puis me maquille. Quand il en a finit avec moi il me présente à Lysandre qui semble satisfait de mon accoutrement.
- Tu l'emmène ou je le fais ?
- Je le fais.
