« Je n'arrive pas à imaginer comment je supporterai de découvrir que ma vie est derrière moi, qu'elle s'est déjà déroulée et qu'il n'en reste pas une trace. Pas de coffre aux trésors plein de souvenirs, pas la moindre richesse issue de l' expérience, pas de sagesse accumulée à transmettre. Que sommes-nous d'autre que la somme de nos souvenirs ? »
Citation SJ Watson de
Après avoir dit cela, il me fit passer par une porte que je n'avais pas remarqué au début. J'y entrai en baissant la tête, Alexy me lança une phrase d'encouragement.
- Bonne chance !
Je ne répondis pas, sentant que ce qu'il venait de me dire n'avait rien de normal. Ce n'est pas les « bonne chance » qu'on dit à un camarade de classe quand il va faire un contrôle, ni à quelqu'un qui va passer son permis, non, c'est un « bonne chance » de vie ou de mort, à son ton et à son regard il se demande bien si il va me revoir un jour ou pas, et moi je me demande la même chose. Je vois devant moi une petite scène, je suis déjà faite je suis plus dans une sorte de coulisse relié à la scène, les rideaux sont fermés, une chaise trône au milieu de la scène, je sais quelle utilisation elle a, et elle me fait peur, mon cœur bas fort, je commence à avoir chaud, pas à cause de ma danse précédente. Lysandre m'indique du doigt la chaise, j'avance doucement vers celle-ci en essayant de garder mon calme, j'inspire, j'expire, je vois l'homme aux yeux vairon tirer sur une corde, et c'est là que le rideaux se lèvent accompagnés d'une musique qui m'ait inconnue. Je regarde Lysandre d'un air paniqué, je vois ses lèvres bouger « danse », j'obéis donc.
Ce qui est bien on va dire, c'est qu'à cause de l'éclairage, je ne vois pas ceux qui m'observent, je refais donc la même chose que tout à l'heure en essayant d'oublier le couteau attaché au dessus de ma tête, évidement ceci n'est qu'une expression, il n'y a pas de couteau au dessus de ma tête, je parle du fait que ma vie dépend de ma danse, de si ça va leurs plaire ou pas. Donc je me dandine dans tout les sens, prenant des poses sexy que j'ai déjà vu dans les films ou séries américaines et priant de tout mon être pour que ça leurs plaisent, pour me laisser le temps de m'échapper de cette prison.
La musique finit, j'essaye de voire sans succès les fameux « bosses », et me tourne vers Lysandre, d'un air interrogateur. Malheureusement pour moi il semble ailleurs malgré le faite qu'il pose sur moi un regard non sans intérêt.
Quelqu'un monte sur la scène, ce qui semble réveiller mon ravisseur aux yeux vairons, celui-ci marche aussi vers moi, et moi je me sens petite, tellement petite et vulnérable. J'aperçois un homme blond aux cheveux attachés, avec des yeux bleus qui ferraient frémir plus d'une fille sauf moi, vue que je sais se qu'il fait. Il s'approche de moi, je recule d'un pas, je ne veux pas qu'il voit la peur qui m'habite, je le regarde droit dans les yeux.
-J'étais sceptique au début Lysandre, mais vue ce que je viens de voire, je pense que t'as eu une bonne idée. Les gens vont aimer la voire se dandiner comme ça, ce qui nous apporterait quelques bénéfices je dois dire. Mais par contre il faudrait que tu lui apprenne à faire d'autres choses, pour satisfaire le maximum de clients, en plus le problèmes avec les autres filles, c'est qu'elles ne restent pas vraiment longtemps ici.
Il dit ceci en l'accompagnant d'un regard effrayant, prenant son souffle avant qu'il continue sa phrase
-Enfin on sait tous pourquoi. En plus certaines ne sont pas vraiment motivées pour continuer lorsque qu'on la loué une fois, mais bon celle-là est une exception et elle pourrait bien nous servir pour différentes choses..
Cette fois il posa son regard effrayant et sadique sur moi, je ne savais pas vraiment ce qu'il voulait dire par là, étant défendue aux « clients », je ne voyais pas vraiment à quoi je pourrais servir d'autre. Je le vis se lécher la lèvre inférieure tout en me regardant de la tête aux pieds, et je compris ce qu'il voulait dire par là, étant donné qu'il ne pouvait toucher aux autres filles puisqu'elles étaient destinées à ses clients, mais ce n'était pas mon cas. J'espérais que, si je pensais juste, il serait dégoûté par mon corps et renoncerait à ce qu'il pourrait bien me faire.
- Tu danse plutôt bien ma pétasse.
Comment ? Comment m'avait-il appelé ? « Pétasse » non mais j'y crois pas. J'essayai de formuler une phrase correcte dans ma tête pour ne pas les provoquer et pris un air affligé.
- Je ne vous permets pas de m'appeler ainsi, j'ai un prénom à ce que je sache.
Il me regarde quelques secondes et se met à sourire à mon grand soulagement... ou pas.
- Mais c'est qu'elle a du caractère celle-là.
- Excuses-la, je vais la ramener dans sa cellule.
-Attends un peu, j'aimerais qu'elle sache qui je suis avant.
- Je sais qui vous êtes
- Ah bon ? Et je suis qui alors ?
- Vous êtes celui qui dirige cette infâme business.
-C'est qu'elle est intelligente celle-là ! Effectivement, c'est moi, et je m'appelle Dake.
En plus il est fier de ce qu'il fait ? Non mais j'y crois pas. Je ne répondis pas, étant consciente que si je disais ce que je pensais, je pourrais le regretter. Il reprit d'un air plus menaçant.
- Et sache que je t'appelle comme je le veux espèce de petite sotte.
Face à cette provocation je baissai la tête et serrai mon poing pour éviter de faire quelque chose que je pourrais regretter.
- C'est bon Lysandre, tu peux partir.
Il me prit par le poignet et m'emmena dans la pièce colorée, qui va surement devenir ma préférée. Je me calmai quelque peu, puis Lysandre me fit face.
- Ne refais jamais ça, compris ?
J'hochai la tête de peur de le contredire, des fois je ne contrôle pas vraiment mes paroles particulièrement quand je me sens vexée.
- Maintenant vas te changer !
Encore une fois le revolver qu'il frôlait de ses doigts, réussi à me convaincre. J'allai derrière le paravent et repris les habits d'Ambre, essayant d'oublier qu'elle n'était pus de ce monde. Dans un sens j'étais soulagée de ne pas l'avoir connue, je ne savais pas à quoi elle ressemblait et préférais ne pas le savoir, sinon cela m'aurait déprimé au plus haut point, peut-être que je serai dans le même état que Capucine. Quand je fus enfin prête, j'avançai vers Lysandre.
- Alexy, j'y vais.
- D'accord, à plus tard alors.
Sauf qu'en disant cela il me lança un clin d'œil, voilà le seul mec qui m'inspirait confiance même avec sa touffe bleu, et pourquoi me direz-vous ? Parce qu'il est homo, comment je le sais ? on va dire que je sens quand quelqu'un l'est ou pas, et je me suis jamais trompée, du coup je sais qu'il n'essayera pas de faire des choses avec moi. Je pense dans un sens qu'il essaye de me rassurer, de rendre moins pénible mon enlèvement ou « notre » enlèvement, je lui souris, et passe la porte. Lysandre se met dans mon dos sûrement pour me surveiller, je me souviens du chemin jusqu'à ma cellule, en même temps j'essaye de faire une carte de cette endroit dans ma tête, si un jour j'ai la chance de pouvoir me libérer autant que je sache ou je vais.
Je sais pas depuis combien de temps je suis dans la cellule, car il n'y à pas de fenêtre, mais je pense que ça fait quelques jours que je suis là, en fonction des repas qu'ils nous donnent. Evidemment qu'ils nous nourrissent, je rappelle qu'on doit rester des marchandises potables, même si pour ma part il faut que je reste en forme pour danser, même si pour l'instant je n'ai pas bougé d'un pouce de ma cellule de même pour les deux jeunes filles avec qui je cohabite. Je parle des fois avec Iris on essaye de se rassurer, et j'avoue que je commence à m'attacher à elle, je l'aime bien, et je suis sûre qu'on serait devenue amies dans d'autres circonstances. Par contre pour Capucine, ça devient de pire en pire, elle ne mange plus et fixe continuellement le mur, pourtant aux heures de repas avec Iris on essaye de la faire manger mais rien à faire, on dirait qu'elle n'est déjà plus de ce monde et cela m'inquiète, car ils vont faire quoi d'elle si ça continue ? elle maigrie à vu d'œil. A mon arrivé je la trouvais plutôt jolie mais là ce n'est plus mon opinion, elle ressemble presque à un squelette et cela fait peur, je suis couchée sur le matelas et prie en silence pour que quelqu'un nous sorte de là, je sors de mes pensées quand j'entends quelqu'un déverrouiller la cellule. Je m'assois et vois Dake avec un revolver à la main, il me regarde quelques instants sans vrai intérêt, juste pour s'assurer que je ne vais pas faire une chose stupide, puis se tourne vers Capucine. Il la regarde longuement, sûrement pour peser le pour et le contre de ce qu'il a l'intention de lui faire. Je suis fixée quand il décide de pointer son arme vers elle, vise et tire, elle ne bouge pas, n'essaye même pas d'esquiver, elle se contente de fixer le mur comme à son habitude, le regard dans le vide, je reste pétrifiée devant la scène qui se passe devant moi, personne ne bouge quand son corps tombe à la renverse et qu'une tache de sang se forme autour d'elle. Et là ça devient comme une évidence, on va toute finir comme ça si je ne trouve pas une solution pour m'évader, Iris le comprend aussi quand elle me regarde avec des yeux apeurés.
- Voilà ce qui risque de vous arriver si vous ne faites pas tout ce qu'on vous dit.
Puis il rajoute d'un ton moins terrifiant.
- Si vous nous obéissez, vous resterez en vie.
Puis il partit, nous laissant le cadavre devant nous. Malgré le faite qu'elle soit morte j'ai l'impression qu'elle sourit, car à vrai dire, elle est libre maintenant, et je pense que la mort est moins pire que tout ce qu'elle a enduré jusqu'ici. Je fais le signe de la croix discrètement en espérant qu'elle soit dans un monde meilleur, puis détourne le regard pour ne pas voire la marre de sang s'agrandir de plus belle. Le garçon aux cheveux rouges s'approche de Capucine pour vérifier son pouls, et fait signe à un homme aux cheveux verts de venir l'aider, ils la mettent dans un sac et essuient le sang qui s'est déversé sur le sol, mais ils nous surveillent moi et Iris d'un air méfiant. Suite à ce qu'on vient de voir, on pourrait croire qu'on pourrait essayer de s'enfuir mais non, car nous savons que nous n'avons aucune chance face à eux. Ils sortent de la pièce comme si tout ça était tout à fait normal. Il ne reste que Kentin, celui qui nous surveille d'un œil attentif, je regarde l'endroit ou Capucine était avant et me dit que jamais je ne pourrais me rapprocher de cet endroit. Nous n'attendons pas longtemps avant que quelqu'un entre dans la pièce et prend Iris pour l'emmener je ne sais ou, je me trouve donc seule dans la pièce pendant un bon moment. Je ne sais pas combien de temps exactement mais cela dépassait les vingt-quatre heure, ce qui ne faisait qu'accentuer mes inquiétudes. C'était la première fois que je me retrouvais seule dans cette pièce, enfin je ne compte pas le garde du corps qui nous surveille (sauf pour se reposer). Sois je dormais ou sois je réfléchissais à un moyen de m'échapper mais n'en trouva aucun, je fus soulagée de revoir une touffe rousse revenir dans la cellule mais elle semblait différente. Il la déposa dans la cellule et je m'approchai d'elle avec inquiétude, dès qu'elle me vit elle sauta à mon cou. Je la pris dans mes bras et remarqua qu'elle pleurait, j'essayai de la consoler mais en vain. Je la laissai se blottir contre moi, elle s'accrochait à mon gilet comme si c'était une bouée de sauvetage et je me demandais ce qu'il avait bien pu lui faire. Je la sentis se détendre à un certain moment, et je remarquais qu'elle s'était endormie, ne voulant pas la réveiller je m'endormis aussi de fatigue. Maintenant qu'elle était là je me sentais moins seule, et je voulais qu'elle s'enfuie avec moi si un jour on en aurait l'occasion. Mes dernières pensées furent pour la défunte, ces mots étaient pour elle « je ne t'oublierais jamais Capucine, tu seras à jamais gravée dans ma mémoire».
