« La douleur de l'âme pèse plus que la souffrance du corps. »
Citation de Publius Syrus
- Allez marche.
J'obéis car un filament de mon esprit n'a pas perdue espoir. Je le suis donc jusqu'à la salle colorée. Je sens sa main hésiter sur la poignée. Je sens qu'il veut me dire quelque chose mais il pousse finalement la porte et me fait entrer pour ensuite fermer la porte. Ma tête est toujours baissée. Je pense encore à Iris. Elle est morte c'est bon. Son calvaire est fini. J'espère juste qu'elle n'a pas trop souffert. Quelqu'un s'approche de moi. Je crois que c'est Lysandre. Mais je n'ai pas envie de lever les yeux, car la vérité est encore dure à supporter si je le regarde.
- Alexy n'est pas là aujourd'hui, c'est moi qui m'occupe de toi.
Je ne fais rien pour qu'il comprenne que j'ai entendu. Il me prend par le bras et m'emmène jusqu'au paravent ou je me change habituellement. Je m'habille donc, machinalement et m'assoie sur la chaise ou le garçon aux cheveux bleus me maquille habituellement. J'ai toujours la tête baissée, un air absent. Je sens Lysandre derrière moi, je sens aussi qu'il me regarde, sûrement se demande t-il comment il va me maquiller ou me coiffer. Il se place finalement devant moi, et me fait lever, je me laisse faire. Sans comprendre pourquoi. Son corps est si prés du miens. Mon cœur bat plus vite d'un seul coup. Il prend mon menton et me fait lever la tête. Ses yeux plongent dans les miens à cet instant, et tout semble s'arrêter.
- Que se passe t-il ?
- Iris est morte...
Je crois que me l'entendre dire est encore plus douloureux. Je ne vais plus jamais la revoir de toute ma vie. Celle qui m'avait donné espoir, m'avait épaulé tout comme je l'avais épaulé, je n'avais plus personne à qui parler. J'étais totalement seule dans cette prison. Ou je n'arriverai sûrement pas à sortir. Je sentis les larmes monter en moi, cette prise de conscience comme quoi à partir de maintenant j'étais seule, et ça me faisait mal. Lysandre parut troublé par mon état d'esprit, sans vraiment savoir s'il me consolerait ou pas. Je me blottis contre lui ou toutes les larmes que j'avais retenu quelques heures plus tôt étaient en train de ruisseler sur ses vêtements victoriens. Je m'accrochai à lui comme à une bouée de sauvetage. Mes bras entourant sa taille. Mais il ne me repoussa pas, au contraire, il me consola, en posant son menton sur ma tête, et en entourant mes épaules de ses bras. Je me laissais allez quelques minutes contre lui. Son odeur était enivrante, et m'apaisa plus que je ne l'aurais cru. Je me retirais de lui avec regret car j'avoue que j'étais plutôt bien dans ses bras.
- Je suis désolée.
- C'est rien.
Je me rassis et décidai de me maquiller toute seule pour m'occuper au moins un peu l'esprit. Il me laissa faire, car à vrai dire je n'allais pas l'attaquer avec un rouge à lèvres ou avec un crayon. Enfin j'avais peu de chance de réussir. Et il me coiffa pendant ce temps. Ses doigts dans mes cheveux me firent frissonner sans que je comprenne pourquoi. Quand c'est Alexy cela ne me fait rien du tout.
Je suis fin prête, mais avant que je monte sur la scène Lysandre me dit :
- Sois forte...
Le rideau s'ouvra et la lumière comme à son habitude m'aveugla. Je me remémorai les pas de danses qu'Alexy m'avait appris. Pour écouter les conseils que Dake avait donné à Lysandre, je les fis au rythme de la musique, et en même temps je repensai aux paroles du beau garçon aux yeux vairons : « sois forte ». Il parlait du fait que la seule personne qui m'aidait à tenir le coup est morte d'une cruelle manière ou parle-t-il en générale. Je ne sais pas, peut-être les deux, lui non plus n'a pas l'air si méchant que ça. Je me demande pourquoi il en est arrivé là. Cette question trotte dans ma tête pendant que je fais une pose sexy avec la chaise. J'essaye de sourire, car une fille qui danse en faisant la gueule, ce n'est pas super. Je tourne la tête et vois Lysandre me regarder d'une manière plutôt embarrassante, ce qui me fait rougir mais j'essaye de me concentrer pour le finale. Quand c'est la fin je me retourne vers Lysandre, en essayant de ne pas croiser son regard. Je retourne dans la salle colorée et fais ce que j'ai à faire.
Je n'ai plus du tout la notion du temps. Je sais juste que depuis quelque temps je danse de temps en temps, mais que je suis toujours seule dans ma cellule. D'un côté tant mieux que je sois toujours seule, car ça serait vraiment dramatique de revoir une autre fille. Mais j'avoue avoir envie d'être réconfortée par quelqu'un qui me comprenne. La solitude pèse et franchement je ne veux pas parler à Kentin. Il a un mauvais fond. Je l'ai vu la dernière fois avec Iris. Il a pris un malin plaisir à me voir souffrir comme ça. Et j'ai de la chance qu'il n'empoissonne pas mes repas. Ce fut un jour où j'étais en train de dormir que quelqu'un que, je n'aurais pas voulu voire, entra dans ma prison. Il n'y avait que lui et moi, personne d'autre n'était dans la pièce. Quand je vis ses yeux turquoise, la peur me sauta à la gorge, il s'approcha de moi avec un regard malicieux. Je n'osais plus bouger.
- Nous voilà seuls tous les deux, je me trompe ?
Je voulus partir en courant, mais où ? J'essayai de lui échapper car il s'était beaucoup trop rapproché de moi. Mais au dernier moment empoigna mon pied. Je tombai à la renverse sur le matelas. Le temps de me retourner, Dake s'était allongé sur moi avec un sourire malsain plaqué sur le visage. J'essayai de le repousser mais je n'y arrivai pas. Il avait trop de force. Tenant mes deux poignets dans une main, l'autre main se contenta de fouiller mon corps. Il me murmura donc a l'oreille ces quelques mots :
- Tu es à moi maintenant.
Il posa ensuite ses lèvres sur les miennes avec force et essaya d'ouvrir ma bouche. Je le laissai faire, il sembla satisfait. Mais à peine sa langue fut entrée dans ma bouche que mes dents prirent la relève. Il s'éloigna de moi dans un cri étouffé mais il me tenait toujours.
- Une vraie tigresse. J'avoue que j'aime beaucoup.
Et il reprit ce qu'il était en train de faire, avec plus de force. Je sentis mes habits partir au fur et à mesure sans que je puisse l'en empêcher. Ses mains caressant ma peau me donnaient des frissons d'horreur. Ses baisers étaient détestables. Mon corps qui n'était pas beau à voire ne l'empêcha pas de faire ce qu'il avait décidé de me faire.
Il était en train de partir de ma cellule et semblait satisfait par ce qu'il venait de me faire subir. Je sais que j'aurais dû être triste ou quelque chose comme ça. Mais c'est ce qu'il m'avait fait m'avait mise dans une colère noire. Je le détestais et voulais lui faire payer ce qu'il avait fait à toutes ces jeunes filles, et aussi à moi. Je voulais le faire souffrir. En faite non il ne m'avait pas violé. Je l'avais pensé moi aussi. Mais il s'était arrêté avant et m'avait insulté et humilié à la place. Pendant un bon moment, me répétant sans cesse que j'étais détestable, moche, laide, repoussante. Il m'obligeait à répéter tous ces mots abominables. Et c'est vrai à la force ça avait finit par rentrer. Je me sentais repoussante. Mais la colère qui s'alimentait à chaque instant à son égard était encore plus forte. Il n'arrêtait pas de me répéter après m'avoir insulté « Tu veux que j'arrête ? Alors couche avec moi ». Et je me disais qu'il ne pensait peut-être pas toutes les injures qu'il avait dites; puisqu'il me voulait. Si j'avais été aussi repoussante, il ne m'aurait pas voulu dans son lit. Donc je tenais le coup ne voulant pas céder.
Avant de me laisser encore une fois seule dans cette cellule il lança.
- Je reviendrai et t'obligerai d'une manière ou d'une autre à coucher avec moi.
Je ne le regardai même pas quand il dit ces mots, me contentant de me rhabiller. Ensuite Kentin revint en me regardant de haut. Il s'assit et attendait. Moi aussi j'attendais, quand j'entendis des cris retentir dans les couloires je me posai la question, c'est bon, ils ont trouvé une autre fille ? Je vis arriver une fille dégainée d'une curieuse manière, avec des tatouages je crois ? Les yeux bleus claires, et des cheveux marron. Ils la mirent dans la cellule. Elle n'arrêtait pas de se débattre et de crier qu'il n'avait pas le droit de la traiter ainsi. Bizarrement à cet instant je n'avais pas vraiment de compassion pour elle. Ce qui est injuste dans un sens car personne ne mérite de finir comme ça. En faite j'étais bien toute seule finalement. Car elle n'arrête pas de crier et m'ignore totalement. Kentin à qui sa patiente à des limites essaye de la faire taire une bonne fois pour toute.
- Bon toi, ta gueule tu me soule ! Si tu crie encore une fois, je te coupe les cordes vocales ! ok ?
Ça la calme enfin, et mes oreilles sont soulagées. Remarque dans toutes les paroles qu'elle a dit j'ai au moins comprit qu'elle s'appelait Debrah, c'est déjà pas mal, du coup elle s'assoie et marmonne dans sa barbe. Je n'essaye même pas de comprendre, et me contente de repenser aux événements qui s'était passés ici. À Ambre et Iris qui étaient mortes presque de la même manière. Iris me manquait terriblement. À Capucine que Dake avait tuée sans aucun scrupule. À Lysandre qui m'avait donné un peu de douceur dans cet enfer. Je fus interrompue par Castiel qui entra dans la cellule. Et bah dis donc c'est la fête aujourd'hui. Moi qui pensais qu'il venait pour m'emmener dans la salle colorée et bah je m'étais trompée car il m'emmena dans une chambre que je ne connaissais pas. Avais-je été finalement louée ? Cette pensée me fit peur. Mais il entra lui aussi dans la pièce et ferma à clé. La clé était évidement à son cou. Je me tournai face à lui, pour avoir une réponse mais il se contenta de me regarder, en sortant son couteau et le pointant droit sur moi.
- Danse pour moi !
- Pardon ?
- Tu as très bien compris.
Sur ce il prit une chaise et alla s'asseoir dessus, et mit de la musique.
- Danse !
